17.04.2008
UIMM : Interview de Gérard Filoche, inspecteur du travail
FRANCE-SOIR. Les retraits en liquide sur les caisses de l’UIMM relèvent-ils du droit ou de la nécessité dans la gestion des relations sociales ?
GÉRARD FILOCHE. Ni droit ni nécessité, plutôt corruption. Denis Gautier-Sauvagnac était payé 240.000 euros et distribuait 2 millions d’euros par an, prélevés en liquide sur une caisse noire de 600 millions d’euros, pour payer des salaires, briser les grèves, financer des juristes, propagandistes et politiques en vue de défendre les théories ultra-libérales de l’UIMM et du Medef. Il bataillait pour supprimer le smic, les 35 heures, la retraite à 60 ans, les cotisations sociales, le droit du travail, en accord total avec Mme Parisot. Il se faisait aussi des prêts à lui-même. L’argent circulait en caisse de 26 à 32 kg. Tracfin a établi que ce trafic existe depuis au moins huit ans ! C’est un scandale inouï à un pareil niveau : Medef et UIMM constituent l’une des principales puissances de ce pays.
PSA reconnaît avoir bénéficié des largesses de la caisse noire de l’UIMM, l’identité des bénéficiaires demeurera-t-elle secrète longtemps ?
L’argent a été collecté sous forme de « double cotisation » spéciale auprès de 0,004 % de la masse salariale des entreprises de la métallurgie. Sur quelle ligne comptable ? Peut-on parler d’abus de biens sociaux ? Qui a fait fructifier cet argent pour passer d’une caisse de 170 millions d’euros à 600 millions d’euros ? Y a-t-il eu des délits d’initié à l’image de ceux invoqués à l’encontre des actionnaires d’EADS ? Après tout, cet argent aurait dû rester entre les mains des salariés métallos, non ? En fait, il était distribué aux patrons pour briser les grèves, pour qu’ils tiennent bon, ne cèdent pas aux revendications. « DGS » applique l’Omerta. Mais les citoyens doivent savoir, la justice doit passer.
Daniel Dewavrin, ex-président de l’UIMM, est entendu dans les locaux de la brigade financière, ultime rebond de l’affaire ou suite logique de l’instruction ?
Tout est à venir : une enquête préliminaire a été ouverte le 26 septembre 2007, puis une enquête judiciaire le 25 novembre, et personne n’est encore en préventive. N’importe quelle bande de trafiquants de Mobylette en banlieue y serait pour moins que cela. Le jeune trader Jérôme Kerviel de la Société générale a été emprisonné trente-sept jours pour l’empêcher de « se concerter » avec des tiers et de « détruire les preuves. Or DGS et ses comparses, dont Daniel Dewavrin, accusés d’« abus de confiance », de « destruction de preuves », circulent en liberté, s’organisent chaque jour depuis six mois pour empêcher la vérité d’éclater. La suite logique serait que la bande tout entière soit sous les verrous car, Mme Parisot l’a reconnu, « beaucoup savaient » et, selon elle, c’était « un secret de famille ».
Quid du caractère moral de cette réserve d’argent « anti-grève » au regard du principe de libre concurrence ?
Medef et UIMM sont prétendument des défenseurs de la « concurrence libre et non faussée » et là, ils ont mis en place un système d’assurance secret servant à protéger les patrons de la métallurgie menacés par l’usage du droit constitutionnel de grève : ce n’est rien d’autre qu’une façon de fausser la concurrence ! J’ai dédié mon livre à Cathy, caissière chez Carrefour à Port-de-Bouc, près de Marseille, qui a fait grève pendant seize jours en février 2008 pour un demi-euro d’augmentation. Elle n’a même pas obtenu satisfaction ; sans le sou, elle a pris un morceau de viande et de fromage pour ses enfants sans passer par la caisse ; elle a été licenciée immédiatement. Tandis que pour ses méfaits Denis Gautier-Sauvagnac, pris la main sur la poignée de la mallette, s’est vu promettre 1,5 million d’euros pour se taire, par son successeur M. de Virville. Ce « deux poids, deux mesures » est intolérable.
Gérard Filoche est l'auteur du livre Les Caisses noires du patronat, l’argent sale de l’UIMM et du Medef, Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 14,90 euros.
Article original : France-Soir.
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04.03.2008
Parisot Thatcher même combat
La présidente du Medef, Laurence Parisot, appelle tous les chefs d'entreprise à la mobilisation après la révélation de l'accord entre l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et son ancien président mis en examen pour de mystérieux retraits d'espèces.
L'UIMM a reconnu cette semaine avoir versé 1,5 million d'euros d'indemnités de départ à Denis Gautier-Sauvagnac, qui a également reçu l'assurance d'une prise en charge d'éventuelles sanctions financières.
"Je lance un appel à tous les chefs d'entreprise de France, des TPE, des PME, des grands groupes, quelle que soit leur taille, quels que soient leurs secteurs d'activité, et en particulier à ceux de l'industrie, afin qu'ils me soutiennent et s'associent à moi pour tout remettre à plat", déclare Laurence Parisot dans un entretien au Journal du Dimanche daté du 2 mard.
