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17/07/2009

La police à Montreuil : vers la haine du citoyen !

Agoravox, 17 juillet 2009

Béatrice Turpin, réalisatrice, a décidé de filmer les incidents entre police et manifestants à Montreuil. Elle a hésité longuement pour livrer ce témoignage, pour prendre la caméra et montrer la vérité. La police ne protège plus ses citoyens, elle intimide.

Voici un témoignage hors norme de notre société actuelle. Ce sont nos rues, nos voisins .. c’est nous !

Les policiers amènent-ils la violence ? Déconnectés de la réalité, habillés comme des robots, réagissants comme des robots, aucune négociation... et ils sont cagoulés... pourquoi tant d’impunités ?

Ce qui est sidérant, c’est que la police et les politiques ne voient pas les signaux "faibles", le mécontentement croissant des citoyens. Jusqu’où veulent-ils aller ? Jusqu’au mépris des citoyens ?

 

16/06/2009

Pérou: des Indiens massacrés au nom des transnationales

Le conflit qui sévit actuellement au Pérou – et dont aucun média ne parle, visiblement les pitreries de Sarkozy ou la prétendue "fraude électorale" en Iran sont plus intéressants – est une nouvelle illustration de la Stratégie du Choc dont parle Naomi Klein dans son ouvrage indispensable. Les ressources sont pillées par les multinationales au détriment des populations qui sont alors brimées, arrêtées, torturées ou tuées si elles osent protester. Le Pérou est l'un des nombreux pays d'Amérique du Sud à subir cette politique des adeptes de Milton Friedman prônant un capitalisme sans foi ni loi.


Mondialisation.ca, Le 9 juin 2009
CATAPA

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2 volontaires de CATAPA, une ONG flamande qui travaille sur le thème des mines en Amérique Latine étaient présents durant les troubles survenus ces dernières heures à Bagua dans le nord du Pérou. CATAPA dénonce la violence, condamne la réaction du gouvernement péruvien et appuie la revendication légitime des peuples indigènes qui exigent d'être partie prenante dans les décisions prises pour le développement de l'Amazonie péruvienne. Nos volontaires Marijke Deleu y Thomas Quirynen sont évacués de la région en ce moment.

Le conflit qui perdure à Bagua entre l'état péruvien et la population indigène de la région “Amazona” s'est soldé par des confrontations violentes ce vendredi 5 juin lorsque les forces policières tentèrent par la force de déloger ceux qui bloquaient la route. Selon les différentes sources il y auraient entre 30 et 84 morts et une centaines de blessés. D'après les sources officielles de la police, les indigènes ont tiré les premiers sur les forces de sécurité qui ont ensuite répliqué. Plusieurs représentants des indigènes contredisent cette version des faits et disent être seulement armés de leurs lances traditionnelles. La majorité d'entre eux confirme que la police à ouvert le feu sur eux depuis des hélicoptères. Thomas et Marijke ont vu comment la police emmenait les corps des victimes. « ils tentent ainsi de diminuer le nombre officiel de morts » nous commente Marijke de Deleu.

Un conflit annoncé :

Le conflit trouve son origine dans l'accès accordé aux entreprises multinationales présentes dans cette région du nord du Pérou riche en pétrole, en gaz et minéraux.
Durant presque 2 mois plus de 30.000 indigènes habitants les différentes provinces de l'Amazonie péruvienne et de hautes andines, menent une campagne de protestation dénonçant la manière avec laquelle l'état et les entreprises proposent d'investir dans l'exploitation des ressources naturelles.
Les peuples indigènes et les organisations paysannes exigent d'être partie prenante dans les décisions sur le développement de leur pays et en particulier de leur région.

Depuis 2 mois les routes étaient bloquées par les groupes indigènes. Durant ces 2 dernières années (années du gouvernement de l'actuel président Alan Garcia), plusieurs décrets ont été publiés retirant les restrictions écologiques et sociales à l'extraction des ressources naturelles. Cela permet de simplifier l'inversion étrangère directe au Pérou en facilitant l'exploitation des mines, du pétrole et du gaz.

Le 9 mai passé, le gouvernement péruvien à déclaré les 7 provinces de la région en état d'alerte, ce qui signifie « retirer temporairement les garanties constitutionnelles sur la liberté et la sécurité des personnes et l'immunité de la résidence ». Officiellement il s'agit d'assurer l'accès des routes et des aéroports et d'éviter que la production des entreprises soit affectée par les actions menées par les indigènes. L'état d'urgence est hélas aussi un moyen de justifier l'utilisation de la violence comme ce fut le cas vendredi passé.

Les négociations entre les représentants de l'état et ceux des communautés indigènes furent rompues le 15 mai. Les indigènes décidèrent alors de continuer leurs actions. Depuis lors la protestation populaire et les réponses du gouvernement se sont faites de plus en plus sévères.

La convention 169 de l'organisation internationale du travail impose la consultation des peuples indigènes

La convention 169 de l'organisation internationale du travail oblige le gouvernement péruvien à consulter les peuples indigènes pour l'exploitation des ressources naturelles de leur territoire. Le gouvernement péruvien a ratifié cette convention en 1004. Une consultation de la population a eu lieu dans la région « Amazonas ». Elle conclut que la biodiversité et la vie des populations indigènes sont menacées. Mais dans le contexte actuel mondial de manque de ressources naturelles les gains potentiels sont énormes. Ni l'état péruvien ni les entreprises muiltinationales, dont la pétrolière française PERENCO et l'espagnole REPSOL, ne sont prêts à perdre du temps dans ce conflit long à résoudre.

