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08/10/2009

Pédophilie d'un ministre étouffée par la "Justice"

« Yves Bertrand fut l'un des hommes les plus puissants de France. Directeur Central des Renseignements Généraux de 1992 à 2004, il exerça ses fonctions sous l'autorité d'une dizaine de ministres. Cette longévité exceptionnelle à un poste aussi sensible fut longtemps considérée comme suspecte par ses détracteurs. En effet, la Direction des RG - véritable police politique au service du pouvoir en place - représente un poste hautement stratégique voué par définition à évoluer au rythme de l'alternance politique. Homme de l'ombre par excellence, et malgré sa réputation sulfureuse, Yves Bertrand sut très habilement gagner la confiance de François Mitterrand puis de Jacques Chirac.


Sa dernière phrase est hallucinante ! »

06/10/2009

Pédophilie décomplexée

Un grand (et triste) moment de ponérologie : Frédéric Mitterrand, défenseur du pédophile Polanski, collègue de nos amis promoteurs de la pédophilie (Jack Lang et Kouchner), pédophile autoproclamé et - accessoirement - ministre de la Culture, dédouané de ses actes sur une émission du service public :


Rappelons, pour rafraîchir la mémoire des lecteurs, que les illustres modèles Lang et Kouchner prônaient il n' y a pas si longtemps la "libération" du tabou que constitue la "sexualité infantile". Florilège :

" pédophilie douce  …  Dans les années soixante-dix,… ,des pétitions circulaient avec, parmi les signataires, Bernard Kouchner, Jack Lang, le philosophe Scherer, Philippe Sollers.  … , tous ont compris qu'il n'était plus question de se poser en victimes des lois archaïques d'une société qui opprimerait la sexualité des enfants."
Source : Boite à pandore n°44 d'après le journal internet de l' "Humanité".


Jack Lang en remet une couche en 1991:
"La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages."

Source : Boite à pandore n°21 d'apèrs journal "Gay Pied" du 31 Janvier 1991.


et en suivant un lien donné par M. Charlton, on trouve :

Publié en 1976 dans un journal allemand, le député Vert Daniel Cohn-Bendit narrait ses relations avec des enfants dans le cadre d’un programme écolo-baba "anti-autoritaire".

" Mon flirt permanent avec les enfants" écrivait-il, "prit bientôt un tour érotique. Je pouvais parfaitement sentir comme les petites filles de cinq ans avaient appris à m’exciter (...) il m’est arrivé que plusieurs fois des enfants m’ont ouvert la braguette et ont commencé à me caresser. Selon les circonstances, j’ai réagi de façons diverses. Quand ils le voulaient, je les ai caressés alors on m’a accusé de perversion. "

Source : Blod Dbminos d'après l’hebdomadaire britannique The Observer, et National Hebdo.

Le hasard faisant décidément très bien les choses, en plus de leur déclarations défendant la pédophilie nos chers Cohn-Bendit, Lang et Kouchner ont plusieurs points communs :
- ils durent depuis des décennies en haut de la pyramide politique (signe d'un grand humanisme)
- deux d'entre eux ont quitté la gauche pour rejoindre Sarkozy (signe d'une excellente capacité d'adaptation)
- Ils ont à plusieurs reprises démontrer leur attrait pour l'idéologie sioniste (preuve de vrais convictions égalitaires et démocratiques)

À cette liste de dégénérés nous servant de politiques et de donneurs de leçons, ne manquait donc plus qu'un pédophile ministre de la Culture : c'est chose faite.

09/06/2009

Cohn-Bendit, le donneur de leçon

Mise à jour du 09/06 : Une vidéo circule sur Internet, montrant Danny le rouge parlant de jeu 'érotique' avec des petites filles de 5 ans, lors de l'émission Apostrophes (en 1982, soit quelques années après les mêmes propos tenus dans un journal allemand puis dans un livre paru en 1976)


Note : Ce débat oppose François Bayrou à Daniel  Cohn-Bendit. Ce dernier, pseudo opposant au système en place, se fait passer depuis 40 ans pour un révolutionnaire tout en cumulant les postes d'élu grassement rémunérés. Il milite en outre avec feveur pour l'Europe qui au cours des dernières années a prouvé qu'elle était encore plus injuste, anti-démocratique et totalitaire que les nations qu'elle est censée fédérer.

Sur le thème des connivences de Cohn-Bendit avec Sarkozy, l'ex pseudo-Rouge qui a viré sur le tard pseudo-Vert  tente de prouver qu'il n'est pas lié à Sarkozy malgré "qu'on se connaît depuis longtemps", "qu'on se téléphone souvent" et qu'on a partagé "trois déjeuners à l'Elysée".

Cohn-Bendit va déployer quasiment tout le spectre du discours psychopathe en quelques minutes : flatterie ("tu vaux mieux que ça"), proximité émotionelle ("on est pareil"), manipulations ("et tu aimes ça"), mensonges ("je suis le seul à m'être opposé à Sarkozy"), vexations ("je ne suis pas votre élève Monsieur le professeur") et pour terminer, comme Bayrou n'a pas mordu aux hameçons, l'insulte  ("tu es un minable", "je trouve ça ignoble de ta part").

Mais l'essentiel n'est pas là.

Comment se fait-il que Cohn-Bendit, qui s'est défendu avec tant de véhémence d'être de connivence avec Sarkozy, fait qui n'a rien de gravissime et qui est largement documenté (Bayrou cite les propres déclarations de Sarkoy), ne fasse pas un seul commentaire lorsque Bayrou l'accuse publiquement et sans avancer aucune preuve "d'avoir poussé et justifié des actes à l'égard des enfants".

L'étonnant silence du prolixe Cohn-Bendit vient peut-être du fait que ce dernier a non seulement "poussé et justifié des actes à l'égard des enfants" mais qu'il a déclaré publiquement : Je pouvais parfaitement sentir comme les petites filles de cinq ans avaient appris à m’exciter (...) il m’est arrivé que plusieurs fois des enfants m’ont ouvert la braguette et ont commencé à me caresser. Selon les circonstances, j’ai réagi de façons diverses. Quand ils le voulaient, je les ai caressés..."

Mise à jour (09/06/09) : Voici une vidéo de "Danny le rouge" réitérant le même genre de propos plus que douteux :

 

Pour mémoire Cohn-Bendit a fait cette déclaration en 1976, il avait atteint l'âge de la majorité depuis un petit moment. A l'époque il avait exactement 31 ans. Bien entendu Cohn-Bendit n'a jamais été inquiété pour de tels propos et aucune enquête n'a été diligentée sur ses petits jeux.

Cette totale impunité n'est-elle pas la meilleure preuve d'une connivence avec le pouvoir ?

07/08/2008

Humanitaire, magouilles et pédophilie : Kouchner & Sounalet



Condamné à perpétuité en France pour braquage, Sounalet avait purgé trente-trois de prison avant d’être libéré, ce qui présume selon les standards français, qu’il devait être violent.

Il s’engageait à "Pharmacien Sans Frontière", puis à "Médecin Sans Frontière", du groupe de Bernard Kouchner (1), ancien ministre français de la santé. Il devait être vaillant pour son âge. En 1994, à soixante ans, il partait au Rwanda à en plein génocide. Poincaré, Grand reporter pour "France Inter" et "France Info", avait alors couvert l’affaire.

L’association de Kouchner avait fait un centre d’accueil pour trente-six enfants qui n’avaient pas retrouvés leurs familles. Il avait alors signalé les agissements d'un homme qui, sous couvert de mission humanitaire, abusait des enfants rwandais dont il avait la charge, selon ses amis.



L'année d'après, l'ONG fut mise à la porte du pays par les autorités locales et Sounalet rentrait en France. Le bagnard était devenu poète: il publiait un livre de photos, assorties de commentaires lyriques, "au bénéfice des victimes".

En 1996, Sounalet était nommé en Roumanie, président d'une association d'aide à l'orphelinat Popricani, proche de Iasi où vivait Treptow (2). Il vivait parmi les enfants, malgré son casier judiciaire, qui n'est pas de nature à le présumer vierge.

Il opéra un savant harcèlement sexuel, offrant aux jeunes de l’argent, leur promettant d’être les premiers adoptés, ou de leur obtenir un poste d’éducateur dés qu’ils auraient atteints leur majorité. Sans famille, orphelins d’un pays d’une pauvreté infinie, ils devaient y voir une opportunité pour échapper à leur destin. Assaillis par cet homme qui avait fait trente-trois ans de prison, ils n'avaient aucune chance d'échapper aux viols.

Deux mois après le début du scandale Treptow, cinq des victimes de Sounalet étaient devenu des jeunes hommes et l'un éducateur, comme promis. Aux vues de l’impuissance de leur ministre de la justice à sauver Treptow, ils se crurent en mesure d'obtenir justice pour eux-mêmes.

