10.10.2008
Ponérologie bancaire
Paris 10/10/2008 à 12:58
La branche assurances de Fortis, sauvée lundi par le rachat de BNP-Paribas , a invité 50 personnes à participer à un "événement culinaire" vendredi dans l'hôtel le plus cher de Monaco, pour une note de 150.000 euros, selon le quotidien belge De Morgen . Le déjeuner, qui réunira surtout des courtiers indépendants, est organisé au très renommé trois étoiles du Guide Michelin, le Louis XV de l'Hôtel de Paris Monte-Carlo, le plus cher de la Principauté. Selon le guide de voyages Lonely Planet, le prestigieux restaurant abrite la plus grande cave à vins du monde, avec quelque 250.000 bouteilles, "pour la plupart impayables". Un repas y atteint rapidement 300 euros, alors qu'une nuit à l'Hôtel de Paris coûte de 500 à 1.000 euros en basse saison.
Essentiellement des courtiers indépendants
"Quelques membres de la direction seront présents, mais le groupe consistera essentiellement en des courtiers, des intermédiaires externes", se défend un porte-parole du bancassureur belgo-néerlandais. Selon lui, l'événement est prévu depuis des mois et s'inscrit dans le cadre d'actions commerciales habituelles.
L'assureur américain AIG, qui a dû accepter sa quasi-nationalisation à la mi-septembre, a été critiqué jusqu'à la Maison-Blanche pour avoir dépensé peu après de folles sommes dans un luxueux complexe hôtelier en Californie. Il s'est justifié mercredi en expliquant que ce séjour avait été offert à des courtiers indépendants, et non à des dirigeants du groupe.
Article original : Le Point
Note de P&P : Ces deux anecdotes illustrent l’ineptie des plans de « sauvetage » initiés aux Usa ou en Europe. L’argument invoqué est l’injection de fonds dans le système bancaire afin de le capitaliser et de relancer l’ouverture de prêts.
Rien n’est plus éloigné de la réalité. Les banquiers savent que les fonds injectés ne permettront jamais de redresser la barre vu leurs taux d’exposition et la dégringolade de leurs investissements, que ce soit dans l’immobilier, les actions ou les fameux produits dérivés.
Suivant une logique psychopathique désormais bien connue, les banquiers entretiennent les peurs en invoquant et en exagérant les conséquences dramatiques qu’aurait un blocage du système de crédit alors qu’ils savent pertinemment que ces plans de sauvetage ne changeront rien à cette situation, bien au contraire puisqu’en plus de la faillite des banques ces plans entraîneront la faillite des nations.
In fine, cet argent public vient remplir un peu plus les poches des dirigeants et des actionnaires de nos (très) chères banques.
Le contribuable, comme à l’habitude, est le dindon de la farce. Suite aux spéculations au mieux délirantes, au pire malhonnêtes de ces mêmes banquiers, la valeur de ses biens immobiliers plongent, il n’est plus en mesure de contracter un quelconque prêt (étudiant, immobilier, consommation, …), il voit son argent perdre de la valeur de jour en jour, le spectre du chômage devient plus palpable, la vie plus chère et s’il dispose d’un prêt à taux variable, ses mensualités ne cessent d’augmenter.
Comme si cela n’était pas suffisant, le contribuable finance également le train de vie pharaonique des banquiers, ceux-là même qui ont plongé nos pays dans la crise actuelle.
En plus d’engraisser les banquiers de France et de Navarre, ces « plans de sauvetage » mènent les nations tout droit vers la faillite, comme en Islande par exemple.
Une fois que la faillite d’une nation est prononcée, celle-ci et en particulier ses citoyens, deviennent les esclaves des créanciers : les banques centrales privées et quelques banques d’initiées.
Ce petit groupe traverse étonnamment bien la crise en ayant acheté de l’or avant sa hausse, en spéculant sur la baisse des indices boursiers et de l’immobilier pour la simple et bonne raison qu’il est l’initiateur de la crise actuelle.
Si vous avez encore des doutes sur le caractère délibéré de cette crise, il vous suffit de suivre les performances de la banque Rothschild, je vous jure sur la tête de Sarkozy que celle-ci ne fera pas faillite, bien au contraire.
