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02/06/2010

Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ?


par Thierry Meyssan - Réseau Voltaire
31 mai 2010



Israël a pesé à l’avance les conséquences de l’attaque qu’il a lancé contre un convoi humanitaire maritime. Quels sont ses objectifs en déclenchant une crise diplomatique mondiale, pourquoi a t-il défié son allié turc et son protecteur états-unien ?

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L’attaque conduite par trois patrouilleurs lance-missiles israéliens de classe Saar, le 31 mai 2010, contre la flottille de la liberté, dans les eaux internationales de Méditerranée illustre la fuite en avant de Tel-Aviv.

La flottille de la liberté est une initiative de militants des droits de l’homme [1] [2], soutenue par le gouvernement turc. Son objectif est à la fois de véhiculer de l’aide humanitaire jusqu’à Gaza et, ce faisant, de briser le blocus mis en place illégalement par l’armée israélienne à l’encontre d’1,5 million de Gazaouites.

La décision d’aborder des navires civils dans les eaux internationales constitue un « acte de guerre » au regard du droit international. Juridiquement parlant, il y a eu vol des navires et de leurs cargaison, enlèvement et séquestration de leurs passagers, meurtres ; voire assassinats, si l’on admet les informations de la télévision turque selon laquelle les commandos avaient une liste des personnalités à liquider au cours de l’assaut.

Cet acte de guerre, à l’encontre des pavillons grecs et turcs de ces navires, a été perpétré afin de consolider le blocus, lequel constitue en lui-même une violation du droit international.

En choisissant l’argument de la « légitime défense », les autorités israéliennes ont explicitement revendiqué leur souveraineté sur les eaux internationales à 69 miles nautiques au large de la Palestine ; cette annexion —temporaire ou durable— étant nécessaire à la poursuite du blocus, lequel serait nécessaire à la sécurité de l’Etat d’Israël.

En abordant un navire turc et en en tuant des passagers, Tel-Aviv a d’abord choisi de répondre militairement à la crise diplomatique qui l’oppose depuis janvier 2009 à Ankara. Cette initiative est censée provoquer une crise au sein de l’état-major turc et entre celui-ci et le gouvernement turc. Cependant, elle pourrait aboutir à une rupture complète des relations militaires entre les deux pays, alors même que la Turquie aura été pendant un demi-siècle le meilleur allié d’Israël dans la région. D’ores et déjà, les manœuvres conjointes turco-israéliennes ont été annulées sine die. En outre, cette crise pourrait aussi avoir des conséquences sur les relations commerciales entre les deux pays, alors même que la Turquie est un partenaire vital pour l’économie israélienne.

Cependant, Tel-Aviv se devait de casser la crédibilité de la Turquie au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l’Iran, et ambitionne d’exercer avec ses nouveaux partenaires une autorité régionale [3]. Dans l’immédiat, Israël devait sanctionner le rôle d’Ankara dans la négociation du Protocole de Téhéran sur l’industrie nucléaire iranienne.

Côté turc, où l’on s’attendait à une intervention israélienne musclée mais pas létale, le moment est venu de se poser en protecteur des populations palestiniennes, selon la doctrine néo-ottomane théorisée par le ministre des Affaires étrangères, le professeur Ahmet Davutoğlu. Sans attendre le retour du Premier ministre Recep Erdoğan, en voyage en Amérique latine, l’ambassadeur Turc à Tel-Aviv a été rappelé à Ankara et une cellule de crise a été mise en place autour du vice-Premier ministre, Bülent Arınç. Elle est immédiatement entrée en contact avec les 32 gouvernements des Etats dont les passagers du convoi sont ressortissants. Tout le personnel diplomatique turc a été mobilisé pour saisir du problème le maximum d’Etats et d’organisations internationales. Dans une conférence de presse, M. Arınç a exigé la restitution immédiate des trois bateaux turcs volés et de leur cargaison, ainsi et surtout que la libération des centaines de citoyens turcs enlevés et séquestrés. Il a choisi de qualifier l’attaque d’acte de « piraterie » (et non de guerre), de manière à offrir au gouvernement Netanyahu la possibilité de présenter l’affaire comme une « bavure » et non comme une politique. Dans cette logique, le président Abdullah Gül, quant à lui, a exigé que les tribunaux israéliens jugent les responsables de cette tuerie.

