31.05.2009
L'hôpital selon Sarkozy
Nicolas Sarkozy a donné sa vision de l'hôpital, le 12 mai 2009, à l'occasion d'un table ronde à Nancy : "C'est un lieu où les Français doivent comprendre que si il veut être bien soigné, l'hôpital c'est le lieu du moment où on traite la crise aigüe, la maladie grave". Compris, les Français ? On vous la refait...
La loi HPST de Roselyne, version Sark'hôpital. Commençons par le commencement, un hôpital, qu'est-ce que c'est quoi ? "C'est un lieu où les Français doivent comprendre que si il veut être bien soigné, l'hôpital c'est le lieu du moment où on traite la crise aigüe, la maladie grave".
Qu'on se le dise, l'hôsto est un lieu où l'on ne doit se rendre qu'en cas de "crise aigüe" ou "de maladie grave". A vos diagnostics, les amis. Et pour les soins plus légers - les plus rentables en général - merci de contacter votre clinique® privée préférée.
La pénibilité du travail (pour des gens qui sont censés sauver des vies 48 heures par semaine) ? Impossible, sinon 'faudrait le faire pour tout le monde. Vous n'y pensez pas... Et la santé attendra. Absolument visionnaire. Et pas cher. A 2,5 millions d'euros la table ronde, c'est donné.
Article original : Les mots ont un sens
21:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, hôpital, réforme, santé, privatisation
05.12.2008
L'analyse médicale aux enchères
Bruxelles fait monter la pression sur la France pour déréguler le secteur des analyses médicales. L'objectif est d'ouvrir à 100% le capital des laboratoires de biologie médicale aux investisseurs privés. La santé est-elle une marchandise comme les autres ? Sans aucun doute, répond Bruxelles... Et Roselyne Bachelot s'exécute.
Sur fond de crise financière et d'appel généralisé à une meilleure régulation du capitalisme, la pilule a du mal à passer. Jusqu'à présent, la loi française limite à 25% la participation de sociétés privées au capital des laboratoires de biologie médicale, ceux qui vous prélèvent votre sang pour vous dire si vous avez un cancer ou de l'acné. Mais l'Europe a du mal avec cette notion de "santé publique". S'appuyant sur l'article 43 du Traité de Communauté Européenne qui vise les secteurs marchands en général, la commission menace la France de sanctions si elle ne se met pas aux normes. Pourtant, autant les législations françaises qu'européennes prévoient une exception dans le domaine de la santé publique... c'est en tous cas de cette façon que les traités successifs ont été vendus à l'opinion.
On nous aurait menti ?
Aujourd'hui, le discours a changé. Les laboratoires médicaux doivent s'ouvrir, corps et âme, au monde financier et boursier. Modernité, quand tu nous tiens... "L'ouverture du capital (...) n'a pas été décidée spontanément par le gouvernement. Depuis 2005, la Commission européenne somme la France de justifier ce qu'elle considère comme une violation des (...) règles de concurrence", a déclaré Roselyne Bachelot. Et plutôt que de demander un arbitrage à la Cour de Justice des communautés européennes (CJCE), la ministre de la Santé a préféré "sortir du contentieux et proposer une réforme dont nous aurions l'initiative". Elle appelle aussi à une concertation généralisée sur ce sujet, tout en avouant que le projet de loi sera promulgué... par ordonnance, donc en dehors de toute obligation de discussion publique.
Et la Commission Européenne ne rigole pas, qui a ouvert une enquête pour des manquements aux règles de la concurrence dans le cadre de cette affaire. Jeudi dernier, le personnel de l'Ordre National des Pharmaciens a ainsi vu débarquer une petite quinzaine de représentants de la Commission Européenne pour une perquisition en règle. Fouilles physiques et épluchage des dossiers étaient au menu. L'organisation se défend en assurant qu'elle a "appliqué le code de santé français quant aux conditions d'installation des biologistes". La Commission, fidèles à ses habitudes, refuse de s'exprimer sur les affaires en cours.
Deux cancers pour le prix d'un !
