13.04.2008
Flagrant délit de désinformation

Regardez cette photo, elle circule pas mal sur le net en ce moment... Au premier abord, et si on l'esprit un peu conspirationniste, on se dit: "mais c'est bien sûr, des soldats chinois portant sous le bras des tenues de moines bouddhistes... Et si les autorités avaient envoyé des faux moines provoquer les violences du mois dernier"... A Rue89, nous avons reçu plusieurs e-mails d'internautes l'ayant vue et se posant exactement cette question.
Une rapide enquête montre que les apparences peuvent être très trompeuses. Outre le fait que la photo a déjà été publiée en ... 2003, et n'a donc rien à voir avec les événements récents, elle montrerait des soldats ayant servi de figurants dans un film, déguisés, effectivement, en moines bouddhistes, ces derniers, les vrais, refusant d'apparaître dans des films. Qu'ils ne soient pas tibétains ne semble pas avoir dérangé le réalisateur, pas plus, sans doute, que les spectateurs!
Selon l'excellent site vigie de la Chine, EastSouthWestNorth, qui s'est intéressé lui aussi à l'histoire de cette photo, elle serait apparue en 2003 en dernière page du rapport annuel du Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie (TCHRD), hostile au pouvoir chinois. Une information confirmée par un blog bouddhiste pro-tibétain, A view on buddhism, qui, toutefois, l'utilise pour laisser entendre que dans ce déguisement se trouve une des explications de la violence de certains moines le 14 mars.
Morale de cette histoire: cette photo ne prouve rien, ni dans un sens, ni dans l'autre, mais peut être un miroir déformant d'une réalité opaque dans laquelle chaque "camp" cherche tout élément pouvant alimenter sa vision des événements, surtout en l'absence de tout témoin indépendant au Tibet depuis deux semaines. Morale plus générale, méfiez vous des apparences!
► Mise à jour, 6/4/08 à 11h00: L'affaire de la photo a pris une telle ampleur sur le web que la télévision chinoise a diffusé un démenti formel, stipulant que cette photo avait été prise en 2001 lors du tournage du film "The Torch", et que, depuis, les uniformes de la police armée du peuple avaient été changés par rapport à ceux qui figurent sur la photo.
Article original : Rue 89.
Note de P&P : Après le communiste barbare, la racaille de banlieue ou le terroriste musulman, nos chères élites, craignant que l'on aperçoive les pieds derrière le rideau, tentent de créer un nouveau bouc-émissaire, le méchant chinois, envahisseur d'Etat souverain, instigateur de délocalisations, responsable du chaos financier, pourfendeur des Droits de l'Homme.
Comment peut-on légitimement stigmatiser l'annexion du Tibet alors que nous cautionnons la destruction de la Palestine, de l'Irak ou l'Afghanistan ?
Comment tenir la Chine pour responsable de la recherche systématique du profit qui motive les actionnaires (essentiellement occidentaux) à s'implanter dans les pays (dont la Chine n'est qu'un des nombreux représentants) ou les salaires sont les plus inhumains ?
Comment considérer le Yuan comme étant à l'origine de la vaste crise financière déclenchée par les spéculations délirantes et souvent illégales de banquiers majoritairement occidentaux (manipulation des taux de couverture, transformation de dettes en actif, création artificielle de trillions de dollars,...) ?
Comment condamner les violations des Droits de l'Homme en Chine quand Israël et les USA ont officiellement légalisé la pratique de la torture, que des dizaines de milliers d'individus sont incarcérés et torturés sans procès, sans avocat, au mépris de toute convention internationale ?
Qu'il est pratique de focaliser les peurs et les haines sur un agent extérieur. Le communisme stalinien a disparu, le Mossad, le MI5 et la CIA ont prouvé leur intervention dans le soi disant terrorisme islamiste. Pourtant torture, guerres, crise et famines perdurent.
Il n'est pas nécessaire d'aller jusqau'à Pékin ou à Canton pour trouver les responsables de ces maux. Il suffit d'observer le sommet des pyramides politiques, économiques, médiatiques ou financières pour remarque le même motif.
En Chine, en France ou aux Etats-Unis, c'est toujours le même refrain : trahisons, mensonges, assassinats, corruption, manipulations par une poignée de privilégiés dénués de conscience afin de continuer à exploiter les masses.
Comme l'a si justement souligné Andrew Lobaczewski dans son ouvrage Ponérologie Politique : "Ignota, nulla curatio morbi" : on ne peut soigner une maladie que l'on ne connait pas.
