24.02.2008

1948 : la Palestine des archives aux cartes

Auteur, avec Sébastien Boussois, de « Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949) », publié aux Editions de l’Atelier et qui propose une synthèse de vingt ans de travaux des « nouveaux historiens israéliens », Dominique Vidal fait ici le lien entre les révélations de ces chercheurs et leur traduction cartographique.

De Gaza à Dimona, en passant par Bagdad et Beyrouth, le Proche-Orient subit aujourd’hui encore les conséquences des événements qui se sont déroulés il y a soixante ans. Inversement, le règlement de la question israélo-palestinienne, née avec la Nakba (catastrophe, en arabe), reste la condition nécessaire - même si elle n’est pas suffisante – d’un apaisement régional.

29 novembre 1947 : l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) partage la Palestine en un Etat juif, un Etat arabe et une zone internationale pour Jérusalem et les Lieux saints. 14 mai 1948 : Israël déclare son indépendance et, dès le lendemain, fait face aux armées des Etats arabes qui ont refusé le partage. 20 juillet 1949 : la signature du dernier armistice entre Tel-Aviv et ses voisins (en l’occurrence la Syrie) met fin à vingt mois de guerre judéo-palestinienne, puis israélo-arabe.

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Cartographie de Philippe Rekacewicz.
 
 * dans l'article original il est possible de zoomer sur les différentes cartographies. 
 
 
 
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1948-1949 : les différents mouvements militaires de la première guerre israélo-arabe Ph. R.

Entre ces trois dates, que s’est-il vraiment passé ? C’est ce que les « nouveaux historiens » israéliens, en trente ans de recherches dans les archives ouvertes à partir de 1978, ont largement contribué à expliquer, confirmant d’ailleurs, pour l’essentiel, les thèses de leurs confrères palestiniens. Chacun à sa manière, avec des convictions et une méthodologie différentes, Benny Morris, Ilan Pappé et Avi Shlaïm – entre autres – ont ébranlé les principaux mythes de l’historiographie israélienne traditionnelle :

- Contrairement à la légende dépeignant un frêle Etat juif à peine né et déjà confronté aux redoutables armées d’un puissant monde arabe, les « nouveaux historiens » établissent la supériorité croissante des forces juives (en effectifs, armement, entraînement, coordination, motivation...). Israël domine aussi stratégiquement, bénéficiant du soutien politique, diplomatique et militaire des Etats-Unis comme de l’Union soviétique. A quoi s’ajoute l’accord passé le 17 novembre 1947 par Golda Meïr avec le roi Abdallah de Transjordanie : la Légion de ce dernier, seule armée arabe digne ce nom, s’engageait à ne pas franchir les frontières du territoire alloué à l’Etat juif en échange de la possibilité d’annexer celui prévu pour l’Etat arabe ;

- Contrairement à la vision d’un Etat juif recherchant, après la guerre, la paix avec ses voisins, les « nouveaux historiens » montrent qu’Israël accepte, dans un premier temps, un protocole reprenant le droit onusien - plan de partage et droit au retour des réfugiés – afin de devenir membre de l’ONU. Mais ses dirigeants saboteront ensuite systématiquement la conférence de Lausanne, comme Walter Eytan, codirecteur général du ministère israélien des Affaires étrangères, le reconnaîtra : « Mon principal objectif était de commencer à saper le protocole du 12 mai, que nous avions été contraints de signer dans le cadre de notre bataille pour être admis aux Nations unies » [1].

- Contrairement à la thèse expliquant le départ des Palestiniens par un appel de leurs dirigeants, les « nouveaux historiens » prouvent que, dans l’immense majorité des cas, il s’est agi d’une expulsion. Ni les archives ni les programmes des radios arabes – enregistrés par la BBC – ne recèlent d’appel national à la fuite. En revanche, les services de renseignement de la Hagana, l’armée clandestine juive, évaluent à près de 400 000 les départs survenus dans la première phase de l’exode (novembre 1947-juin 1948), qu’ils attribuent aux quatre cinquièmes à l’action des armées et milices juives. Et, dans la seconde phase, à partir de juillet 1948, le processus d’expulsion ne fait plus le moindre doute. Un symbole : le transfert forcé, à la mi-juillet 1948, de 70 000 Palestiniens de Lydda et de Ramla - près d’un dixième de l’exode total ! - à la demande de David Ben Gourion par Igal Alon et... Itzhak Rabin...

