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26/03/2010

Devoir de réserve des gendarmes : Ce que dit la loi

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Viré de la gendarmerie pour avoir dénoncé une réforme rompant avec l’histoire de la gendarmerie… Notre ami Sarko a peut-être bien eu la main un peu lourde, parce qu’en droit, la « Grande Muette », c’est has been.



Un arrêt de la CEDH donne le ton


Le gendarme qui s’est fait radié hier par un décret signé Sarko, est un grand amateur de liberté d’expression – qu’hommage lui soit rendu –  et on lui doit d’être à l’origine d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme datant de quelques mois (15 septembre 2009, no 30330/04) qui nous précise de manière très circonstancié dan quelles conditions les militaires peuvent l’ouvrir. Même si ça défrise l’autorité, et que ça mine le moral des troupes. Eh oui…

Jean-Hughes Matelly, officier de gendarmerie depuis 1992, était jusqu’à hier un gendarme de haut rang : affecté depuis le 15 février 2002 au commandement des écoles de gendarmerie nationale à Maisons-Alfort, et par ailleurs titulaire d’un doctorat de science politique sur les problématiques d’exercice de la police judiciaire et chercheur associé au Centre d’Études et de Recherches sur la Police de Toulouse. Il a publié de nombreux articles spécialisés et des ouvrages. Bref, ce poulet est un gadin.

En janvier 2003, il avait publié dans la très sérieuse revue « Les Cahiers de la Sécurité Intérieure » un article intitulé « Une obligation de résultat pour les gendarmes ? », dans lequel il décortiquait les nouvelles méthodes managériales en fonction d’objectifs chiffrés. L’article n’était passé inaperçu, et Jean-Hughes avait développé son point de vue dans divers grand médias, de manière aussi argumentée que polémique.

Dans les jours qui avaient suivi, il avait reçu de son commandement l’ordre verbal de ne plus communiquer avec la presse écrite et audiovisuelle, puis il se fit infliger un blâme pour violation d’un « règlement militaire » et pour « manquement à l’obligation de réserve dans l’expression écrite ou orale ».

S’en était suivi toute une série de recours, ce jusqu’à une arrêt de la CEDH. Un arrêt très intéressant, fondé sur l’article 10 qui protège la liberté d’expression.

D’abord, « La Grande Muette », ce n’est pas le truc. « La Cour rappelle que l’article 10 ne s’arrête pas aux portes des casernes. Il vaut donc pour les militaires comme pour l’ensemble des autres personnes ».
On ne devra donc raisonner par l’absolu « On se la ferme », mais par l’absolu « Vas-y tout doux ».

La CEDH pose le principe de ce relativisme : « L’Etat doit donc pouvoir imposer des restrictions à la liberté d’expression là où existe une menace réelle pour la discipline militaire, le fonctionnement efficace d’une armée ne se concevant guère sans des règles juridiques destinées à empêcher de saper cette discipline. Les autorités nationales ne peuvent toutefois pas s’appuyer sur de telles règles pour faire obstacle à l’expression d’opinions, quand bien même elles seraient dirigées contre l’armée en tant qu’institution. »

Applications aux gendarmes : « La Cour estime qu’en embrassant une carrière militaire, le requérant a accepté les devoirs et responsabilités liés à la vie militaire et ne pouvait méconnaître les obligations dérivant de son statut particulier. » Embrassons, embrassons, il en restera toujours quelque chose.

La Cour rappelle qu’il s’agissait d’articles grands publics, évoquant une manipulation des chiffres de la délinquance, « fait de nature à porter atteinte à la crédibilité de ce corps militaire, et à la confiance du public dans l’action de la gendarmerie elle-même ». Dans ces conditions, le devoir de réserve avait été dépassé. Mais, et la Cour souligne que c’est un « élément déterminant de cette affaire », les sanctions prononcées avaient été très modérées.



La loi français embraye, mais la pratique...

Le fameux devoir de réserve est une obligation générale des fonctionnaires, dont le régime est essentiellement jurisprudentiel. Le Conseil d’Etat, statuant en matière disciplinaire, rappelle régulièrement que « le devoir de réserve s'impose à tout agent public. » (Conseil d'Etat, N° 97189, 28 juillet 1993)

Le Code de la défense inclut désormais ces règles.

Article L. 4121-1 : « Les militaires jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l'exercice de certains d'entre eux est soit interdit, soit restreint dans les conditions fixées au présent livre ».

Article L. 4121-2 : «  Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres.

« Elles ne peuvent cependant être exprimées qu'en dehors du service et avec la réserve exigée par l'état militaire. Cette règle s'applique à tous les moyens d'expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte.

« Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale et du secret professionnel, les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la loi, les militaires ne peuvent être déliés de cette obligation que par décision expresse de l'autorité dont ils dépendent.

« L'usage de moyens de communication et d'information, quels qu'ils soient, peut être restreint ou interdit pour assurer la protection des militaires en opération, l'exécution de leur mission ou la sécurité des activités militaires ».

Ce cadre légal est en lui-même nickel, mais la décision prise contre Jean-Hugues parait bien décalée, par l'inadéquation entre le fait reproché et la sévérité de la mesure. Il n'y avait ici aucune trahison des secrets du service, mais une analyse d'ordre général, rare et utile dans le débat d'idées.



Et cette nouvelle affaire ?

Le fait est la publication d’une tribune sur Rue89, « La gendarmerie enterrée, à tort, dans l'indifférence générale », signée non en tant que militaire, mais comme chercheur, et en cosignature avec deux autres chercheurs Christian Mouhanna et Laurent Mucchielli (CNRS, CESDIP). L’article était une synthèse d’un autre texte plus fouillé, publié dans une revue scientifique, et il traitait d’un sujet d’importance : Un projet de loi « portant dispositions relatives à la gendarmerie » qui en pratique anticipait sur le rattachement de la gendarmerie à la police nationale. Vous trouverez ci-dessous le texte en cause. Le ton est sévère, mais les arguments se tiennent, et c’est un débat d’ampleur national qui bénéficié ainsi d’un éclairage avisé sous cette triple signature.

Alors, la mesure de radiation résistera-t-elle aux recours en justice ? Nous verrons, mais le débat est à mon avis très ouvert.

L’auteur a fait preuve d’une prudence certaine, en n’apparaissant pas comme haut gradé, mais comme membre d’une équipe de chercheurs ; le texte traite d’une question de grand intérêt, et apporte au débat ; le texte critiquait des choix politiques, mais était un éloge de l’action de la gendarmerie, notamment dans son rôle social ; enfin, la sanction prononcée est d’une extrême sévérité. Nous attendrons avec intérêt le futur et second arrêt

Jean-Hugues de la CEDH…

 

Article original :  20 Minutes / Actualités du droit

17/07/2009

La police à Montreuil : vers la haine du citoyen !

Agoravox, 17 juillet 2009

Béatrice Turpin, réalisatrice, a décidé de filmer les incidents entre police et manifestants à Montreuil. Elle a hésité longuement pour livrer ce témoignage, pour prendre la caméra et montrer la vérité. La police ne protège plus ses citoyens, elle intimide.

Voici un témoignage hors norme de notre société actuelle. Ce sont nos rues, nos voisins .. c’est nous !

Les policiers amènent-ils la violence ? Déconnectés de la réalité, habillés comme des robots, réagissants comme des robots, aucune négociation... et ils sont cagoulés... pourquoi tant d’impunités ?

Ce qui est sidérant, c’est que la police et les politiques ne voient pas les signaux "faibles", le mécontentement croissant des citoyens. Jusqu’où veulent-ils aller ? Jusqu’au mépris des citoyens ?

 

03/04/2009

France. Des policiers au-dessus des lois

Les homicides illégaux, les passages à tabac, les injures racistes et l’usage abusif de la force par les agents de la force publique sont interdits en toutes circonstances par le droit international. Or, en France, les plaintes pour ce type de violations des droits humains ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives, et les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice, affirme Amnesty International dans un nouveau rapport, qui paraît ce jeudi 2 avril 2009.

« Dans un climat où les violences policières ne sont pas toujours contrôlées, l’impunité de fait dont bénéficient régulièrement les agents de la force publique en France est inacceptable », a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

Le rapport d'Amnesty International intitulé France : des policiers au-dessus des lois condamne le fait que des mauvais traitements policiers, des injures racistes et des utilisations abusives de la force continuent d’être signalés tandis que les procédures d’enquête sur ces allégations ne sont toujours pas à la hauteur des normes requises par le droit international. L’organisation constate par ailleurs une tendance croissante à l’inculpation pour « outrage » ou « rébellion » des victimes ou des témoins de mauvais traitements commis par des agents de la force publique.

Les nombreux cas étudiés par Amnesty International dans le cadre de la préparation de ce rapport montrent que, si les victimes de mauvais traitements et d’autres violations des droits humains sont aussi bien des hommes que des femmes et appartiennent à toutes les tranches d’âge, la grande majorité des plaintes concernent des ressortissants étrangers ou des Français appartenant à une minorité dite « visible ».

« La tâche des responsables de l’application des lois en France est difficile et dangereuse, et les expose souvent à des risques importants. Il n’en demeure pas moins que, quand des fautes sont commises par la police, elles doivent faire l’objet dans les plus brefs délais d’enquêtes exhaustives, indépendantes et impartiales », a souligné David Diaz Jogeix.

« Les gens doivent pouvoir faire confiance à leur police. Or, aujourd’hui, ce n’est souvent pas le cas. Cette confiance ne sera possible que lorsque les gens verront que des mesures disciplinaires appropriées sont prises en temps voulu, et que les policiers responsables d’actes criminels sont traduits en justice selon une procédure impartiale et indépendante. Une telle confiance est aussi indispensable pour protéger la réputation de la majorité des représentants de l’ordre qui remplissent leur devoir avec professionnalisme et dans le respect de la légalité »

Certes, les plaintes déposées contre la police ne sont pas toutes fondées, mais l’écart entre le nombre de plaintes reçues et le nombre de sanctions disciplinaires prises permet de s’interroger sur l’exhaustivité et l’impartialité des enquêtes. D’après les informations limitées qu’Amnesty International a pu obtenir, sur 663 plaintes examinées par l’organe d’inspection de la police en 2005, seulement 16 ont conduit à la radiation des agents concernés ; en 2006, seules huit allégations de violence sur 639 ont abouti à une telle radiation. De très nombreuses plaintes déposées contre des agents des forces de l’ordre sont classées sans suite par le parquet avant même d’arriver jusqu’au tribunal.

