16.11.2009

Un rabbin colon publie le guide pour tuer des non-Juifs

Quand est-il permis de tuer des non-Juifs ? Le livre Torat ha-Melekh [L’enseignement du roi], qui vient d’être publié, a été écrit par le rabbin Yitzhak Shapira, doyen de la yeshiva Od Yosef Hai dans la communauté de Yitzhar, avec un autre rabbin de la yeshiva, Yossi Elitzur.


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Pour l’extrême-droite juive, fondamentaliste et raciste, il n’y a pas d’âge pour apprendre
à massacrer son prochain, pour peu que l’on bénéficie d’une dérogation divine.

 

Le livre ne contient pas moins de 230 pages sur les lois concernant le meurtre de non-Juifs, une sorte de guide pour quiconque se pose la question de savoir si et quand il est permissible de prendre la vie d’un non-Juif.

Quoique le livre ne soit pas vendu par les grands distributeurs, il a reçu de chaudes recommandations par des éléments de la droite, y compris les recommandations de rabbins importants tels que Yitzhak Ginsburg, Dov Lior et Yaakov Yosef, qui sont imprimées au début du livre. Le livre est distribué via Internet et par la yeshiva, et actuellement le prix de lancement est de 30 shekels l’exemplaire. À la cérémonie commémorative qui s’est tenue ce week-end à Jérusalem pour le rabbin Meir Kahane, tué il y a 18 ans, des copies du livre furent vendues.

Au long du livre, les auteurs traitent en profondeur des questions théoriques de la loi religieuse juive concernant le meurtre de non-Juifs. Les mots « Arabes » et « Palestiniens » ne sont pas mentionnés même indirectement, et les auteurs prennent soin d’éviter de faire des déclarations explicites pour qu’un individu applique la loi de ses propres mains. Le livre contient des centaines de sources de la Bible et de la loi religieuse. Il inclut des citations d’Abraham Isaac Kook, un des pères du Sionisme Religieux, et du rabbin Shaul Yisraeli, un des doyens de la yeshiva Mercaz Harav, la citadelle du Sionisme national-religieux située à Jérusalem.

Le livre débute par une interdiction du meurtre de non-Juifs et la justifie, entre autres choses, au motif de prévenir l’hostilité et toute désacralisation du nom de Dieu. Mais très rapidement, les auteurs passent de l’interdiction à la permission, aux diverses dérogations pour faire mal à des non-Juifs, la raison centrale étant l’obligation de faire respecter les sept lois Noahides, que chaque être humain sur terre doit suivre. Parmi ces commandements se trouvent les interdictions du vol, de l’effusion de sang et de l’idolâtrie. [Les sept lois Noahides interdisent l’idolâtrie, le meurtre, vol, les relations sexuelles illicites, le blasphème et la consommation de la chair d’un animal vivant, et exige des sociétés l’institution de lois justes et de cours judiciaires].

« Quand nous approchons un non-Juif qui a violé les sept lois Noahides et que nous le tuons par souci de faire respecter ces sept lois, aucune interdiction n’a été violée », déclare le livre, qui souligne que tuer est interdit sauf si c’est effectué par obéissance à la décision d’une cour. Mais plus loin, les auteurs limitent l’interdiction, notant qu’elle ne s’applique qu’à un « système approprié concernant les non-Juifs qui violent les sept commandements Noahides ».

Le livre inclut une autre conclusion qui explique qu’un non-Juif peut être tué même s’il n’est pas un ennemi des Juifs. « Dans toute situation où la présence d’un non-Juif met en danger des vies juives, le non-Juif peut être tué même si c’est un Gentile vertueux pas du tout responsable de la situation qui a été créée », disent les auteurs. « Quand un non-Juif aide un meurtrier de Juifs et cause la mort de quelqu’un, il peut être tué, et dans tous les cas quand la présence d’un non-Juif pose un danger à des Juifs, le non-Juif peut être tué ». Une des dérogations pour tuer des non-Juifs, d’après la loi religieuse, s’applique dans un cas de din rodef [la loi du « poursuivant » d’après laquelle celui qui suit un autre avec une intention meurtrière peut être tué de manière extrajudiciaire] même si le poursuivant est un civil. « La dispense s’applique même quand le poursuivant ne menace pas de tuer directement, mais seulement indirectement », indique le livre. « Même un civil qui vient en aide à des combattants est considéré comme un poursuivant et peut être tué. Quiconque assiste l’armée des malfaisants d’une quelconque manière renforce les meurtriers et est considéré comme un poursuivant. Un civil qui encourage la guerre donne au roi et à ses soldats la force pour continuer. Par conséquent tout citoyen de l’État qui s’oppose à nous qui encourage les soldats combattants ou exprime de leurs actions une satisfaction est considéré comme un poursuivant et peut-être tué. Pareillement, quiconque affaiblit notre propre État par la parole ou par une action similaire est considéré comme un poursuivant ».

Les rabbins Shapira et Elitzur déterminent qu’on peut aussi faire du mal à des enfants parce qu’ils sont des « entraves ». Les rabbins écrivent ce qui suit : « Entraves - on trouve souvent les bébés dans cette situation. Ils bloquent le chemin du secours par leur présence et le font complètement de force. Néanmoins, ils peuvent être tués parce que leur présence aide le meurtre. Il est justifié de tuer des bébés s’il est clair qu’ils grandiront pour nous nuire, et dans une telle situation on peut leur faire du mal délibérément, et pas seulement pendant le combat avec des adultes ».

De plus, les enfants du meneur peuvent être touchés pour faire pression sur lui. Si l’attaque des enfants d’un mauvais chef va l’influencer pour qu’il ne se comportent pas méchamment, on peut leur faire du mal. « Il vaut mieux tuer les poursuivants que tuer d’autres », déclarent les auteurs.

Dans un chapitre intitulé « Mal délibéré à des innocents », le livre explique que la guerre est dirigée principalement contre les poursuivants, mais ceux qui appartiennent à la nation ennemie sont aussi considérés comme ennemis parce qu’ils assistent des meurtriers.

La rétorsion a aussi une place et une fonction dans ce livre des rabbins Shapira et Elitzur. « Pour vaincre les ennemis, nous devons nous comporter envers eux dans un esprit de représailles et de mesures pour mesures », écrit-il. « Les représailles sont absolument nécessaires pour que cette méchanceté ne vaille pas le coup. Par conséquent, parfois nous faisons des actes cruels pour créer le bon équilibre de la terreur ».

Dans une note de bas de page, les deux rabbins écrivent d’une manière qui semble permettre à des individus d’agir par eux-mêmes, hors de toute décision du gouvernement ou de l’armée : « Une décision par la nation n’est pas nécessaire pour permettre de verser le sang du royaume du mal », écrivent les rabbins. « Même des individus de la nation attaquée peuvent les frapper ».

À la différence des livres de loi religieuse publiés par les yeshivas, cette fois-ci les rabbins ont ajouté un chapitre contenant les conclusions du livre. Chacun des six chapitres est résumé en points principaux de plusieurs lignes, qui exposent, entre autres choses : « Dans la loi religieuse, nous avons trouvé que les non-Juifs sont généralement suspects de verser le sang juif, et dans la guerre, cette suspicion devient bien plus grande. On doit considérer de tuer même des bébés, qui n’ont pas violé les sept lois Noahides, à cause du danger futur qui sera causé s’ils sont autorisés à devenir aussi mauvais que leurs parents ».

Même si les auteurs prennent soin, comme indiqué, d’utiliser le terme « non-Juif », il s’en trouvera certainement pour interpréter la nationalité des « non-Juifs » responsables de mettre en danger le peuple juif. Ceci est renforcé par la brochure « La voix juive » publiée sur Internet depuis Yitzhar, qui commente le livre : « Il est superflu de faire remarquer que nulle part dans le livre il n’est écrit que les déclarations ne concernent que les non-Juifs d’autrefois ». Les éditeurs de la brochure n’ont pas oublié une remarque cuisante en direction des services de sécurité (GSS), qui se donneront certainement la peine de se procurer une copie. « Les éditeurs suggèrent au GSS qu’ils attribuent le prix de la sécurité d’Israël aux auteurs », déclare la brochure, « qui ont donné aux enquêteurs le choix de lire les conclusions résumées sans avoir besoin d’une étude du livre entier en profondeur ».

