15.02.2008

Quand les peurs l'emportent sur la conscience

PARIS (Reuters) - François Fillon fixe désormais à 26.000 l'objectif pour 2008 de reconduites à la frontière dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine.

"On s'était fixé un objectif de 25.000 reconduites à la frontière en 2007. On est à 24.000. L'objectif est de 26.000 pour 2008", déclare le Premier ministre dans un entretien à paraître samedi dans Le Figaro Magazine.

Lors d'un déplacement à Marseille le 14 janvier, François Fillon avait déclaré que l'objectif de reconduites à la frontière pour 2008 serait "au moins équivalent" à 25.000.

Article original Reuters

 

Note de P&P : La politique du gouvernement Sarkozy semble se focaliser de plus en plus sur l'expulsion d'immigrés. Ce gouvernement a-t-il conscience du degré de souffrance et de courage qu'il faut pour quitter sa patrie, sa famille, ses amis et ses racines ?

Ces personnes stigmatisées par Sarkozy et ses laquais sont dans des situations d'extrême faiblesse, d'extrême précarité, d'extrême souffrance et notre bon sens le plus primaire, notre conscience nous indiquent très clairement la seule attitude qui fait sens face à des situations aussi dramatiques : tendre la main, aider, partager, comprendre, protéger.

Demain ce sera peut-être nous qui nous retrouverons du côté des démunis, des déracinés, des faibles. Ne nous semblera-t-il pas alors totalement inhumain d'être séquestré, jugé, stigmatisé, expulsé alors que notre seul délit aura été d'aspirer simplement à vivre ?

Pour faire accepter cette politique barbare le gouvernement déshumanise le débat et réduit son projet à de froids objectifs chiffrés, il invoque des arguments fallacieux touchant à des domaines - économique, financier, sécuritaire - où tout sentiment, toute empathie ont depuis longtemps été éradiqués.

On nous dit que les immigrants sont la source de tous les maux, ils pillent nos biens, violent nos femmes, et subtilisent nos emplois. Cette réthorique boiteuse n'a qu'un seul objectif, celui d'instiller et de renforcer en nous la peur pour que celle-ci obscurcisse notre raison et notre conscience et nous rende esclaves de ceux qui prétendent pouvoir faire disparaitre ces peurs qu'ils ont eux-même créées de toute pièce.

Et c'est bien là que se trouvent les fondements de tout régime fascisant : la création de menaces illusoires, l'hégémonie des peurs sur les consciences, et la croyance que le pouvoir en place est le seule en mesure de traiter ces mêmes peurs.

Mettez vous juste un instant à la place de l'autre, oubliez un instant les préjugés qui nous sont sans cesse serinés par les médias de masse et vous verrez alors toute l'infamie de la politique imposée par ce gouvernement.