26.12.2008
Et comme reverbère quotidien, je m’offrirai madame Thatcher.
Anne Ladonne, une Parisienne, mère de trois enfants, regarde défiler la campagne du Kent à travers la fenêtre de l'Eurostar, tout en réfléchissant à voix haute à sa liste de courses : "Pain de mie tranché de chez Marks and Spencers [notre équivalent n'est pas aussi moelleux]. Crackers au fromage pour Noël, sablés au beurre, sauce pour les pâtes Marks and Spencer…" Anne Ladonne, directrice de communication, s'est rendue compte que faire son shopping à Londres et se procurer des articles exotiques qu'elle ne trouvait pas à Paris devenait tout à coup envisageable. La chute de la livre [20 % par rapport à l'euro depuis le début de l'année] est devenue synonyme de bonnes affaires, d'autant que la Grande-Bretagne raffole des promos. "Des pyjamas Primark", songe-t-elle soudain avec enthousiasme.
Londres, autrefois réputée pour ses prix incroyablement élevés, est-elle en train de perdre cette image pour devenir une destination de shopping bon marché ? On se rapproche dangereusement de la parité entre la livre sterling et l'euro alors que la devise de Sa Très Gracieuse Majesté valait encore 1,50 euro en janvier 2007. Les expatriés britanniques payés en livres sterling, qui ont longtemps joui d'un niveau de vie plus enviable qu'en France, sont maintenant à plaindre, tandis que les consommateurs français avisés, s'ils ont les moyens de s'offrir le voyage de Londres, profitent de l'aubaine.
A Kensington High Street, le rendez-vous shopping de nombreux riches expatriés français, Jean-Luc Vuhal, gérant de restaurant, médite sur son triste sort. "C'est dur quand je rentre en France avec des livres, se plaint-il. En revanche, toute ma famille française vient faire des courses ici, acheter des vêtements, des cadeaux de Noël, tout." Ayant détourné les yeux des vitrines parisiennes ces dernières semaines, je remonte cette rue commerçante pour voir dans quelle mesure les bas prix londoniens peuvent remonter le moral des Français.
D'énormes pancartes – de tous les formats – affichent la baisse de la TVA accordée par Gordon Brown [deux points de TVA en moins, dans le cadre du plan de relance]. La réduction incluse, une robe de soirée M&S coûte 55 livres (soit 61 euros). A titre de comparaison, j'ai été horrifiée par le prix de deux robes du même genre dans un grand magasin parisien, le BHV : 89,95 et 145 euros.
Mais le vrai comparatif consiste à faire une pause-café avec pâtisserie. Chez Phillies, situé dans une rue qui donne sur Kensington High Street, où un cinquième de la clientèle est française, l'expresso coûte 1,70 livre (1,90 euro), contre 2,50 euros à la terrasse de mon troquet du coin à Paris. Une part d'excellente tarte Tatin est à 4,50 livres (5 euros), à peu de choses près le même prix qu'à une terrasse de café à Paris. Autre test incontournable : une baguette est en promo chez Tesco à 89 pence [0,99 euro], contre 1,10 euro chez le boulanger*. Mais je sais laquelle je préfère. A Paris, j'avais déjà affronté le Salon des viticulteurs indépendants pour acheter quelques bouteilles de mousseux d'Alsace à moins de 8 euros la bouteille. Tesco propose du cava [vin mousseux catalan] millésimé à 5,99 livres [6,68 euros].
Il y a tout de même quelques avantages à être Britannique, pour peu que vous soyez payé en euros. Un diplômé de l'université de Newcastle de 24 ans, qui tient à garder l'anonymat de peur de passer pour un m'as-tu-vu, explique que son emploi à Paris et sa paie en euros l'aident à rembourser le prêt étudiant qu'il avait contracté en Grande-Bretagne. "Mon salaire et mon pouvoir d'achat augmentent quand je transfère l'argent en livres, explique-t-il. J'ai l'intention de rester plus longtemps en France pour finir de rembourser mes dettes. A ce rythme-là, j'en ai pour trois ans, pas plus."
Article original : Courrier International
Note de P&P : Vous souvenez-vous il y a quelques années ? Les médias reprenaient en chœur l’ « ode à Albion », il n’était plus possible de créer ou de développer une entreprise en France.
L’Angleterre était devnue le nouvel eldorado entrepreneurial, tellement plus attractive avec ses formalités administratives simplifiées, son boom économique, ses financements pléthoriques et surtout ses charges allégées.
Le message subliminal était bien sûr que l’on devait fuir la France au plus vite, cette vieille nation au bord de la ruine, minée par une fiscalité stratosphérique, plombée par son système de retraite, son assurance maladie et son assurance chômage, traînant comme un boulet trop lourd ses écoles et ses trains publics…
De l’autre côté de la Manche, l’histoire était tout autre.
Il y a près de trente ans, Margaret Thatcher arrivait au 10, Downing Street. A l’issue de son premier mandat sa côte de popularité était au plus bas en raison d’une politique ultra-libérale qui avait laissé exsangue la société anglaise.
Le hasard faisant souvent bien les choses, du moins pour nos chères élites, le conflit des Malouines émergea comme par miracle. Soudain l’Angleterre s’entichait d’un bout de cailloux désertique balayé par les vents glaciaux des 50e hurlants.
Quoi de mieux qu’une bonne guerre pour exalter les sentiments patriotiques et resserrer les rangs derrière le leader, défenseur de la fierté nationale et garant de la victoire à venir ?
