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02/06/2010

Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ?


par Thierry Meyssan - Réseau Voltaire
31 mai 2010



Israël a pesé à l’avance les conséquences de l’attaque qu’il a lancé contre un convoi humanitaire maritime. Quels sont ses objectifs en déclenchant une crise diplomatique mondiale, pourquoi a t-il défié son allié turc et son protecteur états-unien ?

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L’attaque conduite par trois patrouilleurs lance-missiles israéliens de classe Saar, le 31 mai 2010, contre la flottille de la liberté, dans les eaux internationales de Méditerranée illustre la fuite en avant de Tel-Aviv.

La flottille de la liberté est une initiative de militants des droits de l’homme [1] [2], soutenue par le gouvernement turc. Son objectif est à la fois de véhiculer de l’aide humanitaire jusqu’à Gaza et, ce faisant, de briser le blocus mis en place illégalement par l’armée israélienne à l’encontre d’1,5 million de Gazaouites.

La décision d’aborder des navires civils dans les eaux internationales constitue un « acte de guerre » au regard du droit international. Juridiquement parlant, il y a eu vol des navires et de leurs cargaison, enlèvement et séquestration de leurs passagers, meurtres ; voire assassinats, si l’on admet les informations de la télévision turque selon laquelle les commandos avaient une liste des personnalités à liquider au cours de l’assaut.

Cet acte de guerre, à l’encontre des pavillons grecs et turcs de ces navires, a été perpétré afin de consolider le blocus, lequel constitue en lui-même une violation du droit international.

En choisissant l’argument de la « légitime défense », les autorités israéliennes ont explicitement revendiqué leur souveraineté sur les eaux internationales à 69 miles nautiques au large de la Palestine ; cette annexion —temporaire ou durable— étant nécessaire à la poursuite du blocus, lequel serait nécessaire à la sécurité de l’Etat d’Israël.

En abordant un navire turc et en en tuant des passagers, Tel-Aviv a d’abord choisi de répondre militairement à la crise diplomatique qui l’oppose depuis janvier 2009 à Ankara. Cette initiative est censée provoquer une crise au sein de l’état-major turc et entre celui-ci et le gouvernement turc. Cependant, elle pourrait aboutir à une rupture complète des relations militaires entre les deux pays, alors même que la Turquie aura été pendant un demi-siècle le meilleur allié d’Israël dans la région. D’ores et déjà, les manœuvres conjointes turco-israéliennes ont été annulées sine die. En outre, cette crise pourrait aussi avoir des conséquences sur les relations commerciales entre les deux pays, alors même que la Turquie est un partenaire vital pour l’économie israélienne.

Cependant, Tel-Aviv se devait de casser la crédibilité de la Turquie au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l’Iran, et ambitionne d’exercer avec ses nouveaux partenaires une autorité régionale [3]. Dans l’immédiat, Israël devait sanctionner le rôle d’Ankara dans la négociation du Protocole de Téhéran sur l’industrie nucléaire iranienne.

Côté turc, où l’on s’attendait à une intervention israélienne musclée mais pas létale, le moment est venu de se poser en protecteur des populations palestiniennes, selon la doctrine néo-ottomane théorisée par le ministre des Affaires étrangères, le professeur Ahmet Davutoğlu. Sans attendre le retour du Premier ministre Recep Erdoğan, en voyage en Amérique latine, l’ambassadeur Turc à Tel-Aviv a été rappelé à Ankara et une cellule de crise a été mise en place autour du vice-Premier ministre, Bülent Arınç. Elle est immédiatement entrée en contact avec les 32 gouvernements des Etats dont les passagers du convoi sont ressortissants. Tout le personnel diplomatique turc a été mobilisé pour saisir du problème le maximum d’Etats et d’organisations internationales. Dans une conférence de presse, M. Arınç a exigé la restitution immédiate des trois bateaux turcs volés et de leur cargaison, ainsi et surtout que la libération des centaines de citoyens turcs enlevés et séquestrés. Il a choisi de qualifier l’attaque d’acte de « piraterie » (et non de guerre), de manière à offrir au gouvernement Netanyahu la possibilité de présenter l’affaire comme une « bavure » et non comme une politique. Dans cette logique, le président Abdullah Gül, quant à lui, a exigé que les tribunaux israéliens jugent les responsables de cette tuerie.

Depuis le Chili, M. Erdoğan a déclaré : « Cette action est totalement contraire aux principes du droit international, c’est le terrorisme d’un Etat inhumain. Je m’adresse à ceux qui ont appuyé cette opération, vous appuyez le sang, nous soutenons le droit humanitaire et la paix ».

Dans l’après-midi, Ankara a saisi la Conseil atlantique. La Turquie est membre de l’OTAN. Si elle ne trouve pas la réponse qu’elle attend du gouvernement israélien, elle pourrait qualifier l’attaque d’acte de guerre et requérir l’aide militaire des Etats membres de l’Alliance en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord.

Le gouvernement Netanyahu a invité ses ressortissants à quitter la Turquie, tandis que des manifestations spontanées se multiplient devant les consulats israéliens où la foule réclame vengeance.

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Le 26 mai 2010, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, reçoit à Tel-Aviv le secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel. Celui-ci lui remet une invitation de Barack Obama, que la partie israélienne annulera cinq jours plus tard.

Côté états-unien, cette affaire rappelle celle de l’USS Liberty (8 juin 1967). Durant la guerre des Six jours, les Israéliens attaquèrent un bâtiment de surveillance électronique de l’US Navy, faisant 34 morts et 171 blessés. Tel-Aviv présenta ses excuses pour cette méprise sur le champ de bataille tandis que, tout en les acceptant officiellement, Washington y vu un outrage délibéré. Les Israéliens auraient voulu à l’époque sanctionner les critiques états-uniennes.

Cette fois, l’attaque de la flottille de la liberté pourrait être une sanction après le vote par Washington d’une résolution des Etats signataires du Traité de non-prolifération enjoignant Israël à déclarer ses armes nucléaires et à accepter les contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

La décision israélienne d’attaquer des navires civils dans les eaux internationales intervient après l’assassinat aux Emirats d’un dirigeant palestinien par une unité du Mossad ; la découverte d’un vaste système de copie falsifiées de passeports au détriment d’Etats occidentaux ; et le refus d’assister à la conférence internationale de suivi du Traité de non-prolifération. Cet ensemble de faits peut être interprété comme une succession de coups perpétrés par un Etat sûr de son impunité —et dans ce cas, il pourrait s’agir cette fois d’un coup de plus ou de trop—, ou comme une escalade après une courte friction publique avec l’administration US —il s’agirait alors de revendiquer le leadership du mouvement sioniste en montrant que Tel-Aviv décide et Washington entérine—.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en voyage en Amérique du Nord, a décidé de terminer sa visite canadienne et d’annuler son rendez-vous à la Maison-Blanche. Il a été joint par téléphone par le président Obama qui lui a demandé des explications.

La Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que l’opération israélienne ne pouvait avoir aucune justification juridique. Le Rapporteur spécial sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés palestiniens, Richard Falk, a tenu à souligner qu’au delà de l’atteinte à la liberté de circulation sur les mers, le problème central reste le blocus. « À moins que des actions promptes et décisives soient prises pour mettre au défi l’approche israélienne sur Gaza, nous serons tous complices d’une politique criminelle qui menace la survie d’une communauté assiégée », a t-il affirmé. Le Conseil de sécurité a été convoqué en urgence, ce jour, à 18h TU. Le ministre turc des Affaires étrangères est parti à New York.

23/01/2010

Les États-Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haiti ?

Réseau Voltaire, 22 janvier 2010

Selon Russia Today, le président du Venezuela, Hugo Chávez Frías, a évoqué la possibilité que les Etats-Unis aient provoqué la série de tremblement de terre de la semaine dernière aux Caraïbes, dont celui qui a dévasté Haïti. Selon VivéTv, ce sont les armées russes qui ont évoqué cette éventualité. Quoi qu’il en soit, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ont demandé la convocation en urgence du Conseil de sécurité. Celui-ci devrait examiner ces imputations et l’invasion « humanitaire » d’Haïti par les troupes états-uniennes.


L’article ci-dessous a été rédigé et publié par ViveTV, une chaîne publique vénézuélienne. La vidéo a été diffusée par Russia Today, une chaîne publique russe. Etrangement, la télévision vénézuélienne source ses imputations en désignant l’armée russe, tandis que la télévision russe source les mêmes imputations en désignant le président Chavez. 
Ndlr.

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Le président Obama annonçant l’aide humanitaire à Haïti

VIVE TV - Un rapport de la flotte russe du Nord indiquerait que le séisme qui a dévasté Haïti est clairement « le résultat d’un essai par l’US Navy de son arme sismique ».

La Flotte du Nord observe les mouvements et activités navales états-uniennes dans les Caraïbes depuis 2008, lorsque les Etats-Unis annoncèrent leur intention de reconstituer la Quatrième flotte dissoute en 1950. La Russie y avait répondu un an plus tard en reprenant dans cette région les exercices de sa flotte constituée autour du croiseur atomique lance-missiles Pierre le Grand, interrompus depuis la fin de la Guerre froide.

Depuis la fin des années 70, les Etats-Unis ont considérablement avancé leurs recherches sur les armes sismiques. Selon ce rapport, ils utilisent désormais des générateurs impulsionnels, à plasma et à résonance combinés à des bombes à onde de choc [1]

Le rapport compare deux expériences conduites par la marine états-unienne la semaine dernière : un tremblement de terre de magnitude 6,5 alentour de la ville d’Eureka en Californie, qui n’a pas fait de victimes, et celui des Caraïbes qui a fait au moins 140 000 morts.

Ainsi que l’indique le rapport, il est plus que probable que l’US Navy avait une pleine connaissance des dommages que cette expérience était susceptible de causer à Haïti. C’est pourquoi, la Navy avait positionné à l’avance sur l’île le général P. K. Keen, commandant en second du SouthCom (Commandement du Sud), pour superviser les opérations de secours prévisibles [2]

Concernant l’objectif final de ces expérimentations, indique le rapport, il s’agit de la planification de la destruction de l’Iran par une série de tremblement de terre afin de neutraliser l’actuel gouvernement islamique.

Selon le rapport, le système expérimental des Etats-Unis (High frequency active auroral research program, dit « HAARP ») permet également de créer des anomalies climatiques afin de provoquer des inondations, des sécheresses et des ouragans [3]

Selon un rapport précédent, les données disponibles coïncident avec celles du tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter survenu au Sichuan (Chine), le 12 mai 2008, également causé par des ondes électro-magnétiques HAARP.

On observe une corrélation entre les activités sismiques et la ionosphère, caractéristique de HAARP :

1. Les tremblements de terre dans lesquels la profondeur est linéairement identique dans la même faille, sont provoqués par une projection linéaire de fréquences induites.

2. Des satellites coordonnés permettent d’engendrer des projections concentrées de fréquences dans des points déterminés (des Hippocampes).

3. Un diagramme montre que des tremblements de terre considérés comme artificiels se propagent linéairement à la même profondeur

Localisation Date Profondeur
Venezuela 8 janvier 2010 10 km
Honduras 11 janvier 2010 10 km
Haïti 12 janvier 2010 10 km

Les répliques ont également été observées aux environ de 10 km de profondeur.

Après le tremblement de terre, le Pentagone a annoncé que le navire hôpital USNS Comfort, qui se trouvait ancré à Baltimore, a rappelé son équipage et fait cap vers Haïti, bien qu’il puisse s’écouler quelques jours jusqu’à l’arrivée du bateau. L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major interarmes, a déclaré que les Forces armées des États-Unis préparaient une réponse d’urgence au désastre.

Le général Douglas Fraser, commandant en chef du SouthCom, a indiqué que des bâtiments des Gardes-côtes et de la Navy ont été dépêchés sur place, bien qu’ils aient du matériel et des hélicoptères en nombre limité. Le porte-avions polyvalent USS Carl Vinson a été envoyé de Norfolk (Virginie) avec une dotation complète d’avions et d’hélicoptères. Il est arrivé à Haïti le 14 janvier après-midi, a ajouté Fraser. Des groupes additionnels d’hélicoptères se joindront au Carl Vinson, a t-il poursuivi.

L’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), intervenait déjà à Haïti avant le séisme.

Le président Obama a été informé du tremblement de terre à 17 h 52, le 12 janvier, et a ordonné le secours au personnel de son ambassade et l’aide humanitaire nécessaire à la population.

Conformément au rapport russe, le département d’État, l’USAID et le SouthCom ont débuté l’invasion humanitaire en déployant 10 000 soldats et contractants, à la place de l’ONU, pour contrôler le territoire haïtien après le « tremblement de terre dévastateur expérimental ».

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RUSSIA TODAY

 Source ViveTv (Venezuela)
Les articles de cet auteur



 Les notes ont été ajoutées par le Réseau Voltaire.

 


 

[1] Voir « Les armes sismiques » par Jean-Pierre Petit, 1er mars 2006.

[2] Officiellement, les forces US étaient prépositionnées autour d’Haïti dans le cadre d’un exercice militaire simulant… une intervention humanitaire en Haïti. Cf. « Defense launches online system to coordinate Haiti relief efforts », par Bob Brewin, Govexec.com, 15 janvier 2010.

[3] Le Programme HAARP : science ou désastre ?, par Luc Mampaey, Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité (Bruxelles, 1998).

16/10/2009

Le dessous du prix Nobel de la paix 2009

Si l’attribution du prix Nobel de la paix a donné lieu à un concert de louanges parmi les dirigeants de l’alliance atlantique, elle a aussi suscité le scepticisme dans le monde. Plutôt que de débattre des bonnes raisons qui pourraient a posteriori justifier ce choix étonnant, Thierry Meyssan expose la corruption du Comité Nobel et les liens unissant son président, Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama.


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Madeleine Albright et Thorbjørn Jagland, lors d’une réunion au siège de l’OTAN.

 

« Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m’a dit : “Papa, tu es Prix Nobel de la paix” » [1]. Telle est la touchante histoire que le président des États-Unis a raconté à des journalistes complaisants pour attester qu’il n’avait jamais souhaité cette distinction et en était le premier surpris. Sans chercher plus loin, ceux-ci ont immédiatement titré leurs journaux sur « l’humilité » de l’homme le plus puissant du monde.

À vrai dire, on ne sait ce qui doit le plus surprendre : l’attribution d’une si prestigieuse distinction à Barack Obama, la mise en scène grotesque qui l’accompagne, ou encore la méthode utilisée pour corrompre le jury et détourner ce prix de sa vocation initiale.

En premier lieu, rappelons que, selon le règlement du Comité Nobel, les candidatures sont présentées par des institutions (des parlements nationaux et des académies politiques) et par des personnalités qualifiées, principalement des magistrats et les anciens récipiendaires. En théorie, une candidature peut-être présentée sans que le candidat en ait été averti. Cependant, lorsque le jury prend sa décision, il établit un lien direct avec l’impétrant de sorte qu’il en soit informé une heure avant la conférence de presse. Pour la première fois de son histoire, le Comité Nobel aurait omis cette courtoisie. C’est, nous assure son porte-parole, qu’il n’osait réveiller le président des États-unis en pleine nuit. Peut-être ignorait-il que des conseillers se relayent à la Maison-Blanche pour recevoir les appels d’urgence et réveiller le président si nécessaire. Au demeurant, le comité Nobel avait au moins informé le journaliste Gerhard Helsok qui avait annoncé la nouvelle la veille sur la chaîne norvégienne TV2.

La gentille saynète de la petite fille annonçant le Prix Nobel à son papa ne suffit pas à dissiper le malaise provoqué par cette distinction. Selon le vœux d’Alfred Nobel, le prix récompense « la personnalité ayant [au cours de l’année précédente] le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Dans l’esprit du fondateur, il s’agissait de soutenir une action militante et non de décerner un brevet de bonnes intentions à un chef d’État. Les lauréats ayant parfois bafoué le droit international postérieurement à la réception de leur prix, le Comité Nobel a décidé, il y a quatre ans, de ne plus récompenser un acte particulier, mais de n’honorer que des personnalités ayant consacré leur vie à la paix. Ainsi, Barack Obama aurait été le plus méritant des militants de la paix en 2008 et n’aurait commis aucune atteinte majeure au droit international en 2009. Sans parler des personnes toujours détenues à Guantanamo et Bagram, ni des Afghans et des Irakiens confrontés à une occupation étrangère, qu’en pensent les Honduriens écrasés par une dictature militaire ou les Pakistanais dont le pays est devenu la nouvelle cible de l’Empire ?

Venons-en au cœur du propos, à ce que la « communication » de la Maison-Blanche et les médias anglo-saxons veulent cacher au public : les liens sordides entre Barack Obama et le Comité Nobel.

En 2006, l’European Command (c’est-à-dire le commandement régional des troupes US dont l’autorité couvrait alors à la fois l’Europe et l’essentiel de l’Afrique) sollicita le sénateur d’origine kenyane Barack Obama pour participer à une opération secrète inter-agences (CIA-NED-USAID-NSA). Il s’agissait d’utiliser son statut de parlementaire pour mener une tournée en Afrique qui permettrait à la fois d’y défendre les intérêts des groupes pharmaceutiques (face aux productions hors brevets) et de repousser l’influence chinoise au Kenya et au Soudan [2]. Seul l’épisode kenyan nous intéresse ici.

La déstabilisation du Kenya

Barack Obama et sa famille, accompagnés d’un attaché de presse (Robert Gibbs) et d’un conseiller politico-militaire (Mark Lippert), arrivent à Nairobi dans un avion spécial affrété par le Congrès. Leur appareil est suivi d’un second avion, celui-ci affrété par l’US Army, et transportant une équipe de spécialistes en guerre psychologique commandée par le général prétendument à la retraite J. Scott Gration.
Le Kenya est alors un plein boom économique. Depuis le début de la présidence de Mwai Kibaki, la croissance est passée de 3,9 à 7,1 % du PIB et la pauvreté a reculé de 56 à 46 %. Ces résultats exceptionnels ont été obtenus en réduisant les liens économiques post-coloniaux avec les Anglo-Saxons et en leur substituant des accords plus équitables avec la Chine. Pour casser, le miracle kenyan, Washington et Londres ont décidé de renverser le président Kibaki et d’imposer un opportuniste dévoué, Raila Odinga [3]. Dans cette perspective, la National Endowment for Democracy a suscité la création d’une nouvelle formation politique, le Mouvement orange, et complote une « révolution colorée » à l’occasion des prochaines élections législatives de décembre 2007.

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Le sénateur Barack Obama faisant campagne pour son « cousin » Raila Odinga.

 

Le sénateur Obama est accueilli comme un enfant du pays et son voyage est hyper-médiatisé. Il s’ingère dans la vie politique locale et participe aux meetings de Raila Odinga. Il appelle à une « révolution démocratique », tandis que son « accompagnateur », le général Gration, remet à Odinga 1 million de dollars en liquide. Ces interventions déstabilisent le pays et suscitent les protestations officielles de Nairobi auprès de Washington.
À l’issue de cette tournée, Obama et le général Gration vont au rapport chez le général James Jones (alors patron de l’European Command et suprême commandeur de l’OTAN) à Stuttgart, avant de retourner aux États-unis.

L’opération continue. Madeleine Albright, en qualité de présidente du NDI (la branche de la National Endowmement for Democracy [4] spécialisée dans le traitement des partis de gauche) fait le voyage de Nairobi où elle supervise l’organisation du Mouvement orange. Puis John McCain, en qualité de président de l’IRI (la branche de la National Endowmement for Democracy spécialisée dans le traitement des partis de droite) vient compléter la coalition d’opposition en traitant de petites formations de droite [5].
Lors des élections législatives de décembre 2007, un sondage financé par l’USAID annonce la victoire d’Odinga. Le jour du vote, John McCain déclare que le président Kibaki a truqué le scrutin en faveur de son parti et qu’en réalité, c’est l’opposition conduite par Odinga qui a gagné. La NSA, de concert avec des opérateurs locaux de téléphonie, adresse des SMS anonymes à la population. Dans les zones peuplées par des Luos (l’ethnies d’Odinga), ils disent « Chers Kenyans, les Kikuyus ont volé l’avenir de nos enfants… Nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Tandis que dans les zones peuplées par des Kikuyus, ils sont rédigés ainsi : « Le sang d’aucun Kikuyu innocent ne sera versé. Nous les massacrerons jusqu’au cœur de la capitale. Pour la Justice, établissez une liste de Luos que vous connaissez. Nous vous enverrons les numéros de téléphone où transmettre ces informations ». En quelques jours, ce pays paisible sombre dans les violences communautaires. Les émeutes font plus de 1 000 morts et 300 000 déplacés. 500 000 emplois sont détruits.
Madeleine Albright est de retour. Elle propose sa médiation entre le président Kibaki et l’opposition qui tente de le renverser. Avec finesse, elle s’écarte et place sur le devant de la scène l’Oslo Center for Peace and Human Rights. Le directoire de cette ONG respectée est nouvellement présidé par l’ex-Premier ministre de Norvège, Thorbjørn Jagland. Rompant avec la tradition d’impartialité du Centre, il dépêche deux médiateurs sur place, dont tous les frais sont pris en charge par le NDI de Madeleine Albright (c’est-à-dire in fine sur le budget du département d’État des États-Unis) : un autre ancien Premier ministre norvégien, Kjell Magne Bondevik, et l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan (le Ghanéen est très présent dans les États scandinaves depuis qu’il a épousé la petite nièce de Raoul Wallenberg).
Obligé pour rétablir la paix civile d’accepter le compromis qu’on lui impose, le président Kibaki accepte de créer un poste de Premier ministre et de le confier à Raila Odinga. Celui-ci entreprend immédiatement de réduire les échanges avec la Chine.