Un étudiant de la yeshiva Od Yosef Hai à Yitzhar a expliqué d’où, de son point de vue, les rabbins Shapira et Elitzur ont tiré le courage de parler si librement sur un sujet tel que le meurtre de non-Juifs. « Les rabbins n’ont pas peur de poursuites parce que dans ce cas, Maimonides [le rabbin Moses ben Maimon, 1135-1204] et Nahmanides [rabbin Moses ben Nahman, 1194-1270] devraient être aussi traînés en justice, et de toute façon, ceci est une recherche sur la loi religieuse », a dit l’étudiant de la yeshiva. « Dans l’État juif, personne n’est ainsi en prison pour avoir étudié la Torah ».

* Note du traducteur : Ces interprétations religieuses ont été traitées de manière détaillée dans : Israel Shahak et Norton Mezvinsky, « Jewish Fundamentalism in Israel », Pluto Press (1999).

9 novembre 2009 - Vous pouvez consulter cet article en anglais sur http://didiremez.wordpress.com/2009...


Article français : Info Palestine, traduction : JP Bouché

25.10.2009

Détenus palestiniens en Israël : le cas de Mohamed Othman

Mohamed Othman

Mohamed Othman

 

Détention sur simple soupçon : Israël a incarcéré plus de 300 Palestiniens sans procès équitable. Beaucoup des détenus sont isolés, interrogés pendant des heures sans recevoir la moindre information sur le matériel à charge présumé. Le gouvernement de Jérusalem bloque toutes les critiques venant de l’étranger.

La cellule ne mesure que quelques mètres carrés et est dépourvue de fenêtre. Sur le sol il y a un matelas, à côté, des toilettes « à la turque » : c’est ainsi qu’on désigne les trous dans le sol de la cellule où les détenus doivent satisfaire les besoins naturels.

Mohammed Othman [militant palestinien pour les droits de l’homme et défenseur de la campagne civile non violente de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) - ndlt] est détenu depuis près d’un mois au Centre de détention Kishon dans le nord d’Israël, mais ce qu’on lui reproche, ni ses avocats ni lui ne le savent. Mohammed Othman se trouve en « détention administrative », en hébreu "Maazar Minhali", tout comme environ 335 autres Palestiniens.

Selon l’organisation pour les droits de l’homme Betselem, plus d’un tiers de ces « détenus administratifs » sont emprisonnés depuis plus de six mois, un tiers d’entre eux depuis plus d’un an et huit pour cents d’entre eux le seraient depuis au moins deux ans. L’armée israélienne confirme ces chiffres tout en soulignant qu’ils n’ont pas été actualisés depuis des années.

Israël se définit à juste titre comme la seule démocratie du Proche-Orient, mais la pratique de la détention administrative n’a pas grand-chose à voir avec les principes de l’Etat de droit. Ce sont des juges militaires qui décident si la détention sera prolongée - et en général ils suivent les requêtes des procureurs militaires qui eux-mêmes sont alimentés par les services secrets intérieurs, le Shabak. Le matériel à charge présumé n’est pas communiqué aux accusés ni à leurs avocats.

Ce matériel est censé être secret et ne peut être montré aux accusés et à leurs avocats « pour des raisons de sécurité », dit un porte-parole de l’armée. Il concède cependant que de tels procès militaires sont « indiscutablement sujets à caution ». En d’autres termes : tout, sauf des procès équitables.

Médiocres conditions de détention

Le tribunal militaire de Salem, dans le nord de la Cisjordanie, a déjà prolongé à trois reprises la détention de Mohammed Othman. Selon le droit israélien, un Palestinien peut être incarcéré pendant 90 jours sans inculpation, puis un juge de la cour d’appel militaire peut encore prolonger cette détention de 90 jours.

Enfin le tribunal militaire a statué sur le cas Othmann lundi dernier. Le juge Elijahu Nimni n’a pas adhéré aux 23 jours d’interrogatoire supplémentaires demandés par les services secrets, mais il a accepté une prolongation de dix jours. Selon les avocats d’Othman, le juge Nimni a dit que ces dix jours étaient nécessaires pour clarifier la « suspicion » contre le Palestinien. Libérer Othman serait un risque pour la sécurité.


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Transfert de prisonniers palestiniens en Israël, sous la garde de flics et de chiens - Photo : Reuters


L’organisation Addameer lui a fourni des avocats. Othman, 33 ans, s’est plaint à eux des mauvaises conditions de détention. Il a subi des interrogatoires pendant des heures, le pire a été le 15 octobre où il a été cuisiné de 1 heure 45 à la mi-journée jusqu’à 1 heure 20 du matin. Lorsqu’il s’endormait d’épuisement sur sa chaise, les enquêteurs lui versaient de l’eau froide sur la tête.

Vaines demandes d’information

Othman ignore toujours ce qu’on lui reproche. Il n’a été confronté ni à des données, ni à des noms ou des événements concrets, dit-il à ses avocats. Qu’y a-t-il contre lui ? C’est ce que Siegel-Online a voulu demander aux services secrets intérieurs. « Nous ne pouvons pas vous l’exposer » disait la réponse écrite. Au téléphone, à la question de la compatibilité de l’Etat de droit avec un tel manque de transparence, la porte-parole des services secrets répond : « Tout se passe conformément au droit et à l’ordre. Faites-nous confiance ! ».

Diverses ambassades occidentales ont connu les mêmes déboires. C’est en vain que la Présidence suédoise du Conseil de l’UE a demandé des informations, le motif de l’inculpation lui-même ne lui a même pas été communiqué. Avec d’autres Etats, elle proteste contre l’arrestation.

Aux dires de l’armée israélienne, la détention administrative serait appliquée contre des suspects de terrorisme. Mais justement cela paraît hautement douteux dans le cas Othman. Il a été arrêté le 22 septembre, rentrant de Jordanie en Cisjordanie par le Pont Allenby. Il revenait d’une visite en Norvège où il avait notamment rencontré la ministre des finances norvégienne Kristen Halvorsen.

 

« Pas de respect pour une protestation pacifique »

Plusieurs diplomates occidentaux se portent garants de son innocence. Othman est connu pour sa politique de stricte non-violence. Dans son village de Jayyous, il organise des protestations et des manifestations contre la construction du Mur censé protéger Israël des terroristes. Othman et d’autres militants s’opposent avant tout au tracé du Mur qui entraîne des expropriations de terres appartenant à des Palestiniens de Jayyous.

Le fait que les Israéliens aient précisément arrêté un partisan de la protestation non-violente irrite plus d’un diplomate occidental. « Beaucoup de Palestiniens y voient la preuve qu’Israël ne respecte même pas la protestation non-violente » dit un observateur étranger.

Le gouvernement de Jérusalem ne tient aucun compte des reproches. On ne sait même pas encore clairement qui porte la responsabilité de la politique des arrestations administratives. A la question de Spiegel-Online, le ministère de la Défense nous a renvoyés au bureau du Premier ministre, qui a renvoyé au ministère de la Justice qui lui-même a renvoyé au ministère de la Défense. Mais jusqu’à ce jour, il n’y a toujours aucune réponse...


Article original : Christoph Schult - Spiegel Online

Traduction de l’allemand : Marie Meert pour info Palestine

 

Site et pétition pour Mohammed Othman

25.08.2009

Israël plaque tournante d'un trafic d'organes ?

Copie d'écran de l'article du Aftonbladet

Copie d'écran de l'article du journal suédois Aftonbladet

 

Un journal suédois, Aftonbladet, vient d'accuser les soldats israéliens de kidnapper des Palestiniens, de voler et de vendre leurs organes. Sous le titre " ils pillent les organes de nos fils", ce quotidien suédois à grand tirage a consacré deux colonnes entières à cette information s'attirant bien sûr immédiatement le qualificatif "d'antisémite".

Cet article est basé et cite des témoignages de Palestiniens affirmant que de jeunes hommes en Cisjordanie et à Gaza avaient été kidnappés par l'armée d'occupation israélienne, et que leurs dépouilles avaient été rendues à leurs familles avec des organes en moins.


L'auteur de cette article, Donald Boström, a compilé des témoignages accablants de familles palestiniennes. "Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires" ont dit des proches de Khaled, de la ville de Naplouse avec qui Donald Boström s'est entretenu. Idem pour les oncles de Machmod et Nafes de Gaza tous deux disparu pendant quelques jours et dont les corps autopsiés ont été retournés à leurs familles.

