24.06.2009

Du rififi à France Inter : 22, v’là Philippe Val !

Acrimed

Publié le 23 juin 2009 par Mathias Reymond

Jean-Luc Hees – mauvais comédien lorsqu’il assurait ne pas avoir idée de ce que Philippe Val allait faire à Radio France – savait bien que tout le monde le savait : son protégé (par ailleurs son employeur à Charlie Hebdo durant la dernière élection aux Etats-Unis) devait débarquer sur France Inter.

Proche du philosophe Raphaël Enthoven et de la chanteuse Carla Bruni du temps de leur idylle, Val est resté, après leur séparation, dans les petits papiers de celle qui est devenue… madame Sarkozy. Selon Le Monde, qui rapporte ses propos, le chansonnier-philosophe dit « n’avoir parlé [à Carla Bruni-Sarkozy et à un conseiller de Nicolas Sarkozy] que de Jean-Luc Hees, puisqu’il était convenu que [sa] venue ne dépendrait, ensuite, que de lui. » (18 juin 2009) La suite, on la connaît : Sarkozy nomme Hees à la tête de Radio France, et Hees arrive avec Val dans ses bagages.

Val n’est pas le seul proche de Hees à venir sur France Inter. Effet domino : une autre heesophile bénéficie de la nomination présidentielle, à savoir Pascale Clark, en partance de RTL… Responsable de la revue de presse de France Inter à partir de 1998, elle a animé, de 2001 à 2004, sur France Inter toujours, l’émission « Tam Tam, etc. »… dans laquelle Philippe Val a été invité au moins deux fois (12 nov. 2001 et 2 mai 2002). Ça tombe bien.

Ces copinages et autres renvois d’ascenseurs pourraient ne pas éveiller l’attention si la radio n’était pas une radio publique et s’ils ne provoquaient pas des dommages collatéraux…

Inquiétudes

Dès la nomination de Val à la tête de France Inter, les syndicats de journalistes se sont inquiétés, comme l’indique par exemple ce communiqué du SNJ :

France Inter : attention fragile !

Le SNJ prend acte de l’arrivée de Philippe Val à France Inter. Il juge extravagant le « timing » de cette nomination. Les salariés de Radio France auraient dû en être informés les premiers, ils en ont été officiellement informés les derniers. C’est bien peu respectueux à leur égard.

Le nouveau directeur trouve une chaîne en bonne santé, dotée à nouveau d’une cohérence qui lui a longtemps fait défaut. Ce travail reconnu par des auditeurs de plus en plus nombreux relève toutefois d’un équilibre fragile : les auditeurs d’Inter sont prêts à partir pour d’autres cieux au moindre soupçon ou au moindre dérapage... Philippe Val devra préserver ce savant dosage.

Le SNJ s’inquiète. Un homme coutumier des éditoriaux cinglants saura-t-il incarner la hauteur de vue et la rigueur qui doivent être le propre du directeur de France Inter ? L’éditorialiste saura-t-il s’effacer derrière le manager, l’individu derrière la personne morale ? Si tel n’était pas le cas, l’image de France Inter pourrait en pâtir rapidement, et l’épisode du référendum sur la Constitution européenne se répéter pour le plus grand malheur de la chaîne.

Nous ne connaissons pas le projet de Philippe Val pour France Inter. Mais les premiers bruits sont préoccupants. Attention : France Inter est une équipe, les oukases y sont malvenus. Consulter largement, écouter les hommes en place avant de décider y est essentiel, a fortiori quand le calendrier de votre nomination vous fait débarquer en plein bouclage des grilles de rentrée.

Pour le SNJ, les trois priorités sont les suivantes : une ligne éditoriale forte qui s’écarte de tout suivisme, un projet multimédia ambitieux avec les moyens pour l’accompagner, et la fin immédiate de l’hémorragie des postes dans la rédaction.

18 juin 2009

Inquiétudes partagées par Daniel Mermet et l’équipe de « Là-bas si j’y suis », pour qui Philippe Val n’a pas une grande sympathie [1] (et c’est réciproque) :

Chers auditrices, chers auditeurs,

Depuis des semaines, vous êtes très nombreux à nous poser de questions sur l’arrivée de Philippe Val à la direction de France Inter. Comment cela est-il possible !? Dites-nous qu’il s’agit d’un cauchemar ! Si c’est une blague, elle n’est pas drôle.…

Soyez sans inquiétude, Philippe est un vieil ami de « Là-bas si j’y suis », et c’est dans la joie que toute l’équipe accueille celui que l’historien Alexandre Adler compare à Emile Zola. Et pourquoi pas à Voltaire, Spinoza, Albert Londres ou Albert Einstein ? Car Philippe c’est tout ça à la fois ; une conscience, un visionnaire et un penseur engagé face aux grands défis de notre temps. Et ceci à la différence de ses anciens camarades qui persistent à végéter dans un gauchisme moisi, souvent entaché d’antisémitisme et d’islamo-fascisme.