Lorsque la nouvelle de l'incarcération de Sounalet pour perversions sexuelles et corruption de mineurs atteignait la France, le jet privé de Bernard Kouchner atterrissait en Roumanie pour plaider à sa défense. (3)

Au tribunal provincial de Urziceni, l’ancien ministre était entouré de Raymond Aubrac, célèbre résistant (4); Jean-Louis Machuron, fondateur de l'association Pharmaciens sans Frontières ; Pierre Pradier, ancien responsable de Médecins du Monde, Daniel Karlin, célèbre cinéaste, Rémi Lainé, journaliste pour "Gamma", "Libération" (5) et la presse télévisée à TF1 et évidemment: le Grand Reporter Poincaré.



Le Comité de Soutien de Sounalet s'inquiétait qu’il n’y ait des amalgames entre son affaire et celle de Treptow, dont il disait que "devenu politiquement gênant, il avait été accusé d'avoir organisé des parties fines avec des mineurs ce qui, était de notoriété publique mais n'avait jamais semblé gêner personne." (6)

Sounalet se montrait tel en un vieillard, dit mourant d'un cancer (7). Son comité de soutien fut d’une telle prodigalité que l’un des plaignants rétracta sa plainte, à la fureur des quatre autres. En quelques jours, tous les jeunes de la région accouraient, dans l’espoir d'un peu d'argent en échange de faux témoignages. Même le Maire de Popricani vint témoigner, comme s’il avait tenu la chandelle au moment ou Michel Sounalet n’avait PAS violé d’enfant. (8)

Le pédophile plaida au complot, présentant de multiples versions. Il s’agissait de la vengeance de l'ancien pensionnaire devenu employé de l’orphelinat et à qui il aurait reproché son attitude violente envers les enfants. Puis, il s’agissait d’un complot de la Direction de la protection de l´enfance, qu’il avait soupçonné des malversations au détriment des orphelins, et ce pourquoi il songeait porter plainte. Finalement, les plaignants n'avaient dit que des mensonges. En privé, ils auraient reconnus avoir été contraints de mentir à son égard.

"Il a sauvé des milliers d´enfants, alors que toutes les armées fuyaient, dit Monsieur Kouchner. Jamais, au grand jamais, nous n’avons soupçonné Michel, au contraire nous lui avons confié des centaines et des milliers d´enfants. Je ne le regrette pas, je les lui en confierais demain, dès qu’il sortira de prison." (9)

Ce fut relativement efficace, puisque Sounalet ne sera condamné qu’à six cent euro d’amende, et quatre ans de prison, alors qu’il en risquait quinze. Plusieurs appels aux dons avaient été lancés pour financer cette défense. Il aurait vraisemblablement échappé à la prison, si le coût du jet privé, des chambres d’hôtels, pots de vins et restaurants, n’avait pas été immédiatement été proposé aux jeunes. Toutefois les bons contacts aidant, il fut libéré au bout de huit mois, alors que Treptow était condamné à sept ans de prison et $35,000 de dommages. (10)

En mars 2003, une missive privée arrivait en provenance du forum des Balkans: La Roumanie a décidé de bloquer toutes les adoptions. Les deux pédophiles qui s’occupaient d’orphelinats dans la région de Lasi, ont fait adopter des enfants à d’autres pédophiles qu’ils connaissaient. La situation devrait changer en 2007 avec l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne. (11)

En 2005, Bernard Kouchner faisait une grande mission humanitaire au Niger, le pays le plus pauvre du monde, avec Michel Sounalet, guéri de son cancer et alors âgé de septante et un ans. (12)

Pour le tsunami, la réponse a été cent fois supérieure à la demande, à tel point que les ONG ne savent pas comment dépenser le "pactole". (…) Pour faire suite à ce constat, l’ancien ministre lança un vibrant appel à la solidarité internationale, visant à installer une base logistique alimentaire et de procéder à la distribution de vivres. Une équipe professionnelle était réunie, explique l'association... (13)

Outre le "professionnel" Sounalet: Khélil Aïtout, avec qui le pédophile avait secouru des enfants Rwandais, alors que toutes les armées fuyaient. Ces jeunes victimes de guerre qui avaient été abusées par un homme de la mission. Un autre grand professionnel: Benjamin Sannino, septième lauréat du prix des « supers-vendeurs des luminaires ‘Flash’ de la gamme ‘SANFIL’ ». L’exposé est sensationnel, palpitant, héroïque...

"Sur place à Maradi, l’Armée nigérienne a sécurisé l’aéroport afin que ni les habitants, ni les animaux ne traversent la piste d’atterrissage. Le gouverneur est présent, ainsi que la télévision nationale et des médias internationaux : TV Niger, Times de Londres, BBC world, Reuters, AP. C’est l’avion de Bernard Kouchner qui arrive..." (14)

Sous prétexte que l'équipe du Programme Alimentaire Mondial ne déchargeait pas les vivres assez rapidement, elle était écartée sur le tarmac même: les membres de l’association de Monsieur Kouchner louait un entrepôt et les y déchargeaient eux-mêmes, en attente de l’arrivée d’une ONG membre du réseau associatif français.

Ce serait donc là où le "pactole" va ? (15)

(1) à croire qu'ils ne vérifient pas le background de leurs employés. Ce que je ne crois pas. Il faudrait donc que Sounalet ait des liens quelconques avec des personalités influentes dans ces ONG... Ce qui semble confirmé par le reste de l'article. Pour la petite histoire au Rwanda: Kouchner qui avait d'abord évoqué un génocide au 20h, est rapidement revenu sur ses déclarations (rappelé à l'ordre par Mitterand sans doute) pour expliquer qu'il n'y avait PAS de génocide au Rwanda (alors que ça se passait sous ses yeux et que dès le départ les témoignages crédibles se multipliaient dans l'indifférence coupable).

(2) à cette époque la Roumanie est au plus profond de la misère. Les images d'enfants abandonnés dans les orphelinats datent de cette époque: déjà lors des années 80 de remboursement de la dette externe par Ceausescu, les conditions de vie dans ces orphelinats s'étaient durcies. Dans les années 90 de la corruption généralisée (l'économie parallèle représentait 40% du PIB selon des études de l'ONU), et de la misère généralisée, autant dire que les orphelins sont devenus le dernier souci du régime capitaliste en place (tous d'anciens apparatchiks communistes ayant retourné leur veste pour rester au sommet). Il est de notoriété publique que les pédophiles de l'Ouest venaient se servir des enfants abandonnés en Roumanie...
D'ailleurs, si les Roumains ont une réputation de mendiants en France, et bien il vous faut savoir que les Français ont une réputation de... pédophiles en Roumanie. Et oui chacun juge en fonction de ce qu'il voit...

(3) la peur de révélations de Sounalet? La rapidité avec laquelle Kouchner accourt à de quoi laisser pantois...

(4) Klaus Barbie au cours de son procès affirme que c'est Raymond et Lucie Aubrac qui ont donné Jean Moulin, ce qui explique pourquoi il a été si facilement relâché (même si la version cinématographique tente de nous vendre une évasion héroïque digne des meilleures séries B).

(5) Journal qui faisait l'apologie de la pédophilie dans les années 70. Il faut savoir qu'à cette époque de libération sexuelle, les forces les plus gauchisantes plaidaient pour les relations sexuelles "consenties" avec les enfants... Comme si les enfants facilement manipulables étaient en mesure de consentir librement. Ainsi, plusieurs éditos de ce journal ont fait l'apologie de la pédophilie sous les plumes de Cohn Bendit notamment. Michel Polac fera également l'apologie de la pédophilie en relatant par écrit dans des mémoires parues il y a plusieurs années, comme il séduisit et se soulageat au contact d'un jeune adolescent... Il faut croire que dans certains milieux, la pédophilie était quelque chose de naturel.

(6) reconnaissance implicite du crime?

(7) toujours ce jeu de la pauvre victime incapable de faire du mal à une mouche...

(8) tous les roumains à cette époque savaient que la justice était totalement corrompue. Ce genre d'affaire est monnaie courante... Encore aujourd'hui.

(9) que craint donc monsieur Kouchner?

(10) ultra classique comme verdict, on fait payer les victimes pour qu'elles s'écrasent.

(11) les scandales de pédophilie ouest européenne avaient politiquement pris des proportions énormes à l'époque. Un véritable tourisme sexuel s'était développé, et les autorités fermaient les yeux. Il semble que l'exaspération des roumains, et la publicité faite autour de quelques affaires qui ont retenti à l'extérieur du pays, aient amené le gouvernement à prendre des mesures symboliques. Mais après ça, on pouvait continuer à trouver des enfants sur catalogue dans les milieux de la prostitution roumaine.

(12) qui nous fera croire à une rémission spontanée durant son court séjour en prison? Décidemment, toujours les mêmes vieux trucs. Est ce monsieur Kouchner qui avait fait ce diagnostic opportun?