L'auteur de l'article cite également une affaire survenue en 1992, lors de la Première Intifada. Il dit que l'armée israélienne s'était emparé d' un jeune palestinien connu pour jeter des pierres sur les soldats israéliens dans la région de Naplouse, après lui avoir tiré dessus le touchant à la poitrine, aux deux jambes et à l'estomac. Mortellement blessé son corps avait été transporté par un hélicoptère militaire à "un endroit non connu de ses proches". Cinq nuits plus tard, le corps du jeune palestinien a été rendu à sa famille enveloppé dans des draps verts d'hôpital.

"Au bruit stridents des pelles se mêlaient le rire occasionnel des soldats qui plaisantaient entre eux attendant de rentrer chez eux. Quand Bilal a été mis en terre, sa poitrine s'est découverte et cela est devenu soudain évident à la personne présente qu'on avait abusé de son corps. Bilal est loin d'être le seul qui a été enterré le corps entaillé de l'estomac jusqu'au menton et les spéculations sur les raisons de ces entailles avaient déjà commencé" écrit-t-il.

Cet article établit un lien avec une scandaleuse affaire récemment dévoilée aux Etats Unis, de l'existence d'un syndicat du crime comprenant cinq rabbins américains du New Jersey et de New York, ainsi que des fonctionnaires de l'Etat du New Jersey (le maire de la ville de Jersey, et son 1er adjoint). Ils sont accusés de blanchiment d'argent et de trafic d'organes, de même que de vente de contre façons de sacs Gucci et Prada et autres produits. Ce réseau de rabbins opérant de Brooklyn au New Jersey est accusé d'avoir blanchi des dizaines de millions de dollars via des associations de bienfaisance qu'ils contrôlaient. Les rabbins envoyaient une partie de leurs recettes à des yeshivas (écoles religieuses) en Israël liées au parti politique religieux extrémiste Shas, dirigé de facto par le rabbin extrémiste Ovadia Yosef. Ce dernier a de nombreux adeptes ici en France au sein de la communauté sioniste qui le considère comme un grand "sage".

Les autorités policières ont également découvert qu'une partie de l'argent blanchi par ces rabbins provenait de la vente d'organes humains par un rabbin orthodoxe de Brooklyn, Levi Izhak Rosenbaum. Dans cette affaire de trafic d'organes, le suspect principal du blanchiment d' argent, Rabbi Elyahu Ben-Haim oeuvrait en Israël en étroite collaboration avec le Rabbi David Yosef, qui n'est autre que le fils de ce grand "sage" Ovadia Yosef. Celui-ci s'est fait remarqué à de multiples reprises pour avoir traité les Palestiniens de noms d'oiseaux, les comparant notamment à des cafards. Ben Haim et David Yosef appartiennent à un centre d'études avancées du Talmud à Jérusalem dirigé par la famille Yosef et donc financé par cet argent sale.

Un procureur général de l'état du New Jersey a dit : " il semble que chacun voulait une part du gâteau. La corruption était largement répandue, et envahissante". Les politiciens vendaient leurs services aux rabbins qui " dissimulaient leur activités criminelles derrière une façade de droiture". L'argent blanchi venait d'Israël, via des banques suisses, puis était ensuite transféré au New Jersey.Les complices israéliens achetaient des reins en Israël pour 10 000 $ pièce de "personnes vulnérables", et puis les envoyaient à leurs associés rabbins qui les revendaient aux Etats Unis 160 000 $ pièce selon ce qu'a dit le procureur, ses propos ayant été repris par une dépêche d'AP du 25 Juillet 2009.

Levy Izhak Rosenbaum, Juif orthodoxe de Brooklyn et trafiquant en chef se considérait comme un "entremetteur". Lors d'une conversation secrète enregistrée - car ce réseau de blanchiment et de trafic d'organes avait été infiltré par une taupe du FBI - Rosenbaum s'était vanté de s'arranger pour que les reins des "donneurs" (volontaires, involontaires ?) soient compatibles avec les receveurs. " J'ai amené à un type ce que je crois être compatible pour son oncle" a-t-il dit. Rosembaum avait déjà été repéré pour trafic d'organes en 2002. Il utilisait des paysans pauvres de Moldavie ( d'où est originaire l'actuel ministre israélien des affaires étrangères d'extrême droite, Lieberman, lui même accusé d'un autre type de corruption) comme donneurs. Il leur promettait un travail aux USA puis faisaient pression sur eux pour qu'ils soient "donneurs" de reins pour des receveurs qui se faisaient passer pour des membres de leurs familles. Il lui arrivait de menacer les récalcitrants avec un pistolet. Rosenbaum montrait alors son véritable pistolet et puis mettant ses doigts en forme de pistolet, le pointait à la tête du donneur contraint. ( (Somatosphere: Science, Medicine and Anthropology. July 27, 2009, http://www.somatosphere.net/).

Certaines des transplantations utilisant les donneurs de Rosenbaum étaient pratiquées au Mount Sinai Hospital à New York. Dans des enregistrements secrets du FBI, Rosembaum disait qu'il distribuait généreusement de l'argent aux médecins israéliens, à ceux qui préparaient des visas et à ceux qui s'occupaient des donneurs d'organe dans le pays. " L'une des raisons pour laquelle c'est si cher c'est qu'il faut tout le temps verser des pots de vin" a-t-il dit ( AP 25/07/09)

Dans ce contexte, l'information publiée par le journal suédois qui s'appuie aussi sur des témoignages de familles de victimes palestiniennes est tout à fait plausible. Des soldats et milices sionistes, conditionnés à considérer les Palestiniens comme des sous humains avec la bénédiction de rabbins haineux, corrompus, peuvent s'être faits une "spécialité" de ce genre de trafic d'organes avec la complicité de médecins véreux généreusement récompensés par Rosenbaum.

 

Article original : Planète Non Violence

03.06.2009

« Pour l’amour du ciel, laissez-les geindre ! »

Les législateurs israéliens s’acharnent à rendre illégale la commémoration de la Nakbah.

Mondialisation.ca, Le 2 juin 2009

Dans le cadre de leur campagne raciste contre les Palestiniens indigènes, les législateurs israéliens s’acharnent, ces jours-ci, à rendre illégale la commémoration de la Nakbah.

Récemment, des membres du gouvernement et des députés à la Knesset ont déposé un projet de loi, qui, si (par malheur) il était adopté, criminaliserait les cérémonies de commémoration de l’holocauste des Palestiniens (en 1948) (la Nakbah) organisées par des Palestiniens détenteurs de la nationalité israélienne. De manière très significative, l’Etat juif, qui fait de la remémoration de la souffrance juive sa raison d’être, s’efforce d’interdire aux Palestiniens d’en faire exactement de même avec leur propre souffrance. 

Comme l’on sait, Israël a rayé de la carte tout indice possible et imaginable de l’existence des Palestiniens sur le terrain. Les villages, les villes, les vergers, les champs et les biens culturels palestiniens ont été éliminés très rapidement après 1948. Aujourd’hui, les législateurs israéliens poussent la guerre contre l’héritage national palestinien encore un peu plus loin. Il ne s’agit plus simplement d’expulsion physique et d’effacement des indices sur le terrain, ce n’est pas seulement une épuration ethnique à motivations racistes, accompagnée de famine provoquée, de confiscations de terres, de démolitions de maisons, de bombardements d’écoles et d’arrosage de quartiers populeux au phosphore blanc en fusion. Non, désormais, ce qu’Israël veut envahir, c’est la psyché palestinienne. Les membres de la Knesset veulent éradiquer la mémoire collective des Palestiniens. Tout du moins, formellement, ils essaient de leur dénier le droit de se souvenir.

Comme l’a fait observer Khalid Amayréh, il y a quelques jours de cela : « un député palestinien citoyen d’Israël a comparé la loi ainsi mise en débat avec – imaginons un peu – la promulgation, par l’Allemagne, d’une loi interdisant toutes les activités juives commémorant l’holocauste ». L’égalité ainsi établie entre la Nakbah et l’holocauste juif est parfaitement indiquée. Nous parlons ici de deux crimes racistes d’une ampleur colossale. Pourtant, il est parfaitement évident que, tandis que les Allemands ont su, collectivement, faire face à leur passé, l’Etat juif entre dans sa sixième décennie de déni, allié au bafouage effréné d’une population civile innocente.

