25.01.2009

L'ONU veut poursuivre Bush et Rumsfeld

 

 

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Photo : La Presse Canadienne /Brennan Linsley (archives)

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Manfred Nowak, demande au nouveau gouvernement des États-Unis d'engager des poursuites judiciaires contre l'ex-président George W. Bush et son ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, pour torture et mauvais traitements de prisonniers à la prison de Guantanamo.

Selon Manfred Nowak, qui s'exprimait mardi sur les ondes d'une chaîne de télévision allemande, il est juridiquement du devoir des États-Unis d'engager ses poursuites.

Le rapporteur spécial de l'ONU, auteur d'un rapport d'enquête sur la prison de Guantanamo, a expliqué que les États-Unis étant signataires de la Convention de l'ONU contre la torture, ils devaient s'y conformer. Manfred Nowak a d'ailleurs rappelé que le libellé de ce texte oblige ses signataires à recourir « à tous les moyens, en particulier ceux du droit pénal », pour poursuivre les coupables de tels actes.

« Nous avons tous ces documents, aujourd'hui d'accès public, qui prouvent que ces méthodes d'interrogatoire ont été expressément ordonnées par monsieur Rumsfeld. Mais évidemment, les plus hautes autorités des États-Unis étaient au courant », a déclaré Manfred Nowak.

Questionné sur la possibilité réelle de voir de telles poursuites engagées un jour contre le président sortant et son secrétaire à la Défense, M. Nowak a répondu que « les preuves sont sur la table. On ne va pas tourner autour du pot: c'était de la torture », a-t-il ajouté.

Manfred Nowak se questionne cependant sur la capacité du droit américain de reconnaître comme telles les formes de tortures employées à la prison de Guantanamo lors de l'interrogatoire des prisonniers qui y sont détenus.

Or, le rapporteur spécial de l'ONU n'est pas le premier à préconiser ce genre de poursuites contre les membres de l'administration Bush. Plusieurs procédures judiciaires pour torture ont en effet été intentées contre Donald Rumsfeld par des groupes de défense des droits de l'homme français, allemands et américains.

Dans un rapport du Sénat américain, Donald Rumsfeld figure d'ailleurs parmi les personnes désignées comme étant responsables des mauvais traitements sur des détenus dans les prisons américaines.

Selon ce même rapport, l'ex-secrétaire à la Défense aurait autorisé en novembre 2002 l'utilisation de techniques d'interrogatoire musclées à la prison de Guantanamo pour faire parler les détenus.

L'ex-président George W. Bush aurait également lui-même signé un document le 7 février 2002, autorisant le recours à des méthodes d'interrogatoire coercitives contre de présumés terroristes détenus à Guantanamo.


Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

24.01.2009

La Défense dirigera-t-elle le « véritable » programme de relance ?


Catherine Austin Fitts
Solari
12 janvier 2009

Note : La biographie de l'auteur est extraite de Wikipedia : Fitts a travaillé comme directrice générale et a été membre du conseil de direction de la banque de Wall Street, Dillon, Read & Co.Inc. Elle a aussi été secrétaire adjointe de la commission sur le logement  au département du Logement et du Développement Urbain des États-Unis durant la première administration Bush. Elle a été la présidente de l'Hamilton Securities Groupe Inc, une banque d'investissement et un développeur de logiciel financier. Elle est titulaire d'un BA de l'Université de Pennsylvanie, d'un MBA de la Wharton School et elle a étudié le mandarin à l'Université Chinoise de Hong Kong.


Dans le rapport fiscal de 1999, le département de la Défense avait « égaré » 2,3 trillions de dollars. Cette somme équivaut approximativement à trois fois la somme que le président se propose de dépenser pour relancer les États-Unis.
Dans le rapport fiscal de 2000, le département de la Défense avait « égaré » 1,1 trillions de dollars, soit une fois et demie ce que le président élu Obama veut investir aux États-Unis.

Ainsi, entre octobre 1998 et septembre 2000, le département de la Défense a « égaré » 3,3 trillions de dollars. Cette somme d'argent est si énorme que nous avons commencé, il y a quelques années, à archiver les articles sur « l'argent égaré » pour suivre ces trillions qui avaient disparu des comptes fédéraux.

De mars 1997 à mars 2001, le sous-secrétaire à la Défense (contrôleur) qui officiait comme chef du service financier du département de la Défense était William J. Lynn III. A ce poste, il était donc le principal conseiller du secrétaire et du secrétaire adjoint de la Défense dans les domaines budgétaires et fiscaux. Cela signifie qu'il était la personne responsable de ce qu'aucun argent ne s'égare et que le département d'État publie les déclarations financières après audit. C'est ce qu'il n’a pas réussi à accomplir durant ces années et toutes celles qui ont suivi.

Lorsque M. Lynn a quitté la Défense en 2001, il a rejoint DFI International et en 2005, il est devenu le lobbyiste en chef de Raytheon. Il a été remplacé à la Défense par Dov Zakheim.