Quelques centaines de morts plus tard, l’Angleterre sortait victorieuse de ce triste conflit et Thatcher emportait haut la main les élections qui s'ensuivirent.
Elle avait alors quasiment le champ libre. Elle écarta aisément le dernier obstacle qui s’opposait à elle. Les syndicats furent brisés par des mesures ultra-autoritaires, qui après les Malouines ne furent plus perçues comme les excès d’une dirigeante froide et haineuse mais comme la force salvatrice de celle qui avait vaincu le perfide Argentin.
Alors prit place la longue entreprise de démantèlement de la nation anglaise, grande braderie des biens publics, construits, financés, améliorés par des générations de citoyens.
De Thatcher à Brown en passant par Major et Blair, les services publics du pays furent livrés à une privatisation inexorable et particulièrement injuste puisqu’elle transférait les biens du peuple (hôpitaux, écoles, trains) aux plus nantis - les PDG, banquiers, lords dont l’entregent et/ou la fortune permettait de participer à la vente aux enchères du patrimoine public.
Le peuple s’appauvrissait mais le nombre de milliardaires lui ne cessait de croître.
Comme dans les dizaines de pays qui connurent le choc néolibéral, ce pillage fut accompagné par les banquiers qui ouvrirent en grand les vannes de l’argent facile.
Le peuple croulait sous des dettes toujours plus importantes mais les chiffres d’affaire stimulés par les achats à crédit ne cessaient de croître.
Evidemment, ces régimes fondés sur la croissance exponentielle des inégalités et des taux d’endettement ne peuvent durer bien longtemps.
Certes les médias font montre de trésors d’ingéniosité pour dissimuler les atrocités induites par le néolibéralisme lorqu'il sévit au Chili, en Argentine, au Brésil ou en Indonésie. Les « success stories » et les dysfonctionnements des reliquats d’un système public obsolète font les grands titres tandis que la hausse constante des taux de suicide, des sans-abris ou des affaires de corruption est soigneusement passée sous silence.
Mais lorsque ce désastre touche un pays comme l’Angleterre, voisin direct de la France, éternel rival, creuset d’une culture millénaire, il est plus difficile de masquer l’atroce réalité.
Car, en l’espace de quelques années le vent a tourné et l’Angleterre qui, comme les Etats-Unis a adopté le dogme néolibéral à bras ouvert, se retrouve dans une indicible crise de solvabilité. L’Etat, les banques, les entreprises, les particuliers ne sont plus en mesure d’honorer leurs dettes pharaoniques alors que quelques milliardaires, intimes du pouvoir, continuent à accroître leur fortune.
Dans ces pays, à contrario des sociétés ayant préservé leurs services publics, la chute déchenchée par la crise économique n'est nulllement amortie par les prestations chômages, les assurances-maladies, les pensions de retraite non capitalisées, les hôpitaux et les trains indépendants des trous d'air du marché. La crise économique y est intégralement transformée en crise sociale.
Pendant ce temps en France, la police matraque, les SDF crèvent de froid, les rangs de chômeurs s’étoffent, les élites s’engraissent, les droits reculent alors que Sarkozy suit scrupuleusement la voie qui a mené l’Angleterre droit au désastre.
Un dicton anglo-saxon affirme : "un idiot n'apprend rien de ses erreurs, une personne intelligente apprend de ses propres erreurs, un génie apprend des erreurs des autres."
Mainfestement Sarkozy est bien loin de tout éclair de génie. A moins que ce que le peuple perçoit légitimement comme une terrible erreur ne soit considéré par ceux qui l'ont mis au pouvoir comme un immense succès.
12:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thatcher, angleterre, néolibéralisme, sarkozy, crise, argentine
12.12.2008
Sarkozy fricote ave le Lama
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PEKIN, 4 décembre.
La rencontre du président français Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama aurait une incidence négative sur la coopération commerciale et économique entre Paris et Pékin, a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie chinoise Jianchao.
"Les liens politiques et la coopération économique sont interdépendant. Seules des relations politiques normales peuvent favoriser le développement économique avec la France", a-t-il expliqué.
Le président français avait auparavant annoncé qu'il rencontrerait le dalaï-lama le 6 décembre en Pologne lors de la cérémonie consacrée au 25ème anniversaire de la remise du Prix Nobel de la paix à Lech Walesa, ex-leader de Solidarnosc et ancien président de la république. De ce fait, Pékin a reporté sine die le sommet Chine-UE prévu pour le 1er décembre, à cause de la présence du dalaï-lama qui envisage de rencontrer les dirigeants européens.
Pékin condamne notamment les agissements séparatistes du leader spirituel tibétain. En mars dernier, le Tibet a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l'ordre chinoises et les partisans de l'indépendance de la région autonome. Les actions de protestation, les plus sanglantes depuis 1989, ont coïncidé avec le 49e anniversaire du soulèvement de Lhassa qui avait abouti à l'exil du dalaï-lama.
Selon les données chinoises, les troubles au Tibet ont fait 19 morts et 623 blessés. Les partisans du dalaï-lama font état d'au moins 100 morts.
Le dalaï-lama voyage beaucoup à travers le monde à la recherche d'un soutien international pour la sauvegarde du patrimoine culturel du Tibet. Pékin l'accuse de vouloir séparer le Tibet du reste de la Chine.
Article original : Novosti
Note de P&P :
Il semblerait que le soutien apporté par Sarkozy au dalai lama dépasse le simple effet d'opportunité.