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Un exode massif forcé Ph. R.
Source : Palestine Land Society (PLS), d’après une carte de Salman Abou-Sitta élaborée principalement à partir des travaux de Benny Morris, Walid Khalidi, Basheer Nijim, B. Mouammer et Mustapha Al-Dabbagh.

Si certains historiens israéliens défendent encore la version officielle de cette tragédie, pour la plupart des chercheurs le débat ne porte plus sur la question « fuite ou expulsion ? », mais sur le caractère planifié, ou non, de cette dernière. Benny Morris s’est récemment rallié à la nécessité du « nettoyage ethnique » [2], contredisant du coup sa thèse de toujours, selon laquelle « le problème palestinien est né de la guerre, et non d’une intention, juive ou arabe » [3]. Celle-ci ne l’empêche toutefois pas d’insister sur l’importance de ce qu’il appelle le « facteur atrocité », précisant même, dans la seconde version de son maître-livre [4] : « Ce que montrent les nouveaux matériaux, c’est que les Israéliens ont commis bien plus de massacres que je ne l’avais pensé auparavant. » Pour sa part, Ilan Pappé consacre tout son dernier livre, le plus convainquant de tous, à « défendre le paradigme du nettoyage ethnique et le substituer à celui de guerre », en recourant aussi bien aux archives qu’aux témoignages oraux [5]. Après une étude sur la place du « transfert » [6] dans la pensée sioniste, il travaille à démontrer dans le détail comment, dès le début des années 1940, la direction du Yichouv, la communauté juive de Palestine, a préparé puis mis en œuvre, étape après étape, l’expulsion des Palestiniens.

 

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Massacres et annexions (1948-49) Ph. R.
 

Quoiqu’il en soit, la nouvelle carte du Proche-Orient issue de la guerre judéo-palestinienne, puis israélo-arabe ne ressemble guère à celle qu’avait tracée la jeune ONU. L’Etat juif est né, mais il a augmenté son territoire d’un tiers et en a chassé les quatre cinquièmes des Arabes palestiniens qui y vivaient. L’Etat arabe, lui, est mort-né : s’en partagent la dépouille Israël, qui en a conquis une partie, la Transjordanie, qui annexera ce qui reste de la Cisjordanie, et l’Egypte, qui occupe la bande de Gaza. Quant à Jérusalem, elle est coupée en deux pour près de vingt ans : Israël installe bientôt sa capitale à l’ouest, l’est – dont la vieille ville, quartier juif et mur des Lamentations compris – étant aux mains des Jordaniens.

On ne saurait donc comprendre ce premier grand conflit proche-oriental de la seconde moitié du XXe siècle sans avoir recours aux cartes : celle du plan de partage, celle des armistices de 1949, mais aussi, entre les deux, celles des combats et des massacres de la guerre. Indispensable, ce passage par la cartographie l’est d’autant plus qu’une partie des frontières ainsi définies a été effacée par les auteurs et les descendants des faits accomplis à l’époque. Faut-il préciser que rarissimes sont les cartes israéliennes contemporaines à rappeler, par exemple, que la Galilée, la plaine côtière entre Ashdod et la bande de Gaza ainsi qu’une partie du Néguev faisaient partie intégrante de l’Etat arabe ? A l’heure où même la Ligne verte, frontière internationalement reconnue de l’Etat d’Israël avant le 5 juin 1967, disparaît des Atlas, il devient presque subversif de ressusciter les tracés issus du droit international, les différentes phases de son affirmation – et de sa violation… Paradoxalement, la seule frontière vraiment visible, sur le terrain comme sur les cartes, c’est désormais le mur, que pourtant la Cour internationale de justice de La Haye a déclaré illégale et dont elle a exigé, suivie par l’Assemblée générale de l’ONU, la destruction.

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La région vue d’Israël. La flèche précise « Israël était une partie du Proche-Orient ». Source : livre scolaire, Center for Educational Training (CET), 2000.
 
 
 
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Dans les livres scolaires israéliens, pas l’ombre d’une Ligne verte... Source : livre scolaire, Center for Educational Training (CET),
2000.
 
 
 
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La Cisjordanie, un territoire morcelé :
situation en janvier 2008
Ph. R.
 
 
 

Une dernière remarque, au-delà de la seule période de la naissance d’Israël et du problème des réfugiés palestiniens. L’ensemble des cartes que nous publierons, le 14 mars prochain, dans le numéro 98 de Manière de voir, intitulé « Histoires d’Israël », et que nous reprenons partiellement ici, illustrent une période qui s’étend de l’implantation juive en 1920 à la Palestine morcelée de 2008.

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1920 : la Palestine à la veille du mandat britannique, Ph. R.

