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09/04/2009

Hadopi rejetée à l'Assemblée !

9 avril 2009,

La Quadrature du Net

Paris, le 9 avril 2009 - L'Assemblée nationale a rejeté le texte, dans un revirement suprenant, lors de la discussion finale sur la loi HADOPI issue de la commission mixte paritaire, avec 15 voix pour et 21 contre.

La voix des citoyens et des innombrables critiques1 qui se sont élevés contre ce texte absurde et dangereux aura fini par se faire entendre. Devant une majorité décomposée, elle-même en proie au doute2, le vote à main levé a définitivement rejeté ce texte, contre toute attente.

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« Il s'agit d'une formidable victoire pour les citoyens. Ce vote leur prouve qu'il est encore possible de se faire entendre. C'est un fantastique exemple de l'utilisation du Net pour contrer ceux qui tentent de le contrôler. Les libertés individuelles n'auront finalement pas été sacrifiées pour tenter de préserver les intérêts corporatistes de quelques industries obsolètes. La loi HADOPI a été enterré plus tôt que prévu. » déclare Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La Quadrature du Net.

La Quadrature du Net invite toutefois ses soutiens à rester vigilants. Le rejet de l'HADOPI ne signifie en rien la fin de la volonté de contrôle d'Internet du gouvernement. Il est indispensable de continuer à user de l'intelligence collective et de la puissance du réseau pour rendre hommage à la justice et à la vérité.

1.http://www.laquadrature.net/wiki/Contre_hadopi
2. comme le confirmait le député Christian Vanneste sur son blog : http://www.christianvanneste.fr/?p=2202

Rappel important sur le caractère totalement liberticide et aux répercussion funestes de cette "loi" -- sur Numérama :

Pour mémoire, voici ce que nous écrivions au moment du vote de l'Hadopi par l'Assemblée Nationale, avant le passage du texte en commission mixte paritaire.

Dans le seul et unique but affiché de protéger les intérêts d'une partie de l'industrie culturelle (et non des artistes), les députés ont créé un tribunal d'exception, l'Hadopi, qui aura pour charge d'avertir et de sanctionner des internautes dont le seul tort avéré aura été que leur adresse IP apparaisse sur des relevés d'infractions effectués, on ne sait trop par quelle méthode, par des ayants droit. Même si l'on connaît d'ores-et-déjà l'énorme risque de faux positif, le seul moyen pour l'internaute innocent de plaider sa bonne foi auprès de l'Hadopi sera d'avoir installé au préalable un logiciel de sécurisation labellisé par l'Etat, qui sera contrôlé à distance et en permanence par une société privée. Un véritable spyware imposé par l'Etat, aux conséquences funestes, qui révèle en réalité le but principal de la loi : obliger chaque internaute à équiper son ordinateur d'un filtre, qui permettra de cacher ces pirates que l'on ne saurait voir, et surtout demain, de sacrifier la liberté d'expression. Le tout en bafouant allègrement les droits de la défense, puisque malgré la mise en place d'une usine qui sera chargée d'envoyer 10.000 avertissements par jour et de prendre 1.000 décisions de suspension par jour, les internautes qui se sentent accusés à tort n'auront pas la possibilité de contester les accusations, ou alors uniquement après leur condamnation, sans suspension de la peine. Et bien sûr, sans qu'il soit matériellement possible de démontrer son innocence, pourtant réelle, sauf à produire d'improbables preuves qui n'en sont pas.

07/04/2009

Le prix Orwell pour l’ensemble de son œuvre revient à...

Mardi 7 avril 2009

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Prix « bâton merdeux »

« Et les institutions, sociétés ou personnes s’étant distinguées par leur mépris du droit fondamental à la vie privée ou par leur promotion de la surveillance et du contrôle des individus sont... ». Ce dimanche 5 avril, les Big Brother Awards ont remis leurs Prix Orwell.

Dans la catégorie « Orwell Ensemble de son Œuvre », c’est Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, qui arrive en tête « pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70% en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa “novlangue” avec sa promotion de la vidéosurveillance, ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un “ennemi intérieur”. » Ainsi, dans une lettre de mission à Alain Bauer, président d’un "groupe de contrôle" des fichiers policiers, elle dit vouloir« renforcer l’acceptabilité des fichiers au sein de la population ». On devrait en reparler très prochainement avec l’arrivée au Parlement, « avant l’été »selon la ministre, de Lopsi 2, la future loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieure.

