26.05.2009
Indice Case shiller - mars 2009 (publié en mai)
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26.04.2009
En Floride, le désespoir s’installe avec les saisies immobilières
Damien Cave, New York Times
7 février 2009
Traduction : Contre Info
L’histoire de l’ascension et la chute du comté de Lehigh Acres, très durement éprouvé par la crise, résume celle de la bulle immobilière et de son éclatement. En quelques mois, les habitants, qui pour la plupart travaillaient dans le secteur de la construction, sont passés de l’euphorie à une situation dramatique, et ils sont nombreux aujourd’hui à devoir lutter pour leur survie. De juin 2007 à juin 2008, le chômage a augmenté de près de 9%. Désormais, pour les services sociaux, la distribution de nourriture est devenue une priorité. En décembre dernier, un quart des résidents ont perçu des bons d’alimentation. Le prix médian des maisons a été divisé par trois, et les saisies se multiplient. Enquête du New York Times au coeur d’une petite communauté qui lutte contre le désespoir.

Le désespoir s’est installé dans cette banlieue excentrée de Fort Myers, qui fut autrefois habitée par la classe moyenne, et résonnait du bruit des chantiers de construction.
La seconde fois où nous avons croisé le regard résolu de Gloria Chilson, elle se trouvait dans un file d’attente bruissante de conversation, parmi les 221 familles attendant de recevoir du pain gratuitement à l’église de la foi luthérienne. Quelques jours plus tôt, nous l’avions aperçue un pâté de maison plus loin parmi des ouvriers du bâtiment licenciés qui fouillaient les sacs poubelles des maisons saisies, ramassant les câbles, les CD, et tout ce qui peut être vendu.
« Je savais que ça allait arriver » nous a dit l’ancienne propriétaire de la maison, tout en regardant des inconnus se servir parmi ses affaires. « prenez ce que vous pouvez, ne vous gênez pas ».
Bienvenue dans le rêve américain, en marche arrière toute. Lehigh Acres est l’une des ces innombrables banlieues que le boom de l’immobilier a radicalement transformée. L’éclatement de la bulle immobilière va maintenant va mettre tout le monde à rude épreuve. Les liens en seront-ils resserrés ou distendus ?
Les changements ont été rapides et frappants dans ces zones qui ne relèvent pas d’une agglomération et sont situées à l’écart de villes telles que Charlotte, Las Vegas et Sacramento. Le moment où l’économie était la plus florissante a été immédiatement suivi par l’une des pires périodes qu’elles aient connues. Elles ont généralement été les dernières à atteindre le sommet et les premières à s’effondrer.
Dans Lehigh Acres, les maisons se vendent avec des rabais de 80% par rapport aux prix atteints lors du pic. Deux ans seulement après l’époque où les offres d’emplois étaient plus nombreuses que les demandes, les fast food licencient ou bien ferment leur porte. La criminalité augmente, les inscriptions dans les écoles diminuent, et un quart des résidents ont perçu des bons d’alimentation en décembre, près de 4 fois plus qu’en 2006.
Le Président Obama prévoit de visiter Fort Myers mardi pour y défendre son plan de relance économique. Mais ici les habitants ont tendance à le considérer comme une médecine douce - cela ne fait pas de mal mais cela ne guérira probablement pas. Dans les communautés religieuses ou les entreprises, les gens demandent plutôt la création « d’industries » et répètent d’une seule voix cette question : « Quel avenir allons-nous nous donner ? »
« C’est une des choses pour laquelle nous luttons : quelle est notre identité ? » dit Joseph Walen, 37 ans, président de la chambre de commerce de Lehigh Acres. « Nous ne voulons pas être la cité dortoir du sud-ouest de la Floride. Nous ne voulons pas être la capitale des saisies immobilières. »
Un héritage des années 50
Lehigh Acres est née avec la spéculation inscrite dans ses gènes, tout comme la Floride et de nombreuses banlieues dans tout le pays,.
Cette époque a débuté dans les années 50 lorsqu’un ponte de la lutte contre les espèces nuisibles de Chicago, Lee Ratner, et plusieurs partenaires, ont acheté des milliers d’hectares de terres agricoles et ont créé 100 000 parcelles. A Fort Myers, située 25 kilomètres à l’ouest, les promoteurs ont laissé peu de place pour les écoles, les parcs ou même les zones commerciales.