Elles soulignent la continuité du projet conçu par Theodor Herzl, réalisé au fil des décennies par ses héritiers. Elles ne montrent cependant pas – car elle n’est pas aisément cartographiable - la rupture intervenue du fait de la seconde guerre mondiale.

Le passage du Yichouv à l’Etat d’Israël doit en effet beaucoup à la situation qui prévaut après 1945 : le génocide a donné une légitimation tragique à la revendication sioniste d’un Etat, incité les Alliés à la soutenir, et travaillé la mauvaise conscience des opinions dans les pays complices de l’entreprise nazie. Sans oublier les centaines de milliers de personnes déplacées qui, ne pouvant pas rentrer dans leur pays ni émigrer en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, n’ont d’autre choix que l’émigration vers la Palestine. Autant de facteurs qui participent au « lien entre l’Holocauste et Israël » souligné par le grand intellectuel palestinien Edward Saïd…

Bibliographie :

- Mohammed Al-Asaad, Mémoires d’un village palestinien disparu, Albin Michel, Paris, 2002.

- Joseph Algazy, Dominique Vidal, Le péché originel d’Israël, Editions de l’Atelier, Paris, 2002 (1998).

- Alain Gresh, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit, Fayard, Paris, 2001.

- Ilan Halevi, Question juive, Les Editions de Minuit, Paris, 1981.

- Shlomo Sand, Les mots et la terre, Fayard, Paris, 2006.

- Michel Warchawski, Sur la frontière, Hachette, Paris, 2004.

Sauf mention contraire, les sources des cartes sont : Howard M. Sachar, History of Israel, Knopf, New York, 1979 ; Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs (Passia) ; Before Their Diaspora, Institute for Palestine Studies, 1984 ; Nations unies, New York ; Alain Gresh et Dominique Vidal, Les 100 clés du Proche-Orient, Hachette, Paris, 2006 ; La Maison de l’Orient, Jérusalem.

Notes

[1] Ilan Pappé, The Making of the Arab-Israeli Conflict, 1947-1951, I. B. Tauris, New York, 1992, p. 212.

[2] Cf. son interview au quotidien Haaretz, Tel-Aviv, 8 janvier 2004.

[3] Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem, 1947-1949, Cambridge University Press, Cambridge, 1987, p. 286.

[4] The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, Cambridge, 2004.

[5] Ilan Pappé, The Ethnic cleansing of Palestine, One World, Oxford, 2006. Il vient de paraître en français chez Fayard, sous le titre Le Nettoyage ethnique de la Palestine.

[6] Sur la question du « transfert », voir Amira Hass, Ces Israëliens qui rêvent de « transfert », le Monde Diplomatique, 2003.

lundi 18 février 2008, par Dominique Vidal pour Les carnets du Monde diplomatique

23.01.2008

Sarkozy-Kouchner : effets de manche diplomatiques

Sarkozy-Kouchner : effets de manche diplomatiques

Selon l’industrie audio-visuelle et la presse, le règne de Sarkozy devait enfin permettre à la France de retrouver « la place qu’elle mérite » dans les affaires du monde. Cependant, l’activité diplomatique de Sarkozy et Kouchner ne fait que souligner le déclin du poids de la France dans le monde, sur les plans économique, politique et militaire.

Prenons, par exemple, la politique adoptée vis-à-vis de l’Iran. Nous avons déjà évoqué, dans un récent article, la déclaration fracassante de Kouchner, qui menaçait de lancer une guerre contre l’Iran. Dans les 24 heures, Kouchner a dû dissiper un soi-disant malentendu. En menaçant de déclencher une guerre, il prétendit avoir voulu envoyer un « message de paix » ! Depuis, cette affaire a connu un rebondissement très intéressant. Tellement intéressant, en fait, que les médias l’ont pratiquement ignoré.

Un rapport des services secrets américains a affirmé dans des termes catégoriques qu’il n’existe aucun risque, à court et moyen terme, que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Ceci démolit d’un seul trait, non seulement la propagande mensongère de la Maison Blanche, mais également celle de Sarkozy et Kouchner.

Dans les faits, les Etats-Unis n’ont pas les moyens de mener une guerre contre l’Iran. Ils pourraient, tout au plus, lui infliger des raids aériens, lesquels ne manqueraient pas de déstabiliser davantage le Moyen-Orient. Quant à la France, elle serait tout simplement incapable de mener une action militaire conséquente contre l’Iran.