Tant que les citoyens ne connaitront pas les ramifications de la psychopathie et de la ponérologie. Tant qu'ils ignoreront la présence d'individus dénués de toute conscience à la tête des organes de pouvoir, alors ils seront condamnés à croire les mensonges de ces fascinateurs : bouc-émissaires, groupes terroristes clandestins jalousant nos libertés, armes de destruction massives, armée israélienne la plus respectueuse des droits de l'Homme, immeuble tombant à la verticale suite à un impact ou à un incendie, balle magique tirée par Lee Harvey Oswald le tueur fou isolé,...
17:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : torch, désinformation, tibet, moine, soldats, chine, film
27.03.2008
Le Dalaï Lama, apparences et réalités
Il est temps de soulever le voile sur les relations CIA, Dalaï Lama et son organisation pour éclairer et comprendre ce qui se passe en ce moment.
Cohn Bendit a appelé à « foutre le bordel à Pékin ». La réponse à cet accaparateur de l'histoire de Mai 68, c'est « Ta Gueule ! «
Le Rôle de la CIA : Derrière le Voile de Respectabilité du Dalaï Lama . Suivi de Cohn Bendit et le Tibet : Ta Gueule !
Note de l'Editeur de Global Research
Cet article incisif de Michael Backman retrace la relation du Dalai Lama et de son organisation avec les Services Secrets US. Le Dalaï Lama a été sur la liste de ceux financés par la CIA depuis la fin des années 50. Il est un instrument des Services Secrets US. Une compréhension de cette relation de longue date avec la CIA est essentielle, particulièrement pour éclairer les évènements récents. De toute évidence, les Services Secrets US sont derrière le mouvement de protestation, organisé quelques mois avant les Jeux Olympiques de Beijing.
M.C 23 Mars 2008
Les journalistes défient rarement le Dalaï Lama.
Parce qu'il est charmant et accueillant. La plupart des comptes rendus qui portent sur lui le font d'un air dégagé, avec autant de désinvolture que le sujet, pour qui un bon petit rire bête et une parabole pittoresque sont des substituts à des réponses difficiles. Mais c'est l'homme qui prône une plus grande autonomie pour des millions de personnes qui sont actuellement chinois, avec lui à la tête de leur gouvernement peut-on présumer ?
Donc, pourquoi pas lui demander des comptes en tant que personnalité politique ?
Ce n'est pas en tant que simple dirigeant spirituel, car il était à la tête du gouvernement du Tibet, qu'il est parti en exil en 1959. C'était un appareil d'état dirigé par des moines aristocratiques népotiques qui collectaient des impôts, emprisonnaient et torturaient les dissidents et se sont engagés dans toutes les intrigues politiques habituelles. (Le père du Dalaï Lama lui-même a presque sûrement été assassiné en 1946, conséquence d'un complot).
Le gouvernement s'est installé en exil en Inde, et, au moins jusque dans les années 70 a reçu 1.7 millions de dollars par an de la CIA.
L'argent était pour payer des opérations de guérillas contre les Chinois, malgré le soutien public du Dalaï Lama pour la non violence, pour lequel il a reçu le prix Nobel en 1989.
Le Dalaï Lama lui-même a été rémunéré par la CIA de la fin des années 50 jusqu'en 1974, recevant, d'après ce qui a été rapporté, 15 000 dollars par mois (180 000 dollars par an).
Les fonds lui ont été versés personnellement, mais il les a tous utilisés, ou du moins la plus grande partie, pour les activités du gouvernement tibétain en exil, principalement pour financer des bureaux à New York et Genève, et pour faire du lobbying internationalement.
Les détails du financement actuel du gouvernement en exil sont loin d'être clairs. Structurellement, cela comprend 7 départements, et plusieurs autres bureaux spéciaux. Il y a également eu des sociétés de bienfaisance, une société de publication, des hôtels en Inde et au Népal, et une société de distributions d'objets d'artisanat aux Etats Unis et en Australie, tous regroupés sous l'aile du ministère des finances du gouvernement en exil.
Le gouvernement a été impliqué dans la gestion de 24 sociétés mais a décidé en 2003 qu'il se retirait de celles ci parce qu'une telle implication dans des activités commerciales n'était pas appropriée.
Il y a plusieurs années, j'ai demandé auprès ministère des finances du Dalaï Lama d'avoir accès aux détails du budget. En réponse, il a affirmé avoir à l'époque un revenu annuel de 22 millions de dollars, qu'il a dépensé pour des programmes variés de santé, éducation, religion et culture.