Le président élu Obama a nommé aujourd'hui William J. Lynn au poste de secrétaire adjoint à la Défense. Le communiqué de presse a dit, « Lynn nous rejoint avec des dizaines d'années d'expérience et une expertise dans les réformes de dépenses de l'État et dans les choix difficiles et nécessaires pour s'assurer que l'argent des contribuables étasuniens soit dépensé avec sagesse. »

Obama a aussi nommé Robert Hale à la place qu'occupait Lynn, sous-secrétaire à la Défense (contrôleur des finances). M. Hale a officié de 1994 à 2001 en tant que secrétaire adjoint de l'armée de l'air (gestion financière et contrôleur des finances). Cela signifie que Hale, tout comme Lynn, était chargé de ces fonds lorsqu'ils ont disparu.

Je parie que les gars qui ont touché les 3,3 trillions ont été très satisfaits du travail de M. Lynn et M. Hale et qu'ainsi ils ont décidé de leur remettre le pied à l'étrier.

Cela me ramène à la question que je ne cesse de poser, « Où est l'argent et comment pouvons-nous le récupérer ? »


Note : Pour ceux d'entre vous qui souhaiteriez mieux comprendre l'ampleur du problème soulevé, en terme financier et politique, l'équipe de Future Quantique vous conseille l'audition (malheureusement réservée à ceux qui comprennent l'anglais ou qui ont des amis capables de traduire et de transmettre) de ce document incroyable où la courageuse membre du Congrès des États-Unis, Cynthia Mac Kinney demande des comptes à Donald Rumsfeld. Ce document souligne l'impunité totale dont bénéficient les hauts responsables du complexe militaro-industriel, puisque l'intervention de cette noble dame n'aura eu aucune suite et qu'aucun organe de presse 'officiel' n'aura fait référence à ce scandale dont les proportions dépassent l'imagination.

 

Traduction française : Lionel P.

05.11.2007

Why we fight

Note de P&P : Jean Pierre Petit vient de publier sur son site web cette excellente analyse des mensonges et des manipulations qui permettent de mener des peuples vers la guerre.

Why we fight (pourquoi nous nous battons) - 30 octobre 2007. 

Petit à petit les documents vidéos sont mis en ligne, deviennent accessibles. J'ai souhaité pendant des années que celui-ci le soit. Un lecteur m'a d'abord trouvé une bande-annonce, en français, de ce film d'une heure trente, initialement diffusé sous le titre " Le Nerf de la Guerre ".


Le choix du titre n'est pas le fait du hasard. Pendant la guerre et dans l'immédiat après-guerre, le cinéaste Américain Frank Capra produisit une série de sept films destinés à expliquer le pourquoi de l'effort militaire entrepris pour vaincre les puissances de l'Axe. Je me souviens parfaitement, étant enfant, avoir vu ces films.

why_we_fight

 

Ce film est visible en deux parties, aux adresses :

http://www.dailymotion.com/moebyous/video/xqvqf_why-we-fi...

http://www.dailymotion.com/moebyous/video/xqw0a_why-we-fi...

C'est un de mes lecteurs, Stéphane Roussel, qui a déniché ces fichiers. Je dispose fort heureusement d'un très bon système de documentation. Le film débute par le discours d'adieu, historique, du Président Eisenhower, s'adressant à la nation américaine à la télévision.

 

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Dwight Eisenhower

 

Vous entendrez son avertissement solennel concernant la naissance du complexe militaro-industriel des Etats-Unis. Puis vous entendrez les déclarations successives de présidents des Etats-Unis :

:

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Kennedy

- Nous payerons le prix qu'il faudra et nous supporterons les fardeaux pour la survie et le succès de la liberté.

 

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Lyndon Johnson :

- Nous ne nous battons pas pour des territoires ou des bases. Nous nous battons pour l'auto-détermination.

 

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Ronald Reagan :

- La puissance de l'armée des Etats-Unis est une source de paix, pas de conflits.

 

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Clinton

- Avec une armée forte, employée là où il faut, les Américains jouent un rôle chez eux et dans le monde.

 

Et pour finir, en voix off, George Bush déclarant

- Notre cause est juste. Peu importe le temps qu'il faudra : nous vaincrons les ennemis de la liberté.

 

On enchaîne ensuite avec la prise de conscience dramatique d'un brave flic new-yorkais, à la retraite, qui effectuait le 11 septembre 2001 un trajet dans le métro aérien de New York et qui aperçut soudain les tours du World Trade Center en flammes.

 

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Son fils travaillait dans l'une d'entre elles. Il ajoute :

- Je me suis dit que mon fils ne devait pas être là, ne pouvait pas être là, parce que les gens qui se trouvaient dans ces tours allaient mourir.

Vous le suivrez, au long de ce film. Dans un premier temps il pense "il faut que les gens qui ont fait une telle chose paye. Je veux les voir mourir". Alors, convaincu que l'Irak était derrière ces attentats il effectue des démarches auprès de l'armée pour que le nom de son fils soit peint sur une des bombes destinées à l'Irak. Il finit par obtenir satisfaction. Puis, vous l'entendrez dire :

- J'avais fait la guerre au Vietnam. J'étais très jeune et j'ai été placé comme mitrailleur sur un hélicoptère. A chaque mission je tirais sure des petits points qui s'enfuyaient. Nous savons aujourd'hui que Johnson avait menti et que le guerre fut déclenchée sur la base de représailles vis à vis d'actions contre la marine des Etats-Unis qui ne s'étaient jamais produites.