Petits cadeaux entre amis

Si l’opération kenyane s’arrête là, la vie des protagonistes continue. Thorbjørn Jagland négocie un accord entre la national Endowment for Democracy et l’Oslo Center, qui est formalisé en septembre 2008. Une fondation jointe est créée à Minneapolis qui permet à la CIA de subventionner indirectement l’ONG norvégienne. Celle-ci intervient pour le compte de Washington au Maroc et surtout en Somalie [6].
Obama est élu président des États-Unis. Odinga proclame plusieurs jours de fête nationale au Kenya pour célébrer le résultat de l’élection aux États-Unis. Le général Jones devient conseiller de sécurité nationale. Il prend Mark Lippert comme chef de cabinet et le général Gration comme adjoint.
Durant la transition présidentielle aux USA, le président de l’Oslo Center, Thorbjørn Jagland, est élu président du Comité Nobel, malgré le risque que représente pour l’institution un politicien aussi retors [7]. La candidature de Barack Obama au Prix Nobel de la paix est déposée au plus tard le 31 janvier 2009 (date limite réglementaire [8]), soit douze jours après sa prise de fonction à la Maison-Blanche. De vifs débats animent le Comité qui ne parvient toujours pas à s’accorder sur un nom début septembre, comme le prévoir le calendrier habituel [9]. Le 29 septembre, Thorbjørn Jagland est élu secrétaire général du Conseil de l’Europe à la suite d’un accord en sous-main entre Washington et Moscou [10]. Ce bon procédé en appelait un autre en échange. Bien que la qualité de membre du Comité Nobel soit incompatible avec une fonction politique exécutive majeure, Jagland ne démissionne pas. Il argue du fait que la lettre du règlement interdit le cumul avec une fonction ministérielle et ne dit rien du Conseil de l’Europe. Il rentre donc à Oslo le 2 octobre. Le jour-même, le Comité désigne le président Obama, Prix de la paix 2009.

Dans son communiqué officiel, le Comité déclare sans rire : « Il est très rare qu’une personne, à l’instar d’Obama, ait réussi à captiver l’attention de tous et leur donner l’espoir d’un monde meilleur. Sa diplomatie est basée sur le concept que ceux qui dirigent le monde doivent le faire sur un socle de valeurs et de comportements partagés par la majorité des habitants de la planète. Pendant 108 ans, le comité du prix Nobel a cherché à stimuler ce type de politique internationale et ces démarches dont Obama est le principal porte-parole » [11].

De son côté, l’heureux lauréat a déclaré : « Je prends la décision du comité Nobel avec surprise et une profonde humilité (…) J’accepterai cette récompense comme un appel à l’action, un appel lancé à tous les pays pour qu’ils se dressent face aux défis communs du XXIe siècle ». Ainsi donc, cet homme « humble » estime incarner « tous les pays ». Voilà qui n’augure rien de pacifique.

 

Article original : Thierry Meyssan, Réseau Voltaire


[1] « Déclaration de Barack Obama à l’annonce du prix Nobel de la paix 2009 » , Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.

[2] Sur le détail de cette opération, voir Le Rapport Obama, par Thierry Meyssan, à paraître.

[3] Raila Odinga est le fils de Jaramogi Oginga Odinga, qui eut pour principal conseiller politique le père de Barack Obama.

[4] « La NED, nébuleuse de l’ingérence "démocratique" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[5] Jadis les États-Unis avaient créé un parti à eux au kenya, dirigé par Tom Mboya. Il s’agissait à l’époque de lutter contre l’influence russe et —déjà— chinoise.

[6] L’Oslo Center a également participé à la déstabilisation de l’Iran, lors de l’élection présidentielle, en acheminant des fonds vers l’ancien président Khatami.

[7] Vice-président de l’Internationale socialiste, Thorbjørn Jagland est un fervent partisan de l’OTAN et de l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne. Il fréquente les élites mondialistes et a participé aux travaux du Council on Foreign Relations, de la Commission trilatérale et du Groupe de Bilderberg. Son bilan politique a été entaché par plusieurs scandales de corruption touchant ses proches, notamment son ami et ministre du Plan Terje Rød Larsen (l’actuel coordinateur de l’ONU pour les négociations au Proche-Orient).

[8] 205 candidatures ont été déposées. Mais, conformément au règlement seules 199 ont été jugées recevables. Ce chiffre ayant été atteint, le Comité Nobel n’avait pas la possibilité d’ajouter des noms supplémentaires au cours de ses délibérations.

[9] Le prix devait être décerné le 9 octobre. Pour des raisons d’organisation, le lauréat aurait dû être déterminé au plus tard au 15 septembre.

[10] Bien que les États-Unis ne soient pas membres du Conseil de l’Europe, ils y ont une grande influence. Moscou ne tenait pas à Jagland, mais voulait faire barrage au Polonais Wlodzimierz Cimoszewicz.

[11] « Communiqué du Comité Nobel norvégien sur le prix de la Paix 2009 », Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.

 

 

24/06/2009

Pourquoi devrais-je mépriser le choix des Iraniens ?

Réseau Voltaire, 21 juin 2009

par Thierry Meyssan

De nombreux lecteurs ont réagi avec colère au dernier article de Thierry Meyssan. Il se devait de leur répondre. Malheureusement incorrigible, non seulement celui-ci ne fait pas amende honorable, mais il persiste et signe.

Mon récent article, « La CIA et le laboratoire iranien », m’a valu un abondant courriel, principalement injurieux. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas reçu tant de protestations outrancières. La plupart de mes correspondants me reprochent d’être aveuglé par un « anti-américanisme viscéral » au point de défendre la « dictature des mollahs » et d’ignorer la vague de jeunes Iraniens luttant à main nue « pour la liberté ». À y regarder de plus près ces courriels sont peu argumentés, mais empreints d’une passion irrationnelle ; comme si on ne pouvait parler de l’Iran sans être emporté par ses émotions.

C’est que l’Iran n’est pas un État comme les autres. À l’instar de la France de 1789 et de l’URSS de 1917, l’Iran de 1979 a lancé un processus révolutionnaire qui conteste des aspects fondamentaux du modèle « occidental » triomphant ; et il l’a fait à partir d’une foi religieuse. Trente ans plus tard, nous, « Occidentaux », continuons à ressentir la parole du Peuple iranien comme une condamnation morale de notre mode de vie, c’est-à-dire de la société de consommation et de l’impérialisme. A contrario, nous ne parvenons à trouver le repos qu’en nous persuadant que la réalité n’est qu’un rêve et que nos rêves sont la réalité. Les Iraniens aspireraient à vivre comme nous et en seraient empêchés par un affreux clergé enturbanné.

Pour expliquer l’Iran moderne à ceux qui veulent la comprendre, je ne sais par où commencer. Trente ans de propagande ont forgé tant d’images fausses qu’il faut déconstruire une à une. La tâche est grande pour s’extraire du mensonge et le moment ne s’y prête guère. Je voudrais juste soulever quelques observations préalables.

La révolution islamique a accompli de grands progrès : les châtiments corporels sont devenus exceptionnels, le droit à remplacé l’arbitraire, les femmes sont de plus en plus éduquées, les minorités religieuses sont toutes protégées —à l’exception malheureusement des Baha’is—, etc. Sur tous ces sujets, où nous trouvons le régime actuel exécrable, les Iraniens pensent, eux, qu’il est autrement plus civilisé que la cruelle dictature du Shah imposée par Londres et Washington.

La révolution islamique a encore beaucoup à accomplir et doit en outre maîtriser ce système politique si oriental qui, pour donner une place à chacun, multiplie les structures administratives et conduit à la paralysie institutionnelle.

Bien sûr, à l’époque du Shah, il y avait aussi une bourgeoisie occidentalisée qui trouvait la vie plus belle. Elle envoyait ses enfants suivre des études en Europe et gaspillait sans compter aux fêtes de Persépolis. La révolution islamique a aboli ses privilèges. Ses petits-enfants sont aujourd’hui dans la rue. Avec le soutien des États-Unis. Ils veulent reconquérir ce dont leurs familles ont été privées et qui n’a rien à voir avec la liberté.

En quelques années, l’Iran a retrouvé le prestige qu’elle avait perdu. Son Peuple s’enorgueillit d’avoir prêté assistance aux Palestiniens et aux Libanais auxquels il a offert la reconstruction de leurs maisons détruites par Israël et des armes pour se défendre et retrouver leur dignité. Il a secouru les Afghans et les Irakiens, victimes de régimes pro-occidentaux puis des Occidentaux eux-mêmes. Cette solidarité, les Iraniens l’ont payée au prix fort avec la guerre, le terrorisme et les sanctions économiques.

Pour ma part, je suis démocrate. J’attache de l’importance à la volonté populaire. Je n’avais pas compris pourquoi il fallait proclamer la victoire de George W. Bush avant de dépouiller les votes des citoyens états-uniens en Floride. Je n’avais pas non plus compris pourquoi, avec la bourgeoisie de Caracas, il fallait féliciter Pedro Carmona d’avoir placé Hugo Chavez en prison, quand le Peuple vénézuélien l’avait élu. Je ne comprends pas pourquoi il faut appeler Mahmoud Abbas, « Monsieur le président », alors qu’il empêche l’élection de son successeur en faisant séquestrer les représentants du Peuple palestinien dans les geôles israéliennes. Je ne comprends pas pourquoi on prépare l’application du Traité constitutionnel européen, sous une autre dénomination, alors que les électeurs l’ont rejeté. Et aujourd’hui, je ne vois pas au nom de quels fantasmes, je devrais encourager la population des quartiers nord de Téhéran à piétiner le suffrage universel, et à imposer Mousavi quand le Peuple a majoritairement choisi Ahmadinejad.

09/06/2009

Le front de la haine

Mondoweiss, 05 juin 2009

Le réalisateur de cette vidéo, Max Blumenthal, écrit :

La veille du discours du président Barack Obama adressé au monde musulman depuis le Caire, je suis sorti dans les rues de Jérusalem avec mon ami Joseph Dana pour interviewer de jeunes Israéliens et des juifs étasuniens, afin d'avoir leurs réactions. Nous avons rencontré de petits groupes de jeunes excités imbibés de bière, dont beaucoup venaient des États-Unis. Tous, ils étaient impatients de décharger leur haine viscérale, et même violente, envers Barack Obama et sa politique à l'égard d'Israël. D'habitude, j'accompagne mes reportages vidéos d'un bref commentaire, mais celui-là s'en passe tout à fait. Dit simplement, certaines séquences font partie des plus choquantes que j'ai jamais filmées. Jugez-en par vous-même. (Attention, le langage employé dans certains passages est susceptible de choquer à peu près tout le monde)

Note : sans forcément comprendre l'anglais, la simple attitude des intervenants, leur regard haineux et leur haleine suintant la haine (et la Budweiser) nous donnent une idée des propos tenus. Pour nos lecteurs non anglophones, cependant, relevons quelques propos édifiants qui vaudraient à un Iranien ou à n'importe quel Musulman un lever de bouclier de la part du monde occidental, avec condamnation générale suivie d'une intervention militaire :

À propos d'Obama :
He's a fuckhead, I don't know politics but he's a shithead… Anyone who wants to take away my gun rights is an asshole. He's an asshole that deserves to get shot :
C'est un connard, j'y connais rien en politique mais c'est un enfoiré… tous ceux qui veulent interdire le port des armes sont des trous du cul. C'est un trouduc' qui mérite de se prendre une balle.

Go fuck himself : Qu'il aille se faire foutre

White power, fuck the niggers : le pouvoir aux blancs, on emmerde les négros

He does care about Jews and he does care about the Arabs, the thing is he doesn't understand this country is ours :
Il se soucie des juifs et aussi des Arabes, mais il ne comprend pas que ce pays est à nous.

"Oh, he's a muslim for sure, and who knows if he was even born in the United States. We haven't seen his birth certificate yet. Bullshit! He's not from the US. He's, like, a terrorist.... I'm a political science major so, like—"
"So you know your shit."
"I know my shit."
"Do you know who Benjamin Netanyahu is?"
"No.... I don't know who he is. Isn't he Prime minister or something ? Who's Benjamin Yahoo? :

- Oh, c'est un musulman, c'est clair, et on sait même pas s'il est né aux États-Unis. On n'a pas vu son certificat de naissance. Que des conneries ! Il ne vient même pas des US. C'est un... un terroriste. J'ai un diplôme en sciences politiques alors…
- Alors vous savez de quoi vous parler.
- Oui, je sais de quoi je parle.
- Savez-vous qui est Benjamin Netanyahu ?
- No... je ne sais pas qui c'est... il est pas Premier ministre, un truc comme ça ? Qui est Benjamin Yahoo ?

"You're all about talking to the Arabs," "You're going to Cairo making a speech to the Muslim world trying to get them to love you, what about the Jews, man? What are we, chopped liver? You don't care about us. Are we nothing to you? Do we matter? Do you care if we get driven into the sea? Do you care if we get nuked? Are we even... ugh... do you care about us?!"

"My grandmother was in Auschwitz, Obama," he adds. "We're not going to take any Nazi bullshit! Listen, Obama, my grandma's number was 1268493, I remember her number on her arm, dude. And listen, never again will we deal with this, never again!" :

Tu penses qu'à parler aux Arabes. Tu vas au Caire pour faire un discours au monde musulman, pour qu'ils t'aiment. Et les juifs alors ? On est quoi pour toi, de la merde ? Tu te fous de nous. On n'est rien pour toi ? On compte pour quoi ? Tu t'en fous si on nous balance dans la mer ? Tu t'en fous si on se fait bomber ? 

Ma grand-mère était à Auschwitz, Obama. On laissera pas passer ces conneries nazies ! Ecoute Obama, le matricule de ma grand-mère était 1268493, je me rappelle le numéro sur son bras, mec. Alors écoute, plus jamais ça, plus jamais ça !

07/06/2009

Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans

Réseau Voltaire, 05 juin 2009

par Thierry Meyssan

Le président des États-Unis a tendu la main aux musulmans lors d’un discours très médiatisé au Caire. Il entendait ainsi tourner la désastreuse page de la « croisade » bushienne au Grand Moyen-Orient. Toutefois, dans cet exercice de relations publiques, les envolées lyriques ont remplacé les clarifications nécessaires, tandis qu’apparaissaient les nouveaux appétits de Washington.

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Le Obama Show, à l’université Al-Azhar (le caire), 4 juin 2009.

Le discours que le président Obama a prononcé le 4 juin au Caire [] a été présenté à l’avance par les services de communication de la Maison-Blanche comme « fondateur d’une nouvelle ère ». Il a fait l’objet d’une intense campagne promotionnelle qui s’est conclue par un mail adressé par David Axelrod aux dizaines de millions d’abonnés de la liste de la Maison-Blanche []. Le conseiller en image de Barack Obama y invite les États-uniens à visionner la vidéo du discours qui, selon lui, marque un nouveau départ dans les relations de l’Amérique avec le monde musulman []. On l’a bien compris, ce discours s’adresse tout autant, sinon plus, aux électeurs US qu’aux musulmans.

Son message principal peut être résumé ainsi : les États-Unis ne considèrent plus l’islam comme l’ennemi et souhaitent établir des relations d’intérêt mutuel avec les États musulmans. Ce message doit être pris pour ce qu’il est : un slogan de relations publiques.

Examinons point par point ce discours.

Préambule : aimez-nous !

Dans une longue introduction, l’orateur a développé son message principal de main tendue.

Barack Hussein Obama a justifié la rupture avec son prédécesseur par sa propre personnalité. Il a offert un moment d’émotion à son auditoire, comme on les aime dans les films hollywoodiens. Il a raconté son père musulman, son adolescence en Indonésie —pays musulman le plus peuplé du monde—, et son travail social à Chicago auprès de populations noires musulmanes. 
Ainsi, après nous avoir fait croire que la politique extérieure des États-Unis était fondée sur la couleur de peau de son président, on veut nous convaincre qu’elle reflète son parcours individuel. Pourtant personne ne pense que M. Obama est un autocrate en mesure d’imposer ses états d’âme. Chacun est conscient que la politique de Washington est le fruit d’un difficile consensus entre ses élites. En l’occurrence, le changement de rhétorique est imposé par une succession d’échecs militaires en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme leur ennemi parce qu’ils ne sont pas parvenus à les écraser. 
Ce réalisme avait conduit en 2006 à la révolte des généraux autour de Brent Scowcroft, déplorant la colonisation ratée de l’Irak et mettant en garde contre un désastre militaire face à l’Iran. Il s’était poursuivi avec la Commission Baker-Hamilton appelant à négocier avec la Syrie et l’Iran pour sortir la tête haute du fiasco irakien. Ce réalisme avait contraint le président Bush à limoger Donald Rumsfeld et à le remplacer par Robert Gates, le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton. Ce réalisme s’était incarné dans la publication du rapport des agences de renseignement attestant l’inexistence d’un programme nucléaire militaire iranien et détruisant ainsi toute justification possible d’une guerre contre l’Iran.

Toujours à propos du grand amour retrouvé, le président Obama s’est présenté comme féru d’histoire et a égrené les apports de la civilisation musulmane au monde. Dans les films hollywoodiens, il y a toujours une séquence sur la diversité culturelle qui nous enrichi. Cependant le scénario misait sur l’affligeante ignorance du public US. M. Obama et son équipe ont réduit l’apport des peuples aujourd’hui musulmans aux inventions postérieures à leur islamisation. N’ont-ils rien créé avant ? 
En choisissant de réduire l’histoire des peuples musulmans à leur seule période islamique, Barack Obama a nié quelques millénaires de civilisation et a repris à son compte la rhétorique des islamistes les plus obscurantistes. Nous allons voir qu’il ne s’agit pas là d’une erreur, mais d’un choix stratégique.

Enfin, le président Obama a abattu sa carte principale en appelant ses auditeurs à repenser leur image des États-Unis. « Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul » », a-t-il déclaré. Cette devise, qui devait exprimer l’unité des colonies nouvellement indépendantes d’Amérique, devient aujourd’hui celle de l’Empire globalisé. Nous seulement les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme des ennemis, mais ils entendent les intégrer dans l’Empire global. 
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’establishment washingtonien a soutenu la candidature de Barack Hussein Obama. Le prénom musulman du président, comme sa couleur de peau, sont des arguments pour convaincre les peuples de l’Empire que le pouvoir qui les domine leur ressemble. Lorsqu’elle avait étendu son empire, la Rome antique avait fait de même en choisissant ses empereurs dans des contrées lointaines, tel Philippe l’Arabe []. La sauvagerie des légions n’en avait pas été changée.

1- La guerre globale au terrorisme

Après ce sirupeux morceau de violon, le président Obama s’est attaché à recoller son introduction avec la « guerre globale au terrorisme ». Il a donc établi une distinction entre l’islam, qui n’est pas mauvais comme le pensaient Bush et Cheney mais bon, et les extrémistes qui s’en réclament à tort, qui restent eux toujours mauvais. La pensée reste manichéenne, mais le curseur s’est déplacé. 
Le problème, c’est que depuis huit ans, Washington s’efforce de construire un adversaire à sa taille. Après l’URSS, c’était l’islam. A contrario, si ni les communistes, ni les musulmans ne sont les ennemis, contre qui les États-Unis sont-ils en guerre ? Réponse : « Al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd’hui encore sa détermination à commettre d’autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d’élargir son rayon d’action. Il ne s’agit pas là d’opinions à débattre - ce sont des faits à combattre ». Et bien non, Monsieur le président, ce ne sont pas là des faits avérés, mais des imputations qui doivent être débattues []. 
Barack Obama continue : « Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu’au dernier, si nous avions l’assurance que l’Afghanistan et maintenant le Pakistan n’abritaient pas d’éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d’Américains. Mais ce n’est pas encore le cas. » 
À ce stade, le président apparaît enfermé dans un cercle vicieux. Il explique que les ennemis ne sont pas les musulmans en général, mais une poignée d’individus non représentatifs, puis il affirme que cette poignée d’individu doit être combattue en livrant des guerres contre des peuples musulmans. C’est tout le problème : Washington voudrait être l’ami des musulmans, mais a besoin d’un ennemi pour justifier ses actions militaires, et pour le moment, il n’a pas trouvé de bouc-émissaire de remplacement.

2- Le conflit israélo-arabe

Barack Obama a abordé la question de la Palestine de manière beaucoup plus large que ses prédécesseurs en y reconnaissant non pas seulement un conflit israélo-palestinien, mais israélo-arabe. Mais il n’a pas précisé en quoi, à ses yeux, les États arabes sont concernés. Il a prêché avec autorité pour la « solution à deux États », mais en éludant la fâcheuse question de la nature de ces deux États. S’agit-il de deux États souverains et démocratiques au sens réel du terme, ou d’un État pour les juifs et d’un autre pour les Palestiniens comme le revendique la « gauche » israélienne, ce qui implique un nettoyage ethnique et l’institutionnalisation complète de l’apartheid ? []

Plutôt que de lever les incertitudes, le président Obama a préféré offrir à son auditoire une nouvelle « séquence émotion » avec lequel il a partagé sa compassion face aux souffrances des Palestiniens. Ce fut certainement le moment le plus abject de son discours : l’appel aux bons sentiments des victimes pour couvrir les crimes des bourreaux. 
Il a déclaré : « Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n’aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l’humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d’obtenir l’égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l’Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l’Afrique du Sud à l’Asie du Sud ; de l’Europe de l’Est à l’Indonésie. C’est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n’est pas un signe de courage ni de force. » 
Barack Obama caricature la Résistance palestinienne dans les termes de la propagande sioniste : des roquettes lancées contre des enfants endormis et des vieilles femmes tuées dans un autobus. Il reconnaît que leurs terres et leurs maisons sont occupées, mais il leur interdit de vouloir les reprendre par la force aux civils qui les occupent. Il reproche aux Palestiniens de ne pas utiliser des missiles guidés pour atteindre des cibles militaires et de se contenter de roquettes artisanales qui tombent à l’aveuglette. 
Le pire est ailleurs. Le président Obama se mue en donneur de leçons. Il demande aux victimes de renoncer à la violence et leur conseille de prendre exemple sur le mouvement des noirs états-uniens pour les droits civiques. Au demeurant, ce n’est pas en convertissant les blancs que King a obtenu des résultats, mais en prenant l’opinion publique internationale à témoin. Le président Johnson s’est alors trouvé contraint de céder pour faire bonne figure face à l’URSS. Après avoir reçu le Prix Nobel de la paix, Martin Luther King a continué la lutte en affirmant que son but n’était pas de permettre aux noirs de servir à égalité avec les blancs dans l’armée pour tuer les Vietnamiens aspirant à la liberté. C’’est après son sermon de Ryverside que Johnson lui ferma la porte de la Maison-Blanche et que les chefs du FBI décidèrent de le faire assassiner. À n’en pas douter, s’il était encore vivant, il dirait aujourd’hui que son but n’est pas de permettre à un noir d’accéder au Bureau ovale pour tuer des Irakiens ou des Pakistanais aspirant à la liberté.

