24.11.2008
Regardez comment les médias vous manipulent
La censure
Aucune information n’atteindra la société sans passer par notre contrôle. Ceci est déjà pour nous un point acquis par le fait que toutes les nouvelles sont reçues de toutes les parties du monde par un petit nombre d’agences qui les centralisent. Lorsque nous serons arrivés au pouvoir, ces agences nous appartiendront entièrement et ne publieront que les nouvelles qu’il nous plaira de laisser paraître.
Si, dans les conditions actuelles, nous avons réussi à obtenir, sur la société des Gentils [société des gens normaux par opposition aux individus pathologiques au pouvoir], un contrôle tel qu’elle n’entrevoie les affaires du monde qu’à travers des lunettes colorées que nous lui avons mises devant les yeux ; si, dès maintenant, aucune barrière ne peut nous empêcher de pénétrer les secrets d’État, ainsi que les nomme la stupidité des Gentils, quelle ne sera pas notre situation, lorsque nous serons officiellement reconnus comme les dirigeants du monde, dans la personne de notre Empereur mondial ?
Revenons à l’avenir de la presse [des médias]. Celui qui voudra devenir éditeur, libraire ou imprimeur, devra obtenir un certificat et une licence qui, en cas de désobéissance, lui seraient retirés. Les canaux par lesquels la pensée humaine trouve son expression seront mis entre les mains de notre gouvernement, qui les utilisera comme organe éducateur et qui empêchera ainsi le public d’être dérouté par le « progrès » idéalisateur et par le libéralisme.
[…]
La littérature et le journalisme sont les deux puissances d’éducation les plus importantes ; pour cette raison, notre gouvernement achètera le plus grand nombre de périodiques [de chaînes de télévision, et tout organe médiatique]. Nous neutraliserons ainsi la mauvaise influence de la presse indépendante, et nous acquerrons un empire énorme sur l’esprit humain. Si nous permettons dix périodiques privés, nous en lancerons trente nous-mêmes, et ainsi de suite.
Mais le public ne doit pas avoir de ces mesures le plus léger soupçon ; aussi, les périodiques par nous publiés devront paraître de vues et d’opinions contradictoires, inspirant ainsi confiance et présentant une forme attrayante à nos ennemis sans défiance, qui tomberont de la sorte dans notre piège et seront désarmés.
Au premier rang, nous placerons la presse officielle. Elle veillera constamment à la défense de nos intérêts, et, par suite, son influence sur le public sera relativement insignifiante. Au second rang, nous placerons la presse semi-officielle, dont le devoir sera d’attirer les tièdes et les indifférents. Au troisième rang, nous placerons la presse qui se donnera l’air de nous faire opposition et qui, dans l’une de ses publications, semblera notre adversaire. Nos véritables ennemis croiront à la sincérité de cette opposition et nous laisseront voir leurs cartes.
Tous les journaux défendront des partis différents - aristocratique, républicain, révolutionnaire et même anarchiste - mais, bien entendu, aussi longtemps seulement que dureront les Constitutions. Ces journaux, comme le dieu indien Vichnou, auront des centaines de mains dont chacune tâtera le pouls de la changeante opinion publique.
Quand le pouls s’accélérera, ces mains inclineront l’opinion publique vers notre cause, car un sujet nerveux est facilement conduit et subit aisément toutes sortes d’influences.
Si quelques bavards s’imaginent qu’ils répètent l’opinion de l’organe de leur parti, ils ne répètent, en réalité, que notre propre opinion ou celle que nous désirons. En pensant qu’ils suivent leur journal, ils suivront, en réalité, le drapeau que nous ferons flotter devant eux. Pour que notre armée de journaux puisse exécuter ce programme dans son esprit, à savoir soutenir les différents partis, il nous faudra organiser notre presse avec grand soin.