Michèle Alliot-Marie coiffe ainsi au poteau le ministère de la Culture, sa ministre et son projet de loi Création et Internet. Selon les BBA, après la DAVDSI, il s’entête « à vouloir sacrifier les droits et la vie privée des internautes aux bénéfices d’une poignée d’industriels, renouant avec une justice privée qui occulte l’autorité judiciaire et renverse la charge de la preuve ». Il rappelle les « gesticulations européennes », toujours en cours, de la France autour du Paquet Télécom, et du fameux amendement 138.« Si “la” ministre de la Culture est toujours Christine Albanel depuis mai 2007, c’est toute l’institution qui mérite cette nomination. Ce ministère, où les accointances entre industrie et hauts fonctionnaires sont fortes, s’est déjà illustré en introduisant dans la loi LCEN (..) et en faisant voter, contre l’avis de nombreux parlementaires, la fameuse loi DAVDSI », estime le BBA.

Enfin, distingué pour « son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses... » le député et porte parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre aa reçu la mention spéciale « bâton merdeux », « qui lui va si bien pour son côté "petit caniche" ». Pour le jury des Big Brother Awards le député ne cesse « de se faire remarquer... pour son ignorance, ses amalgames grossiers, et sa novlangue récurrente mis au service d’un gout immodéré pour le contrôle en général ».

Et de rappeler notamment son fameux bafouillement à la question « c’est quoi le web 2.0 » posé par un journaliste de BFM, et sa « magistrale déclaration à l’Assemblée » (vidéo), le 15 décembre dernier, pour soutenir son amendement en faveur du contrôle du web par le CSA : « L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? […] Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. »

Tous les autres nominés et gagnants (Eric Woerth, Bertrand Delanoë et Christophe Caresche, etc.) de l’édition 2009 des Prix Orwell sont à découvrirsur le site des Big Brother Awards France.

 

18/03/2009

Chroniques de Big Brother - La lutte pour la liberté...est-il trop tard ?

Lundi 9 mars 2009
Richard Sawyer
SOTT.net


Sinistre surveillance


Les citoyens anglais s'éveillent avec un certain retard au fait qu'ils subissent une surveillance permanente, qu'ils n'ont plus de vie privée ni de libertés civiles et ils commencent à exprimer leur mécontentement. 1,1 million d’enfants sont fichés dans une base de données britannique d’ADN et les écoles aident à acclimater la prochaine génération pour qu’elle accepte l’identification biométrique et l’absence de vie privée.

Dans ce pays et aux États-Unis, des drones aériens ont commencé à être utilisés pour surveiller les populations civiles. Ces derniers, ainsi que l'Australie, s'essayent à la contre-utopie britannique en utilisant le mème déjà bien éprouvé du « terrorisme ». Vos conversations sur Skype seront bientôt sur écoute et même les sites de réseau sociaux (comme Facebook - NdT) y trouvent des applications positives.


Est-il déjà trop tard pour que nous arrêtions cette société Big Brother, dont nous faisons désormais partie?


Le Royaume orwélien se révolte


La presse du Royaume-Uni a grandement rapporté que l’enthousiasme public déclinait relativement au fait que chaque geste puisse être capturé par des caméras à circuits fermés. Le quotidien The Guardian présente un argument de poids afin de démontrer le ridicule inhérent à la recherche de terroristes suspects via des opérations de collecte de données de ce genre. Épier 60 millions de personnes engendre tellement de risques de fausses alertes que le système devient inopérant. Le journal The Independent conseille vivement à ses lecteurs de lutter pour leurs libertés qui leur ont été enlevées à tort :

La presse du Royaume-Uni a largement rapporté le fait que l'enthousiasme populaire déclinait devant le fait que chaque geste puisse être enregistré par des caméras vidéos. Le quotidien « The Guardian » a présenté un argument de poids pour démontrer le ridicule inhérent à la recherche de terroristes par l'intermédiaire d'une telle collecte de données. Epier 60 millions de personnes engendre tellement de risque de fausses alertes que le système en devient inopérant. Le journal « The Independent », conseille vivement à ses lecteurs de lutter afin de retrouver les libertés qui leur ont été enlevées à tort.

« Il est indéniable que les droits civils ont été sérieusement érodés ces dernière décennies. Nous vivons désormais sous le joug d'un gouvernement qui incarcère ses citoyens durant de longues périodes sans procès et qui utilise des techniques de surveillance secrètes afin d'épier tout le monde, du crime organisé au plus petit voyou. Un gouvernement qui veut enregistrer toutes les communications électroniques existantes et qui finalement, veut nous forcer à posséder des cartes d'identités. »

« … Bien entendu, les ministres ont postulé que le public se souciait peu de ses libertés et ils ont agi en conséquence. Les gens doivent se lever pour leurs droits et la Convention sur les Libertés dans le monde contemporain (Convention on Modern Liberty - NdT) qui tiendra une convention inaugurale à la fin du mois, tentera de les aider en ce sens. Il est temps de revendiquer ces Libertés qui n'auraient jamais dû être enlevées. »

