29/07/2008

Hallo l'INSEE, ici la Terre.

 Note de P&P : L'INSEE, dans un exercice de propagande à faire pâlir Goebbels tente désespérement de nous faire croire que le pouvoir d'achat augmente fortement. Asseyez-vous bien, vous allez assister à un numéro de haute voltige :

Les français ont l'impression que leur pouvoir d'achat est en chute vertigineuse. Pourtant, selon l'INSEE, le pouvoir d'achat des ménages a augmenté en 2007 de 3,3 % et il devrait augmenter de 0,9% en 2008. Alors comment expliquer cette différence considérable entre la perception des français et les statistiques officielles. Entretien avec Fabrice Lenglart, chef du département des comptes nationaux à l'INSEE.

Pouvez-vous nous définir le pouvoir d'achat ?

« Le pouvoir d'achat du revenu brut disponible », c'est le terme exact de la comptabilité nationale, est la différence entre l'ensemble des revenus des ménages (salaires, revenus d'activités, revenus du patrimoine, prestations sociales...) et les prélèvements obligatoires (cotisations sociales, impôts directs...). C'est un solde qui n'a pas tellement de sens. Ce que nous analysons plutôt, c'est l'évolution de ce revenu disponible des français d'une année sur l'autre, après avoir pris en compte l'inflation. En fait, nous ne communiquons pas sur le pouvoir d'achat mais sur l'évolution de ce pouvoir d'achat.

Comment a évolué le pouvoir d'achat ces deux dernières années ?

En 2007, le pouvoir d'achat a augmenté de 3,3 % ce qui est très fort puisque ces quinze dernières années, son évolution était plutôt autour de 2 % par an. Pour 2008, selon les prévisions, le pouvoir d'achat des ménages devrait évoluer de 0,9%, ce qui est très faible.

Très faible mais positif, alors que les français ont l'impression que leur pouvoir d'achat s'est effondré. Comment expliquez-vous la différence entre ces chiffres et la perception des français ?

Nous avons beaucoup travaillé sur cette différence entre la perception et la réalité des chiffres. La première explication est la différence entre le pouvoir d'achat individuel et collectif. En fait, le revenu disponible évolue mais en réalité la population française et en particulier le nombre de ménages évolue encore plus vite ce qui fausse le calcul du pouvoir d'achat. Le gâteau augmente mais le nombre de parts à couper augmente encore plus. En fait la bonne façon serait de calculer le pouvoir d'achat par unité de consommation, ce qui donne une vision plus juste du pouvoir d'achat.

Pourquoi ne le faites-vous pas ?

Nous le faisons  mais ces chiffres n'étaient pas ceux qui étaient mis en avant. Aujourd'hui, on communique de plus en plus sur le pouvoir d'achat par unité de consommation ce  qui diminue l'évolution d'environ 0,9 Point. Par exemple en 2008, le pouvoir d'achat des français, par unité de consommation devrait stagner.

Le deuxième élément qui explique la différence entre les chiffres et la perception des consommateurs est que lorsqu'ils parlent de pouvoir d'achat, les français raisonnent en prix et pas forcément en revenus. Pourtant, le pouvoir d'achat doit prendre en compte les deux éléments. Quand on compare les enquêtes d'opinion sur les prix et l'inflation réelle, on constate un décalage important, avec un décrochage qui s'est largement accentué depuis l'Euro.

Est-ce que le calcul de l'inflation par l'INSEE prend bien en compte l'évolution réelle des prix ?

Les français lorsqu'ils pensent prix, pensent principalement aux produits qu'ils achètent le plus souvent comme les produits alimentaires ou l'essence. Or l'inflation mesurée par l'INSEE prend en compte tous les prix, y compris les prix des automobiles qui sont plutôt stables ou des biens électroniques qui ont plutôt baissé. Or le poids de ces produits dans le calcul de l'inflation est important car même si on ne les achète pas souvent, leur coût est important et pèse donc de manière significative dans le calcul de l'inflation.