Autre exemple : la visite du dictateur Kadhafi en France. Ce dernier a plus ou moins traité Sarkozy de menteur, sans que celui-ci ne juge opportun de se défendre. L’épisode a eu au moins le mérite de montrer que la France n’était pas en position de force. Sarkozy a dû faire des pieds et des mains pour obtenir ses fameux « dix milliards » d’euros de contrats – chiffre dont la réalité reste à confirmer.

En Afghanistan, Sarkozy s’est engagé à augmenter le contingent français. Sur le terrain, les troupes françaises s’enlisent, aux côtés des soldats américains, dans une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner. Si la puissance américaine, dont les dépenses militaires sont vingt fois plus élevées que celles de la France, ne parvient pas à maîtriser la situation en Afghanistan, quelle différence ferait le renforcement de la présence militaire française ? Même dans l’éventualité – complètement exclue, en fait – d’une consolidation des positions de la coalition étrangère en Afghanistan, les bénéfices économiques et stratégiques seraient exclusivement récoltés par les Etats-Unis, comme c’est le cas en Irak, au grand désarroi de son allié britannique.

Lors de son passage très médiatisé en Egypte, Sarkozy a tenu à afficher son alignement sur la politique des Etats-Unis. Il menace la Syrie, non d’une guerre, cette fois, mais … de ne plus lui parler. Voilà qui doit faire trembler le Hezbollah et leurs alliés Syriens et Iraniens !

La situation au Liban est la conséquence de la défaite de l’invasion israélienne, en 2006. La France a soutenu Israël dans cette aventure meurtrière, et la victoire du Hezbollah a considérablement augmenté son prestige et son soutien populaire.

L’envoi des soldats français au Liban, après le retrait des Israéliens, avait pour objectif officiel d’aider l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah. Cependant, l’armée libanaise n’a pas levé un petit doigt pour résister à l’agression israélienne, en 2006. Et voilà que la France lui demande, avec son aide, de désarmer les vainqueurs ! L’armée française, comme l’armée libanaise, est incapable de désarmer le Hezbollah – et, sur le terrain, rien n’a été fait dans ce sens. C’est cette impuissance qui a incité la diplomatie française à s’en remettre à la bonne volonté de la Syrie pour freiner le Hezbollah. Que perd donc le gouvernement syrien si, désormais, la France refuse de lui parler ? Absolument rien.

Toujours à partir du Caire, Sarkozy a insisté pour que le gouvernement israélien fasse des concessions facilitant la création d’un Etat palestinien indépendant. Des déclarations de ce genre permettent aux chefs d’Etat arabes, tels Moubarak, de justifier leur connivence avec Bush et ses alliés. Personne ne les prend au sérieux. Les exigences de Sarkozy ne seront suivies d’aucun effet. Il y va des intérêts vitaux de l’impérialisme israélien.

Dans le domaine diplomatique, Sarkozy brasse de l’air. Il veut donner l’apparence d’une puissance qui n’existe pas, dans les faits. Et quand l’inimitable Kouchner s’entretient avec le dictateur militaire Musharraf, au Pakistan, et déclare sans rire que ce dernier est pour la démocratie – pendant que l’armée et la police brutalisent le peuple –, c’est non seulement pour faire plaisir à Bush, mais aussi pour que l’impérialisme français apparaisse comme un facteur dans une situation où, dans les faits, ses « prises de position » ne comptent pas pour grand chose.

 

Article issu du site La Riposte 

27.11.2007

4,2 millions de réfugiés irakiens

Cet article est extrait du site Voltairenet.org

 

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 Les violences incessantes ravageant les régions centrale et méridionale de l’Irak forcent chaque mois des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur foyer, confrontant la communauté internationale à une crise humanitaire encore plus grave que les bouleversements prévus par les agences humanitaires lors de la guerre de 2003.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), plus de 4,2 millions d’Irakiens ont quitté leurs maisons. Parmi eux, quelque 2,2 millions sont déplacés à l’intérieur du pays et plus de deux millions ont fui dans les États voisins, surtout en Syrie et en Jordanie. Beaucoup étaient déjà déplacés avant 2003, mais un nombre croissant continue de fuir. En 2006, les ressortissants irakiens arrivaient en tête des demandeurs d’asile en Europe.