A la lumière des nouvelles mesures de brutalité impitoyable israélienne, il est tout à fait intéressant d’explorer une « voix » juive « de raison ». C’est la voix, dissonante, d’une personne qui s’est levée, en protestation contre, précisément, ce projet de loi scélérate. Le Professeur Gavison, puisque c’est d’elle dont il s’agit, Israélienne, est professeur de droit à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Elle est aussi la « présidente » de (essayez de ne pas rire) « Le Centre de la Pensée Sioniste, Juive, Libérale et Humanitaire » [The Centre of Zionist, Jewish, Liberal and Humanitarian Thought]. La semaine passée, elle a publié, sur le site online en hébreu, très populaire, Ynet (site du quotidien israélien Yediot Ahronot, ndt), un article dénonçant le projet de loi en question.

Le Professeur Gavison pense que le sionisme doit être interprété comme une entreprise humaniste et libérale (progressiste). Toutefois, un bref examen de sa pensée révèle la vérité, dévastatrice : cette professeur de Droit est totalement dépourvue de la compréhension, pourtant fondamentale, de la notion de morale universelle et/ou d’humanisme. Sa vision de la justice est singulièrement sionisée. Apparemment, elle essaie de maintenir certains clichés sionistes symboliques sépias, dans l’espoir qu’elle « raserait » son lectorat hébraïsant suffisamment pour que celui-ci n’envisage plus de contester son argumentation boiteuse.

Gavison est contre le projet de loi. Elle avance l’argument, judicieux, que la loi mise en discussion est « injustifiée, et aventureuse, car elle identifie de manière erronée les problèmes fondamentaux de notre vie publique ». Elle avance l’idée que le légalisme est la manière la moins appropriée qui soit d’affronter lesdits problèmes fondamentaux. Mais c’est, plus ou moins, ici que le Professeur Gavison perd toute sa courtoisie.

En dépit d’un départ prometteur, nul n’est besoin d’en lire beaucoup plus pour voir la prof de droit israélienne/panthère nous montrer ses immuables taches… 

Mme Gavison, à propos de la Nakba… 

« Il est, de fait, admis que le jour où la majorité juive célèbre son indépendance sur son propre territoire est le même que celui qui symbolise, pour une partie de la minorité arabe, le jour de leur désastre ». Il est, de fait, révélateur de savoir qu’en ce qui concerne le Professeur Gavison, ce ne sont pas les Palestiniens, dans leur ensemble, qui commémorent leur Nakbah comme un désastre national, mais simplement « une partie » d’entre eux. Toutefois, pour Gavison, les Palestiniens doivent s’en prendre à eux-mêmes de cet état de fait, et à nul autre qu’eux-mêmes. 

« Il faut se souvenir », dit Mme Gavison, qu’ « il pourrait fort bien en aller très différemment… ce jour aurait pu être une célébration à la fois pour les Israéliens et pour les Palestiniens, qui pourraient être en mesure de célébrer la création de deux Etats nationaux. » A ce stade, on est fondé à se demander qui Mme Gavison est-elle en train d’essayer d’embobiner ou de prendre pour des imbéciles ? Elle sait certainement que le plan d’expulsion des Palestiniens figurait en bonne place dans le plan d’action des sionistes, dès le début. « Les Palestiniens », poursuit-elle néanmoins, « ont protesté contre la résolution de partage [de la Palestine] et la conséquence de la guerre qui en a découlé fut le fait que l’Etat d’Israël a été érigé sur les ruines de la société palestinienne et sur le sol palestinien. [Résultat des courses] : beaucoup de Palestiniens sont devenus des réfugiés, et l’Etat palestinien n’a toujours pas été créé ».

On serait fondé à attendre, à ce stade, que la prof de droit israélienne, qui est aussi la « présidente » d’un institut visant à promouvoir une image d’ « humanisme juif » en vienne à la conclusion qui s’impose : il est plus que temps de ramener les Palestiniens expulsés sur leurs terres, chez eux…

Mais ne rêvez pas trop : Gavison n’est pas exactement quelqu’un que l’on pourrait qualifier d’humaniste universaliste : elle n’est simplement qu’un humaniste sioniste. La seule chose qu’elle veuille, en réalité, c’est mettre un frein à la législation en cours d’examen, qui interdit aux Palestiniens de faire leur deuil. Autrement dit, elle veut permettre aux Palestiniens d’être tristes, afin qu’ils puissent se lamenter tout leur saoul.

 La tristesse est un sentiment naturel, chez des gens qui souffrent de la sorte », avoue notre prof de droit fair-play, qui ajoute : « Nous ne devons en aucun cas nier l’histoire, nous ne devons en aucun cas l’interdire de par la loi ; le défi qui nous est lancé, c’est celui de la regarder en face ». On s’attendrait à ce qu’une telle révélation, venant d’un soi-disant humaniste, l’amènerait à reconnaître le péché originel du sionisme, et même à en assumer sa part de responsabilité…

Mais rien de tel n’arriverai. La présidente du « Centre de la Pensée Sioniste, Juive, Libérale et Humanitaire » ne rentre pas facilement dans les clous de notre notion commune de ce qu’est un humaniste. Elle est plutôt une activiste du tribalisme juif, qui s’ingénie à modeler quelque terminologie progressiste sporadique, afin de justifier un comportement constamment et grossièrement anti-éthique. Gavison ne veut nullement apporter la justice dans la région. La seule chose qu’elle demande, c’est de développer « une conscience du passé qui soit de nature, éventuellement, à produire un futur civilisé dans lequel les Arabes et les juifs vivent côte à côte » (et jamais, en aucun cas, ensemble, j’imagine bien…).  

Certes, Mme Gavison a, en effet, suffisamment de compassion pour permettre aux Palestiniens de se lamenter sur leur passé. Mais elle est manifestement rétive à l’idée d’assumer sa part de responsabilité dans les conséquences de l’appareil colonial sioniste. A l’évidence, elle préfère vaquer sur la terre palestinienne, et même l’appeler « son foyer national », plutôt que de la restituer à ses propriétaires légitimes. Plus encore que les zélotes sionistes de droite qui ont déposé le sinistre projet de loi, c’est, de fait, le Professeur Gavison, cette soi-disant « sioniste humaniste », qui incarne au plein sens du terme la brutalité et la noirceur d’Israël. Au nom du symbolisme humaniste, elle se fait le chantre de la perpétuation du crime nationaliste juif.

Le Professeur Gavison termine son article en déclarant que « le déni du passé est absurde, mais ne pas en assumer la responsabilité serait tout aussi inacceptable. Nous devons trouver des solutions qui approuvent le droit des juifs à l’« autodétermination » sur (une partie de leur) territoire national ».

J’aimerais beaucoup que notre professeur « siono-humaniste »  si pénétrée nous ouvre les yeux, afin que nous comprenions, une bonne fois pour toutes, que nous sommes sans doute assez grands pour que le professeur Gavison ou tout autre « humaniste sioniste » nous rendent assez intelligents pour que nous comprenions ce qu’il peut bien y avoir, en Palestine, qui en fasse un foyer national juif légitime ??

Lire Gavison révèle, une fois de plus, à quel point le pot-aux-roses est dévastateur : le sionisme et la pensée juive libérale n’ont qu’un rapport extrêmement lointain avec l’humanisme, l’éthique ou l’universalisme.

Pour commencer, le sionisme et l’humanisme sont des concepts antagonistes, pour la simple raison que le sionisme est une philosophie tribale entachée de racisme, alors que l’humanisme, lui, est tout entier tendu vers l’universel.


Article original en anglais : ``For God's sake, Let them be Sad``,http://palestinethinktank.com/2009/05/31/gilad-atzmon-for..., le 23 mai 2009.

Traduction : Marcel Charbonnier.

01.06.2009

Qui va confronter les États-Unis et Israël ?

Paul Craig Roberts, 28 mai 2009

Bellaciao

Les grands titres disent : "Obama appelle le monde entier à confronter la Corée du Nord". Les États-Unis, a dit Obama, sont déterminés à protéger "la paix et la sécurité du monde".

Double langage, double pensée, 1984.

La Corée du Nord est un bien petit pays. La Chine par elle-même pourrait régler ce cas en peu de temps. Malgré cela, le président des États-Unis croit qu’il faut le monde entier pour confronter la Corée du Nord.

Ce dont nous sommes témoins, c’est que les gangsters de Washington sont encore à fabriquer une autre menace comme l’étaient les Slobodan Milosevic, Osama bin Laden, Saddam Hussein, John Walker Lindh, Yaser Hamdi, José Padilla, Sami al-Arian, Hamas, Mahmoud Ahmadinejad, et les malheureux détenus que l’ancien secrétaire à la défense Rumsfeld qualifiait de "700 plus dangereux terroristes au monde" et qui furent torturés pendant six ans à Gitmo pour être doucement relâchés par la suite. Juste une autre erreur, désolé.