En dénonçant avec courage des figures nauséabondes comme celle du dessinateur Siné ou du journaliste Denis Robert, du dessinateur Lefred-Thouron ou du négationniste américain Noam Chomsky, Val a montré qu’il avait pleinement réussi à évoluer avec pragmatisme du côté du manche sans rien perdre de cette impertinence libertaire qui est la marque de fabrique de cet homme de gauche.

Mais Philippe est aussi un chef d’entreprise avisé. C’est d’une main ferme qu’il a conduit son journal, Charlie Hebdo, là où il se trouve aujourd’hui.

Et certains pensent bien qu’il pourrait faire la même chose avec France inter.

Aujourd’hui, familier des plateaux de télévision, penseur reconnu de l’élite médiatique, il tutoie nos plus brillantes personnalités, de BHL à Carla Bruni. Il a d’ailleurs élégamment révélé que c’est par l’intermédiaire de cette dernière qu’il a pu suggérer au président de la République, Nicolas Sarkozy, de faire appel à son vieux copain Jean-Luc Hees pour présider Radio France. Et c’est donc ainsi, par un loyal retour d’ascenseur, que notre habile Philippe se trouve aujourd’hui à la tête de la prestigieuse radio française.

Humides de reconnaissance, les collaborateurs de France inter n’ont pas encore trouvé les mots pour remercier le Président Sarkozy pour leur avoir choisi un tel chef, et c’est plein d’entrain et de confiance qu’ils s’apprêtent à lui faire la fête.

Tout comme l’équipe de « Là-bas si j’y suis » qui, un petit bouquet de fleurs à la main, trépigne d’impatience.

Première mesure

Enfin, et c’est le premier – et pas le dernier… - dommage collatéral de l’arrivée de Val à France Inter, Frédéric Pommier vient d’être arbitrairement privé de la revue presse matinale. Le nouveau directeur de France Inter ne pouvait décemment pas remercier Stéphane Guillon ou Daniel Mermet : c’eût été trop visible. Mais écarter un chroniqueur encore méconnu, avec lequel il a eu un (gros) différend à propos du nombre de citations de Siné Hebdo par rapport à Charlie Hebdo dans la revue de presse [2], semblait être plus discret…

C’était sans compter sur les syndicats de journalistes de la station.

STOP ! 

Tract intersyndical SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT, Sud.

Les inquiétudes que la rédaction de France Inter nourrissait à l’annonce de l’arrivée de Philippe Val semblent hélas aussi fondées que les informations publiées il y a deux mois dans la presse au sujet de sa nomination.

Le titulaire de la revue de presse a été remercié dans les deux heures qui ont suivi la prise de fonction de Philippe Val, et aucune proposition ne lui a été faite.

Que paye notre excellent confrère ?

Son talent, son originalité, la progression d’audience de ce rendez-vous ?

Notre confrère paye surtout le fait d’avoir cité Siné Hebdo dans la revue de presse. Philippe Val, à l’époque directeur (et actionnaire) de Charlie Hebdo, lui en avait vertement et devant témoins fait le reproche.

Les syndicats n’accepteront aucun règlement de compte personnel, aucune suspicion illégitime, aucun procès d’intention, aucune mise au rancart d’un membre de la rédaction pour des motifs non professionnels.

Nous le répétons une dernière fois avant qu’un grave conflit ne s’ouvre. Les journalistes de France Inter n’ont qu’une exigence : continuer à assurer leur travail de présentateurs, de reporters, de spécialistes, calmement, sérieusement, professionnellement, librement. La liberté éditoriale ne se discute pas.

Les syndicats SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT et Sud demandent solennellement à la direction de France Inter de revenir sur cette décision inacceptable pour toute la rédaction.

22 juin 2009

Rappelons qu’il n’y avait pas de section syndicale à Charlie Hebdo

Mathias Reymond

04.04.2009

Mâchoire carrée et Maison ronde

By Philippe V., éditorialiste martyr

 

videur

Ah non, désolé M'sieur Mermet, je crois que ça va pas être possible. Ordre du nouveau patron…


– Philippe, j’ai beaucoup d’estime pour toi. D’puis qu’chuis tout p’tit, j’lis tes éditos dans L’Figaro, et c’t'un peu grâce à toi si je m’suis lancé dans la politique. Alors j’ai décidé d’te nommer à la tête de France Inter

– Mais, Monsieur le Président, moi, j’écris dans Charlie Hebdo. Et seulement depuis 1992…

– Oui, bien sûr, c’est c’que j’voulais dire. J’ai tendance à confondre ces deux journaux… C’que j’aimerais, c’est qu’tu fasses pour France Inter c’que t’as fait pour Charlie Hebdo

– Diviser le chiffre de l’audience par cinq?