Ils vendaient du soleil et une vie paisible
« Ils faisaient venir 20 bus par jour, » se rappelle Bob Elliot, un ancien vendeur de la compagnie de Mr Ratner qui s’est mis à son compte en 1982. « Nous avions 300 clients par jour, 7 jours par semaine. »
En 2000, les parcelles ont toutes été vendues mais la plupart sont restées vides. Seulement 30 000 personnes environ vivaient dans une région représentant à peu près 4 fois la surface de Manhattan. Les promoteurs ont vraiment commencé à arriver en 2004 et ils ont installé des maisons témoins sur Lee Boulevard à coté du bureau de Mr Elliot. On peut encore voir les pancartes en bois aux inscriptions délavées : « parcelles à 50 dollars »
Bill Spikowski, un consultant en urbanisation à Fort Myers, raconte qu’il y avait tant de parcelles sur lesquelles construire et une réglementation si légère que les plus petites entreprises se battaient pour avoir des clients. De 2004 à 2006, selon les statistiques du comté de Lee, les promoteurs ont construit 13 183 maisons à Lehigh Acres - ce qui a quasiment doublé le parc des 15 216 maisons qui existaient en 2000.
Les résidents se souviennent du boom immobilier et du bruit des camions de gravats et des engins de travaux défilant dans les rues, qui étaient entendus dans presque tout le voisinage. Le prix des maisons a doublé puis triplé. Les emplois étaient pléthoriques, tous principalement liés à l’immobilier.
Les signaux indiquant l’apparition de problèmes ont été ignorés. « Les maisons se vendaient parfois trois ou quatre fois en quelques mois, et personne n’emménageait » raconte Mr Elliot.
Puis en 2007, tout est devenu silencieux. Les ventes de maison ont cessé. Les saisies se sont multipliées. Le prix médian des maisons dans la région de Fort Myers est passé de 322 300 dollars en décembre 2005 à 215 200 en décembre 2007. Il est tombé à 106 900 il y a deux mois.
Le travail a disparu avec les profits. Selon le bureau fédéral des statistiques de l’emploi, dans le comté de Lee la perte d’emplois (8,8 %) entre juin 2007 et juin 2008 est plus importante que dans n’importe quel autre comté du pays. Le taux de chômage s’est élevé de 3.5 à 9,8 % entre mars 2007 et novembre 2008.
Lehigh Acres est particulièrement et durement touchée car elle dépendait de l’activité du bâtiment. C’est la ville où résident les charpentiers et les employés de la lutte antinuisible du sud-ouest de la Floride, car elle est plus abordable proche de leur lieu de travail. Depuis le printemps dernier, le mode de vie qui leur était habituel a cessé d’exister.
La spirale descendante
L’apparition des babioles à 1 dollar fut le premier signe des difficultés. En début d’année dernière, les vide-greniers et les ventes aux enchères immobilières sont devenus plus fréquents à Lehigh Acres car les familles vendaient ce qu’elles pouvaient pour survivre. Plus personne ne semblait prêt à acquérir de maison. Rapidement, en raison des saisies, des maisons sont restées vides, et elles attirent la criminalité comme des aimants.
Les pilleurs désossent les climatiseurs pour revendre la ferraille. Et les dealers se sont installés sur des routes isolées, aux panneaux de signalisation bleu délavé des années 50, comme le Boulevard Narcissus ou Prospect Avenue, qui sont bordées seulement de quelques maisons neuves.
En 2007 et 2008 le département du shérif du comté de Lee a muré plus de 100 maisons à Lehigh Acres, dans lesquelles de la marijuana était cultivée. En 2008 la police a saisi plus de 3000 plants pour une valeur avoisinant les 7 millions de dollars.
L’hiver dernier, Charlotte Rae Nicely, la directrice générale des services communaux, s’est rendue compte que de plus en plus d’habitants connaissaient la faim. Elle a constaté l’augmentation de la fréquentation de la soupe populaire qu’elle dirige dans une zone d’activité de bureaux. Des dizaines de nouveaux visages font leur apparition, semaine après semaine, bien que la population diminue.