En décembre 2008, ou peut-être un plus tard, hors de tout cadre parlementaire, devrait donc être promulguée une loi soumettant le secteur des analyses médicales au droit du commerce ordinaire. Si tel était le cas, et au vu de l'avenir flamboyant du "marché de la santé", la transition s'annonce rapide. Investissements, acquisitions et fusions, dans un premier temps. Puis, financiarisation, course aux profits, écrasement de la "petite concurrence"... le scénario bien rôdé de la dérégulation, en somme. Plus de 1000 laboratoires d’analyses pourraient disparaître, selon l'Intersyndicale des Biologistes. Et la santé dans tout ça ?
À qui le tour ?
Les Conseils nationaux des Ordres des médecins, des pharmaciens, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes et des sages-femmes soutiennent la rébellion des biologistes, en attendant les mesures qui seront prises concernant leur profession. Sans compter que la dispersion des données personnelles médicales dans un milieu déréglementé ne présage rien de bon, en ces temps où la "gestion du risque" redevient à la mode...
Un site Internet a été créé pour l'occasion par la profession : Lasanteauxencheres.fr.
Article original : Les mots ont un sens
Note de P&P : Paradoxal non ? Nos chers politiciens étasuniens, européens ou français nationalisent les banques à tour de bras mais privatisent en parallèle les laboratoires d'analyse médicale.
N'est-ce pas l'inverse qui devrait se produire ? Nationaliser les laboratoires d'analyse car la santé doit être plus importante que le profit ?
Pour la clique psychopathe qui nous dirige seul l'enrichissement individuel compte. Alors logiquement les pertes sont nationalisées (l'élite psychopathe se déleste de ses dettes que le peuple prend en charge) et les profits sont privatisés (l'élite psychopathe se saisit des activités publiques profitables).
21:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, bruxelle, bachelot, analyse médicale, privatisation
31.05.2008
L'administration américaine admet l'existence d'un lien entre autisme et vaccination
Article orginal : Alterinfo - 30/05/08
Un aveu sans précédent
Or, l'Etat fédéral dans un réquisitoire net et précis conclut à un lien de causalité avéré entre vaccinations infantiles et autisme chez une petite fille de 9 ans, Hannah Poling. Cet aveu sans précédent est une réponse aux allégations de la famille d'Hannah Poling selon lesquelles des vaccins contenant une forme de mercure, le thimerosal, auraient provoqué l'autisme de leur fille.
Il résulte du dispositif du jugement que l'enfant Hannah Poling était en bonne santé et s'était développé normalement jusqu'à ses 18 mois. Qu'à cet âge l'enfant avait fait l'objet d'un examen médical à domicile où lui furent injectées en même temps 9 vaccinations, dont 2 contenaient du thimerosal. Que, 48 heures après, Hannah tomba malade. Que, trois mois plus tard, la jeune fille commençait à régresser et que les signes de l'autisme apparaissaient.
Selon le département de la justice qui représente le gouvernement auprès de la Cour fédérale, « les injections vaccinales ont significativement aggravé un désordre interne et provoqué le syndrome de l'autisme » chez au moins un enfant, Hannah Poling. Devant cet état de fait, le département américain de la santé a déclaré que la famille d'Hannah, au vu du préjudice subi, pouvait prétendre au fonds fédéral d'indemnisation des victimes de vaccinations [The US Division of Vaccine Injury Compensation]. [1]
Faut-il rappeler qu'à ce jour près de 5 000 familles d'autistes sont en attente de jugement auprès de la Cour de justice fédérale. De toute évidence, d'autres parents ont vécu des événements comparables à ceux d'Hannah Poling ; enfants en bonne santé auxquels on administra des vaccins et qui, assez subitement, devinrent absents, devenant incapables de s'exprimer tout comme auparavant.
S'il subsiste quelques doutes quant à l'implication du thimerosal comme facteur explicatif déterminant aux nombreux cas d'autisme, il est en revanche très bien établi que l'exposition au mercure provoque des troubles immunitaires, sensoriels, neurologiques, moteurs... toutes similitudes généralement associées à l'autisme. Fautes d'études internationales toutes concordantes, le bon sens ne devrait-il pas alors l'emporter ?