Le président Alan Garcia commentait dans l'une de ces déclarations gouvernementales que « dans la constitution, les ressources naturelles sont la propriété de tous les Péruviens et que tous les Péruviens doivent pouvoir profiter de ressources naturelles du pays »
De leur côté, les organisations indigènes ne demandent pas la souveraineté unique sur l'Amazonie péruvienne sinon d'être partie prenante dans les décisions concernant le développement de leur région. Alberto Pizango, leader de la centrale AIDESEP des peuples indigènes de l'Amazonie déclare : « Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous voulons que le développement se fasse suivant notre vision »


Contacter CATAPA:

CATAPA peut vous mettre en contact avec Marijke deleu et Thomas Quirynen

Coordinateur: Daan Janssens CATAPA vzw + 32 473 36 73 18
www.catapa.be

(traduction révisée par Pouvoir et Psychopathie)

05/04/2009

Hadopi : On croit rêver...

Agoravox, samedi 4 avril 2009

...ou plutôt cauchemarder. C’est une Assemblée Nationale clairsemée qui s’est prononcée avant-hier soir sur le projet de loi "Création et Internet". Ils n’étaient que 16 députés au moment du verdict final, un comble pour une loi qui aura une telle portée.

En effet, l’examen de cette loi, tout au long de la semaine, a montré à quel point la démocratie française est malade. Si du côté de l’opposition la qualité des députés présents était indiscutable, on regrettera leur nombre ridiculement faible. Mais là n’est pas le problême.

Pour commencer, comment peut-on ne pas s’inquiéter de voir une telle loi, axée presque uniquement sur l’internet (et faisant fi de la création), être portée principalement par une Ministre de la Culture, ancienne prof de français, et par un jeune rapporteur vendeur de voitures. Il est encore plus inquiétant de voir que Madame Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat au numérique, (qui, au passage, a émis un avis plutôt défavorable sur cette loi, avis qui a d’ailleurs été censuré) a été simplement écartée des discussions.

Du coup, la possibilité qu’une parcelle de bon sens émerge dans ce texte était déjà particulièrement réduite. Et bien cette possibilité a été tout bonnement annihilée lorsque, suite à l’acceptation d’un amendement qui, bien qu’anectdotique, a été adopté contre l’avis du gouvernement, l’UMP s’est mise en ordre de bataille. Et juste avant le vote de l’amendement suivant, c’est un bataillon de députés de la majorité qui, n’ayant probablement aucune idée de ce pourquoi ils levaient la main, ont aidé Mme. Albanel a pulvériser l’amendement en question. Naturellement, ils ont quitté l’hémicycle des le moment où le juge a abattu son marteau.

Bref, passons sur ce comportement que je considère personnellement comme honteux et anti-démocratique, et venons en au fait : A quelle sauce seront-nous mangés ?

Pour commencer, il faut savoir que l’esprit général du texte n’a pas bougé d’un iota, ou du moins pas dans le bon sens. La chronologie sera donc à priori la suivante, vous serez avertis par courriel, puis par courrier recommandé, et enfin, l’hadopi pourra décider d’une coupure de connexion internet. Mais là où le texte a changé, c’est dans le fait que le courriel, comme la lettre recommandée seront tous deux facultatifs. En gros, l’hadopi vous les enverra si elle le veut bien.

Bien entendu, lorsque la coupure ne sera pas possible, l’hadopi vous proposera, ou plutôt vous imposera un "mouchard" de sécurisation, qui surveillera votre activité en ligne et sera relié en tout temps à un serveur appartenant, semble-t-il à votre FAI. Bien entendu, ce "mouchard", qui n’existe pas encore, sera, on le sait : Payant, et non-interopérable. Linuxiens, démerdez vous, tel est le message du gouvernement.

Ah oui, veuillez m’en excuser, j’oublie le plus beau : En effet, quel délit de votre part pourrait justifier de telle mesures ? Jusqu’ici, si vous vouliez en profiter, il fallait impérativement se tourner vers le terrorrisme, ou avoir un penchant un peu trop prononcé pour les petits enfants. Vous pensez naturellement au fait d’avoir téléchargé une oeuvre copyrightée, comme un album de Didier Barbelivien ? Eh bien non, votre crime est bien plus grave : Vous n’avez pas sécurisé votre ligne internet ! Alors oui, certains d’entre vous me diront que certains points d’acces WIFI sont ouverts, que les réseaux WIFI protégés par les clés WEP, encore très courants peuvent être crackés en 10 minutes, et que votre adresse IP peut-être injectée de façon aléatoire dans un tracker Bittorrent, et j’en passe. Manifestement, l’UMP n’en a cure.

Alors, certains se demanderont "pourquoi avoir inventé un tel délit " ?

A cela j’apporterai deux réponses. Officiellement, dans les procédures de police, l’agent doit vérifier que l’adresse IP repérée télécharge bien le fichier incriminé (en général des oeuvres pédopornographiques) puis examiner le disque dur. Bien sûr, tout cela prendrait trop de temps à l’hadopi, du coup elle invente un délit de non sécurisation, bien plus pratique !

La raison officieuse, qu’on ne vous dit pas, c’est que si la hadopi punissait le téléchargement illégal, elle entrerait en conflit avec la tristement célèbre loi DADVSI, or il ne peut pas y avoir deux peines cumulatives pour un même délit. Du coup, on invente un nouveau délit et hop, vous êtes déconnecté par l’hadopi, ET poursuivis par les sociétés de perception de droits d’auteur, risquant jusqu’à 3 ans de prison et 300 000€ d’amende. Magie de la loi, vous êtes poursuivis pour deux délits différents et donc passibles de deux peines !