Plus de 1500 personnes,  fonctionnaires gouvernementaux, journalistes, écrivains et experts sur les questions de vie privée se sont réunis afin d'appeler les citoyens britanniques à protester contre la surveillance exercée de façon croissante par le gouvernement. La Grande-Bretagne est fière de son centre souterrain, financé à hauteur de 1,25 millions de livres sterling par le Home Office et qui est la capitale mondiale de l'espionnage. Il croit qu'il s'agit là « des pratiques exemplaires » qui devraient servir de modèle au futur système publique de surveillance: 
« Un rapport réalisé conjointement par la police et le Home Office révèle que 80% des images prises par les caméras vidéos sont de trop mauvaise qualité pour permettre la détection du crime et un expert en surveillance de la police a l'an dernier estimé que seuls 3% des crimes ont pu être résolus par un tel dispositif. »

Ce dont le Royaume-Uni n’est pas aussi fier, c’est le nombre aberrant de données perdues et les sérieuses failles de sécurité qui mettent en danger les données privées des citoyens.


Nous saurons tout sur vous


Ainsi que nous l'avions dit dans la chronique  précédente, la Chambre des Lords a réalisé une analyse dévastatrice au sujet de la surveillance. Le gouvernement y à réagit en poursuivant sa propagande sur la menace terroriste, afin que les citoyens acceptent l'érosion de leur vie privée. Sir David Omand, un des architectes de la stratégie gouvernementale a énoncé clairement les ambitions de la part de l'Etat policier de tout connaître à votre sujet. Il a prévenu de ce que « découvrir les secrets des gens impliquera la transgression des règles morales communes »: « Ce qui est stocké dans les bases de données, se sont les informations personnelles sur les gens telles que les réservations de billets d'avions ainsi que d'autres informations sur les voyages, les passeports biométriques, les informations relatives à l'immigration, aux passages en douanes, aux casiers judiciaires, ainsi que d'autres données gouvernementales et issues du secteur privé, parmi lesquelles des informations d'ordre financièr et les enregistrements des communications. »

« De telles informations peuvent être conservées dans les archives nationales, qui sont elles soumises à certaines lois de protection, mais elles peuvent aussi être conservées à l'extérieur, par d'autres pays ou même des sociétés privées et elle peuvent être ou ne pas être sujettes à des accords internationaux. L'accès à de telles informations ainsi que, dans certains cas, l'utilisation de logiciels de recherche et de profilage pourraient bien être la clé d'une détection préventive efficace du terrorisme. » 


Habituer la prochaine génération à accepter l'identification biométrique

Selon le commissariat à l'information du Royaume-Unis, 1,1 millions d'enfants sont fichés dans la base de données d'ADN. Nous sommes tous devenus suspects. Malgré une décision obtenue à l'unanimité par la cour européenne pour les droits de l'homme contre ce fait, il est impossible de retirer ces informations de la base de données. De plus, afin d’entrer tous les citoyens du Royaume-Uni dans la base de données plus rapidement, le "père de la carte d’identité", David Blunkett, détourne l’attention des cartes d’identité impopulaires et met l’accent sur l’obligation des passeports.

Le gouvernement a demandé aux départements d'informatique des lycées de développer un réseau antiterroriste où il leur est demandé  de surveiller la navigation sur la toile afin de déceler les accès aux sites islamiques extrémistes et de dénoncer les étudiants qui y accèdent. Les écoles ont relevé les empreintes d'un million d'enfants, et ce pour des activités aussi banales que l'emprunt de livres, l'accès à la cantine et elles ont introduit le système de reconnaissance facial ainsi que l'enregistrement biométrique. Les parents expriment, avec raison, leur mécontentement:

« David Clouter, membre actif de l'association Leave The Kids Alone (NdT : Laissez les enfants tranquilles, certainement inspiré par la chanson des Pink Floyds, The Wall) et lui même père de famille considère l'introduction de la biométrie dans les écoles comme « une réponse disproportionnée à un problème existant » et il croit qu'il s'agit d' « une sorte de gigantesque exercice d'acclimatation pour la prochaine génération, afin qu'ils acceptent l'identification biométrique ». Les jeunes seront tellement habitués à donner leurs empreintes digitales ou à faire face à des caméras qu'ils ne s'interrogeront pas lorsque l'Etat le leur demandera: «  Tous les agents de circulation, toute forme mineure d'autorité se mettront à prendre les empreintes de tout le monde et  les gens ne verrons pas qu'il s'agit de mesures d'exceptions  alors que c'est ce dont il s'agit.