Le complexe militaro-sécuritaire qui dirige les États-Unis avec le lobby israélien et les banquiers a besoin d’une liste interminable de dangereux ennemis pour que l’argent des contribuables continue à entrer dans leurs coffres.

Le lobby du "Homeland Security" a aussi besoin de menaces sans fin pour convaincre les Américains qu’ils doivent abandonner leurs libertés civiles s’ils veulent vivre en sécurité.

De là, la vraie question : "Qui va confronter les gouvernements des États-Unis et d’Israël?"

Qui va protéger les libertés civiles des citoyens américains et des citoyens israéliens, spécialement celles des dissidents israéliens et des citoyens israéliens d’origine arabe ?

Qui va protéger les Palestiniens, Irakiens, Afghans, Libanais, Iraniens, et Syriens des Americains et des Israéliens?

Pas Obama, et pas les chemises brunes qui dirigent présentement Israël.

La suggestion d’Obama que rien de moins que le monde entier est nécessaire pour stopper la Corée du Nord est époustouflante, mais cette suggestion n’est rien en comparaison avec la garantie d’Obama que les États-Unis vont protéger "la paix et la sécurité du monde".

N’est-ce pas la même Amérique qui a bombardé la Serbie, incluant les bureaux diplomatiques chinois et des trains de passagers, et a libéré le Kosovo de la Serbie pour le donner à un groupe de barons de la drogue musulmans du Kosovo, leur prêtant des troupes de l’OTAN pour protéger leurs opérations ?

N’est-ce pas la même Amérique qui est responsable de la mort d’approximativement un million d’Irakiens, faisant d’innombrables veuves et orphelins et faisant en sorte qu’un Irakien sur cinq se retrouve réfugié ?

N’est-ce pas la même Amérique qui empêche le reste du monde de condamner Israel pour ses attaques meurtrières sur des civils libanais en 2006 et sur Gaza plus récemment, la même Amérique qui a couvert Israël dans sa confiscation de la Palestine au cours des 60 dernières années, une confiscation qui a produit 4 millions de réfugiées palestiniens chassés de leurs maisons et leurs villages par la terreur et la violence israélienne ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a tenu des exercices militaires dans des anciennes républiques soviétiques encerclant la Russie avec des bases de missiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a fait des ruines de l’Afghanistan en bombardant le pays faisant du même coup bien des victimes civiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a commencé une nouvelle et horrible guerre au Pakistan, une guerre qui dès les premiers jours a produit un million de réfugiés ?

"La paix et la sécurité du monde". "Le monde de qui ?"

À son retour de sa consultation avec Obama à Washington, la chemise brune de premier ministre israélien Benjamin Netanyahu declarait que c’était la responsabilité d’Israël d’éliminer la menace nucléaire de l’Iran.

Quelle menace nucléaire? Les services de renseignements américains sont unanimes dans leur conclusion que l’Iran n’a pas eu de programme d’armes nucléaires depuis 2003. Les inspecteurs l’Agence de l’Énergie atomique rapporte qu’il n’y a aucun signe de programme d’armes nucléaires en Iran.

L’Iran bombarde qui ? Combien de réfugiés fuyant pour leur vie l’Iran fait-il ?

La Corée du Nord bombarde qui ?

Les deux grands pays meurtriers producteurs de réfugiés sont les États-Unis et Israël. À leurs deux, ils ont tué et déplacé des millions de personnes qui n’étaient une menace pour personne.

Il n’y a pas de pays sur terre qui rivalise avec les États-Unis et Israël pour la violence barbare et meurtrière.

Mais Obama nous donne l’assurance que les États-Unis protégeront "la paix et la sécurité du monde." Et la chemise brune Netanyahu assure qu’Israel sauvera le monde de la "menace iranienne".

Où sont les médias ?

Pourquoi les gens ne sont-ils pas tordus de rire ?

31.05.2009

Entretien de Thierry Meyssan avec Paul-Éric Blanrue

 

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© Marco Pietteur Eds
Sarkozy, Israël et les Juifs est le dernier ouvrage de Paul-Eric Blanrue

 

Thierry Meyssan : Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier Sarkozy, Israël et les juifs [1]. Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [2]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?

Paul-Éric Blanrue : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis. Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire. Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [3], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens ! Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah ! Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées. Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » ! Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.

Thierry Meyssan : Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidermiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?

Paul-Éric Blanrue : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides. Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec zetein : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges. Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct. Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [4], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter. De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [5]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.

Thierry Meyssan : Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?

Paul-Éric Blanrue : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme [6], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !

Thierry Meyssan : Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, L’Effroyable imposture 2 [7]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?

Paul-Éric Blanrue : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais. En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse [8]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de L’Express, a fait la une de Technikart et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée. Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France ! Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs. La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?

Thierry Meyssan : Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?

Paul-Éric Blanrue : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël. Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale. Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate Germinal lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France. Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.

Thierry Meyssan : Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?

Paul-Éric Blanrue : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle. Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.

Thierry Meyssan : Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?

Paul-Éric Blanrue : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !

Thierry Meyssan : Terminons par une note plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ?

Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres. L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion. Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques… Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés. Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses. Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes. Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves. Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ? C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?

 

[1] Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.

[2] Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.

[3] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.

[4] Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.

[5] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.

[6] Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.

[7] L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.

[8] Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.


Article original : Voltairenet

 

 

30.05.2009

Le conseil des colons israéliens envisage d'organiser de faux attentats palestiniens

Libertés Internets

30 mai 2009

 

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© inconnu
Rien de tel qu'un bon petit attentat contre un bus pour remobiliser l'opinion en faveur des colons et faire changer d'avis Barack Obama.

 

 

[Dov Lerner - IES News Service - 28/05/2009]

Si l’arrivée au pouvoir d’Avigdor Lieberman a donné des ailes au “Bloc des colonies”, la nouvelle administration Obama à Washington ne lui plait pas du tout. La grande majorité des membres de la Yesha (conseil des colons) appelait d’ailleurs à voter pour McCain.

Jusqu’à présent la question des colonies donnait lieu à un ballet bien réglé entre Washington et Tel-Aviv. On “exigait” l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés, la police israélienne faisait semblant de démanteler deux ou trois cabanons en tôle sur une colline, la presse titrait “Israël a démantelé une colonie, au tour des Palestiniens maintenant de faire un effort” et le lendemain les cabanes étaient remontées… et personne ne parlait des milliers de maisons en béton qui continuent à se construire illégalement ailleurs.

Mais il semblerait qu’avec Obama la donne ait changée et que Washington ne soit plus aussi compréhensif. Et cela inquiète le petit groupe ultra-radical du bloc des colonies, qui a déjà tendance à être paranoiaque par ailleurs. Et soudain on entend beaucoup parler du général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne, qui avait déclaré qu’il fallait fortement réduire la population arabe dans les territoires afin de créer “des réalités sur le terrain”.

En début de semaine s’est tenu une réunion rassemblant différents responsables militants des colonies de Tekoa, Yitzhar, Hebron… ainsi que des représentants de la Yesha “qui ont insisté sur le fait qu’ils étaient la à titre personnel mais feraient remonter les messages”. Le but était d’étudier les moyens de renforcer la pression sur le gouvernement Netanyahou, afin qu’il ne “plie pas devant les diktats de Washington et protège notre droit à vivre sur notre terre”. Croisant dans un café, un ami colon qui avait assisté à la réunion, il m’a permis de jeter un coup d’oeil à ses notes. C’est éclairant sur le degré de violence sectaire dans lequel les colons se sont laissés enfermer. La presse israélienne s’est d’ailleurs inquiété à plusieurs reprises sur “le danger d’un terrorisme juif”.

Au cours de cette réunion, à plusieurs reprises, l’assistance a souligné que – du fait de la réussite de la politique sécuritaire en Israël – la population était démobilisée face à la menace arabe. Pour A. L., de Tekoa, “les colons sont l’avant poste qui protège Israel. A Tel-Aviv, ils n’ont plus vu un arabe depuis 20 ans, ils ne savent pas comment ils sont. Tandis que nous, nous subissons leurs attaques tous les jours, mais personne ne fait attention à nous.”

Pour D.S., de Hebron, “il faut réveiller l’opinion israélienne, lui faire voir la réalité en face, il ne peut pas y avoir de concessions face aux terroristes. A Washington ils sont loin, ils n’y connaissent rien, ils se laissent berner par les sourires doucereux de Abbas et de ses conseillers en communication… c’est à nous de leur montrer que les arabes n’ont pas changé.”