Mais attention, l’hadopi dissimule une multitude de pouvoirs cachés. En effet, elle pourra également ordonner le filtrage (empêcher l’accès à certains sites), sans même passer par le juge, ce qui montre bien à quel point le téléchargement illégal est plus grave que le terrorrisme et la pédophilie.

De la même manière, l’hadopi entend imposer aux moteurs de recherche de surréférencer les sites "légaux". Bon, là il faut avouer que ça ne sera pas facile de convaincre Google de modifier son algorithme pour faire plaisir à Universal Music.

Attendez, ce n’est pas tout ! L’hadopi va également labelliser les sites "légaux" qui le désireraient. C’est une idée fantastique, maintenant, grâce à eux, vous saurez quelle culture est bonne pour vous !

Certains se demanderont également comment il est possible que l’hadopi conserve pendant 3 ans les données concernant un abonné coupable de "non sécurisation de ligne", alors que la peine de suspension maximale n’est que d’un an...

Pour terminer, il faut également rappeler que tout ceci aura un coût, mais j’ai une bonne nouvelle. Enfin sauf si par malheur vous êtes fournisseur d’accès à internet. En effet, ces derniers ont eu la surprise d’apprendre que tous les coûts de modification du réseau, entre 70 et 100 millions d’€, seront à leur charge. Ils ont également appris qu’en cas de non-filtrage d’un site, ils pourront être tenus pour responsables. Et enfin, ils ne devront plus faire payer la partie "internet" de l’abonnement à ceux qui seraient suspendus.

Bref, je pense que tout le monde voit où je veux en venir, et je ne vais pas m’étendre davantage. Ma conclusion sera donc la suivante : C’est n’importe quoi, c’est anticonstitutionnel, c’est coûteux, irréalisable, c’est une loi digne de la Chine, et je vous invite tous à informer dès maintenant votre entourage, afin que le moins de monde possible soit victime de cette loi que je considère comme indigne de notre pays !

11/03/2009

Black-out contre la loi Hadopi

source : La Quadrature du Net

La Quadrature du Net a appelé à un black-out contre la loi HADOPI ou « Création et Internet ». Cette campagne d'information et de sensibilisation des élus aux enjeux de cette loi inefficace, inapplicable, et dangereuse, a suscité de nombreuses interrogations propices au débat. En voici quelques unes :

black-out pourquoi?

Cette opération est un hommage à une opération similaire menée en Nouvelle-Zélande contre une loi similaire, votée en douce.

Elle poursuit plusieurs objectifs :

  • Créer un symbole créatif de protestation contre la loi HADOPI.
  • Informer et susciter le débat autour des enjeux de la « riposte graduée »; démontrer la méconnaissance flagrante des réalités de l'environnement numérique qu'elle révèle.
  • Motiver ainsi des citoyens à se saisir du dossier et agir en contactant leurs députés (par courriel, au téléphone, et de visu)

Il est évident que la seule utilisation de bannières et autres images sur le web ne suffira pas à faire repousser cette loi. Cette action participera cependant peut-être à créer un contexte médiatique et politique dans lequel tout peut arriver...

Cette campagne pourrait par ailleurs donner une légitimité aux députés qui porteront nos positions en hémicycle.

En savoir plus : cliquez ici

15/12/2008

Grèce : l’arme des émeutes pour cacher le krach

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Les émeutes qui ont embrasé la Grèce depuis le 6 décembre, lorsqu’un adolescent a été abattu par balle lors d’un affrontement violent avec la police d’Athènes, nous porte à croire que l’oligarchie financière cherche à se servir de ce pays comme laboratoire social.

Par Karel Vereycken

Car en réalité, une seule question hante les esprits de nos élites depuis des mois : « Comment va-t-on gérer la révolte qui monte parmi les classes moyennes ? » Une fois transférée la faillite de la sphère financière à la sphère publique des Etats, in fine, c’est à cette population-là qu’on cherche à faire payer les bourses cassées.