En effet 4 mois après que son épouse ait rencontré le dalai lama en pleine effervessence olympique, notre bien-aimé président remet le couvert.
"Pourquoi ?" se demanderont les esprits qui n'ont pas encore été liquéfiés par l'absorbtion répétée de glutamate, d'aspartame et d'émissions de TF1.
La spiritualité serait-elle la cause de ces interactions ? Cela semble peu probable. D'une part les exactions de la théocratie lamaïste et ses liens avec la CIA ont été largement documentées dans un article précédent.
D'autres part les déclarations de Sarkozy sur la pensée socratique nous laissent augurer que celui-ci a autant d'affinités avec la spiritualité qu'une blatte avec l'oeuvre de Léonard de Vinci (avec tout le respect dû à ces insectes fort utiles, dignes représentants du super-ordre des blattoptères comptant quelques 3500 espèces).
Serait-ce alors la compassion qui anime notre pieux Nicolas ? Affligé par la souffrance du peuple tibétain, il aurait décidé d'enfourcher sa flamboyante monture (non pas la Carla mais le désormais légendaire méritens blanc).
Ils semblerait toutefois paradoxal que Sarkozy verse la moindre larme pour le Tibétain lambda sachant que c'est ce même Sarkozy qui expulse les sans-papiers par dizaine de milliers, qui milite pour l'incarcération des enfants de douze ans et pour les tests de criminalité chez les enfants de trois ans (il est du reste regrettable que les tests pré-nataux d'absence de conscience n'aient pas été utilisés chez certains de nos brillantissimes dirigeants cela nous aurait évité bien des déboires).
Les mobiles de la spiritualité et de la compassion étant désormais écartés, peut-être qu'en revenant à des schémas de fonctionnement plus basiques nous aurons quelque chance de comprendre ce qui se passe à l'intérieur de la boite crânienne de notre éminent président.
Parmi les raisonnements simplistes et communémement entendus sur les parterres de l'Elysée, les coursives de Matignon ou les réunions du parti "Chasse Pêche Nature et Tradition" revient souvent le désormais mythique "l'ennemi de mon ennmei est mon ami".
Le Tibet serait-il tout simplement un allié de circonstance permettant d'affaiblir la position politique de la Chine ?
Mais alors pourquoi s'acharner autant sur la Chine ?
Voici une tentative de réponse où dérives paranoïaques et bouffées délirantes alternent allégrement. Par conséquent la lecture en est vivement déconseillée aux enfants de moins de deux ans ainsi qu'à ceux qui ont déjà associé les termes "Sarkozy" et "humaniste visionnaire" dans une même phrase.
Il est à noter que cette thèse sulfureuse est largement inspirée de l'ouvrage de Naomi Klein : "la stratégie du choc" dont on ne saurait trop recommander la lecture.
Au cours des années 60 nos très chères élites ont mis sur l'avant-scène un nouveau pantin idéologue du nom de Milton Friedman, apôtre en son temps du dogme néolibéral et fondateur de l'école de Chicago.
Le dogme friedmanien repose sur la fallacieuse assertion selon laquelle liberté des marchés et démocratie vont de pair et que celles-ci apportent aux citoyens tout ce qu'ils ont toujours espéré : liberté, choix des dirigeants, produits variés et abordables, niveau de vie en perpétuelle augmentation...
Au-delà de la théorie, Friedman et ses sbires se sont employés à matérialiser cette sinistre hérésie. Les pays de l'Amérique Latine en furent les premiers cobayes. A grand coup de propagande, de soutien à des dictatures sanguinaires, de création de niveau de dettes ingérables, ils sortirent le Brésil, l'Argentine, le Chili ou la Bolivie de modèles démocratiques défendant des systèmes économiques développementalistes qui favorisaient nettement plus les citoyens que leurs homologues communistes ou capitalistes.
Les tortures, incarcérations, assassinats de milliers d'activistes, artistes et syndicalistes ; défenseurs les plus ardents de ces systèmes égalitaires, la création de crises abyssales entrainant hyperinflation, récession et pauvreté consitutaient les chocs nécessaires pour que les populations, dominées par les angoisses, acceptent l'inacceptable et condamnent leur propre avenir en adoptant une économie néolibérale dévastatrice.
Après les pays du cône sud, l'Europe centrale, l'Asie du Sud-Est, l'Afrique allaient connaître la même destinée et voir les richesses du pays (transports, hôpitaux, écoles, matières premières, ...) bradées aux multionationales et aux élites locales soutenant la pensée fridemanienne.
Après les chocs nécessaires infligés par les régimes dictatoriaux pour imposer le néo-libéralisme, ces derniers n'étaient plus d'aucune utilité et des démocraties serviles furent mises en place. Ce point est essentiel car il révèle la véritable finalité de toutes ces dictatures soutenues par les USA, les régimes totalitaires fournissaient les chocs nécessaires à l'adoption du néolibéralisme.
Alors l'acte final pouvait avoir lieu et la planète devait voir émerger un cortège de pseudo-démocraties où le peuple vote mais où les candidats sont choisis par les élites et de pseudo-économies libres où quelques privilégiés contrôlent l'essentiel des richesses et plongent les peuples dans l'exploitation à outrance et la pauvreté chronique.