(13) il faut savoir que Médecins du Monde et certaines autres ONG ont été épinglées pour leur gestion opaque. Disposant de sources de financement publiques (nationales, européennes, extra-européennes) et privées (les dons) et n'étant pas soumises aux mêmes obligations comptables et de gestion que des entreprises à but lucratif, certaines ONG se sont fait remarquer pour leurs pratiques douteuses, pratiques couvertes par les appuis politiques dont elles disposent. Ainsi, les salaires de PDG versés de manière arbitraire à certains de leurs dirigeants (qui ne semble agir que devant les caméras), tandis qu'en bout de chaine les bénévoles travaillent pour presque rien et sans aucune protection sociale (retraite...). Scandaleux.

(14) quel accueil digne d'un chef d'état

(15) Kouchner a reconnu que lors de sa première mission au Biafra (qui était déjà une mission Barbouzarde), il a aidé les rebelles en leur fournissant des dollars contre la monnaie locale qui ne valait plus rien, dollars qui ont servi à acheter des armes... Ainsi les caisses de produits humanitaires étaient remplies de billets. A l'époque certaines rumeurs accusait son organisation de livrer des armes, profitant du fait qu'on ne tire pas sur une ambulance (sauf en Israël).
Il faut savoir que le soutien apporté aux rebelles Biafrais a provoqué une catastrophe humanitaire. C'est quand Kouchner est intervenu sur ordres de Foccart et De Gaulle que la catastrophe humanitaire s'est déclenché... En effet, ce qui n'aurait du être qu'une rebellion matée en quelques semaines par les armées Nigeriannes, est devenu une révolte qui a duré près de 3 ans et qui a fait 2 millions de morts... Kouchner est connu pour être intervenu dans tous les conflits barbouzards: exemple, il est intervenu en Somalie, vraisembablement pour appuyer les rebelles favorables aux américains. Que livrait il? De simples sacs de riz valent de l'Or en période de famine, donc il aurait pu se contenter de cela... Mais qui sait? Qui vérifie le contenu des avions cargo? Qui les décharge? Ses propres équipes! Il est aussi intervenu au Kosovo où il a bloqué des enquêtes de l'ONU contre les activités mafieuses de l'UCK: trafics de drogue et de femmes... Monsieur Kouchner, véritable "parrain" de l'humanitaire?

Article original : Blog de Cismigiu


Note de P&P : C'est le même Bernard Kouchner, brillantissime ministre des Affaires étrangères, qui a signé une pétition en faveur de la "pédophilie douce", qui a soutenu à plusieurs reprises une guerre en Iran ou qui a empoché 25000 dollars pour un rapport commandé par Total minimisant la dictature birmane.

Avec de tels "amis" au sein de son gouvernement, la France n'a pas besoin d'ennemis.

14/07/2008

Lang, Kouchner et Cohn Bendit aiment les enfants... à leur manière

En visitant le site des Editions Liberté de Paul Emile Charlton et en particulier sa rubrique "Boite à pandore", quelques citations de nos chères élites peuvent laisser songeur :

" pédophilie douce  …  Dans les années soixante-dix,… ,des pétitions circulaient avec, parmi les signataires, Bernard Kouchner, Jack Lang, le philosophe Scherer, Philippe Sollers.  … , tous ont compris qu'il n'était plus question de se poser en victimes des lois archaïques d'une société qui opprimerait la sexualité des enfants."
Source : Boite à pandore n°44  d'après le journal internet de l' "Humanité".


Jack Lang en remet une couche en 1991:
"La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages."

Source : Boite à pandore n°21 d'apèrs journal "Gay Pied" du 31 Janvier 1991. 


et en suivant un lien donné par M. Charlton, on trouve :

Publié en 1976 dans un journal allemand, le député Vert Daniel Cohn-Bendit narrait ses relations avec des enfants dans le cadre d’un programme écolo-baba "anti-autoritaire".

" Mon flirt permanent avec les enfants" écrivait-il, "prit bientôt un tour érotique. Je pouvais parfaitement sentir comme les petites filles de cinq ans avaient appris à m’exciter (...) il m’est arrivé que plusieurs fois des enfants m’ont ouvert la braguette et ont commencé à me caresser. Selon les circonstances, j’ai réagi de façons diverses. Quand ils le voulaient, je les ai caressés alors on m’a accusé de perversion. "

Source : Blod Dbminos d'après l’hebdomadaire britannique The Observer, et National Hebdo. 


Le hasard faisant décidément très bien les choses, en plus de leur déclarations défendant la pédophilie nos chers Cohn-Bendit, Lang et Kouchner ont plusieurs points communs :
- ils durent depuis des décennies en haut de la pyramide politique (signe d'un grand humanisme)
- deux d'entre eux ont quitté la gauche pour rejoindre Sarkozy (signe d'une excellente capacité d'adaptation)
- Ils ont à plusieurs reprises démontrer leur attrait pour l'idéologie sioniste (preuve de vrais convictions égalitaires et démocratiques)

13/07/2008

Pédocriminalité: l'enquête qui accuse



Pédocriminalité: l'enquête qui accuse Serge Garde, coauteur du 'Livre de la honte' témoigne

Des enfants sont en danger...

Des menaces de mort pèsent sur des journalistes.

Des réseaux pédocriminels se sentent à l'abri de la Justice.

Dans le même temps, des démarches visent à interdire un livre.

Un livre qui relate une enquête minutieuse sur "Le dossier de la honte".

Le 24 février 2000, Serge Garde publie un dossier de trois pages dans le quotidien L'Humanité. Il y révèle l'existence d'un CD-Rom informatique contenant 8.500 documents de pédocriminalité. On y voit des scènes de viols d'enfants, et même des viols de nourrissons. Quelque mois plus tard Laurence Beneux publie un article dans le Figaro et participe à un reportage sur Canal+. Logiquement, la Justice et la police auraient dû prendre le relais, averties par les révélations des journalistes qui montrent sans conteste qu'il existe en Europe des véritables réseaux pédocriminels. Des enfants sont en danger. Des réseaux obscurs s'adonnent au trafic de jeunes vies. Ce marché immonde rapporte davantage que la drogue. Il ne nécessite pas d'investissements. Il suffit de se "procurer" un enfant puis d'un appareil photo pour promouvoir la marchandise... Et, surtout, c'est une activité dont les risques vis-à-vis de la Justice sont bien limités. Tellement limités que les journalistes qui ont mené l'enquête dénoncent: "Du côté des institutions, police et Justice, c'est la gêne, le dénigrement et parfois la désinformation pour masquer une dépénalisation de fait de la pédosexualité dans de nombreux dossiers". Ils posent la question: Pourquoi la police et la Justice n'ont-elles pas poussé l'enquête?

Serge Garde nous raconte l'histoire du "dossier de la honte"

Serge Garde, vous venez de publier, avec Laurence Beneux, un livre qui a pour titre Le Livre de la honte. Pourquoi ce titre?

Parce que ce que nous racontons est honteux. Parce que la façon dont la Justice française a traité cette affaire de pédocriminalité ne mérite pas d'autres qualifications. C'est honteux car, au départ, nous avons publié dans L'Humanité et dans Le Figaro des révélations concernant un CD-Rom contenant 8.500 documents de pédocriminalité et de viols d'enfants, de nourrissons, et nous avions rapporté qu'à partir de ce CD-Rom la police hollandaise avait établi un fichier contenant 472 portraits d'enfants. D'enfants en danger car on les voit sur le CD-Rom dans des situations absolument sans équivoques. Pour beaucoup d'entre eux, on est témoin des scènes de leur viol. Ce qui nous a donc particulièrement choqués, c'est qu'à la suite de nos révélations concernant ce document, rien n'a été fait pour rechercher ces enfants en danger. Or ce document existe bien, il est en possession de la police hollandaise, il a été transmis à Interpol et donc aussi aux autorités françaises. Rien, absolument rien n'avait été entrepris de la part de la Justice, ni de la police et, il y avait même un certain embarras sur l'existence de ce fichier. Quand nous avons questionné les autorités, afin de savoir si elles avaient connaissance de ce fichier... il y a eu un refus de nous répondre.

D'où provient ce document informatique que vous vous étes procuré?

Le CD-Rom a été retrouvé chez un pédotrafiquant néerlandais domicilié a Zandvoort qui s'appelait Gerrit Ulrich. C'était une sorte d'activiste informatique, dans le sens qu'il intervenait beaucoup sur Internet. Il était évident qu'on se trouvait en face d'un élément important d'un réseau. Sur le fichier tiré de ce CD-Rom, les visages des enfants sont identifiables, tout comme les visages de certains violeurs. Donc, pour nous il était évident que la police française, tout comme la Justice des autres pays européens se trouvait devant une urgence. Rechercher les enfants afin de les sauver et mettre hors d'état de nuire les adultes violeurs. Nous nous étions dits qu'à partir du moment où nous publiions les révélations sur l'existence de ce document, notre travail de journalistes etait terminé et que le travail de la Justice devait commencer. Sauf... que c'est tout le contraire qui s'est produit. Nous avons été contraints de constater que la seule activité de la Justice française dans cette affaire a été celle d'essayer de minimiser, voire d'enterrer l'affaire... et le pire, c'est qu'ils sont sur le point de réussir.