Sous le nom de « Commission centrale de la Presse », nous organiserons des meetings littéraires où nos agents, inaperçus, donneront le mot d’ordre et le mot de passe. En discutant et en contredisant notre politique, toujours superficiellement, bien entendu, sans toucher effectivement à aucune de ses parties essentielles, nos organes mèneront des débats simulés avec les journaux officiels, afin de nous donner un motif de définir nos plans avec plus d’exactitude que nous ne le pouvions faire dans nos programmes préliminaires. Mais ceci uniquement lorsqu’il y aura profit pour nous. Cette opposition de la presse nous servira également à faire croire au peuple que la liberté de la parole existe encore. A nos agents, elle donnera l’opportunité de montrer que nos adversaires portent contre nous des accusations dénuées de sens, puisqu’ils seront incapables de découvrir une base réelle pour réfuter notre politique.
De telles mesures, échappant à l’attention publique, seront les plus sûrs moyens de guider l’esprit du peuple et d’inspirer confiance en notre gouvernement.
Grâce à ces mesures, nous pourrons exciter ou calmer l’esprit public sur les questions politiques, lorsque cela nous deviendra nécessaire ; nous pourrons le persuader ou le dérouter en imprimant de vraies ou de fausses nouvelles, des événements exacts ou contradictoires, suivant la convenance de nos desseins. Les informations que nous publierons dépendront de la disposition actuelle du peuple à accepter telle sorte de nouvelles, et nous examinerons toujours soigneusement le terrain avant d’y mettre le pied.
«Le langage politique [la propagande médiatique au service des politiques] est destiné[e] à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent.»
[ George Orwell ]
12:02 Publié dans Ponérologie française | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : média, propagande, manipulation, télé
01.11.2008
Télé : l'Elysée veut investir le public, vive la propagande décomplexée
L'UMP avait déjà levé une belle bronca en tentant de contraindre la publique Agence France Presse (voir detoxinfo du 9 mai) de reprendre sans broncher tous leurs communiqués. Peu connus pour leur amour de l'échec, les habitants de l'Elysée remettent le couvert et proposent à présent une émission pédagogique diffusée "idéalement" sur le service public destinée à "expliquer" les réformes gouvernementales au bon peuple français.
Il faut dire que la "réforme" touche de plein fouet la dite télé publique, qui se retrouvera bientôt privée de recettes publicitaires et son président désormais nommé par le président de la République (après "avis" du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel). Une remise au pas sans ambiguïté. Tant qu'on y est, il est inutile de se gêner. Retour à la propagande oui, mais décomplexée.
Jusqu'ici discret, Thierry Saussez patron de la communication gouvernementale avait été appelé auprès de Sarko pour éviter que la vague de couacs qui signe la politique actuelle ne prenne trop d'ampleur. Avec des résultats plus que mitigés. Bâtir une communication cohérente et parler d'une seule voix devient jour après jour plus urgent. Sarko se retrouve toujours obligé de mettre lui-même la main à la pâte. Ce qu'il vient de le faire en rencontrant les juges mécontents en lieu et place de la très bancale garde des Sceaux.
Saussez a donc indiqué qu'il "réfléchissait à une émission gouvernementale à la télévision", qui pourrait être "idéalement" diffusée sur une chaîne de service public, pour expliquer les réformes. Mais "tout est ouvert" de même que le format. Dans un premier temps, il a été évoqué que la chaîne "Public Sénat" accueille la bonne parole sur un format assez long voire indigeste. Il ne serait plus question que d'une petite intervention de quelques minutes. Il ne faut pas lasser.
A côté de "la bouilloire médiatique" qui n'a "pas le temps d'ancrer un message (...) je suis là pour ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée", explique Monsieur Sarko com'.
Et de poursuivre : "si les Français ont des questions sur le service public, sur les politiques publiques, sur les mesures ou sur les réformes, qui sont mises en oeuvre, on doit mettre en oeuvre des moyens qui soient adaptés à la situation de crise".
Reste à savoir si le "show" télé gouvernemental apportera les réponses qu'ils attendent en matière d'évolution du pouvoir d'achat, de l'emploi, des retraites ou encore de la Sécurité Sociale bref de toutes ces petites choses qui sont un peu bousculées dans le vaste chantier des "réformes" qui jusqu'à présent s'est montré plus efficace à consolider l'édifice bancaire qu'à préserver notre système social.
Source : detoxinfo
15:33 Publié dans Ponérologie française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : propagande, télé, élysée, big brother