3- La dénucléarisation

Évoquant les relations difficiles avec l’Iran, le président Obama a choisi de sortir par le haut de la polémique sur l’arme nucléaire. Après avoir reconnu le droit de l’Iran à se doter d’une industrie nucléaire civile, et admis que ni les États-Unis ni aucune autre puissance n’ont l’autorité morale pour autoriser ou interdire un État à posséder la bombe, il s’est prononcé pour un désarmement nucléaire global, impliquant aussi implicitement Israël.

On sait que le Pentagone n’a plus les moyens financiers nécessaire pour entretenir la course aux armements nucléaires et négocie à ce sujet avec la Russie et la Chine. Ceci ne doit pas être interprété comme un élan pacifiste, le Pentagone menant simultanément des recherches sur les armes atomiques miniaturisées (exclues du Traité de non-prolifération) et renforçant ses alliances militaires, dont l’OTAN.

4- La démocratie

Le président Obama a déploré que son prédécesseur ait cru possible d’exporter la démocratie en Irak par la force, puis il s’est livré à un éloge du gouvernement du peuple par le peuple, et de l’État de droit. La chose était plaisante pour ceux qui se souviennent que la Constitution des États-Unis ne reconnaît pas la souveraineté populaire, et qu’en 2000, la Cour suprême a pu proclamer George W. Bush élu avant que le scrutin de Floride ne soit dépouillé. Elle avait l’air d’une farce venant d’un politicien retors qui vient de confirmer la suspension des libertés fondamentales par le Patriot Act, notamment la suspension de l’habeas corpus qu’il décrivait il y a peu comme le socle de la Justice. Elle paraissait cruelle aux Égyptiens qui n’avaient pas eu le privilège de faire partie des 3 000 invités. Lorsque Obama déclara « Il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition », ils pensaient au président Moubarak, inamovible depuis 28 ans. Lorsque Obama poursuivit « Il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis », ils pensaient aux éleveurs coptes dont on vient d’abattre les bêtes.

Pour éviter que ce passage ne soit perturbé par des fous-rires nerveux, une voix anonyme cria dans la salle : « Barack Obama, on vous aime ! ». Il ne manquait qu’une petite fille avec un bouquet de fleurs à la main.

5- La liberté religieuse

Barack Hussein Obama fut particulièrement à l’aise sur le chapitre de la liberté religieuse. C’est qu’il s’agit-là d’un slogan bien rôdé. Depuis deux ans, Madeleine Albright prépare ce moment. Elle a observé que la résistance à l’impérialisme états-unien est souvent structurée par des groupes religieux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine. Elle en a donc conclu que les États-unis ne doivent plus laisser ce champ sans surveillance, et même qu’ils doivent l’investir en totalité. Dans un ouvrage consacré à ce sujet, elle préconise de faire de Washington le protecteur de toutes les religions []. C’est dans cette optique que le président Obama a évoqué les minorités chrétiennes, Coptes et Maronites, puis à appelé à la réconciliation au sein de l’islam des sunnites et des chiites. C’est aussi dans cette optique qu’il avait négligé l’histoire pré-islamique des peuples musulmans.

6- Les droits des femmes

Avec délectation, Barack Hussein Obama s’est offert le luxe de rappeler que son pays garantit aux femmes musulmanes le droit de porter le hijab, tandis que Nicolas Sarkozy l’a fait interdire dans les écoles françaises à l’époque où il se voulait plus néo-conservateur que Bush []. Et pendant qu’il parlait, le site internet de la Maison-Blanche affichait un article spécial attestant de la jurisprudence américaine.

Avec habileté, il a rappelé que les États musulmans étaient parfois en avance en matière de droits des femmes. « En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l’égalité des femmes continue dans beaucoup d’aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier. »

7- Le développement économique

Gardée pour la fin, la question du développement économique était la plus aboutie. Habituellement les grandes puissances échangent une aide immédiate contre des avantages disproportionnés à long terme. L’aide au développement est alors le cheval de Troie du pillage des ressources. Cependant, durant la campagne électorale, un accord bi-partisan a été conclu sur la réorientation de la politique extérieure US. L’idée principale, exprimée par la Commission Armitage-Nye, est de conquérir les cœurs et les esprits en offrant des services qui transforment la vie des gens sans coûter grand chose []. Hillary Clinton y a fait explicitement référence lors de l’audition sénatoriale pour sa confirmation au secrétariat d’État.

Arborant le sourire du Père Noël, Barack Obama récita un catalogue de promesses enchanteresses. Il continua : « Nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d’énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l’eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j’annonce aujourd’hui une nouvelle initiative avec l’Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile. » Cela n’était pas sans rappeler les engagements du Sommet du Millénaire, lorsque le président Bill Clinton annonçait la fin imminente de la pauvreté et de la maladie.

Le président des États-unis conclut ce discours fleuve en citant leCoran, le Talmud et les Évangiles. Leur message se résumerait au fait que « Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C’est maintenant notre tâche sur cette Terre ». Cette triple référence était peut-être imposée par le lieu, une prestigieuse université islamique. Il se peut aussi qu’elle traduise un certain désarroi. En pleine récession économique, les États-unis n’ont plus les moyens de maintenir leur pression sur les champs pétroliers du Grand Moyen-Orient —à plus forte raison, ils n’ont pas les moyens de réaliser les promesses du jour—. Cependant, ils espèrent reconstituer prochainement leur puissance. Dans la phase actuelle, ils doivent donc geler toute évolution régionale qui ne pourrait être qu’à leur désavantage. Ils craignent notamment l’extension de l’influence turque et iranienne et l’irruption de la Russie et de la Chine dans la région. Définir la paix en termes religieux et non politiques, c’est toujours gagner du temps.

01/06/2009

La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

Manipulation, propagande, magie des images et de la communication


Mondialisation.ca, Le 24 mai 2009



Après les huit années du cauchemar Bush-Cheney, durant lequel nous avons vu la destruction arbitraire de l'Afghanistan et de l'Iraq, la négation cynique des principes séculaires visant à protéger les plus élémentaires droits de l'homme, et une politique étrangère digne de Genghis Khan, est arrivé le « Grand Espoir Noir, » en la personne de Barack Obama. La conscience collective mondiale s'est tournée naïvement vers ce qui était présenté comme une nouvelle ère de paix, de changement et de confiance envers le gouvernement.

Jamais avant nous n’avions vu un recours aussi accompli envers la manipulation, la propagande, la magie de l’image et de la communication, pour vendre au public un homme qui allait prendre le relais de Bush, et participer avec lui à la course à la destruction de l'économie, des droits du peuple, et aider à la naissance d'une nation entièrement contrôlée par ceux qui ont toujours été en embuscade dans l'ombre du pouvoir. Le « changement » a été promis et a été accordé sous la forme de l’aggravation d’une anomalie de développement cauchemardesque.

Sans justification, les promesses ont été rompues. Le même jargon juridique astucieux, qui infestait l'administration Bush, en la personne de John Yoo et d’Alberto Gonzalez, sert de nouveau à refuser la justice aux détenus de Guantanamo. Il a été utilisé pour justifier la torture, détruire davantage la Constitution et surveiller encore illégalement le citoyen étasunien.

Le président, qui a tendu une main pacifique au monde musulman, a massacré des centaines de Pakistanais, hommes, femmes et enfants. Le président, qui a promis le devoir de rendre compte du gouvernement pour ses actions, a pourvu son personnel de lobbyistes, banksters et bellicistes. Son ministre de la Justice refuse d’engager des poursuites judiciaires contre ceux qui ont commis les pires crimes de guerre de l'histoire moderne, et couvre toujours juridiquement les criminels qui ont torturé en toute impunité.

Le pays a été en outre ruiné par le détournement continu de l'argent du contribuable, tandis que, à Wall Street, les donateurs de la campagne présidentielle d’Obama reçoivent leur compensation. Obama reste là à ne rien faire pendant que Bernancke déclare que la Réserve fédérale privée n'a aucun compte à rendre au Congrès ou au public étasunien. Le contribuable étasunien en est désormais pour 14,3 billions de dollars de sa poche, et ça monte. Les saisies et le chômage augmentent sans qu’aucune mesure significative de l'administration ne soulage les symptômes, peu importe les conséquences. La nouvelle image des États-Unis montre des villes de tentes, de longues files devant la soupe populaire, des shérifs expulsant des milliers de jeunes et de moins jeunes de leur maison, des villes autrefois prospères tombant dans un silence étrange, et une population de plus en plus désabusée.

La « guerre contre le terrorisme » s’est transformée en quadrillage de contrôle d’une population de plus en plus lucide. Le germe de ceci avait déjà été mis en place par Bush, avec le Patriot Act, le Patriot Act 2, la loi sur les commissions militaires et les nombreux décrets qui étranglent ce qui reste du Posse Comitatus et de la Constitution.

Le ministère de la Sécurité intérieure définit désormais comme « terroristes » ceux qui croient en la Constitution, au premier, deuxième et quatrième amendements. Les anciens combattants de retour font la cible d’un déni des droits que leur accorde le deuxième amendement. Une Terrorist Watchlist (liste des terroristes sous surveillance) de plus de un million de noms, et en croissance rapide, sert de base pour refuser aux citoyens le droit de voyager et travailler.

Obama est aujourd’hui en train de songer à l'idée d’une détention indéfinie, sans jugement, pour le citoyen étasunien. Et cela de la part d'un professeur en Constitution ! Il y a au Congrès des projets de loi pour criminaliser la liberté d'expression sur Internet grâce au Cyberbullying Act, qui pénalisera la pensée criminelle humaine. Exactement comme le Patriot Act, ça se transformera en criminalisation de la liberté d'expression politique et de toute critique contre le gouvernement.

Le « cyberterrorisme » sert de prétexte pour mettre la réglementation gouvernementale dans le dernier bastion de l'information impartiale. Washington, réalisant qu’il est de plus en plus difficile de s’en tirer avec ses ordres fascistes, s’active vers le contrôle de terrain. La population devient de plus en plus consciente du genre de « changement » qu’Obama avait l’intention d’apporter.

Il y a une résistance croissante au niveau national, avec plusieurs invoquant les droits que leur accorde le 9ème et 10ème amendements, dans une démarche courageuse pour que le Vampire fédéral cesse le drainage des dernières gouttes de sang, des derniers vestiges de Liberté et d’Espoir.

C'est dans cette anomalie de développement cauchemardesque que se trouvent les États-Unis aujourd'hui, et chaque jour amène de nouvelles atteintes contre la liberté et la raison. La structure du contrôle total de la population, de l'économie et des médias, est en cours de développement dans le cadre de l’inflation incessante du pouvoir gouvernemental. Obama est assis au sommet de son nouvel Empire, toujours souriant de manière peu sincère à en être écœurant, entouré de ses courtisans aguerris, qui travaillent depuis des décennies à faire entrer les États-Unis dans cette nouvelle ère du nouvel ordre mondial.

 Article original : America's Nightmare: The Obama Dystopia, Manipulation, propaganda, imagery & PR wizardry, publié le 24 mai 2009.

Traduction : Pétrus Lombard.

Qui va confronter les États-Unis et Israël ?

Paul Craig Roberts, 28 mai 2009

Bellaciao

Les grands titres disent : "Obama appelle le monde entier à confronter la Corée du Nord". Les États-Unis, a dit Obama, sont déterminés à protéger "la paix et la sécurité du monde".

Double langage, double pensée, 1984.

La Corée du Nord est un bien petit pays. La Chine par elle-même pourrait régler ce cas en peu de temps. Malgré cela, le président des États-Unis croit qu’il faut le monde entier pour confronter la Corée du Nord.

Ce dont nous sommes témoins, c’est que les gangsters de Washington sont encore à fabriquer une autre menace comme l’étaient les Slobodan Milosevic, Osama bin Laden, Saddam Hussein, John Walker Lindh, Yaser Hamdi, José Padilla, Sami al-Arian, Hamas, Mahmoud Ahmadinejad, et les malheureux détenus que l’ancien secrétaire à la défense Rumsfeld qualifiait de "700 plus dangereux terroristes au monde" et qui furent torturés pendant six ans à Gitmo pour être doucement relâchés par la suite. Juste une autre erreur, désolé.

Le complexe militaro-sécuritaire qui dirige les États-Unis avec le lobby israélien et les banquiers a besoin d’une liste interminable de dangereux ennemis pour que l’argent des contribuables continue à entrer dans leurs coffres.

Le lobby du "Homeland Security" a aussi besoin de menaces sans fin pour convaincre les Américains qu’ils doivent abandonner leurs libertés civiles s’ils veulent vivre en sécurité.

De là, la vraie question : "Qui va confronter les gouvernements des États-Unis et d’Israël?"

Qui va protéger les libertés civiles des citoyens américains et des citoyens israéliens, spécialement celles des dissidents israéliens et des citoyens israéliens d’origine arabe ?

Qui va protéger les Palestiniens, Irakiens, Afghans, Libanais, Iraniens, et Syriens des Americains et des Israéliens?

Pas Obama, et pas les chemises brunes qui dirigent présentement Israël.

La suggestion d’Obama que rien de moins que le monde entier est nécessaire pour stopper la Corée du Nord est époustouflante, mais cette suggestion n’est rien en comparaison avec la garantie d’Obama que les États-Unis vont protéger "la paix et la sécurité du monde".

N’est-ce pas la même Amérique qui a bombardé la Serbie, incluant les bureaux diplomatiques chinois et des trains de passagers, et a libéré le Kosovo de la Serbie pour le donner à un groupe de barons de la drogue musulmans du Kosovo, leur prêtant des troupes de l’OTAN pour protéger leurs opérations ?

N’est-ce pas la même Amérique qui est responsable de la mort d’approximativement un million d’Irakiens, faisant d’innombrables veuves et orphelins et faisant en sorte qu’un Irakien sur cinq se retrouve réfugié ?

N’est-ce pas la même Amérique qui empêche le reste du monde de condamner Israel pour ses attaques meurtrières sur des civils libanais en 2006 et sur Gaza plus récemment, la même Amérique qui a couvert Israël dans sa confiscation de la Palestine au cours des 60 dernières années, une confiscation qui a produit 4 millions de réfugiées palestiniens chassés de leurs maisons et leurs villages par la terreur et la violence israélienne ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a tenu des exercices militaires dans des anciennes républiques soviétiques encerclant la Russie avec des bases de missiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a fait des ruines de l’Afghanistan en bombardant le pays faisant du même coup bien des victimes civiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a commencé une nouvelle et horrible guerre au Pakistan, une guerre qui dès les premiers jours a produit un million de réfugiés ?

"La paix et la sécurité du monde". "Le monde de qui ?"

À son retour de sa consultation avec Obama à Washington, la chemise brune de premier ministre israélien Benjamin Netanyahu declarait que c’était la responsabilité d’Israël d’éliminer la menace nucléaire de l’Iran.

Quelle menace nucléaire? Les services de renseignements américains sont unanimes dans leur conclusion que l’Iran n’a pas eu de programme d’armes nucléaires depuis 2003. Les inspecteurs l’Agence de l’Énergie atomique rapporte qu’il n’y a aucun signe de programme d’armes nucléaires en Iran.

L’Iran bombarde qui ? Combien de réfugiés fuyant pour leur vie l’Iran fait-il ?

La Corée du Nord bombarde qui ?

Les deux grands pays meurtriers producteurs de réfugiés sont les États-Unis et Israël. À leurs deux, ils ont tué et déplacé des millions de personnes qui n’étaient une menace pour personne.

Il n’y a pas de pays sur terre qui rivalise avec les États-Unis et Israël pour la violence barbare et meurtrière.

Mais Obama nous donne l’assurance que les États-Unis protégeront "la paix et la sécurité du monde." Et la chemise brune Netanyahu assure qu’Israel sauvera le monde de la "menace iranienne".

Où sont les médias ?

Pourquoi les gens ne sont-ils pas tordus de rire ?

30/05/2009

Le conseil des colons israéliens envisage d'organiser de faux attentats palestiniens

Libertés Internets

30 mai 2009

 

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© inconnu
Rien de tel qu'un bon petit attentat contre un bus pour remobiliser l'opinion en faveur des colons et faire changer d'avis Barack Obama.

 

 

[Dov Lerner - IES News Service - 28/05/2009]

Si l’arrivée au pouvoir d’Avigdor Lieberman a donné des ailes au “Bloc des colonies”, la nouvelle administration Obama à Washington ne lui plait pas du tout. La grande majorité des membres de la Yesha (conseil des colons) appelait d’ailleurs à voter pour McCain.

Jusqu’à présent la question des colonies donnait lieu à un ballet bien réglé entre Washington et Tel-Aviv. On “exigait” l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés, la police israélienne faisait semblant de démanteler deux ou trois cabanons en tôle sur une colline, la presse titrait “Israël a démantelé une colonie, au tour des Palestiniens maintenant de faire un effort” et le lendemain les cabanes étaient remontées… et personne ne parlait des milliers de maisons en béton qui continuent à se construire illégalement ailleurs.

Mais il semblerait qu’avec Obama la donne ait changée et que Washington ne soit plus aussi compréhensif. Et cela inquiète le petit groupe ultra-radical du bloc des colonies, qui a déjà tendance à être paranoiaque par ailleurs. Et soudain on entend beaucoup parler du général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne, qui avait déclaré qu’il fallait fortement réduire la population arabe dans les territoires afin de créer “des réalités sur le terrain”.

En début de semaine s’est tenu une réunion rassemblant différents responsables militants des colonies de Tekoa, Yitzhar, Hebron… ainsi que des représentants de la Yesha “qui ont insisté sur le fait qu’ils étaient la à titre personnel mais feraient remonter les messages”. Le but était d’étudier les moyens de renforcer la pression sur le gouvernement Netanyahou, afin qu’il ne “plie pas devant les diktats de Washington et protège notre droit à vivre sur notre terre”. Croisant dans un café, un ami colon qui avait assisté à la réunion, il m’a permis de jeter un coup d’oeil à ses notes. C’est éclairant sur le degré de violence sectaire dans lequel les colons se sont laissés enfermer. La presse israélienne s’est d’ailleurs inquiété à plusieurs reprises sur “le danger d’un terrorisme juif”.

Au cours de cette réunion, à plusieurs reprises, l’assistance a souligné que – du fait de la réussite de la politique sécuritaire en Israël – la population était démobilisée face à la menace arabe. Pour A. L., de Tekoa, “les colons sont l’avant poste qui protège Israel. A Tel-Aviv, ils n’ont plus vu un arabe depuis 20 ans, ils ne savent pas comment ils sont. Tandis que nous, nous subissons leurs attaques tous les jours, mais personne ne fait attention à nous.”

Pour D.S., de Hebron, “il faut réveiller l’opinion israélienne, lui faire voir la réalité en face, il ne peut pas y avoir de concessions face aux terroristes. A Washington ils sont loin, ils n’y connaissent rien, ils se laissent berner par les sourires doucereux de Abbas et de ses conseillers en communication… c’est à nous de leur montrer que les arabes n’ont pas changé.”

Plusieurs participants à la réunion ont applaudi quand Y.A. de la colonie radicale de Yitzhar (qui s’est déjà plusieurs fois affronté à la police) et S.L. de Giv’at ha’Avot (où les jeunes se sont fait une spécialité d’aller harceler la population arabe) ont déclaré : “Quand on parle de nos problèmes à Tel-Aviv, ils s’en foutent, ils en ont marre de la guerre, ils veulent pouvoir aller à la plage tranquilles, sans qu’on leur prenne la tête avec nos problèmes. C’était pas comme ça avant, avant, quand les bombes explosaient dans les bus et les pizzerias, le pays nous comprenait, nous étions tous soudés face aux arabes. Il faudrait peut-être qu’il y ait à nouveau des bombes dans les bus, pour réveiller les gens.”

Les représentants de la Yesha ont souligné que le succès de la cloture de sécurité avait permis d’empêcher les terroristes de passer en Israël et qu’on ne pouvais pas attendre une campagne terroriste arabe pour unifier le pays. La cloture a crée un faux sentiment de sécurité dans la population. Les gens sont moins attentifs à nos problèmes”.

Les dernières guerres à Gaza n’ont pas eu le même effet et surtout il n’y a pas de lien avec les problèmes des colons en Judée-Samarie. “L’image fausse qui s’est crée, c’est que à Gaza c’est des fous  tandis qu’en Judée c’est des gentils. Or nous savons bien qu’il n’y a pas de différence. Un arabe est un arabe et il n’y aura pas de paix sur notre terre tant qu’il en restera un seul. Mais ça, les bonnes âmes ne veulent pas l’entendre. Peut-être que, effectivement, si quelques attentats venaient leur rappeler la véritable nature des arabes, cela pourrait faire changer d’avis les Américains.”