"Je m'adresse notamment aux adhérents de l'UIMM qui sont choqués par ce que nous découvrons", ajoute-t-elle.
Note de P&P : Les intentions de Parisot sont à peine voilées : "Je lance un appel à tous les chefs d'entreprise de France, des TPE, des PME, des grands groupes, quelle que soit leur taille, quels que soient leurs secteurs d'activité, et en particulier à ceux de l'industrie, afin qu'ils me soutiennent et s'associent à moi pour tout remettre à plat". Parisot profite du scandale de l'UIMM pour augmenter encore son pouvoir au sein du monde syndical.
'"Transparence et éthique"
"L'UIMM et le Medef sont deux entités séparées, mais je sais que la plupart des dirigeants d'entreprise de l'UIMM sont de bonne volonté et partagent nos valeurs, ajoute-t-elle. Avec eux, je veux rassembler tous les patrons qui exigent transparence et éthique, tous ceux qui sont prêts à se dresser contre les démonstrations d'opacité que certains nous infligent, et contre leur sentiment abusif d'impunité."
Note de P&P : Parisot n'a que faire de la transparence et de l'éthique. Il s'agit simplement de prétextes moraux pour atteindre ses fins. Croyez-vous vraiment qu'un individu animé par l'éthique et la transparence se retrouve à la tête du MEDEF, requin parmi les requins, cynique parmi les cyniques ?
Laurence Parisot "demande solennellement à tous les membres de l'UIMM qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre immédiatement leur mandat à la disposition du Medef".
Elle précise que Michel de Virville, le président de l'Unedic, lui a déjà remis sa démission. "Je salue son geste", dit-elle.
Selon l'hebdomadaire Marianne, qui a révélé l'accord entre l'UIMM et Denis Gautier-Sauvagnac, Michel de Virville aurait négocié l'indemnité de 1,5 million d'euros, destinée selon la gauche à acheter son silence.
Note de P&P : Parisot a du se frotter les mains en apprenant la démission du président de l'UNEDIC car il s'agit exactement de son objectif, prendre la place de l'UIMM.
Si l'on revient un peu en arrière, on constate qu'au moment de la formation des syndicats patronaux, qui ne sont ni plus ni moins que des organes de lobbying organisés par filière, le secteur de la métallurgie de par son importance de l'époque s'est taillé la part du lion.
Concrétement cela veut dire que l'UIMM truste depuis des années la plupart des postes de dirigeants dans les organisations patronales et paritaires (chambres de commerces, Conseil economiques et sociaux, UNEDIC, URRSAFF, ANPE, APEC,...).
Parisot est en train de récupérer pour le MEDEF les places, le pouvoir et les rémunérations qui étaient aupravant réservées à l'UIMM. Pour nous citoyens lambda cela ne change pas grand chose, ce seront toujours des individus de peu de conscience et de grande ambition qui présideront aux fonctions aussi essentielles que l'assurance chomage, l'assurance maladie, la recherche d'emploi, les politiques économiques et sociales et qui bien évidemment se serviront grassement sur la bête.
"Toutes les hypothèses"
Priée de dire si elle comptait engager une procédure judiciaire, Laurence Parisot répond : "J'étudierai toutes les hypothèses. L'accord entre l'UIMM et son délégué général me semble très discutable sur le plan juridique."
Denis Gautier-Sauvagnac, qui est toujours directeur général de l'UIMM, a été mis en examen pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé" le 15 janvier.
L'enquête judiciaire concerne une vingtaine de millions d'euros retirés en liquide sur des comptes de l'UIMM entre 2000 et 2007. Denis Gautier-Sauvagnac admet son implication, mais il a refusé de livrer le nom des bénéficiaires de ces fonds.
Article original Libération. 01/03/08.
Note de P&P : Il est piquant de voir Parisot revêtir son costume de paragon de l'équité. Au-delà de ses beaux discours penchons-nous un instant sur les faits :
Laurence Parisot a été élue présidente du Mouvement des entreprises de France mardi 5 juillet, dès le premier tour, lors de l'assemblée générale extraordinaire du MEDEF réunie à Paris. Désignée par 271 voix et âgée de 46 ans, la patronne de l'institut de sondage Ifop succède à Ernest-Antoine Seillière, qui en avait fait sa favorite.
Si l'on peut se réjouir de l'élection d'une femme dans un monde de bru..., pardon, très masculin, Laurence Parisot sera jugée "comme un homme", a prévenu Marie-George Buffet pour le Parti communiste (source : agence AP).
D'ailleurs, Parisot en imite déjà certains penchants, comme l'intérêt pour les sports qui font vroum-vroum (moto, ski nautique, grosses bagnoles) et possède même une Maserati héritée de papa (source : AP).
