20.11.2008

Crise des "subprimes" pour les nuls (et les autres)

Alors voilà,

Mme Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.

Vu qu'elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base de la bière, du "calva" et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.

Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme Ginette fait faillite.

Et le monde entier l'a dans le c...


___________

*nota : Archimède fut le premier à démontrer que, lorsqu'on plonge un corps dans une baignoire, le téléphone sonne. (Pierre Desproges)

31.08.2008

"Je n'augmenterai pas les impôts, je le jure sur la tête de Chirac."

Note de P&P : Depuis des mois les représentants du gouvernement Sarkozy répètent à qui mieux mieux qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. Voici un petit florilège de ces promesses faites la main sur le cœur :

25/09/2007

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a assuré lundi qu'il n'y avait aucun plan de préparation des esprits à une politique d'austérité. Il promet qu'il n'y aura pas de hausse des impôts.

"La situation, nous la connaissons. Tout est sur la table. Il n'y a pas de  mystère. On n'a jamais rien caché aux Français pendant la campagne. La seule  inconnue pour nous, c'est la croissance, ce ne sont pas les finances publiques",  a-t-il ajouté. Le président Sarkozy a affirmé il y a quelques jours qu'il tablait sur une  croissance de 3% en 2009."Il n'y aura pas d'augmentation d'impôt, a-t-il promisPlus la situation sera difficile, plus on fera des réformes".

Source : LCI

23/06/2008

"Evidemment, le budget de l'Etat, de la sécurité sociale, il est ajusté sur la situation". Mais "ça ne veut surtout pas dire d'augmentation d'impôts, parce que si dans un moment plus difficile sur le plan international et sur le plan de la croissance vous vous mettez à ponctionner les contribuables encore plus, alors vous faites effondrer le reste de croissance", a estimé le ministre du Budget [Eric Woerth]. Et de conclure : "Il faut au contraire tout faire pour développer la croissance, mais par la réforme".

Source : Nouvel Observateur

16/07/2008

"Il n'est pas question d'augmenter les impôts". La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, ne prévoit pas une hausse de la fiscalité pour 2009. "On raisonne à prélèvements obligatoires constants", a-t-elle déclaré RMC et BFM-TV.

Source : La Tribune

 

Note de P&P : Le citoyen français pouvait donc nourrir un légitime sentiment de soulagement en apprenant cette stabilisation des impôts à l'heure où la France s'enfonce dans la crise.

Soulagement accompagné d'un sentiment d'équité un après après que les plus riches fussent l'objet d'un "cadeau fiscal" de 20 milliards d'euros il aurait été particulièrement injuste de faire peser le poids de nouvelles taxes sur les épaules des Français.

Malheureusement les promesses n'engagent que ceux qui y croient surtout quand celles-ci sont proférées par Sarkozy et ses laquais.

Notre cher gouvernement a donc officiellement annoncé ce vendredi 29 août - à la veille du dernier week-end d'août, journalistes, syndicats, associations sont pleinement opérationnels et prêts à réagir dans l'heure à toute nouvelle annonce - l'augmentation de l'impôt sur les assurances-vies, revenus locatifs, dividendes...

 

29/08/08

Pour le financer [le RSA], Nicolas Sarkozy a finalement choisi la mise en place d'une taxe supplémentaire de 1,1% des revenus du patrimoine (revenus fonciers, ...) et de placement (dividendes, assurance-vie...). "J'estime qu'il est normal, dans un effort de solidarité, que chacun contribue à sortir plus de 3 millions de nos compatriotes de la pauvreté ou de l'exclusion", a expliqué le président de la république. Cette annonce a suscité de nombreuses critiques, notamment au sein de la majorité. Ainsi Hervé Mariton, député UMP, parle d'une solution "qui n'est pas acceptable". "Si on dépense davantage d'argent pour le RSA, et ça vaut la peine de le faire, alors il faut faire des économies ailleurs et ne pas créer un impôt nouveau".

Source : La Tribune

 

Note de P&P : Il est piquant de constater que Sarkozy cible particulièrement les revenus générés par l'immobilier locatif, réduisant d'autant l'attractivité de tels placements et par conséquent les volumes d'achat de maisons et appartements.

Cette augmentation d'impôt a été officialisée par Sarkozy 3 jours exactement après que le ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables aient annoncé une baisse de 34% des transactions immobilières confirmant ansi que la France s'enfonce depuis quelques mois dans une véritable crise immobilière.

04.06.2008

Vous pouvez vous rendormir, la crise est terminée

Les ventes de logements neufs sont tombées de 27,9% sur un an au premier trimestre 2008, pour s'établir à 26.700 unités, et le niveau des stocks n'a jamais été aussi élevé, ont annoncé mardi les services de l'Equipement du ministère de l'Ecologie.