Comment avez-vous trouvé ces documents?

Je me trouvais en Belgique avec Laurence Beneux, et nous étions en train d'enquêter sur ceux qu'on appelait en Belgique les "témoins X", c'est-à-dire des témoins qui apportaient des éléments sur l'existence de réseaux de prostitution d'enfants impliquant des personnalités belges dans le cadre de l'affaire Dutroux. On les appelle "témoins X" pour protéger leur sécurité. L'unité d'élite de la gendarmerie belge qui travaillait sur les "témoins X" a été stoppée net. Ces gendarmes ont commencé à avoir de très sérieux ennuis à partir du moment où plusieurs "témoins X" ont mis en cause des personnalités politiques importantes, voire des membres de la famille royale belge. C'est en travaillant sur ce phénomène qu'une personne m'a dit que je devrais contacter l'association Morkhoven, en Belgique. Ça m'a intrigué, et c'est comme ça que j'ai contacté l'association Morkhoven. C'est cette association qui avait découvert le CD-Rom, et qui avait "négocié" la remise à la police néerlandaise.

Des enfants ont été identifiés?

En conduisant l'enquête, nous avons été littéralement assaillis par les demandes des parents qui éprouvaient des inquiétudes très vives concernant des enfants qui ont disparu ou qui déclarent avoir été abusés devant des caméras ou les objectifs d'appareils photos. Alors que la Justice restait inactive, c'est nous, les journalistes qui avons accepté de recevoir des parents pour qu'ils puissent consulter ce fichier à la recherche d'un enfant.

Un jour, une maman, habitant la région parisienne a dit "c'est mon fils". Puis il y en a eu une deuxième. Ce deuxième enfant a été reconnu par sa mère, par deux pédopsychiatres qui l'ont eu comme patient ainsi que par une travailleuse sociale. Nous avons reçu la visite de dizaines et de dizaines de parents, grands-parents, je pense que nous avons reçu environ deux cents personnes qui sont venues visionner ce fichier, qu'ils ne pouvaient pas voir ailleurs. Il y a même eu des personnes qui sont venues de Floride, et au total nous sommes arrivés à l'identification d'une vingtaine d'enfants français et belges. Donc, plusieurs mois après nos révélations nous pouvons dresser le bilan suivant: travail de la justice, aucune identification; travail des journalistes et des associations, une vingtaine d'enfants identifiés.

Mais quelle a été la position des autorités judiciaires?

Du côté de la Justice la seule activité évidente ça a été de dire: les mamans qui ont reconnu leurs enfants se trompent. Nous avons même pu constater que des mensonges ont été distillés à la presse. Il y a eu une véritable pratique de désinformation. Je sais que ce que je dis est grave, mais j'affirme que le parquet de Paris a pratiqué la désinformation en lançant, via les agences de presse, des informations fausses en accréditant l'idée que les parents qui avaient identifié un enfant sur le fichier s'étaient trompés. Et puis, nous avons même vu une intervention du substitut du procureur des mineurs à Paris, Yvon Tallec, qui devant les caméras de France 2, au cours d'un journal télévisé, a eu une déclaration incroyable. Il affirmait qu'il fallait minimiser cette affaire du CD-Rom pédocriminel. Et, pour motiver ses propos, il a avancé trois raisons: la première raison c'est que, selon ce magistrat, les documents contenus sur le CD-Rom seraient des documents anciens. Or, comment peut-on juger à partir d'une photo d'un visage d'enfant s'il s'agit d'une image ancienne ou récente? Et, même s'il s'agissait d'images anciennes... on est dans le domaine du crime sexuel et la prescription du crime n'intervient que 10 ans après la majorité légale de la victime! C'est-à-dire que les nourrissons qui sont violés, comme c'est le cas de ceux que nous voyons sur le CD-Rom, pourront porter plainte jusqu'à leur vingt-huitième anniversaire.

La seconde raison évoquée par ce magistrat est, elle aussi, aussi incroyable que la première. Il affirme qu'il n'y aurait quasiment pas d'enfants français sur ce fichier. Or, moi je souhaite qu'un magistrat puisse me dire, sur la base de ces photos, quel enfant est ou n'est pas français... c'est complètement aberrant!

La troisième raison invoquée par ce magistrat, sidère tout le monde. Il affirme que les images d'enfants photographiés sur le CD-Rom proviennent en réalité de certaines revues, et que les enfants étaient consentants, ou que leurs parents l'étaient. Nous sommes donc confrontés à un magistrat, qui sur Paris a le pouvoir de procéder a un classement sans suite, et qui nous dit en substance que, dans ce cas de proxénétisme, il n'y aurait aucun problème dès lors que les parents seraient consentants! Si nous le comprenons bien, ce magistrat nous explique que si un enfant dit "oui" il n'y a pas de viol. Effectivement, si l'on adopte ce point de vue, on comprend pourquoi Paris est une des régions de France où les classements sans suite et les non-lieux dans ce type de crime sont les plus fréquents. Quand nous avons compris comment la Justice parisienne commençait ses investigations sur l'affaire du CD-Rom, nous nous sommes rendus compte qu'on allait vers l'étouffement de l'affaire. C'est pour ça que nous avons poursuivi notre travail d'investigation et que nous avons écrit ce livre.

Combien d'enfants disparaissent chaque année en France?

Je n'ai pas de réponse précise. En France, on peut avoir des statistiques sur tout, même sur le nombre de saumons contrôlés dans le bassin de la Loire en l'an 2000, mais sur les enfants disparus, il n'y a pas de chiffre, ou s'il existe, il est caché. Le seul chiffre que j'ai pu retrouver, remonte à 1982: il fait état de la disparition de plus de soixante-dix enfants de moins de 12 ans. Il ne s'agit pas de fugues, mais bien de disparitions corps et biens. Mais je n'ai pas souvenance d'enquêtes concernant ces disparitions. Récemment le député du Val d'Oise Robert Hue a posé la question à la Garde des Sceaux: il serait bien qu'on ait des chiffres sur le nombre d'enfants qui disparaissent en France, et cela depuis dix ans. J'attends avec impatience la réponse de la ministre.

Dans le CD-ROM que vous avez retrouvé, y a-t-il des photos d'enfants français?

Il y a des enfants de la région parisienne, beaucoup de la région Chambéry-Annemasse, ensuite c'est diversifié. Pour l'Yonne, c'est terrible. Dans le cadre de l'affaire des "disparues de l'Yonne", des parents ont demandé à visionner le fichier. Après énormément de résistances, la juge d'instruction parisienne qui bloque tout à Paris sur cette affaire a été amenée à transmettre un exemplaire du fichier dans les différents commissariats et gendarmeries. Malgré qu'elle l'ait fait pendant les mois d'été, des parents ont consulté le fichier, notamment à Auxerre. Deux jeunes filles ont été reconnues et identifiées par des familles de disparues de l'Yonne. Je ne sais pas encore jusqu'à quel point cette identification est valable, mais si c'est le cas, alors toute la version officielle de l'affaire des "disparues de l'Yonne" tombe. Actuellement on est dans l'hypothèse d'un serial killer de campagne, solitaire, Emile Louis. Dans le cas d'une vérification positive, comment pourrait-ton expliquer qu'on retrouve les photos de ces disparues dans le cadre d'un réseau informatisé en Hollande?

Comment pouvez-vous être sûr de l'existence de véritables réseaux?

Lorsque j'ai eu entre les mains le CD-Rom et le fichier, j'ai également pu disposer de 200-250 feuilles, des photocopies des agendas, des carnets d'adresses de Gerrit Ulrich et de certaines personnes qui gravitaient dans la même sphère. Sur le carnet d'adresses d'Ulrich, on relève des contacts en Hollande, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Suède, aux USA, en Bulgarie, en Pologne en Lettonie et... en France! Il y a aussi des références bancaires: l'Europabank for reconstruction and Development, la Banque nationale d'Ukraine, mais aussi, le Crédit agricole et le Crédit Lyonnais...

Pour quelle raison la justice éprouve des difficultés à admettre l'existence des réseaux pédocriminels?

Je reste convaincu que la pédocriminalité est niée parce qu'elle est invisible. La justice française est habituée à traiter d'abord la criminalité visible, celle qui crée un trouble à l'ordre public. Dans le cas de viols d'enfants, c'est invisible, et le scandale ne va apparaître que lorsqu'il y a le dépôt de la plainte, et que le juge va faire son travail. C'est-à-dire que c'est le juge qui va devenir le vecteur du scandale. Et ceci, les juges ne le supportent pas; ils sont là pour rétablir l'ordre lorsque l'ordre public est troublé par un scandale. La tendance générale de la Justice en France c'est de minimiser ce qui n'est pas visible. C'est valable pour les viols d'enfants, comme pour la délinquance économique. Il y a en plus d'autres phénomènes qui vont jouer, et qui vont conduire à l'étouffement de ces plaintes.