Le discours du représentant de la Yesha a été applaudi. Mon ami colon n’a pas eu le moindre scrupule a me raconter la réunion, avec un grand sourire. “Les choses vont bouger, tu vas voir. On va pas se laisser faire. Le Sinai et Gaza ont montré qu’avec les arabes, la moindre concession est vue comme un signe de faiblesse. On leur a donné nos terres, cela n’a rien changé. Il faut juste que les gens le comprennent et qu’on ait le courage de dire merde aux Américains. Ensuite on pourra finir le travail”.

Si j’étais vous, j’éviterais de prendre le bus ces prochains mois, en Israël. Pour ma part, j’ai décidé ce matin là, de me remettre au vélo pour aller au travail.

28/05/2009

Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis

par Joe Kishore

Mondialisation.ca, Le 26 mai 2009
WSWS

L’incroyable confrontation publique entre le président Barack Obama et l’ancien vice-président Dick Cheney survenue jeudi matin a dévoilé la fragilité du gouvernement constitutionnel et la profonde crise de la démocratie américaine.

Lors de son discours public aux Archives nationales de Washington, Obama a accusé la précédente administration de violer la Constitution. Ce discours d’Obama, consacré à la défense de sa décision de fermer le camp de prisonniers de Guantanamo, avait été planifié à la dernière minute. L’objectif était clairement de contrecarrer l’attaque de Cheney, le président en ayant été averti.

L’attaque est survenue seulement quelques minutes après la fin des remarques d’Obama. Cheney, s’adressant à des membres d’un groupe de réflexion de droite du renseignement, a dénoncé le président de façon provocatrice et acerbe. Tournant en dérision les critiques d’Obama sur la politique d’ « interrogatoire musclé » de l’administration Bush, autrement dit la torture, l’ancien vice-président a presque accusé le président de vouloir aider et encourager les ennemis des Etats-Unis.

Cheney se trouve au centre d’une campagne de plus en plus incisive visant à mobiliser l’opposition au Congrès et, encore plus inquiétant, parmi ses alliés politiques et sympathisants dans l’armée et la Central Intelligence Agency, contre l’administration Obama. Le développement de l’influence de cette campagne a été reflété par le vote écrasant mercredi au Congrès qui s’est opposé au plan d’Obama de fermer la prison de Guantanamo. Le Sénat, dont la plupart des démocrates, soutenu par le témoignage du directeur du FBI, Robert Mueller III, qui a soulevé la menace posée par le transfert potentiel de prisonniers vers les pénitenciers des Etats-Unis, a voté contre la proposition de fermeture de Guantanamo.

En tentant de défendre les politiques de son administration, Obama a présenté ses propres décisions comme un certain effort d’arrière-garde désespéré pour rétablir le gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis après huit ans d’illégalité endémique de la part de l’administration précédente.

Il a souligné la gravité de la menace posée au pouvoir constitutionnel en faisant remarquer qu’il prononçait son discours dans un couloir qui affichait les documents fondateurs de la démocratie américaine : la Déclaration d’indépendance, la Constitution et la Déclaration des droits. Obama rappela à son auditoire qu’il avait « juré de préserver, protéger et défendre la Constitution », et déclara que « nous ne devons jamais, par opportunisme, tourner le dos à ces principes durables ».

Obama a affirmé que sous la précédente administration, « notre gouvernement a pris des décisions basées sur la peur plutôt que la prévoyance; et bien trop souvent notre gouvernement a changé les faits et les preuves pour les adapter aux prédispositions idéologiques ».

Appelant au rétablissement de « la loi et du jugement en bonne et due forme », Obama a déclaré que « les décisions prises au cours des huit dernières années ont établi une approche légale improvisée pour combattre le terrorisme qui n’était pas efficace et qui ne pouvait être soutenue : un cadre qui n’était pas basé sur nos traditions légales et institutions de longue date et qui ne s’est pas laissé guider par nos valeurs ». Les politiques de l’administration Bush, a-t-il dit, ont miné « la loi ».

Dans la section la plus significative de son discours, qui nous informe sur la nature des luttes politiques qui ont fait rage aux plus hauts échelons de l’Etat, Obama a déclaré que les opposants de sa politique « adopte une perspective qui peut être résumée ainsi : “Tout est permis”. Leurs arguments suggèrent que l’objectif de la lutte contre le terrorisme peut justifier tous les moyens et que le président devrait avoir toute l’autorité voulue pour faire ce qu’il désire, admettant qu’ils soient d’accord avec ce président. »

Ayant recours à des euphémismes contredisant le sérieux de ses déclarations, Obama a mis en garde contre la présence de puissantes forces qui étaient prêtes à rompre avec les normes constitutionnelles : « De temps en temps, a-t-il dit, certains pensent que la sécurité et le succès des Etats-Unis exigent que nous nous éloignions des principes sacrés enchâssés dans cet édifice. Nous pouvons entendre de telles voix aujourd’hui. »

La voix principale à laquelle il faisait référence était celle de Cheney. Le président ne se serait pas senti obligé de répliquer à l’ancien vice-président si Obama le percevait comme un excentrique de droite mécontent. En fait, Obama sait que Cheney, celui qui prenait vraiment les décisions dans l’administration Bush et l’homme qui avait dirigé un gouvernement secret, détient une énorme influence au Pentagone, à la CIA et dans d’autres sections moins connues de la bureaucratie du renseignement et de l’armée qui exerce un vaste pouvoir et qui n’est responsable devant personne.

Dans ses remarques devant l’American Enterprise Institute, Cheney est passé à l’offensive contre Obama, traitant personnellement avec mépris l’administration et le président.

Les critiques d’Obama des méthodes d’interrogatoire « sont très injustes envers ceux qui travaillent dans les renseignements et les avocats qui méritent beaucoup mieux pour leurs services dévoués, » a déclaré Cheney. « Le danger ici est la perte de l’emphase sur la sécurité nationale et ce que ça requiert. »

Sur un ton menaçant, Cheney ajouta : « Je conseillerais à l’administration d’être très prudente à l’avenir. »

L’ancien vice-président a pratiquement accusé Obama d’aider les terroristes et de commettre une trahison.

« Divulguer les mémos des interrogatoires étaient absolument à l’opposé des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, » a-t-il déclaré. « De l’information top secrète se retrouvent maintenant dans les mains des terroristes, qui viennent de recevoir un important ajout dans leur manuel d’entraînement. Partout dans le monde, les gouvernements qui nous ont aidés à capturer des terroristes vont craindre que des opérations conjointes sensibles soient compromises. Et ceux qui travaillent à la CIA se demandent s’ils peuvent dépendre de la Maison-Blanche ou du Congrès pour obtenir un appui lorsque les choses vont se corser. »

Ces mots étaient particulièrement provocateurs et inquiétants, vu qu’ils évoquent délibérément des souvenirs des ressentiments de ceux qui travaillaient à la CIA contre l’administration Kennedy après l’invasion manquée de la baie des Cochons en 1961.

Cheney a joyeusement fait remarquer que la décision de divulguer les mémos a été opposée par des gens à la tête de l’administration Obama, incluant le directeur de la CIA, Leon Panetta, et le directeur du renseignement national, Dennis Blair.

Cheney s’est moqué de la « fausse indignation » de ceux qui ont critiqué les méthodes d’interrogation employées par l’administration Bush. « Au cours de ma longue expérience à Washington, peu de choses ont suscité autant d’indignation artificielle et de faux moralisme que les méthodes d’interrogation utilisées contre quelques terroristes capturés. » Il ajouta que les critiques de ces méthodes « ne sont pas dans une position pour sermonner quiconque sur les “valeurs” ».

Sans ambiguïté, l’ancien vice-président a défendu les techniques d’interrogation de l’administration Bush, insistant que « complètement exclure les méthodes d’interrogations musclées dans le futur est imprudent à l’extrême ».

Il a continué en dénonçant la décision d’Obama de fermer Guantanamo, en lançant un avertissement : « Je pense que le président trouvera, après réflexion, que d’amener les pires terroristes aux États-Unis sera cause de grands dangers et regrets dans les années à venir. »

Ce n’est pas une exagération que d’affirmer que cette confrontation publique entre Obama et Cheney n’a pas de précédent dans l’histoire américaine moderne. Croire que cet échange amer entre le président et l’ancien vice-président ne soulève pas d’importantes questions sur la viabilité de la démocratie américaine est le comble de la complaisance.

Soyons clairs : Cheney parle pour les sections puissantes de la classe dirigeante, soutenue par des sections substantielles de l’appareil militaire et des services du renseignement, qui sont profondément hostiles à la démocratie.

Quant à Obama, sa propre position est minée par des contradictions politiques profondes et insolubles. Son plaidoyer pour que la constitution soit respectée est complètement infirmé par le fait que son administration a accepté sans question les prémisses essentielles sur lesquelles étaient basées la politique étrangère de l’administration Bush : les Etats-Unis mènent une lutte desespérée contre le « terrorisme ».

Tout en s’opposant à certains gestes de l’administration Bush, Obama évite prudemment de défier le mensonge politique fondamental à l’origine de tous ses crimes.

« Al-Qaïda planifie activement une autre attaque contre nous » a déclaré Obama dans le même discours mardi. « Nous savons que cette menace planera sur nous pour longtemps et que nous devons utiliser tous les composantes de notre pouvoir pour la défaire. » Et en fait, a affirmé Obama, son administration mène cette lutte de façon plus cohérente en « luttant contre les extrémistes en Afghanistan et au Pakistan qui nous ont attaqué le 11-Septembre ».

Si Obama dit la vérité (que l’administration précédente a adopté une politique où « tout était permis »), alors les responsables doivent être poursuivis en tant que criminels politiques. Au lieu de cela, Obama est venu à leur défense en les décrivant comme étant trop zélés dans la poursuite d’une noble cause. « Confronté à des menaces incertaines, a-t-il dit, notre gouvernement a pris une série de décisions rapides. Et je crois que ces décisions étaient motivées par le désir sincère de protéger la population américaine. »

En deux occasions, Obama a insisté que personne ne serait amené en justice pour les politiques de huit dernières années. Il s’est opposé à la création d’une commission indépendante et a insisté qu’il n’y aurait aucune tentative de « se concentrer sur le passé ».

En indiquant qu’il ne poursuivra les conspirateurs autour de Cheney, Obama ne continue en fait que sa politique de couardise et d’accommodation qui a caractérisé son administration depuis sa mise en place. Chacune des ces concessions a encouragé les sections les plus à droite de l’Etat et a facilité la conspiration contre les droits démocratiques.

La temporisation d’Obama, ses reculs constants, sont déterminés par les intérêts de classe qu’il représente. Peu importe les critiques qu’il fera de la politique de l’administration Bush, Obama a les mêmes objectifs essentiels. En termes de sa politique intérieure, il a continué à donner d’immenses sommes aux banques et aux investisseurs de Wall Street. En termes de politique militaire, il continue l’occupation de l’Irak tout en élargissant la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Sa défense de la légalité est contredite par le fait que son administration a remis sur pied les commissions militaires pour juger les prisonniers de Guantanamo, a refusé de publier les photos sur la torture et, en général, a maintenu les mesures antidémocratiques de son prédécesseur.

Malgré les avertissements que donne Obama sur l’érosion de la démocratie aux Etats-Unis, son administration, par ses actes mêmes, en facilite et en accélère l’effondrement. Il est impossible de combiner la guerre impérialiste avec la démocratie. La dernière ne peut survivre sans une opposition à la première.

Obama est incapable d’exposer le véritable contenu social et politique de l’attaque de Cheney, parce que cela demanderait d’exposer les objectifs politiques et les intérêts de classe réactionnaires qui motivent la « guerre au terrorisme ». De plus, cela demanderait un appel à une large mobilisation du peuple américain en défense des droits démocratiques. Mais dans une époque où l’administration met en œuvre une politique intérieure qui défend les intérêts de l’élite financière, l’administration Obama n’a pas l’intention de soulever le mécontentement populaire.

La défense des droits démocratiques ne peut être entreprise par aucune faction de la classe dirigeante. Les institutions de la démocratie américaine sont déjà dans un état avancé de désintégration.

La défense des droits démocratiques dépend de l’organisation politique indépendante de la classe ouvrière.



Article original en anglais, WSWS, paru le 22 mai 2009.

05/04/2009

Entretien avec Thierry Meyssan

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© inconnu


Réfugié au Liban, Thierry Meyssan a accordé une longue interview dans laquelle il livre son analyse décoiffante de la situation internationale. Une analyse qui rejoint souvent celle d'Egalité et Réconciliation.



Thierry Meyssan, on ne vous voit plus en France, que devenez-vous ?



Je vis actuellement au Liban. Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense, m'ont informé que les États-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l'OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance.



Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?



Je travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama, ses origines, sa composition, ses projets etc. Une première édition, limitée à quelques exemplaires, sera adressée à des quelques leaders le mois prochain. Puis une édition grand public sera publiée dans diverses langues à l'automne. Je vis exclusivement de ma plume et je collabore à des journaux ou magazines dans le domaine de la politique internationale, au Proche-Orient et en Russie.



Quelle analyse faite vous de l’évolution de la politique américaine ?


Aujourd’hui se dégage un relatif consensus sur le constat d’échec de la politique Bush, le surdéploiement militaire, les conséquences néfastes de l’unilatéralisme sur les relations avec les alliés et la perte de leadership. A partir de 2006, James Baker et Lee Hamilton, qui présidaient une commission créée par le Congrès pour évaluer la stratégie en Irak, ont milité en faveur d’un retour à une position plus sage. Ils ont préconisé un retrait d’Irak et un prudent rapprochement avec les pays riverains (Syrie, Iran) indispensable pour éviter que le départ des GI's ne tourne à la débâcle, comme au Vietnam. Ils ont fait tomber la tête de Donald Rumsfeld, et ont imposé un membre de leur commission, Robert Gates, pour lui succéder. Mais s'ils ont gelé la politique de « remodelage du Grand Moyen-Orient », ils ne sont pas parvenus à y faire renoncer George Bush et Dick Cheney; raison pour laquelle il a fallu organiser une rupture avec Barack Obama.


En réalité Obama avait été lancé dans la course au Sénat fédéral et à la présidence dès 2004. Il a fait son entrée en scène lors de la convention démocrate pour l'investiture de John Kerry. Il n'était alors qu'un obscur parlementaire de l'Assemblée de l'Illinois, mais il était déjà encadré et entrainé par Abner Mikva et ses hommes (Jews for Obama) et soutenu par la finance anglo-saxonne (Goldman Sachs, JP Morgan, Excelon…). Les multinationales inquiètes de perdre des parts de marché au fur et à mesure de la montée de l'anti-impérialisme (Business for Diplomatic Action), les partisans de la Commission Baker-Hamilton, les généraux en révolte contre les aventures erratiques des néo-conservateurs, et d'autres encore, se sont progressivement ralliés à lui.


Les Français croient souvent que le président des États-Unis est élu au second degré par de grands électeurs. C'est faux. Il est élu par un collège dont les membres sont désignés par des notables. En 2000, la Cour suprême a rappelé que le vote des citoyens n'était que consultatif et que le gouverneur de Floride pouvait nommer les délégués de son État au collège électoral présidentiel sans même attendre le dépouillement du scrutin général.
Dans ce système oligarchique, il y a un parti unique avec deux courants : les républicains et les démocrates. Juridiquement, ils ne forment pas des entités distinctes. Ainsi, ce sont les États qui organisent les primaires, pas les pseudos-partis. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que Joe Biden et Barack Obama soient l'un et l'autre de vieux amis de John McCain. Ainsi, McCain préside l'Institut Républicain International, un organe du département d'État chargé de corrompre les partis de droite dans le monde; tandis qu'Obama travaille au sein de l'Institut Démocrate National, présidé par Madeleine Albright et chargé de la corruption des partis de gauche. Ensemble, Obama, McCain et Albright ont participé à la déstabilisation du Kenya, lors d'une opération de la CIA pour imposer un cousin d'Obama comme Premier ministre.


Tout ceci pour dire qu’Obama n’est pas sorti de nulle part. C'est un spécialiste de l’action secrète et de la subversion. Il a été recruté pour faire un travail bien précis.


Si les objectifs de la coalition hétéroclite qui le soutient sont globalement les mêmes, il n’existe pas de consensus dans le détail entre ses composantes. Ceci explique l’incroyable bataille à laquelle ont donné lieu les nominations et l'aspect toujours équivoque des discours d'Obama.


Quatre pôles se livrent bataille :


  • Le pôle Défense, autour de Brent Scowcroft, des généraux opposés à Rumsfeld et bien sûr de Robert Gates, aujourd'hui le véritable maître à Washington. Ils préconisent la fin de la privatisation des armées, une sortie « honorable » d’Irak mais la poursuite de l’effort états-unien en Afghanistan pour ne pas donner l'impression d'une débandade, et enfin un accord avec les Iraniens et les Syriens. Pour eux, la Russie et la Chine restent des rivaux qu'il faut isoler et paralyser. Ils abordent la crise financière comme une guerre au cours de laquelle ils vont perdre des programmes d'armement et diminuer le format des armées, mais doivent maintenir une supériorité relative. Peu importe qu'ils perdent en puissance, s'ils restent les plus forts.


  • Les départements du Trésor et du Commerce, autour de Tim Geithner et Paul Volcker, les protégés des Rockefeller. Ils sont issus de la Pilgrim's Society et s'appuient sur le Groupe des Trente, le Peterson Institute et la Commission trilatérale. Ils sont soutenus par la reine Elizabeth II et veulent sauver à la fois Wall Street et la City. Pour eux la crise est un coup dur puisque les revenus de l'oligarchie financière sont en chute libre, mais c'est surtout une occasion rêvée de concentrer le capital et de piétiner les résistances à la globalisation. Ils sont obligés temporairement de réduire leur train de vie pour ne pas susciter de révolutions sociales, mais ils peuvent simultanément s'enrichir en rachetant des fleurons industriels pour une bouchée de pain. Sur le long terme, ils ont le projet d'instaurer —non pas un impôt mondial sur le droit de respirer, ce serait grossier—, mais une taxe globale sur le CO2 et une Bourse des droits d'émission —ce qui revient à peu prés au même en paraissant écolo—. Contrairement au Pentagone, ils militent pour une alliance avec la Chine, du fait notamment qu’elle détient 40 % des bons du Trésor US, mais aussi pour empêcher l'émergence d'un bloc économique extrême-asiatique centré sur la Chine et drainant les matières premières africaines.


  • Le pôle du département d’État autour d’Hillary Clinton, une chrétienne fondamentaliste, membre d'une secte très secrète, la Fellowship Foundation (dite « La » Famille). C'est le refuge des sionistes, l'ultime réserve des néo-conservateurs en voie de disparition. Ils préconisent un soutien inconditionnel à Israël, avec une pointe de réalisme car ils savent que l'environnement a changé. Il ne sera plus possible de bombarder le Liban comme en 2006, car le Hezbollah dispose maintenant d'armes anti-aériennes performantes. Il ne sera plus possible de pénétrer dans Gaza comme en 2008 car le Hamas a acquis des missiles anti-char Kornet. Et si les États-Unis ont du mal à payer les factures de Tel-Aviv, il est peu probable que les Saoudiens pourront y suppléer sur le long terme. Il faut donc gagner du temps, au besoin par quelques concessions, et trouver une utilité stratégique à Israël.

    La principale mission de Madame Clinton, c'est d'améliorer l'image des États-unis, non plus en faisant des relations publiques (c'est-à-dire en justifiant la politique de Washington), mais par la publicité (c'est-à-dire en vantant les qualités réelles ou imaginaires du modèle US). Dans ce contexte, les sionistes devraient pousser le projet Korbel-Albright-Rice de transformation de l'ONU en un vaste forum impotent et de création d'une organisation concurrente, la Communauté des démocraties, appuyée sur son bras armé, l'OTAN. Pour l'heure, ils sont occupés à saboter la conférence de Durban II qui, au lieu de célébrer la « seule démocratie du Proche-Orient », dénonce le régime d'apartheid au pouvoir à Tel-Aviv.

    Avec le secrétaire d'État adjoint, James Steinberg, ils envisagent la crise financière comme un Blitzkrieg. Il va y avoir beaucoup de casse, mais c'est le moment de détruire des rivaux et de s'emparer par surprise de leviers de commande. Leur problème n'est pas d'accumuler des richesses par des achats et des fusions, mais d'imposer leurs hommes partout dans le monde aux ministères des Finances et à la tête des institutions bancaires.


  • Enfin le Conseil National de Sécurité sur s'exerce l'influence de Zbignew Brzezinski, qui fut le professeur d'Obama à Columbia. Celui-ci devrait abandonner son rôle traditionnel de coordination pour devenir un véritable centre de commandement. Il est dirigé par le général Jones, qui a été suprême commandeur de l'OTAN et a porté l'Africa Command sur les fonds baptismaux. Pour eux, la crise financière est une crise de la stratégie impériale. C'est l'endettement faramineux souscrit pour financer la guerre en Irak qui a précipité l'effondrement économique des États-Unis. Contrairement à 1929, la guerre ne sera pas la solution, c'est le problème. Il faut donc mener trois desseins simultanés : forcer les capitaux à rentrer aux Etats-Unis en cassant les paradis fiscaux concurrents et en déstabilisant les économies des pays développés (comme cela a été testé en Grèce); maintenir l'illusion de la puissance militaire US en poursuivant l'occupation de l'Afghanistan; et étouffer les alliances naissantes Syrie-Iran-Russie, et surtout Russie-Chine (Organisation de coopération de Shanghai). Le Conseil va privilégier toutes les formes d'action clandestine pour donner au Pentagone le temps nécessaire à sa réorganisation.

Obama essaie de satisfaire tout le monde d’où la confusion ambiante.



Comment voyez-vous évoluer la situation au Proche-Orient, au regard de cette nouvelle administration ?


