09.02.2009

Le CNRS dévoile son nouveau logo.

Notre illustrissime président vient d'annoncer la mise à mort du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) mais ce dernier reste actif malgré le spectre de sa disparition et lance un nouveau logo :

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25.06.2008

Pétition pour préserver l'enseignement supérieur et la recherche

Cet appel est destiné à être signé par les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur (de tous statuts) ainsi que par les personnes n’y exerçant pas mais souhaitent exprimer leur soutien.

La communauté scientifique a montré depuis plusieurs années sa volonté d’améliorer le dispositif de recherche et d’enseignement supérieur, en faisant des propositions concrètes qui restent d’actualité. Toutefois la profonde restructuration de l’enseignement supérieur et de la recherche actuellement engagée par le gouvernement conduit à mettre l’activité scientifique sous contrôle direct du pouvoir politique (bien au delà de la définition des grandes orientations dont il a la responsabilité). De nombreuses voix ont critiqué les mesures gouvernementales, en particulier des directeurs de laboratoires, des médaillés du CNRS, son conseil scientifique (dont ses membres étrangers), des conseils d’universités, des assemblées de laboratoires ; le Conseil d’Administration du CNRS n’a pu se tenir le 19 juin traduisant notre profonde inquiétude face à la restructuration imposée à cet organisme, qui menace sa cohésion et son indépendance. Afin de sortir d’une crise qui ne peut qu’affaiblir la recherche française, et de retrouver la confiance nécessaire pour réformer nos institutions dans le sens de l’intérêt collectif, nous demandons donc aujourd’hui :

1 – Que toute évolution du dispositif de recherche se fasse dans le respect de l’autonomie scientifique et des principes de collégialité et de démocratie des institutions universitaires et de recherche.

2 – Que des moyens suffisants, financiers comme humains (chercheurs et enseignants-chercheurs, personnels de soutien technique et administratif), soient attribués aux universités et aux organismes, sur une base pluri-annuelle. Les établissements pourront ainsi construire une politique scientifique, leurs laboratoires pourront développer leurs propres projets et le principe de fonctionnement de la recherche et de l’enseignement supérieur sur la base de postes statutaires, garant d’une indépendance effective, sera préservé.

3- Que le CNRS couvre tous les champs du savoir, afin de pouvoir développer une politique scientifique globale et faire collaborer les disciplines entre elles.

Ces demandes ont un coût, qui peut être assumé à l’intérieur de l’enveloppe globale affectée à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Nous sommes déterminés à inscrire notre action dans la durée. Conscients de notre responsabilité dans la mise en oeuvre d’une évolution du système d’enseignement supérieur et de recherche, nous nous engageons à n’accomplir aucune tâche qui contribuerait à affaiblir les fondements mêmes de notre activité et son avenir à court terme, en cohérence avec le communiqué du 23 juin signé par des directeurs de laboratoires et des responsables d’instances scientifiques. Si nous ne sommes pas entendus, nous mettrons en place une grève administrative progressive ; en particulier, nous nous engageons à :

1- Suspendre notre participation aux activités d’expertise et d’évaluation pour l’ANR et l’AERES.

2- Refuser de transmettre toute donnée permettant le pilotage de la recherche au moyen d’indicateurs contournant l’expertise scientifique.

3- Dans un second temps et si le gouvernement reste sourd à nos demandes légitimes, pour les directeurs de laboratoires, les responsables d’instances scientifiques et les membres de ces dernières, démissionner de leurs mandats.

 

Article original et pétition : Sauvons la recherche. 

10.06.2008

La recherche publique devient un organe politique

Nous voulons tout d’abord vous informer de l’extrême gravité des menaces qui pèsent sur le monde académique. Nous vous demandons ensuite de relayer ces informations auprès de votre famille, vos amis, vos élus. Nous espérons enfin que tous ceux et celles qui se reconnaissent dans la notion de service public d'enseignement supérieur et de recherche apporteront, comme en 2004, un soutien actif aux initiatives que la communauté académique sera amenée à prendre dans les semaines et mois à venir pour sauvegarder son existence et
son avenir.


En effet, ces derniers jours, de nouvelles informations confirment la gravité de la situation, que nous décrivons plus loin. Aussi avons-nous décidé de ancer des actions importantes, avec notamment le blocage du Conseil ’Administration du CNRS le 19 juin, de nombreuses actions locales décidées n région et une grève administrative, si nos demandes ne sont pas espectées (voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1921). Ces ctions nécessitent la mobilisation de tous ceux qui travaillent dans la
recherche et l'enseignement supérieur. Des assemblées générales sont ctuellement organisées sur les différents campus, il faut les démultiplier ans tous les laboratoires jusqu'au 19 juin pour informer tous nos collègues, éterminer les modalités de la mobilisation du 19 juin et préciser les ormes que prendra la grève administrative.