Depuis le Chili, M. Erdoğan a déclaré : « Cette action est totalement contraire aux principes du droit international, c’est le terrorisme d’un Etat inhumain. Je m’adresse à ceux qui ont appuyé cette opération, vous appuyez le sang, nous soutenons le droit humanitaire et la paix ».

Dans l’après-midi, Ankara a saisi la Conseil atlantique. La Turquie est membre de l’OTAN. Si elle ne trouve pas la réponse qu’elle attend du gouvernement israélien, elle pourrait qualifier l’attaque d’acte de guerre et requérir l’aide militaire des Etats membres de l’Alliance en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord.

Le gouvernement Netanyahu a invité ses ressortissants à quitter la Turquie, tandis que des manifestations spontanées se multiplient devant les consulats israéliens où la foule réclame vengeance.

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Le 26 mai 2010, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, reçoit à Tel-Aviv le secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel. Celui-ci lui remet une invitation de Barack Obama, que la partie israélienne annulera cinq jours plus tard.

Côté états-unien, cette affaire rappelle celle de l’USS Liberty (8 juin 1967). Durant la guerre des Six jours, les Israéliens attaquèrent un bâtiment de surveillance électronique de l’US Navy, faisant 34 morts et 171 blessés. Tel-Aviv présenta ses excuses pour cette méprise sur le champ de bataille tandis que, tout en les acceptant officiellement, Washington y vu un outrage délibéré. Les Israéliens auraient voulu à l’époque sanctionner les critiques états-uniennes.

Cette fois, l’attaque de la flottille de la liberté pourrait être une sanction après le vote par Washington d’une résolution des Etats signataires du Traité de non-prolifération enjoignant Israël à déclarer ses armes nucléaires et à accepter les contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

La décision israélienne d’attaquer des navires civils dans les eaux internationales intervient après l’assassinat aux Emirats d’un dirigeant palestinien par une unité du Mossad ; la découverte d’un vaste système de copie falsifiées de passeports au détriment d’Etats occidentaux ; et le refus d’assister à la conférence internationale de suivi du Traité de non-prolifération. Cet ensemble de faits peut être interprété comme une succession de coups perpétrés par un Etat sûr de son impunité —et dans ce cas, il pourrait s’agir cette fois d’un coup de plus ou de trop—, ou comme une escalade après une courte friction publique avec l’administration US —il s’agirait alors de revendiquer le leadership du mouvement sioniste en montrant que Tel-Aviv décide et Washington entérine—.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en voyage en Amérique du Nord, a décidé de terminer sa visite canadienne et d’annuler son rendez-vous à la Maison-Blanche. Il a été joint par téléphone par le président Obama qui lui a demandé des explications.

La Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que l’opération israélienne ne pouvait avoir aucune justification juridique. Le Rapporteur spécial sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés palestiniens, Richard Falk, a tenu à souligner qu’au delà de l’atteinte à la liberté de circulation sur les mers, le problème central reste le blocus. « À moins que des actions promptes et décisives soient prises pour mettre au défi l’approche israélienne sur Gaza, nous serons tous complices d’une politique criminelle qui menace la survie d’une communauté assiégée », a t-il affirmé. Le Conseil de sécurité a été convoqué en urgence, ce jour, à 18h TU. Le ministre turc des Affaires étrangères est parti à New York.

01/06/2009

Qui va confronter les États-Unis et Israël ?

Paul Craig Roberts, 28 mai 2009

Bellaciao

Les grands titres disent : "Obama appelle le monde entier à confronter la Corée du Nord". Les États-Unis, a dit Obama, sont déterminés à protéger "la paix et la sécurité du monde".

Double langage, double pensée, 1984.

La Corée du Nord est un bien petit pays. La Chine par elle-même pourrait régler ce cas en peu de temps. Malgré cela, le président des États-Unis croit qu’il faut le monde entier pour confronter la Corée du Nord.

