20.08.2008

Morts sur l'autel de la folie sarkozienne

CASTRES (Tarn), (AFP) - "C'est catastrophique", "c'étaient des membres de la famille", "la ville est marraine du régiment", entendait-on mardi à Castres alors que se répandait la nouvelle de la mort de 10 soldats français en Afghanistan, dont huit basés dans la sous-préfecture du Tarn.

Le 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Castres a envoyé plus de 550 hommes cet été vers l'Afghanistan dans le cadre des renforts décidés par le gouvernement français.

"Il n'ont pas eu beaucoup de temps d'adaptation. On s'inquiétait de les voir partir pour une destination si risquée, les femmes de militaires ne voulaient pas parler de cette mission", dit tristement Laurent Pasquet, patron du tabac de la rue Gambetta au centre-ville.

Des Castrais ont ressorti mardi le ruban jaune qu'ils arboraient en juillet au moment du départ des troupes en soutien aux soldats et à leurs familles. Le député Philippe Folliot (app. NC) est venu à la caserne du régiment, familièrement surnommé le "8", arborant le fameux ruban jaune.

Laurent Pasquet se rappelle en avoir vendu de nombreux en juillet. "C'était une initiative de la femme du chef de détachement, on les a vendus à deux euros au bénéfice des familles", confie-t-il.

M. Pasquet explique qu'il existe un lien profond entre les 47.000 habitants de Castres et le régiment. "Beaucoup sont restés près de Castres après avoir terminé leur carrière, ça enrichit le lien", dit-il en citant un cas dans sa famille.

Philippe Folliot rappelle "les liens très forts qui se sont tissés depuis 1963 et l'implantation du "8" à Castres". "C'est un élément de symbole fort de la ville, tout comme l'équipe de rugby du Castres Olympique. Beaucoup se disent: "c'est ma famille"", souligne le député.

"Ce n'est pas le moment de remettre en cause notre engagement en Afghanistan", ajoute-t-il, en soulignant qu'un hommage national aux victimes se prépare aux Invalides à Paris.

Une pharmacienne, qui requiert l'anonymat, souligne que "pas mal de jeunes filles d'ici ont rencontré leur mari au 8e RPIMa".

"On a beau dire que ce sont les risques du métier, il ne faut pas oublier la dimension humaine, les enfants qui perdent leur papa, la France doit s'incliner devant eux", ajoute-t-elle.

A la mairie, les drapeaux sont en berne depuis le milieu de l'après-midi et les hommages s'accumulent: "A la foi, la force et le courage", a signé un ancien de la coloniale, tandis qu'un autre salue les "actions menées par nos militaires".

Dans un café de la place Jean Jaurès, au coeur de la ville, Florian Castillan, jeune serveur, ne connaît pas encore les noms des victimes mais il s'inquiète: "J'en connais sans doute, il y a peut-être un ami". Son patron, Gilles Liégeois, visiblement marqué, répète: "C'était une destination à risques, c'est catastrophique!".

Les familles des victimes ont été prises en charge par une cellule d'aide. Les rencontres se font dans la caserne, à l'abri du public. Tout aussi discrètement, des bouquets ont commencé à orner le mur d'enceinte.

Article original : Yahoo News

 

Note de P&P : Quelques jours après que Sarkozy ait déclaré que les militaires français étaient des incapables et que Fillon ait annoncé le démantélement de l'armée française, 10 soldats français sont morts en Afghanistan et 21 sont blessés dont certains dans un état grave puisqu'ils n'ont toujours pas tous été rapatriés.

Il est difficile de ne pas penser aux épouses, aux orphelins, aux familles, aux amis, qui parfois porteront pour le reste de leur existence les stigmates de ces dramatiques disparitions.

Et bien sûr une question lancinante revient encore et encore : "A quoi auront servi ces morts ? Pourquoi ?"

Face à tant de douleurs on ne peut que s'interroger sur la présence de 2600 militaires français en Afghanistan qui participent à l'occupation et la destruction de l'Afghanistan.

Même les différentes raisons officielles invoquées au fil du temps laissent songeur :

1/ pourchasser Oussama Ben Laden ?

Soi disant insaisissable depuis plus de 7 ans alors que les satellites militaires détectent des têtes d'épingles, on peut se demander si Oussama Ben Laden ne joue pas le rôle idéal du méchant terroriste introuvable, prétexte d'une occupation sans fin. Remarquons également que selon  Benazir Buttho, les services secrets saoudiens et les services secrets français, Oussama Ben Laden est mort depuis plusieurs années.

2/ Eradiquer les talibans ?

Ne serait-il pas paradoxal que les Etats Unis et leur vassaux tels que Sarkozy ou Brown se mettent soudain en quête de démocratie alors que tant de nations souffrent sous le joug de dictatures, elles-même mises en place par les Etats-Unis.

Non les armées américaines ne sont nullement libératrices, depuis des décennies que ce soit en Corée, au Vietnam, au Guatemala, au Panama, en Iraq... c'est toujours la même histoire. Un prétexte généralement créé de toutes pièces par la CIA (agression, dictature, guerre civile...) est invoqué pour envahir le pays cible puis le piller (appropriation des ressources minières, pris de contrôles des marchés publics et privés, exploitation de la main d'oeuvre, contrôle du territoire,...)

A ce sujet il est piquant de constater que le mouvement des talibans a été créée dans les années 70 par la CIA dans le cadre du développement de plusieurs mouvements islamistes dans les pays entourant la Russie afin d'attaquer à terme cette dernière.

3/ Libérer l'Afghanistan ?

Quel paradoxe, aujourd'hui l'Afghanistan est occupé, bombardé depuis des années, des milliers de civils ont été sacrifiés par l'armée étasunienne et ses laquais, auparavant la population afghane était victime des talibans formés, financés et entrainés par la CIA.

Dans cette histoire la CIA et le Pentagone se situent aux antipodes du libérateur. Le jour de leur arrivée sur la terre afghane a signé le début de l'asservissement et d'immenses souffrances pour le peuple afghan.

Alors pourquoi ? Pourquoi dix jeunes Français sont allés mourrir à des milliers de kilomètres de leurs familles et de leurs amis ?

Comme souvent l'examen des bénéficiaires d'une opération permet également d'en identifier les auteurs.

Cui bono ? A qui profite la situation ? Si l'on se penche sur la situation de l'Afghanistan on se rend rapidement compte que depuis l'invasion étasunienne deux éléments macro économiques ont sensiblement changé :

-d'une part l'Afghanistan est devenu le premier producteur mondial d'héroïne, sachant que la production d'opium avait été initiée dès le début des années 80 par la CIA.

-d'autre part les accord concernant un gazoduc majeur permettant d'éviter le territoire russe a été signé en juin 2008.

P.S. : Nous recherchons désespérement  des images prises pendant ou après l'accident , et nous n'osons écouter nos tendances paranoïaques qui répétent insidieusement : "les médias et les politiques vont main dans la main, aucune image des victimes ne sera donc publiée, ce serait mauvais pour la côte de popularité de notre très cher président".