Alors que les protestations contre la politique de Valérie Pécresse se multiplient (voir sur notre site
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1906 et
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1912), après une « marche de ous les savoirs » qui a réuni 10 000 personnes en France (voir ttp://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1901), nous avons le devoir d’arrêter ces réformes qui nous sont imposées sans aucune concertation, contrairement aux allégations de la ministre.

Le gouvernement est en effet en train d’essayer de mettre l'enseignement supérieur et la recherche sous son contrôle direct et au service de l'économie, incapable de comprendre que la science n’est pas un simple outil technique de production de richesses. Françoise Héritier, professeure au Collège de France, répond à cette conception: "Même des sciences humaines et sociales, on attend qu'elles rapportent ! Des bénéfices existent, mais ils sont de l'ordre de la compréhension et de la connaissance, ce qui est déjà énorme. Personne ne peut évaluer la valeur marchande de l'œuvre de Lévi-Strauss." De même Albert Fert (prix Nobel de Physique 2007) déclare : « Les chercheurs doivent être conscients des problèmes de société… mais on ne peut pas imposer une finalité stricte à la recherche ». Mais le gouvernement ignore ces évidences et continue sa marche forcée.

Aujourd’hui, il a décidé de s'attaquer au CNRS, organisme de recherche de réputation internationale, car celui-ci pouvait jusqu'à aujourd'hui conduire une politique scientifique élaborée par des chercheurs et non par des politiques.

Le gouvernement veut ainsi imposer un découpage du CNRS en instituts indépendants, dont la nomination des directeurs et les budgets seraient contrôlés directement par le pouvoir politique. Cela signifierait la disparition du seul opérateur global de la recherche fondamentale en France.

Cette disparition entraînerait l'affaiblissement de tous les secteurs de la recherche publique, en particulier la recherche universitaire, puisque dans la plupart des UMR (Unités Mixtes de Recherche), un des partenaires est universitaire. L'inquiétude est particulièrement grande pour certains secteurs, tels que l'informatique ou les sciences de la vie, disciplines qui seraient chapeautées par des organismes à vocation de recherche essentiellement finalisée, au détriment de la recherche fondamentale. Quant aux SHS (Sciences Humaines et Sociales), leur présence au CNRS serait fortement réduite.

La décision de démanteler le CNRS devrait être prise lors de son Conseil d'Administration (CA), le 19 juin, seul habilité, aujourd'hui, à décider de cette restructuration. Mais la réunion du CA du CNRS du 19 juin ne doit pas avoir lieu ! Nous sommes en effet décidés à bloquer ce processus de destruction et appelons tous les personnels, avec les syndicats, à empêcher le 19 juin le pouvoir de faire croire que sa "réforme" se fait avec l'assentiment des personnels concernés. Ces derniers ont, depuis des années, fait des propositions pour une autre réforme de la recherche et de l'enseignement supérieur. Nous sommes très nombreux à demander :
- Le non-démantèlement du CNRS en Instituts pilotés par le gouvernement.
- La création de 5000 postes dans l'enseignement supérieur et la recherche afin d'améliorer l'encadrement en premier cycle et d'accroître l'activité de recherche des enseignants-chercheurs, de réduire la précarité croissante à laquelle on assiste aujourd'hui et enfin de permettre une réduction des taches administratives de plus en plus lourdes qui incombent aux enseignants-chercheurs, chercheurs et ingénieurs de recherche et qui les empêchent de faire leur métier.
- Un plan de développement permettant à toutes les universités, et pas seulement à quelques unes d'entre elles, d'avoir des locaux répondant aux normes de sécurité, et dont nous puissions être fiers au lieu d'en avoir honte.
- Une dotation budgétaire décente pour les organismes de recherche et les universités, condition indispensable à une autonomie véritable (et non fictive, comme c'est le cas actuellement), notamment en reversant à ces établissements une partie importante du budget de l'Agence Nationale de la Recherche.