Ces quelques initiés vont racheter à vil prix les banques exsangues qui n’étaient pas dans la confidence et prendre le contrôle des nations faillitaires, donnant naissance à une dictature internationale dirigée par quelques méga banques.
La situation des pays qui ont été « sauvés » par le FMI nous donne une petite idée du type de régime qui va émerger. Seulement un petit aperçu, car la crise asiatique de 97 ou la faillite de l’Argentine n’avaient aucunement l’ampleur de la crise actuelle, des banques avaient survécu, les pays frontaliers étaient en bonne santé, les Etats avaient pu renégocier leur dettes, l’intervention du FMI avait été transitoire.
Comme annoncé par P&P depuis près d’une année, le seul placement qui fasse encore sens est l’or physique. Mais il ne reste que quelques jours pour prendre des dispositions.
A ce jour, il n’y a quasiment plus de lingots et de pièces d’or à la vente et le cours de l’or ne pourra plus être manipulé bien longtemps.
En effet malgré une énorme demande, le prix de l’or n’augmente que modérément. Cette décorrélation provient (encore des toujours) des spéculations menées sur le marché de l’or papier (Comex et futures en particulier).
Ce décalage devient plus intenable et d’ici quelques jours, ou quelques semaines au maximum, le marché de l’or papier s’écroulera, entraînant avec lui l’explosion du prix de l’or.
En outre, il est probable que les « grandes » nations s’accordent pour étalonner à nouveau la valeur de leurs monnaies sur celle de l’or afin d’éviter que leurs devises plongent jusqu’à des profondeurs abyssales.
L’explosion de la demande d’or physique, l’écroulement du marché de l’or papier et le possible étalonnage de devises majeures sur l’or font qu’à minima, la valeur de l’or sera doublée avant la fin de l’année.
Cette hausse devrait être très soudaine et constituera une dévaluation à peine déguisée des devises majeures.
Pour ceux qui envisagent d’acquérir de l’or il est donc nécessaire de le faire dans les meilleurs délais pour des raisons d’épuisement des stocks et d’explosion imminente des cours.
En outre, il serait sage de ne pas stocker son or physique dans des coffres de banques pour deux raisons : d’une part, rien ne dit que la banque hôte soit encore là demain, et d'autre part, l’Histoire nous apprend qu’en temps de crise, les nations ont déjà imposé le rachat de l’or des citoyens (à vil prix, bien entendu).
17:31 Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : banque, crise, or, lingots, pénurie, bretton woods, spéculation
04.11.2007
Super super cher
Note de P&P : A l'heure où les marins-pêcheurs du Havre bloquent l'accès à leur port en raison de coûts de carburant qui mettent en péril l'avenir de leur métier, il nous semble intéressant de nous pencher sur les véritables raisons de cette flambée du prix du pétrole.
PARIS (AFP) - Offre insuffisante des pays exportateurs par rapport à une demande mondiale toujours en croissance ou spéculation effrénée: producteurs et consommateurs se renvoient la faute de la flambée des prix de l'or noir.
L'Agence internationale de l'Energie (AIE), qui défend les intérêts énergétiques des pays consommateurs, accuse l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d'attiser les tensions du marché en ne produisant pas assez de brut pour faire face à la demande hivernale.
Elle rend donc le cartel indirectement responsable de la flambée des cours, qui s'approchent des 100 dollars le baril , et lui demande de pomper 1,8 million de barils par jour en plus.
Note de P&P : Il est à noter que l'AIE est une agence de l'OCDE. L'OCDE étant quant à elle l'organisation qui regroupe les 30 pays les plus riches de la planète (USA, Japon, Allemagne, Angleterre, ...). Logiquement, au sein du marché du pétrole, ces trentes pays se trouvent du côté de la demande, de ce point de vue il n'est pas étonnant qu'ils militent en faveur d'une baisse du prix du pétrole, et donc d'une augmentation de la production.
Le baril de Brent de la mer du Nord a atteint vendredi le prix jamais vu de 91,87 dollars, poussé par les craintes sur les approvisionnements cet hiver, les tensions géopolitiques et la faiblesse encore accrue du dollar, tombé à 1,4525 dollar pour un euro.