Ces systèmes fascistes, rejetons modernes du féodalisme sont fondés sur le corporatisme où une petite élite contrôle les sphères juridiques, judiciaires, politiques, financières, économiques et médiatiques. Cette dernière permet d'entretenir d'une part l'illusion de démocratie avec son cortège de débats, ses pseudo-oppositions d'idées, ses résultats de vote retransmis en direct, et d'autre part l'illusion des bienfaits du néolibéralisme en mettant en avant le succès d'une minorité tout en obérant la descente aux enfers de la majorité.
Après quarante années de manipulations et des centaines de millions de victimes (directes suite aux tortures et assassinats pratiquées par les dictateurs ou indirectes suite aux famines et aux épidémies provoquées par le néolibéralisme), l'illusion friedmanienne est quasiment devenue réalité. La plupart des nations ont adopté le vernis démocratique et le modèle économique néolibéral.
Malheureusement le colosse néolibéral ne s'est toujours pas débarassé d'une épine qui le fait boiter dangeureusement : la Chine.
Cette nation regroupant 20% de la population et qui devrait devenir la première puissance mondiale a mené sa révolution économique selon les bons principes du docteur Friedman. Après des décennies d'étatisme, la Chine a plongé vers un néolibéralisme à faire pâlir les Etats-Unis, absence de salaire minimum, non-régulation des conditions et des durées de travail, non-régulation des impacts environnementaux, session des industries d'Etat à quelques oligarques proches du pouvoir...
Malheureusement pour les adeptes de l'école de Chicago, la paysage politique chinois a mené cette mutation économique sans ciller et sans se transformer. La dictature autoritaire adepte des camps d'internements, de la torture, du parti unique, du massacre de sa propre population ou de la censure n'a pas bougé d'un iota depuis l'ère communiste, prouvant ainsi que pseudo-démocratie et néolibéralisme sont nullement indissociables. Que la liberté des marchés ne rime pas avec liberté individuelle, bien au contraire.
La liberté du citoyen requiert une liberté politique, fruit d'une véritable démocratie (et non des juntes et pseudo-démocraties nécessaires à l'établissement et à la pérennisation du néolibéralisme) ET une liberté économique, fruit d'un système économique juste (soit le strict opposé du néolibéralisme). Celui qui est condamné à mourir de faim et dispose du droit de vote est-il libre ? Celui qui subvient à ses besoins dans une dictature sanguinaire est-il libre ?
Fort de ces analyses, on comprend mieux l'acharnement des puissances occidentales qui ne cessent de dénoncer la paille dans l'oeil du voisin chinois sans voir la poutre dans leur propres yeux.
Les Etats-Unis ont représenté pendant des décennies l'archétype du miracle économique friedmanien, consommation débridée, hausse continue du pouvoir d'achat, inflation jugulée, chômage anecdotique, compétitivité sur l'échiquier international.
Comment refuser une telle voie lorsque la nation qui l'a initiée connaît un tel succès ?
Mais, ironie du sort, le champion de la pseudo-démocratie façade d'un néolibéralisme inhumain est en train de s'écrouler lamentablement.
Légalisation de la torture, guerres d'invasion, privation des droits des citoyens, crise abysalle jettent aux oubliettes les derniers lambeaux du rêve américain.
La propagande médiatique aura de plus en plus de difficultés à masquer la déliquescence de la société étasunienne et son simulacre de liberté économique et politique.
Aujourd'hui le citoyen étasunien est esclave économique des banquiers et des entreprises qui possèdent son travail, son patrimoine et ses dettes. Il est simultanément esclave politique des faucons de Washington susceptibles à chaque instant de l'espionner, l'incarcérer, le torturer.
Alors un choc d'une ampleur jamais connue auparavant sera nécessaire pour hystériser les peuples, suspendre leurs capacités de réflexion et leur faire à nouveau accepter l'inacceptable.
La crise abysalle qui acompagnera 2009 sera un des ingrédients, nos brillantes élites pourraient même l'agrémenter d'un évélement à côté duquel le 11 septembre ressemblera à une promenade de plaisir.
Nul doute que des enseignements forts intéressants nous attendent...
23:02 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : friedman, chicago, néolibéralisme, sarkozy, dalai lama, tibet, chine
04.12.2007
Lettre ouverte au peuple de France.

Simon Davies
Sott.net
Citoyens de France,
Comment vous sentiriez-vous si :
- Vous deviez contracter une assurance médicale privée onéreuse pour être sûrs de bénéficier de soins médicaux ?
- Chaque hôpital refusait tout soin médical à ceux qui n'ont pas d'assurance médicale privée ?
- Il n'y avait pas de filet de sécurité sociale, pas d'assurance chômage pour vous-même, votre famille et vos enfants ?
- Vous deviez travailler 40 à 60 heures par semaine avec une seule semaine de vacances par an – et cela seulement après avoir travaillé pendant un an ou deux ?
- Vous deviez emprunter de l'argent chaque année simplement pour nourrir votre famille et garder un toit au-dessus de leurs têtes ?
- Vous deviez emprunter 100 000 euros pour payer les études universitaires de votre enfant ?
- Vous aviez une dette bancaire tellement énorme que vous ne seriez jamais capable de la rembourser et ne pourriez jamais cesser de travailler jusqu'à votre mort ?
- Les universités étaient financées par des entreprises et obligées d'enseigner seulement ce que ces entreprises jugent important ?
- Toute l'infrastructure de la France et les richesses nationales étaient « privatisées » au bénéfice de quelques élites opulentes qui vous disent ce que vous pouvez faire ou non dans votre propre pays et vous font payer les ressources naturelles qui sont actuellement le bien commun de tous ?