« Les gens ont le droit de porter plainte mais, dès qu’il s’agit de plaintes contre des policiers, les chances d’obtenir gain de cause sont très minces. Institutionnellement, le système judiciaire favorise les agents des forces de l’ordre. Les victimes, dont beaucoup sont des ressortissants étrangers ou des Français issus de minorités ethniques, sont trop souvent privées de justice », a ajouté David Diaz-Jogeix.

Amnesty International continue d’appeler les autorités françaises à prendre des mesures pour réformer le système actuel et à créer une commission indépendante pour s’occuper des plaintes, avec des pouvoirs et des moyens suffisants pour mener des enquêtes exhaustives et efficaces.

« Les autorités françaises doivent prendre les mesures nécessaires pour que personne ne soit au-dessus des lois. Il est indispensable que le grand public ait confiance en la police », a conclu David Diaz-Jogeix.

http://www.amnesty.fr/despoliciersaudessusdeslois

 


Liste des documents disponibles pour plus d’informations


Rapport France : des policiers au-dessus des lois (index AI : EUR 21/003/2009). Disponible à partir du 2 avril 2009.
Synthèse Média Exemples de cas de violences policières (index AI : EUR 21/007/2009). Disponible à partir du 2 avril 2009.
Synthèse Média Critiques nationales et internationales des organes français chargés de faire respecter les lois (2 avril 2009)
Document Amnesty International et les mauvais traitements en France (15 mars 2009)
Communiqué de presse Amnesty International France contre le Taser aux mains de la police (10 septembre 2008)

25/03/2009

«J'ai reçu un tir de flash ball dans l'œil» lors de la manifestation de jeudi


Hospitalisé, Joan, étudiant de 25 ans, risque de perdre la vue.
Photo DDM, Valérie Sitnikow

« J'ai un œil en moins. J'y vois tout noir. La rétine est décollée, avec un hématome interne, le plancher orbital fracturé. Le pronostic des médecins est réservé… » Joan, 25 ans, est hospitalisé depuis jeudi soir au service d'ophtalmologie du CHU Purpan. Il va subir dans les prochains jours deux interventions délicates, pour tenter de lui sauver son œil. C'est la triste conséquence pour cet étudiant en L3 au Mirail qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, jeudi soir, en marge de la manif interprofessionnelle de Toulouse. Joan a été atteint au visage, vraisemblablement par un tir de flash ball, lors des incidents qui ont éclaté devant le magasin Monoprix au centre ville en début de soirée entre les forces de l'ordre et les manifestants du mouvement étudiant. Les policiers de la Bac et de la compagnie d'intervention ont fait usage de ces armes, tirant des balles en caoutchouc, pour repousser les manifestants qui venaient d'effectuer un « blocage économique » aux entrées du magasin.

Quelques uns d'entre eux étaient entrés à l'intérieur, pour une action « d'auto distribution » symbolique aux plus démunis, méthode apparentée aux Robins des bois.

« J'étais à la manif et je suis resté dans la cortège étudiant. On s'est retrouvé devant Monoprix. Je suis resté aux abords. je n'étais pas dans la chaîne humaine qui bloquait le magasin. Et puis, ça a basculé. Les flics ont chargé. J'ai entendu des bruits de détonation. Un attroupement s'est formé, je me suis replié à l'intérieur pour ne pas rester isolé. On s'est mis à reculer doucement.

A MOINS DE DIX METRES

On était contre la ligne des CRS. Ils m'ont tiré dessus alors que j'étais à moins de 10 mètres d'eux. J'étais effectivement au premier rang, confiant, entrain de dire on recule, on s'en va. Je n'ai absolument pas jeté de canettes ni de projectiles. Je suis sûr que c'est une balle de flash ball qui m'a touché, vu la force et l'impact… On m'a clairement visé ».

Mael, 19 ans, étudiant et pompier volontaire a prodigué les premiers soins à Joan, transporté par ses camardes à l'intérieur du Virgin Mégastore. « On a attendu près de trois quarts d'heure avant que les secours, bloqués derrière la ligne de police, puissent accéder jusqu'à nous ».

« Il est certain que je ne récupérerai pas la totalité de ma vision, un petit peu dans le meilleur des cas », confie Joan, « je trouve que c'est complètement disproportionné et injuste. Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi ils ont tiré… »


Note : Au cours du Montreal bed-in interview de 1969, John Lennon a déclaré : "Les pouvoirs en place t'irritent, t'aiguillonnent, te provoquent - afin que tu te battes parce que dès qu'ils t'ont rendu violent ils savent comment te contrôler."

Nul doute que Sarkozy et ses sbires vont avoir recours à tous les stratagèmes habituels pour faire dérailler le mouvement de grève actuel. En particulier les violence des forces de police et de leurs agents provocateurs devraient émailler de plus en plus les fins de cortège et bien sûr nos chers médias dont l'hypocrisie n'a d'égale que la servilité feront leur choux gras des "méchants manifestants qui se vautrent dans la violence" et ignoreront royalement l'ampleur du mouvement et l'immense souffrance populaire qui le motive.

18/03/2009

Chroniques de Big Brother - La lutte pour la liberté...est-il trop tard ?

Lundi 9 mars 2009
Richard Sawyer
SOTT.net


Sinistre surveillance


Les citoyens anglais s'éveillent avec un certain retard au fait qu'ils subissent une surveillance permanente, qu'ils n'ont plus de vie privée ni de libertés civiles et ils commencent à exprimer leur mécontentement. 1,1 million d’enfants sont fichés dans une base de données britannique d’ADN et les écoles aident à acclimater la prochaine génération pour qu’elle accepte l’identification biométrique et l’absence de vie privée.

Dans ce pays et aux États-Unis, des drones aériens ont commencé à être utilisés pour surveiller les populations civiles. Ces derniers, ainsi que l'Australie, s'essayent à la contre-utopie britannique en utilisant le mème déjà bien éprouvé du « terrorisme ». Vos conversations sur Skype seront bientôt sur écoute et même les sites de réseau sociaux (comme Facebook - NdT) y trouvent des applications positives.


Est-il déjà trop tard pour que nous arrêtions cette société Big Brother, dont nous faisons désormais partie?


Le Royaume orwélien se révolte


La presse du Royaume-Uni a grandement rapporté que l’enthousiasme public déclinait relativement au fait que chaque geste puisse être capturé par des caméras à circuits fermés. Le quotidien The Guardian présente un argument de poids afin de démontrer le ridicule inhérent à la recherche de terroristes suspects via des opérations de collecte de données de ce genre. Épier 60 millions de personnes engendre tellement de risques de fausses alertes que le système devient inopérant. Le journal The Independent conseille vivement à ses lecteurs de lutter pour leurs libertés qui leur ont été enlevées à tort :

La presse du Royaume-Uni a largement rapporté le fait que l'enthousiasme populaire déclinait devant le fait que chaque geste puisse être enregistré par des caméras vidéos. Le quotidien « The Guardian » a présenté un argument de poids pour démontrer le ridicule inhérent à la recherche de terroristes par l'intermédiaire d'une telle collecte de données. Epier 60 millions de personnes engendre tellement de risque de fausses alertes que le système en devient inopérant. Le journal « The Independent », conseille vivement à ses lecteurs de lutter afin de retrouver les libertés qui leur ont été enlevées à tort.

« Il est indéniable que les droits civils ont été sérieusement érodés ces dernière décennies. Nous vivons désormais sous le joug d'un gouvernement qui incarcère ses citoyens durant de longues périodes sans procès et qui utilise des techniques de surveillance secrètes afin d'épier tout le monde, du crime organisé au plus petit voyou. Un gouvernement qui veut enregistrer toutes les communications électroniques existantes et qui finalement, veut nous forcer à posséder des cartes d'identités. »

« … Bien entendu, les ministres ont postulé que le public se souciait peu de ses libertés et ils ont agi en conséquence. Les gens doivent se lever pour leurs droits et la Convention sur les Libertés dans le monde contemporain (Convention on Modern Liberty - NdT) qui tiendra une convention inaugurale à la fin du mois, tentera de les aider en ce sens. Il est temps de revendiquer ces Libertés qui n'auraient jamais dû être enlevées. »

Plus de 1500 personnes,  fonctionnaires gouvernementaux, journalistes, écrivains et experts sur les questions de vie privée se sont réunis afin d'appeler les citoyens britanniques à protester contre la surveillance exercée de façon croissante par le gouvernement. La Grande-Bretagne est fière de son centre souterrain, financé à hauteur de 1,25 millions de livres sterling par le Home Office et qui est la capitale mondiale de l'espionnage. Il croit qu'il s'agit là « des pratiques exemplaires » qui devraient servir de modèle au futur système publique de surveillance: 
« Un rapport réalisé conjointement par la police et le Home Office révèle que 80% des images prises par les caméras vidéos sont de trop mauvaise qualité pour permettre la détection du crime et un expert en surveillance de la police a l'an dernier estimé que seuls 3% des crimes ont pu être résolus par un tel dispositif. »

Ce dont le Royaume-Uni n’est pas aussi fier, c’est le nombre aberrant de données perdues et les sérieuses failles de sécurité qui mettent en danger les données privées des citoyens.


Nous saurons tout sur vous


Ainsi que nous l'avions dit dans la chronique  précédente, la Chambre des Lords a réalisé une analyse dévastatrice au sujet de la surveillance. Le gouvernement y à réagit en poursuivant sa propagande sur la menace terroriste, afin que les citoyens acceptent l'érosion de leur vie privée. Sir David Omand, un des architectes de la stratégie gouvernementale a énoncé clairement les ambitions de la part de l'Etat policier de tout connaître à votre sujet. Il a prévenu de ce que « découvrir les secrets des gens impliquera la transgression des règles morales communes »: « Ce qui est stocké dans les bases de données, se sont les informations personnelles sur les gens telles que les réservations de billets d'avions ainsi que d'autres informations sur les voyages, les passeports biométriques, les informations relatives à l'immigration, aux passages en douanes, aux casiers judiciaires, ainsi que d'autres données gouvernementales et issues du secteur privé, parmi lesquelles des informations d'ordre financièr et les enregistrements des communications. »

« De telles informations peuvent être conservées dans les archives nationales, qui sont elles soumises à certaines lois de protection, mais elles peuvent aussi être conservées à l'extérieur, par d'autres pays ou même des sociétés privées et elle peuvent être ou ne pas être sujettes à des accords internationaux. L'accès à de telles informations ainsi que, dans certains cas, l'utilisation de logiciels de recherche et de profilage pourraient bien être la clé d'une détection préventive efficace du terrorisme. » 


Habituer la prochaine génération à accepter l'identification biométrique

Selon le commissariat à l'information du Royaume-Unis, 1,1 millions d'enfants sont fichés dans la base de données d'ADN. Nous sommes tous devenus suspects. Malgré une décision obtenue à l'unanimité par la cour européenne pour les droits de l'homme contre ce fait, il est impossible de retirer ces informations de la base de données. De plus, afin d’entrer tous les citoyens du Royaume-Uni dans la base de données plus rapidement, le "père de la carte d’identité", David Blunkett, détourne l’attention des cartes d’identité impopulaires et met l’accent sur l’obligation des passeports.