Il y a consensus sur un point : Washington doit faire baisser la tension dans cette région, sans pour autant abandonner Israël. Deux options sont sur la table, mais quelle que soit celle qui sera mise en œuvre, elle requiert d'être signée par les courants les plus radicaux. C'est pourquoi Washington a encouragé un gouvernement Netanyahu-Lieberman en Israël et laissera le Hamas et le Hezbollah gagner les prochaines élections dans les Territoires palestiniens et au Liban.

Le premier scénario, imaginé par Zbignew Brzezinski prévoit simultanément la reconnaissance d'un État palestinien et la naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent. Le tout arrosé d'argent pour indemniser les États absorbant les réfugiés et pour développer Gaza et la Cisjordanie. En outre, le maintien de cette paix serait assuré par une force d’interposition de l’OTAN, sous mandat de l’ONU. Ce plan a le soutien de Nicolas Sarkozy.

La seconde approche est plus rude pour les deux protagonistes. Elle préconise de contraindre les Israéliens à abandonner leurs revendications les plus extravagantes ; tandis qu'elle obligerait les Palestiniens à considérer que la Jordanie est leur patrie naturelle. Ce serait une paix plus économique pour Washington et viable sur le long terme, même si elle serait dure à accepter par les uns et par les autres, et qu'elle impliquerait au passage la fin de la monarchie hachémite. Cette formule est notamment poussée par l'ambassadeur Charles Freeman que le lobby sioniste vient de contraindre à démissionner de la présidence du Conseil National du Renseignement, mais qui dispose de solides appuis dans l'appareil d'État.



Selon vous, quelle formule d’imposera ?


Aucune parce que la crise économique sera d’une telle ampleur qu’elle conduira à mon sens à une dislocation des États-Unis et la fin de l’État d’Israël.


Washington va devoir revoir une nouvelle fois ses ambitions à la baisse. Elle va probablement se replier sur le maintien du statu quo. Son action se limitera à empêcher de nouveaux acteurs de prendre sa place.



Que préconisez-vous à titre personnel ?



Les cinq millions de juifs, les neuf millions de Palestiniens, et les autres populations de Palestine, doivent se retrouver au sein d’un État unique sur le principe « un homme, une voix ». C’est du reste à mon sens la seule solution qui évite à terme l’expulsion des juifs. Il faut se souvenir de l’Apartheid en Afrique du Sud, dont certains annonçaient que sa remise en cause provoquerait l’expulsion ou l’extermination des blancs. On connaît la suite. La mort d’Arafat n’est pas un obstacle car il existe d’autres Mandela en Palestine. Le vrai problème est de trouver un De Clerk coté Israélien. Le Hamas soutiendrait sans aucun doute une telle solution, car elle aurait l’assentiment du peuple.
Plus on repousse les échéances, plus on rend une solution pacifique difficile. La CIA étudie d'ailleurs le scénario catastrophe avec un soulèvement sanglant qui chasserait 2 millions de juifs vers les États-Unis.



Quid selon vous de la Syrie et l’Iran ? Pensez-vous la guerre possible ?


Je ne pense pas que les accords secrets conclus entre les militaires US, la Syrie et l’Iran soient remis en cause : les États-Unis n’en ont ni les moyens, ni même la volonté.


En premier lieu, ils savent que la menace nucléaire iranienne est une intox qu'il ont eux-mêmes fabriquée comme ils avaient inventé les armes de destruction massive irakiennes. Au demeurant, l'imam Khomeiny avait condamné la fabrication et l'usage de la bombe atomique comme immorales et on ne voit pas quels groupes seraient capables en Iran de passer outre un tel commandement.
Deuxièmement, la politique de George Bush a poussé Téhéran et Damas dans les bras de Moscou qui prépare d'ailleurs une grande conférence internationale sur la paix au Proche-Orient. C'est désormais une priorité pour Washington de démanteler cette alliance naissante et de tenter de ramener l'Iran et la Syrie dans son orbite. Il est bien sûr probable que ces derniers feront monter les enchères et se garderont de basculer d'un côté ou de l'autre.
Enfin, les États-Unis ont le sentiment de l'urgence. Leur économie s'effondre et ils n'auront peut-être plus longtemps la possibilité de défendre Israël au prix fort. D'autant que Tsahal n'est plus ce qu'elle était. L'armée israélienne n'est plus invincible. Elle a accumulé les échecs au Liban, à Gaza et aussi, ne l’oublions pas, en Géorgie.



Vous vivez, on l’a vu, au Liban, quelle est la situation là bas ?


L'Alliance nationale regroupée autour du Courant patriotique libre de Michel Aoun et du Hezbollah d'Hassan Nasrallah va gagner les prochaines élections, cela ne fait pas de doute, si elles peuvent se tenir librement. La famille Hariri ne survivra que tant que les grandes puissances compteront sur elle pour prélever des impôts et faire payer par le peuple la dette extérieure du Liban, alors même que celle-ci provient pour moitié de l'enrichissement illicite des Hariri. Le criminel de guerre Walid Joumblatt —vice-président de l'Internationale socialiste, excusez du peu—, ou encore les néo-fascistes comme le tueur pathologique Samir Geagea, vont être lâchés par leurs sponsors. Ces exécuteurs de basses œuvres ont perdu leur efficacité et ne sont plus présentables.

Le Tribunal spécial pour le Liban chargée d’instruire l’affaire Hariri et divers assassinats politiques va soit se faire oublier, soit donner lieu à un coup de théâtre. Il a été conçu comme une machine de guerre pour accuser la Syrie, la placer au ban de la communauté internationale et la désigner comme cible militaire. Je sais que des éléments nouveaux lui sont parvenus dans les dernières semaines. Ils disculpent la Syrie et placent l’Arabie Séoudite sur la sellette. C’est à cette aune qu’il faut apprécier la reprise en main de l'Arabie saoudite par le roi Abdallah et le limogeage des ministres qui ont financé la lutte contre le Hezbollah et le Hamas. Pour revenir aux élections législatives libanaises de juin, la question est de savoir si l’on s’oriente vers une victoire de la Résistance à 55 ou à 70 %. Cela dépendra essentiellement de l’apparition ou non d’une nouvelle force chrétienne de division et de diversion autour du président Sleimane. En définitive, les collaborateurs des États-Unis et d'Israël négocieront peut-être un compromis tant qu'ils sont en position de le faire. On se dirigerait alors vers la désignation d'un milliardaire comme Premier ministre (Saad Hariri ou un autre), mais à la tête d'un gouvernement entièrement contrôlé par la Résistance nationale. Ce serait une formule très orientale : les honneurs et la lumière pour les perdants, tandis que le vrai pouvoir resterait dans l'ombre. L'intérêt de cette solution serait de déligitimer toute intervention militaire contre le Liban.



Vous êtes désormais très connu en Russie, où vous avez rassemblé près de 30 millions de téléspectateurs à l’occasion d’une émission sur le 11 septembre. Comment appréciez-vous la situation de la Russie ?



Paradoxalement, malgré la victoire militaire et diplomatique en Géorgie, la Russie traverse une passe difficile. Après la guerre du Caucase, les banques anglo-saxonnes ont encouragé les oligarques à punir Moscou en déplaçant leurs capitaux vers l'Ouest. Puis, les Anglo-Saxons ont poussé les dirigeants ukrainiens à trahir leur intérêt national et à couper les gazoducs lors des négociations sur les prix. Le Kremlin, qui croyait être maître du jeu et avoir l'initiative de ces coupures, s'est fait piéger. La perte de deux mois de chiffre d’affaire a dévoré les réserves monétaires. Le tout a provoqué une chute affolante du rouble alors que la crise mondiale fait baisser le prix des matières premières et donc les revenus de la Russie.


Medvedev et Poutine ont évalué cette situation de faiblesse avec beaucoup de sang-froid. Ils connaissent les atouts dont ils disposent, notamment la supériorité technologique de leur industrie d'armement sur celle des États-Unis. Ils sont convaincus que les États-Unis ne se relèveront pas de la crise, mais se disloqueront à moyen terme comme le Pacte de Varsovie et l'URSS dans les années 89-91. Ils espèrent donc inverser les rôles. Malgré la période de vaches maigres, ils équipent leurs armées avec les nouveaux matériels, et ils attendent sans broncher l'effondrement de l'Ouest. Publiquement ou en sous-main selon les cas, ils équipent tous les adversaires des États-Unis des dernières armes disponibles, du Proche-Orient que j'ai évoqué tout à l'heure au Venezuela. Économiquement, ils ont fait le choix de construire des voies commerciales vers la Chine, tout autant que vers l'Europe occidentale, dont ils observent avec regret l'asservissement obstiné aux Anglo-Saxons.


Cette situation peut avoir d’importantes conséquences au plan interne, où s’affrontent l’ancienne et la nouvelle génération. Les anciens ont un fort tropisme américain, quand les jeunes affichent un patriotisme décomplexé. Paradoxalement, les élites issues de Saint-Petersbourg sont historiquement favorables à un arrimage européen de la Russie, au contraire des Moscovites dont la vision est plus eurasiatique. Or Poutine et Medvedev, tous deux de Saint-Petersbourg, partagent cette vision eurasiatique. Ils rêvent la Russie en protecteur de l'Islam et l'ont faite entrer, comme observatrice, à l'Organisation de la conférence islamique. Tout en valorisant le Patriarcat orthodoxe, ils ont placé des musulmans à de nombreux postes à haute responsabilité —le contraste avec la France est flagrant—. Même si le traumatisme du démantèlement de la Yougoslavie et des deux guerres de Tchétchénie reste fort et que la vague de racisme qui s'en est suivie n'est toujours pas maîtrisée, la Russie a fait le choix de la civilisation et pris le chemin de la synthèse entre l'Europe et l'Asie.


Si la Russie parvient à traverser les toutes prochaines années de graves turbulences internationales sans être trop affectée, elle se retrouvera en position d'arbitre dans un monde multipolaire.



Continuons cet intéressant tour du monde géopolitique avec la Chine…



Je m’interroge sur leur stratégie. Pourquoi ces achats massifs de bons du Trésor US ? Pékin a pris l'initiative d'un rapprochement avec Moscou à travers l'Organisation de coopération de Shanghai. Beaucoup de contentieux ont été soldés. En retour, les Russes ont accepté de vendre de l'énergie à un tarif préférentiel aux Chinois et demandé un contrôle plus strict de l'émigration chinoise en Sibérie. La logique aurait voulu que les deux grands se renforcent multuellement en refusant le dollar comme monnaie d'échange international. Mais Pékin répugne à choisir son camp et ne veut pas froisser Washington. Les Chinois mènent une stratégie douce de renforcement de leurs alliances tous azimuts. Cela me paraît un peu étrange, car cela pourrait leur couter cher. Les USA pourraient les emporter dans leur effondrement prévisible.


Au passage, permettez-moi de dire mon agacement face à la stupide dénonciation des violations des Droits de l'homme en Chine. Ils sont sans aucun doute possible beaucoup mieux respectés par Pékin que par Washington—ce qui n'est pas une excuse pour ne pas s'améliorer, mais relativise ces accusations—. Et qu'on arête de dire que le Tibet a été annexé par la Chine en 56, alors qu'il a été repris par les communistes chinois aux Chinois de Tchang Kaï-Chek.



Un mot sur l’Amérique du Sud avant de revenir à la France ?


Au-delà de la tendance à l’unification, des stratégies se sont affirmées face à l'impérialisme. Mais l’affaiblissement, en attendant plus, des États-Unis crée une nouvelle situation et peut inciter certains à rebattre leurs cartes. La protection des économies nationales revient au premier plan des préoccupations. Paradoxalement, les États qui souffrent de sanctions sont mieux armés pour résister à la crise. C’est notamment le cas de Cuba, du Vénézuela, de la Bolivie ou de l’Équateur —comme c’est le cas de la Syrie et de l’Iran au Proche-Orient—. Gageons que nouvelles institutions nationales vont se développer, parallèlement à la Banque du Sud. C’est la revanche de l’Histoire.



La France enfin, ou plus exactement la France de Sarkozy…


La France est une vieille nation que l'on ne peut manœuvrer en tous sens. Elle a un passé glorieux et s'identifie à un idéal. Souvent elle s'en écarte, mais toujours elle y revient. Elle traverse aujourd'hui une mauvaise période car elle est gouvernée par le « parti de l'étranger ». Ses dirigeants font le mauvais choix, dans la plus mauvaise période. Ils ont décidé de placer les armées sous le commandement de l'OTAN, concrètement sous celui du général Banz Craddock, le criminel qui créa le centre de torture de Guantanamo. Et cette trahison, ils l'ont décidée au moment où les États-Unis s'enfoncent dans la crise. Ils placent la France à la remorque d'un bateau qui sombre au risque de l'entraîner dans son naufrage.


Leur servilité ne les pousse pas uniquement à vassaliser les armées, mais aussi à transformer en profondeur la société française pour la cloner sur le « modèle » américain. C’est vrai dans le domaine économique, avec la remise en cause des services publics, mais également dans les domaines de la justice ou de l’éducation, de la discrimination positive et j’en passe.
Sarkozy n’est ni de droite ni de gauche, il imite les yankees.


Comme je l'ai expliqué de manière détaillée dans un dossier du magazine russe Profile, il satisfait trois forces : les Anglo-Saxons, la mafia et la banque Rothschild. Ces gens sont conscients depuis plusieurs années de l'essoufflement des États-Unis et pensent garantir le pouvoir de l'oligarchie financière globale en rééquilibrant l'Empire : il aurait deux piliers, un états-unien et un européen, tandis que le Royaume-Uni en serait la charnière. C'est ce projet que sert Nicolas Sarkozy depuis son élection. C'est lui qui l'a conduit à casser le couple franco-allemand et à se rapprocher des Anglais, puis qui l'a conduit à proposer diverses réorganisations de l'Union européenne, notamment la création d'un gouvernement économique. Ceci aura pour conséquence de nous rendre beaucoup plus vulnérables aux convulsions US.


Pourtant, la France est toujours attendue, et pas seulement dans le monde francophone. Nous sommes ce pays hors norme qui a proclamé la souveraineté populaire. On sous-estime totalement en France le degré de ridicule de Nicolas Sarkozy et de sa clique aux yeux du reste du monde. Sarkozy apparaît comme un agité vantard, un instable bourré de tics, jouant la mouche du coche dans tous les conflits internationaux possibles, et servant à ses frais de poisson-pilote aux changements d'humeur de Washington.


Reconstruire une alternative prendra hélas du temps, mais ce n'est pas une raison pour y renoncer.


Article original : Egalité et Réconciliation

 

28/02/2009

Relier les points : l’orgie meurtrière d’Israël se heurte aux protestations populaires tandis qu’Obama commence son numéro

SOTT.net
Vendredi 30 janvier 2009

 

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© Maan News Agency

 

Janvier 2009 restera dans l'Histoire comme le mois où les dirigeants de l'État israélien ont révélé leur véritable nature. Au cas où quelqu'un se serait encore demandé si les politiciens israéliens méritaient une place aux côtés de Staline, Hitler, Pol Pot & co, leurs troupes d'assaut ont levé ces doutes en faisant preuve d'une brutalité et d'une barbarie à faire frissonner les plus apathiques. Pour aggraver encore la situation, la machine de relations publiques sioniste a passé la surmultipliée, usant de toutes les tactiques de propagande déployées par l’État: des mensonges colportés par les médias de masse aux mensonges répandus sur Internet par les trolls à la solde de la « Hasbara ».

Mais pour une fois, une grande partie de la population mondiale – dont certains Israéliens – a vu ce génocide pour ce qu'il était et s'y est opposé en manifestant. Ces protestations ont mis dans l'embarras les gouvernements occidentaux en général, et le gouvernement étasunien en particulier, en révélant la pusillanimité d'Obama – et finalement, son approbation – ainsi que la soumission grotesque de l'administration Bush aux plans sionistes.

D'abord, ils sont venus pour les Gazaouis

Voyez-vous, la comparaison entre les Israéliens et les nazis n'est pas une hyperbole. La seule différence entre le ghetto de Varsovie et Gaza, ce sont les noms des groupes impliqués. Le monde connaît déjà cette histoire; mais cette fois-ci, chacun ne devrait-il pas essayer de jouer un rôle un peu différent? Ne devrions-nous pas sonner l'alerte et diffuser l'information de manière intelligente avant que cette vague de folie n'engloutisse de nouvelles victimes innocentes et qu'il n'y ait plus personne pour parler? Mais pour ce faire, il nous faut d'abord comprendre aussi clairement que possible la situation réelle, tout en ne nous racontant pas d'histoires sur un éventuel retour à la «normale», car la situation en Palestine n'est plus normale depuis 1948, année où les pathocrates y ont entamé leur campagne de nettoyage ethnique et de vol de terres.

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Dans son dernier sacrifice sanglant à Yahvé, Israël a tué plus de 1300 Palestiniens, dont 400 femmes et enfants, blessé plus de 5300 personnes et fait des dizaines de milliers de sans-abris. Seules 95 victimes étaient vraiment des combattants de la résistance. Par opposition, 13 Israéliens sont morts au cours de ce conflit - dont 3 civils - et la plupart d'entre eux, à la suite de tirs amis.

Les civils et les infrastructures civiles de Gaza ont été systématiquement et délibérément ciblés. D'après un rapport, les troupes israéliennes ont kidnappé environ 300 civils palestiniens et en ont exécuté une partie, par tirs de fusils ou d'obus. Une autre partie a servi de bouclier humain (vous avez sûrement entendu le mensonge israélien selon lequel ils ne pouvaient éviter de blesser des civils car le Hamas utilisait des boucliers humains?), tandis que, selon des témoins oculaires, les troupes israéliennes ont exécuté des femmes et des enfants individuellement en leur demandant de sortir un à un de leurs maisons. Les enfants ont également décrit de quelle manière leurs parents avaient été exécutés devant leurs yeux alors qu'ils s'étaient déjà rendus;, dans un cas abominable, les soldats israéliens ont joué au « choix de Sophie » en forçant une mère palestinienne à choisir, sur ses dix enfants, cinq qui seraient tués.

 

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© AFP

Selon les associations de défense des droits de l'homme, certaines photos prises lors du conflit prouvent l'usage de phosphore.

 

Non contente du traitement inhumain infligé aux civils palestiniens, l'armée israélienne a choisi d'envoyer un message au monde entier en attaquant le quartier général de l'UNRWA (l'office de secours et de travaux des Nations Unies) avec des bombes au phosphore blanc - un produit chimique qui s'enflamme au contact de l'oxygène et que l'armée israélienne a éhontément utilisé lors de son offensive contre les civils. (Souvenez-vous à quel point, il y a quelques années, on nous rabâchait qu'il fallait soutenir l'invasion en Iraq, et que Saddam était une menace pour le monde car il avait utilisé des armes chimiques contre les Kurdes ?) À tout cela s'ajoutent des cas de victimes dont les blessures correspondent à celles provenant d'explosifs à métal dense et inerte (DIME), qui non seulement provoquent de graves lésions au niveau des organes internes mais tuent aussi lentement en déclenchant des cancers chez les survivants. En outre, on a retrouvé des traces d'uranium appauvri dans les tissus de plusieurs victimes palestiniennes.

L'attaque des locaux de l'UNRWA a fait au moins 15 victimes, et des milliers de tonnes de nourriture destinés aux Gazaouis touchés par la famine ont été brûlées. Trois hôpitaux abritant 500 personnes ont également essuyé des attaques au phosphore. Israël a aussi délibérément entravé les interventions de la Croix Rouge et du Croissant Rouge et a même ciblé des ambulances sous le prétexte grotesque qu'elles étaient suspectées de transporter des « terroristes ».

En bref, Israël a réussi à plonger Gaza dans une sorte d'état existentiel fait d'Horreur et de Terreur – l'enfer sur terre, si vous préférez. Et qu'en dit le gouvernement israélien ? Que ses criminels de guerre ne peuvent être poursuivis, et qu'il va étudier les déclarations à propos de l'usage « inadapté » de phosphore blanc - comme si tout cela n'était qu'un malentendu ou un accident ; comme s'il planait encore des doutes quant aux intentions, à l'illégalité et à l'immoralité de l'attaque de civils avec une arme chimique interdite. Nous nous permettons de lui suggérer d'entamer son enquête par le visionnage de cette nouvelle vidéo sur l'attaque d'une école (apparemment une autre cible «terroriste» selon les critères israéliens).

Mais les psychopathes ne connaissent aucune limite, n'ont aucune d'humanité. Ils ne ressentent aucun remords quant à leurs crimes. Au contraire, ils les commettent avec méthode. Ainsi, les pathocrates israéliens disposaient-ils également d'un plan de relations publiques. Nous avons déjà souligné dans des articles précédents l'accumulation de mensonges à propos du siège de Gaza et des prétextes à cette invasion ; au cours de l'offensive, nous avons constaté qu'Israël menait aussi une guerre de l'information. Qui aurait pu rater les interventions télévisées où Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, ouencore Mark Regev, le porte-parole du gouvernement israélien, esquivaient toutes les questions qui leur étaient posées, mentaient éhontément et outrepassaient les limites de la crédibilité ? Mais peut-être ignoriez-vous qu'Israël avait également envoyé ses «troupes» sur Internet, en recrutant une armée de blogueurs voués à la défense de l'image d'Israël. N'avez-vous jamais entendu parler des brigades de la Hasbara, composées d'une armée de «volontaires» pro-Israéliens répandant mensonges et désinformation sur la toile ?