Si vous pouvez imaginer ce que serait la vie dans de telles circonstances, alors vous savez à quoi ressemble la vie aujourd'hui pour une majorité d'Étasuniens. Les Étasuniens pensent qu'il est normal de travailler 50 heures par semaine avec seulement une semaine de vacances par an. Il y a beaucoup d'histoires d'horreur d'Étasuniens sans assurance refusés par les hôpitaux. Le système d'éducation étasunien a abouti à un taux d'alphabétisme de 50 % et seuls les riches peuvent accéder à l'université.
Les Étasuniens croient qu'une telle vie – une vie basée sur le montant d'argent que vous possédez – est le symbole de la liberté parce qu'ils ont subi un lavage de cerveau qui leur fait croire que l'argent fait l'homme. Voulez-vous la même chose pour la France ?
Vous ne me connaissez pas personnellement mais pour paraphraser une réplique du film V pour Vendetta, « Je suis Edmond Dantès... et je suis votre père. Et votre mère... votre frère... votre ami. Je suis vous... et moi. Je suis chacun d'entre nous. »
Dans la vraie vie, je suis un ancien banquier d'affaires d'une de vos plus grosses banques. J'ai des diplômes en économie et j'ai passé la plupart de ma vie d'adulte à observer le mouvement du capital international et comment il est manipulé par les gouvernements et les grandes entreprises pour convenir à leurs propres objectifs. Je suis aussi un rédacteur de http://www.sott.net/ parce que je le considère comme la voix de la Vérité la plus pure sur Internet. Mais, assez parlé de moi. C'est de vous, c'est de la France dont je veux parler.
Beaucoup de citoyens français se rappellent comment la France dormait pendant les années 1930 alors que l'Allemagne se réarmait et concoctait ses plans de domination européenne, des plans qui n'étaient pas cachés mais fièrement annoncés par Hitler et ses Nazis, pourtant la France dormait et a souffert de conséquences horribles et inévitables.
Peuple de France, votre président – un représentant de la cabale de l'élite mondiale et corporative avide de pouvoir – a énoncé ses plans clairement tout comme Hitler l'a fait, et encore maintenant vous dormez. Vous êtes en train d'être envahis, non pas par une armée, mais par des idées malveillantes et répugnantes répandues par vos leaders politiques et les médias.
Le but est d'infecter vos esprits avec ces idées et de faire du peuple français l'architecte de sa propre destruction. Quand votre président parle d'une « rupture » avec le passé, ce qu'il veut dire c'est une rupture de la société française ; la destruction de la manière de vivre à la française et cela ne sera pas moins horrible que l'invasion précédente par Hitler et ses hordes.
John Fitzgerald Kennedy a légué ces mots célébres : « Parce que nous sommes confrontés, autour du monde, à une conspiration monolithique et impitoyable qui s'appuie essentiellement sur des moyens voilés pour étendre sa sphère d'influence ; sur l'infiltration plutôt que l'invasion ; sur la subversion plutôt que les élections ; sur l'intimidation plutôt que le libre choix ; sur les guérillas nocturnes plutôt que les armées en plein jour. C'est un système qui a enrôlé de vastes ressources humaines et matérielles pour la construction d'une machine hautement efficiente, bien soudée, qui combine des opérations militaires, diplomatiques, d’espionnages, économiques, scientifiques et politiques. Ses préparatifs sont dissimulés, pas publiés. Ses erreurs sont enterrées, pas mises en lumière, ses dissidents sont réduits au silence, pas glorifiés ; aucune dépense n'est mise en question, aucune rumeur imprimée, aucun secret révélé. En bref, elle mène la guerre froide, avec une discipline de guerre contre laquelle aucune démocratie n'espérerait jamais souhaiter rivaliser... »
Votre ennemi est bien organisé, a un financement illimité, est mondial, impitoyable et a presque le contrôle total des médias. Votre ennemi est parmi vous et en de nombreuses façons en vous car vous avez été conditionnés à penser en termes limités et de là auto-limitants. Votre ennemi projette de détruire vos structures sociales paternalistes avec l'introduction de ce qu'on appelle un modèle économique « néolibéral américain » ; ou comme la journaliste Naomi Klein l'a appelé, un « Capitalisme Catastrophe ».
Vous avez été amenés à croire que la France est en quelque sorte protégée des prédations de l'économie néolibérale.
Cela a été accompli en grande partie en vous laissant ignorants de la vérité par le biais de la barrière du langage. Le monde anglophone est gorgé d'avertissements sur ce que l'économie libérale veut dire, pourtant la littérature disponible en France sur ces sujets des plus importants est limitée. Pourquoi cela ? Pourquoi se fait-il que vous en sachiez réellement si peu sur ce qui se passe vraiment en dehors de la France ?
M. Sarkozy tente de manipuler cette ignorance et d'encourager un intérêt personnel exagéré et la jalousie qui est tabou pour la psyché française. Bien qu'ils hésitent à l'admettre, beaucoup des supporters de M. Sarkozy de la classe moyenne sont motivés par la jalousie. Ils sont jaloux des avantages sociaux dont jouissent les fonctionnaires et sont manipulés par M. Sarkozy pour soutenir une politique qui dépouillerait les fonctionnaires de ces avantages. Ce que la classe moyenne échoue à comprendre, c'est qu'en soutenant actuellemnt l'action gouvernementale contre la classe ouvrière, ils se préparent eux-mêmes à un traitement similaire dans un avenir proche.