Le gouvernement a demandé aux départements d'informatique des lycées de développer un réseau antiterroriste où il leur est demandé  de surveiller la navigation sur la toile afin de déceler les accès aux sites islamiques extrémistes et de dénoncer les étudiants qui y accèdent. Les écoles ont relevé les empreintes d'un million d'enfants, et ce pour des activités aussi banales que l'emprunt de livres, l'accès à la cantine et elles ont introduit le système de reconnaissance facial ainsi que l'enregistrement biométrique. Les parents expriment, avec raison, leur mécontentement:

« David Clouter, membre actif de l'association Leave The Kids Alone (NdT : Laissez les enfants tranquilles, certainement inspiré par la chanson des Pink Floyds, The Wall) et lui même père de famille considère l'introduction de la biométrie dans les écoles comme « une réponse disproportionnée à un problème existant » et il croit qu'il s'agit d' « une sorte de gigantesque exercice d'acclimatation pour la prochaine génération, afin qu'ils acceptent l'identification biométrique ». Les jeunes seront tellement habitués à donner leurs empreintes digitales ou à faire face à des caméras qu'ils ne s'interrogeront pas lorsque l'Etat le leur demandera: «  Tous les agents de circulation, toute forme mineure d'autorité se mettront à prendre les empreintes de tout le monde et  les gens ne verrons pas qu'il s'agit de mesures d'exceptions  alors que c'est ce dont il s'agit.


Surveiller tous vos gestes

Google permet aux officiers de voir exactement ce que le drône filme


Une loi récemment adoptée criminalise la prise de photographie d'agents de police (sauf s'ils font la vaisselle). Une nouvelle loi exige de TOUS les vendeurs d'alcool qu'ils installent des caméras vidéos. Les grands commerces du Royaume-Uni ont commencé à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour forcer leurs employés à sourire. Comme si tout cela n'était pas suffisant, les avions-espions de Big Brother qui localisent les Talibans pourront bientôt survoler les habitations et les ministres croient qu'ils deviendront « de plus en plus utiles » au travail de la police.  

« Armés de caméras qui détectent la chaleur, ces véhicules aériens téléguidés pourraient voler à une centaine de mètres d'altitude en recueillant des informations et en surveillant des suspects. »

« Le Microdrone a été testé par la police de Mereyside. Le capot blanc est équipé de la technologie GPS qui permet aux policiers de le guider. Il contient une carte mémoire capable de conserver les enregistrements de plusieurs vols. »

L'accroissement massif des caméras de vidéo-surveillance est alarmant et déroutant lorsque l'on considère leur inefficacité à réduire la criminalité en rapport avec les importantes sommes d'argent engagées par cette technologie (NdT : Quelles sont les sociétés qui ont obtenu les marchés colossaux ouverts par la « guerre au terrorisme »? Cui Bono? Qui sont les membres des conseils d'administration de ces sociétés?) S'agit t' il là simplement d'un processus de conditionnement du public à la surveillance? L' effet psychologique important quoique subtil tient essentiellement à « abrutir » l'expression du libre arbitre de la population. Les radars routiers ont possiblement le même effet – il a été déterminé qu'ils avaient un impact négligeable sur la diminution des accidents mortels. Les sociétés à qui sont accordés ces gros contrats vont pouvoir accroître leur investissement et éventuellement produire des technologies qui elles, fonctionneront vraiment. Le fait que les technologies actuelles ne soient pas fonctionnelles requerra des investissements plus importants.

Le fameux Spy Blog recommande de visionner « Every Step You Take », documentaire « fouillé et suscitant la réflexion » à ce sujet.

Les États imitateurs sous surveillance

 

Ainsi qu'il l'avaient conçu dès le début, les instigateurs de la « guerre au terrorisme » utilisent désormais les nombreuses lois qu'ils ont instaurées pour protéger la population contre elle-même. Il n'y a plus de liberté d'expression lorsque les défenseurs des droits des animaux sont arrêtés et libellés « terroristes ».


« Dans la lignée du célèbre Patriot Act, les autorités des États-Unis semblent chaque jour un peu plus, transformer le pays en un état policier.

Ceci est apparu évident au moment où les membres d'un groupe de défense des droits des animaux ont été arrêtés au motif de « terrorisme » dans les Comté de Santa Cruz et Alameda, comme l'a rapporté la Joint Terrorism Task Force du FBI vendredi. Les États-Unis sont dans les faits arrivés à un moment de leur histoire où la protestation contre des choses immorales est devenue un crime contre le peuple et le gouvernement. »

La dernière arme de la police australienne, une fouille secrète, est un autre exemple démontrant somment des lois introduites pour combattre le « terrorisme » sont en fait utilisées pour accroître le pouvoir des policiers à l'encontre des citoyens. Le gouvernement australien a aussi fait l'apologie d'une nouvelle loi d'écoute qui augmente le pouvoir de la police.

Les Etasuniens qui expriment leurs inquiétudes rapportent que l'augmentation des vérifications usuelles de dossiers et des bases de données ADN pose des questions quant à leur politique d'utilisation. L'Electronic Frontier Foundation et l'American Civil Liberties Union pressent la cour d'interdire la localisation GPS sans mandat. Par contre, seuls quelques journalistes méconnus, quelques groupes privés ou des blogueurs critiquent la proposition du gouvernement. Bien que les  médias de grande audience expriment certaines inquiétudes au sujet de la vie privée, les éditoriaux restent en général en faveur de l'augmentation de l'utilisation des techniques de surveillance par le gouvernement. Bien que le NY Times par exemple, évoque des études remettant en question l'efficacité des caméras pour réduire le crime, ce journal continue de présenter des cas isolés et de laisser la parole aux mêmes personnes au sein du département de la police.

Deux élus républicains ont proposé une nouvelle loi qui obligerait les fournisseurs de service Internet à conserver les données des utilisateurs pendant deux ans. Cette loi est promue auprès de la population comme étant un moyen de lutter contre la pornographie infantile, alors qu'elle cible en fait tout les citoyens en rendant légale l'enregistrement des activités sur Internet.

Les États-Unis intensifient l'utilisation de caméras de vidéo surveillance, bien qu'à un rythme inférieur à celui du Royaume-Unis. Le maire de Chicago illustre cette tendance, il désire en effet que des caméras de vidéo surveillance soient installées à toutes les intersections routières après avoir connecté toutes les caméras en place sur le réseau 911. (équivalent du SAMU - NdT)

Après l'introduction des puces RFID dans les passeports et les cartes d'identité en Angleterre, une nouvelle puce radio fera bientôt son apparition aux États-Unis sur les permis de conduire :

« Cela pourrait finalement fournir un moyen électronique d'identifier  tous les adultes du pays et permettre aux policiers de lister les personnes présentes aux rassemblements antigouvernementaux en se déplaçant simplement parmi la foule. »

« Cette proposition, qui a reçu l'appui de Janet Napolitano – le nouveau chef du département de la Sécurité Nationale (Department of Homeland Security)- permettrait l'incorporation d'une puce à fréquence radio dans le permis de conduire ou plutôt 'permis de conduire amélioré'. »

Au moment où des drones sont testés en Grande Bretagne on les trouve d'ores et déjà en activité le long des frontières étasuniennes.
« Le service de protection des frontières et des douanes étasuniennes (United States Customs and Border Protection) a procédé au premier vol du drone Predator B le long de la frontière avec le Canada. Cet engin utilise des capteurs infrarouges, des détecteurs de chaleur ainsi que des caméras vidéo pour surveiller les activités au sol, dans le cadre d'un plan visant à rendre la frontière plus sûre face aux infiltrations d'immigrants illégaux et de terroristes. »

La « menace terroriste » est une fois de plus utilisée pour justifier des technologies qui seront davantage utilisées pour surveiller l'immigration. Heureusement, ces drones ne sont pas armés comme ceux qui sont utilisés au Pakistan. Mais avec des annonces comme  celles faites par le Pentagone, qui envisage de déployer des robots autonomes dans les zones de combat, combien de temps cela prendra t'il avant que des robots du style Terminator ne commencent à remplacer les forces de l'ordre aux États-Unis? »


Les Plans pour mettre Internet sur écoute


Des inquiétudes ont été soulevées l'an dernier au sujet de la difficulté de mettre sur écoute les conversations VOIP (Voice Over IP) telles que celles que permet le logiciel Skype, au moment où il a été annoncé que celui-ci ne pouvait obtempérer à de telles demandes. L'agence de coopération judiciaire de l'Union Européenne, Eurojust, a lancé une enquête sur la faisabilité de mise sur écoute des conversations électroniques sur Internet. Dans ce cas, la justification invoquée est de cibler les « criminels », mais là encore, les écoutes concerneront des millions de citoyens :

« L'Italie est le leader européen des études de faisabilité, a t-on annoncé vendredi. Le gouvernement Italien a évoqué ses inquiétudes sur le fait que des criminels et des revendeurs d'armes ou de drogue utilisent les réseaux de voix sur IP comme Skype afin d'éviter les réseaux téléphoniques traditionnels qui sont plus aisément mis sur écoute. »

« La possibilité d’intercepter les conversations téléphoniques sur Internet sera un outil essentiel à l’avenir pour combattre la criminalité internationale organisée, en Europe et ailleurs », a déclaré Carmen Manfredda, membre actif d’Eurojust en Italie. « Notre objectif n’est pas d’interdire la téléphonie sur Internet, mais de contrer les criminels qui utilisent Skype et d’autres logiciels similaires pour planifier et organiser leurs actions. Eurojust fera tous les efforts possibles afin d’assister et de coordonner la coopération entre les États membres. »

« A l'avenir, la possibilité de pouvoir intercepter les conversations téléphoniques sur Internet sera un outil essentiel  pour combattre la criminalité organisée au plan mondial et en Europe. » a déclaré Carmen Manfredda, membre actif d'Eurojust en Italie. « Notre objectif n'est pas d'interdire la téléphonie sur Internet, mais de contrer les criminels qui utilisent Skype et d'autres logiciels similaires pour la planification de leurs actions. Eurojust mettra en oeuvre tous les moyens possibles pour assister et coordonner la coopération entre les États membres. »

Les réseaux sociaux démontrent une certaine force de protestation
Les sites de réseaux sociaux n'ont pas encore assisté à une mobilisation de leurs abonnés qui s'opposent aux fait que leurs appels sur Skype puissent être bientôt enregistrés et conservés par les autorités. En revanche, deux exemples récents démontrent que lorsque les usagers se regroupent et organisent un mouvement de protestation, cela peut aboutir à des changements positifs.