Ainsi, tandis que le bain de sang grandissait, le Premier ministre Ehud Olmert, le ministre de la Défense Ehud Barak et Tzipi Livni sont-ils restés imperturbables face aux conséquences de leurs actes et à la vague mondiale de protestations. Apparemment, ce ne sont pas les manifestations qui les ont poussés à déclarer un cessez-le-feu le 17 janvier : le timing laisse plutôt entendre qu'il s'agissait d'une trêve, de sorte que tous les regards convergent vers Obama et son numéro. En outre, cette pause sera probablement utile pour élaborer une nouvelle stratégie plus susceptible de rallier l'opinion publique à une invasion. Mais une chose était claire: comme un chien d'attaque qui saisit entre ses mâchoires le bras d'une victime, l'intention d'Israël n'a jamais été de lâcher. Ce qui explique la livraison en Israël de 3000 tonnes d'armes avec les « compliments » des États-Unis, ainsi que la propagande anti-iranienne menée pendant l'investiture d'Obama.

Par conséquent, il était inévitable que dix jours plus tard, la trêve soit à nouveau rompue. Cela s'est produit de la manière habituelle: la mort d'un soldat israélien, provoquée par l'explosion d'une bombe posée au bord d'une route, a été revendiquée par «un groupe au nom inhabituel, jusqu'alors sans lien connu avec le Hamas, le mouvement islamiste actuellement au pouvoir.» Ah oui, encore une fois, le mystérieux groupe «terroriste / militant » est sorti de sa tanière pour offrir un prétexte bien pratique au moment opportun. Tzipi Livni bavait en aboyant « je me fiche de qui a tiré... comme le Hamas contrôle Gaza, il est responsable de tout ce qui s'y produit. À chaque fois que Gaza nous ciblera en faisant exploser une bombe, en lançant un missile ou en faisant passer [des armes], Israël répliquera. » Et il a effectivement répliqué par une attaque aérienne et un nouvel envoi de chars d'assaut, de troupes et d'hélicoptères vers Gaza. Le Premier ministre Ehud Olmert a laissé planer la menace d'attaques supplémentaires, et a déclaré que cette incursion n'était qu'un début et que la véritable réponse d'Israël était encore à venir; ainsi, Dieu seul sait ce qui va advenir et quelle horreur va s'abattre à nouveau sur le peuple palestinien. En effet, tout indique une nouvelle vague de violence imminente.

Qu'importe si les frontières de Gaza étaient encore en grande partie verrouillées et si, au cours de ces dix jours, des rapports ont indiqué que c'était Israël - une nouvelle fois – qui avait commis les agressions.

Sans commentaire

L'indigne réaction des États-Unis à l'attaque de Gaza fut – et demeure – pénible à observer. Naturellement, nous n'en attendions pas moins de G.W. Bush, qui a applaudi une dernière fois à cette débauche meurtrière avant de se glisser tel un serpent vers la sortie. Vous souvenez-vous que les résolutions des Nations Unies condamnant Israël furent bloquées par son administration? Le point d'orgue en fut l'humiliation spectaculaire de Condoleezza Rice lorsque Olmert, Premier ministre israélien, appela Bush qui, à son tour, appela Rice pour lui ordonner de ne pas voter pour le cessez-le-feu... qu'elle avait elle-même proposé.

Voici ce que déclara Olmert: «Vendredi, en début de matinée, la secrétaire d'État [Condoleeza Rice] envisageait de soumettre la résolution de cessez-le-feu au vote du Conseil de sécurité des Nations Unies, et nous avons refusé qu'elle vote en sa faveur ». Il a ajouté: « J'ai dit: "appelez-moi le président Bush". Ils ont essayé et m'ont dit qu'il était au milieu d'un discours à Philadelphie. J'ai répondu "ça m'est égal, je dois lui parler maintenant." Il est descendu de l'estrade, est sorti et a pris le téléphone ».

Voici ce que m'a écrit un ami après avoir lu la dépêche annonçant que le Premier ministre Olmert avait ordonné au président Bush de descendre de la tribune d'où il prononçait un discours et de recevoir les consignes d'Israël quant au vote des États-Unis sur la résolution des Nations unies : « Le 11 septembre, on interrompt le président Bushalors qu'il lit une histoire à des écoliers, pour lui annoncer que le World Trade Center a été – et il continue sa lecture. Aujourd'hui, Olmert appelle à propos d'une résolution de l'ONU alors que Bush fait un discours, et celui-ci quitte la tribune pour prendre l'appel. Existe-t-il une meilleure illustration de la relation maître - esclave? »

Le lobby israélien ? Quel lobby israélien ? Israël ne contrôle pas les États-Unis… ou en tout cas, c'est ce qu'ils voudraient nous faire croire.

Barack Obama, le héros du jour aux yeux de chacun, n'a malheureusement pas fait beaucoup mieux. Alors que des centaines de femmes et d'enfants périssaient et que le monde entier élevait la voix, le président élu se cachait à Hawaï et appliquait la politique du « sans commentaire ». Les journalistes ont seulement pu lui extirper la remarque selon laquelle il était « soucieux » et qu'il en aurait beaucoup plus à dire après son investiture. Nous avons donc attendu. Alors que l'intéressé n'en a pas dit beaucoup plus depuis, nous avons atteint le sommet de l'ignominie lorsque, suite à la rupture du nouveau cessez-le-feu et d'une nouvelle attaque d'Israël contre Gaza, la secrétaire d'État Hillary Clinton a déclaré que les États-Unis soutenaient «le droit d'Israël à se défendre».

«Les salves de roquettes qui se rapprochent de plus en plus des régions fortement peuplées d'Israël ne peuvent pas rester sans réponse », a-t-elle déclaré lors de sa première conférence de presse au Département d'État.

Hillary faisait probablement la grasse matinée le lendemain du bal d'investiture, lorsque la marine israélienne a bombardé Gaza cinq jours après le début du cessez-le-feu, faisant 7 blessés, dont 5 pêcheurs. Qu'en est-il du droit de la Palestine à la légitime défense ou des Droits de l'Homme le plus fondamentaux du peuple palestinien ?

Mais que les partisans d'Obama ne s'inquiètent pas, Barack a demandé à son émissaire pour le Moyen Orient d'ouvrir des discussions avec Israël (mais pas avec le Hamas, bien évidemment), et soyons sûrs qu'en moins de deux, il va faire régner la paix et la justice dans la région... ou peut-être pas :

Mitchell a déclaré : « le président Obama a souligné que l'Amérique était engagée pour la sécurité d'Israël et qu'elle soutiendrait toujours son droit à se défendre contre toute menace légitime ».

Ceci, cher lecteur, résume le changement apporté par Obama. Voici le nouveau patron, c'est le même que l'ancien. Selon Obama, le Hamas représente une menace légitime, et il est inutile de discuter avec lui ; Israël a le droit de bombarder Gaza quand bon lui semble, et Bush est engagé envers Israël. Pardon, nous voulions dire Obama.

Le pouvoir au peuple

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© Murad Sezer/AP

Des manifestants turcs scandent des slogans islamiques tout en faisant brûler un drapeau israélien devant la mosquée Beyazit, à Istanbul, le 9 janvier.

 

Les dirigeants étasuniens, qui, a priori,font partie des rares individus sur cette planète en position de changer la situation au Moyen-Orient, ont lamentablement failli aux yeux du monde entier en ignorant les principes les plus élémentaires d'humanisme et de moralité. Par opposition, des foules entières ont élevé la voix – comme le bon sens le dictait. Nous parlons ici de manifestations de grande ampleur sur toute la planète (par exemple à Londres, à Naples, au Pakistan, à Washington, à Moscou ou à Paris), dont nombre d'hommes politiques, moultes journalistes officiant dans les mass-médias ou sur Internet, des organisations non gouvernementales, des employés de l'ONU – dont le président actuel de l'Assemblée Générale des Nations unies (mais pas son secrétaire général, on se demande pourquoi).

Étant donné que ceux d'entre nous qui osent critiquer Israël sont souvent traités d' « antisémites », soulignons que nombre de juifs et d'Israéliens pourvus d'une saine conscience ont condamné l'offensive contre Gaza. Ehud Barak a dû annuler sa visite dans une université de Tel-Aviv après avoir été fort légitimement traité de meurtrier par les étudiants. Apparemment, la pathocratie israélienne prend ces événements de façon trop personnelle : ainsi, 700 Israéliens ont -il été arrêtés pour avoir protesté contre la guerre. Une autre leçon dont nous gratifie le Phare de la Démocratie au Moyen-Orient.

Ailleurs, des juifs connus ont également même au sein des parlements de leurs pays. Un ex-capitaine de l'armée de l'air israélienne a eu la décence de prendre la parole et d'appeler un chat un chat en parlant de crimes de guerre au cours d'un entretien avec la BBC, tandis qu'un groupe de rabbins et de leaders de la vie communautaire, culturelle et religieuse achetait une page entière dans le New York Times pour pousser Obama à faire pression en faveur d'un cessez-le-feu.

Sur une note plus sombre, on trouve aussi des individus pathologiques chez les Juifs. Nous en avons eu quelques exemples ce mois-ci. Comparez et confrontez les rabbins étasuniens mentionnés au paragraphe précédent avec ce document publié par le rabbinat de l'armée israélienne qui demande à ce qu'il n'y ait pas de pitié pour les ennemis d'Israël. Prenez le temps de regarder cette vidéo tournée à New York lors d'une manifestation de soutien à Israël: ainsi, vous verrez que l'on emploie le terme « pathologique » à raison. Remarquez bien leur réaction lorsque leurs fantasmes et leur partialité sont confrontés aux faits et aux arguments les plus évidents.

Bien que la plupart des médias de masse occidentaux rechignent à condamner Israël comme il le mérite, notons quelques exceptions honorables venant de journalistes qui, pour une fois, ont fait leur boulot et ont posé les bonnes questions aux porte-parole israéliens (mais pour cela, il aura malheureusement fallu un crime de guerre aussi flagrant que le bombardement d'un bâtiment des Nations unies) : voyez cet entretien entre Alex Thomson et Jon Snow diffusé sur Channel 4, et l'émission 60 minutes de CBS, traitant de l'apartheid israélien.

De son côté, la BBC mérite de perdre tous ses téléspectateurs pour avoir refusé de diffuser un appel à la solidarité pour Gaza, sous prétexte que cela compromettrait son «impartialité» (comme si elle en avait jamais eu). Vous pouvez être sûrs que notre société a un sérieux problème si les gens commencent à croire que tendre la main à ceux qui ont cruellement besoin d'aide dénote un manque – rien n'est plus faux ! Mais la réaction de la BBC est probablement due à la peur de « ceux-dont-le-nom-ne-doit-pas-être-prononcé », c'est-à-dire les sionistes qui tirent les ficelles du pouvoir à Londres et à Washington.

Est-ce trop demander aux médias que de couvrir consciencieusement les plaintes pour crimes de guerre déposées par des avocats internationaux contre 15 dirigeants israéliens – dont Olmert, Livni et Barak ? Cela ne mérite-t-il pas au moins autant d'attention que les dossiers sur (par exemple) Slobodan Milosevic ou Saddam Hussein ?

En conclusion, nous ne sommes pas antisémites. Les véritables antisémites se trouvent parmi les sionistes forcenés qui agissent au sein du gouvernement israélien et dans ses coulisses. Après tout, à l'exception des Palestiniens, qui est le plus menacé par les décisions psychopathiques du gouvernement israélien ? La réponse est les juifs israéliens. Avant, un antisémite était celui qui n'aimait pas les juifs; aujourd'hui, c'est celui que le gouvernement sioniste israélien et ses officines n'aiment pas, ou quiconque dit la vérité sur ce qui se passe en Palestine et au Moyen-Orient.

Un avertissement

Laura Knight-Jadczyk a récemment écrit sur le forum de SOTT :

« Hitler [utilisait l'énergie sexuelle de ses auditeurs pour alimenter leur "radicalisme"]. Il représentait un attrait pour une société incomparablement meurtrie psychologiquement –conséquence du christianisme allemand. Rien d'étonnant dans ce processus.

Il existe de nombreux livres sur la psychopathie d'Adolf Hitler et sur son art de manipuler les frustrations sexuelles et les inhibitions des gens - en répondant à leurs désirs cachés et en suggérant que s'ils le suivaient, leur souffrance morale et leurs besoins physiques seraient enfin satisfaits. »

Effectivement, l'énergie sexuelle – comprise à un niveau psychique, pas nécessairement le sexe tel qu'on l'entend habituellement – peut alimenter l'hystérie des foules sur des sujets qui n'ont apparemment rien à voir, comme les problèmes politiques ou sociaux. Nous observons aujourd'hui ce phénomène, combiné à différents degrés de pathologie, chez les manifestants pro-israéliens qui veulent voir tous les Palestiniens morts et qui pensent que les musulmans constituent un problème essentiel en raison de leurs pratiques rituelles, mais qui estiment que la circoncision ne pose aucun problème (vous avez bien regardé la vidéo des manifestants de New York, n'est-ce pas ?) Encore une fois, la mentalité et l'attitude de ces individus et d'une grande partie de la population israélienne recèle des similitudes objectives avec l'Allemagne nazie – tant au niveau de leur fanatisme choquant que de leur refus de voir la réalité en face.

Mais il y a plus. Jusqu'à maintenant, le monde, animé d'une colère juste et légitime, a protesté contre les activités terroristes d'Israël. Mais il existe un vrai risque que les foules soient à nouveau manipulées par les psychopathes fascinateurs au pouvoir et retournent leur colère contre les juifs en général. Nous n'en sommes pas encore là, mais si nous retenons les leçons de l'Histoire, il s'agit là d'une possibilité que nous ne pouvons exclure et qui nous impose la plus grande vigilance.

La haine, la rancune, la suspicion à l'encontre d'Israël s'intensifient en raison des crimes qu'il commet contre ses voisins, et deson mépris flagrant envers le reste du monde. Les dirigeants internationaux pourraient bien décider prochainement qu'il est temps de rééquilibrer la répartition des pouvoirs et d'agir en conséquence ; et ils pourraient trouver des moyens de mobiliser les foules en en canalisant l'énergie « sexuelle ». Une fois les deux parties plongées dans l'hystérie, seule une confrontation majeure et tragique pourra advenir.

Triste ironie que de réaliser qu'en fait, les Israéliens pourraient finalement devenir les victimes qu'ils croient déjà être, en raison de leur manque de pensée critique et d'objectivité quant à leurs dirigeants, leurs mythes et les fondements même de leur pays. En effet, depuis la création de l'État d'Israël, nul besoin d'être un génie pour réaliser que ce projet n'a jamais été autre chose qu'une formule mortelle, une bombe à retardement et un piège, tout autant pour les Arabes que pour les juifs, qui se retrouvent regroupés sur un minuscule territoire dans l'attente de leur destruction. En outre, si les sionistes suivent maintenant la voie des nazis, il nous faut garder à l'esprit de quelle façon exacte s'est terminé l'épisode nazi.

Obamarama

Avez-vous remarqué la couleur de la robe de Michelle Obama au cours du bal d'investiture ? Difficile de l'ignorer, étant donné la tendance des médias étasuniens à se concentrer sur la forme et à ignorer le fond. Nous, d'un autre côté, sommes plus soucieux du genre de changement qu'apportera Obama, si changement il y a.

Obama a envoyé des signaux mitigés depuis le début de la campagne présidentielle, et aujourd'hui, ces signaux deviennent encore plus conflictuels. Du côté positif, il a signé un décret imposant la fermeture de Guantanamo et des prisons secrètes de la CIA dans un an. Il a ordonné à la CIA d'arrêter de torturer les suspects, et il prépare une interdiction des armes spatiales. Son administration a également publié un décret présidentiel qui rendra plus difficile la dissimulation au public des archives de la Maison Blanche en vertu du dogme de l'immunité présidentielle.

Malheureusement, le diable se cache habituellement dans les détails. Guantanamo sera fermé dans un an, mais nombre d'événements peuvent se produire d'ici là, et s'ils sont suffisamment tragiques, Obama pourra changer d'avis. La torture est interdite, mais comme démontré par l'administration Bush, tout dépend de ce que l'on appelle torture. Il y a une volonté d'interdire les armes spatiales, mais il est encore possible de faire beaucoup de mal sans y avoir recours. Et le décret présidentiel risque de ne pas changer grand-chose puisque, in fine, ce sont l'Attorney general et le Conseiller juridique de la Maison-Blanche qui décident de ce qui sera ou non divulgué. En outre, gardez à l'esprit qu''inaugurer son mandat par des mesures spectaculaires ou superficielles afin de renforcer sa côte de popularitéest une tactique standard ; les choses pourraient bien changer rapidement.

Et maintenant, le côté obscur.

Nous avons déjà souligné plus haut qu’Obama n'avait ni la volonté ni la capacité à s'opposer aux crimes perpétrés par Israël. Il a déjà fait vœu de fidélité à l'AIPAC, groupe de pression pro-israélien. Étant donné le fanatisme radical et l'intolérance de l'AIPAC, la position d'Obama contraste avec ses propres idées progressistes et tolérantes sur la religion. Alors, pourquoi agit-il ainsi ? Manifestement, ce n'est pas vraiment lui qui tient les rênes. Ceux qui tiennent les rênes sont ceux qui ont financé sa campagne, ceux qui contrôlent les médias et les grandes entreprises, son équipe et peut-être ceux qui ont les moyens de faire chanter les politiciens. Qui sait, peut-être Obama est-il un chic type. Mais si c'est le cas, étant donné le contexte, il joue alors le rôle de l’ « idiot utile » dans l'intérêt du système – un système qui avait cruellement besoin d'un ravalement de façade après les terribles années de Bush le cow-boy.

 

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Obama a également promis d'envoyer, même sans autorisation du gouvernement pakistanais, des troupes au Pakistan afin de pourchasser les terroristes. Aussitôt dit, aussitôt fait : seulement quatre jours après la prise de fonction d'Obama, des drones étasuniens Predator ont frappé des cibles (prétendument) « Al-Qaeda » au Pakistan, tuant 18 personnes. Avant qu'il ne tue d'autres innocents, quelqu'un peut-il lui envoyer un courriel sur son Blackberry pour lui expliquer que la War on Terror est une escroquerie ? S'il vous plaît, dépêchez-vous, car son administration a déjà annoncé que les troupes étasuniennes allaient intensifier les opérations en Afghanistan et au Pakistan, laissant augurer une augmentation du nombre de victimes.

Pousser les pays à bout

« Vous voyez, la folie, c'est comme la gravité. Il ne suffit que d'une pichenette ! » Le Joker dans Le Chevalier Noir

Depuis plusieurs mois, nous suivons les tentatives visibles ou secrètes des États-Unis et de leurs alliés pourdéstabiliser le Pakistan. Nous craignons désormais que le Mexique ne rejoigne bientôt la liste des pays cibles. Ne nous demandez pas pourquoi, interrogez plutôt l'État-major interarmées étasunien, qui a diffusé un rapport incluant l'avertissement suivant :

« Un scénario catastrophe pour l'État-major interarmées, et à vrai dire pour le reste du monde, serait l'effondrement rapide et soudain de deux grands pays: le Pakistan et le Mexique ».

Encore un de ces rapports qui, au lieu d'offrir une vision objective de la réalité, semble mettre en avant une réalité désirée en poussant à l'hystérie et en appelant les médias à se focaliser sur le sujet. C'est un peu comme pour les armes de destruction massive de Saddam. Les rapports sur la « possible » existence de ces armes n'a jamais rien prouvé, mais ont finalement fourni un prétexte à l'invasion. (Nous n'insinuons pas que le Mexique aura la même chance que l'Iraq; en revanche, cela pourrait être le cas du Pakistan, comme nous l'avons vu plus haut !)

Dans le cas du Mexique, il est vrai que la corruption, la violence et les cartels de la drogue sont problématiques, comme le souligne le rapport. Les décès liés au trafic de drogue ont augmenté de plus de 117 % en 2008, dépassant les 5000 victimes. Des dépêches scabreuses sont relayées quotidiennement par les médias locaux et contribuent à une atmosphère de plus en plus hystérisée. (Remarquez toutefois que ce rapport étasunien omet de mentionner l'évidence : les cartels de la drogue prospèrent au Mexique grâce à la CIA et aux dealers et consommateurs étasuniens.)

En outre, début novembre 2008, Juan Camilo Mourino, le ministre de l'Intérieur mexicain, est mort dans un accident d'avion à Mexico. José Luis Santiago, ancien vice-procureur général, et d'autres hauts-conseillers ont également trouvé la mort dans cet accident. Ces victimes ayant largement été impliquées dans la lutte contre les groupes de trafiquants, l'opinion publique a donc suspecté un sabotage.

Toutefois, aucune preuve n'est venue pour l'instant étayer la thèse du sabotage. Les enregistrements des voix des pilotes suggèrent une erreur humaine. Il est également improbable que les groupes de trafiquants aient réussi à eux seuls à éliminer la deuxième personnalité la plus importante du gouvernement sans laisser de traces. Par conséquent, s'il y a eu sabotage, alors celui-ci n'a pu être mis en œuvre que par une organisation suffisamment puissante pour mener des opérations clandestines élaborées.

Ce qui nous fait penser à ce rapport de l'armée étasunienne. Peut-être cet accident d'avion fait-il partie de ces coïncidences rares et opportunes - mais si fréquentes depuis quelque temps; peut-être ce rapport était-il motivé par l'opportunisme et avait pour seule vocation de tirer profit de l'atmosphère tendue qui règne chez le voisin du Sud. Mais une chose est claire. Malgré les problèmes que rencontrent le Mexique et le Pakistan, ils n'ont rien de comparable avec ceux de l'Iraq, du Congo ou de Gaza. Et si ces deux pays se retrouvent dans une situation similaire, vous pouvez être sûr que - comme pour l'Iraq, le Congo ou Gaza - ce ne sera pas le fruit d'un accident ni la faute des populations. Il y a toujours quelqu'un de plus puissant pour se mêler de vos affaires.

Passez le gaz

Comme le savent nos fidèles lecteurs, nous suivons les signes d'une éventuelle Ère glaciaire imminente, qui pourrait résulter d'une baisse des éruptions solaires. Nous ne sommes donc pas surpris que cet hiver soit particulièrement rigoureux.