– Ha! ha! Mais non voyons! (T’es vraiment un sacré déconneur!)

– Ah? Alors vous voulez dire: faire de France Inter une radio social-démocrate? Une station de référence pour la gauche responsable?

– Voilà, c’est ça! En faire une radio de gauche, mais responsable. Une radio sarkozyste, quoi. D’toute façon, tu sais bien qu’ces histoires d’gauche et d’droite, ça intéresse p’us les Français. Aujourd’hui, l’vrai clivage, il est entre les gens qui travaillent et qu’ont rien à s’reprocher, et les gens qui profitent du système et qu’ont peur de la police.

– C’est un grand honneur que vous me faites, Monsieur le Président. Mais pensez-vous que je serai à la hauteur?

– Oh, j’ai aucune crainte à c’propos. Tu tiens une chronique hebdomadaire de trois minutes sur France Inter, non?

– Oui, Monsieur le Président, depuis une bonne vingtaine d’années.

– Eh ben, tu vois! Tu t’y connais en radio; tu f’ras très bien l’affaire.

– Mais tout de même, Monsieur le Président: un poste de directeur d’une radio publique, pour moi qui ai abandonné mes études avant le Bac, c’est quelque peu impressionnant. Regardez le CV de mon prédécesseur.

– Fais pas ta fiotte, Philippe. Tout s’passera très bien. Enfin, à condition bien sûr que tu comprennes c’qu’on attend d’toi…

– Je dois vous prévenir, Monsieur le Président, que je ne suis pas homme à me laisser dicter une ligne éditoriale par le pouvoir…

– Tout d’suite les grands mots! Voyons Philippe, est-ce que j’ai une tête de pouvoir? Chuis pas “l’pouvoir”, chuis ton ami. Tu t’souviens du message de soutien qu’j't’ai envoyé quand tu t’es retrouvé attaqué par des islamistes enturbannés?

– Bien sûr, Monsieur le Président, je n’oublierai jamais ce geste républicain. Ça me donne des frissons rien que d’y repenser…

– Eh ben tu vois, c’est ça un ami: quand t’es dans la merde, y répond toujours présent! Aujourd’hui, c’est moi qui suis dans la merde, ben c’t'à ton tour de m’renvoyer l’ascenseur. Tout c’que j’te d’mande, c’est d’nous faire une belle grille des programmes pour la rentrée prochaine. Le reste – l’administratif, la gestion, les r’lations avec les syndicats… –, tu m’laisses m’en charger. J’sais qu’t'es un homme très occupé.

– On ne peut rien vous cacher, Monsieur le Président. Avec tous ces plateaux télé, je n’ai même plus le temps de faire semblant de relire Spinoza.

– Alors on est bien d’accord ? Guillon prend la porte; Porte, tu lui dit d’aller voir là-bas si t’y es; quant à Mermet, tu nous l’cases vers 2 heures du mat’…

– Ne vous inquiétez pas, Monsieur le Président. Pousser les iconoclastes vers la sortie, je m’y connais. J’ai tellement prononcé d’excommunications depuis vingt ans qu’à Charlie, on me surnomme Benoît XVI!

– C’est très rigolo Philippe. Parfois j’t'envie: vous d’vez bien vous fendre la gueule dans ton journal!

– Pour remplacer Porte et Guillon, que diriez-vous de Jean Roucas et Mimie Mathy? Comme ça, on fait d’une pierre deux coups: on réhabilite l’humour corrosif social-démocrate, et en plus on envoie un signal fort aux Français victimes de discriminations – les vieux, les femmes et les personnes de petite taille.

– C’t'une super bonne idée, Philippe! J’vois que j’me suis pas trompé sur ton compte. Et sinon, kes’tu comptes faire pour l’boy-scout du “7-10”, là: l’abbé de La Morandais?

– Vous voulez parler de Nicolas Demorand? Mais voyons, Monsieur le Président, Nicolas est déjà social-démocrate: il ne ferait pas de mal à une mouche du Medef!

– Peut-être, mais y m’énerve, avec sa manière de poser dix fois la même question et de couper la parole à des patrons qui gagnent vingt fois son salaire. Les Français en ont marre des gens qui posent dix fois la même question et qui manquent de respect aux patrons qui gagnent vingt fois leur salaire.