Le plus gros poste concernait des dépenses liées aux activités politiques, pour un montant de 7 millions de dollars. Ensuite venait l'administration, avec 4.5 millions de dollars. Presque 2 millions étaient attribués pour gérer les bureaux à l'étranger du gouvernement en exil.
Compte tenu de toutes les activités revendiquées par le gouvernement en exil, ces sommes semblent remarquablement faibles.
Ce n'est pas clair comment les donations sont inscrites au budget. Elles se montent probablement annuellement à plusieurs millions, mais le ministère des finances du Dalaï Lama n'a fourni aucune reconnaissance explicite de celles-ci ni de leurs sources.
Il y a certainement plein de rumeurs parmi les Tibétains expatriés de corruption endémique et de mauvais usages de l'argent collecté au nom du Dalaï Lama.
Beaucoup de dons transitent via le fond du Tibet à New York, établi en 1981 par des réfugiés tibétains citoyens américains. Il s'est développée et est devenu une organisation gérant plusieurs millions de dollars qui dépensent chaque année 3 millions de dollars pour ses différents programmes.
Une partie de ses ressources proviennent du Bureau du Département d'Etat US pour les programmes des réfugiés.
Comme beaucoup d'hommes politiques asiatiques, le Dalaï Lama s'est comporté de manière remarquablement népotique, nommant des membres de sa famille à de nombreux postes importants. Ces dernières années, 3 des 6 membres du Kashag, ou Cabinet, la branche exécutive la plus élevée du gouvernement tibétain en exil, avaient des liens familiaux proches avec le Dalaï Lama.
Un frère plus âgé a servi comme président de Kashag et comme ministre de la sécurité. Il a aussi dirigé le Mouvement Contra Tibétain dirigé par la CIA dans les années 1960.
Une belle sœur a occupé le poste de directrice du conseil de planification du gouvernement en exil et de son département de la santé.
Une plus jeune sœur a servi comme ministre de la santé et de l'éducation, et son mari a occupé la fonction de directeur du département de l'information et des relations internationales du gouvernement en exil.
Leur fille a été faite membre du parlement tibétain en exil. Un plus jeune frère a occupé la fonction de haut membre du bureau privé du Dalaï Lama et sa femme a occupé la fonction de ministre de l'éducation.
La deuxième épouse de son beau frère a occupé le poste de représentant du gouvernement en exil pour l'Europe du Nord et celui de la direction des relations internationales pour le gouvernement en exil. En occupant toutes ces positions les membres de la famille du Dalaï Lama ont accès à des millions de dollars collectés au nom du gouvernement en exil ;
Le Dalaï Lama est actuellement bien connu, mais peu réellement savent quelque chose de lui. Par exemple, contrairement à l'opinion très répandue, il n'est pas végétarien. Il mange de la viande. Il l'a fait (selon ce qu'il affirme) sur l'avis d'un médecin après avoir eu des complications rénales due à une hépatite. J'ai vérifié auprès de plusieurs médecins et aucun n'était d'accord pour dire que la consommation de viande est nécessaire ou même souhaitable lorsque qu'on a un foie endommagé.
Qu'est ce que le Dalaï Lama a effectivement réalisé pour les Tibétains à l'intérieur du Tibet ?
Si son but c'était l'indépendance pour le Tibet, ou, plus récemment, une plus grande autonomie, alors il a échoué misérablement.
Il a maintenu le Tibet en premières pages des journaux partout dans le monde, mais pour quelle finalité ? Ce qu'il a principalement accompli il semble, c'est d'être devenu une célébrité. S'il était resté tranquille, moins de Tibétains auraient été torturés, tués et généralement supprimés en Chine.
De toute façon, l'actuel Dalaï Lama a 72 ans. Son successeur – une réincarnation – sera nommé enfant et il faudra de nombreuses années avant qu'il ne joue une rôle significatif. Pour la Chine, c'est un problème qui se résoudra de lui-même, que John Howard ou Kevin Rudd (Où Nicolas Sarkozy où ses larbins : Rama Yade et ou Bernard Kouchner ndlt) rencontrent ou non la Dalaï Lama.
Michael Backman 23/03/08 www.michaelbackman.com
Source Global Research, article en français publié par Alterinfo.
22:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cohn bendit, dalai lama, tibet, chine, pekin, lhassa, cia