Pour faire accepter cet « état d’exception économique », certains pensent instaurer l’état d’exception tout court. Au début des années 1970 en Italie, cela s’appelait la « stratégie de la tension », combinant attentats aveugles, exécutions ciblées, terrorisme idéologique et tentatives de putsch.
Or, que voit-on en Grèce ? A quelques jours d’une grève générale programmée de longue date pour réunir en un front commun les forces politiques contestant une politique de casse sociale sans pareille (privatisation du secteur de l’éducation, des retraites et de la santé ; corruption des grands partis et même de l’église), le mouvement social se retrouve pris en otage par les casseurs.
Sur ce terrain fertile, la rage de quelques milliers d’adolescents cagoulés, les koukoulofori, souvent issus de la bourgeoisie, a fini par contaminer aussi bien « la génération des 600 euros », ces trentenaires hyper-diplômés condamnés aux petits boulots sous-payés, que les jeunes paupérisés des faubourgs. Cette « conjonction » de forces, qui, en France, fait fantasmer tous ceux qui sont en mal d’un « nouveau mai 68 », qui s’est opéré grâce au réseautage sur la toile via Facebook et Hi5, s’avère une véritable aubaine pour ceux qui veulent que rien ne change.
Zoé Kazakis, une étudiante en économie de 22 ans et coordinatrice de la mobilisation entre sa faculté et d’autres établissements du pays, est optimiste mais furieuse. « Nous nous battons contre les privatisations depuis longtemps. Les gens sympathisent de plus en plus avec nous. La crise touche tout le monde, mais le gouvernement est complètement absent. Ma mère, par exemple, dirige un laboratoire médical, mais on doit vivre à crédit depuis plusieurs mois parce que l’organisme qui la paie n’a pas reçu d’argent de l’Etat. Le gouvernement se fout de nous. On voit défiler des milliards, mais la vie est de plus en plus chère ici, plus encore qu’à Paris. »
Pour le peuple grec, la situation est intenable. Si la Grèce paie sa dette publique, qui atteint 93,8% du PIB, c’est en broyant les services publics. Au pays d’Hippocrate, depuis le 21 novembre, le gouvernement a coupé les vivres aux caisses d’assurance maladie, et les hôpitaux et pharmacies se sont brutalement retrouvés à court de moyens. Endettés à hauteur de 4 milliards d’euros de dettes et devant payer les fournisseurs, les hôpitaux en sont réduits à un « service minimum », reportant parfois les interventions médicales faute de gants ou de seringues.
Si l’on a médiatisé à outrance les pilleurs qui ont même mis le feu au Musée d’archéologie nationale d’Athènes, rien ou presque n’a filtré sur le combat en faveur d’un changement de cap économique. Pourtant, comme le rapportait la correspondante de Libération : « Toute la semaine passée [précédant les émeutes], les CRS grecs ont interdit par la force l’entrée du ministère de la Santé à des infirmières, médecins et employés administratifs venus protester contre le non-paiement de leurs salaires, blessant de nombreux manifestants. »
Pendant que les étudiants reprennent le slogan de la révolte étudiante de 1973 contre la dictature des colonels, revendiquant « du pain, de l’éducation et la liberté », les casseurs ont saccagé ou brûlé près de 400 magasins, banques et bâtiments publics désignés comme symbole d’un Etat qui opprime, provoquant pour 50 millions d’euros de dommages.
A la veille de la grève générale, Zoé Kazakis n’hésite pas à dénoncer ces dérives : « Nous sommes débordés par des gens bizarres. Des types qui ne sont pas étudiants et qui sont très violents lors des manifestations. Ce sont eux qui envoient des blocs de marbres sur les policiers et les pompiers. Ce matin, je me suis rendue à la faculté de Polytechnique, où le mouvement a commencé. Il n’y avait plus d’étudiants, mais plein de gars étranges qui faisaient des feux. Quand je leur ai demandé qui ils étaient, ils m’ont dit de dégager. Je me demande vraiment qui sont ces casseurs. Selon moi, il est possible qu’ils soient manipulés par les autorités pour faire dégénérer les manifestations. Car les étudiants sont pacifiques. Nous manifestons avec les profs. Même mes parents et mes grands-parents seront dans la rue demain à l’occasion de la grève générale. »

En tout cas, les émeutes, téléguidées ou pas, permettent de masquer l’implosion du faux miracle économique d’un pays membre de la zone euro, pulvérisé par le surendettement, les placements douteux des finances publiques et la corruption. Comme le dit l’écrivain Takis Théodoroupolos, Athènes se retrouve aujourd’hui face aux mêmes peurs qu’au Ve siècle.
Non pas la peur des barbares, mais celle de la dissolution du tissu social, celle de la perte de cohésion de la cité, celle de la fin du politique.

Pour creuser le sujet : focus
http://www.solidariteetprogres.org/article4923.html

Source : Alterinfo

 

Note de P&P : toujours les mêmes tactiques ponérologiques qui se retrouvent, que ce soit en Grèce, en France (manifs anti CPE, mouvements de grèves), aux USA ou ailleurs : les autorités, voyant la grogne monter et ayant peur que la situation leur échappe, détournent le mouvement revendicatif – pacifique – en l'infiltrant par le biais d'agents provocateurs à leur service. En criminalisant le mouvement, on effraie la population, de sorte que les gens ne soutiennent pas les manifestants, qui sont montrés comme des terroristes. Les bonnes gens s'en remettent au pouvoir pour rétablir l'ordre et arrêter ces "casseurs". Des mesures répressives sont ainsi établies avec l'assentiment de la population : couvre-feu (rappelons-nous les émeutes de 2005 en France), arrestations arbitraires/rafles, condamnations, espionnage de la population. L'élite psychopathique reste au pouvoir, et l'État fasciste s'instaure.

D'autre part, pour ceux qui croiraient encore à l'illusion d'une révolution populaire spontanée, nous leur recommandons la lecture des Protocoles des Sages de Sion. Nous estimons que ces protocoles sont faux et qu'ils ont de forts relents antisémites. Toutefois les mécanismes qu'ils décrivent correspondent étonnament aux dynamiques actuelles. Il faut alors supprimer le terme "juif" de ces protocoles et le remplacer par "élites psychopathes" pour obtenir une description précise de la réalité.

Tout porte effectivement à croire que les révolutions sont fomentées par ceux-là mêmes qui tirent les ficelles en coulisses.

Extrait des Protocoles des Sages de Sion :

La « grande » révolution

Quand la populace s’aperçut qu’au nom de la liberté on lui accordait toute espèce de droits, elle s’imagina être la maîtresse et essaya de s’emparer du pouvoir. Naturellement, comme tout autre aveugle, la masse se heurta à d’innombrables obstacles. Alors, ne voulant pas retourner à l’ancien régime, elle déposa sa puissance à nos pieds. Souvenez-vous de la Révolution française, que nous appelons « la Grande » ; les secrets de sa préparation, étant l’œuvre de nos mains, nous sont bien connus.