Peut de temps après que le gouvernement de Nouvelle Zélande ait annoncé une proposition pour réglementer Internet, des carrés noirs ont remplacé les avatars colorés sur l'ensemble du site de Twitter ainsi que d'autres sites de réseaux sociaux. Résultat ? Le gouvernement de Nouvelle Zélande a abandonné ses projets, ainsi que le rapporte le quotidien britannique « The Guardian » :

«  le Premier ministre néo-zélandais a déclaré lors d'une conférence de presse, que la loi qui obligerait les fournisseurs de services Internet à débrancher ceux qui 'violent systématiquement les droits d'auteurs' a été reportée au 27 mars et que si les détenteurs de droits et les fournisseurs d'accès n'arrivaient pas à s'entendre sur un code de conduite, cette partie de la loi serait suspendue à tout jamais. »

« Mais pour les internautes activistes, la vraie raison de ce recul a été que la campagne de sensibilisation encourageant les utilisateurs à arborer des avatars noirs sur Facebook, Bebo, Twitter ainsi que d'autres réseaux sociaux, a fonctionné. »

Un autre campagne de protestation a porté ses fruits. Elle était dirigée contre les nouveaux termes d'utilisation de Facebook, qui aurait permis à ce dernier de « faire tout ce qu'il veut de vos informations et ce à jamais ». Facebook a reculé devant les protestations:

« Facebook a enlevé de ses termes d'utilisation, la terminologie qui laissait sous-entendre que la société avait le contrôle définitif des données publiées sur le réseau social. (…) les utilisateurs de Facebook se sont immédiatement révoltés, engendrant la création de plusieurs nouveaux groupes dédiés à la lutte contre ce type de modifications. »


Épilogue

L'arrestation d'un britannique pour avoir distribué des DVD du film « 7/7 conspiracy-theory » a suscité une large audience à la vidéo. Sa lecture est fascinante et à environ une minute de la fin , le narrateur exprime sont point de vue intéressant sur la manière dont l'émission de télé « le Loft » a été conçu pour conditionner la population a accepter l'idée de vivre sous surveillance permanente.

Est-il déjà trop tard pour regagner nos libertés perdues ?

C'est en vérité à vous de décider...

Afin de parfaire votre point de vue sur le sujet et de vous aider à prendre des décisions, voici une liste de films que nous vous recommandons :

 

# « The Power of Nightmares » - un documentaire de la BBC qui examine en profondeur la mythique « Guerre contre le terrorisme » - première partie

# « The Power of Nightmares » - deuxième partie

# « The Power of Nightmares« - troisième partie

# « Big Brother City » - documentaire allemand à propos de la surveillance en Angleterre (par ARTE)

# « Widerstand.com » - documentaire allemand à propos du développement de la résistance contre la surveillance du public (par ARTE)

# « Taking Liberties » - nouveau documentaire anglais sur l'érosion des libertés civiles sous le gouvernement de Blair - au cinéma du Royaume-Uni dès le 8 juin

# « Is our privacy threatened ? » - débat avec The Information Commissioner Richard Thomas - BBC Radio 4, « Call You and Yours », 29/05/07

# Commentaires à propos de la récente émission de la BBC « CCTV - You Are Being Watched »

# PBS Frontline - Spying on the Home Front

# Suspect Nation (documentaire du Channel 4)

# ORF Weltjournal - Leben mit Big Brother (reportage australien - diffusé le 21 février 2007)

# Look - film (tourné comme si issu de caméras de surveillance)

# Alltag Überwachung (documentaire allemand)

# Faceless (film réalisé à l'aide de séquences issues de caméras vidéo) par Manu Luksch

# « Stop the Big Brother State » (animation par David Scharf)

# V pour Vendetta (film populaire)

 

Traduction : Zone 7 pour News of Tomorrow

20/02/2009

Le monarque parade dans son royaume

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Jeudi, Nicolas Sarkozy a fait un déplacement à Daumeray, au nord d’Angers, dans le Maine-et-Loire.

Le thème de la visite présidentielle était la réforme de l’agriculture, avec, à la clé, la visite d’une exploitation agricole.

Un déplacement sous très haute surveillance.

Ainsi, un mois après la visite houleuse à Saint-Lo, dans la Manche, près de 700 gendarmes et policiers se sont retrouvés jeudi à Daumeray, petite bourgade de… 1.600 âmes, précise le nouvelobs.

Avec un tel rapport de force, Nicolas Sarkozy a pu « tranquillement » visiter sa ferme, sans risque de voir se pointer le moindre visage d’un quelconque manifestant…

Pour donner une idée de la mobilisation sécuritaire autour de Nicolas Sarkozy, le groupement départemental de gendarmerie avait non seulement mobilisé la quasi-totalité de ses effectifs, soit 230 hommes, mais, en plus, il avait fait appel à des réservistes.

Le groupement de gendarmerie qui était chargé de sécuriser le trajet du président ainsi que la visite de la ferme avait reçu en plus les renforts de quatre escadrons de gendarmes mobiles, venus de Pontivy, Châteauroux, Le Havre et Vannes, ainsi que "l'aide" d'un escadron de CRS affecté lui, à la surveillance de l’aérodrome d’Angers-Marcé. Soit un total de 400 hommes.

Attendez, ce n’est pas terminé…

Des hommes du Raid, du GIPN, une quinzaine de policiers en civil et un hélicoptère étaient également mobilisés pour cette visite d’un village de 1.600 habitants et d’une ferme.

A ces effectifs impressionnants, il y a lieu, cela va de soi, d’ajouter les membres du GSPR, le groupe de sécurité du président de la république…

Nicolas Sarkozy a parlé de la réforme de l’agriculture dans la salle des sports de Daumeray, devant une assistance de 1.000 personnes, sans aucun incident, puisque les invités avaient été triés sur le volet…

Le préfet du Maine-et-Loir peut dormir sur ses deux oreilles. Il ne risque pas d’être muté aux Antilles…

Il devrait même y avoir de la promotion dans l’air dans les mois à venir…

Reste maintenant à connaître la facture de ce déplacement présidentiel...

Et là, c'est une autre histoire.

 

Article original : Le Post

15/12/2008

Grèce : l’arme des émeutes pour cacher le krach

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Les émeutes qui ont embrasé la Grèce depuis le 6 décembre, lorsqu’un adolescent a été abattu par balle lors d’un affrontement violent avec la police d’Athènes, nous porte à croire que l’oligarchie financière cherche à se servir de ce pays comme laboratoire social.

Par Karel Vereycken

Car en réalité, une seule question hante les esprits de nos élites depuis des mois : « Comment va-t-on gérer la révolte qui monte parmi les classes moyennes ? » Une fois transférée la faillite de la sphère financière à la sphère publique des Etats, in fine, c’est à cette population-là qu’on cherche à faire payer les bourses cassées.

Pour faire accepter cet « état d’exception économique », certains pensent instaurer l’état d’exception tout court. Au début des années 1970 en Italie, cela s’appelait la « stratégie de la tension », combinant attentats aveugles, exécutions ciblées, terrorisme idéologique et tentatives de putsch.
Or, que voit-on en Grèce ? A quelques jours d’une grève générale programmée de longue date pour réunir en un front commun les forces politiques contestant une politique de casse sociale sans pareille (privatisation du secteur de l’éducation, des retraites et de la santé ; corruption des grands partis et même de l’église), le mouvement social se retrouve pris en otage par les casseurs.
Sur ce terrain fertile, la rage de quelques milliers d’adolescents cagoulés, les koukoulofori, souvent issus de la bourgeoisie, a fini par contaminer aussi bien « la génération des 600 euros », ces trentenaires hyper-diplômés condamnés aux petits boulots sous-payés, que les jeunes paupérisés des faubourgs. Cette « conjonction » de forces, qui, en France, fait fantasmer tous ceux qui sont en mal d’un « nouveau mai 68 », qui s’est opéré grâce au réseautage sur la toile via Facebook et Hi5, s’avère une véritable aubaine pour ceux qui veulent que rien ne change.
Zoé Kazakis, une étudiante en économie de 22 ans et coordinatrice de la mobilisation entre sa faculté et d’autres établissements du pays, est optimiste mais furieuse. « Nous nous battons contre les privatisations depuis longtemps. Les gens sympathisent de plus en plus avec nous. La crise touche tout le monde, mais le gouvernement est complètement absent. Ma mère, par exemple, dirige un laboratoire médical, mais on doit vivre à crédit depuis plusieurs mois parce que l’organisme qui la paie n’a pas reçu d’argent de l’Etat. Le gouvernement se fout de nous. On voit défiler des milliards, mais la vie est de plus en plus chère ici, plus encore qu’à Paris. »
Pour le peuple grec, la situation est intenable. Si la Grèce paie sa dette publique, qui atteint 93,8% du PIB, c’est en broyant les services publics. Au pays d’Hippocrate, depuis le 21 novembre, le gouvernement a coupé les vivres aux caisses d’assurance maladie, et les hôpitaux et pharmacies se sont brutalement retrouvés à court de moyens. Endettés à hauteur de 4 milliards d’euros de dettes et devant payer les fournisseurs, les hôpitaux en sont réduits à un « service minimum », reportant parfois les interventions médicales faute de gants ou de seringues.
Si l’on a médiatisé à outrance les pilleurs qui ont même mis le feu au Musée d’archéologie nationale d’Athènes, rien ou presque n’a filtré sur le combat en faveur d’un changement de cap économique. Pourtant, comme le rapportait la correspondante de Libération : « Toute la semaine passée [précédant les émeutes], les CRS grecs ont interdit par la force l’entrée du ministère de la Santé à des infirmières, médecins et employés administratifs venus protester contre le non-paiement de leurs salaires, blessant de nombreux manifestants. »
Pendant que les étudiants reprennent le slogan de la révolte étudiante de 1973 contre la dictature des colonels, revendiquant « du pain, de l’éducation et la liberté », les casseurs ont saccagé ou brûlé près de 400 magasins, banques et bâtiments publics désignés comme symbole d’un Etat qui opprime, provoquant pour 50 millions d’euros de dommages.
A la veille de la grève générale, Zoé Kazakis n’hésite pas à dénoncer ces dérives : « Nous sommes débordés par des gens bizarres. Des types qui ne sont pas étudiants et qui sont très violents lors des manifestations. Ce sont eux qui envoient des blocs de marbres sur les policiers et les pompiers. Ce matin, je me suis rendue à la faculté de Polytechnique, où le mouvement a commencé. Il n’y avait plus d’étudiants, mais plein de gars étranges qui faisaient des feux. Quand je leur ai demandé qui ils étaient, ils m’ont dit de dégager. Je me demande vraiment qui sont ces casseurs. Selon moi, il est possible qu’ils soient manipulés par les autorités pour faire dégénérer les manifestations. Car les étudiants sont pacifiques. Nous manifestons avec les profs. Même mes parents et mes grands-parents seront dans la rue demain à l’occasion de la grève générale. »

En tout cas, les émeutes, téléguidées ou pas, permettent de masquer l’implosion du faux miracle économique d’un pays membre de la zone euro, pulvérisé par le surendettement, les placements douteux des finances publiques et la corruption. Comme le dit l’écrivain Takis Théodoroupolos, Athènes se retrouve aujourd’hui face aux mêmes peurs qu’au Ve siècle.
Non pas la peur des barbares, mais celle de la dissolution du tissu social, celle de la perte de cohésion de la cité, celle de la fin du politique.