Voulant connaître la situation des autres associations caritatives, elle a décidé de former un organisme qui coordonne les aides. C’est le premier signe que Lehigh Acres s’organise pour combattre la récession. La mission de cet organisme apparaît dans son nom : Team Rescue (Equipe de Secours).
Les réunions mensuelles rassemblent désormais une demi douzaine d’églises, d’associations à but non lucratif, des commerçants et des représentants du comté, dont le bureau du shérif.
Les discussions au cours d’une récente assemblée se sont centrées sur les nombreux problèmes engendrés par le chômage. Ces difficultés étaient rarement rencontrées il y a encore peu de temps dans les banlieues américaines modernes. Parmi celles-ci, la faim tient le haut du pavé.
Les organisations fournissant gratuitement de la nourriture à Lehigh Acres ont vu la demande augmenter jusqu’à 75 % l’année dernière. Et les gens que l’on sert ne sont plus uniquement les pauvres rencontrés habituellement.
Dans les files d’attente devant l’église de la foi luthérienne, les âges, les ethnies et les anciens statuts sociaux sont mêlés.
Luis Oquendo, âgé de 38 ans, explique qu’il se rend à la distribution de pain hebdomadaire depuis la disparition des emplois à plein temps dans le bâtiment, à l’automne dernier.
Fred Csifortos, 62 ans, un retraité qui survit avec les 650 dollars par mois de son allocation pour incapacité, déclare que la nourriture distribuée gratuitement lui permet d’économiser et d’acheter ainsi les médicaments dont il a besoin.
Megan Brown fait la queue avec ses deux petites filles bien habillées, Kayley et Sydney qui sont âgées de 2 et 4 ans. Elle est venue car elle craint le pire. Son mari a encore son travail, « mais cela devient de plus en plus difficile » dit-elle.
L’organisation Team Rescue, dont fait partie l’église de la foi luthérienne, considère son action comme un succès, non seulement parce qu’elle vient en aide à de plus nombreuses familles mais aussi parce que ses organisateurs sont persuadés que les liens qu’ils créent seront les fondations d’une communauté plus soudée.
Mme Nicely juge particulièrement encourageant le programme nommé « weed and seed » (désherber et semer), initié par le Shérif. Son but est de redonner vie aux quartiers les plus touchés de Lehigh en impliquant les habitants dans des activités communautaires telle que le maintient de l’ordre ou le nettoyage.
Malgré les saisies, les ventes de maison reprennent avec difficulté dans le comté de Lee.
« Il y a 6 mois, on pouvait n’avoir qu’une maison sur 20 faisant l’objet de plusieurs offres » précise Kevin Williamson, un agent immobilier qui habite à Lehigh Acres depuis 22 ans. « Il y a quelques semaines j’en avais une avec 13 offres. »
Mais personne ici ne décrirait Lehigh Acres comme étant tirée d’affaire. Les agents immobiliers disent que les maisons qui se vendent ici partent en général pour seulement 45 000 dollars, soit le tiers du prix de revient de construction. Ils prévoient que les saisies vont continuer à maintenir des prix bas pendant deux années encore.
La croissance des emplois est elle-aussi quasiment nulle. Randy Burns, 50 ans, le propriétaire du Lehigh Discount Furniture, rapporte qu’il reçoit maintenant 15 à 20 appels par semaine de personnes lui demandant de racheter leurs meubles ou de les aider à déménager pour quitter la ville. Lui aussi envisage de partir. « Jusqu’à ce que les saisies cessent, ou que le travail revienne » dit-il, « rien ne changera. »
La dernière des batailles
Ils sont nombreux ici à affirmer que faire vivre une communauté durant une récession qui va s’intensifiant est bien plus dur qu’affronter un ouragan de catégorie 5. La panique est un puissant vent contraire.
Les électeurs ont rejeté l’année dernière une proposition destinée à rattacher Lehigh Acres à la ville voisine, en partie parce que les habitants craignaient des taxes plus importantes. Team Rescue, déployant toutes les forces de combattants unis au front, se demande comment freiner la montée du désespoir.