 

Combien de mouvements populaires ont été infiltrés et téléguidés ? Combien de mouvement pacifiques et populaires ont été contaminés par quelques casseurs non identifiés ?

Si vous avez encore des doutes sur l'infitration des grèves et des manifestations par des agents provocateurs directement soutenus par le gouvernement afin de décrédibiliser un mouvement auprès de l'opinion public et de justifier une répression policière disproportionnée, jetez un oeil à cette vidéo :

 

Ce film a été tourné dans le cadre du sommet de Montebello réunissant sous forte protection policière les présidents américain George W. Bush Jr, mexicain Felipe Calderón et le premier ministre canadien Stephen Harper pour discuter du projet de Partenariat de Sécurité et de Prospérité (PSP), les 20 et 21 août 2007.

On y voit trois individus, visage masqué par des foulards, qui se tiennent à proximité d'une ligne de policiers anti-émeute de la Sûreté du Québec (SQ), sur le parking d'une station-service de Montebello. L'un d'eux tient un pavé dans la main.

Les trois individus sont rapidement interpelés par David Coles, président du Syndicat Canadien des communications, de l'Energie et du Papier (SCEP), qui les informe qu'ils ne sont pas les bienvenus : "lâchez ce pavé, c'est notre manifestation, c'est un rassemblement de retraités, de grand-mères et de grand-pères"

En réponse le dirigeant syndical se fait bousculer par les types masqués. La scène attire l'attention et déclenche un attroupement. Quelques manifestants accusent alors les trois types d'être des policiers, certains allant jusqu'à chercher à leur arracher leur foulard. "Ces trois types sont des flics !", se met à crier Coles. "Lâchez ce pavé Monsieur le policier", dit-il ensuite. Si le but de ces types était de passer inaperçu, alors le moins que l'on puisse dire c'est que c'est plutôt raté.

D'ailleurs, au lieu de fuir discrétement, le trio s'approche de la ligne antiémeute. L'un d'eux se penche à l'oreille d'un des policiers en uniforme de combat, et semble lui murmurer quelques mots. Puis, les trois types masqués feignent de forcer la ligne policière, et sont immobilisés au sol, menottés et arrêtés.

Certains observateurs n'ont pas manqué de souligner la douceur des policiers, qui contrastait fortement avec les quatre autres arrestations de manifestants survenues au cours de la même journée.

Mais même cet ultime effort pour se faire passer pour d'authentiques délinquants se retournera éventuellement contre eux. Jetez plutôt un oeil à cette photographie...lorsque la réalité dépasse la fiction :

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Sur cette photo prise par un manifestant lors de l'«arrestation», on peut en effet apercevoir clairement que les semelles de chaussures des types masqués et celles des policiers ont la même sculpture et portent le même logo jaune. Et pour couronner le tout, ces types masqués, se baladant pavé à la main dans une manifestation n'ont même pas été accusés.

La crise mondiale savamment mise en oeuvre par nos chères élites devrait encore croître en 2009, apportant avec elle son lot de souffrance, de chômage et de mouvements sociaux.

Lorsque ceux-ci prendront de l'ampleur en Europe en général et dans note douce France en particulier, vous remarquerez peut-être que les médias de masse épiloguent de plus en plus sur "la nuit de violence a embrasé la ville de...", "en fin de cortège des casseurs se sont attaqués aux magasins...", "de nombreux véhicules ont été incendiés...", "de nouvelles violences ont émaillés les manifestattions de...", "de violents combats ont opposé les forces de l'ordre et..."

Lorsque vous entendrez pour la nième fois les débilités mensongères ressassées par les officines médiatiques soumises à quelques-uns des plus grands fabricants d'armes de la planète comme Dassault ou Lagardère, alors peut-être vous remémorerez vous ces images et réaliserez que sous les bons hospice de Sarkozy, CRS et casseurs travaillent main dans la main pour détruire les mouvements populaires qui oeuvrent à préserver les quelques derniers droits des citoyens français.

10/12/2008

Lettre à France Télévision

mercredi 10 décembre 2008 (08h56)

Chère Madame Le Service Public de la Télévision que le monde entier nous envie et que le Président Sarkozy ( Que son saint nom soit béni !) va sauver de la ruine.

Je partage, comme tous les bons français, l’opinion éclairée et vigilante qui veut que lorsqu’un enfant est enlevé à Orthez (Pyrénées Atlantiques)** il est juste, nécessaire, citoyen et utile ! Si utile ! Que les habitants de Dunkerque, Strasbourg, Marseille ou La Roche-Migennes soient instantanément tirés de leur somnolence vespérale et digestive par la sirène de l’Apocalypse.

Il est juste, nécessaire et citoyen, afin qu’ils ne se rendorment pas, que ce traitement psychologiquement brutal —Mais à la guerre comme à la guerre ! N’est-ce pas ? Car nous sommes bien en guerre ? Comment justifier autrement ?— lui soit infligé tous les quart d’heures et que le vague plaisir qu’ils se faisaient de regarder un honnête téléfilm plutôt sympathique soit totalement pollué par l’angoisse et le stress.

C’est à ce prix que le “sentiment d’insécurité” qui a déjà tant fait pour la promotion des idées de l’extrême droite ( c’est à dire les idées des honnêtes gens !) pourra enfin pleinement s’épanouir dans tous les cœurs et que les très nécessaires mesures répressives, encore bien timides cependant, prônées par nos dirigeants si attentifs à notre confort et à notre sécurité seront enfin comprises et approuvées de tous.

D’autre part, pendant qu’il se charge d’aider la Police, le chômeur de Sochaux ou de Montbéliard ne se demande pas comment il va pouvoir fêter Noël avec les gosses.