Surveiller tous vos gestes

Google permet aux officiers de voir exactement ce que le drône filme


Une loi récemment adoptée criminalise la prise de photographie d'agents de police (sauf s'ils font la vaisselle). Une nouvelle loi exige de TOUS les vendeurs d'alcool qu'ils installent des caméras vidéos. Les grands commerces du Royaume-Uni ont commencé à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour forcer leurs employés à sourire. Comme si tout cela n'était pas suffisant, les avions-espions de Big Brother qui localisent les Talibans pourront bientôt survoler les habitations et les ministres croient qu'ils deviendront « de plus en plus utiles » au travail de la police.  

« Armés de caméras qui détectent la chaleur, ces véhicules aériens téléguidés pourraient voler à une centaine de mètres d'altitude en recueillant des informations et en surveillant des suspects. »

« Le Microdrone a été testé par la police de Mereyside. Le capot blanc est équipé de la technologie GPS qui permet aux policiers de le guider. Il contient une carte mémoire capable de conserver les enregistrements de plusieurs vols. »

L'accroissement massif des caméras de vidéo-surveillance est alarmant et déroutant lorsque l'on considère leur inefficacité à réduire la criminalité en rapport avec les importantes sommes d'argent engagées par cette technologie (NdT : Quelles sont les sociétés qui ont obtenu les marchés colossaux ouverts par la « guerre au terrorisme »? Cui Bono? Qui sont les membres des conseils d'administration de ces sociétés?) S'agit t' il là simplement d'un processus de conditionnement du public à la surveillance? L' effet psychologique important quoique subtil tient essentiellement à « abrutir » l'expression du libre arbitre de la population. Les radars routiers ont possiblement le même effet – il a été déterminé qu'ils avaient un impact négligeable sur la diminution des accidents mortels. Les sociétés à qui sont accordés ces gros contrats vont pouvoir accroître leur investissement et éventuellement produire des technologies qui elles, fonctionneront vraiment. Le fait que les technologies actuelles ne soient pas fonctionnelles requerra des investissements plus importants.

Le fameux Spy Blog recommande de visionner « Every Step You Take », documentaire « fouillé et suscitant la réflexion » à ce sujet.

Les États imitateurs sous surveillance

 

Ainsi qu'il l'avaient conçu dès le début, les instigateurs de la « guerre au terrorisme » utilisent désormais les nombreuses lois qu'ils ont instaurées pour protéger la population contre elle-même. Il n'y a plus de liberté d'expression lorsque les défenseurs des droits des animaux sont arrêtés et libellés « terroristes ».


« Dans la lignée du célèbre Patriot Act, les autorités des États-Unis semblent chaque jour un peu plus, transformer le pays en un état policier.

Ceci est apparu évident au moment où les membres d'un groupe de défense des droits des animaux ont été arrêtés au motif de « terrorisme » dans les Comté de Santa Cruz et Alameda, comme l'a rapporté la Joint Terrorism Task Force du FBI vendredi. Les États-Unis sont dans les faits arrivés à un moment de leur histoire où la protestation contre des choses immorales est devenue un crime contre le peuple et le gouvernement. »

La dernière arme de la police australienne, une fouille secrète, est un autre exemple démontrant somment des lois introduites pour combattre le « terrorisme » sont en fait utilisées pour accroître le pouvoir des policiers à l'encontre des citoyens. Le gouvernement australien a aussi fait l'apologie d'une nouvelle loi d'écoute qui augmente le pouvoir de la police.

Les Etasuniens qui expriment leurs inquiétudes rapportent que l'augmentation des vérifications usuelles de dossiers et des bases de données ADN pose des questions quant à leur politique d'utilisation. L'Electronic Frontier Foundation et l'American Civil Liberties Union pressent la cour d'interdire la localisation GPS sans mandat. Par contre, seuls quelques journalistes méconnus, quelques groupes privés ou des blogueurs critiquent la proposition du gouvernement. Bien que les  médias de grande audience expriment certaines inquiétudes au sujet de la vie privée, les éditoriaux restent en général en faveur de l'augmentation de l'utilisation des techniques de surveillance par le gouvernement. Bien que le NY Times par exemple, évoque des études remettant en question l'efficacité des caméras pour réduire le crime, ce journal continue de présenter des cas isolés et de laisser la parole aux mêmes personnes au sein du département de la police.

Deux élus républicains ont proposé une nouvelle loi qui obligerait les fournisseurs de service Internet à conserver les données des utilisateurs pendant deux ans. Cette loi est promue auprès de la population comme étant un moyen de lutter contre la pornographie infantile, alors qu'elle cible en fait tout les citoyens en rendant légale l'enregistrement des activités sur Internet.