Arrivée à la tête de l'IFOP en 1990, à seulement 31 ans, Laurence Parisot est également patronne de l'entreprise familiale Optimum (portes de placards coulissantes) depuis 2002, membre du conseil de surveillance d'Euro Disney depuis 2000, du Conseil économique et social (CES) et du conseil consultatif du cabinet d'audits financiers Ernst & Young depuis 2004, du conseil de surveillance de Michelin depuis le 20 mai 2005 et du conseil d'administration de Havas depuis le 9 juin. Ah ! On oubliait de préciser... A part tourner la poignée des gaz, Laurence Parisot a deux dadas dans la vie : passer icelle au boulot et jouer au fléchettes sur le Code du travail ("La liberté de penser s'arrête la où commence le Code du travail", affirmait-elle en janvier).
Note de P&P : IFOP le faiseur d'opinion, Ernst & Young condamné entre autre dans les affaires Crédit Mutuel, Peoplesoft, ou Norboug, Disney le ramolisseur de cerveau made in USA ou l'entreprise Michelin restée fameuse pour avoir publié en 1999 des bénéfices semestriels en hausse de 20 %, en même temps qu'elle annonçait un plan de restructuration entrainant 7 500 suppressions d'emplois.
Aussitôt après son élection, Laurence Parisot a d'ailleurs appelé à "une refonte du Code du travail", jugeant celui-ci "kafkaïen, absurde et inadapté" au monde actuel. Mais sans "entamer la protection de l'individu" (source : agences Reuters et AP). "Il ne s'agit pas de la liberté formelle que bien sûr notre République nous garantit mais de la liberté pratique, la liberté d'exercer intelligemment sa réflexion face en l'occurrence à un droit du travail qui est kafkaïen, qui est par bien des côtés absurde, et qui empêche tout le monde dans l'entreprise de travailler intelligemment", a déclaré Laurence Parisot sur TF1.
Note de P&P : vous noterez la profondeur de la réflexion philosophique de Parisot qui vient d'inventer la distinction entre "liberté formelle" et "liberté pratique". Ce n'est pas le code du travail qui est kafkaïen c'est le monde promu par Parisot et ses acolytes, ce monde où l'individu est esclave de son patron, de son salaire, où malgré l'essentiel de sa vie diurne passée à trimer il stagne dans la pauvreté et la précarité. Ce monde qu'il aura parcouru comme un mauvais cauchemar en passant du statut d'étudiant pauvre à celui de salarié pauvre puis à celui de retraité pauvre.
"Une politique économique favorable aux entreprises, c'est la condition même du social", estime également Laurence Parisot, note un article du Monde consacré à ses réseaux. "L'Europe sociale ne peut se faire que dans l'Europe libérale." La nouvelle présidente du MEDEF s'en prend aussi aux syndicats. Elle veut "casser un tabou : celui des règles de représentativité syndicale" et de "la présomption de représentativité" accordé depuis 1966 à la CGT, la CFDT, FO,la CGC et la CFTC.
Note de P&P : Parisot ne veut pas casser un tabou mais seulement prendre la place des syndicats de salariés et y mettre son syndicat patronal.
La Canard Enchaîné du 6 juillet 2005 révèle comment "La patronne du MEDEF s'est déjà affranchie du Code du travail". L'une de ses anciennes employées de maison avait déposé plainte pour rupture abusive de contrat. L'affaire devait être jugée le 5 juillet, précisément le jour de l'élection de Laurence Parisot à la tête du MEDEF.
La plaignante était officiellement "assistante", entre mars 1998 et novembre 2000, mais travaillait en fait comme gouvernante chez Parisot. Surprise, les fiches de paie de l'employée étaient celles d'une filiale de l'Ifop, entreprise que dirige Parisot. "Moralité, sa patronne a fabriqué un faux contrat de travail, de fausses fiches de paie et rédigé une fausse lettre de licenciement. Et utilisé des fonds de l'Ifop a des fins personnelles."
L'audience prévue n'a pourtant pas eu lieu. La plaignante "s'est très spontanément désistée de sa requête et des 20000 euros de dommages et intérêts qu'elle réclamait. A la grande surprise de ses défenseurs (dont la CGT), qui n'en avaient même pas été informés ! Et ces persifleurs d'interpréter son revirement de dernière minute comme la conséquence d'un chèque reçu en dédommagement."
Note de P&P : Vous souvenez-vous du début de cet article où Parisot, jeune vierge effarouchée se gargarise d'éthique, de transparence et d'équité. La même Parisot, nantie parmi les nantis donneuse de leçons moralistes exploite une employée de maison, produit des faux documents et détourne des fonds. Que dire de plus ?
L'hebdomadaire satirique note au passage que l'Ifop est "un intéressant laboratoire" : neuf salariés sur dix y sont en CDD, et révocables à tout moment en vertu du statut de sondeur de terrain, dérogatoire au Code du travail.
Note de P&P : Oui un laboratoire où les rats sont des êtres humains asservis et où les expérimentateurs totalement dénués de conscience se délectent des souffrances et profite du labeur de leurs cobayes.
2e article original Blog Fabiana
22:13 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : parisot, uimm, sauvagnac, medef, seillere, syndicats, unedic