Plusieurs participants à la réunion ont applaudi quand Y.A. de la colonie radicale de Yitzhar (qui s’est déjà plusieurs fois affronté à la police) et S.L. de Giv’at ha’Avot (où les jeunes se sont fait une spécialité d’aller harceler la population arabe) ont déclaré : “Quand on parle de nos problèmes à Tel-Aviv, ils s’en foutent, ils en ont marre de la guerre, ils veulent pouvoir aller à la plage tranquilles, sans qu’on leur prenne la tête avec nos problèmes. C’était pas comme ça avant, avant, quand les bombes explosaient dans les bus et les pizzerias, le pays nous comprenait, nous étions tous soudés face aux arabes. Il faudrait peut-être qu’il y ait à nouveau des bombes dans les bus, pour réveiller les gens.”

Les représentants de la Yesha ont souligné que le succès de la cloture de sécurité avait permis d’empêcher les terroristes de passer en Israël et qu’on ne pouvais pas attendre une campagne terroriste arabe pour unifier le pays. La cloture a crée un faux sentiment de sécurité dans la population. Les gens sont moins attentifs à nos problèmes”.

Les dernières guerres à Gaza n’ont pas eu le même effet et surtout il n’y a pas de lien avec les problèmes des colons en Judée-Samarie. “L’image fausse qui s’est crée, c’est que à Gaza c’est des fous  tandis qu’en Judée c’est des gentils. Or nous savons bien qu’il n’y a pas de différence. Un arabe est un arabe et il n’y aura pas de paix sur notre terre tant qu’il en restera un seul. Mais ça, les bonnes âmes ne veulent pas l’entendre. Peut-être que, effectivement, si quelques attentats venaient leur rappeler la véritable nature des arabes, cela pourrait faire changer d’avis les Américains.”

Le discours du représentant de la Yesha a été applaudi. Mon ami colon n’a pas eu le moindre scrupule a me raconter la réunion, avec un grand sourire. “Les choses vont bouger, tu vas voir. On va pas se laisser faire. Le Sinai et Gaza ont montré qu’avec les arabes, la moindre concession est vue comme un signe de faiblesse. On leur a donné nos terres, cela n’a rien changé. Il faut juste que les gens le comprennent et qu’on ait le courage de dire merde aux Américains. Ensuite on pourra finir le travail”.

Si j’étais vous, j’éviterais de prendre le bus ces prochains mois, en Israël. Pour ma part, j’ai décidé ce matin là, de me remettre au vélo pour aller au travail.

26.04.2009

Bassam Abu assassiné par les forces d'occupation israéliennes

Protection Palestine
Vendredi 17 avril 2009

 

Par respect et en hommage à Bassem nous pensons qu’il est de notre responsabilité de faire connaître la violence de l’armée d’occupation et comment elle traite les manifestants non violents !!

 

Lors de la manifestation non violente hebdomadaire de Bil’in d’aujourd’hui (17 avril 2009) Bassam Abu Rahme 29 ans a été assassiné par l’armée israelienne lorsqu’il a essayé de rejoindre ses terres qui se trouvent derrière le Mur de l’ Appartheid.

 

Photo : Haytham Al Khateeb pour IMEMC

 

Basem Abu Rahme a été touché à l’estomac par un tir de de bombe lacrymogène a haute vélocité et presque à bout portant, une nouvelle sorte de munition utilisée par l’armée israelienne. La 150è mission CCIPPP participait à la manifestation.

Cet assassinat intervient dans un climat très tendu. En effet, hier des juifs israéliens ont tenté de pénétrer sur l’esplanade des mosquées en vue de manifester et revendiquer ce lieu ! La police a fait barrage et les a empêchés de pénétrer sur l’esplanade, mais immédiatement la nouvelle s’est répandue créant des attroupements de palestiniens. L’armée et la police ont immédiatement "bouclé" toute la vielle ville et Jérusalem est...

A Naplouse, dans les écoles on a informé les enfants et les jeunes de cet incident survenu sur l’esplanade des mosquées.

On sait que la deuxième intifada a été déclenchée par la provocation d’Ariel Sharon qui s’est "promené" sur l’esplanade des mosquées avec toute une troupe d’Israéliens, policiers et militaires...

Compte tenu des orientations affichées du nouveau gouvernement israélien, les Palestiniens vivent dans un climat où la tension est monté encore d’un cran... (ndlr)

 

Récit de T.

 

Jeudi 16 avril

Une nuit de plus a Cheikh Jarrah a Jérusalem, avec les familles palestiniennes, qui sont à ce jour aussi proche que nos véritables familles. Hier soir nous avons fait à manger avec ma camarade de la 149e mission et avons invité toutes les familles. C’est pour des moments comme cela que l’on voudrait arrêter le temps. Ensuite c’est l’heure de se reposer, a tour de rôle on fait la garde pour surveiller la maison en cas d’arrivée de l’armée israéliennes pour expulser notre famille de chez eux, et j’ai bien dit "notre" famille. Cette nuit, le calme plat, rien a signaler à Sheikh Jarrah.

Vendredi 17 avril

Donc avec mes camarades de mission on se dirige vers Ramallah, et puis Bil’in pour y manifester. Jusque là tout va bien. Une fois la prière terminée, avec les gens du village et les internationaux on se dirige vers le mur, le mur de la honte où nous attendent une trentaine de soldats israéliens armés jusqu’aux dents. Une fois presque arrivés au mur, des jeunes ouvrent le portail, pour que nous puissions passer, car le but de la manifestation est que nous passions de l’autre côte pour être au plus près des soldats et leur manifester la situation dans laquelle vivent les Palestiniens.

Suite à cela, les soldats sionistes ont recu l’ordre d’ouvrir les hostillités, gaz lacrymogènes, bombes assourdissantes, balles …. Je suis très près des soldats, mais tirs obligent, je recule, tout en avalant les gaz lacrymogènes et me réfugie derrière un rocher. Les soldats sionistes sont sans pitié que se soit avec les internationaux ou bien les journalistes ou les Palestiniens, c’est pareil.

10 minutes plus tard, un soldats touche un palestinien au torse, le jeune Palestinien est à 3 mètres de moi. Je le vois s’effondrer sur le sol, mais je n’arrive plus a respirer pour aller lui porter secours. Quelques secondes plus tard je me précipite vers lui, bien que l’armée continue a tirer. Le jeune Palestinien agé de 29 ans perd son sang, on appelle les secours pour l’évacuer au plus vite. En ce moment même où j’écris, j’ai cette image du jeune en train d’agoniser devant moi et je suis impuissant devant ça.

 

 

Le projectile qui a tué Bassem - photo : ccippp

 

 

Une voiture d’une personne du village arrive et l’emmène a l’hôpital, lui et une amie française qui a été touchée a la tête juste au-dessus de l’oreille par un débris de bombe lacrymogène, mais elle n’a rien de grave (plus de peur que de mal).

Mais ce n’est toujours pas fini entre l’armée israélienne et les manifestants, on essaye toujours de se rapprocher au maximum. On n’arrive plus a respirer, on n’y voit plus rien, la plupart des manifestant et journalistes sont accroupis par terre derrière un rocher, pour essayer de trouver de l’air frais, pendant que l’armée sioniste n’hésite pas a tirer. C’est impressionnant on croirait qu'il y a 2 armées qui se battent, alors que nous n’avons rien fait, nous nous sommes juste présentés en temps que les manifestants comme tous les vendredis. Une demi-heure plus tard nous rentrons vers le village sous l’ordre de l’organisateur de la manifestation.

Trés fatigué, très choqué, très triste, je m’avance vers le village et j’entends par le haut parleur de la mosquée que le jeune palstinien qui s’appelait Bassam est mort en route pour aller a l’hôpital.

La tristesse m’envahit, je ne sait plus ou aller, je ne sait plus quoi faire, donc je m’assoie contre un mur et je pleure. La scène du jeune Bassam en train de mourir devant moi ne cesse de repasser dans mon esprit.

Pour mon dernier jour de mission, sa se termine très mal. Malgré la fin de la mission on décide avec mes camarades de rester a Bil’in, pour l’enterrement du jeune martyr Bassam qui aura lieu demain samedi après la prière du midi.

Toufic.