Les États-Unis intensifient l'utilisation de caméras de vidéo surveillance, bien qu'à un rythme inférieur à celui du Royaume-Unis. Le maire de Chicago illustre cette tendance, il désire en effet que des caméras de vidéo surveillance soient installées à toutes les intersections routières après avoir connecté toutes les caméras en place sur le réseau 911. (équivalent du SAMU - NdT)

Après l'introduction des puces RFID dans les passeports et les cartes d'identité en Angleterre, une nouvelle puce radio fera bientôt son apparition aux États-Unis sur les permis de conduire :

« Cela pourrait finalement fournir un moyen électronique d'identifier  tous les adultes du pays et permettre aux policiers de lister les personnes présentes aux rassemblements antigouvernementaux en se déplaçant simplement parmi la foule. »

« Cette proposition, qui a reçu l'appui de Janet Napolitano – le nouveau chef du département de la Sécurité Nationale (Department of Homeland Security)- permettrait l'incorporation d'une puce à fréquence radio dans le permis de conduire ou plutôt 'permis de conduire amélioré'. »

Au moment où des drones sont testés en Grande Bretagne on les trouve d'ores et déjà en activité le long des frontières étasuniennes.
« Le service de protection des frontières et des douanes étasuniennes (United States Customs and Border Protection) a procédé au premier vol du drone Predator B le long de la frontière avec le Canada. Cet engin utilise des capteurs infrarouges, des détecteurs de chaleur ainsi que des caméras vidéo pour surveiller les activités au sol, dans le cadre d'un plan visant à rendre la frontière plus sûre face aux infiltrations d'immigrants illégaux et de terroristes. »

La « menace terroriste » est une fois de plus utilisée pour justifier des technologies qui seront davantage utilisées pour surveiller l'immigration. Heureusement, ces drones ne sont pas armés comme ceux qui sont utilisés au Pakistan. Mais avec des annonces comme  celles faites par le Pentagone, qui envisage de déployer des robots autonomes dans les zones de combat, combien de temps cela prendra t'il avant que des robots du style Terminator ne commencent à remplacer les forces de l'ordre aux États-Unis? »


Les Plans pour mettre Internet sur écoute


Des inquiétudes ont été soulevées l'an dernier au sujet de la difficulté de mettre sur écoute les conversations VOIP (Voice Over IP) telles que celles que permet le logiciel Skype, au moment où il a été annoncé que celui-ci ne pouvait obtempérer à de telles demandes. L'agence de coopération judiciaire de l'Union Européenne, Eurojust, a lancé une enquête sur la faisabilité de mise sur écoute des conversations électroniques sur Internet. Dans ce cas, la justification invoquée est de cibler les « criminels », mais là encore, les écoutes concerneront des millions de citoyens :

« L'Italie est le leader européen des études de faisabilité, a t-on annoncé vendredi. Le gouvernement Italien a évoqué ses inquiétudes sur le fait que des criminels et des revendeurs d'armes ou de drogue utilisent les réseaux de voix sur IP comme Skype afin d'éviter les réseaux téléphoniques traditionnels qui sont plus aisément mis sur écoute. »

« La possibilité d’intercepter les conversations téléphoniques sur Internet sera un outil essentiel à l’avenir pour combattre la criminalité internationale organisée, en Europe et ailleurs », a déclaré Carmen Manfredda, membre actif d’Eurojust en Italie. « Notre objectif n’est pas d’interdire la téléphonie sur Internet, mais de contrer les criminels qui utilisent Skype et d’autres logiciels similaires pour planifier et organiser leurs actions. Eurojust fera tous les efforts possibles afin d’assister et de coordonner la coopération entre les États membres. »

« A l'avenir, la possibilité de pouvoir intercepter les conversations téléphoniques sur Internet sera un outil essentiel  pour combattre la criminalité organisée au plan mondial et en Europe. » a déclaré Carmen Manfredda, membre actif d'Eurojust en Italie. « Notre objectif n'est pas d'interdire la téléphonie sur Internet, mais de contrer les criminels qui utilisent Skype et d'autres logiciels similaires pour la planification de leurs actions. Eurojust mettra en oeuvre tous les moyens possibles pour assister et coordonner la coopération entre les États membres. »

Les réseaux sociaux démontrent une certaine force de protestation
Les sites de réseaux sociaux n'ont pas encore assisté à une mobilisation de leurs abonnés qui s'opposent aux fait que leurs appels sur Skype puissent être bientôt enregistrés et conservés par les autorités. En revanche, deux exemples récents démontrent que lorsque les usagers se regroupent et organisent un mouvement de protestation, cela peut aboutir à des changements positifs.