Pour creuser le sujet : focus
http://www.solidariteetprogres.org/article4923.html

Source : Alterinfo

 

Note de P&P : toujours les mêmes tactiques ponérologiques qui se retrouvent, que ce soit en Grèce, en France (manifs anti CPE, mouvements de grèves), aux USA ou ailleurs : les autorités, voyant la grogne monter et ayant peur que la situation leur échappe, détournent le mouvement revendicatif – pacifique – en l'infiltrant par le biais d'agents provocateurs à leur service. En criminalisant le mouvement, on effraie la population, de sorte que les gens ne soutiennent pas les manifestants, qui sont montrés comme des terroristes. Les bonnes gens s'en remettent au pouvoir pour rétablir l'ordre et arrêter ces "casseurs". Des mesures répressives sont ainsi établies avec l'assentiment de la population : couvre-feu (rappelons-nous les émeutes de 2005 en France), arrestations arbitraires/rafles, condamnations, espionnage de la population. L'élite psychopathique reste au pouvoir, et l'État fasciste s'instaure.

D'autre part, pour ceux qui croiraient encore à l'illusion d'une révolution populaire spontanée, nous leur recommandons la lecture des Protocoles des Sages de Sion. Nous estimons que ces protocoles sont faux et qu'ils ont de forts relents antisémites. Toutefois les mécanismes qu'ils décrivent correspondent étonnament aux dynamiques actuelles. Il faut alors supprimer le terme "juif" de ces protocoles et le remplacer par "élites psychopathes" pour obtenir une description précise de la réalité.

Tout porte effectivement à croire que les révolutions sont fomentées par ceux-là mêmes qui tirent les ficelles en coulisses.

Extrait des Protocoles des Sages de Sion :

La « grande » révolution

Quand la populace s’aperçut qu’au nom de la liberté on lui accordait toute espèce de droits, elle s’imagina être la maîtresse et essaya de s’emparer du pouvoir. Naturellement, comme tout autre aveugle, la masse se heurta à d’innombrables obstacles. Alors, ne voulant pas retourner à l’ancien régime, elle déposa sa puissance à nos pieds. Souvenez-vous de la Révolution française, que nous appelons « la Grande » ; les secrets de sa préparation, étant l’œuvre de nos mains, nous sont bien connus.

 

Combien de mouvements populaires ont été infiltrés et téléguidés ? Combien de mouvement pacifiques et populaires ont été contaminés par quelques casseurs non identifiés ?

Si vous avez encore des doutes sur l'infitration des grèves et des manifestations par des agents provocateurs directement soutenus par le gouvernement afin de décrédibiliser un mouvement auprès de l'opinion public et de justifier une répression policière disproportionnée, jetez un oeil à cette vidéo :

 

Ce film a été tourné dans le cadre du sommet de Montebello réunissant sous forte protection policière les présidents américain George W. Bush Jr, mexicain Felipe Calderón et le premier ministre canadien Stephen Harper pour discuter du projet de Partenariat de Sécurité et de Prospérité (PSP), les 20 et 21 août 2007.

On y voit trois individus, visage masqué par des foulards, qui se tiennent à proximité d'une ligne de policiers anti-émeute de la Sûreté du Québec (SQ), sur le parking d'une station-service de Montebello. L'un d'eux tient un pavé dans la main.

Les trois individus sont rapidement interpelés par David Coles, président du Syndicat Canadien des communications, de l'Energie et du Papier (SCEP), qui les informe qu'ils ne sont pas les bienvenus : "lâchez ce pavé, c'est notre manifestation, c'est un rassemblement de retraités, de grand-mères et de grand-pères"

En réponse le dirigeant syndical se fait bousculer par les types masqués. La scène attire l'attention et déclenche un attroupement. Quelques manifestants accusent alors les trois types d'être des policiers, certains allant jusqu'à chercher à leur arracher leur foulard. "Ces trois types sont des flics !", se met à crier Coles. "Lâchez ce pavé Monsieur le policier", dit-il ensuite. Si le but de ces types était de passer inaperçu, alors le moins que l'on puisse dire c'est que c'est plutôt raté.

D'ailleurs, au lieu de fuir discrétement, le trio s'approche de la ligne antiémeute. L'un d'eux se penche à l'oreille d'un des policiers en uniforme de combat, et semble lui murmurer quelques mots. Puis, les trois types masqués feignent de forcer la ligne policière, et sont immobilisés au sol, menottés et arrêtés.

Certains observateurs n'ont pas manqué de souligner la douceur des policiers, qui contrastait fortement avec les quatre autres arrestations de manifestants survenues au cours de la même journée.

Mais même cet ultime effort pour se faire passer pour d'authentiques délinquants se retournera éventuellement contre eux. Jetez plutôt un oeil à cette photographie...lorsque la réalité dépasse la fiction :

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Sur cette photo prise par un manifestant lors de l'«arrestation», on peut en effet apercevoir clairement que les semelles de chaussures des types masqués et celles des policiers ont la même sculpture et portent le même logo jaune. Et pour couronner le tout, ces types masqués, se baladant pavé à la main dans une manifestation n'ont même pas été accusés.

La crise mondiale savamment mise en oeuvre par nos chères élites devrait encore croître en 2009, apportant avec elle son lot de souffrance, de chômage et de mouvements sociaux.

Lorsque ceux-ci prendront de l'ampleur en Europe en général et dans note douce France en particulier, vous remarquerez peut-être que les médias de masse épiloguent de plus en plus sur "la nuit de violence a embrasé la ville de...", "en fin de cortège des casseurs se sont attaqués aux magasins...", "de nombreux véhicules ont été incendiés...", "de nouvelles violences ont émaillés les manifestattions de...", "de violents combats ont opposé les forces de l'ordre et..."

Lorsque vous entendrez pour la nième fois les débilités mensongères ressassées par les officines médiatiques soumises à quelques-uns des plus grands fabricants d'armes de la planète comme Dassault ou Lagardère, alors peut-être vous remémorerez vous ces images et réaliserez que sous les bons hospice de Sarkozy, CRS et casseurs travaillent main dans la main pour détruire les mouvements populaires qui oeuvrent à préserver les quelques derniers droits des citoyens français.

02/12/2008

"Réforme" de l'éducation : des chiens policiers en guise de pions

Note de P&P : On pourrait introduire l'article qui suit, tiré de ce modèle d'objectivité et d'indépendance qu'est "Libération", par une phrase que nos amis anglophones aiment coller à l'arrière de leur voiture : "If you're not outraged, you're not paying attention" ("Si vous n'êtes pas outré, c'est que vous ne faites pas attention")

Jour après jour, le pillage des libertés s'intensifie en France, l'État policier s'instaure (pas si) lentement mais sûrement, sous la férule de notre bien-aimé président ziocon (sioniste / conservateur) d'ascendance khazare, amateur de clinquant et accessoirement grand admirateur de la plus grande démocratie au monde, sur le modèle duquel il s'appuie, grand bien nous fasse, pour dessiner l'avenir de la France.

Nous avions déjà un avant-goût du nouvel État policier : cassage du droit de grève - grâce entre autres à la corruption des syndicats et à la propagande anti-gréviste (grévistes = terroristes) servie par les médias ; criminalisation / répression des étudiants ; rafles des sans papiers qui rappellent un passé proche peu glorieux ; contrôle du Net, et des dizaines de témoignages affligeants qui soulignent l'impunité grandissante de policiers psychopathiques visiblement de plus en plus à l'aise et décomplexés dans leur mission.

La destruction du système d'éducation avait déjà bien commencé, avec la suppression de postes et de matières telles que l'histoire-géo, ainsi que la surveillance et l'incitation à la délation des enseignants (et de tous les acteurs du Net).

Mais voilà la prochaine étape de la fascisation de la société française : désormais, Sarko n'hésite pas à lâcher ses chiens (humains et animaux) dans les écoles. Cette petite nouveauté va de pair avec le projet de loi sur la détection de la criminalité dès 3 ans qui comme par hasard vient de ressortir du placard, et avec un rapport destiné à l'adorable ministre de la "justice" qui préconise d'enfermer les gosses dès 12 ans.

Le bruit des bottes se fait plus assourdissant de jour en jour. Reste à savoir si chacun y répondra autrement que par le silence des pantoufles.

«Le chien s'est acharné sur plusieurs cartables»

Retour sur la descente de gendarmes antistups avec des chiens fin novembre dans un collège du Gers. Avec le récit d'une élève, lu par son père, et le témoignage inédit du proviseur de l'établissement.

Journaliste: Jean-Baptiste Diaz

L’affaire suscite l’indignation des parents d’élèves et de la Ligue des droits de l’homme qui publiait hier un communiqué. Ces dernières semaines, les forces de l’ordre ont débarqué dans deux établissements scolaires du Gers pour procéder à des opérations de «prévention» contre l’usage de la drogue.

La dernière intervention remonte au mercredi 19 novembre. Dans le collège de Marciac, 4 gendarmes et un maître-chien font irruption en pleine classe. «Ce mercredi là, toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs, raconte Zoé, 14 ans. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes (…) "Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique!"»

Quand Zoé raconte cette histoire à son père, Frédéric David, ce dernier est abasourdi puis révolté. Il demande alors à sa fille d'écrire sa version des faits.

Aujourd’hui, Libération vous propose d’écouter ce témoignage lu par le père, et croisé avec celui du principal.

«Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures», écrit Zoé.

«Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: "On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… " Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!!», raconte encore l'adolescente.

Interrogé par Libération, le principal du collège Christian Pethieu semble un peu dépassé par ce début de polémique.