Depuis peu, l’équipe doit faire face à une vague croissante de familles qui se rendent à de multiples soupes populaires en utilisant différents noms, ou bien rapportent la nourriture aux supermarchés en échange d’argent ou d’autres articles.
Mme Nicely, des services communaux de Lehigh, raconte qu’en novembre elle a commencé à utiliser un feutre marqueur pour noircir les code-barres sur les boites de conserve afin que les épiceries ne les acceptent plus en retour. « Nous avons même été obligés de le faire sur les jouets de Noël » précise-t-elle. Sans de telles mesures, les familles les plus nécessiteuses ne pourraient pas être approvisionnées. Pourtant, elle éprouve souvent un sentiment de déchirement, « Je ne suis pas sure que je ne ferais pas la même chose si j’étais un parent célibataire et que mes enfants aient faim. »
« Les besoins sont si importants maintenant » ajoute-elle, faisant remarquer qu’il y a plus de boites de petits pois que de beurre de cacahouètes sur ses étagères en raison de la demande croissante. « Ils n’ont jamais été aussi forts auparavant. »
Un combat analogue entre cohésion et chaos (sic) transparaissait également lors d’une récente réunion des hommes à l’église évangélique, dont 8 des 15 membres ont été licenciés durant l’année dernière. Même si le groupe a aidé certains de ses membres à faire face, d’autres racontent comment leurs familles ont éclaté à cause des tensions.
Nous y avons rencontré Mme Chilson. Elle a perdu sa maison en partie à cause du boom (s’il n’y avait pas eu de facilités de crédit, elle n’aurait pas pu refinancer son emprunt il y a quelques années), de la crise (qui a causé la perte de l’emploi de son mari qui était contrôleur dans le domaine de la lutte antinuisible) et de dépenses excessives (qui ont engendré une dette de plus de 20 000 dollars sur sa carte de crédit).
Elle et son mari ont habité dans leur maison verte de style ranch durant 18 ans. La nuit où ils ont été mis à la porte, ils sont restés de l’autre coté de la rue en compagnie d’un homme âgé que Mme Chilson avait souvent aidé pour son traitement médical.
Mme Chilson a mis son canapé dans la maison d’un vieil ami, ses steaks congelés dans une autre. Et tandis qu’elle se démenait pour trouver du travail et une location, elle a décidé de remercier ceux qu’elle pouvait.
Un jour, elle a proposé de passer l’aspirateur dans la maison d’une voisine, en remerciement. Mais l’aspirateur est resté silencieux. Mme Chilson a découvert que l’électricité avait été coupée parce que la facture n’avait pas été payée. D’un jour à l’autre, dit-elle, sa voisine quittera Lehigh Acres, comme tout le monde.
15:02 Publié dans Ponérologie étasunienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprime, immobilier, crise, etats unis unis, banques, floride
24.02.2009
Indice Case Shiller décembre 2008
17:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : case shiller, home price index, home, crise immobilière, subprime, immobilier, prix
28.01.2009
Indice Case Shiller octobre 2008
17:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : case shiller, home price index, home, crise immobilière, subprime, immobilier, prix
20.11.2008
Crise des "subprimes" pour les nuls (et les autres)
Alors voilà,
Mme Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base de la bière, du "calva" et du ballon de rouge.
Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.
La buvette de Mme Ginette fait faillite.
Et le monde entier l'a dans le c...
___________
*nota : Archimède fut le premier à démontrer que, lorsqu'on plonge un corps dans une baignoire, le téléphone sonne. (Pierre Desproges)
13:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprime, dette, argent, prêt, faillite, crise, récession
02.11.2008
La crise vue par Anne Roumanoff
15:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roumanoff, crise, subprime, sarkozy, banques
En politique, rien n'arrive par hasard (F.D. Roosevelt)
Septembre 2006 : Début de l'effondrement de l'immobilier aux USA
Juillet 2007 : Sarkozy annonce un paquet fiscal de 15 milliards d’Euros destiné aux plus aisés.