Prenons un autre exemple, dans l'Yonne, l'affaire du pavillon d'Appoigny. Dans ce village, un individu, Claude D., avait ouvert, avec sa femme, un véritable bordel spécialisé dans le sadomaso très hard. Moyennant un tarif affiché dans la cave, on pouvait torturer des jeunes filles -qui avaient été kidnappées, et qui appartenaient à la DDASS. Elles étaient sous le même contrôle social - théorique - que les disparues de l'Yonne. Les "clients" pouvaient écraser une cigarette allumée sur un sein pour 600 francs, ou apposer une croix gammée au fer rouge - il y avait une idéologie nazie dans ces activités - sur la peau d'une jeune fille pour beaucoup plus cher. Il est clair, quand on voit l'addition que cela pouvait représenter, qu'il y avait beaucoup de notables parmi les clients. Les voisins n'arrêtaient pas de voir arriver de grosses cylindrées qui venaient s'arrêter devant le pavillon. Et le tenancier tortionnaire avait un carnet, dans lequel il notait les noms de ses clients. On retrouve là le réflexe de certains nazis qui étaient très fonctionnaires, et qui avaient le souci du détail et qui tenaient des registres sur leurs crimes comme si c'était une activité industrielle ou commerciale.

Claude D. a été arrêté parce qu'une jeune fille a réussi à s'échapper et qu'elle a pu prévenir les gendarmes. Deux prisonnières ont été sauvées à ce moment-là, mais on ne sait pas depuis combien d'années ça durait et combien de jeunes filles sont passées entre les mains de ces tortionnaires et ce qu'elles sont devenues. Pendant l'enquête, le carnet d'adresses a disparu. Le plus beau, c'est qu'il s'est volatilisé dans le bureau du juge d'instruction. Et donc, lorsque Claude D. a été jugé, il n'y avait pas de clients dans le box des accusés. Une affaire de proxénétisme sans clients. Il a été condamné à perpétuité en 1991, et il a été remis en liberté dès l'an 2000. Certains pourront dire que le carnet avec tous les clients n'a pas été perdu pour tout le monde.

Retrouve-t-on souvent des personnalités influentes, des notables à l'intérieur de ces réseaux?

Je pense à ce qu'a dit le juge Connerotte qui était en charge du dossier Dutroux, au moment où il a été dessaisi: "On a touché au jouet des riches"... Il s'agit là d'un tabou, et donc ça coûte cher. Ce magistrat travaillait à la recherche d'un réseau, il a été dessaisi, et l'on a réécrit l'affaire Dutroux. Officiellement, c'est l'affaire d'un pervers isolé.

Moi, j'essaie d'en rester aux faits. Je pense que la pédocriminalité, la pédosexualité est sans doute l'une des dernières pratiques sexuelles qui permettent de "tenir" ceux qui se font piéger ou qui s'y adonnent. En France, au moins, le fait qu'un responsable vive sa vie dans des circonstances que certaines morales reprouvent, tout le monde s'en fiche, pourvu que ce soit entre adultes consentants. La pédosexualité est sans doute l'un des derniers domaines où l'on peut être l'objet de chantage. Je crois qu'il y a en France une longue tradition dans ce domaine. Je repense aux activités du SAC, un organisme para-policier, où l'on retrouvait des flics, des truands, tous avec la même carte tricolore. Le SAC avait certaines activités financières, et notamment il avait dans son giron une société dirigée par un certain Charlie Lascorz dont le travail consistait à organiser des parties fines, à inviter des personnalités et à les piéger en les filmant, en les photographiant. Ensuite les gens se trouvaient confrontés à des chantages, qui n'étaient pas seulement financiers, mais qui pouvaient s'apparenter à un trafic d'influence.

Je peux penser qu'actuellement, organiser une partie fine et introduire au cours de la soirée des mineurs avec prise de photos, ça piège tous les participants. Et je vois mal comment certains groupes se priveraient de cette arme qui peut leur procurer des parcelles de pouvoir et de l'argent.

Comment est appliqué le droit en France pôur les affaires de pédocriminalité?

Globalement, la Justice fonctionne normalement, même si les juges ne sont pas formés, ou n'ont pas de moyens, mais il y a en France un certain nombre de secteurs où le droit n'est pas appliqué. La région de Nice jusqu'à une période récente, les régions alpines, des poches dans la vallée du Rhône, Paris... Le droit prescrit que tout acte sexuel commis par un adulte sur un mineur de moins de 15 ans est un crime. C'est ça les textes. Et ces textes ne sont pas appliqués dans ces zones de non-droit. Lorsque 60 à 80% des plaintes exprimées par les enfants sont classées sans suite, ça veut dire que l'on considère ces enfants comme des présumés menteurs alors qu'ils sont à priori victimes. On leur dit "non, vous êtes coupables de mensonge". Il y a une inversion des valeurs. Lorsqu'on a été victime de ce genre de crimes sexuels, il y a une étape qui est indispensable pour pouvoir se reconstruire, c'est le fait qu'on vous reconnaisse le statut de victime. Pour tous ces enfants, c'est un déni de justice. On leur dit, "vous êtes des menteurs et pas des victimes". Ça ne peut s'appeler autrement que du non-droit.

Combien de documents pédocriminels avez-vous découverts?

Au début de l'enquête, nous avions un CD-ROM, qui contient 8.500 documents. Et puis, au cours de cette enquête, Laurence Beneux a trouvé un deuxième CD-Rom.

Lorsque l'enquête a été publiée au printemps 2000 dans L'Humanité puis dans Le Figaro, la Garde des Sceaux s'est déclarée troublée. Elle intervient alors dans le journal de France 3, où elle va tenir un langage étonnant... "Nous avons le fichier [qui était en possession d'Interpol], mais nous ne pourrons rien faire tant que nous n'avons pas le CD-Rom". Et ça, c'est étonnant, car déjà dans le fichier il y a des documents assez précis pour pouvoir commencer à travailler. Le lendemain de cette intervention, je remets donc le CD-Rom au procureur général auprès de la Cour d'appel de Paris, Alexandre Benmaklouf. Ce que je ne savais pas, quand je remettais le CD-Rom au procureur général, c'est qu'il l'avait déjà. Depuis un an. Et l'affaire avait été classée au bout de quelques semaines, au motif qu'il n'y avait pas matière pour une incrimination pénale. Je rappelle que dans ce CD-Rom il y a des viols de nourrissons...

Ensuite, Laurence Beneux, qui travaillait à l'époque pour Canal+, a eu accès au deuxième CD-Rom, qui contient des scènes de torture de petites fillettes insoutenables, et elle le remet à la Justice. Depuis, rien. C'est-à-dire que la Justice possède deux CD-Rom, et... strictement rien.

Au moment où nous parlons, nous avons vingt CD-Rom. C'est-à-dire entre 80.000 et 100.000 documents pédosexuels et pédocriminels. Ce sont des documents qui doivent servir pour identifier les enfants, pour les sauver. Derrière chaque photo, il y a un enfant réel, qui a été violé, qui souffre. Qu'est-ce qu'on va faire de ces CD-Rom? Pour moi, il n'est pas question de les remettre à la Justice française, quand on voit ce qu'elle a fait des deux premiers que nous lui avons confiés, je ne peux pas être complice de ça.

Vous avez déjà été menacé?

Oui. Des menaces de mort. Au moment de la sortie du livre. J'interprète ça comme des pressions, des tentatives de vouloir m'empêcher de faire mon travail, on veut me faire peur, me déstabiliser. Je pars du principe que si un jour on voulait m'abattre, on ne me préviendrait pas à l'avance. Je travaille en réseau avec d'autres journalistes. C'est ça la meilleure protection.
 
Source : Amnistia 

24/04/2007

Article de Marianne

Il est trop rare de lire dans les médias largement diffusés des analyses politiques justes et courageuses. L'hebodmadaire Marianne signe un tel article dans son édition d'avril 2007 (14-20 avril):

 

de Jean-Francois Kahn, avec Serge Maury, Philippe Cohen, Laurence
Dequay et le service France de "Marianne"



Ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler


Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s'il ne l'avait pas dit ?

Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce
glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne,
agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique
cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons
de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que,
selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient
d'origine génétique, qu'on était en quelque sorte biologiquement
programmé pour la déviance ou l'autodestruction, que l'action
éducative ou sociale n'y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde
divine non plus - retour terrifiant du concept eugéniste du gène du
crime - sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou
hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse.

Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, avant la riposte bayrouiste,
notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient
beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n'avait
même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante
rémanence de l'idéologie socio-biologique de l'extrême droite païenne.
Comme s'il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l'UMP
que de stigmatiser le leader du Front national.