Note de P&P : Rappelons quez ces drames humanitaires sont le résultat d'une guerre lancée par les Etats-Unis en raison de la présence de soit-disants armes de destruction massive qui de l'aveu même d'un général des marines ont été inventées de toute pièce

 

Lors des trois premières années qui ont suivi la chute de l’ancien régime irakien en 2003, la plupart du travail de l’UNHCR se basait sur l’hypothèse que la situation interne se stabiliserait, permettant à des centaines de milliers d’Irakiens déjà déplacés de rentrer chez eux. En 2006, cependant, l’intensification de la violence a créé davantage de déplacements. Une réévaluation du travail de l’UNHCR et de ses priorités dans la région s’est avérée nécessaire – de l’assistance aux rapatriés et à quelque 50 000 réfugiés non irakiens en Irak, en passant par une aide plus importante aux milliers de personnes qui fuient tous les mois.

Entre 2003 et 2005, quelque 300 000 Irakiens sont rentrés chez eux depuis l’Iran, l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie et d’autres pays. Toutefois, ces retours ont aujourd’hui cessé. Davantage de personnes fuient, dont un grand nombre de professionnels qualifiés d’une importance cruciale pour le redressement du pays.

En plus de ceux qui ont quitté le pays, plus d’un million d’Irakiens ont fui leurs maisons pour d’autres régions en Irak depuis le début 2006, la plupart d’entre eux à cause de la violence sectaire qui a suivi les bombardements d’une importante mosquée chiite dans la ville de Samarra, dans le centre de l’Irak, en février 2006.

Ces déplacements en Irak présentent un énorme défi humanitaire et une difficulté extrême à la fois pour les déplacés et pour les familles iraquiennes qui tentent de les aider dans les communautés d’accueil. L’importance des besoins, la violence et les difficultés pour atteindre les déplacés en font un problème qui dépasse en fait la capacité des agences humanitaires, y compris l’UNHCR. Et plus longtemps cette situation durera, plus elle sera difficile, car tant les déplacés internes que leurs communautés d’accueil en Iraq épuisent leurs ressources.

De nombreux Irakiens déracinés fuyant vers les pays voisins ne cherchent pas tout de suite l’aide de l’UNHCR. Ils s’appuient plutôt sur un réseau social d’amis et de proches qui, craint l’UNHCR, s’amenuise rapidement, augmentant encore les problèmes sociaux parmi les exilés et les tensions occasionnelles avec les communautés d’accueil.

Depuis le début 2007, l’UNHCR a étendu ses opérations dans la région et compte maintenant 300 employés travaillant sur la crise irakienne depuis des bureaux dans la région et Genève. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a enregistré plus de 180 000 Irakiens dans les pays avoisinant l’Irak. Environ 15 % d’entre eux ont besoin d’une assistance spécifique, dont des personnes ayant été victimes de tortures. En avril 2007, l’agence a convoqué une importante conférence internationale à Genève pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par le conflit en Irak et mobiliser davantage d’aide internationale en leur faveur.

Note de P&P : Il est intéressant de constater que l'ONU à travers l'UNHCR, qui se veut pourtant être l'outil de garantie de la paix (création en 1945 suite à la deuxième guerre mondiale et pour éviter  les problèmes internationaux) est dotée d'un budget annuel de plus de 2 millards de dollars et  compte plus de 61000 employés. A ce jour 300 de ces salariés, soit moins de 0,5% des effectifs totaux sont "mobilisés" pour faire face aux 4,2 millions de réfugiés irakiens.

  

L’UNHCR soutient les pays hôtes en réhabilitant et en construisant des écoles, des cliniques et des centres communautaires, ainsi qu’en assurant un soutien psychologique et des soins spécifiques pour les Irakiens les plus vulnérables. À la mi-août 2007, l’UNHCR a présenté quelque 12 000 cas parmi les Irakiens les plus vulnérables en vue d’une réinstallation dans des pays tiers.

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a lancé des appels d’un montant de 223 millions de dollars pour ses opérations irakiennes en 2007, s’inquiète aussi pour la situation de quelque 15 000 réfugiés palestiniens restés en Irak, dont environ 1 500 sont bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie dans deux camps de fortune. Les Palestiniens à Bagdad sont victimes de menaces quotidiennes mais ne peuvent pas quitter l’Irak. Les chrétiens du pays et d’autres communautés minoritaires sont aussi menacés.

Note de P&P : L'objectif officiel des Ziocons n'était-il pas de rétablir paix et démocratie ? Un ambitieux programme de reconstruction de l'Iraq n'avait-il pas été annoncé dès 2003 ? Des dizaines de milliards de dollars sortis de la poche des contribuables étasuniens n'étaitent-ils pas destinés à ce programme de reconstruction ? Les grandes entreprises telles qu'Halliburton n'ont-elles pas obtenu des contrats visant à cette reconstruction