S'agit-il alors d'un problème de rythme de consommation. Les français dépensent-ils plus aujourd'hui qu'il y a quelques années ?

Il est vrai que chaque mois, les français ont une certaine somme qui part directement pour le paiement de ce que nous appelons des « dépenses contraintes », comme le loyer, le ou les abonnements téléphoniques, l'assurance, la mutuelle etc...Or les dépenses contraintes qui représentaient 15 % du budget des ménages en 1960 ont presque doublé en quarante ans puisqu'elles représentent aujourd'hui près de 30 %. Chaque mois, les français voient 30% de leurs revenus partir automatiquement. Du coup, le revenu «arbitrable», c'est-à-dire qui reste aux français et dont ils peuvent décider, est moins important ce qui les conforte dans cette impression de baisse du pouvoir d'achat.


Note de P&P : - « Insee, répondez »,  « Insee, ici la Terre, répondez »

- « Chef je crois qu’on les a perdus. »

Si la souffrance de millions de Français luttant un peu plus chaque jour pour arriver à vivre décemment n’était pas en jeu, les pathétiques tentatives de justification de l’INSEE pourraient prêter à sourire. 

Il est sûr que l’inflation croissante et l’érosion du pouvoir d’achat qui frappent la France depuis l’élection de notre cher Président dont la principale  promesse électorale consistait en une augmentation dudit pouvoir d’achat commencent à faire sérieusement désordre. 

L’INSEE, en bonne officine de propagande, se démène donc pour entretenir l’illusion, à coup d’ « unités de consommation », de « revenu arbitrable », de « dépenses contraintes ». 

Cette tactique est vieille comme le monde. En effet lorsque votre point de vue prend l’eau de toute part, obscurcissez le débat et employez moult termes techniques afin de perdre votre interlocuteurs. 

Ceux qui, honte à eux, douteraient encore de la totale intégrité de l’INSEE pourraient jeter un œil à l’organigramme de cette vénérable institution. On remarque qu’un nouveau directeur général a été nommé six mois après l’élection de notre brillantissime président : « Jean-Philippe Cotis, 50 ans, diplômé de l’ESSEC et de l’ENA, a été nommé directeur général de l’Insee, sur proposition de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. » 

Sachant que Christine Lagarde est un modèle d’objectivité économique et sociale, comme l’a justement souligné le Réseau Voltaire : « Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault. 

 Au-delà des mensonges abracadabrants entonnés par le gouvernement et l’INSEE visant à nous faire gober que l’on s’enrichit alors que l’on s’appauvrit, la notion de pouvoir d’achat demeure pourtant fort simple. 

 Si vous pouvez acheter moins qu’avant, c’est que votre pouvoir d’achat baisse. 

Certes le pouvoir d’achat de certains, en particulier celui de notre cher président, a considérablement augmenté

Mais pour l’immense majorité des Français, ceux qui doivent se contenter de 1000 ou 2000 euros par mois la tendance est clairement orientée à la baisse. 

Je ne résiste pas à l’envie de publier ce mail envoyé il y a quelques semaines par un lecteur qui témoigne, dépenses par dépenses, de l'évolution réelle de son pouvoir d’achat.

"Je me présente, mon nom est Georges, déjà avec un prénom comme ça j’aurais dû me méfier. J’ai 29 ans, je suis chauve, smicard et célibataire (tiens en l’écrivant je me dis qu’il y a peut-être des liens de cause à effet). 

Après avoir décroché un DEA en océanographie, il a bien fallu que je commence à gagner ma vie. Après deux années de RMI, de galère et de petits boulots, j’ai décroché en 2006 un vrai job à temps plein. 1030 euros par mois, mazette ! 

Depuis je mène une existence à peu près aussi  merdique que quand j’étais au RMI sauf que je bosse 8 heures par jour à livrer des colis à travers les embouteillages, le stress et la pollution, à part les queues de poissons et mon requin de patron, y a pas grand rapport avec l’océanographie. 