«L’intervention s’est réalisée dans un climat que j’ai jugé serein et sans excès», commence t-il par dire. Mais c’est mon point de vue, c’est ma perception… Et bien évidemment je n’aurais pas manqué de stopper l’intervention si tel n’avait pas été le cas. Je n’ai pas vu de fouille corporelle par exemple… Mais il est possible qu'il y en ait eu. Je ne garantis pas qu’il se soit passé autre chose, ça je n’en sais rien.»

Interrogé sur les raisons de cette intervention, le principal se défend de toute implication: «Les gendarmes ne sont pas intervenus spécifiquement par rapport à des soupçons… Non, ils sont intervenus dans le cadre d’une opération nationale.»

L'Humanité souligne ce matin que cette intervention a coïncidé avec une autre procédure semblable deux jours avant, le 17 novembre, à l’école des métiers d’Auch-Pavie, toujours dans le Gers. Selon la FCPE locale, citée par le quotidien, 23 interventions de ce type auraient déjà été menées depuis début 2008.

Source : Libération

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En savoir plus :

Témoignages d'élèves sur Indymédia Toulouse

Témoignage d'un professeur sur la descente à Auch-Pavie (Alterinfo)

    06/11/2008

    Milices sarkoziennes à l'oeuvre

    «Je m'appelle Patrick Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, conteur, metteur en scène et auteur. A Genève, je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, et m’occupe également du festival « De bouche à oreille». Je viens régulièrement au festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles du « in » et du « off ». Notre compagnie s’y est d’ailleurs produite à trois reprises. Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie d’une représentation et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes. Il y a foule sur la place, nous assistons avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates. J’entends le son d’un Djembé derrière moi. Le percussionniste est accompagné par un joueur de Kamele Ngoni. A peine les musiciens africains commencent-ils à jouer, qu’un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour contrôler leur identité.

    J'ai pensé que l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie, et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me semblait une injustice. Il s’agissait pour moi d’un acte citoyen. J’ai donc abordé un des C.R.S et lui ai demandé :

    « Pourquoi contrôlez vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? »
    « Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regardes! »

    J’ai poursuivi : « Justement ça me regarde. Votre attitude me semble discriminatoire. »
    « Tes papiers ! »
    « Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »
    « Mets-lui les menottes ! »
    « Mais vous n’avez pas le droit de… »
    Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.
    « Tu vas voir si on n’a pas le droit.»
    Et brusquement ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon ami et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé, choqués, alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces, les bras en arrière et m’enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé : « Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! » « Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos, je te dis, plus vite, arrête de gémir ! » Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre. Des gens s’indignent, sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation.
    Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 300 mètres plus bas. Là ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir mais l'un des policiers me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer. "c'est pour ma sécurité " déclare il narquois. Jusqu’au commissariat de St Roch le trajet est court mais il me semble interminable.
    Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’ai subi dans un état lamentable.
    « Vous êtes de quelle nationalité ? » « Suisse. »
    « Vous êtes un sacré fouteur de merde »
    « Vous n’avez pas le droit de m’insulter »
    « C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)
    Je comprends qu’ici on ne peut pas s’exprimer librement.
    Ils font volontairement traîner avant de m’enlever les menottes.
    Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite.
    Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.
    « Enlevez vos vêtements ! » J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas.
    « Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »
    J’essaye de l’ôter sans y parvenir.
    « Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »
    « Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout ! »
    Je force en tirant sur le lob de l’oreille, la boucle lâche.
    « Baissez la culotte ! »
    Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de garde à vue.L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Je n’écris pas tout cela pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est tristement banal.J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non violent, par conviction. Après une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour prendre mes empreintes et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. « Hee bien, ils vous ont pas raté. C’est les CRS, haa bien sur. » J’apprends que je suis poursuivi pour : « outrage, incitation à l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique ». C’est vraiment le comble. Je les aurais soi disant agressés verbalement et physiquement. Je raconte ma version des faits. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J’erre dans la ville comme un boxeur sonné.
    Je marche péniblement. Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place des papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucune insulte, ni n’ai commis aucune violence. Les témoignages soulignent l’incroyable brutalité de l’intervention des CRS. J'espère toujours trouver quelqu'un qui ait filmé ou photographié la scène. Après 5 jours de recherches, soudain, un monsieur africain m’a abordé, c’était l’un des musiciens qui avait été interpellé. Il me cherchait depuis plusieurs jours. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’il
    viendrait témoigner pour moi. Qu’il s’appelle Moussa Sanou.
    « Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »
    « Oui. » M’a-t-il répondu surpris.
    Nous nous sommes souri et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.
    Il se trouve que je vais partir créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera « Chaque homme est une race » et l'un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou. Coïncidence ? Je ne crois pas. Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore.
    La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race c’est moi. » Invité à s’expliquer, il ajouta « Ma race c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, monsieur le policier. »

     

    Article original : Contre journal Libération

    02/02/2008

    Tazer : 167 morts depuis 1999

    le taser l’arme de la police qui va mettre le feu aux quartiers

    Bonsoir à toutes et à tous,

    Ci-joint notre communiqué de presse, pour les liens actifs vers les vidéos, se rendre sur notre site

    Réactions d’un syndicat de police et du Ministère de l’Intérieur dans la brève Reuters qui suit.

    Ne pas hésiter à faire suivre...

    Taser, l’arme qui va mettre le feu aux cités

    mercredi 18 octobre 2006

    Alors que l’attribution des armes Taser à plus de 5000 représentants des forces de l’ordre est imminente, RAIDH s’inquiète des conséquences de l’escalade de violence que provoquera l’introduction de ces pistolets à électrochocs, à 10 jours de la commémoration de la mort par électrocution de Ziad Benna et Bouna Traore...

    Dans les tous prochains jours, le Taser X26, une arme qui adresse une décharge électrique de 50 000 volts et paralyse le système nerveux de la victime pendant plusieurs secondes sera mise à disposition de 3 000 policiers et 2 000 gendarmes.

    Voir les effets de ces armes sur

    - une personne en état d’ébriété (un peu long mais édifiant)


    - une manifestante (immobilisée, au sol)


    - une femme qui refuse de descendre de sa voiture (1er coup de taser au bout de 30 secondes !)

     

    - Autres vidéos et matériel de campagne...

    Informés par le RAIDH sur l’équipement prochain des forces de l’ordre en pistolets à électrochocs paralysants et sur leurs dangers, 11 parlementaires ont adressé des questions écrites au Ministre de l’Intérieur depuis le 12 juin dernier.

    Aucune réponse du ministère de l’Intérieur depuis lors... Et les résultats du rapport d’expérimentation du Taser testé depuis janvier 2004 sur 130 personnes en France, demeure toujours secret...


    Ainsi :

    Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice (PS) Monique Cerisier-Ben Guiga, sénatrice (PS) Yves Détraigne, sénateur (UDF) Francis Hillmeyer, député (UDF) Jean Gaubert, député (PS) Yvan Lachaud (UDF) Bruno Le Roux (PS) François Liberti (CR) Martine Lignières-Cassou (PS) François Marc Sénateur (PS) Christophe Masse (PS) Bernard Piras, sénateur (PS) Ivan Renar, sénateur (PC)

    ont fait part de leurs préoccupations face aux dangers que fait courir à tous l’introduction des pistolets électriques à électrochocs paralysants.Ils soumettent au ministère leur désir de voir publié le rapport d’expérimentation de ces armes par les forces de l’ordre équipées pendant la période de tests. Les Sénatrices Nicole Borvo Cohen-Seat et Monique Cerisier-Ben Guiga demandent également « un moratoire immédiat sur les commandes de Taser effectuées par le ministère dans le cadre de l’appel d’offre en cours ». Parallèlement, Ivan Renar suggère au ministre de l’Intérieur l’interdiction de la vente libre de ces armes.

    Car celles-ci seront en plus en vente libres et fournies au " polices municipales " et aux boites de sécurité privées

    Un pistolet à électrochocs paralysants laisse moins de traces qu’une matraque, crée des souffrances aiguës et sera succeptible d’être utilisé par les forces de l’ordre pour intimider, humilier ou faire parler des suspects, détenus, prisonniers ou simples citoyens. Dans ces conditions, ce pistolet s’apparente à une arme de torture au sens de la Convention des Nations Unies

    contre la torture de 1984. La France ayant ratifié cet instrument en 1986, est dans l’obligation de prévenir tout acte de torture qui pourrait être commis sur son sol. En dotant des forces de l’ordre au contact constant de la population de pistolets à électrochocs paralysants, telles les B.A.C, nos autorités se rendent coupables de défaut de vigilance et exposent la population à des souffrances extrêmes et injustifiées.

    RAIDH entend continuer à dénoncer les risques que la diffusion de pistolets à électrochocs paralysants dans notre société fait courir à toute la population. RAIDH appelle tous les citoyens à se joindre à la mobilisation pour que tous soient informés des dangers que représentent ces armes dont sont munis ceux qui ont pour première mission de nous protéger.

    167 morts rien qu’aux Etats-Unis et au Canada depuis 1999 Plus de 1500 signataires à la pétition Taser de RAIDH.

    Nous ne laisserons pas les dernières aggressions envers la police et "l’anniversaire" des émeutes servir de prétexte facile à une utilisation généralisée du Taser.

    RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme


     Note de P&P : Vous avez bien lu, le Tazer a déjà fait 167 morts aux Etats Unis et au Canada depuis 1999. Parallélement le gouvernement français a financé avec les deniers publics l'achat de milliers de tazers pour les forces de police et de gendarmerie et il a en outre autorisé la vente libre de cette arme.

    30/01/2008

    Travailler plus pour se suicider plus ?

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    Six policiers se sont suicidés depuis le 1er janvier 2008. Dernier en date, un gardien de la paix s’est donné la mort, jeudi matin, avec un fusil de chasse dans le jardin de son pavillon en région parisienne. Ce fonctionnaire, anciennement affecté à Paris, avait depuis quelques mois une «position aménagée» en raison de problèmes psychologiques, selon une source policière.

    Note de P&P : Six suicides entre le 1er janvier et le 28 janvier ça fait quand même plus d’un suicide tous les 5 jours. Mais Libération nous rassure immédiatement, il n’y a aucun problème structurel.

    Tout s’explique : le policier avait des problèmes psychologiques. Libération s’empresse de préciser que cette histoire de problèmes psychologiques provient d’une source policière.

     

    Amplification. Le suicide dans la police est une préoccupation constante parmi les syndicats professionnels, ne serait-ce que parce que les policiers disposent d’une arme à feu personnelle : en 2007, cinquante policiers se sont donné la mort, soit autant qu’en 2006. Et les chiffres de janvier 2008 ne sont pas, de prime abord, plus alarmants que ceux du premier mois de l’année dernière, puisque, selon les statistiques officielles, huit policiers s’étaient suicidés en janvier 2007.