En outre, le mercure est un produit dangereux de la classe 6 qui regroupe, en particulier, les substances pouvant causer une intoxication en cas d'introduction ou d'accumulation spontanée d'un poison dans l'organisme d'après les normes européennes en vigueur régissant le traitement des matières dangereuses [TMD].
Pour le Dr Miller, professeur en cardiologie à l'université de Washington School of Medicine [2], « il est probable qu'un autre facteur important entre en jeu, c'est l'existence d'un effet démultiplicateur de la toxicité. En effet, l'incidence du mercure s'accroît de façon "quasi exponentielle" en présence d'un autre poison. Un essai expérimental a démontré qu'une dose infime de mercure pouvant tuer 1 rat sur 100, et une dose d'aluminium produisant le même effet sur le rongeur, aboutissait à un résultat saisissant quand on les combinait : aucun rat n'en sort indemne. Or, certains vaccins contiennent de l'aluminium. On comprend dès lors mieux la nocivité de certains adjuvants pour l'homme ».
Quelle sera l'implication de ce précédent jurisprudentiel pour le débat vaccin-autisme ?
Quels sont les autres facteurs assez récents susceptibles d'expliquer la hausse rapide d'enfants atteints d'autisme ?
Le favori républicain à la présidence, John MacCain, exprima, pendant la campagne des primaires, ses « fortes raisons de craindre que les conservateurs contenus dans les vaccins ont engendré la dramatique ascension de l'autisme à travers le pays ».
De toute évidence, si une faible proportion de malades déclenche un syndrome génétique, dû à une réalité constante, bon nombre d'autismes, aujourd'hui, sont causés par des expositions à des produits toxiques et chimiques (par injection, ingestion, inhalation...), et proviennent globalement de facteurs environnementaux.
Prenons note notamment de l'étude publiée en novembre 2007 dans le Journal of the Australian College of Nutritional § Environnemental Medecine, qui établit que les ondes électromagnétiques de hautes fréquences, tels antennes relais, téléphones portables, WI-FI, seraient l'un des facteurs à même de déclencher l'autisme.
[1] The Atlanta Journal-Constitution
http://www.ajc.com/metro/content/health/stories/2008/03/06/autism_0306.html
[2] Mercury on the Mind
http://www.lewrockwell.com/miller/miller14.html
[3] Organic Consumers Organization
http://www.organicconsumers.org/articles/article_10655.cfm
L'autisme a-t-il pour autant décliné depuis que le thimerosal a été retiré de certains vaccins ? [3]
Cependant un article du Times Magazine affirme que les cas d'autismes ont continué d'augmenter aux Etats-Unis malgré le retrait du thimerosal des vaccins. Pourquoi cette divergence ?
Une explication sérieusement envisagée provient d'un choix de politique de santé du gouvernement américain. En 2002, les autorités recommandèrent pour toute la population la vaccination anti-grippale pour les enfants de moins de 2 ans, avant d'étendre cette recommandation pour tous les mineurs. Or, en l'état actuel, le vaccin antigrippal contient toujours du thimerosal, tant et si bien qu'une large population d'enfants est toujours exposée à une éventuelle intoxication au mercure.
00:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vaccin, mercure, autisme, thimerosal, santé, médicamenyts, big pharmas
16.04.2008
Le test de l'orteil
Le journal observe que Roselyne Bachelot « a assuré que son objectif était au contraire d’obtenir que les Français soient «mieux assurés, mieux pris en charge pour l’optique» ».
Le quotidien ajoute que la ministre « a expliqué que des négociations sur le financement du système de santé allaient bien s’ouvrir avec les complémentaires santé ».
La Tribune note que « concernant l’optique, ce secteur est «tout à fait majoritairement pris en charge» par les organismes complémentaires et de «façon très, très marginale par l’assurance-maladie», a souligné [la ministre], expliquant qu’une réflexion avait bien été lancée mais pour «renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d’optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes» ».
Le Monde aborde également ce « débat sur l'abandon de la prise en charge des frais d'optique par la Sécurité sociale ».
Le journal constate aussi que « le ministère de la Santé a assuré qu'il n'était pas question de "déremboursement" des frais d'optique ».