Je rentre le soir vané et là enfin je déconnecte un peu, je fume quelques clopes, je surfe sur Internet et j'essaye d'oublier. Je suis pas très frais le lendemain mais pas besoin d’une forme olympique pour pousser des cartons et tourner un volant. 

Et voilà que je tombe sur cet article [Note de P&P : article publié par l’INSEE en juin 2008 sur la hausse du pouvoir d’achat]. Franchement avoir une vie de merde c’est une chose mais se voir traité de privilégié quand on crève de faim ça fait un peu mal aux sphincters.

L’avantage d’un bac +5 smicard qui passe des heures dans les embouteillages c’est qu’il a le temps de faire ses comptes. Alors voilà en 2006 mes dépenses du mois se répartissaient comme ça : 

  • location studio : 330 euros (attention à ce prix là c’est le grand luxe, cloison en papier cigarette, décoration des seventies, débit d’eau asmathique, boites aux lettres défoncées, y’a même des merdes de chien dans le hall)
  • charges : 30 euros
  • gazole voiture : 120 euros
  • alimentation : 270 euros
  • téléphone : 30 euros
  • clopes : 100 euros
  • assurances voiture et maison : 50 euros
    = 930 euros

Reste 100 euros pour tout le reste dont accessoirement le poste « vivre » : taxe d’habitation, cadeaux pour la famille, un livre, un ciné, quelques fringues, PC , redevance télé, …) 

Et pour les 6 premiers mois de 2008, le résultats des courses :

  • location studio : 350 euros (avec la crise le studio minable est de plus en plus recherché d’où hausse des locations, j’ai fait une demande en HLM mais on m’a dit qu’il fallait avoir des enfants. Je leur aurai bien répondu que pour commencer faudrait déjà que j’ai une femme)
  • charges : 45 euros. Dans mon bâtiment ils ont eu la mauvaise idée d’installer un chauffage au fuel. Y sont vraiment con ces chauffagistes.
  • gazole voiture : 170 euros (passage du gazole de 1€ à 1,4€ y parait que c’est à cause du manque de raffinage mais que Total va réagir, ben ouaih faudrait penser à réagir ça fait quand même 10 ans que le nombre de véhicules diesel augmente et puis c’est pas leurs bénéfices qui les empêche d’acheter une raffinerie)
  • alimentation : 310 euros (La laitue sans goût à 1,40€, la baguette industrielle à 1,10€, le lait aux antibiotiques 0,70 euros, les céréales aux OGM : 2,30 euros…)
  • téléphone : 30 euros (ça pas bougé, faut dire qu’y a entente sur les prix depuis 10 ans)
  • clopes : 120 euros (et ouaih l’Etat ponctionne toujours plus sur les clopes parce que c’est mal. En revanche pas de problème pour la pub pour l’alcool, les prescriptions d’antidépresseurs, le mais transgénique, le vaccin au mercure,…) mais la clope non la clope c’est mal.
  • assurances voiture et maison : 50 euros
    = 1075 €

Entre temps mon SMIG a fait un bond stratosphérique pour atteindre la somme hallucinante de 1072 euros. Allez soyez pas jaloux ça fait quand même du 2% d’augmentation par an. 

Reste -3 € pour tout le reste. Zut je pourrai même pas me torcher avec le dernier BHL. 

Au final mon salaire a pris 4% en deux ans alors que les dépenses (inchangées) ont pris 15%, il faudra donc dire aux collègues de l’INSEE que la vague d’augmentation du pouvoir d’achat a dû s’arrêter à la frontière pour taper la discute avec le nuage de Tchernobyl parce que chez moi on est plutôt dans le – 11% de pouvoir d’achat en deux ans.