Ce dont nous sommes témoins, c’est que les gangsters de Washington sont encore à fabriquer une autre menace comme l’étaient les Slobodan Milosevic, Osama bin Laden, Saddam Hussein, John Walker Lindh, Yaser Hamdi, José Padilla, Sami al-Arian, Hamas, Mahmoud Ahmadinejad, et les malheureux détenus que l’ancien secrétaire à la défense Rumsfeld qualifiait de "700 plus dangereux terroristes au monde" et qui furent torturés pendant six ans à Gitmo pour être doucement relâchés par la suite. Juste une autre erreur, désolé.

Le complexe militaro-sécuritaire qui dirige les États-Unis avec le lobby israélien et les banquiers a besoin d’une liste interminable de dangereux ennemis pour que l’argent des contribuables continue à entrer dans leurs coffres.

Le lobby du "Homeland Security" a aussi besoin de menaces sans fin pour convaincre les Américains qu’ils doivent abandonner leurs libertés civiles s’ils veulent vivre en sécurité.

De là, la vraie question : "Qui va confronter les gouvernements des États-Unis et d’Israël?"

Qui va protéger les libertés civiles des citoyens américains et des citoyens israéliens, spécialement celles des dissidents israéliens et des citoyens israéliens d’origine arabe ?

Qui va protéger les Palestiniens, Irakiens, Afghans, Libanais, Iraniens, et Syriens des Americains et des Israéliens?

Pas Obama, et pas les chemises brunes qui dirigent présentement Israël.

La suggestion d’Obama que rien de moins que le monde entier est nécessaire pour stopper la Corée du Nord est époustouflante, mais cette suggestion n’est rien en comparaison avec la garantie d’Obama que les États-Unis vont protéger "la paix et la sécurité du monde".

N’est-ce pas la même Amérique qui a bombardé la Serbie, incluant les bureaux diplomatiques chinois et des trains de passagers, et a libéré le Kosovo de la Serbie pour le donner à un groupe de barons de la drogue musulmans du Kosovo, leur prêtant des troupes de l’OTAN pour protéger leurs opérations ?

N’est-ce pas la même Amérique qui est responsable de la mort d’approximativement un million d’Irakiens, faisant d’innombrables veuves et orphelins et faisant en sorte qu’un Irakien sur cinq se retrouve réfugié ?

N’est-ce pas la même Amérique qui empêche le reste du monde de condamner Israel pour ses attaques meurtrières sur des civils libanais en 2006 et sur Gaza plus récemment, la même Amérique qui a couvert Israël dans sa confiscation de la Palestine au cours des 60 dernières années, une confiscation qui a produit 4 millions de réfugiées palestiniens chassés de leurs maisons et leurs villages par la terreur et la violence israélienne ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a tenu des exercices militaires dans des anciennes républiques soviétiques encerclant la Russie avec des bases de missiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a fait des ruines de l’Afghanistan en bombardant le pays faisant du même coup bien des victimes civiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a commencé une nouvelle et horrible guerre au Pakistan, une guerre qui dès les premiers jours a produit un million de réfugiés ?

"La paix et la sécurité du monde". "Le monde de qui ?"

À son retour de sa consultation avec Obama à Washington, la chemise brune de premier ministre israélien Benjamin Netanyahu declarait que c’était la responsabilité d’Israël d’éliminer la menace nucléaire de l’Iran.

Quelle menace nucléaire? Les services de renseignements américains sont unanimes dans leur conclusion que l’Iran n’a pas eu de programme d’armes nucléaires depuis 2003. Les inspecteurs l’Agence de l’Énergie atomique rapporte qu’il n’y a aucun signe de programme d’armes nucléaires en Iran.

L’Iran bombarde qui ? Combien de réfugiés fuyant pour leur vie l’Iran fait-il ?

La Corée du Nord bombarde qui ?

Les deux grands pays meurtriers producteurs de réfugiés sont les États-Unis et Israël. À leurs deux, ils ont tué et déplacé des millions de personnes qui n’étaient une menace pour personne.

Il n’y a pas de pays sur terre qui rivalise avec les États-Unis et Israël pour la violence barbare et meurtrière.

Mais Obama nous donne l’assurance que les États-Unis protégeront "la paix et la sécurité du monde." Et la chemise brune Netanyahu assure qu’Israel sauvera le monde de la "menace iranienne".

Où sont les médias ?

Pourquoi les gens ne sont-ils pas tordus de rire ?