« Selon le ministère, les dépenses d'optique ne sont pas particulièrement ciblées. […] Pour Mme Bachelot, les complémentaires doivent prendre plus de place dans le remboursement des soins », poursuit le quotidien.
Le Figaro relève de son côté que « Bachelot tente de corriger le tir », observant que « la ministre de la Santé veut calmer les inquiétudes sur le remboursement des dépenses d’optique ».
Article original : Mediscoop
Note de P&P : Le mode opératoire du gouvernement Sarkozy est aussi pernicieux qu’affligeant.
La mission confiée à Sarkozy est simple : réduire le peuple français à l’esclavage et à la misère. Pour cela il suffit de détruire un à un tous ses acquis (éducation, retraites, droits chômage, transports publics, hôpitaux,…)
Puisque l’objectif est très clairement fixé, il n’y a donc plus aucune place à ces négociations, ces concertations si souvent invoquées par les laquais du gouvernement.
Néanmoins les déboulonnages systématiques de nos droits comparés aux mesures favorisant systématiquement les plus nantis alertent un nombre grandissant de Français qui commencent à entretenir de sérieux doutes quant à l’honnêteté du sémillant Sarkozy.
Les médias maintiennent leur propagande avec des articles qui évitent au maximum les sujets qui fâchent (augmentation de salaire pharaonique, revente douteuse de sa propriété de Neuilly, intervention salon de l'agriculture, altercation avec des marins-pêcheurs, intervention au G8,…) et qui entretiennent l’illusion de la popularité de Sarkozy (38% de satisfaits au dernier sondage, la réalité doit donc être aux alentours de 80% de mécontents).
Ceci dit certains commencent à voir les pieds derrière le rideau, il est donc devenu nécessaire que nos chères élites soignent un peu plus la forme (tout en conservant bien sûr un fond toujours aussi inhumain).
C’est pour cela qu’est de plus en plus utilisé le test de l’orteil. On met discrètement l’orteil dans le bain et si c’est trop chaud on le retire l’air de rien.
Innocemment donc Sarkozy ou l’un de ses sinistres sbires annonce ou fait annoncer par les médias un projet de réforme nous emmenant un peu plus vers ce grand idéal orwelien qui fait le bonheur du peuple étasunien.
Une fois l'annonce faite on attend la réaction.
Si le peuple reste coi, assommé par des journées de travail interminables (merci à la baisse du pouvoir d’achat), des heures de bouchon (merci au démantèlement des transports en commun), des programmes télés abrutissants (merci aux patrons de chaines et leur lobotomies à distance), et une nourriture aussi toxique que l’air ou que l’eau (merci aux industriels de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie et des autres secteurs) alors la réforme est adoptée et on passe rapidement au prochain déboulonnage de l’édifice social.
Si malgré les nombreuses camisoles qui l’entravent, le peuple gronde alors on tergiverse un peu pour voir s’il s’agit d’une réaction durable. Si tel est le cas alors on retire la réforme avec toute l’hypocrisie crasse qui caractérise nos chers gouvernants. Le retrait de la réforme est un moment inoubliable où l’on assiste à une cacophonie de mensonges, de pseudo-justifications et de subites amnésies.
« Nous n’avons jamais dit cela », « il s’agissait seulement d’un projet », « au contraire nous pensons que », « une telle mesure n’aurait été adoptée qu’après négociations », « vous nous avez mal compris », « il s’agit d’un gigantesque malentendu », « l’inertie de la France la perdra », « une minorité a créé de toute pièce ce mouvement », « la France doit faire fi de son attitude passéiste », « le progrès a un prix », « cette déclaration n’a jamais été validée par l’Elysée », « pour rester compétitive la France doit », « il s’agit seulement d’une perspective de négociations », « parfois les journalistes s’avancent un peu trop »,…
Vous noterez combien les "grands" médias (La Tribune, le Monde, Le Figaro) accompagnent en souplesse ces changements de cap. Tout cela peut nous rappeler cette phrase célèbre du regretté Edgard Faure : "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent"
17:06 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bachelot, santé, sécurité sociale, sarkozy, mutuelles, optiques, lunettes
05.01.2008
La civilisation Sarkozy, c’est ça !