    Note de P&P : Si Libération n’était pas contrôlée par le très professionnel Rotschild on pourrait soupçonner la rédaction de Libération de partialité.

    En effet une simple recherche sur Internet nous montre que dans les années 80 et 90 il y avait en moyenne trois suicides par mois dans la police.

    8 suicides par mois cela signifie une augmentation de 250%. Alors que les effectifs de police sont passés de 112000 en 1990 à 145000 en 2005 soit une augmentation de moins de 23%.

    Libération écrit, « les chiffres de janvier 2008 ne sont pas, de prime abord, plus alarmants que ceux du premier mois de l’année dernière ».

    Une analyse plus objective consisterait à déclarer que les chiffres de 2008 sont tout aussi alarmants que les chiffres de 2007 et démontrent une augmentation dramatique et confirmée par deux années de résultats catastrophiques des suicides chez les policiers (+250% par rapport aux années 90).

     

    Le débat s’est en revanche amplifié ces dernière semaines sur les raisons de ces passages à l’acte : «C’est tellement facile de lier ces suicides à des problèmes personnels. Il y a un problème de fond, c’est la pression hiérarchique et le poids de la rentabilité que l’on met sur les policiers», affirme Joaquin Masanet. Le secrétaire général de l’Unsa police, syndicat majoritaire parmi les gardiens de la paix, pourfend depuis longtemps «la culture du résultat» instauré par Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l’Intérieur. Mais il estime aujourd’hui que cette «course aux chiffres», consistant à évaluer et à récompenser les policiers sur leur nombre de PV et d’interpellations, «est plus mal vécue qu’avant» et que ce malaise concerne l’ensemble de la hiérarchie : «La preuve, trois commissaires se sont donné la mort en moins de deux ans», affirme Joaquin Masanet.

    «Les gars sont maintenant beaucoup moins tolérants par rapport à la pression qu’on leur met. Ils réagissent plus sur les notions de contrôle et de résultats», confirme un autre syndicaliste évoquant le coup de grogne d’une vingtaine de ces collègues en poste à Belfort qui ont boycotté, le 22 janvier, les vœux du directeur départemental de la sécurité publique (DSDP) : «Nous travaillons dans un climat de suspicion qui va crescendo. On nous demande plus d’interpellations, plus de radars, plus de timbres-amendes, plus de contrôles d’étrangers en situation irrégulière. Bref, ce qui compte, c’est de faire du chiffre. Ce qui nous inquiète, c’est qu’on s’écarte de plus en plus de notre métier : la sécurité et la poursuite des délinquants», se sont insurgés des représentants syndicaux dans le quotidien l’Est républicain.

    Pour le secrétaire général du Syndicat général de la police (SGP-FO), Nicolas Comte,«le policier est au centre des tensions de la société». Il estime que les raisons de tels actes suicidaires sont «diverses mais plus compliquées» qu’un «simple motif d’ordre privé», comme l’ont indiqué des sources policières après les enquêtes ouvertes sur les cinq premiers suicides de 2008.

    «Amalgame». Le syndicat des commissaires SCPN (majoritaire) a réclamé jeudi «une fois de plus l’ouverture en urgence d’un large débat» entre l’administration et les syndicats estimant,que les «suicides touchent tous les corps [de la police] sans exception». Le SCPN ajoutait qu’il y a souvent «un amalgame inacceptable» sur ces suicides, le débat se focalisant parfois sur les commissaires «à qui on demande un management sans faille sans leur en donner les moyens». Dans ce contexte, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices), a été chargée d’une mission d’écoute et de conseil au commissariat de Tours (Indre-et-Loire) après qu’un policier s’est donné la mort le 13 janvier. C’est la troisième fois qu’un policier se suicide ou tente de se suicider en un an en Touraine.

    Note de P&P : Qui était ministre de l’Intérieur jusqu’en 2007 ? Qui est président de la République depuis 2007 ? Qui a poussé au rendement dans la police, qui a promu une politique du rendement ? Qui a promis des augmentations de moyens ? Qui a promis une baisse de la délinquance ? Qui a poussé aux actions répressives ? Qui a monté les policiers, défenseurs de nos droits contre les « racailles des cités » ?

    Au final les policiers se suicident, les banlieues s’embrasent et Sarkozy se pâment dans son miroir et l’écoute inlassablement lui répéter : « oui tu es le plus riche, tu es le plus beau, tu es le grand des président ».

     

    Article initial publié par Libération

    07/01/2008

    Les pompiers pyromanes

    Il y a un mois, la banlieue nord prenait feu - une fois de plus. C’était à Villiers-le-Bel, les 25 et 26 novembre 2007. Le fait brut : deux adolescents de 15 et 16 ans sont morts, à bord de leur mini-moto, après avoir percuté (ou été percutés) par un véhicule de police en patrouille. Cela s’est passé le 25 novembre, vers 17 heures et, très rapidement, les informations distillées par la police précisent que les deux jeunes circulaient sur une moto volée. Premier mensonge. Pour la procureure de la République de Pontoise, qui s’exprime avant même que la moindre enquête a débuté : « C’est un simple accident de la route. »

    Note de P&P : A quoi bon financer des avocats, des experts, des enquêteurs lorsque avant toute enquête ou procès le procureur détient la vérité ? L'incquisition avait cette qualité-là elle était fort économe en terme de coût et de durée. Un bon tortionnaire pour obtenir des aveux, un bon inquisiteur pour donner un semblant d'équité et le tour était joué.  

     

    Il n’en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres, alors que les jeunes de cette banlieue sont en émoi. Déjà, le porte-parole du syndicat Alliance de la police nationale tient à décrire les jeunes de ce quartier comme des « voyous ». Evidemment, les deux victimes sont bien connues des services de police. Avant même que la violence ne déferle sur Villiers-le-Bel et les communes limitrophes, des renforts de police ne tardent pas à arriver en nombre, après qu’un commissaire de police qui, semble-t-il, s’appliquait à calmer les esprits, a été lourdement tabassé.

    Dans la nuit, alors que de nombreux bâtiments, dont un commissariat de police et une école, flambent à Villiers-le-Bel, le préfet du Val-d’Oise explique prudemment qu’il n’est pas possible de déterminer les circonstances de ce qu’il qualifie d’ »accident ». une certitude, pourtant, le choc a du être d’une grande violence, vu l’état du véhicule de police - ce dont témoignent les images rapidement vues à la télé. Il est important de noter que, dès le drame, et dans le calme, des jeunes du quartier montent une garde vigilante autour de la voiture des policiers, expliquant que c’est une pièce à conviction qu’il ne faut absolument pas déplacer. , et qu’il faut garder en l’état pour l’édification des enquêteurs.

    Le 26 novembre, alors qu’a été abandonnée l’affirmation selon laquelle la mini-moto aurait été volée, les autorités policières s’appliquent désormais à vouloir démontrer que la capot du véhicule de police a été abîmé à coups de barres de fer, ce qui a pour but évident de faire croire que le choc n’aurait pas été tellement violent avec les deux victimes. Deuxième mensonge, qui apparaîtra rapidement, car la presse écrite et la télévision se sont procuré un document vidéo réalisé dans les minutes qui ont suivi la collision. Il est évident que la vue du capot, ouvert, ne peut que démentir l’affirmation des policiers, car des coups de barres de fer auraient plutôt écrasé le capot.

    Lorsqu’il devient de plus en plus évident que la responsabilité des policiers est engagée, la procureure du Val d’Oise annonce l’ouverture d’une enquête pour homicide involontaire, et non-assistance à personnes en danger. En revanche, alors que, durant les nuits du 25 et du26 novembre, des policiers ont été blessés avec des plombs de fusils de chasse, cela est immédiatement qualifié de « tentative d’assassinat. » Dans le premier cas les policiers, - couverts par leur hiérarchie - ne risquent pratiquement rien, puisqu’il y aura sans doute non-lieu, tandis que les tireurs présumés peuvent être condamnés à dix ou quinze ans de prison - même si les preuves sont approximatives. Il n’en reste pas moins que, selon le l’IGPN, qui n’a pas encore divulgué le moindre résultat d’enquête : « La responsabilité des policiers ne serait pas engagée... »

    Note de P&P : Lorsqu'une même clique contrôle les sphères médiatiques, juridiques, politiques, économiques et judiciaires alors toutes notions de droit, de liberté, de défense du citoyen deviennet caduques. Le juridique devient partialité, le judiciaire devient violence, l'économique devient exploitation et le médiatique devient propagande. L'édifice collectif dans son ensemble se transforme en un instrument au service des intérêts de la minorité qui le contrôle. 

     

    Dès le 25 novembre, dans la soirée, nombreux sont les « grands frères », les familles, les élus locaux qui, rapidement, tentent de calmer les esprits. Ce qui n’est pas du goût des CRS venus « sécuriser » les quartiers. Le père de l’une des victimes, qui va passer la nuit à raisonner les jeunes, dans les rues de Villiers-le-Bel, s’entend dire par des policiers : « Rentrez chez vous, espèce de con ! » (Libération, 27 novembre 2007). De son côté, la procureure se laisse aller à décrire les deux adolescents comme des « individus ». (France 3, 27 novembre 2007)

    Une certitude. Trop souvent, les véhicules de police provoquent des collision, en dehors même de leurs heures de service. Comme si la priorité leur serait due en tout temps et en tout lieu. Par ailleurs, une fois de plus, il n’est pas possible de ne pas rappeler cette attitude des policiers consistant à stopper de possibles délinquants., circulant sur des deux roues, quitte à provoquer de graves accidents - afin que force reste à la loi. Il n’en reste pas moins que les policiers récusent la thèse de la course poursuite alors que des témoins affirment que ces jeunes avaient déjà été contrôlés trois fois au cours de cette journée. Rien n’est exclu mais nul ne se risque plus à évoquer le refus de priorité des jeunes. Et pas davantage à quelle vitesse circulaient les policiers - même si la ministre de l’Intérieur affirme légèrement qu’ils ne roulaient qu’à 40 km/heure. Ce qui est peu crédible, vu l’état de leur véhicule. Ici, on ne ment plus, on élude.

    Note de P&P : Certains chefs d'état ont tout intérêt à soutenir plus ou moins directement les violences policières celles-ci ont plusieurs "vertus" d'une part elles déclenchent des réactions de la part des victimes et renforcent la thèse officielle du dangereux immigrés d'autre part elles renforcent la peur nourrie par la population et réduit d'autant sa capacité à penser et à agir avec discernement.