Peut de temps après que le gouvernement de Nouvelle Zélande ait annoncé une proposition pour réglementer Internet, des carrés noirs ont remplacé les avatars colorés sur l'ensemble du site de Twitter ainsi que d'autres sites de réseaux sociaux. Résultat ? Le gouvernement de Nouvelle Zélande a abandonné ses projets, ainsi que le rapporte le quotidien britannique « The Guardian » :

«  le Premier ministre néo-zélandais a déclaré lors d'une conférence de presse, que la loi qui obligerait les fournisseurs de services Internet à débrancher ceux qui 'violent systématiquement les droits d'auteurs' a été reportée au 27 mars et que si les détenteurs de droits et les fournisseurs d'accès n'arrivaient pas à s'entendre sur un code de conduite, cette partie de la loi serait suspendue à tout jamais. »

« Mais pour les internautes activistes, la vraie raison de ce recul a été que la campagne de sensibilisation encourageant les utilisateurs à arborer des avatars noirs sur Facebook, Bebo, Twitter ainsi que d'autres réseaux sociaux, a fonctionné. »

Un autre campagne de protestation a porté ses fruits. Elle était dirigée contre les nouveaux termes d'utilisation de Facebook, qui aurait permis à ce dernier de « faire tout ce qu'il veut de vos informations et ce à jamais ». Facebook a reculé devant les protestations:

« Facebook a enlevé de ses termes d'utilisation, la terminologie qui laissait sous-entendre que la société avait le contrôle définitif des données publiées sur le réseau social. (…) les utilisateurs de Facebook se sont immédiatement révoltés, engendrant la création de plusieurs nouveaux groupes dédiés à la lutte contre ce type de modifications. »


Épilogue

L'arrestation d'un britannique pour avoir distribué des DVD du film « 7/7 conspiracy-theory » a suscité une large audience à la vidéo. Sa lecture est fascinante et à environ une minute de la fin , le narrateur exprime sont point de vue intéressant sur la manière dont l'émission de télé « le Loft » a été conçu pour conditionner la population a accepter l'idée de vivre sous surveillance permanente.

Est-il déjà trop tard pour regagner nos libertés perdues ?

C'est en vérité à vous de décider...

Afin de parfaire votre point de vue sur le sujet et de vous aider à prendre des décisions, voici une liste de films que nous vous recommandons :

 

# « The Power of Nightmares » - un documentaire de la BBC qui examine en profondeur la mythique « Guerre contre le terrorisme » - première partie

# « The Power of Nightmares » - deuxième partie

# « The Power of Nightmares« - troisième partie

# « Big Brother City » - documentaire allemand à propos de la surveillance en Angleterre (par ARTE)

# « Widerstand.com » - documentaire allemand à propos du développement de la résistance contre la surveillance du public (par ARTE)

# « Taking Liberties » - nouveau documentaire anglais sur l'érosion des libertés civiles sous le gouvernement de Blair - au cinéma du Royaume-Uni dès le 8 juin

# « Is our privacy threatened ? » - débat avec The Information Commissioner Richard Thomas - BBC Radio 4, « Call You and Yours », 29/05/07

# Commentaires à propos de la récente émission de la BBC « CCTV - You Are Being Watched »

# PBS Frontline - Spying on the Home Front

# Suspect Nation (documentaire du Channel 4)

# ORF Weltjournal - Leben mit Big Brother (reportage australien - diffusé le 21 février 2007)

# Look - film (tourné comme si issu de caméras de surveillance)

# Alltag Überwachung (documentaire allemand)

# Faceless (film réalisé à l'aide de séquences issues de caméras vidéo) par Manu Luksch

# « Stop the Big Brother State » (animation par David Scharf)

# V pour Vendetta (film populaire)

 

Traduction : Zone 7 pour News of Tomorrow

10/12/2008

Lettre à France Télévision

mercredi 10 décembre 2008 (08h56)

Chère Madame Le Service Public de la Télévision que le monde entier nous envie et que le Président Sarkozy ( Que son saint nom soit béni !) va sauver de la ruine.

Je partage, comme tous les bons français, l’opinion éclairée et vigilante qui veut que lorsqu’un enfant est enlevé à Orthez (Pyrénées Atlantiques)** il est juste, nécessaire, citoyen et utile ! Si utile ! Que les habitants de Dunkerque, Strasbourg, Marseille ou La Roche-Migennes soient instantanément tirés de leur somnolence vespérale et digestive par la sirène de l’Apocalypse.

Il est juste, nécessaire et citoyen, afin qu’ils ne se rendorment pas, que ce traitement psychologiquement brutal —Mais à la guerre comme à la guerre ! N’est-ce pas ? Car nous sommes bien en guerre ? Comment justifier autrement ?— lui soit infligé tous les quart d’heures et que le vague plaisir qu’ils se faisaient de regarder un honnête téléfilm plutôt sympathique soit totalement pollué par l’angoisse et le stress.