Ne vous trompez pas, les seuls gagnants qui émergeront de la « rupture » de M. Sarkozy seront l'élite dirigeante, les grandes entreprises internationales et les vautours étrangers qui becquetteront les os de la France. Les classes moyennes/professionnelles qui soutiennent actuellement M. Sarkozy perdront aussi leurs aises, ils ne le savent simplement pas encore.
Ils croient que par quelque mécanisme miraculeux, ils deviendront plus riches aux frais du travailleur ordinaire et que c'est « juste », « nécessaire » et « moderne ». L'élite dirigeante peut permettre qu'un petit peu des richesses de la France soit « prêté » aux classes moyennes à court terme, et les classes moyennes peuvent être achetées pour quelques euros, mais cela sera transitoire et finalement illusoire.
Croyez-moi, je le sais. La banque c'est mon métier.
Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le mécanisme utilisé pour soudoyer les classes moyennes a été l'inflation immobilière. Au cours de ces quelques dernières années, un boom massif des valeurs immobilières a été manigancé pour fournir l'illusion de la richesse. Pourtant aujourd'hui, alors que les prix commencent à chuter, cette richesse s'évapore tandis que la dette contractée pour acquérir cette propriété reste très réelle et de plus en plus chère et sonnera au final le glas des classes moyennes dans ces pays.
M. Sarkozy est un homme intelligent et impitoyable. Il sait qu'il ne peut pas persuader la France d'accepter le néolibéralisme (1), et finalement le fascisme directement. Il doit conduire la France vers une position où le résultat sera un « fait accompli ». Comment cette manœuvre sera-t-elle réalisée ? C'était le sujet discuté par les rédacteurs de SOTT juste avant le début des récentes grèves françaises.
Nous avons remarqué qu'une situation similaire existait au Royaume-Uni quand Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979 « engagée dans un programme non équivoque de réduction du pouvoir et de l'influence des syndicats » (2) et avec des plans soigneusement formulés pour « rompre » le pouvoir de la classe ouvrière britannique.
Nous avons spéculé que des tactiques similaires pourraient être utilisées en France. Et aussi, puisque la banque c'est mon métier, on m'a demandé de creuser le sujet et de vous présenter, à vous peuple de France, les grandes lignes de votre avenir.
La clé du succès de Margaret Thatcher dans la « rupture » du Royaume-Uni et l'imposition du néolibéralisme aux Britanniques était une préparation à long terme :
- Des augmentations massives du chômage, en particulier chez les minorités raciales, ont été manigancées tandis que le gouvernement trafiquait les statistiques du chômage. En conséquence, il y a eu une éruption d'émeutes majeures dans les zones urbaines les plus pauvres.
- Des tactiques policières qui avaient été peaufinées au cours des années de pratique en Irlande du Nord ont été déballées à la vue du public ; les années d'attaques sous fausse bannière en Irlande ont conditionné l'esprit du public au besoin d'une violence policière militariste massive pour « défendre la loi et l'ordre ».
- Des dirigeants syndicaux ont été mis en place, dont le comportement subséquent ne pourrait être décrit que comme « lâche », affaiblissant ainsi l'unité parmi les syndicats.
- Des grèves dans les industries avec les syndicats les plus forts ont été délibérément générées par la provocation. Une « guerre d'usure » a été menée avec des attaques diffuses de la part du gouvernement sur une base graduelle. Aucune n'était assez sévère pour que les membres de la base des syndicats ne réalisent qu'ils installaient une confrontation majeure dans le futur.
- De nouvelles lois limitant les droits des travailleurs à la grève ont été introduites là où les syndicats avaient réussi.
- Ainsi, le gouvernement a analysé avec succès son ennemi, observé sa réaction et a rendu essentiellement la plupart de cette réaction illégale ; décimant la capacité des travailleurs à exercer leurs droits et neutralisant leur pouvoir.
Finalement, Thatcher était prête pour la bataille finale. Son gouvernement a été réélu sur le dos de l'euphorie nationale générée par la guerre des Malouines et ses stratèges étaient prêts à tout conflit ouvert avec les syndicats et les classes ouvrières.
La faiblesse des syndicats et les nouvelles lois qui empêchaient les grèves sans vote majoritaire d'un scrutin syndicaliste ont donné au gouvernement la fermeté et le soutien public nécessaires pour finalement défier l'industrie la plus vulnérable du pays, les mines de charbon.
Les parallèles avec la France semblent trop importants pour être ignorés. Le travail de base a été entrepris de façons très similaires.
Comme Margaret Thatcher en 1982, M. Sarkozy est au début d'un nouveau mandat et revendique un mandat populaire. Margaret Thatcher a dit fameusement « Il n'y a pas d'alternative » et « La femme n'est pas pour le changement de direction » ; tandis que M. Sarkozy a dit « Nous ne nous rendrons pas et nous ne battrons pas en retraite... La France a besoin de réformes pour relever les défis que lui impose le monde. »
En spéculant que M. Sarkozy aura appris non seulement des conflits salariaux britanniques mais aussi mondiaux, il y a deux semaines nous avons conjecturé que :
1. M. Sarkozy cherchera à établir le programme et à s'assurer que les médias focalisent l'attention du public sur la réforme là où les syndicats sont les plus faibles et la sympathie du public la moins probable.