Une grève administrative sera déclenchée immédiatement si le démantèlement annoncé du CNRS devait être décidé le 19 juin ou effectué
à la sauvette cet été. Cette grève pourra prendre des formes multiples : refus des directeurs d'unité de signer des documents administratifs, refus de remettre des rapports scientifiques ou financiers, refus de participer à des commissions d'évaluation pour l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur, etc. Nous ferons également appel à ce moyen de pression, utilisé avec succès en 2004, pour faire aboutir les autres demandes vitales pour notre système d'enseignement et de recherche mentionnées ci-dessus. Ces questions deviendront en effet brûlantes au moment du vote des budgets, à l'automne, qui pourraient reproduire la baisse des crédits de base des laboratoires et l'absence de création d'emplois que nous avons subis cette année.

03.03.2008

"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy s’est invité lors de la cérémonie en l’honneur d’Albert Fert, le 28 janvier 2008 à l’université Paris-Sud. Son discours a oscillé entre la confirmation des orientations qu’il avait affichées pendant la campagne électorale, et l’énoncé de contre-vérités flagrantes. C’est donc un discours de passage à l’acte, confirmant les analyses que nous avions faites depuis des mois en ce qui concerne les intentions du pouvoir politique, que nous avons écouté avec consternation.

Citons : "les organismes de recherche devenus agences de moyen davantage qu’opérateurs, mettront en oeuvre la politique scientifique" définie par le gouvernement. "Les organismes pourront ainsi, en étroite concertation avec l’ANR, se consacrer pleinement à leur mission, à savoir le pilotage des recherches menées dans les universités". Comme nous l’avions dit, la loi sur les universités n’est pas destinée à donner à ces dernières une plus grande autonomie scientifique : la perte d’initiative des organismes de recherche ne sera pas à leur profit, mais bien à celui du gouvernement. Cela s’organisera notamment grâce à l’Agence Nationale de la Recherche au détriment du financement de base des laboratoires.

En ce qui concerne les personnels, on retiendra la mise en extinction du statut de chercheur. La seule possibilité pour pouvoir consacrer pendant plusieurs années "l’essentiel de son activité à la recherche" serait de passer par un statut d’enseignant-chercheur contractuel : "la loi sur l’autonomie [1] et les responsabilités des universités comporte tous les outils permettant de le faire" ! Naturellement, aucune perspective de développement de l’emploi scientifique n’a été annoncée.

Au chapitre des approximations, détournements, et contre-vérités, on relèvera d’abord un chiffre surprenant : la France consacrerait 0,51% de son PIB à la recherche fondamentale. Ce chiffre n’existe nulle part, car il est impossible à mesurer fiablement au niveau de chaque pays. Dans un autre registre, Nicolas Sarkozy se lamente que "si peu de brillants esprits étrangers [soient] attirés par notre pays", alors qu’ils forment le quart des recrutements de chercheurs du CNRS. Cela sera-t-il encore le cas quand le statut de chercheur aura disparu ?

Autre aspect, le président de la République oppose le financement "récurrent" des laboratoires, dont il est sous-entendu qu’il est "indéfiniment reconduit sans évaluation", au financement sur projet, alors que justement dans ce dernier cas il n’y a pas d’évaluation a posteriori, et que ce sont les laboratoires qui sont évalués sur leur activité passée.

La tactique de communication est claire : il s’agit de noircir le tableau à l’excès pour mieux imposer ses "solutions". Des solutions dont il prétend qu’elles vont "sauver la recherche". Nous oscillons, là aussi, entre l’exaspération de la petite récupération politicienne, et l’indignation face aux propos prononcés (qui n’étaient dans le discours écrit) laissant entendre que nos positions se résumeraient à l’immobilisme. Nicolas Sarkozy feint de ne pas comprendre que le mouvement peut s’effectuer dans plusieurs directions, pas une seule, pas seulement celle qu’il nous impose. Celle-ci est en contradiction flagrante avec le message qu’Albert Fert a développé juste avant lui, où il nous expliquait le profit qu’il a pu tirer des atouts de la recherche française.

Nous ne sommes plus dans la politique-fiction. Après le rapport Attali, le discours de Sarkozy confirme que nous sommes face à une déstabilisation effective de notre système de recherche. L’heure n’est plus à l’exégèse des discours, nous appelons tous les responsables d’organismes et d’universités, les directeurs de laboratoires, les membres d’instances scientifiques, tous les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, à prendre ouvertement position contre la politique qui nous est imposée. Nous proposerons dans les jours qui viennent des modalités par lesquelles nous tenterons de faire obstacle à sa mise en place.


 

[1] sic ! le vrai terme est libertés...

 

Article original publié par Sauvons La Recherche le 28/1/2008