Septembre 2007 : Fillon annonce que l’Etat est en faillite
Octobre 2007 : Suppression de 11000 postes d’enseignants pour l'année 2008
Décembre 2007 : Sarkozy s'octroie une augmentation de salaire de 172%
Janvier 2008 : lors de ses vœux à la presse, Sarkozy annonce que les caisses sont vides.
Janvier 2008 : Sous le terme hypocrite de "franchise", le gouvernement impose aux malades de payer une partie des transport médicaux, des traitements et des consultations.
Février 2008 : Le budget de l'Elysée pour 2007 fait un bond de près de 9% pour dépasser les 35 millions d'euros.
Septembre 2008 : Le même Fillon qui annonçait un an plus tôt que l'Etat était en faillite annonce que l'Etat empéchera toute faillite bancaire
Octobre 2008 : L'âge légal de la retraite est encore repoussé pour atteindre 70 ans. Pour travailler plus, les Français travaillent plus. Pour gagner plus c'est une autre histoire.
Cette petite rétrospective donne une idée des grandes orientation financières orchestrées par Sarkozy ou plutôt par ceux qui tirent les ficelles de ce triste pantin.
L'Etat à travers un endettement croissant et une réduction des dépenses essentielles (sécurité sociale, éducation, ...) et les citoyens aux revenus "normaux" soit 95% de la population, à travers des heures de tavail plus nombreuses, un gel des revenus et une baisse des droits financent l'enrichissement de quelques privilégiés.
Alors que les dépenses destinées aux citoyens ont été systématiquement bridées (pensions de retraites, minimums sociaux, salaires des fonctionnaires, budget de la sécurité sociale, éducation nationale…) en invoquant qui d'une faillite de l'Etat, qui d'une période de rigueur, qui d'un respect des règles budgétaires européennes, Sarkozy annonce un "plan de sauvetage" constitué prêt aux banques à hauteur de 320 milliards d’euros et d'une injection de 40 milliards dans le capital de celles-ci.
L'on remarque clairement que la détresse de millions de citoyens n'émeut guère nos chers politiques mais que les appels du pied provenant de quelques banquiers les font rappliquer le petit doigt sur la couture du pantalon. Des centaines de milliards pour les banques, des dizaines de milliards pour les entreprises et les citoyens dans tout ça ? Eh bien ils se retrouvent caution des financements qui permettent à quelques privilégiés de s'engraisser encore plus.
N’est-il pas ironique que dans cette crise déclenchée par les banques ayant poussé les citoyens étasuniens à s’endetter excessivement pour finalement se retrouver en faillite, les Etats fassent exactement la même chose et poussés par ces mêmes banques consentent à des niveaux d’endettement délirants ?
Si l’objectif des grands banquiers mondiaux était la faillite des Etats pour mieux les réduire en esclavage ils ne s’y prendraient pas autrement.
En parallèle et comme annoncé dans un article de mai 2008 nous constatons l’ascension de Besancenot promut en chœur par nos cher médias comme le plus grand rival de Sarkozy.
Besancenot, leader de la Ligue Communiste Révolutionnaire, en train de poindre son nez alors que la crise prend de l’ampleur. Seul un esprit particulièrement torturé pourrait suspecter la préparation d’une guerre civile.
Il est pourtant certain que l’apparition d’une profonde crise éconnomique et financière, agrémentée de graves troubles sociaux augmenterait sensiblement le niveau de terreur et d’hystérisation des citoyens français permettant d’atteindre ce que Pavlov appelle « inhibition transmarginale ».
Cet état d'inhibition transmarginale rend le cobaye hyper suggestible et susceptible d'accepter l’inacceptable. Passé ce point la peur l’emporte sur la raison, les émotions l’emportent sur la tempérance. Alors les citoyens accueillent à bras ouvert un « sauveur » sensé éradiquer le mal qui rongeait le pays mais qui rapidement se révèle encore plus nocifs.
Naomi Klein décrit avec brio cette stratégie du choc utilisée depuis des siècles par nos élites psychopathes. Lorsque les peuples sont hystérisés ils ne pensent plus et sont capables d’accepter n’importe quoi. Ils ne voient pas que les maux et leurs soi-disants remèdes sont administrés par les mêmes acteurs.