2. Afin de marginaliser davantage les travailleurs dans l'esprit du public, des évènements violents seront manigancés pour qu'ils se produisent ou soient montés (opérations fausse bannière) de façon à éloigner les grévistes des « gens ordinaires ». Les médias monteront en épingle ces questions hors de proportion des faits et des évènements impliqués.
3. Les dirigeants syndicaux sembleront rester figés comme des lapins dans les phares d'une voiture tandis que les médias se focaliseront sur le « mal » des ces évènements fabriqués.
4. Les points 1, 2 et 3 ci-dessus entraîneront une division de l'opposition aux réformes – cela sera exploité par les médias quand, selon toute vraisemblance, la « division » portera sur des détails et pas sur les principes. Les médias se focaliseront sur ceux qui s'opposent aux grèves et pas ceux qui ont des griefs valides ne pouvant être défendus que par la grève.
5. Les ministres bénéficieront de large espace médiatique et de temps d'antenne pour condamner les grévistes pour leur « égoïsme » et leur « manque de responsabilité sociale ». Les grévistes seront accusés de « menacer la grandeur de la France », « refuser la modernisation », « mettre des vies en danger », « tenir le pays en otage », « causer le chaos économique ».
6. La violence éclatera comme des points de contact clés entre les grévistes et ceux s'opposant officiellement aux grèves. Dans tous les cas, les grévistes seront rendus responsables de la violence. La police sera amenée pour « supprimer la violence » alors qu'en fait, elle l'enflamme.
7. Dans les zones des classes ouvrières pauvres, des évènements seront montés pour fabriquer une réponse violente des « masses » et conditionner l'esprit du public à la nécessité de la violence de la police et des CRS « pour défendre la France ».
8. Les termes des négociations entre le gouvernement et les syndicats seront soit gardés secrets, soit simplement cachés au public. Les vrais termes seront si désavantageux aux travailleurs qu'ils ne pourront vraiment pas les accepter, tout ça pendant que l'attention du public sera focalisée sur une « issue ingagnable », une issue qui recueille peu de sympathie de la part du public. Les travailleurs feront à nouveau la grève et descendront dans la rue.
9. À ce moment, la violence éclatera sur les piquets de grève et les CRS seront envoyés contre les grévistes. De petits groupes de grévistes seront montrés comme étant très violents. Ces individus (possiblement des agents provocateurs) seront utilisés pour discréditer tout le travail du mouvement et les dirigeants syndicaux seront obligés de se distancier de la violence, donnant ainsi la victoire à M. Sarkozy dans l'arène de l'esprit du public et dans les esprits des travailleurs modérés.
Les événements de ces deux dernières semaines nous ont donné raison. La stratégie de M. Sarkozy a suivi nos spéculations à la lettre mais c'est seulement le début. M. Sarkozy a eu la permission d'arrêter le programme de la réforme des retraites. La provision pour un départ anticipé chez les travailleurs aux métiers fatigants comme les chemins de fer était juste quand le travail était plus difficile, mais est maintenant largement considérée comme dépassée.
Un « sabotage » opportunément orchestré a divisé les syndicats et l'opinion publique, les dirigeants syndicaux se sont figés et ont brisé les rangs vendredi dernier sous le feu des médias généré par le « sabotage ». La violence « a jailli » dans les universités et il y a 5 nuits, 3 personnes ont été tuées dans un « incident » avec la police, et des « émeutes » prévisibles se sont ensuivies pendant trois nuits.
Tout se déroule selon le plan ! Un récent article de la presse dominante illustre la majeure partie de cela :
Les Grèves Françaises s'arrêtent AP – 24 novembre 2007 PARIS –
Le président français Nicolas Sarkozy s'est concentré sur une bataille gagnable, a divisé l'opposition et semble avoir pris le dessus après neuf jours de grèves des cheminots échauffés.
Pourtant des tensions subsistent alors que le débrayage a cessé et que le trafic ferroviaire a commencé à reprendre vendredi.
La violence des étudiants protestataires a provoqué la fermeture de la Sorbonne et souligné les inquiétudes sur la façon dont Sarkozy et ses compatriotes résisteront à ses plans douloureux pour refaire une France stagnante, résistante à la réforme.
Sarkozy a remporté ce qui était considéré comme une victoire nécessaire pour son programme de réforme plus général en faisant face aux cheminots en colère contre son plan de les faire travailler plus longtemps pour bénéficier d'une retraite. « Cette réforme, je l'ai promise, je l'ai tenue », a-t-il dit dans un discours confiant vendredi. J
eudi, les cheminots se sont mis d'accord pour reprendre le travail sur la promesse de pourparlers qui pourraient adoucir – mais sans compromettre – la réforme des retraites.
En résistant aux cheminots, Sarkozy espérait briser le recours instinctif des syndicats aux grèves, comme Margaret Thatcher l'a fait en écartant les mineurs de charbon et comme Ronald Reagan l'a fait avec les contrôleurs de trafic aérien dans les années 1980.
Sarkozy a astucieusement mis une distance entre les syndicats militants et modérés lors de la grève des transports prolongée, et les socialistes de l'opposition n'ont pas pu résister à ses tactiques guerrières méthodiques.
Sarkozy a exprimé l'espoir qu'à l'avenir, les syndicats « préféreront toujours les négociations à la confrontation. » Cela marquerait un changement majeur pour la France. L'élection de Sarkozy en mai – sur la base d'un programme de « rupture » dramatique avec le passé – a montré que la plupart des Français étaient prêts au changement.