En ces temps de crise, il est bon, de procurer aux pauvres de saines occupations…

En 1968, les infects gauchistes de cette époque maudite se plaignaient de ce que :
« La Police vous parle tous les soirs à 20h ! » Les sots ! Heureusement nous n’en sommes plus là et la Police, aujourd’hui, vous claironne tous les quart d’heures l’injonction de lui servir d’auxiliaire et d’informateur depuis 20h jusqu’au dénouement de l’affaire.

Comme vous, je pense qu’il faudrait être un bien méchant homme pour ne point s’émouvoir du drame en train de se jouer et ne pas frissonner d’angoisse en songeant à ce malheureux bébé et c’est pourquoi je me permets de vous suggérer quelques extensions bien nécessaires D’aprés les statistiques 562 enfants disparaissant annuellement, soit, environ deux tous les trois jours, sachant qu’il faut au moins dix huit heures pour retrouver un enfant disparu, quand on le retrouve… Nous pourrions, avec un peu de “volontarisme” de la part de nos gouvernants nous retrouver en état d’alerte permanent, ce qui est toujours utile pour effrayer les criminels et décourager les subversifs !

D’autre part, il est évident que nous ne sommes qu’aux premiers vagissements ( C’est le cas de le dire !) de cette précieuse ingérence policière dans la vie la plus privée. En effet, qu’est-ce qui, aujourd’hui empêche le mauvais français d’éteindre télés et radios, d’aller surfer sur le web ou d’aller se coucher avec un bon polar ou avec sa chérie ? Indifférent — Le monstre !— à la tragédie en cours ?

Chère Madame Le Service Public il faut aller plus loin ! Ce criminel par indifférence ne doit pas jouir de son égoïsme insupportable : que son portable sonne tous les quart d’heures ! Comme son fixe d’ailleurs ! Que son écran d’ordinateur soit saturés de flashes rouge sang des plus anxiogènes et qu’une voix sépulcrale ainsi qu’un doigt pointé sur lui, lui fasse honte de ne point être dans son observatoire pour guetter l’ogre ! Qu’ainsi, enfin, par quelque divertissement qu’il veuille échapper à son devoir d’angoisse citoyenne, la main implacable de la société vienne lui tordre le cou pour le rappeler à la solidarité de la trouille ! Je suis très certain que les opérateurs de téléphonie tout autant que les fournisseurs d’accès se feront une joie d’aider ainsi nos vaillantes forces de l’ordre.

Ces mesures évidemment transitoires, avant la loi portant obligation de laisser brancher en permanence et l’écran de télé, et la web-cam intégrée ( On appellerait ça un "télécran"… Qu’en pensez-vous ?) réalisant ainsi à soixante ans de distance la prophétie du très regretté Georges Orwell.

Enfin, pourquoi réserver ces hurlements de fin du monde au seuls cas d’enfants enlevés ? Je sais bien que depuis que nous avons abandonnés les titres ringards de Père et Mère pour les bien plus bisounours papa/maman — C’est y pas plus mignon comme ça ? Et pas infantilisant du tout…— tout ce qui concerne les chères têtes blondes (ou brunes, ou frisées…Je n’ai aucune préférence…) relève tellement aujourd’hui de l’ordre du sacré que Dame Rachida ( Que le feu de ses bijoux aveugle ses détracteurs !) veut les psychiatriser à trois ans …Et les foutre en taule à douze ! Je sais bien…

D’ailleurs, puisque si grande est la sollicitude de notre société si compatissante, envers les enfants, je compte bien que vous ne manquerez, plus, désormais, de sonner l’olifant à chaque dépêche d’Associated-Press, Reuter ou AFP, annonçant le décès par dénutrition d’un gamin de Monbassa de Chittagong, ou de Guatemala-city ! Je sais bien que le simple fait de vouloir relativiser le décès d’un enfant est d’ores et déjà suspect et susceptible de vous valoir un petite visite matutinale en prélude aux joies du toucher rectal, mais enfin, quid de Mamie disparue de la maison de retraite pour cause d’alzheimer ? Quid de la “maman” violée dans un parking ? Quid du handicapé à qui une racaille à fauché son fauteuil roulant ? Ne sont-ce pas là des ignominies qui révoltent ? Avons nous le droit de nous désintéresser de leur sort ? Et de ne pas mobiliser la France entière pour retrouver Mamie ou son odieux agresseur ? Non ! Madame Le Service Public de la Télévision ! Non ! Tout comme le Président, je m’y refuse !

En ce qui me concerne, en citoyen docile, à peine la corne de brume m’eut elle alerté, que je me postai sur mon balcon, avec une paire de jumelles pour tenter de repérer la “femme corpulente et de type européen vêtue d’un manteau noir”et signaler sa présence au service de Police ou de Gendarmerie compétent.

Las ! La nuit se passa, qui fut fraîche, sans que rien je n’aperçusse ! Et un soupçon me vient…

Sachant que nous en sommes déjà à la six ou septième alerte, et donc à ma six ou septième nuit de veille, sachant d’autre part — Cela sans me vanter ! — que je suis une vigie exceptionnelle, doté d’un regard d’aigle, et que pourtant je n’ai jamais repéré personne, ne se pourrait il pas, puisque je n’ai rien vu, que les ravisseurs fussent tout bonnement invisibles ?

Qu’en pensez-vous ?

Et comme il est bien certain qu’il ne s’agit pas de la même personne qui a commis ces six ou sept enlèvements, ne pourrait-on penser que ce groupe de criminels ne formassent une sorte de … Comité ? Ou de cellule ?