Quiconque vit dans les régions septentrionales d'Europe, d'Asie ou des Amériques sait combien il est important d'affronter l'hiver avec une demeure bien chauffée. Nous dépendons de la technologie pour notre survie, voilà un fait qui devient douloureusement clair lorsqu'on rentre à la maison un jour d'hiver et que pour X raison, le chauffage est en panne ou l'approvisionnement en fuel a été interrompu. Il n'est donc pas excessif de dire que ceux qui fournissent les énergies de chauffage détiennent un pouvoir considérable sur ceux qui en ont si cruellement besoin.

Au cours de cet hiver, nous avons assisté à un tel jeu de pouvoir. Gazprom, le géant russe du gaz, a décidé d'arrêter de fournir l'Ukraine en raison de factures impayées et d'un désaccord sur le prix du gaz pour 2009. Le problème est que Gazprom fournit un quart des besoins en gaz del'Union européenne et 42 % de ses importations, dont la majeure partie transite par l'Ukraine. La fermeture des pipelines ukrainiens a donc également affecté toute l'Europe.

En dehors de savoir si une issue juste et équitable a été trouvée à ce désaccord , deux éléments devraient être soulignés. Premièrement, il s'agit d'un des déplorables effets secondaires de la crise économique mondiale, avec l'Ukraine à moitié en faillite et soutenue par les prêts du FMI et de l'UE - ce qui est une des raisons pour lesquelles elle refuse une augmentation du prix du gaz, même lorsqu'ils étaient largement inférieurs à ceux pratiqués sur le marché européen. Deuxièmement, le gaz a concrètement été utilisé comme une arme. En fait, il pourrait s'agir d'un nouvel épisode de la nouvelle Guerre froide, comme l'a laissé entendre la Russie lorsqu'elle a accusé les États-Unis d'être derrière les décisions de l'Ukraine :

« Nous pensions hier que l'accès au gaz russe était ouvert, mais une fois de plus, il a été bloqué par les Ukrainiens », a déclaré Alexander Medvedev, vice-président de Gazprom. « Il semble qu'... ils suivent des directives qui ne viennent pas de Kiev mais de l'extérieur du pays ».

Le Département d'État a démenti de telles accusations. Medvedev a plus tard expliqué qu'il faisait référence à l'accord stratégique entre l'Ukraine et les États-Unis, été signé le mois dernier à Washington par la secrétaire d'État, Condoleezza Rice. Cet accord renforce les coopérations dans les secteurs de la défense, de l'énergie et du commerce, y compris la fourniture de gaz. Cet accord va également entraîner la mise en place d'une mission diplomatique étasunienne à Simferopol, capitale régionale de la Crimée - une décision qui fera probablement fulminer le Kremlin. Cette région à dominante ethnique russe a fait l'objet de déclarations selon lesquelles Moscou tenterait d'attiser les sentiments séparatistes afin d'affaiblir les dirigeants ukrainiens pro-occidentaux.

Comme la Géorgie, la République Tchèque et la Pologne, l'Ukraine est désormais un pion de plus sur l'échiquier mondial.

Le prophète du Nouvel Ordre Mondial (NOM)

Henry Kissinger est tout excité à l'idée d'un Nouvel Ordre Mondial. Apparemment, on lui a confié la mission de le promouvoir afin que le peuple s'y habitue. Kissinger a publié un article dans l'International Herald Tribune et a fait une apparition à la télévision. Non pas que cela soit inhabituel pour l'intéressé, qui prêche depuis un bon moment déjà.

Gordon Brown est également un membre bien connu de cette étrange secte; il prévient que le NOM doit être établi, sans quoi, « toute notre prospérité » sera menacée. De quelle « prospérité » parle-t-il, qui jouit de cette « prospérité » ? Peut-être s'agit-il de la « prospérité » immobilière ?

La finalité de tous ces événements est tellement évidente qu'elle en serait risible si elle ne visait pas la suppression de nos libertés. Comme Simon Davies et Donald Hunt l'ont récemment expliqué :

Il est important de comprendre que nous sommes dans une Phase de Transition contrôlée. Celle-ci peut nous sembler chaotique, mais elle recèle un ordre sous-jacent. On nous mène vers une nouvelle phase économique, un nouvel Ordre Économique. La frontière entre l'État et les grandes entreprises a disparu depuis longtemps, nous nous retrouvons face à un champ de possibilités toujours plus réduit à mesure que notre environnement change d'une manière de plus en plus inhabituelle. Nous devons tenter de comprendre aussi précisément que possible ce nouvel environnement économique afin de l'appréhender de la bonne manière et de nous en sortir.

Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers un gouvernement totalitaire, d'abord à une échelle nationale, puis continentale, en enfin mondiale. [...]

Perdre le cap

Au cours de nos recherches sur les causes du changement climatique de notre planète, nous nous sommes penchés sur les influences cosmiques, telles que les cycles d'éruption solaire. Nous voudrions maintenant ajouter à cette équation le rôle du champ magnétique terrestre en tant que lien possible entre le climat de notre planète et celui du cosmos. En effet, une étude danoise a découvert que le champ magnétique terrestre avait une influence sur notre climat, tandis qu'une autre étude a trouvé un lien entre les rayons cosmiques et le climat de notre planète:

Publiée dans la revue Geophysical Research Letters et menée par des scientifiques britanniques du National Center for Atmospheric Science (NCAS – Centre national pour les sciences atmosphériques) et du Science and Technology Facilities Council (STFC – conseil pour les grands équipements de recherche), cette étude remarquable montre que le nombre de rayons cosmiques à haute énergie atteignant un détecteur enfoui à grande profondeur était étroitement lié aux températures mesurées dans les couches supérieures de l'atmosphère (également connues sous le nom de « stratosphère »). Pour la première fois, des scientifiques ont démontré que cette relation pouvait permettre d'identifier des événements météorologiques qui se produisent soudainement dans la stratosphère durant l'hiver septentrional.

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© Jimmy Raeder/UNH

Modélisation informatique de l'écoulement des vents solaires autour du champ magnétique terrestre le 3 juin 2007. Les couleurs représentent la densité de vents solaires; le rouge pour les hautes densités, le bleu pour les faibles densités. Les lignes tracées en noir marquent les frontières extérieures du champ magnétique terrestre. Remarquez les densités relativement élevées à l'extrémité des flèches blanches; ce sont des vents solaires qui pénètrent dans le champ magnétique terrestre par sa brêche.

 

Une autre étude indique que le champ magnétique solaire pourrait avoir une influence sur la météo et le climat; les cycles solaires permettent en fait de prédire les variations de précipitations. Maintenant, considérez qu'une étude précédente, a établi l'existence de portails magnétiques reliant la terre au soleil, et connus sous le nom d'« événement de flux de transfert » ; et analysez tout cela à la lumière de cette révélation du mois dernier selon laquelle le vent solaire a causé une brêche dans le champ magnétique terrestre.

Toutes ces données peuvent nous aident à expliquer la raison du changement rapide affectant le noyau et le champ magnétique terrestres.

Mais il ne s'agit pas seulement de la Terre et du Soleil. Le lecteur pourrait ajouter à ces énigmes magnétiques la récente découverte, faite grâce à un ballon de la NASA, d'un signal radio extrêmement puissant qui traverse le cosmos :

« L'Univers nous a vraiment pris par surprise », a déclaré Kogut. « Au lieu du faible signal auquel nous nous attendions, nous avons découvert ce puissant signal six fois plus élevé que ce que nous avions prédit. » Des analyses détaillées ont exclu l'hypothèse d'un signal provenant d'étoiles primordiales ou de sources radios connues, dont les gaz situés dans les halos les plus éloignés de notre galaxie. L'origine de ce champ radio cosmique reste mystérieuse.

Ne vous attendez pas à ce qu'Al Gore parle de la relation possible entre les champs magnétiques et le changement climatique !

Le réchauffement climatique se refroidit

Janvier a encore compliqué la «mission» des catastrophistes du réchauffement climatique, qui ont de plus en plus de mal à étayer leurs assertions au vu des faits. Régulièrement, apparaissent des preuves en contradiction totale avec ce qu'on a imposé au public.

Une fois de plus, le documentaire d'Al Gore, Une vérité qui dérange, a été révélé pour l'entreprise de mystification et de mensonge qu'il s'avère être.

La surface de la calotte glaciaire, censée se réduire a fortement crû au cours de l'année passée, pour atteindre un niveau similaire à celui de 1979. La réduction de la surface de la calotte glaciaire et les fontes qui en découlent sont censées induire une élévation globale du niveau des océans, mais il apparaît que la vitesse d'élévation du niveau des océans a désormais baissé de 20 %. Ce qui en soi pourrait signaler un refroidissement global des océans.

Même si peu (voire aucun) des partisans du réchauffement climatique acceptent de discuter du refroidissement de l'Antarctique, qui dure depuis des décennies, ils se raccrochent aux données selon lesquelles l'Antarctique occidental a connu un réchauffement faible mais perceptible. Des membres du British Antarctic Survey viennent de découvrir des preuves démontrant que l'activité volcanique ainsi qu'une couche de cendres volcaniques pourraient être à l'origine du décalage entre le refroidissement continu de l'Antarctique oriental et le réchauffement mesurable de l'Antarctique occidental.

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© inconnu

L'analyse des dépôts de calcite réalisée par le Centre de climatologie de Nouvelle-Zélande montre que l'optimum climatique médiéval a touché toute la planète.

Les alarmistes du réchauffement climatique utilisent rapidement leurs dernières cartes. Une des tactiques utilisées par de nombreux membres de la communauté défendant le réchauffement climatique consiste à nier ou à minimiser les données historiques relatives à l'optimum climatique médiéval. Ils suggèrent qu'il n'a jamais eu lieu ou qu'il s'agissait seulement d'un phénomène local au niveau des terres entourant l'Atlantique Nord. Mais des recherches menées par le Centre de climatologie de Nouvelle-Zélande ont permis de mettre au jour des preuves supplémentaires démontrant que l'optimum climatique médiéval fut bien un phénomène global. Ces recherches concernent les taux d'isotopes d'oxygène et de carbone trouvés dans les dépôts de calcite des stalactites et stalagmites de Nouvelle-Zélande et qui sont en relation directe avec les cycles de réchauffement et de refroidissement climatique. Les données couvrent les 4000 dernières années et montrent un réchauffement indiscutable sur la période 900-1100 ap. J. – l'optimum climatique médiéval.

Ce mois-ci, nous avons également remarqué que le Science and Public Policy Institute (SPPI –Institut des sciences et des politiques publiques) de Washington avait une nouvelle fois accusé le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), preuves à l'appui, d'avoir manipulé délibérément des données dans le but d'accréditer la thèse politique du réchauffement climatique. La publication du SPPI, Temperature Change and CO2 Change – A Scientific Briefing [Changement de température et changement de concentration en CO2 – une introduction scientifique] met en lumière le fait qu'aucune des modélisations informatiques du climat établies par le GIEC n'intègre les données tangibles démontrant que les températures ont chuté de manière systématique au cours des huit dernières années.

Les faits deviennent plus clairs dès lors qu'on se met à rechercher par soi-même et à étudier les preuves présentées par des scientifiques et des experts qui ne font pas partie du camp soutenant la thèse du réchauffement climatique. Dans une majorité de cas, les données sont manipulées à des fins politiques, et une grande quantité de données et d'informations existantes sont dissimulées au grand public. À ce sujet, de plus en plus de voix - scientifiques, journalistes et citoyens en général - commencent à s'élever.

Quelques déclarations récentes :

Le changement climatique face à la réalité

Harrison Schmitt rejoint les sceptiques du réchauffement climatique

L'ex superviseur de la NASA, John Theon, rejoint le camp des sceptiques

La fraude au réchauffement climatique

 

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© Richard Firestone

Incrustations de particules de fer au milieu de trous carbonisés à la surface d'une défense de mammouth retrouvée en Alaska. Le détail montre comment la défense a été perforée.

Ce mois a également vu l'arrivée de nouvelles preuves concordant avec les recherches menées par SOTT sur l'origine cométaire des catastrophes. La dernière preuve en date nous vient d'un groupe de chercheurs, dont James P. Kennett, de l'université de Californie à Santa Barbara, et Douglas J. Kennett, de l'université de l'Oregon. Leurs précédentes recherches avaient permis de découvrir une fine couche de terre noire située quelques dizaines de centimètres sous la surface, couvrant la majeure partie de l'Amérique du Nord et contenant de l'iridium et d'autres débris vieux de 13 000 ans. À cette époque, la Terre subit un violent changement géologique et climatique, mettant fin à la dernière ère glaciaire et provoquant l'extinction de nombreuses espèces. D'après ces chercheurs, l'iridium découvert dans cette couche de terre montre que cette catastrophe fut causée par un impact cométaire. Mais les sceptiques exigeaient davantage de preuves. Les nouvelles recherches font apparaître de nombreux éléments révélant la présence de nano diamants dans cette couche de terre, preuve supplémentaire et encore plus solide étayant la théorie d'un impact explosif.

Une autre preuve qui a refait surface ce mois-ci et qui soutient l'hypothèse de l'origine cosmique de nombreuses catastrophes subies par notre planète nous vient du chercheur Richard Firestone. Ses derniers travaux ont mis au jour des fragments microscopiques de météorites dans des défenses et des restes d'os fossilisés de mammouths, espèce aujourd'hui disparue.

Grelotons avec Mère Nature

Janvier et février connaissent généralement les températures les plus basses de l'année dans l'hémisphère nord. Cette année, décembre a entamé les hostilités un peu plus tôt que prévu, et les fortes vagues de froid et phénomènes météorologiques du mois de janvier ont renforcé la tendance aussi bien en Europe qu'aux États-Unis.

 

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© Deutsche Presse-Agentur

D'épais blocs de glace recouvrent une partie de l'Elbe, à Dresde.

 

En Espagne, une violente tempête aura marqué la fin du mois de décembre. Ce qui suivit fut cependant beaucoup plus violent. L'air arctique a recouvert la majeure partie du vieux continent, entraînant la fermeture de la Tour Eiffel et générant des records de froid. En Bavière, les températures ont chuté jusqu'à -34,6 °C. Ces températures polaires ont touché un vaste territoire et fait de nombreuses victimes. Mais ces conditions extrêmes et ce froid intense ont fait le bonheur de certains: les canaux hollandais ont gelé pour la première fois depuis 12 ans, permettant à de milliers de personnes de s'adonner au patin à glace, une des activités favorites des Hollandais.

Cette vague de froid extrême s'est légèrement atténuée vers la fin du mois, tandis qu'une tempête exceptionnelle balayait l'Espagne et la France, avec des vents à 193 km/h et des pluies torrentielles. En France, plus de 1,7 million de foyers se retrouvèrent sans électricité et 21 victimes furent dénombrées.

De l'autre côté de l'Atlantique, en Amérique du Nord, une vague de froid record aura accompagné la nouvelle année. En Alaska, contrée habituée à des températures extrêmement basses, janvier aura battu des records. Le début du mois fut marqué par des températures de -46 °C dans une partie de l'Alaska Les avions étaient cloués au sol et les véhicules totalement immobilisés, tandis que le froid persistait. Certaines régions ont enregistré des températures de -51 °C pendant plus de deux semaines. Au cœur du Canada, la ville de Saskatoon a établi un record de 24 jours d'affilée en dessous de -25 °C. Aux Éetats-Unis, dans la région du Nord-Ouest Pacifique, janvier aura débuté par de graves inondations en Oregon et dans l'État de Washington, tandis que ces territoires battaient le record de chute de neige établi le mois précédent.

À la mi-janvier, cette vague de froid s'est abattue sur une région allant du Midwest à la côte atlantique, les températures chutant par endroits jusqu'à -38 °C

 

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© Tim Rand / Associated Press

Jardin recouvert de branches à Paragould, dans l'Arkansas, le 28 janvier 2009. La tempête de glace qui a touché la région a terrassé des arbres, des pylônes et des lignes électriques. La majeure partie de la ville a été privée d'électricité.

 

Une vague de tempêtes mortelles aura marqué la fin du mois. L'Arkansas a été le plus touché, avec des couches de verglas atteignant les 10 centimètres. Au moins 21 personnes ont trouvé la mort et dans plusieurs États, plus de 900 000 foyers se sont retrouvés dans le noir

Février s'annonce d'ores et déjà morose pour le tiers Est des Éetats-Unis, alors qu'une nouvelle tempête exceptionnelle se prépare et devrait causer des dégâts à partir du 1er février. Les prévisionnistes comparent la puissance potentielle de cette dépression à la tempête hivernale dévastatrice de 1993. Sa trajectoire déterminera si elle causera essentiellement des pluies torrentielles, ou bien un épisode neigeux avec des chutes potentielles cumulant entre 30 et 60 centimètres.

Un symbole de ce que cet hiver a jusqu'ici représenté pour les Nord-Américains est la glace d'une épaisseur exceptionnelle qui a envahi le fleuve Saint-Laurent. Cette couche atteint les 15 mètres par endroits, et plusieurs navires ont dû être secourus par des brise-glaces.

Autres événements hivernaux notables du mois de janvier: en Chine, Shanghai connaît son hiver le plus froid depuis 18 ans, tandis qu'au Moyen-Orient, une montagne se retrouve pour la première fois entièrement recouverte de neige.

Surf extrême

Par considération pour l'esprit curieux de nos chers lecteurs, rappelons qu'en mai 2008, une vague géante inattendue avait fait une douzaine de victimes en Corée du Sud. En septembre, nous avons appris que l'Australie connaissait un nombre croissant de « vagues scélérates », apparemment dues aux changements climatiques. Et puis, en décembre, une série de vagues géantes ont détruit un parc d'attractions à Cannes, dans le sud de la France :

« C'est comme s'il y avait eu la guerre. Les camions ont été renversés, les manèges brisés. Il n'y a plus rien. Les manèges ne sont même pas cassés. Ils ont explosé. C'est comme s'il y avait eu des bombes », a déclaré Jean-Philippe Boubier, un forain, à l'AFP.

Le service de communication de la ville de Cannes a confirmé l'ampleur des destructions : « C'est une catastrophe, c'est sans précédent », a affirmé la porte-parole de la mairie, Iris Perben.

À votre avis, qu'est-ce qui peut bien arriver à la mer ?

L'heure des sorcières

Pendant que vous tentez de répondre à cette question, soulignons que les témoignages d'observations d'OVNIs et de phénomènes paranormaux deviennent de plus en plus bizarres ces derniers temps. Voici un (petit) échantillon :

 

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© CNN

Accident d'OVNI rapporté dans le tabloïde The Sun

 

Un OVNI a détruit une éolienne en Grande-Bretagne. L'objet a été décrit comme « tentaculaire ». Cette affaire – et l'on peut s'en étonner – a été largement reprise par les médias de masse britanniques.

Apparemment, les petits hommes verts n'ont pas appris à conduire à gauche, puisque, selon une dépêche, un autre OVNI se serait écrasé dans une cour de récréation, à nouveau en Grande-Bretagne. Selon les témoignages, il s'agissait d'une « étrange machine ressemblant à un missile », qui a fait un bruit assourdissant en percutant le sol. Puis elle a décollé et a disparu en l'espace de quelques secondes, laissant derrière elle une trainée de débris et d'empreintes de pas. La police a quadrillé la zone de l'accident.

Au Vénézuéla, cinq personnes rapportent avoir observé une « créature lumineuse ressemblant à un félin » qui courait sur la mer. Elle était d'un blanc brillant, transparente comme un hologramme, et lorsqu'elle a disparu, les « poissons ont commencé à faire des bonds hors de l'eau tout le long du bord de mer, comme s'ils avaient été électrocutés.

 

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© La Dépêche du Midi

Image d'un bolide observé au-dessus de la région toulousaine le samedi 17 janvier 2009.

 

Un étrange OVNI ou un météore a été observé dans le ciel toulousain. Selon l'un des témoins:

« j'ai soudain vu une sorte de carré rouge qui brillait comme du feu. L'objet a fait un arc dans le ciel. C'était vraiment très gros. »

La Pennsylvanie est témoin d'd'apparitions de mystérieuses créatures et d'OVNIs. On parle d'une vague d'OVNIs dans cette région. Un témoin a décrit un objet qui « flottait dans le ciel comme une pieuvre. »

Nous suspectons qu'il ne sera pas aisé de balayer ce genre d'affaires en usant de l'explication standard des « lanternes chinoises ».

Quelques leçons

L'idée selon laquelle l'humanité dans son ensemble serait en quelque sorte plus civilisée ou évoluée est grotesque. Les mêmes massacres barbares et gratuits qui ont émaillé l'Antiquité ou le Moyen Âge se reproduisent de nos jours ; la seule différence est qu'à la place des haches et des catapultes, les empires modernes utilisent des hélicoptères Apache et du phosphore blanc. Au lieu d'asseoir la légitimité de leurs dieux via des rituels pratiqués dans les temples – histoire de laver le cerveau des foules – ils lancent des campagnes de relations publiques par l'intermédiaire des médias, et envoient leurs partisans envahir les forums virtuels.

Dans la même veine, le contraste entre, d'un côté, les gens de conscience qui ont protesté contre le génocide, et, de l'autre, les paroles et les actes froids et immoraux des dirigeants israéliens – ainsi queles critiques timorées émises par la plupart des dirigeants et personnalités de notre planète –, fait voler en éclats la notion selon laquelle nous sommes tous fondamentalement les mêmes. Ce n'est pas le cas. Comme nous le répétons constamment sur sott.net, l'humanité est divisée entre ceux qui sont doués d'empathie et de conscience et ceux qui en sont dénués. Tandis que ces derniers représentent une minorité de la population, leur absence de principes, leur ambition, leur capacité à se reconnaître entre eux leur permettent de gravir les échelons sociaux et de se regrouper en élites.