Comme si Sarkozy faisait peur.

Or cette sortie intervenait après l'annonce de la création, en cas de
victoire de la droite, d'un « ministère de l'intégration et de
l'identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et
pour cause, la presse allemande, et dont même l'extrême droite
autrichienne de Jôrg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux
relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques,
telles qu'on n'en avait plus entendu depuis quarante ans,
inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents
de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante
d'avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader
UMP, qu'ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les
candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du
crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des
malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l'anti-France enfin,
c'est-à-dire l'incarnation de la haute trahison. Or, cela n'avait
nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les
pierres, s'aplatisse ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise
grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins,
que les médias, presque tous les grands médias, s'écrasent.
Tant le personnage fait peur.

SES MOTS POUR LE DIRE

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce
qu'il dispose, partout, et surtout dans les médias, d'amis dans la
place et très haut placés ? Ou parce qu'on redoute la brutalité de ses
réactions ?

La preuve par l'affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le
ministre délégué à l'Egalité des chances, interpellé à propos de
quelques fortes saillies du ministre de l'Intérieur, s'excuse : « Je
ne m'appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d'agression, on a connu
plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace
« de casser la gueule de l'insolent » et lui hurle, par saccades
rageusement répétitives, qu'il est « un connard, un salaud, qu'il ne
veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant,
Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé
à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule »
parce qu'il aurait osé murmurer : « Je ne m'appelle pas Malek Royal. »
Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l'histoire, comme
l'ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C'est Sarkozy qui a
obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce d
était là qu'infâme menterie. D'ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il
« croit n'avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis
deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que
signifierait le fait qu'effectivement, bien que siégeant sur les mêmes
bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir
Begag !

Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le
monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les
siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n'a
cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs
de campagne, accusés d'être responsables de la moindre difficulté de
campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au
propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec
des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à
Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal
pour un entretien avec la rédaction : « Libé n'a qu'à se déplacer ! ».
Il considère qu'il n'a pas été reçu à France 3 national avec les
honneurs qui lui sont dus. A l'adresse de la direction il hurle : « Si
je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

INSULTES...

C'est d' « enculés » que se font traiter les confrères d'une radio qui
lui ont apparemment tapé sur les nerfs... qu'il a sensibles. Il
soupçonne un journaliste d'être favorable à François Bayrou. « Ils
couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses
adversaires, il prévient, carnassier : « je vais tous les piquer. Les
niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle
Alliot-Marie, qu'il soupçonnait, à tort, d'avoir joué un rôle trouble
dans l'affaire Clearstream, ne l'appelle-t-il pas « la salope » ?
L'économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines
propositions du candidat UMP Il reçoit aussitôt un mail de son chef de
cabinet « On s'en souviendra ! » Même expérience rapportée par un
industriel qui eut le malheur de déplaire « On se retrouvera. On est
pour moi ou contre moi ! » « Je n'ai jamais été confronté, raconte ce
patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le
préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de
police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu'il aurait
ricané des ennuis conjugaux du ministre !

Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle
montrait l'incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton,
promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce «
Sarkoland » pour qu'ils lâchent Bayrou. V enquête en question a été «
trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu
! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler,
statistiques à l'appui, que le bilan du ministre en matière de
sécurité n'est pas bon. Ça eût dérangé !

IL N'A PLUS BESOIN D'INTERVENIR

Or, comme on ne prête qu'aux riches, on soupçonne systématiquement
Sarkozy d'être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n'est pas le cas.
Ce n'est pas la peine. Il n'a même pas besoin. Quand Paris Match avait
publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son
chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade
qu'il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar.
Mais il en resta là. Mieux il obligea Arnaud Lagardère à attendre
plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore
: parce qu'il avait appris qu'on s'apprêtait à virer le directeur de
la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n'intervint
cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que
pour exiger qu'il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur
la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le
directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un
malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « je
connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre
rédaction. »

On s'interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les
grands patrons des groupes de médias, est-ce la crainte qu'il suscite,
la peur des représailles s'il est élu, qui expliquent cette relative
impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des
initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient
une irruption réprobatrice dans le landernau ?

Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être
excessives, mais qui ne s'expriment jamais en public : cette star de
la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque
de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consœur de LCI se
dit « terrorisée à l'idée d'une présidence sarkozyste » ; cette
journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une
description effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas
question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie
Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des
Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c'est le gaullisme.
Je voulais, j'espérais qu'il serait l'homme de rassemblement. Or, il
ne cesse de semer la division. Et j'ai passé l'âge de me laisser
impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

LES CONFRÈRES ETRANGERS OSENT, EUX !


Les confrères étrangers, eux, n'ont évidemment pas ces pudeurs. Le
correspondant à Paris d'une radio suédoise interroge tout de go : «
Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un
journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses
pérégrinations en dresse un portrait, d'ailleurs exagéré, à faire
dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung Munich dépeint
« un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ».
Le Frankfurter Allgemeine Zeitunglui décerne le prix de « l'homme
politique le plus ambitieux et plus impitoyable d'Europe qui n'a pas
de vraie conviction, mais s'aligne sur l'humeur du peuple ». Le
quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des «
régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIX> siècle ».
Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George
Bush tricolore qui veut imposer en France l'idéologie de la droite
néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa
proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s'est, avec
Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice
britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme
Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier
scandinaves, l'assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui
représenterait une grave menace pour la démocratie.

LA PEUR DE LA TRAPPE

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d'analyse était
indicible. On n'ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si
Petit César l'emporte ? De la trappe qui s'ouvrira aussitôt ?

Celle qui s'est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP
Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse
femme de tempérament, n ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie
de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe !
Officiellement, parce qu'un reportage diffusé sur France 3 lui a
attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu'étant l'une des
rares à oser s'adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait
remarquer que, entouré d'une nuée de courtisans qui passaient leur
temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique
à la moindre remarque critique. Elle s'était en outre inquiétée de sa
tendance à s'immerger compulsivement dans les sondages qui lui
renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée »,
disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur.

Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver
cette conspiration du silence.

CATHERINE NAY ENTRE LES LIGNES

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son
émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de
Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au
candidat UMP, assez nombreux, n'ont jamais eu cette chance. Or la
lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression
étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ;
mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait
psychologique extraordinairement préoccupant : celui d'un homme dont
l'unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga
et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L'histoire qui le fascine,
c'est la sienne ; de l'humanité, il ne retient que sa part ; son
ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l'arrivée au
sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu'un livre, celui dont
son ambition constitue la trame. N'écoute qu'une seule musique, celle
qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur
une autre perspective que celle dont sa personne dessine l'horizon,
sur un autre monde que celui dont il occupe le centre.

Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la
société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement
qui l'obsède et rythme ses discours : son propre changement, dont il
fait comme un ressort. « C'est vrai, explique-t-il à Catherine Nay,
j'étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres,
dur, brutal... Mais j'ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand
désarroi de ceux qui l'idolâtraient quand il était, à l'en croire, si
mauvais, il fera l'aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires
pour mieux magnifier l'ampleur des métamorphoses par quoi il se
transcende. Quitte à se révéler, à l'usage, plus égotique et plus
brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans
Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je
suis en train de comprendre la gravité des choix que j'ai faits.
Jusqu'à présent, je n'avais pas mesuré. »

IL N'A PAS LE DROIT DE LE DIRE


Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de
malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions
autocratiques chez cet homme qu'elle qualifie elle-même de «
bonapartiste » ? L hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de
boucliers indignée sur le plateau de l'émission. On n'a pas le droit
de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert,
siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement
pour déclarer Dominique de Villepin passible de l'asile d'aliénés. Un
talentueux éditorialiste de droite convient, en coulisse, qu'il y a «
un vrai problème ! ». Halte là ! On n'a pas le droit de dire ça !
C'est tabou !

Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l'ex-responsable
socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine
dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot,
au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal
Pétain et du général Franco.

Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également
tout oser. Ce n'est qu'à propos de Nicolas Sarkozy qu'on n'aurait «
pas le droit de dire ça ! ». Mais qu'en revanche il serait loisible,
comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages
et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains
journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu'ils en auraient
« pleuré de honte », mais qu'on ne peut rien contre un ordre d'en haut
! (L'Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : «
Sarkozy : il gardera son calme. »)

ET, POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT


Tous les journalistes politiques savent, même s'ils s'interdisent (ou
si on leur interdit) d'en faire état, qu'au sein même du camp dont
Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer.
Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c'est, déclara Jacques Chirac à
ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans
l'Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J'aurais
préféré Juppé. Lui, au moins, c'est un homme d'Etat. » Le ministre
libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son
obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour
lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la
reddition, l'achat ou la mort l'adversaire. » Sa principale faiblesse
? Son manque total d'humanisme. « Chirac, lui, a le souci des autres,
de l'homme. Sarko écrase tout sur son passage. Si les Français
savaient vraiment qui il est, il n'y en a pas 5 % qui voteraient pour
lui. »

Un des plus importants hiérarques l'UMP, officiellement soutien
fervent d candidat (comment faire autrement ?) renchérit : « Sarkozy,
c'est le contraire l'apaisement. Chirac, vous verrez, on regrettera.
Lui, il n'a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le
minis de l'Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la
révolte aujourd'hui. « La France, c'est du cristal », dit, inquiet
Jean-Pierre Raffarin.

Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n'en pense pas
moins... que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence
intérieure, son déséquilibre personnel, l'empêchent d'atteindre à
hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri
Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement) ou Jérôme
Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence.
Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n'est
pas mûr. Il n'est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le
pousse à créer de l'affrontement partout, et non à rassembler. »
D'autres brodent « C'est un enfant qui n'atteindra jamais l'âge
adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes
sont immatures ! » On ne parle plus, on n'ose plus parler, comme hier
- du moins tout fort -, de « malfrat » ou de « petit voyou »
(pourtant, ce qu'on l'a entendu !). Mais, dans les coulisses de
l'Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple
français ! » Et, justement, il y a encore trois semaines, on se
communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en
puissance de François Bayrou. Non point qu'on l'aime, celui-là, ce «
démocrate-chrétien jésuitique » mais, enfin, on ne va pas « laisser la
France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier
populiste romain dénoncé par Cicéron.

COMME UNE BANDE DES « CITES »

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de
s'opposer au ministre de l'Intérieur à propos des « peines plancher ».
Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son
effarement. Cette simple prise de distance lui valut d'être désigné du
doigt, menacé de représailles, ostracisé parle clan avec une violence
« digne d'une bande des cités ». C'est d'ailleurs un ex-haut
responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées
parlementaires de Colmar, alors que Balladur était donné gagnant par
tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy.

Elle respirait l'arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On
disait aux députés restés fidèles à Chirac qu'il allait "leur en
cuire" »L'ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine
Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en
1995, qu'il peut intimider les gens. Quand je l'ai rencontré, dans les
années 80, il avait déjà ses qualités - énergie, ténacité -, et ses
défauts, dont j'imaginais qu'il les corrigerait. Je pensais,
notamment, qu'il comblerait son inculture. Bernique ! Il n'a fait que
courir d'une lumière l'autre. Il est fasciné par ce qui brille, les
nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s'ils
trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu'il reçoit à Bercy,
ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. »

Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes,
les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes
ralliés à l'UMP confient, à qui veut les entendre (mais les
journalistes qui les entendent n'en rapportent rien), que l'hypothèse
d'une présidence Sarkozy les terrifie ; qu'il y a « de la graine de
dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs
», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des
groupies enthousiastes de l'homme qui seul peut les faire gagner et
dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le
courage. Mais même eux n'étouffent pas totalement leur inquiétude et
soulignent volontiers sa violence. « Oui, c'est vrai, reconnaît l'un
d'eux, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec
la plus extrême cruauté. » « Il n'est vraiment totalement humain,
confie un autre, que quand il s'agit de lui-même. » « Il a un problème
de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s'arrange, il
mûrit, il se densifie. » Voire...

UN LOURD SECRET


Donc, il y aurait, s'agissant du caractère de Sarkozy et de son
rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux,
préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un
terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques,
mais que les médias s'interdisent, ou se voient interdire, de
dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette
occultation. Sans doute s'attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec
outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D'être de
droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de «
néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait
Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La
diabolisation de la différence est aussi contestable venant d'un bord
que de l'autre. Le débat démocratique implique qu'il y ait une gauche,
un centre, une droite, cette dernière n'étant pas moins légitime que
ses concurrents. De même qu'une partie de l'opinion reproche au PS
d'avoir trahi l'idéal socialiste ; de même une autre partie,
importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant
une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de
barre à droite.

C'est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec
énergie et talent. Le combattre n'exige nullement qu'on criminalise a
priori cette incarnation.

IL EST DE DROITE, ET APRES ?

Oui, Sarkozy, en son tréfonds - et même si on l'a convaincu de ne plus
rien en laisser paraître -, est « atlantiste » et entend rompre avec
la politique gaulliste d'« orgueilleuse » prise de distance à l'égard
des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l'époque où
celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement
soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute
bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en
font plus le disciple de Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il
se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du
modèle français mixte tel que l'ont façonné les gaullistes, les
sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire
Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de
faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés
vivent dans leurs entreprises ». Tout est business.

Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites
européennes qui, comme lui, veulent démanteler l'Etat providence et
approuvèrent la guerre de George Bush en Irak.

Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son « populisme » de
tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent
nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé.
Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou
berlusconienne italienne n'en fait effectivement pas un « modéré »,
loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu'il
déroule, depuis quelques semaines, le déporte loin du centre, le
qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s'y risque l'extrême
gauche, est une stupidité.

Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages
logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite jean Jaurès
ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite
constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de
soutenir « l'Église de Scientologie », et là d'avoir promis à Chirac
une amnistie contre son soutien. Mais il n'existe aucune preuve. Donc,
on ne retient pas.

CETTE VERITE INTERDITE

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la
gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable
bipolarité d'un débat hémiplégique, c'est ce constat indicible : cet
homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de
sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien
des apprentis dictateurs.

Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein
de la couche supérieure de la France qui sait, et au fond des
souterrains de la France qui s'en doute, un boucan d'enfer. Les
médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les
autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous
aucun prétexte, le dire.

Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne
électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne
se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les
politiques, les médias, précisément, et les politiques n'en parlent pas !

« Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l'intelligence, ni
l'intuition, ni l'énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au
sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le
furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le
pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l'UDF,
officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu'il est
narcissique, égotiste. Les mots sont faibles.

Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du
paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko
est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard
possible serait tourné vers son monde intérieur Il se voit, il se voit
même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

PLUS FORT QUE LUI...


Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c'est peut-être une qualité, est
transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se
montre, s'affiche, se livre. D'autant, comme le reconnaît un
publicitaire qui a travaillé pour lui, qu'il ne sait pas se réfréner,
se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu'il
est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son
tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s'interdire. Quelque
chose en lui, d'irrépressible, toujours, l'entraîne au-delà. « Sur un
vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même
quand il s'agit d'une promenade, il se défonce comme s'il devait
constamment battre un record. »

Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne
peut pas s'empêcher » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même
quand la prudence exigerait qu'il s'en abstienne. Ainsi, en 1994,
cette salve : « L'électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce
n'est plus l'Hôtel de Ville, c'est l'antichambre de la morgue. Chirac
est mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de
terre. » Il ne peut pas s'empêcher, non plus, de se livrer à un
jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp,
qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut-être, un
leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied- dixit
une de ses victimes au sein de l'UMP-à assassiner, les unes après les
autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage,
rester seul entouré de ses chaouches. »

Après la défaite de 1995, ne s'est-il pas livré, dans le journal les
Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres
comparses : François Fillon ? « Un nul qui n'a aucune idée. » Michel
Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté
faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en
pire. » Quant à Villepin, il s'est plu, si l'on en croit Franz-Olivier
Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d'un boucher ».
Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune
tendresse ! Jamais !

IL SUFFIT DE L'ÉCOUTER

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l'écouter. De quoi
parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement.
Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui
donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu'au délire parfois, sa
propre préférence. Jamais hors « je ». Ce « je » qui, à l'entendre,
est forcément « le seul qui », « le premier à », « l'unique capable de
», « le meilleur pour ». Comme si l'univers tout entier était devenu
un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir
constamment chez lui l'angoisse que le miroir lui dise un jour, comme
à la marâtre de Blanche Neige, qu'il n est « plus la plus belle ».

C'est pourquoi, d'ailleurs - et même ses proches s'en effarent-, il
vit constamment immergé dans les enquêtes d'opinion, qui, plusieurs
fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l'évolution de son
image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On
le répète à satiété. Une peur s'exprime ? On la caresse dans le sens
du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira.
Une musique d'extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu'à
faire l'éloge de la violence sociale... des marins pêcheurs.

Il commande tellement de sondages qu'il est devenu le meilleur client
de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas
satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à
l'Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions
quasiment rédigées par son entourage (sur l'affaire de Cachan ou la
polémique avec les juges) ne permettaient pas d'autres réponses que
celles qui le plébiscitaient.

IL EST « LE SEUL QUI... »

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse
d'intervenir pour en corriger les ombres, sa capacité d'écoute (ou de
lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels
médiatiques à déjeuner au ministère de l'Intérieur que l'un d'eux,
Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de
s'imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul.
Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit « J'ai pu
apprécier votre conception du débat. Vous n'imaginez pas qu'un autre
point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. »
D'ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées,
on s'arrange pour qu'il n'ait jamais de vrais contradicteurs pouvant
exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d'ailleurs,
lui-même les autres intervenants.