– Dans ce cas, Monsieur le Président, on pourrait proposer à Nicolas de présenter la météo marine, et le remplacer par Jean-Marc Sylvestre.

– C’t'une bonne piste, Philippe. Mais j’voudrais surtout pas interférer dans tes choix. C’est toi l’directeur, c’est toi qui décides. Chuis pas du genre à m’mêler des affaires des journalistes, tu sais. Bon, ben j’crois qu’on s’est tout dit. T’as mon portable, alors t’hésites pas à m’appeler si t’as des emmerdes avec le SNJ: j’t'enverrai les gardes mobiles.

 

Article original : Blog Val est de retour

 

Note : Le début du naufrage de France Inter a débuté avec la censure de Daniel Mermet et de son émission Là-bas si j'y suis, dernier bastion de l'objectivité, de la solidarité et du lien social au milieu d'un océan d'intellectualisme aussi bien-pensant qu'hypocrite.

La nomination de Philippe Val, ex-patron de Charlie Hebdo qu'il a réussi à progressivement vider de sa substance, à la tête de France Inter ne manquera pas de laisser songeur ceux qui ont suivi les dérives de ce triste individu : de l'éviction de Siné aux accusations d'antisémitisme à tout-va.

On peut rapidement tirer trois enseignements de cette nomination :

* Si des doutes perduraient encore, il est désormais incontestable que Sarkozy poursuit une entreprise de verrouillage total des médias. Goebbels l'avait compris avant lui : celui qui contrôle l'information contrôle le peuple.

* La véritable identité de Philippe Val vient d'être révélée au grand jour. Le masque du libertaire indépendant, déjà largement égratigné par les affaires Siné et Bakchich aura bien dû mal à résister à cette nomination prononcée directement par Sarkozy 1er.

* Plus intéressant peut-être, ce passage depuis Charlie Hebdo, pseudo médias indépendant et subversif vers France Inter, fleuron des médias étatiques aidera peut-être le lecteur à prendre conscience d'une illusion encore tenace selon laquelle il existerait deux types de médias.

D'une part les médias dominants, contrôlés par Lagardère, Dassault, Sarkozy ou Rotschild, diffusant une propagande visant à pérenniser l'ordre établi et à garder le peuple esclave et servile.

D'autres part de petits médias subversifs, indépendant et contestataires comme Le canard enchaîné ou Charlie hebdo qui répandraient la vérité face aux manipulations, mensonges et crimes perpétrés par nos chères élites.

Il suffit de se pencher sur la manière très politiquement correcte et totalement biaisée dont ces pseudos médias contestataires traitent d'un événement essentiel comme le 11 septembre pour se rendre compte que nous avons à faire à une impertinence de façade visant à orienter la minorité contestataire en leur jetant en patûre quelques affaires de seconde zone sans jamais mettre le doigt là où ça fait vraiment mal.

Cette stratégie rappelle étonnamment le douzième Protocole (Littérature et journalisme) écrit il y a près de 100 ans mais totalement d'actualité :

La littérature et le journalisme sont les deux puissances d'éducation les plus importantes ; pour cette raison, notre gouvernement achètera le plus grand nombre de périodiques. Nous neutraliserons ainsi la mauvaise influence de la presse indépendante, et nous acquerrons un empire énorme sur l'esprit humain. Si nous permettons dix périodiques privés, nous en lancerons trente nous-mêmes, et ainsi de suite.Mais le public ne doit pas avoir de ces mesures le plus léger soupçon ; aussi, les périodiques par nous publiés devront paraître de vues et d'opinions contradictoires, inspirant ainsi confiance et présentant une forme attrayante à nos ennemis sans défiance, qui tomberont de la sorte dans notre piège et seront désarmés.

Au premier rang, nous placerons la presse officielle. Elle veillera constamment à la défense de nos intérêts, et, par suite, son influence sur le public sera relativement insignifiante. Au second rang, nous placerons la presse semi-officielle, dont le devoir sera d'attirer les tièdes et les indifférents. Au troisième rang, nous placerons la presse qui se donnera l'air de nous faire opposition et qui, dans l'une de ses publications, semblera notre adversaire. Nos véritables ennemis croiront à la sincérité de cette opposition et nous laisseront voir leurs cartes.

Tous les journaux défendront des partis différents - aristocratique, républicain, révolutionnaire et même anarchiste - mais, bien entendu, aussi longtemps seulement que dureront les Constitutions. Ces journaux, comme le dieu indien Vichnou, auront des centaines de mains dont chacune tâtera le pouls de la changeante opinion publique.