Sur cette période, les ventes sont en recul dans 18 des 22 régions de France métropolitaine. La baisse est particulièrement forte en Limousin (-64,8%), Lorraine (-68,4%) et Auvergne (-67,9%), a précisé le ministère dans un communiqué.

Le nombre de logements neufs à vendre a également nettement reculé, au premier trimestre, de 28,3% sur un an à 28.800 logements. Le repli est de 19,3% par rapport au quatrième trimestre 2007.

Cette baisse dépasse même les 60%, en rythme annuel, dans trois régions (Lorraine, Midi-Pyrénés et Auvergne).

"Les mises en vente de logements en immeubles collectifs ont reculé de 29,4% et celles de maisons de 21%", selon le communiqué.

Le niveau des ventes restant inférieur à celui des mises en ventes, le stock de logements neufs proposés à la vente "continue de progresser", selon le texte.

Au 31 mars, ce stock est de "105.600 logements, chiffre qui n'avait jamais été atteint", a souligné le ministère.

Selon lui, le délai d'écoulement de logement reste stable à 11 mois pour le collectif mais passe à 12 mois pour l'individuel.

Quant aux prix au mètre carré, ils ont poursuivi leur progression dans le collectif (+3,7%) mais à l'inverse, dans l'individuel, le prix d'un lot a reculé de 1,8%, selon le ministère.

 

Article original : Le Monde  

 

Note de P&P : Malgré les déclarations délirantes d'optimisme de nos chers politiciens dont plus que jamais les promesses n'engagent que les quelques derniers illuminés qui continuent à y croire, la crise n'est nullement terminée.

A vrai dire elle ne fait que débuter puisque seulement 200 milliards de dollars d'actifs "pourris" (principalement des prêts hypotécaires insolvables) ont été effacés des comptes des banques de la planète.

Cela signifie que 1000 milliards de dollars de prêts hypothécaires immobiliers restent dans la nature sans parler des milliers de milliards de produits financiers comme les CDS qui intégrent en partie ces prêts hypothécaires et qui hantent les comptes des banques, des compagnies d'assurance et des hedges funds.

Le refinancement de la majeure partie de ces prêts hypothécaires aura lieu à partir de la rentrée 2008, donc après un été où le dollar devrait rester en deça des 1,60 euro grace aux transfusions des banques centrales et où tous les regards seront tournés vers les jeux du cirque de Pékin. La fin 2008 devrait annoncer le véritable début de la crise.

Depuis des mois les Etats-Unis sont entrés dans une spirale infernale. Au niveau des consommateurs, la hausse des mensualités (remboursements progressifs) et l'effondrement des prix de l'immobilier ont mis en péril les prêts dont les garanties étaient ces mêmes biens immobiliers. Les citoyens étasuniens se sont retrouvés obligés de céder leurs maisons pour une valeur largement inférieure à leurs prêts, générant autant de pertes chez leurs banquiers. Ces ventes massives ont fait croître le nombre de biens à la vente, accélérant un peu plus la chute des prix, obligeant encore plus de propriétaires à vendre. Ces logements inoccupés constituent autant de manque à gagner pour la sphère publique (impôts locaux).

Les banques qui pour 1 dollar détenu investissaient/prêtaient des dizaines voire des centaines de dollars se retrouvent face à des clients qui ne peuvent les rembourser, leurs rentrées d'argent se tarissent alors que les dettes s'accumulent. Elles doivent beaucoup d'argent et elles n'en ont pas. Ainsi la banque privée, abusivement dénommée banque fédérale, qui détient le monopole sur la création de monnaie et le niveau des taux d'intérêts a créé des centaines de milliards qu'elle a cédé aux banques à des conditions extrêmement avantageuses.

De cette manière les banques offrent l'illusion, pour un temps, de ne plus être au bord de la faillite. Cette création de monnaie à destination des banques est extrêmement perverse (qu'attendre d'autre de la part de nos chères élites ?)

En effet, plus d'argent est créé moins il a de valeur. Ainsi les citoyens étasuniens, déjà en faillite, voient les quelques dollars qui leur restent se déprécier encore plus parce que la Fed a décidé de diluer la monnaie afin d'aider les banques. Alors que ce sont ces mêmes banques qui, animées par un insatiable appétît de lucre, ont créé des produits financiers toujours plus acadabrants et ont déclenché cette crise à côté de laquelle 1929 fera figure de promenade de santé.

Ces mêmes banquiers qui ont gagné des milliards de bonus, primes et autres intéressements en sacrifiant l'économie de leur pays se retrouvent à nouveau privilégiés, aidés par la Fed sur le compte des citoyens obligés d'abandonner leur logement et ignorés des plans de soutien financier. Ah le rêve américain, on comprend de mieux en mieux pourquoi Sarkozy bade, telle un cocker servile, la plus grande "démocratie du monde".