Cette abyssale hypertrophie du moi, à l'évidence, entretient chez
Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de
pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences
potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques.
Il suffit, d'ailleurs, de l'écouter, mais aussi de le regarder « être
» et « faire ». Jamais il ne se résout à n'être qu'un membre, fût-ce
le premier, d'un collectif. Forcément l'unique, le soleil autour
duquel tournent des affidés. D'où sa prédilection pour un entourage de
groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort,
« une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes
et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles
et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

DOUBLE DISCOURS


Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt
du double discours). Seul peut l'expliquer le fait que le rapport à
lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de
l'ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction.
Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de
ses concurrents, Bayrou l'ayant épinglé sur l'affaire du déterminisme
génétique, il déclare benoîtement « Un candidat devrait s'abstenir de
toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de
jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés - et avec
quelle violence ! -, la stratégie guerrière de l'affrontement
manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la
rubrique « J'ai changé ») qu'il eut, certes, sa phase brutale, mais
qu'il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son
récit, rapporte que, lorsqu'il osa critiquer l'emploi du mot «
racaille », le ministre de l'Intérieur hurla qu'il s'agissait d'un
scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu'il était
inconcevable qu'un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois,
il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin,
son président de la République et son Premier ministre.

D'une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans
faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition,
mais, pendant la crise du CPE, alors qu'il avait lui-même, le premier,
préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa
soudain l'inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita
l'un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il
s'agissait, évidemment, d'achever Villepin.

COMME ON ASSASSINE TOUS LES CONCURRENTS...

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son
panache, c'est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur,
lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que,
dans l'espoir d'un étouffement, l'industriel Poullain, le patron d'une
société de revêtement, e emmené le dossier à son lieutenant, Brice
Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C'est lui encore,
prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l'affaire
d l'appartement d'Hervé Gaymard, en qui voyait un adversaire.

C'est lui encore q fit distiller, dans la presse, de quoi faire
continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream
transformé e machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand,
dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire d oui au
référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social
fiançai n'était-il pas conscient qu'il favorisait de sorte le camp du
non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre
Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi qui ai profité de toutes les
occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses
contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que
c'est lui, l'unique, le point central, qui porte et justifie cette
cohérence. Ainsi, lorsqu'il accuse ses concurrents, de gauche ou
centristes, d'être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de
la dégénérescence morale, c'est le jour où Tapie, l'un des rares
affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

FAILLITE MORALE, DIT-IL


Quelle capacité d'auto-amnistie cela révèle !

Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement
aménagé par le promoteur qu'on a systématiquement favorisé en tant que
maire, et dans l'espace dont on a, toujours comme maire, financé
l'aménagement, est-ce un exemple d'attitude hautement morale ?
Permettre, après qu'on fut devenu ministre, à son ancien cabinet
d'avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires
après vente à la découpe, de continuer à porter son nom - société
Arnault Claude Nicolas Sarkozy-, ce qui s'avère d'autant plus
intéressant qu'on continue à détenir un gros paquet d'actions et à
toucher des dividendes -, est-ce le modèle même du comportement
impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l'ancien ministre
Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat
coupé-collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines
erreurs comprises, est-ce la quintessence du moralisme intégral ?

Est-ce une moralité sans faille qui permit à Thierry Gaubert
d'organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement
dans les Hauts-de-Seine à l'ombre des réseaux sarkozystes dont il fut,
un temps, l'un des principaux rouages ? Est-ce sous le drapeau de la
moralité qu'on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse
Jacques Heyer qui, d'ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier
Schuller en particulier) ? Les rapports d'affaires (ou de tentatives
d'affaires) avec l'intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils
placés sous le signe de l'intégrisme moral ? Le soutien constant
apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les
machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes
? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et
être le seul à s'en être abstenu ?

UN SYSTEME CLANIQUE


Sarkozy n'est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est,
fût-ce à son corps défendant, le pur produit d'un système, celui du
RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d'Harcourt, l'ex-députée
gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l'irrépressible mafiosisation,
renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés
par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint
d'ailleurs à présider l'établissement public.

Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d'ailleurs le maire de
Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu'adjointe
à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d'un emploi fictif à
la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de
député, hop ! , on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à
tort ou à raison, le symbole d'une certaine « ripouïsation » d'un
demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant
socialiste en Algérie française, dû regagner précipitamment la
métropole à la suite des graves accusations dont il était l'objet, y
compris d'avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de
prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche
SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l'une de ses premières
campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et
en blessèrent d'autres.

Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière
affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de
chauffage urbain) qu'il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui
plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l'a jamais
lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la
fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des
critiques d'un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la
mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy
ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami
le député-maire de Levallois Patrick Balkany.

Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille
affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la
mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des
fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un
gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick
Balkany. C'est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par
suite d'une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4
000 à 6 000 € par habitant. C'est, d'ailleurs, le cabinet d'avocats
Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle
accumule les contentieux.

QUI SONT SES SOUTIENS ?


Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le
monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité
candide Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel
Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d'avocats par an) et
même Christian Estrosi n'ont pas précisément défrayé la chronique à
cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît
même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui.

Quant à son fan-club, qui prétendra qu'il n'est constitué que de
parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny
Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d'impôts, comme
Jean-Michel Goudard, l'un de ses principaux conseillers en
communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ?

Certes, à l'image de Simone Veil ou de l'écrivain Yasmina Reza, de
très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les
milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y
compris certaines en provenance d'une haute intelligentsia réputée de
gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d'Irak. Reste que
le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés,
y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres,
ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n'est pas question de
mettre en doute l'intégrité ou l'allergie à la déviance) le mieux
placé pour dépeindre l'ensemble de ses adversaires en défenseurs de la
fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

« L'IDENTITÉ NATIONALE », PARLONS-EN...

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de «
l'identité nationale » ? Mais qui se déclarait « fier d'être surnommé
Sarkozy l'Américain » ?

Qui affirma, aux Etats-Unis, qu'il s sentait souvent « un étranger
dans son propre pays » ?

Qui regretta que la France ait bran son droit de veto pour s'opposer à
la guerre d'Irak ?

Qui stigmatisa, depuis l'Amérique « l'arrogance » dont aurait fait
preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le
Conseil de sécurité de l'ONU ?

Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de
rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du «
modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon ?

Nicolas Sarkozy pourrait d'ailleurs largement figurer dans la rubrique
« Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans,
illustrent éloquemment tout ce qui précède, c'est-à-dire une
dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l'unicité de son
exaltation du moi !

Citons, presque au hasard : « Il y en a combien qui peuvent se
permettre d'aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul
!] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J'irai
systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus
difficiles et j y resterai le temps nécessaire » (2005).

« Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l'UMP] en novembre. » «
Racaille, le vocable était sans doute un peu faible. »

« Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle
comme les gens » (avril 2004).

« Maintenant, dans les réunions publiques, c'est moi qui fais les
questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l'impression
qu'on s'est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005).

« Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour
prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. »

« Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la
télévision jusqu'à ce que les téléspectateurs en aient la nausée » (1995).

« Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les
tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être
brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c'est de la
rassurer, non de l'inquiéter La réforme doit être comprise comme un
ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages).

« Je n'aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. »

« La France souffre de l'égalitarisme et d'un état de nivellement. »

« Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez
d'afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques
Chirac » (juin 1992).

« Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une
image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se
faire aimer, poser en tenue décontractée. »

On nous dira, ensuite : il faut lui faire confiance, il faut le
croire. Mais où est le filet de sécurité ?

LE VRAI DANGER

On évoque obsessionnellement le danger Le Pen. Il existe un risque, en
effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l'extrême
droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à
notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui,
ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne
dispose, lui, contrairement à son adversaire - concurrent de droite (à
l'égard duquel il fait preuve d'une certaine indulgence), ni du
pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier.
Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu - et il peut l'être -,
ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en
même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes
mains, lesquelles disposeront, en outre, d'une majorité au Conseil
constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays.

Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu'il n'était
pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite
dans le métro parce qu'elle était ironique à l'égard de Sarkozy ; un
livre était envoyé au rebut, le patron d'un grand magazine également,
parce qu'ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré,
parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il
officiellement de gauche, n'a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy.

Voter Sarkozy n'est pas un crime. C'est même un droit. Nous ne dirons
pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance,
l'anti-France et la faillite morale.

Nous voudrions simplement qu'on se souvienne plus tard - quitte,
ensuite, à nous en demander compte - que nous avons écrit qu'il
représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie
et de la République un formidable danger.

S'il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous
l'acceptons !

 

-Marianne-

 

En 1933 en pendant les annés précédentes,  si plus de médias avaient eu le courage de mettre en avant des analyses objectives et de ne pas céder aux peurs et aux pressions, peut être que l'Allemagne aurait connu une destinée politique différente.