Après le récit de T., voici celui de B.,G. et P., également présents à la manifestation :

Vendredi 17 avril

4 ans de manifestation hebdomadaire a Bil’in pour refuser le "mur de la honte", symbole de l’apartheid.

4 ans de manifestations jusque-là heureusement sans mort, malgré les violences, les tirs de grenades lacrymogènes et les balles en caoutchouc.

Mais ce vendredi 17 avril 2009 a Bil’in, le drame est arrivé.

La colonne de 60 a 70 manifestants s’ebranle après la prière de 13H30 du centre du village à destination de la porte du Mur.

En tête, deux personnalités du village entourées de beaucoup de jeunes villageois, des affiches tenues a bout de bras, entre autre l’une célébrant le plus vieux prisonnier palestinien ; de nombreux drapeaux palestiniens, des internationaux, quelques pacifistes israéliens. Des reporters photographes.

Nous cheminons vers le Mur sur une petite route bordée d’oliviers. Paysage bucolique. Mais la promenade chaque vendredi, ici, n’est pas champêtre.

La porte est située en hauteur dans l’intérieur d’un virage. Belvedère pour un poste de garde couvert de filets de camouflage où nous étions attendus : des véhicules militaires et de nombreux soldats. Tràs rapidement, nous entendons des messages en hébreu ou en arabe diffusés au porte-voix, nous déconseillant certainement d’approcher.

Cette porte du mur est une barrière agricole qui permet aux palestiniens de se rendre dans leurs champs de l’autre coté. Les deux personnalités en tête de la manifestation ouvrent le premier portail et s’avancent avec quelques palestiniens dans le no man’s land.

Derrière le groupe de tête et encore à l’extérieur de la barrière, une dizaine de manifestants avec drapeaux. Les journalistes filment ou photographient. Beaucoup de cris en direction des militaires du Mur. De part et d’autre, des jeunes avec leurs frondes jettent des pierres.

Mais très rapidement apres l’ouverture de la barrière, peut-être une minute, les premières grenades lacrymogènes fusent.

Les manifestants de tête reculent, les grenades les accompagnent. La fumée des "lacrimo’ tourbillonne, les courants d’air sont capricieux dans ce coin du vallon.

Et soudain le drame. De la première ligne des manifestants, des cris s’elèvent. Instinctivement nous comprenons qu’il se passe quelque chose de grave.

Les grenades longue distance continuent, nous contraignant a nous abriter contre un petit muret, pleurant et crachant.

Une vieille Simca roule deja vers le blessé. Pas de Croissant Rouge à cette manifestation.

Pour nous, instant de trève. Nous essuyons les yeux avec des serviettes d’alcool qu’on s’échange. Instant de solidarité. Des questions, l’identité du blessé, un palestinien, un international, est-ce grave ?

Le blessé évacué, la tension montant chez les manifestants et particuliérement chez les jeunes des premieres lignes, les tirs de "lacrimo" longue distance reprennent de plus belle.

C’est encore pendant plusieurs minutes des dizaines de grenades lacrymogènes, tombant de plus en plus loin, tant sur la route que dans les champs d’oliviers de part et d’autre. Quelques tirs de balles en caoutchouc, le claquement de la percussion, le sifflement dans les branches. Une sourde angoisse. Face a un tueur invisible.

Ces tirs réussissent ce pour quoi ils sont faits. Les quelques derniers groupes sporadiques de manifestants reculent. Des jeunes résistent encore avec leur fronde, arme dérisoire et héroïque.

Une demi-heure après, qui a pu par instant sembler longue, tout est fini.

Nous remontons lentement vers le village, tournant de temps à autre la tête vers le mur.

C’ est a l’entrée du bourg que nous apprenons le décès de Basem Abou Rhame.

Le premier mort des manifestations contre le Mur à Bil’in.

Basem Abou Rhame, 29 ans, a été tué a bout portant par une grenade lacrymogène en pleine poitrine, dans les premieres minutes de la manifestation.

Mission 150. B., G. et P.

 

2 coordinateurs CCIPPP et une amie, N., se trouvaient aussi à Bil’in les 17 et 18 avril : témoignages

Vendredi 17 avril

Le vendredi matin, la manifestation se prépare. Nous nous retrouvons avec tous nos amis du village, nos frères de lutte. Parmi eux, le frère de Bassam qui nous prend par l’épaule chaleureusement,… tous nos frères.

« Bassam, je l’ai croisé au départ de la manifestation. Il m’a crié « Honneur à la France et que Dieu protège la France ». Nous avons échangé un sourire. Et puis j’ai appris sa mort à l’hôpital de Ramallah devant lequel une partie de sa famille était réunie : des images de douleur bouleversante. » (N.)

Il a été tué alors que nous nous repliions un peu vers l’arrière vers l’Imam qui fait office de secouriste pendant les manifs pour faire soigner notre amie, qui venait d’être touchée par le même type de « balle lacrymo » que celle qui a tué Bassem et blessé grièvement l’américain de Nil’in : elle a perdu pas mal de sang mais elle l’a échappé belle (5 mm plus à gauche et elle aurait été tuée, elle aussi). Après nos premiers soins, elle a été évacuée, en même temps que Bassem pour l’hôpital de Ramallah.

A sa sortie, elle est restée parmi les proches de Bassem et une partie du village, devant l’hôpital puis est revenue à Bil’in ; En fin d’après-midi nous nous rendons dans la maison de sa maman avec toutes les femmes du village qui accompagnent un moment la famille dans sa douleur. Silence, recueillement et pleurs... Nous ne pouvons retenir nos larmes.

Dans les rues, sur les maisons, sur les voitures, on installe des drapeaux palestiniens pour accueillir le shahid Bassam qui était aimé par tous les villageois et par tous les internationaux qui l’ont connu.

Bassam, ton nom et ton portrait sont maintenant sur les murs de Bil’in, ils resteront gravés dans nos cœurs et nos pensées : nous continuerons la lutte ensemble, à Bil’in, à Nil’in, à Gaza, à Jérusalem, à Sheikh Jarrah…

Samedi 18 avril

10h : Tout le village attend l’arrivée de Bassam.

Les femmes et des petites filles cueillent des fleurs et préparent des couronnes en l’honneur du shahid Bassam.

Elles partent en cortège et se rassemblent dans la cour de l’école a l’entrée du village.

Peu a peu les hommes arrivent ainsi qu’une foule de personnes venues des villages des alentours.

Nous reconnaissons des personnes déjà croisées les années précédentes, internationaux, anticolonialistes israéliens...

 

Un banc est occupé par quelques vieillards, au dessus d’eux, côte à côte, les bannières de presque tous les partis, Fatah, Hamas, FPLP, Al Mubadara,... L unité nationale retrouvée, le temps des obsèques... - photo : ccippp

 

 

Des klaxons, des voitures pavoisées, l’ambulance qui transporte le corps de Bassam.

Un cortège se forme derrière elle. Des visages fermes, d’autres pleins de colère, nous traversons tout le village jusqu’à la maison de Bassam puis vers la mosquée.

Des prières dans la mosquée et en dehors, toutes religions melées, nous nous recueillons nous aussi, en pensant a ce garcon, Bassam, que nous avions côtoyé il y a plus d un an, soirée pleine de vie et de gaité avec lui, un homme d’une extrême générosité, aimé de tous...

 

 

Photo : ccippp

 

 

Le corps est porté par ses amis de la mosquée vers la tombe. Nous regardons pour la dernière fois le visage de notre ami Bassam ... il restera gravé en nous à jamais.

Un long moment se passe, des prières pendant l’ensevelissement, puis un chant diffusé par des haut parleurs dont on nous traduit le sens : la Palestine se meurt, pays arabes, où êtes-vous ? Nous pensons à nos pays européens : eux aussi, où sont-ils ?

Avant de partir, nous déposons un rameau d’olivier sur la tombe de notre ami et pensons très fort a lui, à son frère, à toutes les personnes que nous allons quitter dans quelques jours.

Ce sont nos frères et nos sœurs de lutte, pour un autre monde, sans murs quels qu’ils soient et ou qu’ils soient et nous savons que Bassem sera à nos côtés pour continuer ce combat.

Adieu, Bassam et que la paix que tu n’as pas connue de ton vivant soit avec toi.

M, A et N

 

21.03.2009

Gaza : des soldats israéliens racontent leurs crimes

NOUVELOBS.COM | 21.03.2009 | 17:44

Les révélations se multiplient sur les humiliations et actes de vandalisme contre des civils et leurs maisons, et l'assouplissement des règles d'engagement lors du conflit dans la bande de Gaza.