Bon sang mais c’est bien sûr ! Le “Comité invisible” a encore frappé ! Je compte sur vous, chère Madame Le Service Public, pour transmettre, avec la plus grande diligence, au Parquet anti-terroriste, ce renseignement que je n’hésite pas à qualifier de capital ! Comme la peine du même nom qu’il est plus que temps de rétablir…

Mike Gallantsay

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article75854

 

** P&P: voir le flash (diffusé hier soir (09/12) sur toutes les chaînes de TV). Attention âmes sensibles et émotives ou détraqués promoteurs de théories du complot : c'est du lourd. Au cas où certains auraient des doutes, il ne s"agit pas d'une bande annonce pour un film américain apocalyptique ou pour un remake de 1984. Non, c'est juste une alerte du ministère de la Justice, dans le cadre de son dispositif alerte enlèvement. Longue vie à Big Brother. On vous aura prévenus !

02/12/2008

"Réforme" de l'éducation : des chiens policiers en guise de pions

Note de P&P : On pourrait introduire l'article qui suit, tiré de ce modèle d'objectivité et d'indépendance qu'est "Libération", par une phrase que nos amis anglophones aiment coller à l'arrière de leur voiture : "If you're not outraged, you're not paying attention" ("Si vous n'êtes pas outré, c'est que vous ne faites pas attention")

Jour après jour, le pillage des libertés s'intensifie en France, l'État policier s'instaure (pas si) lentement mais sûrement, sous la férule de notre bien-aimé président ziocon (sioniste / conservateur) d'ascendance khazare, amateur de clinquant et accessoirement grand admirateur de la plus grande démocratie au monde, sur le modèle duquel il s'appuie, grand bien nous fasse, pour dessiner l'avenir de la France.

Nous avions déjà un avant-goût du nouvel État policier : cassage du droit de grève - grâce entre autres à la corruption des syndicats et à la propagande anti-gréviste (grévistes = terroristes) servie par les médias ; criminalisation / répression des étudiants ; rafles des sans papiers qui rappellent un passé proche peu glorieux ; contrôle du Net, et des dizaines de témoignages affligeants qui soulignent l'impunité grandissante de policiers psychopathiques visiblement de plus en plus à l'aise et décomplexés dans leur mission.

La destruction du système d'éducation avait déjà bien commencé, avec la suppression de postes et de matières telles que l'histoire-géo, ainsi que la surveillance et l'incitation à la délation des enseignants (et de tous les acteurs du Net).

Mais voilà la prochaine étape de la fascisation de la société française : désormais, Sarko n'hésite pas à lâcher ses chiens (humains et animaux) dans les écoles. Cette petite nouveauté va de pair avec le projet de loi sur la détection de la criminalité dès 3 ans qui comme par hasard vient de ressortir du placard, et avec un rapport destiné à l'adorable ministre de la "justice" qui préconise d'enfermer les gosses dès 12 ans.

Le bruit des bottes se fait plus assourdissant de jour en jour. Reste à savoir si chacun y répondra autrement que par le silence des pantoufles.

«Le chien s'est acharné sur plusieurs cartables»

Retour sur la descente de gendarmes antistups avec des chiens fin novembre dans un collège du Gers. Avec le récit d'une élève, lu par son père, et le témoignage inédit du proviseur de l'établissement.

Journaliste: Jean-Baptiste Diaz

L’affaire suscite l’indignation des parents d’élèves et de la Ligue des droits de l’homme qui publiait hier un communiqué. Ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont débarqué dans deux établissements scolaires du Gers pour procéder à des opérations de «prévention» contre l’usage de la drogue.

La dernière intervention remonte au mercredi 19 novembre. Dans le collège de Marciac, 4 gendarmes et un maître-chien font irruption en pleine classe. «Ce mercredi là, toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs, raconte Zoé, 14 ans. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes (…) "Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique!"»

Quand Zoé raconte cette histoire à son père, Frédéric David, ce dernier est abasourdi puis révolté. Il demande alors à sa fille d'écrire sa version des faits.

Aujourd’hui, Libération vous propose d’écouter ce témoignage lu par le père, et croisé avec celui du principal.

«Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures», écrit Zoé.

«Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: "On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… " Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!!», raconte encore l'adolescente.

Interrogé par Libération, le principal du collège Christian Pethieu semble un peu dépassé par ce début de polémique.

«L’intervention s’est réalisée dans un climat que j’ai jugé serein et sans excès», commence t-il par dire. Mais c’est mon point de vue, c’est ma perception… Et bien évidemment je n’aurais pas manqué de stopper l’intervention si tel n’avait pas été le cas. Je n’ai pas vu de fouille corporelle par exemple… Mais il est possible qu'il y en ait eu. Je ne garantis pas qu’il se soit passé autre chose, ça je n’en sais rien.»

Interrogé sur les raisons de cette intervention, le principal se défend de toute implication: «Les gendarmes ne sont pas intervenus spécifiquement par rapport à des soupçons… Non, ils sont intervenus dans le cadre d’une opération nationale.»

L'Humanité souligne ce matin que cette intervention a coïncidé avec une autre procédure semblable deux jours avant, le 17 novembre, à l’école des métiers d’Auch-Pavie, toujours dans le Gers. Selon la FCPE locale, citée par le quotidien, 23 interventions de ce type auraient déjà été menées depuis début 2008.

