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23/02/2010

La Nouvelle campagne anti-tabac passe mal

La Dépêche, 23/02/2010

L'allusion sexuelle de la campagne anti-tabac a du mal à passer


Jusqu'où peut-on aller pour sensibiliser les adolescents aux dangers du tabac ? Très loin visiblement à en juger par la dernière campagne publicitaire anti-tabac de l'association Droits des Non Fumeurs (DNF) dont la provocation a du mal à passer. Avec le slogan « Fumer, c'est la pire des soumissions », l'agence BDDP & Fils a conçu trois photos (deux garçons et une jeune fille) qui montrent un jeune ado, cigarette à la bouche, la tête recouverte par deux mains d'adulte et à hauteur du sexe de cet adulte.

 

 

L'allusion à une fellation forcée est évidente. Mais peut-on mettre sur le même plan les abus sexuels et la dépendance au tabac pour illustrer la soumission ? Alors que plusieurs associations s'élèvent contre ce parallèle comme Enfance et Partage, DNF revendique sa volonté de choquer pour « créer la prise de conscience que fumer n'est pas s'affranchir de l'autorité mais est au contraire un signe de soumission et de naïveté. »

Commentaire : Jusqu'où ira la diabolisation du tabac dont la toute première interdiction avait été initiée par Adolf Hitler ?

Diabolisation d'autant plus choquante que pendant que l'on rabaisse les fumeurs au rang de victimes de viol, le gouvernement Sarkozy légalise la publicité pour les boissons alcoolisés et pousse la population à une vaccination de masse dont les dangers ne sont plus à prouver.

 

 

28/10/2008

Délices orwelliens

Thierry Saussez sur le plateau de Public Sénat, le 27 octobre 2008.

 

Interrogé, lundi 27 octobre, sur la façon dont il comptait communiquer sur les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise, le responsable de la communication gouvernementale, Thierry Saussez, a déclaré sur la chaîne télévisée Public Sénat travailler sur une émission de communication gouvernementale diffusée à la télévision.

L'émission n'en est qu'à l'état de projet : "Je réfléchis à une émission de communication gouvernementale à la télévision, construite sur les questions des Français", a déclaré Thierry Saussez. A côté de "la bouilloire médiatique" qui n'a "pas le temps d'ancrer un message (...) moi je suis là pour ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée, c'est la différence entre le temps court de l'information, et le temps long de la communication", a-t-il ajouté. Elle serait diffusée "dans l'idéal évidemment sur le service public", a-t-il ajouté. "Si je le fais sur TF1, on va me dire 'ben voilà, bien entendu, il est allé chez monsieur Bouygues.'"

Evoquant également l'idée d'un format court, il précise qu'il veut chercher "des solutions plus rapides et plus interactives pour répondre aux questions des Français", des moyens "adaptés à la situation de crise" qui permettent de communiquer rapidement et pas "cinq mois après", se défendant avec virulence de toute propagande : "La propagande c'est de la promesse générique, c'est dire 'le président est le plus grand, le premier ministre est le meilleur' (...) On ne touchera pas à ça" affirme Thierry Saussez.

 

 

Ancien publicitaire, Thierry Saussez a été présenté comme le remède "anti-couacs" lors de son arrivée à l'Elysée au printemps. Il a reçu pour mission "de dynamiser et de coordonner" la communication gouvernementale. En tant que directeur du service d'information du gouvernement (SIG), il est également l'inspirateur d'une campagne sur le pouvoir d'achat, diffusée à la télévision et dans la presse écrite avant l'été, et dont le coût de 4,33 millions d'euros a suscité de vives critiques. Le Canard enchaîné avait par ailleurs révélé début juillet que M.Saussez avait demandé de pouvoir dépenser 16,7 millions d'euros supplémentaires en 2009 pour des opérations de communication, soit une augmentation de 292 % demandée dans une note adressée à Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et à Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon. Dans cette note, il livrait par ailleurs ses conseils sur la communication du gouvernement : "Etre plus chaud, plus rapide et plus analytique en profondeur ; redéployer l'Etat annonceur."

Article original : le Monde.


Note de P&P :

Est-il nécessaire de commenter un tel article ? Manifestement nos chères élites ne se cachent même plus de leurs projets d'endoctrinement les plus flagrants.

Ce qui est le plus ironique dans cette histoire c'est que le citoyen est à la fois cible et financeur de la campagne gouvernementale sur le pouvoir d'achat et demain peut-être des émissions de promotion du gouvernement.

Un peu comme un soldat qui demanderait à sa victime de payer le prix de la cartouche qu'il s'apprête à lui tirer dans la nuque.

 

24/06/2008

Le gouvernement fait la pub de ses mesures pour le pouvoir d'achat

PARIS - "Vous êtes impatients, nous aussi." Pour rappeler aux Français sa promesse d'améliorer "mois après mois" le pouvoir d'achat et insister sur les "nombreuses réformes" déjà engagées sur ce thème, le gouvernement lance lundi soir une large campagne de publicité à la télévision et sur internet.

Sur une musique qui se veut positive, des Français font construire leur maison ou rangent leurs courses, heureux d'avoir bénéficié d'un pouvoir d'achat en hausse grâce aux décisions gouvernementales, tandis qu'un slogan promet des avancées semblables à tous: "c'est mois après mois que nous gagnerons la bataille du pouvoir d'achat". Cinq spots sont programmés à partir de lundi, pour pointer la défiscalisation des heures supplémentaires ou des revenus du travail étudiant, l'aide à la location ou encore la réduction d'impôt pour les nouveaux propriétaires immobiliers.