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Militaires israéliens à la frontière avec le nord de la bande de Gaza (Reuters)

L'opération "Plomb durci" de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza apparaît sous un nouveau jour, avec une série de témoignages de soldats, a-t-on appris samedi 21 mars. Les révélations se multiplient sur les humiliations et actes de vandalisme contre des civils et leurs maisons, et l'assouplissement des règles d'engagement, qui a eu des morts pour conséquence, provoquant l'ouverture d'une enquête.

Tsahal a ordonné une enquête

Le gouvernement israélien a toujours affirmé avoir tout tenté pour éviter les victimes civiles pendant les trois semaines de cette offensive qui s'est achevée à la mi-janvier. Leur nombre élevé a pourtant suscité les condamnations de la communauté internationale.
Mais jeudi, soit deux mois après la fin de l'offensive, Tsahal a ordonné une enquête sur ses propres soldats, après ces témoignages selon lesquels certains soldats ont tiré, parfois un peu trop vite et de manière indiscriminée, comptant sur le fait que l'assouplissement des règles d'engagement les protégerait.
Ces révélations sèment le trouble et suscitent des interrogations, dans un pays où Tsahal, un des principaux piliers d'Israël, bénéficie d'un respect considérable, mais où, déjà, la guerre du Liban de l'été 2006 avait ébranlé des certitudes. Pourtant, Ehoud Barak, le ministre de la Défense, a réaffirmé jeudi ce qu'Israël se répète: son armée est "la plus éthique au monde".

Israël aurait violé les lois de la guerre

Ces témoignages sont d'autant plus troublants qu'ils viennent conforter les accusations des Palestiniens et des organisations de défense des droits de l'Homme, selon lesquelles Israël aurait violé les lois de la guerre à Gaza.
Ces témoignages ont été publiés dans la lettre d'information en ligne d'une école militaire, transmise aux journaux israéliens Haaretz et Maariv, qui en ont publié des extraits jeudi et vendredi, et que l'agence de presse américaine Associated Press a obtenus dans leur intégralité.
Le directeur de l'institut militaire, Danny Zamir, a qualifié la discussion entre soldats "d'instructive", mais également "consternante et déprimante": "vous êtes en train de décrire une armée avec des normes très basses".
L'un des soldats décrit comment une Palestinienne et ses deux enfants ont été tués, atteints par un sniper, pour avoir mal compris ce qu'un soldat israélien leur ordonnait et pris le mauvais chemin: le tireur embusqué n'avait pas été informé que les civils avaient reçu l'autorisation de sortir de la maison qu'il surveillait, et a donc ouvert le feu quand il les a vus approcher.

Une vieille femme abattue

Un autre raconte la mort d'une vieille femme, abattue alors qu'elle marchait sur la route et qu'il n'était pas clair qu'elle constitue un danger. "J'ai simplement eu l'impression que c'était un meurtre de sang froid", raconte le soldat identifié uniquement sous le nom d'"Aviv".
Et "Aviv" de raconter également comment sa propre unité a reçu ordre d'investir une maison par la force et de tirer à vue sur toute personne s'y trouvant. "J'appelle ça meurtre", a estimé le soldat. "En haut, ils disaient que c'était autorisé, parce que quiconque restait dans le secteur et dans la ville de Gaza était dans les faits condamné, et un terroriste, parce qu'ils n'avaient pas fui".
Le jeune homme explique ensuite qu'il a insisté pour qu'on donne cinq minutes aux habitants pour évacuer, une attitude qui a déclenché des protestations parmi ses camarades. Selon lui, les soldats se comportaient comme si "à l'intérieur de Gaza, vous avez le droit de faire ce que vous voulez, d'enfoncer les portes des maisons sans autre raison que le fait que c'est cool". "Ecrire 'Mort aux Arabes' sur les murs, prendre les photos de famille et leur cracher dessus, juste parce que vous pouvez le faire", a-t-il ajouté.

Pamphlet religieux

Un autre soldat, "Ram", décrit ce qui semble être une querelle entre soldats laïcs et soldats religieux, et le "fossé profond" entre les informations préalables à l'opération fournies par l'armée et celles fournies par le rabbinat militaire, donnant le sentiment d'une "mission quasi-religieuse". "Leur message était très clair: 'Nous sommes le peuple juif, nous sommes venus sur cette terre grâce à un miracle. Dieu nous a ramenés sur cette terre, et maintenant nous devons nous battre pour chasser ceux qui interfèrent avec notre conquête de cette terre sainte'", dit-il.
Un peu plus tôt cette année, Tsahal avait déjà sérieusement réprimandé un officier pour avoir distribué un pamphlet religieux appelant les soldats à n'avoir aucune pitié avec leurs ennemis: ce document était basé sur les écrits d'un rabbin ultranationaliste, et pas approuvé par le rabbinat militaire, a expliqué l'armée israélienne.
L'offensive militaire israélienne a fait en 22 jours 1.417 morts côté palestinien, dont 926 civils, selon le Centre palestinien pour les Droits de l'homme. Treize Israéliens ont été tués. (avec AP)

16.03.2009

Rapport n°9 sur les violations israéliennes des droits humains

Agressions des forces d’occupation israéliennes contre les Palestiniens et leurs biens dans les territoires palestiniens occupés et maintien du siège contre la bande de Gaza dans la semaine du 5 au 11 mars :

  • 5 Palestiniens dont un mineur ont été tués par les FOI, 4 dans la bande de Gaza, et un mineur en Cisjordanie ;
    • l’une des victimes à Gaza a été exécutée extrajudiciairement ;
  • 26 Palestiniens dont 6 mineurs et une femme ont été blessés par des tirs israéliens ;
  • les avions israéliens ont continué à bombardé la bande de Gaza ;
    • des attaques intensives sur la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte ont obligé les civils à évacuer leurs maisons ;
  • les FOI ont mené 40 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie ;
  • 54 Palestiniens ont été arrêtés ;
  • un autre Palestinien a été arrêté sur un check-point de Cisjordanie ;
  • 18 maisons ont été transformées en postes militaires ;
  • les FOI ont maintenu le siège sur les TPO et ont isolé la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les mesures pour créer une majorité démographique juive à Jérusalem-Est se sont poursuivies ;
  • les FOI ont ordonné l’évacuation et la démolition de 129 maisons ;
  • 1 000 civils palestiniens sont menacés d’avoir leurs maisons démolies par l’occupant ;
  • la municipalité israélienne de Jérusalem a obligé 2 familles à démolir leurs maisons dans Jérusalem ;
  • la colonisation de la Cisjordanie s’est poursuivie ainsi que les attaques des colons contre les Palestiniens et leurs biens ;
  • les FOI ont confisqué 222 dunums (22,2 hectares) de terre palestinienne à Ramallah et Hébron ;
  • les colons ont attaqué des véhicules civils palestiniens sur les routes près de Naplouse.

(JPG)

Des membres de la « Famille » Yassin assis sur les décombres de leurs maisons à Al Zaytoun à l’est de Gaza ville.


Bande de Gaza

  • 1,5 million de Palestiniens sont privés de leurs droits, en particulier ceux de se déplacer et de disposer des conditions de vie primaires : se nourrir, se soigner et s’instruire ;
  • la majorité de la population n’a pas accès à l’eau potable ;
  • des centaines de milliers d’habitants sont victimes de fréquentes coupures de courant qui les affectent grandement ;
  • les postes frontière de Rafah et de Beit Hanoun n’ont laissé passer qu’un nombre très restreint de patients ne pouvant pas être soignés sur place et quelques internationaux ;
  • des restrictions supplémentaires ont encore été ajoutées aux précédentes concernant l’entrée de diplomates, de journalistes, d’internationaux et d’organisations humanitaires ;
  • les bébés prématurés sous incubateurs nécessitant une alimentation électrique permanente sont en permanent danger de mort ;
  • le niveau de vie moyen s’est encore détérioré, le chômage et la pauvreté ayant encore augmenté ;
  • plus de 900 Gazaouis prisonniers en Israël sont privés de visite depuis juin 2007.

Article original : Info-Palestine

 

Note : Force est de constater que le génocide du peuple palestinien n'a pas cessé. Les sionistes ont simplement "levé le pied" le temps de constituer un nouveau gouvernement.

Nous pouvons faire confiance au faucon ultranationaliste Netanyahou pour accélérer ce conflit et en déclencher d'autres dès qu'il aura mis en place son gouvernement.

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