Les franchises médicales, voulues par la droite en général et par Nicolas Sarkozy en particulier, sont applicables depuis hier, 1er janvier. Très concrètement cela signifie d’abord un renchérissement du coût des soins médicaux pour ceux qui en ont besoin. C’est-à-dire les malades. Traduction sur le porte-monnaie : augmentation de 50 centimes sur chaque boîte de médicaments, autant sur les actes médicaux. Même principe pour les transports sanitaires mais en plus cher : 2 euros. Précision : ces sommes ne seront pas remboursées. C’est le but. Un bruit de tiroir-caisse du côté du gouvernement : ces mesures devraient rapporter 850 millions d’euros. En moyenne, dix euros par an et par foyer, selon le gouvernement. Ce qui est une forfaiture puisque tous les foyers ne sont pas malades, et, par définition, seuls les malades paieront. Mais a-t-on choisi d’être malade ? Seuls les femmes enceintes, les mineurs et les bénéficiaires de la CMU seront épargnés. Promesses de campagne du candidat Sarkozy : affecter ces rentrées financières à la lutte contre la maladie d’Alzheimer et le cancer. On peut raisonnablement en douter. C’est d’ailleurs ce que font les Français : 61 % contestent, en particulier parmi les employés, les ouvriers et les professions intermédiaires. Aussi les cadres et les professions libérales. Injuste, ce dispositif qui vise à faire de l’argent sur le dos des malades a une dimension plus historique et idéologique. Il n’est au demeurant pas neutre par rapport aux conquêtes sociales : il rompt avec le principe de solidarité et ne répond à aucune logique de responsabilisation des malades. Laquelle supposerait d’investir dans l’éducation à la santé, et la prévention. En réalité, c’est un « virus » introduit dans la pensée de la population, comme l’ont souligné les députés de gauche. « Une rupture totale avec l’héritage de la Libération », ont-ils ajouté. Et de remarquer qu’au fil du temps le financement des soins glissera immanquablement du cotisant et du contribuable vers le malade, abandonnera la prise en charge collective au bénéfice d’une prise en charge individuelle. On passe d’un régime solidaire à un régime assurantiel. Nicolas Sarkozy et ses conseillers patronaux en ont bien évidement conscience et le théorise : message reçu par les sociétés d’assurance qui se réjouissent qu’une part importante des besoins en matière de santé soit remise sur le secteur marchand. Ce qui a le mérite de la franchise.
Côté étrennes, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Pour les prestations et les minima sociaux, c’est 1 % d’augmentation et rien de plus. Le RMI mensuel va ainsi désormais frôler les 448 euros ! Précisément 447,91 pour une personne seule. Soit une augmentation de 7,05 euros par mois, ou 23 centimes d’euros par jour. Pour un couple, on atteint les 671,87 euros, et une famille avec deux enfants devra boucler son budget mensuel avec 940,62 euros. La « générosité » gouvernementale ne s’arrête pas là. Pour deux enfants, les allocations familiales sont passées au premier janvier de 119,13 euros à 120,32 euros. Elles passent pour 3 enfants de 271,75 euros à 274,47 euros. Pour les retraites, on baigne dans les mêmes eaux : le minimum vieillesse comme l’ensemble des retraites augmente de 1,1 % au 1er janvier 2008, pour atteindre 628,10 euros pour une personne et 1 126,77 euros pour un couple de retraités.
Côté fiscalité, le budget 2008 fera théoriquement profiter les salariés (ceux qui le veulent et surtout le peuvent), de 1 milliard d’économie d’impôt du fait de la défiscalisation des heures supplémentaires. Cette « mesure phare » pour le pouvoir d’achat est néanmoins à relativiser quand on sait qu’en réalité l’imposition sur le revenu va s’accroître en 2008 de 5,1 milliards d’euros, dont 3 seront payés par les salariés et 1 par les retraités.