Les banlieusards depuis longtemps habitués aux débrayages ont rapidement perdu patience avec cette grève des transports et ont été prompts à critiquer les cheminots grévistes défendant des privilèges considérés pour la plupart comme injustes.
« Au moment où la grève se termine, quand la raison prévaut, mes premières pensées vont aux millions de Français qui... ne peuvent en supporter plus après 10 jours de pagaille... à ces millions de Français qui ont eu le sentiment d'être pris en otage dans un conflit qui ne les concerne pas », a-t-il dit.
Mais des millions ont voté contre Sarkozy et ne sont pas prêts à lui donner carte blanche. Les pourparlers avec les cheminots sont sûrs d'être tendus et certains syndicats menacent de nouvelles grèves s'ils n'obtiennent pas assez de concessions. Et la réforme des retraites n'est qu'une petite chose que Sarkozy a dans sa manche pour l'avenir de la France. Il dit que la France a trop de fonctionnaires qui pèsent sur le gouvernement endetté.
Les 5 millions de fonctionnaires de la France ne sont pas tous d'accord et beaucoup résistent aux suppressions de postes et demandent à être mieux payés. Ils ont tenu leur première grève mardi et menacent de continuer. Le plan de Sarkozy de renoncer au système rigide et compliqué des contrats de travail qui reprend en sous-oeuvre la main-d’œuvre de la France est sûr d'être un sujet sensible.
Et puis il y a les universités récalcitrantes. Le campus de la Sorbonne était fermé vendredi suite à la violence entre les étudiants protestant contre une réforme du financement des universités et d'autres étudiants essayant d'aller en cours.
Les étudiants ont bloqué le symbolique immeuble Left Bank pendant des jours mais ont eu recours vendredi à la « violence physique », a dit l'administration qui a fermé l'école jusqu'à lundi. Les étudiants des grandes écoles et des universités envisagent de nouvelles protestations mardi.
Les voyageurs ont salué l'amélioration du trafic vendredi bien qu'on s'attendait à ce que la reprise du service total du trafic ferroviaire de la nation et des transports publics à Paris et dans d'autres villes prenne des jours. Avec un signal clair, la grève se terminait, certaines stations de métro commençaient à nouveau à encaisser des tickets vendredi. Pendant la grève, le transport sur les quelques rames en circulation était gratuit.
Il est essentiel que chacun en France comprenne que le sujet de ces grèves n'est pas que les cheminots obtiennent un régime de retraite particulier ou non.
Ces grèves sont le tranchant du coin économique néolibéral enfoncé dans l'âme de la France socialiste. Pourtant, il semble que la France soit à nouveau endormie et inconsciente des dangers. La France a été amenée par la ruse à penser que la question était la réforme des retraites.
Un coup d’œil sur l'espace médiatique relatif accordé aux grèves de la SNCF et du métro montre l'étendue du contrôle de M. Sarkozy.
Alors qu'une partie de la grève des cheminots concernait les retraites, de nombreux autres travailleurs s'opposent aux « réformes » qui illustrent bien mieux la vraie nature du programme de Sarkozy. En permettant à M. Sarkozy et aux médias de se focaliser principalement sur la réforme des retraites, les syndicats ont donné à M. Sarkozy un énorme avantage. En reculant au point crucial où les Français commençaient à voir la valeur des travailleurs dont tant de personnes semblent heureuses de détruire les droits, les syndicats lui ont tendu la victoire et ont scindé l'opposition auparavant unie.
M. Sarkozy est un tyran qui a affirmé catégoriquement qu'il n'avait pas à écouter la volonté des gens. C'est la manière dont Tony Blair a traité les Britanniques et la manière dont George W. Bush traite les Étasuniens. Est-ce cela que vous voulez pour la France ?
Il est douloureux pour beaucoup d'entre nous qui se sont franchement réjouis quand le très mal-aimé Jacques Chirac a fait un pied de nez aux Étasuniens et a dit « Non ! » à l'invasion illégale de l'Iraq , de voir ce qui se produit en France : il est en fait perturbant de réaliser que M. Sarkozy reçoit un quelconque soutien.
Il est certainement évident que les États-Unis s'effondrent, le système financier mondial frôle le bord du chaos et le modèle économique néolibéral a été exposé comme rien de plus qu'une version moderne du pillage et de la mise à sac du passé ignorant.
Donc, M. Sarkozy a-t-il perdu la tête ? Ou prévoit-il d'entraîner la France dans l'abîme avec le reste des Capitalistes Catastrophes ?
Malgré ce que M. Sarkozy peut déclarer, sur la base de mes interactions avec les citoyens français, le peuple de France n'accepte pas l'hégémonie mondiale belliqueuse des États-Unis et ne veut pas du cauchemar étasunien en France. Plus que jamais dans leur histoire, le peuple de France doit défendre la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.
Ne faites pas d'erreur, c'est une guerre pour la liberté de la France – une guerre de volontés cachée – qui doit être menée de front. Mais par-dessus tout, vous devez résister avec vos cœurs, vos voix et vos corps mêmes à toutes tentatives de semer la division parmi vous. Unis vous tenez, divisés vous tomberez.
Notes :
(1) Le néolibéralisme est une étiquette de libéralisme économique qui décrit la politique gouvernementale qui affirme promouvoir la concurrence de libre marché dans une économie donnée et finalement mondialement. Développé par Milton Friedman et ses disciples à l'Ecole d'Economie de Chicago – http://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberal
(2) Voir http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/3502759.stm
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