C’est à ce prix que le “sentiment d’insécurité” qui a déjà tant fait pour la promotion des idées de l’extrême droite ( c’est à dire les idées des honnêtes gens !) pourra enfin pleinement s’épanouir dans tous les cœurs et que les très nécessaires mesures répressives, encore bien timides cependant, prônées par nos dirigeants si attentifs à notre confort et à notre sécurité seront enfin comprises et approuvées de tous.

D’autre part, pendant qu’il se charge d’aider la Police, le chômeur de Sochaux ou de Montbéliard ne se demande pas comment il va pouvoir fêter Noël avec les gosses.

En ces temps de crise, il est bon, de procurer aux pauvres de saines occupations…

En 1968, les infects gauchistes de cette époque maudite se plaignaient de ce que :
« La Police vous parle tous les soirs à 20h ! » Les sots ! Heureusement nous n’en sommes plus là et la Police, aujourd’hui, vous claironne tous les quart d’heures l’injonction de lui servir d’auxiliaire et d’informateur depuis 20h jusqu’au dénouement de l’affaire.

Comme vous, je pense qu’il faudrait être un bien méchant homme pour ne point s’émouvoir du drame en train de se jouer et ne pas frissonner d’angoisse en songeant à ce malheureux bébé et c’est pourquoi je me permets de vous suggérer quelques extensions bien nécessaires D’aprés les statistiques 562 enfants disparaissant annuellement, soit, environ deux tous les trois jours, sachant qu’il faut au moins dix huit heures pour retrouver un enfant disparu, quand on le retrouve… Nous pourrions, avec un peu de “volontarisme” de la part de nos gouvernants nous retrouver en état d’alerte permanent, ce qui est toujours utile pour effrayer les criminels et décourager les subversifs !

D’autre part, il est évident que nous ne sommes qu’aux premiers vagissements ( C’est le cas de le dire !) de cette précieuse ingérence policière dans la vie la plus privée. En effet, qu’est-ce qui, aujourd’hui empêche le mauvais français d’éteindre télés et radios, d’aller surfer sur le web ou d’aller se coucher avec un bon polar ou avec sa chérie ? Indifférent — Le monstre !— à la tragédie en cours ?

Chère Madame Le Service Public il faut aller plus loin ! Ce criminel par indifférence ne doit pas jouir de son égoïsme insupportable : que son portable sonne tous les quart d’heures ! Comme son fixe d’ailleurs ! Que son écran d’ordinateur soit saturés de flashes rouge sang des plus anxiogènes et qu’une voix sépulcrale ainsi qu’un doigt pointé sur lui, lui fasse honte de ne point être dans son observatoire pour guetter l’ogre ! Qu’ainsi, enfin, par quelque divertissement qu’il veuille échapper à son devoir d’angoisse citoyenne, la main implacable de la société vienne lui tordre le cou pour le rappeler à la solidarité de la trouille ! Je suis très certain que les opérateurs de téléphonie tout autant que les fournisseurs d’accès se feront une joie d’aider ainsi nos vaillantes forces de l’ordre.

Ces mesures évidemment transitoires, avant la loi portant obligation de laisser brancher en permanence et l’écran de télé, et la web-cam intégrée ( On appellerait ça un "télécran"… Qu’en pensez-vous ?) réalisant ainsi à soixante ans de distance la prophétie du très regretté Georges Orwell.

Enfin, pourquoi réserver ces hurlements de fin du monde au seuls cas d’enfants enlevés ? Je sais bien que depuis que nous avons abandonnés les titres ringards de Père et Mère pour les bien plus bisounours papa/maman — C’est y pas plus mignon comme ça ? Et pas infantilisant du tout…— tout ce qui concerne les chères têtes blondes (ou brunes, ou frisées…Je n’ai aucune préférence…) relève tellement aujourd’hui de l’ordre du sacré que Dame Rachida ( Que le feu de ses bijoux aveugle ses détracteurs !) veut les psychiatriser à trois ans …Et les foutre en taule à douze ! Je sais bien…

D’ailleurs, puisque si grande est la sollicitude de notre société si compatissante, envers les enfants, je compte bien que vous ne manquerez, plus, désormais, de sonner l’olifant à chaque dépêche d’Associated-Press, Reuter ou AFP, annonçant le décès par dénutrition d’un gamin de Monbassa de Chittagong, ou de Guatemala-city ! Je sais bien que le simple fait de vouloir relativiser le décès d’un enfant est d’ores et déjà suspect et susceptible de vous valoir un petite visite matutinale en prélude aux joies du toucher rectal, mais enfin, quid de Mamie disparue de la maison de retraite pour cause d’alzheimer ? Quid de la “maman” violée dans un parking ? Quid du handicapé à qui une racaille à fauché son fauteuil roulant ? Ne sont-ce pas là des ignominies qui révoltent ? Avons nous le droit de nous désintéresser de leur sort ? Et de ne pas mobiliser la France entière pour retrouver Mamie ou son odieux agresseur ? Non ! Madame Le Service Public de la Télévision ! Non ! Tout comme le Président, je m’y refuse !