Ces clips seront diffusés sur les chaînes nationales et sur la TNT, relayés par une campagne dans la presse et sur Internet, le tout pour 4,33 millions d'euros. C'est un coût "bien inférieur" à d'autres campagnes comparables, a assuré Thierry Saussez, le nouveau délégué interministériel à la communication chargé de coordonner toute la communication du gouvernement. Cela "ne représente que 0,03 du coût prévu des mesures principales sur le pouvoir d'achat en un an", a-t-il plaidé, faisant savoir aux journalistes que la radio avait été écartée du plan de communication pour des raisons budgétaires.

"Le pouvoir d'achat est une préoccupation légitime", a reconnu François Fillon, venu présenter lundi matin cette campagne qui représente "un progrès démocratique" parce qu'elle permettra aux Français de comprendre l'action du gouvernement. "Nous avons pris depuis un an beaucoup de mesures (...) Toutes nécessitent d'être expliquées pour qu'elles soient comprises et pour qu'elles soient intégrées par nos concitoyens", a souligné le Premier ministre, estimant que l'information sur ces points était "un droit".

Mais pour le porte-parole du PS Julien Dray, cette campagne "onéreuse" est "du plus mauvais goût au moment où on explique que les Français vont devoir se serrer la ceinture". Ils "ont très bien compris qu'ils n'avaient pas grand-chose à attendre du paquet fiscal et des autres réformes proposées par M. Fillon", ajoute le député socialiste dans un communiqué.

Thierry Saussez a rappelé que d'autres gouvernements avaient lancé dans le passé de telles campagnes pour promouvoir leur action, citant l'exemple de "l'énorme" communication qui avait accompagné le lancement des 35 heures sous le gouvernement Jospin.

Nicolas Sarkozy, qui avait poussé à la nomination de Thierry Saussez à la tête du Service d'information au gouvernement afin d'améliorer une communication gouvernementale marquée par des couacs, a sélectionné la campagne avec le Premier ministre. "Il considère que c'est justement parce que c'est difficile, parce que c'est compliqué, parce qu'il y a des risques d'inflation, parce que l'environnement économique est problématique (...) qu'il faut mettre le mieux possible à la disposition des Français toutes les mesures qui les concernent", a rapporté Thierry Saussez.

François Fillon a lui détaillé la liste de toutes les mesures déjà en application ou prévues par le gouvernement. "Nous avons injecté cinq milliards d'euros d'heures supplémentaires dans l'économie (...), nous avons fait économiser 600 millions d'euros aux locataires en réduisant la caution à un mois et en indexant les loyers sur les prix (...), nous avons permis à 700.000 locataires d'économiser 8% à 10% du coût de leur emprunt immobilier pour devenir propriétaire", a-t-il notamment listé.

Un site internet reprendra, sous une forme très pratique, l'ensemble de l'action déjà existante ou à venir du gouvernement en la matière.

Thierry Saussez a ajouté que d'autres campagnes seraient menées à l'avenir, notamment sur la mise en place du Grenelle de l'environnement, les politiques ou les mesures en faveur des très petites entreprises. "Mais je ne peux pas prendre d'engagement car nous sommes en pleines discussions budgétaires et elles sont extrêmement chaudes", a-t-il précisé aux journalistes. 

Source : La Tribune - 23/06/2008

21/02/2008

Chaînes publiques: Bourges opposé à la suppression de la pub

231e8bf0775ebc0af7647e7452a4da2b.jpgA peine Nicolas Sarkozy avait-il évoqué la "suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" que les titres de TF1 et M6 se sont envolés à la Bourse. Sans ambiguïté, les marchés analysent l'annonce comme un joli cadeau fait aux concurrents de France2, ainsi qu'à Bouygues, l'actionnaire principal de TF1, dont l'action a également décollé.

A la sortie de la conférence de presse du Président, hier en début d'après-midi, Hervé Bourges, ancien président de TF1 (jusqu'à sa privatisation en 1987), de France Télévisions et du Conseil supérieur de l'audiovisuel, a réagi à cette annonce pour Rue89. Il désapprouve complètement l'idée d'une suppression de la pub, qui mettra selon lui en danger l'audiovisuel public:

"En supprimant la pub, on n'a plus à se préoccuper de l'audience, on risque de se faire imposer des émissions qui ne seront pas regardées par le public, et on risque d'être plus dépendant de l'Etat."

Les chaînes publiques, a proposé Nicolas Sarkozy, seront financées "par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à internet ou la téléphonie mobile".

Chaîne internationale: pourquoi seulement en français?

Hervé Bourges, très favorable à la création d'un pôle international (regroupant RFI, France 24 et TV5) met en garde le gouvernement contre le risque de faire fuir suisses, belges ou québécois, qui sont partie prenante à TV5. D'autant plus, remarque-t-il, si l'on garde ce nom de "France-Monde", repris par Nicolas Sarkozy.

L'ancien patron de l'audiovisuel public trouve absurde le choix, par le président, du français comme seule langue de cette chaîne internationale: "Je ne pense pas que ce soit une bonne chose par rapport à la concurrence internationale."

 

Note de P&P : Grâce à cette habile manoeuvre Nicolas Sarkozy fait d'une pierre trois coups :

1/ il tente de soigner sa courbe de popularité (qui en a bien besoin) en faisant croire qu'il se soucie de la qualité des chaînes publiques.

2/ il renvoie les budgets des annonceurs vers les chaines privées dont TF1, dirigée par Martin Bouygues, parrain du fils de son fils.

3/ il  augmente le contrôle exercé sur ces chaînes publiques, l'Etat devenant seul financeur il en devient le maître absolu.

 

Article de pour Rue 89.