     

    Retour de Chine, le 29 novembre, alors que la banlieue est redevenue calme, Nicolas Sarkozy s’applique à jeter de l’huile sur les braises fumantes. Sans faire dans le détail, il s’applique à décrire globalement les jeunes des quartiers « sensibles » tels les membres d’une « voyoucratie » organisée, menaçant les institutions. Laissant même entendre que toute une population serait sous la coupe de trafiquants de drogue. 

    Note de P&P : Sarkozy a tout intérêt a stigmatiser une prétendue voyoucratie, il entretient ainsi les peurs populaires qui constituent son fond de commerce politique. Nombre de français ont cru à la thèse de Sarkozy sur le dangereux immigré, la racaille comme il aime les appeler. Comme un autre dirigeant, quelques décennies avant lui, avait obtenu  ses suffrages en attisant la peur des juifs. Sarkozy comme ce triste prédécesseur, se présentent en hommes providentiels, seuls capables de lutter contre la peur qu'ils ont eux-même créée.

     

    Le 4 décembre, pour mieux semer le doute, et la haine, entre les habitants de cette banlieue, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, justifie l’appel à la délation lancée par les autorités policières : « Cela est inscrit dans la loi », nous précise la première flic de France. 

    Note de P&P : Voilà une autre croyance qui aura fait bien des dégâts, cette croyance selon laquelle la loi est systématiquement bonne. Qui fait les lois ? Croyez vous vraiment qu'une poignée de priviliégiés oeuvrent dans l'objectif d'élaborer des lois qui soient bonnes pour le peuple ? Croyez vous que le traité européen soit bon pour le peuple ? Croyez vous que la radiation d'un chômeur après deux refus d'offre d'emploi soit bonne pour le peuple ? La loi n'est rien d'autre que le paravent de légitimité derrière lequel se cache une poignée d'individus dénués de conscience.
     

    Comme l’a fort bien formulé Hamé, porte parole du groupe de rap La Rumeur : "on est sarkozyste, ou l'on est un voyou !"

     Note de P&P : Et l'on retrouve ici un grand classique de la pensée ponérisée. C'est exactement la dialectique des faucons de Washington dans leur prétendue guerre contre le terrorisme : "vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous". Cette vision duelle du monde est erronée et elle nie l'existence même d'une majorité de français qui ne sont ni sarkozystes ni voyou. Du reste ne serait-il pas possible d'être sarkozyste et voyou (comme l'ex chef de cabinet de Christine Boutin par exemple ?) 

    Article original issu du blog e-torpedo.

    19/11/2007

    L'effet Sarkozy

    Le commissaire de Castres a été retrouvé mort dans son bureau de l'Hôtel de police dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 h 30. Arnaud Tregouet, 36 ans, s'est selon toute vraisemblance suicidé avec son arme de service, d'une balle dans la tête. Un officier du commissariat, qui cherchait à le joindre, a découvert le corps sans vie de son patron qui était de permanence ce week-end. Le policier n'arrivant pas à rentrer en contact avec lui par téléphone et le sachant dans les locaux est alors monté à son bureau situé au premier étage. Le fonctionnaire a trouvé la pièce fermée de l'intérieur. Ses appels restant toujours sans réponse, il a défoncé la porte et a trouvé le commissaire mort derrière son bureau. Personne n'avait entendu de coup de feu.

    Un drame qui laisse le commissariat et tous ceux qui connaissaient cet homme, arrivé à Castres en septembre dernier, dans la tristesse et l'incompréhension. Rien ne laissait en effet présager de ce geste. Arnaud Tregouet, marié et père de deux enfants en bas âge, était connu comme quelqu'un de dynamique, efficace, sociable, pourvu d'un humour particulièrement fin.

    Énergique et volontaire

    Après 10 ans de carrière comme officier en région parisienne et au Mans, il venait de devenir commissaire après avoir suivi une formation à l'École nationale supérieure de la police de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Il était ravi d'étrenner son nouveau grade à Castres où il s'était parfaitement intégré avec une volonté et une énergie incroyables. À peine aux manettes du commissariat sud-tarnais, il s'était d'ailleurs illustré en menant à bien plusieurs affaires judiciaires dont l'arrestation d'un des violeurs présumés d'une jeune fille de 17 ans à Castres en juin dernier. La semaine dernière, ses hommes avaient démantelé un réseau de stupéfiant sur la sous-préfecture tarnaise.

    Aucune explication

    Samedi soir, il assistait au match du Castres olympique contre Calvisano au stade Piere-Antoine et semblait détendu.

    La procureure de la République de Castres, Danièle Drouy-Ayral, qui s'est rendue sur les lieux du drame dans la nuit, a ouvert une enquête confiée au SRPJ de Toulouse qui faisait hier matin les constatations d'usage. Mais le suicide ne faisait quasiment aucun doute même si aucune lettre d'explication n'a pour le moment été découverte. Le commissaire n'avait aucune difficulté professionnelle et son geste pourrait être liée à des problèmes personnels ou familiaux.

    La préfecture n'a pas souhaité commenter ce drame mais envisage de mettre en place une cellule d'aide psychologique pour les fonctionnaires du commissariat.

    « Les fonctionnaires sont abasourdis »

    Pascal Bugis, maire de Castres : « J'ai appris avec émotion la disparition prématurée du commissaire Tregouet avec lequel nous avions commencé à travailler dans d'excellentes conditions. Ma première pensée est destinée à la famille et à tous les membres du commissariat. »

    Danièle Drouy-Ayral, procureure de la République de Castres : « C'est dramatique pour le service qui se retrouve dans une situation difficile alors que rien ne laissait présager cette difficulté. Le commissaire gérait très bien son service et était très apprécié. J'ai évidemment une pensée extrêmement émue pour sa famille. On connaît tous les difficultés de ce métier et les répercussions sur les familles ».

    Nicolas Castel, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance : « Nous sommes stupéfaits. Dans ces circonstances, nous sommes évidemment aux côtés de la famille et de nos collègues du commissariat de Castres. Décidément, ce commissariat, qui avait déjà eu à gérer le suicide d'un fonctionnaire il y a quelque temps, n'a vraiment pas de chance »

    Philippe Folliot (député de Castres-Montagne) : « Un suicide reste toujours une affaire très délicate. Nous sommes dans la sphère privée. En même temps, celui d'un commissaire dans son bureau avec son arme de service, ce n'est pas anodin. Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, que j'ai eue au téléphone, s'est émue de ce drame, tout comme moi. Avec elle, j'exprime ma solidarité à la famille et à la communauté du commissariat de Castres. Il avait su se faire apprécier rapidement. Il était également reconnu pour son professionnalisme et sa dynamique dans le travail ».

    Jacques Landes (secrétaire départemental UNSA police) : «C'est la stupéfaction, un coup de massue. Nos pensées vont à sa famille, sa femme, ses enfants, ses parents. On ne s'explique pas ce geste. Tous les fonctionnaires du commissariat sont abasourdis par cette nouvelle. C'était un homme qui savait faire preuve d'écoute et d'humanité».

    Un cas par semaine dans la police

    Certes, il est malaisé d'établir un lien direct entre le suicide d'Arnaud Trégouet, le commissaire de Castres, et ce qu'on appelle couramment le stress du policier. Pourtant, il y a bien une réalité, encore soulevée en début d'année quand le ministère de l'Intérieur a dû faire face à une recrudescence de décès volontaires.

    En France, la police déplore en moyenne près d'un suicide par semaine. Sur la seule année 2006, quarante-huit agents se sont donné la mort. Si les autorités policières n'aiment guère évoquer ce sujet, elles ont dû malgré tout prendre le problème à bras-le-corps en se dotant d'une « unité spéciale » capable de répondre aux problèmes des fonctionnaires. Le Service de soutien psychologique opérationnel (SSPO) créé en 1996. Une année de référence puisque cette année-là, pour le seul mois de février, dix policiers avaient mis fin à leurs jours.

    Plus vulnérables, les policiers ? Peut-être pas, mais en tout cas plus exposés à la mort, à celle des autres et à la leur, comme des affaires récentes de meurtres de policiers ou de gendarmes viennent encore nous le rappeler.

    Les policiers, qui comptent une majorité d'hommes, sont en possession d'une arme de service, la même qu'ils retournent contre eux dans trois suicides sur quatre. Principaux concernés, les gradés et les agents, tandis que les « morts par désespoir » semblent peu viser les commissaires qui peuvent souffrir pourtant des mêmes difficultés inhérentes à la profession : horaires bousculés, vie déséquilibrée, « moindre tolérance à la séparation familiale et à la rupture qui accentue encore l'isolement social d'un métier souvent critiqué par l'opinion… » Les raisons sont nombreuses. Les experts qui ont souvent étudié la question des suicides dans la police, évoquent également le fossé qui existe entre la réalité vécue brutalement sur le terrain et l'image que s'en faisaient les élèves à l'école de police. C'était peut-être le cas d'Arnaud Trégouet à Castres.

    J.-M.D.

     

    Note de P&P : Et qui était ministre de l'Intérieur de 2005 à 2007 ? Et quel est son bilan? La Dépêche du Midi a précisé que des gendarmes ont manifesté parce qu'ils sont trop stressés et qu'ils se sentent déconnectés du peuple.

    De son côté, M. Sarkozy demande des "résultats", et en parallèle il déclare qu'il envisage de supprimer 100,000 postes de fonctionnaire de police ! Quelle drôle de cohérence !

    Peut-être que certains se suicident parce qu'il ne veulent pas que la France deviennent la République fasciste de Sarkozy.

    Ou peut-être suis-je simplement fou.

    22/10/2007

    Délit d'offense au président.

    Des étudiants sont actuellement poursuivis pour avoir placardé des caricatures de Nicolas Sarkozy. Le chef d'accusation invoqué est le délit d'offense au président. Cette loi n'avait plus été utilisée depuis 40 ans et le mandat de Georges Pompidou.

     Il est intéressant de noter que :

     1/ Cette information a été seulement relayée par la télévision belge. Un esprit paranoiaque pourrait croire que les patrons qui ont mis Sarkozy au pouvoir verrouillent leurs médias évitant ainsi la diffusion de toute information négative au sujet de leur poulain. Voici un lien vers le reportage diffusé par le journal télévisé belge.

    2/  Nicolas Sarkozy semble apprécier les caricatures lorsque celles-ci visent ses propres cibles. Ainsi il a soutenu Charlie Hebdo au moment de l'affaire des caricatures de Mahomet et il s'y est même donné le rôle du libertaire humaniste en déclarant : "Je préfère l'excès de caricature à l'absence de caricature", quand celles-ci ne me concernent pas aurait-il peut-étre dû préciser. 

    3/ Nicolas Sarkozy a l'habitude de censurer les caricatures qui égratignent son image narcissique. En février 2007, il avait déjà été au coeur d'une polémique relative à un dessin de Placide au sujet des forces de police