En ce qui me concerne, en citoyen docile, à peine la corne de brume m’eut elle alerté, que je me postai sur mon balcon, avec une paire de jumelles pour tenter de repérer la “femme corpulente et de type européen vêtue d’un manteau noir”et signaler sa présence au service de Police ou de Gendarmerie compétent.

Las ! La nuit se passa, qui fut fraîche, sans que rien je n’aperçusse ! Et un soupçon me vient…

Sachant que nous en sommes déjà à la six ou septième alerte, et donc à ma six ou septième nuit de veille, sachant d’autre part — Cela sans me vanter ! — que je suis une vigie exceptionnelle, doté d’un regard d’aigle, et que pourtant je n’ai jamais repéré personne, ne se pourrait il pas, puisque je n’ai rien vu, que les ravisseurs fussent tout bonnement invisibles ?

Qu’en pensez-vous ?

Et comme il est bien certain qu’il ne s’agit pas de la même personne qui a commis ces six ou sept enlèvements, ne pourrait-on penser que ce groupe de criminels ne formassent une sorte de … Comité ? Ou de cellule ?

Bon sang mais c’est bien sûr ! Le “Comité invisible” a encore frappé ! Je compte sur vous, chère Madame Le Service Public, pour transmettre, avec la plus grande diligence, au Parquet anti-terroriste, ce renseignement que je n’hésite pas à qualifier de capital ! Comme la peine du même nom qu’il est plus que temps de rétablir…

Mike Gallantsay

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article75854

 

** P&P: voir le flash (diffusé hier soir (09/12) sur toutes les chaînes de TV). Attention âmes sensibles et émotives ou détraqués promoteurs de théories du complot : c'est du lourd. Au cas où certains auraient des doutes, il ne s"agit pas d'une bande annonce pour un film américain apocalyptique ou pour un remake de 1984. Non, c'est juste une alerte du ministère de la Justice, dans le cadre de son dispositif alerte enlèvement. Longue vie à Big Brother. On vous aura prévenus !

12/11/2008

Big Darcos Is Watching You

Le ministère de l’Education nationale cherche des surveillants généraux. Salaire motivant, horaires aménageables : de quoi rendre fous de jalousie les syndicalistes enseignants.

Ça devient décidément une espèce de manie, au gouvernement : voilà que les ministères UMP de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur (et de la Recherche) veulent à leur tour se doter d’une « veille de l’opinion » – comme si les inquiétait l’idée que des mauvais sujets, incomplètement soumis, pourraient, qui sait, ne pas aimer ce qu’ourdissent Xavier Darcos et Valérie Pécresse.

Un appel d’offres, par conséquent, a été « passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics », et on cherche, pour ces ministères, les volontaires qui, pour un émolument annuel de 100 à 120.000 euros [1], surveilleront ce qui s’écrit sur le Net – « sur les sources stratégiques en ligne », comme on dit en néo-jargon : « Sites "commentateurs" de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. ».

SURVEILLER LES SITES DE PARTIS POLITIQUES ET DE SYNDICATS

Cette surveillance, précise le cahier des clauses particulières, portera, c’est un minimum, « sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion », mais devra « également » porter « sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.) » : rien ne doit, en somme, échapper à cette inquisition.

Pour autant, il va de soi que : « Les sources d’information formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillés et traitées ».

(Car, en effet, la subversion peut encore emprunter la voie, déjà ancienne, de la presse imprimée.)

L’objectif proclamé de ce « dispositif de veille », qu’en termes pudiques ces choses-là sont dites, vise notamment à « repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau », et à « anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise », pour enfin « alerter et préconiser en conséquence » [2].

Alerter qui ?

Préconiser quoi ?

Le cahier des clauses particulières ne le précise pas.

Mais nous avons tou(te)s retenu de nos années lycée que dès qu’il y a des surveillants ?

Il y a des punitions.

[1] 100.000 euros (HT) pour le ministère de l’Éducation nationale, 120.000 (HT) pour celui de l’Enseignement supérieur.

[2] Autrement dit : repérer les meneurs, et mesurer leur capacité de nuisance.

SÉBASTIEN FONTENELLE pour Backchich.info