Quand le pouls s'accélérera, ces mains inclineront l'opinion publique vers notre cause, car un sujet nerveux est facilement conduit et subit aisément toutes sortes d'influences.


03.04.2009

Philippe Val, "je retire ma culotte"

À la suite des rumeurs insistantes qui circulent au sujet de la future nomination par Sarkozy du délicieux Philippe Val à la tête de France Inter, (et de la confirmation de la promotion de Jean-Luc Hees à la direction de Radio France), nous nous faisons une joie de repasser cette petite vidéo de Pierre Carles à l'attention de ceux qui ignoreraient encore la vraie nature du cuistre.

Bien sûr, seul un esprit particulièrement dérangé ou un "fanatique" à la solde des "groupuscules nazis qui sévissent sur Internet" pourrait prendre ces "rumeurs" comme une simple preuve de plus que la France est devenue une république bananière dans laquelle le chef de l'État nomme lui-même les patrons de l'audiovisuel.

Pour approfondir le sujet (et rappeler les liens étroits unissant Sarkozy aux grands patrons des médias), nous conseillons la lecture de cet article : Totalitarisme et contrôle de l'information

29.10.2008

Philippe Val, ou "l'antisémitisme est partout"

Lu ce matin sur Backchich.info :

« Bakchich » porte plainte contre Philippe Val

Dans son dernier livre et sur RMC, le patron de « Charlie Hebdo », Philippe Val, a comparé notre site au journal raciste, antisémite, et pro-nazi, « Je suis partout ». Nous portons plainte. Dans son livre paru ce mardi 28 octobre aux éditions Grasset, Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous, Philippe Val compare Bakchich à Je suis partout, un journal des années 1930 et 1940, fasciste, raciste, antisémite, et organe de propagande, en France, de l’idéologie nazie dont voici une couverture piquée ici.

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Après un paragraphe où Val revient sur les affaires des caricatures de Mahomet et celle de Siné, il s’en prend aux sites internet d’information : « Mais au fond, tout cela est anecdotique, l’affaire Siné révèle quelque chose d’autrement plus grave et plus profond. D’abord, la question des sites d’information sur Internet, qu’ils soient autonomes comme, par exemple, Médiapart, Rue 89 ou Bakchich, ou qu’ils soient les appendices des grands titres comme Le Monde, Marianne ou Le Nouvel Observateur. Ne parlons même pas de Bakchich, qui actualise et adapte sur Internet les méthodes glorieuses de Je suis partout. Malheureusement, ce genre de site d’informations n’est pas l’exception, c’est la règle. »

Et Philippe Val, dans son livre, de s’en prendre à nos confrères de Médiapart et de Rue 89.

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Après ces déclarations, où Bakchich est comparé à ce journal symbole de la collaboration avec l’occupant nazi, Je suis partout, Philippe Val persiste et signe lors d’une émission, « Les grandes gueules », sur RMC, mardi 28 octobre.

« – Les Grandes Gueules, à Philippe Val : Vous avez des mots très durs envers les sites internet d’information, notamment Bakchich.info. Vous faites une comparaison entre Bakchich et Je suis partout, qui rappelons-le pour les plus jeunes était un journal collabo et antisémite, c’est fort ça ?

– Philippe Val : Bakchich, oui, c’est un site extrêmement médiocre, qui se permet d’écrire des choses sur les gens, encore une fois sans preuves, de répercuter des rumeurs. »

Cette comparaison est insultante et inadmissibe. Elle n’entre pas dans le cadre normal du débat public. Bakchich a décidé de porter plainte, dès demain mercredi.

Note de P&P :

Après le blacklistage de Dieudonné, après le procès d'Alterinfo pour "antisémitisme", après le lynchage médiatique de Bigard pour avoir émis des doutes sur le 11 septembre, après "l'affaire Siné" où ce dernier a été viré et voué aux gémonies pour avoir repris un simple texte écrit par le président de la Licra et ironisé sur l'opportunisme du fifils Sarkozy, c'est donc au tour de Bakchich.info de subir les foudres des censeurs sionistes. Aujourd'hui en France (et ailleurs), la recette est simple : vous voulez discréditer quelqu'un de gênant pour le consensus ? Mettre sa vie en danger ? Le reléguer dans l'ombre, lui interdire la parole ? Accusez le d'antisémitisme !

Pendant ce temps-là, le génocide palestinien, les massacres en Iraq et en Afghanistan continuent dans un silence assourdissant, les cris des enfants étouffés par la clameur médiatique des "bien pensants" et des "moralistes" tels que Philippe Val, BHL et les autres.

Desproges reviens, ils sont devenus fous !