24/06/2008

Le gouvernement fait la pub de ses mesures pour le pouvoir d'achat

PARIS - "Vous êtes impatients, nous aussi." Pour rappeler aux Français sa promesse d'améliorer "mois après mois" le pouvoir d'achat et insister sur les "nombreuses réformes" déjà engagées sur ce thème, le gouvernement lance lundi soir une large campagne de publicité à la télévision et sur internet.

Sur une musique qui se veut positive, des Français font construire leur maison ou rangent leurs courses, heureux d'avoir bénéficié d'un pouvoir d'achat en hausse grâce aux décisions gouvernementales, tandis qu'un slogan promet des avancées semblables à tous: "c'est mois après mois que nous gagnerons la bataille du pouvoir d'achat". Cinq spots sont programmés à partir de lundi, pour pointer la défiscalisation des heures supplémentaires ou des revenus du travail étudiant, l'aide à la location ou encore la réduction d'impôt pour les nouveaux propriétaires immobiliers.

Ces clips seront diffusés sur les chaînes nationales et sur la TNT, relayés par une campagne dans la presse et sur Internet, le tout pour 4,33 millions d'euros. C'est un coût "bien inférieur" à d'autres campagnes comparables, a assuré Thierry Saussez, le nouveau délégué interministériel à la communication chargé de coordonner toute la communication du gouvernement. Cela "ne représente que 0,03 du coût prévu des mesures principales sur le pouvoir d'achat en un an", a-t-il plaidé, faisant savoir aux journalistes que la radio avait été écartée du plan de communication pour des raisons budgétaires.

"Le pouvoir d'achat est une préoccupation légitime", a reconnu François Fillon, venu présenter lundi matin cette campagne qui représente "un progrès démocratique" parce qu'elle permettra aux Français de comprendre l'action du gouvernement. "Nous avons pris depuis un an beaucoup de mesures (...) Toutes nécessitent d'être expliquées pour qu'elles soient comprises et pour qu'elles soient intégrées par nos concitoyens", a souligné le Premier ministre, estimant que l'information sur ces points était "un droit".

Mais pour le porte-parole du PS Julien Dray, cette campagne "onéreuse" est "du plus mauvais goût au moment où on explique que les Français vont devoir se serrer la ceinture". Ils "ont très bien compris qu'ils n'avaient pas grand-chose à attendre du paquet fiscal et des autres réformes proposées par M. Fillon", ajoute le député socialiste dans un communiqué.

Thierry Saussez a rappelé que d'autres gouvernements avaient lancé dans le passé de telles campagnes pour promouvoir leur action, citant l'exemple de "l'énorme" communication qui avait accompagné le lancement des 35 heures sous le gouvernement Jospin.

Nicolas Sarkozy, qui avait poussé à la nomination de Thierry Saussez à la tête du Service d'information au gouvernement afin d'améliorer une communication gouvernementale marquée par des couacs, a sélectionné la campagne avec le Premier ministre. "Il considère que c'est justement parce que c'est difficile, parce que c'est compliqué, parce qu'il y a des risques d'inflation, parce que l'environnement économique est problématique (...) qu'il faut mettre le mieux possible à la disposition des Français toutes les mesures qui les concernent", a rapporté Thierry Saussez.

François Fillon a lui détaillé la liste de toutes les mesures déjà en application ou prévues par le gouvernement. "Nous avons injecté cinq milliards d'euros d'heures supplémentaires dans l'économie (...), nous avons fait économiser 600 millions d'euros aux locataires en réduisant la caution à un mois et en indexant les loyers sur les prix (...), nous avons permis à 700.000 locataires d'économiser 8% à 10% du coût de leur emprunt immobilier pour devenir propriétaire", a-t-il notamment listé.

Un site internet reprendra, sous une forme très pratique, l'ensemble de l'action déjà existante ou à venir du gouvernement en la matière.

Thierry Saussez a ajouté que d'autres campagnes seraient menées à l'avenir, notamment sur la mise en place du Grenelle de l'environnement, les politiques ou les mesures en faveur des très petites entreprises. "Mais je ne peux pas prendre d'engagement car nous sommes en pleines discussions budgétaires et elles sont extrêmement chaudes", a-t-il précisé aux journalistes. 