La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, affirmait lors du G7 Finance il y a dix jours que les sept pays les plus industrialisés de la planète souhaitaient aussi que l'Opep augmente sa production pour "faire face à une demande pétrolière dont on n'a pas de raison de penser qu'elle aille en diminuant".
Même message au Centre for Global Energy Studies (CGES), un "think tank" londonien: "pour faire se replier les prix, il faut que les membres de l'Opep mettent plus de pétrole sur le marché pour permettre aux stocks commerciaux de se reconstituer".
Note de P&P : Les officines des pays riches semblent avoir bien appris la leçon puisque ministères et groupes de réflexion entonnent le même couplet, rejettant la responsabilité de la flambées du prix du pétrole sur les épaules des producteurs.
Mais l'Opep, si elle se dit "inquiète" du niveau des prix, assure que le marché est bien approvisionné et que les stocks de brut des pays industrialisés sont supérieurs à leur moyenne des cinq dernières années.
Elle renvoie la responsabilité de l'envolée du prix du baril aux spéculateurs, aux capacités insuffisantes de raffinage, aux problèmes géopolitiques au Proche-Orient et aux fluctuations du dollar.
Un discours relayé par un certain nombre d'experts: "si l'Opep augmentait sa production, les prix ne baisseraient pas forcément", affirme Thierry Lefrançois, économiste des matières premières chez Natixis.
"Nous avons un marché qui est dans la surenchère, qui parie sur le moment où on va franchir les 100 dollars, mais il n'y a pas de changements fondamentaux par rapport à il y a quelques mois, quand on était à 70 dollars le baril", ajoute-t-il.
Note de P&P : Même pour un bien aussi essentiel que l'énergie qui nous permet de nous chauffer, de nous déplacer, le prix n'est pas défini par l'utilité sociale ou par le simple rapport de l'offre et de la demande. Le prix est artificiellement manipulé par des spéculateurs.
Courant août, le baril oscillait encore autour de 70 dollars. Il a dépassé 96 dollars pour la première fois mercredi.
"Quel meilleur investissement aujourd'hui que le pétrole?", interroge M. Lefrançois. "Les Bourses ont baissé, les taux d'intérêt aussi, donc les obligations deviennent moins intéressantes, et si la Réserve fédérale américaine a baissé ses taux, c'est qu'on est sur une tendance baissière de croissance américaine. Parallèlement il y a beaucoup de liquidités sur le marché", qui se retrouvent placées sur relativement peu d'actifs, explique-t-il.
La chute de près de 10 dollars du brut au mois d'août au début de la crise financière illustre selon lui le poids des spéculateurs: "les fonds d'investissement se sont retirés" à ce moment-là, craignant une récession, avant de revenir massivement sur le marché.D'autant qu'en période d'incertitude économique, l'or noir est devenu une valeur refuge, à l'instar de l'or, et surtout le moyen de se couvrir face à la baisse du dollar.
Un avis partagé par Pierre Terzian, de la revue Pétrostratégies, pour qui "le marché est totalement dominé par les financiers". Le risque de pénurie ne peut justifier les prix actuels, selon lui, car la capacité de production non-utilisée de l'Opep était en 2005 de seulement 0,5 million de barils par jour (mbj), et qu'elle est aujourd'hui de 3,5 (mbj), "soit sept fois plus alors que les prix ont doublé".
"L'offre, la géopolitique et la spéculation jouent tous dans le sens d'une hausse, résume David Kirsch, du cabinet PFC Energy, même si pour lui l'approvisionnement du marché "ne justifie pas un baril à 100 dollars".
Note de P&P : Donc ces mêmes spéculateurs (banques, fonds d'investissements, grosses fortunes,...) qui ont mis sur la paille des millions d'étasuniens à travers leurs délires spéculatifs sur l'immobilier, jouent maintenant avec les dépenses de milliards d'êtres humains qui voient leurs coûts de transport, leurs coûts de chauffage mais aussi le coût de tous les produits impliquant l'utilisation de pétrole (c'est à dire 99% des produits dont nous avons besoin) exploser.
00:55 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sub prime, pétrole, inflation, spéculation, banques, AIE, flambée


