18.05.2009

Sarkozy prêt à tout pour détruire l'éducation

 

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Les CRS évacuent par la force des manifestants.
Amiens, le 23 mars 2009. Source : Amiens se bouge.

 

Dans une interview parue jeudi dans le Figaro, François Fillon annonce la politique de son gouvernement en déclarant que «nous ne bougerons plus ».

C’est, hélas, avec la déclaration de Nicolas Sarkozy affirmant qu’il ne reviendrait jamais sur la loi LRU, un très bon résumé de l’attitude de ses ministres depuis le début de la crise des universités.

Alors que depuis un an et demi, la communauté universitaire dans son ensemble multiplie les signaux pour alerter le gouvernement, alors qu’un mouvement de grève historique qui dure depuis trois mois a montré l’opposition unanime de toutes les composantes de la communauté universitaire à sa politique, le gouvernement ne bouge pas, n’écoute pas et ne discute pas, sinon plus multiplier les manœuvres dilatoires, les faux semblants de négociations et les provocations.

Une fois de plus, François Fillon, après Valérie Pecresse et Xavier Darcos n’a comme arguments que le bluff, la menace et la provocation. À la communauté universitaire unanime, François Fillon répond par la menace des CRS. Aux étudiants inquiets pour leur année, il répond par le bluff en affirmant qu’il fera passer les examens à l’extérieur des universités. La Coordination Nationale des Universités est curieuse de savoir si monsieur Fillon envisage de rédiger lui-même des sujets d’examens, de surveiller et de corriger les épreuves, d’assurer le suivi et la saisie des dossiers et sur quel programme il envisage d’évaluer les étudiants alors que la grève est toujours très majoritaire chez les enseignants chercheurs et les personnels administratifs et qu’un semestre de cours entier n’a pu avoir lieux du fait de l’obstination de son gouvernement. Au contraire, la Coordination Nationale des Universités a affirmé qu’elle prendrait toutes ses responsabilités pour que les étudiants ne payent pas la note d’une crise grave dont le gouvernement porte l’entière responsabilité : les étudiants doivent pouvoir continuer leurs études et doivent pouvoir valider leurs acquis.

Enfin, le premier ministre, en affirmant que la mobilisation ne concernerait que 6 universités tente une foi de plus de nier, au mépris de toute réalité, l’ampleur de la mobilisation. La 10ème coordination des universités, réunie mercredi à Marne la Vallée comptait plus d’une soixantaine de délégations. La grande majorité des universités, départements, UFR, composantes, sont toujours en grève totale ou partielle et un partie importante bloquée.

Nous attirons l’attention de Monsieur Fillon sur la parution récente, soulignée entre autre par le Canard Enchainé de cette semaine, d’un excellent ouvrage intitulé « Le grand trucage, comment le pouvoir manipule les statistiques ». Il nous semble tout à fait révélateur de la manière dont il traite les chiffres et la réalité et du mépris profond dans lequel il tient ses auditeurs en général, la communauté universitaire en particulier.

Article original : Universités & Universitaires

10.06.2008

La recherche publique devient un organe politique

Nous voulons tout d’abord vous informer de l’extrême gravité des menaces qui pèsent sur le monde académique. Nous vous demandons ensuite de relayer ces informations auprès de votre famille, vos amis, vos élus. Nous espérons enfin que tous ceux et celles qui se reconnaissent dans la notion de service public d'enseignement supérieur et de recherche apporteront, comme en 2004, un soutien actif aux initiatives que la communauté académique sera amenée à prendre dans les semaines et mois à venir pour sauvegarder son existence et
son avenir.


En effet, ces derniers jours, de nouvelles informations confirment la gravité de la situation, que nous décrivons plus loin. Aussi avons-nous décidé de ancer des actions importantes, avec notamment le blocage du Conseil ’Administration du CNRS le 19 juin, de nombreuses actions locales décidées n région et une grève administrative, si nos demandes ne sont pas espectées (voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1921). Ces ctions nécessitent la mobilisation de tous ceux qui travaillent dans la
recherche et l'enseignement supérieur. Des assemblées générales sont ctuellement organisées sur les différents campus, il faut les démultiplier ans tous les laboratoires jusqu'au 19 juin pour informer tous nos collègues, éterminer les modalités de la mobilisation du 19 juin et préciser les ormes que prendra la grève administrative.