Cet accroissement de l’impôt sur les revenus des salariés et retraités principalement, ne viendra pas compenser les milliards de cadeaux faits aux plus riches, aux spéculateurs et aux patrons des entreprises. Les exonérations fiscales pour les entreprises atteindront le montant de 68,3 milliards d’euros, et les mesures du « paquet fiscal » annoncées à l’été 2007, les diminutions de l’impôt sur la fortune, l’allégement de la fiscalité sur les successions et donations vont coûter 14 milliards d’euros de recettes fiscales en moins dans le budget 2008. Parmi ces mesures, le « bouclier fiscal » ramené de 60 % à 50 % devrait, selon le Syndicat national unifié des impôts, profiter à « 18 000 contribuables qui se verront rembourser 563 millions d’euros ». Ces 18 000 assujettis à l’impôt sur la fortune devraient donc recevoir un chèque de remboursement de 31 277 euros en moyenne de la part des impôts. La générosité de l’État à l’égard des plus riches ne se compte pas en centimes !
Ces cadeaux aux plus fortunés, qui grèvent le chapitre des recettes du budget de l’État, vont avoir des conséquences sur les dépenses. « Les caisses sont vides », répète François Fillon à l’envi, ce qui, à ses yeux, justifie la rigueur budgétaire. Comme la suppression de 130 000 postes de fonctionnaires dans les 4 ans. Et dès le budget 2008, l’amputation de 2 milliards d’euros de dépenses concernera notamment les aides à la banlieue, les transports collectifs, la rénovation urbaine, l’agriculture, la décentralisation culturelle ou la lutte pour l’environnement.
2008, année de tous les dangers pour les retraites ! Selon un rapport publié le 31 décembre par le ministère du Travail, la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension à taux plein passerait à 41,5 ans en 2020. Dans la perspective du grand rendez-vous prévu par la loi Fillon de 2003, Nicolas Sarkozy avance ses pions pour retarder encore l’âge de la retraite. Compte tenu du nombre de salariés qui ne peuvent aligner 40 annuités (chômage, entrée plus tardive dans la vie active, état de santé…) l’objectif est de réduire le nombre de retraites à taux plein. Dans la civilisation dont rêve Nicolas Sarkozy, les salariés d’aujourd’hui doivent devenir des retraités pauvres demain, à moins qu’ils ne financent eux-mêmes leur propre retraite, ou bien, si leur patron leur en laisse la possibilité, qu’ils ne travaillent jusqu’à 65 ans et plus. S’appuyant sur les travaux du conseil d’orientation sur les retraites (COR), le gouvernement reprend ses projections selon lesquelles l’allongement de la durée de cotisation atteindra 164 trimestres en 2012 (soit 41 ans) et 166 en 2020 (soit 41,5 ans). « Le rendez-vous de 2008 s’inscrit dans un contexte économique et financier moins favorable qu’envisagé en 2003 », préviennent les services de Xavier Bertrand. À qui la faute ? La droite n’a pas cessé d’exercer le pouvoir depuis 2002. On notera également que le gouvernement manifeste sur le chapitre des retraites plus de prudence et de circonspection que lorsqu’il s’est agi en juillet dernier de transférer quelque 15 milliards d’euros vers les foyers fiscaux les plus prospères.
Les mauvais coups sont souvent assenés quand les Français regardent ailleurs. La période des fêtes, mais aussi la mousse médiatique autour de la vie privée du président exposée en spectacle ont été mises à profit par le gouvernement pour tenter de saborder le dialogue social. Ainsi, alors même que les négociations doivent se poursuivre en janvier entre les syndicats, les directions d’entreprise et l’État, Xavier Bertrand a fait publier les décrets d’application de la réforme des régimes spéciaux. Un geste qui peut être ressenti à bon droit comme une provocation de plus contre le mouvement social. Ces décrets confirment l’augmentation de 37,5 à 40 ans, et prévoient qu’à partir de 2016 tous les salariés (y compris les travailleurs de la SNCF, de la RATP et de l’énergie) devront avoir cotisé 41 ans pour obtenir une retraite à taux plein.
Article paru sur le site Web de l'Humanité.
14:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voeux, sarkozy, 2008, retraites, minimas sociaux, santé, sécurité sociale