Dès le 1er semestre 2007, Pouvoir et Psychopathie annonçait l'immense crise à venir. Celle-ci ne fait que se confirmer jour après jour malgré la propagande éhontée reprise par les politiciens et les médias, il suffit de consulter ses factures pour connaitre la réalité. L'Europe fait face à une inflation grandissante alors que les Etats-Unis ont d'ores et déjà sombré dans l'hyperinflation. 

En fait deux facteurs se combinent : d'une part une hausse des matières premières en raison surtout de spéculations grandissantes. Après avoir détruit le marché action (2000) et le marché immobilier (2007) les apprentis sorciers de Wall Street ou de la City se sont retournés vers le dernier gros marché, celui des matières premières.

D'autre part une chute des monnaies en général et du dollar en particulier. Aujourd'hui les propagandistes nous serinent des histoires de rebond du dollar.  Nous verrons fin 2008 et nous reparlerons du rebond du dollars. Les banquiers centraux maintiennent artificiellement le dollar au-dessous de 1,60 euros mais cette perfusion ne sera pas éternelle et lorsqu'elle s'arrêtera, alors commencera la véritable chute.

Cette dégringolage découle etre autre des indicateurs économiques US qui sont tous au rouge foncé : consommation en chute libre, donc recul des ventes, profits et cours de bourse s'effondrent, entrainant des licenciements de masse, qui réduisent encore les niveaux de consommation. 

Ce phénomène de forte récession est cette fois-ci couplé à une hyperinflation chronique (banques au bord de la faillite -> création de monnaies injectée dans les banques -> perte de valeur de la monnaie -> hausse des prix).

En résumé nous constatons la formation d'une bulle des matières premières et nous nous dirigeons vers l'explosion d'une bulle des monnaies. En effet la valeur du pétrole ou du blé par rapport à l'or restent stables. Ce qui change c'est la valeur des monnaies qui ne cesse de chuter.  

Lorsque récession (croissance négative) et hyperinflation se combinent, l'on assiste au terrible phénomène dénommé "recflation".

Cela veut dire qu'au-delà des chiffres manipulés par les médias et les agences gouvernementales, les USA connaissent d'ores et déjà des taux de croissance négatifs, avant inflation compris entre 0 et -2% et après inflation de -5 à -10%.

Ce raz de marée ne sera bien évidemment pas circonscrit aux Etats-Unis et dès la fin 2008, il touchera l'Europe de plein fouet. Il ne reste donc que quelques semaines pour adapter notre patrimoine. Fuir les banques (épargnes, prêts, actions, SICAV, assurances-vies), vendre l'immobilier tant qu'il a encore de la valeur, ne pas conserver de monnaies papier, acheter des matières premières, métaux précieux en particulier.

01.10.2007

...Et se trouva fort dépourvue quand la crise fut venue

97f2a9829532f7ed855372fb285a1483.jpgAlors que Nicolas Sarkozy a dilapidé le peu de fonds dont il disposait via le fameux paquet fiscal qui donne encore plus à ceux qui ont déjà trop, les signes d'une récession majeure ne cessent de se cumuler. Même Michael Bloomberg avertit de la crise à venir :

 

BLACKPOOL (AFP) - Le maire de New York, le financier Michael Bloomberg, a prédit dimanche une récession économique mondiale en raison du caractère "démentiel" de la dette publique.

M. Bloomberg, 65 ans, l'un des hommes les plus riches du monde, a dénoncé une crise de confiance du fait du ralentissement économique qui pourrait, selon lui, n'être qu'une brève dépression, mais pourrait aussi conduire à un effondrement brutal.

M. Bloomberg, qui s'adresseait au congrès annuel des Conservateurs britanniques à Blackpool (nord-ouest de l'Angleterre), a estimé que les gouvernements devraient constituer des réserves pour faire face aux dérapages économiques.

"Etre conservateur sur le plan fiscal veut dire qu'on doit se préparer à faire face au ralentissement inévitable de l'économie" a-t-il précisé.

Le fondateur du géant éponyme d'information financière a affirmé que les gouvernements se devaient de créer les conditions qui permettent aux marchés de fonctionner et qu'ils portaient une responsabilité dans ce domaine.

Il a ajouté que la "débâcle" de la banque britannique Northern Rock (London: NRK.L - actualité) en septembre n'était qu'un indicateur supplémentaire de la tourmente que connaissent les marchés financiers.

Il a souligné que la crise n'était pas due uniquement à l'effondrement du secteur des subprimes du crédit immobilier aux Etats-Unis mais qu'il s'agissait d'une crise de confiance qui touchait tous les acteurs économiques.

Il a insisté sur la nécessité d'avoir des budgets équilibrés plutôt que de laisser se creuser des déficits que les générations à venir ne pourront pas combler.

M. Bloomberg a conclu qu'il fallait améliorer le rendement, réduire les impôts lorsque cela était possible et surtout économiser les excédents plutôt que de les gaspiller.