Alors que les protestations contre la politique de Valérie Pécresse se multiplient (voir sur notre site
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1906 et
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1912), après une « marche de ous les savoirs » qui a réuni 10 000 personnes en France (voir ttp://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1901), nous avons le devoir d’arrêter ces réformes qui nous sont imposées sans aucune concertation, contrairement aux allégations de la ministre.

Le gouvernement est en effet en train d’essayer de mettre l'enseignement supérieur et la recherche sous son contrôle direct et au service de l'économie, incapable de comprendre que la science n’est pas un simple outil technique de production de richesses. Françoise Héritier, professeure au Collège de France, répond à cette conception: "Même des sciences humaines et sociales, on attend qu'elles rapportent ! Des bénéfices existent, mais ils sont de l'ordre de la compréhension et de la connaissance, ce qui est déjà énorme. Personne ne peut évaluer la valeur marchande de l'œuvre de Lévi-Strauss." De même Albert Fert (prix Nobel de Physique 2007) déclare : « Les chercheurs doivent être conscients des problèmes de société… mais on ne peut pas imposer une finalité stricte à la recherche ». Mais le gouvernement ignore ces évidences et continue sa marche forcée.

Aujourd’hui, il a décidé de s'attaquer au CNRS, organisme de recherche de réputation internationale, car celui-ci pouvait jusqu'à aujourd'hui conduire une politique scientifique élaborée par des chercheurs et non par des politiques.

Le gouvernement veut ainsi imposer un découpage du CNRS en instituts indépendants, dont la nomination des directeurs et les budgets seraient contrôlés directement par le pouvoir politique. Cela signifierait la disparition du seul opérateur global de la recherche fondamentale en France.

Cette disparition entraînerait l'affaiblissement de tous les secteurs de la recherche publique, en particulier la recherche universitaire, puisque dans la plupart des UMR (Unités Mixtes de Recherche), un des partenaires est universitaire. L'inquiétude est particulièrement grande pour certains secteurs, tels que l'informatique ou les sciences de la vie, disciplines qui seraient chapeautées par des organismes à vocation de recherche essentiellement finalisée, au détriment de la recherche fondamentale. Quant aux SHS (Sciences Humaines et Sociales), leur présence au CNRS serait fortement réduite.

La décision de démanteler le CNRS devrait être prise lors de son Conseil d'Administration (CA), le 19 juin, seul habilité, aujourd'hui, à décider de cette restructuration. Mais la réunion du CA du CNRS du 19 juin ne doit pas avoir lieu ! Nous sommes en effet décidés à bloquer ce processus de destruction et appelons tous les personnels, avec les syndicats, à empêcher le 19 juin le pouvoir de faire croire que sa "réforme" se fait avec l'assentiment des personnels concernés. Ces derniers ont, depuis des années, fait des propositions pour une autre réforme de la recherche et de l'enseignement supérieur. Nous sommes très nombreux à demander :
- Le non-démantèlement du CNRS en Instituts pilotés par le gouvernement.
- La création de 5000 postes dans l'enseignement supérieur et la recherche afin d'améliorer l'encadrement en premier cycle et d'accroître l'activité de recherche des enseignants-chercheurs, de réduire la précarité croissante à laquelle on assiste aujourd'hui et enfin de permettre une réduction des taches administratives de plus en plus lourdes qui incombent aux enseignants-chercheurs, chercheurs et ingénieurs de recherche et qui les empêchent de faire leur métier.
- Un plan de développement permettant à toutes les universités, et pas seulement à quelques unes d'entre elles, d'avoir des locaux répondant aux normes de sécurité, et dont nous puissions être fiers au lieu d'en avoir honte.
- Une dotation budgétaire décente pour les organismes de recherche et les universités, condition indispensable à une autonomie véritable (et non fictive, comme c'est le cas actuellement), notamment en reversant à ces établissements une partie importante du budget de l'Agence Nationale de la Recherche.

Une grève administrative sera déclenchée immédiatement si le démantèlement annoncé du CNRS devait être décidé le 19 juin ou effectué
à la sauvette cet été. Cette grève pourra prendre des formes multiples : refus des directeurs d'unité de signer des documents administratifs, refus de remettre des rapports scientifiques ou financiers, refus de participer à des commissions d'évaluation pour l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur, etc. Nous ferons également appel à ce moyen de pression, utilisé avec succès en 2004, pour faire aboutir les autres demandes vitales pour notre système d'enseignement et de recherche mentionnées ci-dessus. Ces questions deviendront en effet brûlantes au moment du vote des budgets, à l'automne, qui pourraient reproduire la baisse des crédits de base des laboratoires et l'absence de création d'emplois que nous avons subis cette année.