Source : La Tribune - 23/06/2008

26/05/2008

Noël 2009.

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05/01/2008

Nicolas Sarkozy nous souhaite une bonne année 2008

84ace78e789160ab9d76f409ffb2b358.jpegAu cours des derniers jours de l’année 2007, Nicolas Sarkozy a renforcé son entreprise de démantèlement des droits et des libertés des citoyens français. 

De nombreuses mesures viennent saper un peu plus le niveau et la qualité de vie des français

L’une d'entre elles concerne la perspective de rallongement à 41,5 ans de la durée des cotisations retraites. Voici ce qu’en dit un communiqué d’Europe 1 : 

 Les besoins de financement du régime de retraites à long terme «restent très élevés, malgré la révision à la hausse de la population active», indique le rapport.

Celui-ci a été rendu public lundi soir, à quelques heures de la fin de l'année 2007, comme la loi de 2003 sur les retraites l'y obligeait.

Le gouvernement reprend à son compte la projection réalisée par le Conseil d'orientation des retraites (COR). Il souligne que l'allongement de la durée d'assurance «atteindra 164 trimestres en 2012 (41 ans, NDR) et 166 en 2020, compte tenu des dernières prévisions démographiques de l'Insee».

Sur le «rendez-vous» de la réforme des retraites prévu en 2008, le gouvernement
précise dans le rapport qu'il «s'appuiera» notamment sur les pistes dégagées par le Conseil d'orientation des retraites.

Il «s'attachera à poursuivre l'oeuvre entreprise par le législateur en 2003 en mettant notamment en oeuvre les trois objectifs suivants: garantir la viabilité financière des régimes de retraite et veiller à l'équité entre les générations et entre les Français, accroître le niveau d'emploi des seniors, favoriser la liberté de choix de chacun pour préparer sa retraite».

 
Vous aurez noté que le gouvernement se donne un vernis d'impartialité en s’appuyant sur la pseudo neutralité d’un organe tel que le Conseil d'Orientation des Retraites (COR). 

Ne voyez non plus aucune tentative de passage en douce de cette perspective de loi, ils n’avaient pas le choix : Celui-ci a été rendu public lundi soir, à quelques heures de la fin de l'année 2007, comme la loi de 2003 sur les retraites l'y obligeait.

En outre, le semblant d’humanisme et d’objectivité de cette mesure se base sur des arguments tellement légitimes tels que  «les  dernières prévisions démographiques » et la volonté d’  «  accroître le niveau d'emploi des seniors, favoriser la liberté de choix de chacun pour préparer sa retraite » que l'on ne peut qu'acquiescer n'est-ce pas ?

Invoquer la démographie vise à nous faire croire que cette augmentation de durée des cotisations est inévitable car elle découle du facteur fondamental et exogène qu’est la démographie. Justification d’autant plus boiteuse que la part de la population active en France est en augmentation (de plus en plus de cotisants pour un seul retraités) 

Cet accroissement de la durée des cotisations est également présenté comme vertueux car « stimulant le niveau d’emploi des seniors et favorisant la liberté de choix de chacun pour préparer sa retraite. » 

En réalité la seule liberté dont disposent les citoyens c’est de travailler encore plus et de gagner encore moins. Commencer sa vie professionnelle à 24 ans et demi et la terminer au plus tôt à 66 ans. 

 Il n’y pas de véritable liberté dans cette approche car si le citoyen envisage d’arrêter de travailler avant d’avoir cotisé 41,5 ans alors sa retraite sera très sensiblement diminuée. 

Sachant que les niveaux de retraite son déjà faibles et s’accroissent bien plus lentement que l’inflation, cotiser moins de 41,5 ans sera financièrement impossible pour la plupart d’entre nous. 