Voilà où se situe le véritable conflit. Les gens dotés d'une vie émotionnelle intérieure relativement normale aspirent à une existence paisible et à être aussi heureux que possible. Les gens dénués de cette capacité à ressentir la souffrance d'autrui recherchent le pouvoir et en abusent. Nous sommes conscients de la gravité des dégâts qu'ils peuvent provoquer, et avons étudié leurs méthodes. Mais qu'en est-il de la majorité de la population? Que peut-elle y faire ? Sa voix a-t-elle un quelconque effet sur les plans des psychopathes ?

Peut-être dans une certaine mesure. Mais il serait erroné de supposer que la bataille a été gagnée lorsque, à la suite de nos protestations, les pathocrates semblent temporairement faire machine arrière. Pour parler clairement, il n'est pas dans leur nature d'abandonner. Les pathocrates, ou psychopathes au pouvoir, savent que dans le futur auquel rêvent et aspirent les êtres humains normaux, il n'y a pas de place pour eux et leurs aspirations déviantes. Piégés dans leur éternel paradigme du « nous contre eux », ils considèrent la poursuite de leur guerre contre l'humanité comme une question de vie ou de mort. Ils se sont plus d'une fois montrés doués pour les manoeuvres stratégiques, mensongères et socialement manipulatoires. Ils ont également quantité de ressources à leur disposition – ce qui n'est pas notre cas. Ils ont le monopole de la violence et régissent la sphère économique.

Alors, que faire ? Nous représentons la majorité. Nous possédons un potentiel de créativité qu'ils n'ont pas. Nous sommes capables de nous sacrifier pour autrui ou pour un principe. Ce qui nous manque, c'est la compréhension et l'éducation. La plupart des gens sont naïfs et oublient aisément les crimes commis le mois dernier. Nous avons toujours cette tentation de fermer les yeux et d'oublier les situations difficiles, ce qui nous fait perdre le fil des événements. Mais si nous comprenions leur manière de penser et ce dont ils sont capables, nous pourrions peut-être éviter à l'humanité dans son ensemble de sombrer dans le chaos et l'injustice.

Imaginez alors ce qui pourrait arriver si un groupe d'individus dotés de conscience et d'empathie partageait comme but la défense de la Vérité. Une vie sans but est comme un voyage sans destination, n'est-ce pas ? Et si nous marquions un point sur la carte et en faisions le but de notre existence ? Même si nous ne l'atteignons jamais ? Même avec les tempêtes et les épreuves qui attendent inévitablement ceux qui se lancent dans une telle entreprise ? Et si, malgré l'improbabilité d'une réussite, nous étions si déterminés à atteindre ce but que nous persévèrerions quand-même, quels que soient les sacrifices nécessaires et ce que nous risquerions de perdre en cours de route ?

Peut-être était-ce que Pablo Neruda avait en tête en écrivant ces vers :

 

Si brusquement tu cesses d'exister,

Si brusquement tu ne vis plus,

Moi je vivrai.

 

Je n'ose pas,

Je n'ose pas écrire:

Si tu meurs.

 

Moi je vivrai.

 

Car là où on ne laisse pas parler un homme

Ma voix s'élève.

 

Là où le bâton s'abat sur les Noirs,

Je ne peux pas, moi, être mort.

Si l'on met en prison mes frères

Il faudra qu'on m'y mette aussi.

 

Quand la victoire,

Non ma victoire,

Mais la grande victoire

Arrivera,

Même muet je devrai parler:

Je la verrai, serais-je aveugle, s'avancer.

 

Mais non, pardonne-moi.

Si toi tu ne vis plus,

Si toi, ma chérie, mon amour,

Si toi

Tu meurs,

Toutes les feuilles tomberont sur ma poitrine,

Il pleuvra sur mon âme nuit et jour,

La neige brûlera mon cœur,

J'avancerai avec du froid, du feu, la mort, la neige,

Mes pieds voudront marcher vers le lieu où tu dors,

Pourtant

Je resterai vivant,

Puisque tu m'auras aimé en toutes choses

Indomptable

Et que tu sais bien, mon amour, que je ne suis pas seulement

Un homme

Mais tous les hommes.

 

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© Milton Maasur MD

"Horizons"

 


http://fr.wikipedia.org/wiki/British_Antarctic_Survey

 

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

28/01/2009

Vidéo - Gouvernement Obama, la continuité

24/01/2009

Flashback : Barak Obama, le loup déguisé en agneau

Signs of the Times
Mercredi 01 août 2007

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Le progressiste Barack Obama est charismatique, attendrissant, apparemment inoffensif, progressiste. Quelqu'un est désormais capable de remettre les États-Unis sur le droit chemin. S'il passe le stade des (s)élections primaires, et puis le processus de (s)élections qui s'ensuit, comment ça s'appelle déjà... ah oui les (s)élections (p)résidentielles, il mettra un terme au massacre insensé de civils innocents motivé par l'appât du gain qui constitue désormais le fondement de «la guerre contre la terreur» et les Étasuniens ne seront plus dérangés dans leur complaisance apathique par des histoires de jeunes enfants de couleurs décapités par un courageux adolescent étasunien armé d'une mitrailleuse de calibre 12,7. Voyez, le Vietnam et My Lai étaient gérables car on avait réussi à les présenter comme une «tragédie étasunienne», mais cette histoire irakienne devient incontrôlable! Après tout, les histoires qui se déroulent là-bas sont censées rester là-bas et non pas filtrer dans les colonnes des quotidiens étasuniens soigneusement manipulés et dans l'esprit fragile des Étasuniens moyens.

 

Obama est donc celui qui va tout régler, n'est-ce pas ? Il va mettre fin à la décadence républicaine ! Ou est-ce que j'ai raté un épisode ?

Oui, vous l'avez deviné, J'ai loupé un détail.

 

Obama: je suis prêt à envahir le Pakistan pour traquer les terroristes.

UK Times online
1er août 2007

« Barak Obama, le candidat démocrate aux présidentielles, a tenté hier de réfuter des déclarations relatives à son laxisme en matière de sécurité intérieure en promettant d'envoyer des troupes au Pakistan pour traquer les terroristes - même sans autorisation du gouvernement de ce pays.

[souvenez-vous de ce passage: «même sans autorisation du gouvernement de ce pays»]

Debout devant la bannière étoilée, M. Obama a déclaré: «il y a, dissimulés dans ces montagnes, les terroristes qui ont tué 3.000 de nos compatriotes. Ils préparent une nouvelle attaque... si nous recevons des renseignements fiables au sujet des cibles terroristes stratégiques et que le président Musharraf ne réagit pas, nous le ferons. »

Le problème voyez-vous, et Obama en a conscience, est que l'étiquette « progressiste » ne suffit plus, en fait elle n'a jamais suffit. Les « progressistes » ne sont simplement pas « présidentiables », et même Obama le musulman, qu'il soit «  fils de berger kenyan» ou pas, sait que pour devenir Président des États-Unis d'Amérique, il faut se salir les mains, de préférence avec le sang de victimes innocentes - surtout si elles sont musulmanes et Pakistanaises.

Il est désormais probable qu'une vaste majorité d'Étasuniens sont opposés à la guerre en Irak et commencent à penser que laisser Bush envoyer des adolescents nourris au bœuf aux hormones et croyant que «la vie est un jeu vidéo de tir à la première personne» libérer la plus ancienne culture de la planète n'était peut-être pas une si bonne idée, mais Obama sait quelque chose que le peuple étasunien ignore: ce que les Étasuniens pensent et ce qu'ils veulent n'a plus d'importance et n'en a jamais eu. En fait, le peuple étasunien est en quelque sorte insignifiant, en particulier lorsqu'on essaye de devenir le prochain locataire de la Maison-Blanche.

Non, vraiment, oubliez la plèbe, la manière la plus sûre d'atteindre le fauteuil cossu du Bureau Ovale et de répéter au mot près, ce que les néo conservateurs et leurs maîtres sionistes racontent, parce que de nos jours ce sont eux qui définissent les orientations de la politique étrangère étasunienne et qui décident si un État souverain doit être «libéré», ou si un traitement à base de bombes anti-bunkers serait plus efficace pour éradiquer la terreur répandue par une poignée de jihadistes barbus qui néanmoins menacent de toute part les vies des gens épris de liberté et qui nous ont également « attaqué le 11 septembre ».

C'est donc exactement ce qu'a fait Obama hier ; il a simplement répété ce que le super néo conservateur Bill Kristol avait déclaré deux semaines auparavant :

 

Le néo conservateur Bill Kristol s'attend à ce que Bush attaque le Pakistan

RawStory
12 juillet 2007

Un correspondant de Fox a ensuite cité une dépêche selon laquelle « Al-Qaeda... quitte l'Irak, à destination apparemment du Pakistan» et a demandé «la diffusion de cette dépêche est-elle délibérée afin de légitimer une intervention imminente au Pakistan ? »

Kristol a répondu: «je pense que le Président va devoir y mener des opérations militaires au cours des quelques semaines ou mois à venir. ... Bush va devoir intervenir dans ce sanctuaire.»

« Franchement, je pense que nous ne préviendrons même pas Musharraf » a ajouté Kristol. « Nous ferons ce que nous avons à faire dans l'Ouest du Pakistan et Musharraf pourra dire «Oh, ils ne m'ont pas informé ».

Et quel est l'objectif poursuivi par Kristol et Obama dans l'Ouest du Pakistan ? D'après Seth Jones, un spécialiste de l'Asie centrale au RAND Institute une telle attaque « provoquerait d'importantes émeutes au Pakistan et au sein du monde arabe, et cela déclencherait une révolte majeure contre les troupes étasuniennes.»

Vous pouvez me traiter de « fouille merde » si vous le souhaitez (mais pas de « fils de berger kenyan »), mais n'est-ce pas une étrange coïncidence de voir Obama reprendre quasiment la même politique pakistanaise que le « conseiller de Bush » et architecte de la boucherie irakienne, Bill Kristol a défendu il y a plus de deux semaines, alors que cette approche sert une uniquement le projet d'un petit État du Moyen-Orient visant à créer de toutes pièces la justification permettant d'effacer ses ennemis arabes de la carte ? Que pouvons-nous en déduire sur l'identité de ceux qui, aujourd'hui, détiennent vraiment le pouvoir aux États-Unis ?

Il y a ceux qui suggèrent que la plupart des politiciens étasuniens sont entièrement contrôlés par les néo conservateurs sionistes et les groupes de pression israéliens associés, car à un moment ou à un autre, ils ont tous été pris en flagrant délit de Deborah Jean Palfrey la maquerelle de Washington jusqu'au membre républicain du Congrès Mark Foley. Je suis plutôt d'accord avec cette suggestion, non pas que je sois cynique, mais parce que c'est très probablement vrai.

Accessoirement, la déclaration d'Obama était soi-disant :

« conçue afin de renforcer sa crédibilité en tant que chef des armées potentiel par le soutien apporté à une opération militaire préventive que même le président Bush a refusé de lancer jusqu'à ce jour »

ce qui prouve une fois de plus que les États-Unis sont totalement et complètement barjos (pour utiliser la langue vernaculaire), car tandis que le monde entier honnit Bush et ses maîtres et les reconnaît pour les tueurs psychopathes d'enfants qu'ils sont, le consensus malheureusement juste au sein de la sphère politique étasunienne est que la seule manière qu'un « sélectionné » potentiel comme Obama ou Hillary s'assure le poste de président après les 8 années de carnage du règne Bush, est de ne pas appeler à la fin de la guerre (ce que veut le peuple américain) mais d'aller encore plus loin que Bush dans l'orgie meurtrière, et de le faire selon la partition écrite par les néo conservateurs sionistes. Et il apparaît que l'ex-démocrate progressiste Obama sera à la hauteur de la tâche.

Alors, vous avez peur maintenant ? Vous devriez.

Traduction française : Axel D.

09/01/2009

Monsieur le Président élu Obama, vous ne devez pas rester silencieux

OpEdNews, Linda Milazzo 
Mardi, 6 janvier 2009

Je ne crois pas en Dieu, je n'y ai jamais cru. Je ne crois pas aux religions. Je les étudie mais ne les pratique pas. J'essaye de les comprendre, d'être sensible aux croyances et aux traditions d'autrui, et de saisir le sens des pensées et des actes religieux. Mais elles n'influencent pas ma façon de vivre.

Il y a bien longtemps, alors que j'étais en première année au lycée Queen's à New York j'ai découvert le taoïsme. Ce mouvement est né en Chine antique sous forme de religion, puis il s'est transformé en une philosophie dépourvue de déité et de dogme. Depuis la fin de mon adolescence, j'ai essayé de mettre en pratique dans MA vie la compréhension du Tao. J'ai la liberté de choisir ma propre voie et de ne pas juger la voie d'autrui. Mais comme je dispose de la liberté d'opinion, je suis susceptible de juger autrui. J'essaye de l'éviter mais cela ne marche pas toujours.

Grâce au Tao, je suis à la fois pacifiste et guerrière puisque le taoïsme intègre l'art du self défense. Je comprends que j'ai le droit de me protéger lorsque cela est nécessaire, et de protéger les plus vulnérables lorsqu'ils ont besoin de moi. Comme je suis de nature protectrice, aider les plus faibles correspond à mon caractère, pour de telles situations, naïvement je m'imagine dotée d'une force extraordinaire.

Étant une observatrice perplexe, infatigable et je le répète, athée de la condition humaine, je crois depuis longtemps que mon espèce, l'espèce humaine s'est terriblement fourvoyée. Les guerres sans fin, les génocides, les famines et les épidémies inutiles, les viols de femmes et d'enfants, l'esclavage humain, les tortures animales, la cupidité sans limites, et les atrocités apparemment interminables, mais évitables valident douloureusement mon hypothèse. Certains croyants diront peut-être qu'il s'agit du plan de Dieu. Mais étant athée, je le perçois plutôt comme la folie humaine (voilà je me mets à nouveau à juger) mal influencée par des préjugés raciaux et/ou théologiques discriminatoires supposant qu'une race est supérieure à une autre, qu'un dieu est meilleur qu'un autre, qu'une religion est préférable à une autre et qu'une justice est plus juste qu'une autre. Malheureusement, au lieu d'utiliser nos connaissances cumulées au fil des millénaires afin d'améliorer l'humanité, soigner notre planète, améliorer notre santé, et partager notre amour, ces croyants auxquels nous avons confié le pouvoir nous ont inexorablement menés vers le déclin. Ce sont les mêmes qui à nouveau invoqueront le plan de Dieu.

Cela me mène à l'immense et troublante tristesse que j'éprouve actuellement par rapport à l'effroyable destruction militaire de la Palestine et ces victimes palestiniennes des centaines de fois plus nombreuses que les victimes israéliennes. Pour commencer, je me fiche totalement des déclinaisons religieuses telles que le christianisme, l'islam ou le judaïsme. Je me fiche totalement des frontières convenues. Je me fiche totalement de la Bible, du Coran et de la Torah. La seule chose qui m'importe est les vies de ces enfants et de ces innocents qui sont sacrifiées, car notre espèce n'a pas réussi à développer son potentiel. La seule différence par rapport à la préhistoire est que les arcs se sont transformés en missiles et que les flèches se sont transformées en bombes. Les bellicistes ont peut-être inventé des manières plus efficaces de tuer, mais l'inefficacité de leur cœur et de leur esprit a perduré. Toute guerre est un échec. Et aussi difficile que cela puisse paraître aux yeux des architectes de la guerre, celle-ci n'est pas un art. L'art construit et stimule, la guerre détruit et brûle. En toute logique, ces deux-là sont incompatibles.

Hormis la dimension technologique, les cerveaux des conflits ethno-religieux actuels sont aussi primitivement démoniaques qu'il y a mille ans - ou qu'il y a seulement 60 ou 70 - lorsque des massacres embrasèrent tout un continent et plongèrent la planète entière dans la guerre. Malheureusement, ces trois mots «nous n'oublierons jamais» se sont évanouis et cette règle d'or a perdu son lustre d'antan.

 

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Enfants palestiniennes

Le fait est que, alors que M. Bush, M. Olmert, Mme Livni, M. Netanyahu, Mme Rice, M. Cheney, M. al-Masri et consorts orchestrent ces meurtres abjects, nous ne progresserons jamais en tant qu'espèce tant que nous n'aurons pas accepté que TOUTE GUERRE EST UN ÉCHEC. Lorsque vous déclenchez une guerre qui brûle vif un enfant; la mort de cet enfant, le sang de cet enfant, la perte de cet enfant vous marqueront à jamais. Toute situation est un échec lorsque celle-ci implique la souffrance d'innocents. Si jouant dans un bac à sable, un enfant en blesse un autre alors ce jeu est un échec. Si un véhicule de police tue des innocents au cours d'une poursuite, alors cette poursuite est un échec. Si un père de famille brûle sa maison en essayant de la chauffer, alors cette tentative est un échec. Si des enfants sont tués pendant une guerre alors cette guerre est un échec. Je n'ai aucun doute là-dessus.

Le 31 juillet 2006, j'ai écrit un article pour Opednews sur ce même thème lorsqu'Israël a bombardé le Liban. Dans cet article, j'ai écrit les mots suivants:

Je ne tue pas d'enfants. Je ne cautionne aucune situation entraînant la mort d'un enfant ou la souffrance d'innocents pris sous les tirs croisés de la cruauté des adultes. AUCUNE situation quelle qu'elle soit ne peut légitimer le meurtre d'un enfant. L'expression «dommages collatéraux» appliquée à des enfants morts ou aux corps mutilés des enfants ayant survécu est abjecte.

Le rite de passage de l'enfance à l'âge adulte interdit de telles irresponsabilités. Le processus de maturation dans son ensemble nous apprend à protéger les enfants à tout prix. Les animaux, sauvages ou domestiques, se soumettent inconditionnellement à cet instinct. C'est le chien adulte détraqué qui tue un chiot. Et les rares fois où cela se produit, les témoins sont stupéfaits par un acte si totalement éloigné de l'état de nature. Nos attentes concernant la compassion canine dépassent nos attentes à l'égard de notre compassion humaine.

Dans la débâcle actuelle que subit Israël face au Hezbollah, avec un nombre croissant d'enfants libanais morts, il est inacceptable qu'Israël justifie ces meurtres d'enfants en les qualifiant d'agents du Hezbollah. On devrait mourir de honte devant la perversité d'une telle déclaration. Revendiquer publiquement le droit de tuer un enfant en invoquant sa proximité géographique pour s'exonérer de toute culpabilité, relève de la plus totale inhumanité. Le sacrifice délibéré de la vie d'un enfant trahit tous les principes acquis au cours de l'évolution «normale» de l'enfance à l'âge adulte.

Aux idéologues bien-pensants je déclare: QUE LES VISAGES DE CHACUN DES ENFANTS ET NOUVEAU-NÉS QUE VOUS AVEZ SACRIFIÉS SUR L'AUTEL DE VOTRE CAUSE RESTE À JAMAIS GRAVÉS DEVANT VOS YEUX. Quelle atroce marque d'inhumanité vous portez là.

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Appliquant ce même texte à la guerre actuelle entre Israël et la Palestine, il suffit de remplacer Hezbollah par Hamas et Libanais par Palestiniens. L'autre différence flagrante est le plus grand nombre d'enfants morts en Palestine.

Monsieur le Président élu Obama, avant même que vous preniez vos augustes fonctions le 20 janvier 2009, vous pouvez être le héros que nous attendions. Vous pouvez transformer le bureau actuel des bellicistes en chef en bureau des pacifistes en chef. Vous pouvez le faire MAINTENANT en prenant position contre la guerre. C'est VOTRE voix que le monde veut entendre. George W. Bush est un criminel de guerre, couvert de sang d'enfants morts.

Malheureusement, votre secrétaire général, Rahm Emanuel est également couvert de sang d'enfants morts. John Mac Cain, votre adversaire aux présidentielles est aussi couvert de sang d'enfants morts. L'AIPAC, groupe de pression israélien est couvert de ce sang, tout comme le Hamas. La plupart des membres du Congrès sont couverts de ce sang, tout comme la majorité des membres du Sénat. Les médias corporatistes sont également couverts de ce sang. Voilà un club auquel il est épouvantable d'appartenir. C'est une confrérie de meurtriers. Il est temps de la QUITTER.

Êtes-vous, Monsieur le Président élu Obama, en qui tellement d'individus ont placé tant d'espoir, prêt à être couvert du sang des enfants morts en Palestine, en Israël, en Afghanistan, en Iran, au Congo, en Somalie et ailleurs?

Si comme je l'espère, Monsieur le Président élu Obama, vous n'êtes PAS prêt à prendre la responsabilité des morts, des blessures, des orphelinages d'enfants aussi innocents et adorables que les vôtres, alors LEVEZ-VOUS MAINTENANT! PRENEZ LA PAROLE et ARRÊTEZ CETTE GUERRE IMMÉDIATEMENT!!

Monsieur le Président élu Obama, aux États-Unis, quatre de vos prédécesseurs sont encore vivants. Seul le président Carter a été suffisamment héroïque pour parler au nom des Palestiniens. Êtes-vous prêt, Monsieur le Président élu Obama, à devenir le héros que les Étasuniens attendent? Vous êtes fils d'un humaniste. Vous êtes le fils d'une femme qui a dédié sa vie à l'amélioration de ce monde. On n'améliore pas ce monde en faisant des guerres et en tuant des enfants. On améliore le monde grâce à la paix. Plus vous resterez silencieux, plus d'enfants mourront. S'il vous plaît Monsieur le Président élu Obama, montrez-nous, que VOUS N'ALLEZ PAS RESTER SILENCIEUX! Toute guerre est un échec. Vous n'êtes pas obligé d'échouer.

 

Traduction française: Axel D. pour Futur Quantique