Un exemple flagrant de ce processus délibéré d’hystérisation apparaît lorsqu’on ausculte le discours des médias et des politiques (de Kouchner à Sinclair en passant par Strauss-Kahn ou Ockhrent) sur le thème de la crise économique.
Jusqu’en septembre 2008 le discours officiel niait toute crise, l’on parlait d’ajustements, d’atterrissage en douceur, de problèmes limités à quelques banques scélérates, de phase de turbulence sur le point de se terminer.
Ces déclarations mensongères faisaient les grands titres alors que la crise des subprimes grandissait depuis près de deux ans et que de nombreuses voix démontraient la gravité de la situation et la nécessité de prendre des mesure immédiates (voir par exemple cet article daté du 1er octobre 2007, c'était il y a 13 mois).
Ce déni des politiques et des médias servit deux objectifs. D’une part il permit de ne prendre absolument aucune mesure jusqu’à ce que le point de non retour soit atteint, d’autre part il augmenta l’intensité du choc où en l’espace de quelques heures le citoyen passa d’un monde où tout était sous contrôle à un monde condamné à la ruine et au chaos.
Cette vaste crise économique, ces émeutes ne seront que des moyens, de simples prétextes pour affaiblir la raison critique des citoyens et leur faire accepter une dictature internationale qui se gargarisera de "système assaini", de "gouvernance internationale garantissant la salubrité financière", "de solutions mettant fin aux violences civiles", "de sécurité apportée aux citoyens", au-delà des discours hypocrites, l'exploitation des citoyens, et la privation des libertés seront les véritables fondements de ce nouvel ordre mondial dont la première concrétisation pourrait bientôt avoir lieu dans la plus "grande démocratie" si chère à notre exemplaire président.
15:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, subprime, besancenot, sarkozy, guerre civile, émeutes, cartel bancaire
29.10.2008
Indice Case Shiller août 2008
10:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : case shiller, home price index, home, crise immobilière, subprime, immobilier, prix
31.08.2008
La passe de dix.
L'agence fédérale américaine de garantie des dépôts bancaires (FDIC) a annoncé vendredi la fermeture d'Integrity Bank, la dixième banque des Etats-Unis à déposer son bilan cette année dans le sillage de la crise du crédit. La banque d'Alpharetta, en Géorgie, avait 1,1 milliard de dollars d'actifs et 974 millions de dollars de dépôts à la date du 30 juin, a précisé la FIDC. Regions Bank of Birmingham, en Alabama, a accepté de payer une prime de 1% pour racheter tous les dépôts et reprendre environ 34,4 millions des actifs d'Integrity. Cette faillite devrait coûter entre 250 millions et 350 millions de dollars au fonds d'assurance des dépôts de la FDIC.
Source : Le JDD
Note de P&P : A noter que la FDIC n'assure les dépôts que jusqu'à hauteur de 100.000 dollars. Cela signifie que si vous aviez épargné 300.000 dollars, vous avez perdu deux tiers de vos économies dans ce naufrage bancaire.
On pourrait se dire qu'un tel drame ne touche que quelques privilégiés. Qui en France dispose d'autant d'épargne ? N'oublions pas que nos cotisations retraite, maladie, sécurité sociale, chômage sont directement ponctionnées sur nos salaires.
Aux Etats-Unis ces prélévements sont nul ou minimes, à chacun de créeer ses propres réserves pour faire face à de telles éventualités. Sachant cela, un salarié, sans être spécialement fortuné atteint au bout de quelques annéees d'efforts 100.000 dollars d'épargne.
16:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprime, crise, faillite, banque, fdic
27.08.2008
Dernières évolutions de l'indice Case Shiller
L'une des missions de l'agence Standard and Poor's concerne le suivi des prix de l'immobilier aux USA. Parmi d'autres données Standard and Poors publie un index mensuel du prix de l'immobilier dans 20 villes majeures aux Etats-Unis.
Les graphiques qui illustrent l'évolution de ses données s'arrêtent généralement fin 2007 alors que les données sont disponibles jusqu'à mai 2008.
Alors que les médias de masse entonne le couplet de la fin de la crise de l'immobilier aux USA il semblait utile de créer et de publier ce graphique mis à jour.
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