 

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Notre brave flic, du temps où il était mitrailleur à bord d'un hélicoptère, au vietnam

Plus loin, il dira :

- Quand j'ai entendu George Bush dire qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive en Irak, je suis resté abasourdi. Vous savez, moi je suis un homme de la vieille école. S'il est un homme qui ne peut pas mentir, c'est le Président des Etats-Unis....

Puis on voit une scène où George Bush est sur les décombres des tours du World Trade Center, tenant familièrement un pompier par l'épaule.

 

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George Bush

- Je vous entends, le Monde vous entend, et les gens qui ont détruit ces tours vont bientôt entendre parler de nous.

 

Vous avez entendu ces phrase en 2001, rappelez-vous. L'intérêt de ces archives vidéo, accessibles, est que les choses restent. A travers des images d'archives le réalisateur évoque les interventions précédentes des Etats-Unis :

 

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- Guatemala, 1954 : Les Etats-Unis sont intervenus pour protéger leurs intérêts vitaux (...)

 

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- 1958, Liban. La politique américaine au Moyen-Orient est menacée.

 

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- Nous sommes intervenus unilatéralement au Laos, Congo et au Brésil.

 

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- Ronald Reagan envahit la Grenade en 1983.

 

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- Bush père ; " j'ai donné l'ordre d'envoyer des troupes au Panama ".

 

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- Quand on examine l'histoire des Etats-Unis on s'aperçoit que presque tous ont envoyé des troupes dans le monde quand quelque chose ne leur plaisait pas.

 

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Richard Pearle, conseiller de George Bush, vantant le mérite des guerres préemptives

- Avant d'instaurer la démocratie, il faut parfois supprimer un obstacle pour lui faire de la place.

 

Vous trouverez dans ce film le témoignage des deux pilotes de F-117A qui, le 19 mars 2003, donnèrent le coup d'envoi de l'opération en Irak en larguant des " bombes intelligentes " qui étaient censées ne frapper qu'une des résidences de Saddam Hussein où étaient censés se trouver ses deux fils, d'après les renseignements américains. Non seulement les lieux étaient vides, mais une des bombes tua des civils dans le quartier environnant. Les deux officiers interviewés ne réalisent absolument pas le rôle qu'on leur fait jouer. Vous les entendrez dire

 

pilote_f117a

 

- C'est quelque chose de réaliser le premier acte militaire d'une intervention qui va libérer tout un peuple (...)

- J'ai lâché mes bombes et je me duis dit : Si on a bien fait notre devoir ce soir, tout pourrait être terminé demain.

 

Dans la seconde partie de l'émission, Donald Rumsfeld, secrétaire d'état à la defense, nous déclare :

 

rumsfeld

- Nos forces armées sont les meilleures de la planète. Notre nation est bénie d'avoir tant d'hommes et de femmes
qui sont prêts à risquer leur vie pour protéger les pays (...). Chaque génération a ses héros. Cette génération aussi

 

Le recrutement d'un jeune paumé est alors mis en scène. Un garçon de vingt ans, qui se trouve vivre aux crochets de sa mère, se voit sans avenir, sans possibilité de poursuivre des études.

 

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Vint ans. Vient de perdre son seul soutien matériel : sa mère. Une proie facile des recrurteurs de l'US army. L'armée " lui offre sa chance "

 

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Le sergent Michael Valentine, segent recruteur de l'US army

 

La scène est pathétique. On voit ce pauvre garçon, sans avenir, qui tente de justifier son engagement, comme apprenti pilote d'hélicoptère de combat:

 

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- Vous avez remis de l'ordre dans ma vie. Je sais que je fais le bon choix. J'aurai un bon métier, une bonne retraite (...)

 

La guerre lui a été présentée comme " un bon métier ".

Lors de la guerre du Vietnam, 61 % des 70.000 morts américains avaient moins de 21 ans.

 

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Une animation saisissante, qui monte les incessantes interventions militaires des Etats-Unis dans le monde, depuis 40 ans

 

Le film continue, montrant le résultat de la farppe aérienne d'initiation de la guerre en Irak. Quatre bombes de 900 kilos, guidées par satellites.

 

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Le premier acte de guerre. Quatre bombes guidées par satellites, de 900 kilos

 

Et son résultat :

 

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Pendant ce temps-là Rumsfeld :

 

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- Les armes utilisées aujourd'hui ont un niveau de précision dont personne n'aurait osé rêver

 

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- Les membres de ma famille ont péri dans ce bombardement. Les Etats-Unis vont perdre car ils n'ont pas le comportement d'une grande nation

 

Le film se termine par une vision de l'ambarquement de la " jeune recue " dans la voiture du sergent recruteur, direction le centre d'entraînement, avant le départ " pour le front "

 

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Dans la voiture du sergent recruteur, qui a terminé son boulot. Direction l'Irak