Source : Libération

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En savoir plus :

Témoignages d'élèves sur Indymédia Toulouse

Témoignage d'un professeur sur la descente à Auch-Pavie (Alterinfo)

    01/11/2008

    "Création et internet" - Riposte graduée - Le Sénat déconnecté.

    Lu sur La Quadrature du Net

    Paris, le 31 Octobre 2008. 

    La loi « Création et Internet » a été débattue et votée à toute allure en trois séances au Sénat, au terme d'un débat navrant, indigne des enjeux et des citoyens, mercredi 29 et jeudi 30 octobre. Sous le regard attentif des lobbyistes initiateurs et seuls bénéficiaires de cette loi (Vivendi, SACD, SACEM, SNEP, etc.), le coûteux projet de loi décrété par Nicolas Sarkozy en novembre 2007 a été adopté sans aucune opposition. Les sénateurs ont plébiscité et voté à l'unanimité l'usine à gaz administrative de la « riposte graduée » contre les partageurs sur Internet. Le Sénat français, tout entier au service de l'exécutif, contredit ainsi superbement l'Europe.

    Un fossé générationnel au service de modèles économiques du passé...


    « Riposte graduée : une usine à gaz contre les citoyens. »

    Les sénateurs légiférant sur un domaine qu'ils ne maîtrisent pas, fossé générationnel et culturel aidant, ont pour beaucoup déchiffré, souvent mot à mot, des discours pré-mâchés par les industries du divertissement et leur ministre, Christine Albanel.

    « Inconsistances, mensonges, amalgames et insultes que les industriels profèrent habituellement à l'encontre de leurs clientsservent de justification à des votes autistes, dans l'ignorance du débat public qui se tient dans la société française. », résume Jérémie Zimmermann, co-fondateur de la Quadrature du Net.

    ... sous contrôle de l'executif, sans opposition.

    Jeudi matin, dans un frémissement, quelques mesures adoucissant vainement la « riposte » sont votées contre l'avis du gouvernement et du groupe socialiste. Quelques courageux sénateurs centristes et UMP tentent de faire remplacer par des amendes la coupure d'accès à internet, afin de réduire le caractère visiblement injuste et disproportionné de la « riposte graduée ».

    La majorité reprend les choses en main à la faveur d'une opportune suspension de séance juste avant le scrutin tranchant cette question. Une poignée de frais représentants de l'UMP parmi la vingtaine de sénateurs présents et le renfort de Roger Karoutchi permettent un vote de la loi en un temps record, sans heurts, sans surprise et sans aucune forme d'opposition. Christine Albanel, « réconfortée », recevra-t-elle un accueil aussi chaleureux lors de la suite de l'examen de la loi à l'Assemblée Nationale ?

    « La seule option acceptable aurait été le rejet pur et simple de ce texte. Les quelques modifications cosmétiques, vaguement positives, votées avant que le gouvernement ne reprenne un contrôle qui commençait à échapper à Christine Albanel, n'y changeront rien. Les sénateurs socialistes ont même surmonté leurs divisions afin d'unanimement voter ce texte anachronique si cher à Nicolas Sarkozy ! » affirme Gérald Sédrati-Dinet, analyste pour La Quadrature du Net.

    Un déni manifeste des citoyens français et de l'Europe.

    Plus se précise la mise en œuvre pratique de la "riposte graduée", plus elle dévoile son incapacité intrinsèque à fonctionner sans mettre en place une surveillance automatique à grande échelle du Net. Les processus techniques qu'on a demandé aux sénateurs de prendre pour argent comptant sont facilement contournables. Ils occasionneront, inévitablement et à grande échelle, des sanctions d'internautes qui n'auront commis aucune contrefaçon (faux positifs) et n'inquiéteront pas la plupart des contrefacteurs (faux négatifs). Le droit à la défense des personnes suspectées n'existe donc pas, car on ne peut garantir ni son innocence ni sa culpabilité ; ce texte est donc manifestement anti-constitutionnel.

    « Cette loi est scandaleuse et ne sert que quelques industries qui refusent l'évolution de la société. Le Sénat aide le gouvernement à s'asseoir sur la démocratie européenne et à nier les droits fondamentaux des citoyens. Ces manœuvres représentent la pire façon de faire de la politique et d'écrire la loi. Il faut mettre un terme à ce processus dans l'intérêt de tous, en France et dans le reste de l'Europe. » concluent, de concert, les représentants du collectif citoyen.

    1. À l'unanimité de tous les groupes votant, le groupe des sénateurs Communiste, républicains et citoyens (CRC) ayant revendiqué son « abstention combative »...
    2. Image originale par Shutterhack sous licence cc-by-nc-nd (paternité, pas d'usage commerciale, pas de travaux dérivés)
    3. À l'exception notable du sénateur Bruno Retailleau, seul à paraître familier de l'environnement numérique et de ses réalités économiques et sociales au travers de quelques interventions salutaires.
    4. Clients présents, potentiels futurs clients, et anciens clients pour qui le rejet des pratiques de ces industries se traduit par un refus d'achat...
    5. Des propositions sont pourtant avancées pour discuter enfin une solution au problème que ce projet de loi a oublié : financer la création culturelle à l'ère numérique, cf. http://www.laquadrature.net/fr/lancement-du-livre-internet-creation-de-philippe-aigrain
    6. Émissaire du gouvernement auprès du Parlement, il remplace le zélé conseiller Henrard aux côtés de la ministre Albanel, le temps de s'assurer que la situation était maîtrisée
    7. Au plus fort de la séance durant laquelle le texte a été voté, seuls 2 sénateurs sur la vingtaine présente en hémicycle étaient socialistes, votant pour tout leur groupe.