Pour quantifier ce phénomène, penchons-nous sur quelques chiffres. En 2001, 62,5 % des femmes retraitées percevaient une retraite inférieure à 899 euros et seulement 12 % des femmes retraitées percevaient une retraite supérieure à 1 500 euros. 45 % des hommes retraités percevaient une retraite inférieure à 1 200 euros et seulement 10 % des hommes retraités percevaient une retraite supérieure à 2 100 euros (source : Jerpel). 

Vous avez bien lu : En 2001, 62,5 % des femmes retraitées percevaient une retraite inférieure à 899 euros. 

Les niveaux de retraites sont déjà très faibles et en plus ils sont en chute libre comme nous allons le voir maintenant. 

En 2006 les pensions de retraites ont été revalorisées de 1,8%, tandis qu’en 2007 cette revalorisation a été de 1,1%. Soit sur la période allant de janvier 2006 à décembre 2007, une augmentation des pensions d’approximativement 3%

Ces pingres revalorisations impliquent donc une baisse du pouvoir d’achat même si l’on s’en tient strictement aux données officielles relatives à l’inflation. En effet, de janvier 2006 à décembre 2007 , l’inflation cumulée officielle était de 4%

Pragmatiquement, quand un ménage dispose d'un revenu mensuel de 1500 à 2000 euros, approximativement un tiers des ressources sont affectées à l’immobilier (loyer, remboursement prêt,…), un autre tiers part dans l’énergie et services de mêmes natures, et un dernier tiers dans les besoins courants.

Pour le premier tiers, de janvier 2006 à décembre 2007, l’immobilier a augmenté de plus de 11%. Pour le deuxième tiers, de janvier 2006 à décembre 2007, l’énergie (pour se chauffer, pour se déplacer ainsi que les services associés) a augmenté de plus de 30%. Reste le dernier tiers qui se situe au mieux au niveau du panier de la ménagère soit 4%.

Ainsi  un tiers à 11%, un tiers à 30% et un tiers à 4% cela donne une évolution du vrai indice des prix de l’ordre de 15% sur la période allant de janvier 2006 à décembre 2007. 

Entre janvier 2006 à décembre 2007, les retraités français, qui n'étaient pas bien riche ont donc encore perdu approximativement 12% de leur pouvoir d’achat. 

Pendant ce temps-là Sarkozy se gargarise d’équité entre les générations et de liberté de choix pour chacun. La réalité est à l’opposé, les retraités sont de plus en misérables et les travailleurs doivent travailler toujours plus. 

Mais à propos d’où vient l’argent des retraites ? En fait les retraites sont principalement financées par les cotisations sur les salaires. Une manière très simple de faire face à l’augmentation du coût des retraites (si celui-ci existe vraiment) serait d’augmenter les charges patronales ce qui n’affecterait en rien le pouvoir d’achat déjà très diminué des français. 

Pourquoi une telle augmentation des charges patronales n’est-elle même pas envisagé ? Tout simplement car celle-ci augmenterait les coûts des entreprises et diminuerait d’autant les profits et revenus pharaoniques encaissés par leurs actionnaires. 

Martin Bouygues, le parrain du fils de Sarkozy a vu son entreprise, Bouygues, générer 1246 millions d’euros de bénéfices net en 2006. Bollorè, sur le yacht duquel Sarkozy aime à se prélasser, a vu son groupe éponyme générer 528 millions d’euros de bénéfices en 2006. Un dernier exemple : Arnaud Lagardère, qui considère Sarkozy comme son « frère » selon sa déclaration de 2005, et qui préside EADS, a vu son entreprise dégager 2033 millions d’euros de bénéfices en 2006

En augmentant encore la durée de travail des citoyens tout en rognant sur leurs retraites, Sarkozy permet simplement d’augmenter encore les bénéfices des entreprises et donc des « grands » patrons qui l’ont mis au pouvoir,  tout cela évidemment sur le dos du peuple français.

Avec Sarkozy en 2008, travaillez plus (vous le peuple) pour gagner plus (vous mes amis les "grands" patrons).