13.05.2008

Sauvons la recherche

Dans la continuité du discours de N. Sarkozy sur la recherche et l'enseignement supérieur, le gouvernement poursuit une politique qui se caractérise notamment par une focalisation sur la recherche qui lui apparaît, aujourd'hui, comme utile, et par une limitation de l'investissement public à cette seule partie de la recherche, ainsi qu'au soutien aux entreprises, au détriment notamment de l'emploi scientifique. Le contrôle étroit de l'activité de recherche par le politique et l'économie est contreproductif et dangereux, l'histoire nous l'a largement appris. 

Pourtant, c'est manifestement l'objectif principal de notre gouvernement. Une des façons d'y aboutir est de fragmenter le CNRS Instituts qu'il veut rendre plus facilement orientables. Cette fragmentation du CNRS devrait être décidée par son conseil d'administration, le 19 juin. Elle aurait des conséquences dramatiques, en particulier pour l'avenir de secteurs jugés "inutiles" comme la biologie la plus fondamentale ainsi que pour une grande partie des SHS (Sciences Humaines et Sociales). 

La question se pose en effet de leur maintien au sein du CNRS, avec tout ce que cela suppose comme intégration à la politique scientifique et comme moyens humains et budgétaires. Quant aux personnels, c'est évidemment un non-sens de prétendre investir dans le domaine de la connaissance en refusant de proposer des conditions de travail dignes aux jeunes qui veulent s'y investir, et à qui on offre de plus en plus de courts CDD, dont la plupart n'ont pas de débouchés stables.

La politique du gouvernement en matière d'enseignement supérieur et de recherche ces dernières années a conduit la France à la 14e place en termes de dépenses de recherche et développement. Elle mène droit dans le mur non seulement les personnels qui y travaillent, les étudiants, mais toute la population qui a besoin que ce secteur soit en bonne santé. Nous vous appelons donc à vous joindre à nous à deux occasions en ce mois de mai.

- 15 mai : Journée de grève avec manifestations, pour défendre et améliorer la fonction publique. La recherche et l'enseignement supérieur font partie de ces services publics que le pouvoir actuel est en train d'affaiblir. Dans notre secteur, aucune création de postes n’a été prévue alors que les manques en personnels de toutes catégories sont criants. La priorité donnée à la réussite en licence, les conditions d’études afférentes, ne pourront se concrétiser sans création de nouveaux emplois scientifiques. Pour soutenir nos services publics, nous défilerons le 15 mai, à l'appel de SLR et de nombreux syndicats.  
Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1879    

- 15 mai, 17h15 à 20h15 : les sciences humaines et sociales - quelle place, quel avenir, quels enjeux ? Réunion nationale à Paris sur la place des SHS, et plus largement des thématiques non-prioritaires aujourd’hui. Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1876 

 - 27 mai : Academic Pride (La marche de tous les savoirs) à l'appel de SLR et de plusieurs syndicats. Nous, chercheurs, enseignants-chercheurs et ITA, marcherons le 27 mai, parce que nous sommes fiers de nos recherches, des plus discrètes jusqu’aux plus visibles, qui obtiennent des récompenses internationales (Médaille Fields en 2006 ou le prix Nobel en 2007) et qui consacrent le travail de très longue haleine mené par des équipes. Il faut que nous soyons nombreux dans la rue ce jour-là pour dire que nous sommes fiers de nos métiers, et que nous défendons un certain nombre de valeurs qui sont indispensables à ce type d'activité.  Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1875 et http://www.academicpride.fr.nf/    

Vous trouverez sur notre site plusieurs articles sur ces questions :   

- sur la découpe de la recherche :http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1854  
- l'appel sur les SHS : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1867  
- une comparaison internationale des réformes universitaires en cours : chronique des ravages annoncés de la "modernisation" universitaire en Europe : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1872  
- le début d'une série d'articles analysant la réalité du budget de la recherche : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1878     

 

Note de P&P : Sarkozy et ses sbires poursuivent leur entreprise de démantèlement de la recherche publique française avec une attention particulière portée aux sciences sociales. Cette spécificité résonne fortement avec ce passage de Ponérologie Politique qui fut pourtant écrit il y a plusieurs décennies :     

La situation des sciences sociales et médicales, ainsi que des personnes qui y travaillent, ne peut être comprise que quand on a saisi la vraie nature de la pathocratie à la lumière de l’approche ponérologique. Imaginons donc quelque chose qui n’est  possible qu’en théorie, c’est-à-dire un pays soumis à une règle pathocratique, mais où il est autorisé de développer librement ces sciences, de laisser circuler tout aussi librement de la littérature scientifique, et d’avoir des contacts avec les hommes de science d’autres pays.  La psychologie, la psychopathologie, la psychiatrie, seraient florissantes et produiraient des représentants remarquables. Quels seraient les résultats ? 

Cette accumulation rapide de connaissances utiles permettrait d’entreprendre des études dont nous saisissons la portée. Les éléments manquants et les questions insuffisamment approfondies seraient complétés et approfondis grâce à des recherches détaillées. Le diagnostic de la situation pourrait donc avoir lieu, disons, dans la première douzaine d’années de formation d’une pathocratie, particulièrement si cette dernière est imposée. La base du scénario de déduction serait significativement plus large que tout ce que l’auteur peut présenter ici, et ces scénarios seraient illustrés grâce à un riche corpus de matériel analytique et statistique. Une fois communiqué à l’opinion mondiale, ce diagnostic serait promptement intégré, ce qui aurait pour résultat d’expulser de la conscience de la société les naïves doctrines politiques et la propagande. 

Il atteindrait les nations faisant l’objet de visées expansionnistes de la part de l’empire pathocratiques. Cela rendrait pour le moins caduque toute idéologie élaborée sur le modèle d’un Cheval de Troie pathocrate. En dépit de leurs différences, les pays gouvernés par des systèmes normaux seraient solidaires devant un danger déjà compris, leur solidarité étant semblable à celle qui lie les gens normaux forcés de vivre sous une règle pathocratique. Cette conscience, répandue dans les pays affectés par ce phénomène, renforcerait simultanément la résistance psychologique des sociétés normales et leur fournirait de nouveaux moyens d’autodéfense. Est-ce qu’un empire pathocratique peut se risquer à permettre cela ? 

Pendant les périodes où les disciplines susmentionnées se développent avec rapidité dans un certain nombre de pays,  le problème de la prévention de la menace psychiatrique devient une question de vie ou de mort pour la pathocratie. Tout risque de voir émerger une telle situation doit donc être étouffé dans l’oeuf, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’empire.     

 

16.12.2007

Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA

  Note de P&P : A travers la diffusion de dogmes, de croyances, de vérités tronquées, les médias dominants oeuvrent avec succès au maintien des élites.

L'un des dogmes les plus solides soutenu par ces médias est celui des ONG bienfaitrices.

Comme leur nom l'indique, celles-ci semblent au-dessus des partis et des contingences politiques. Les ONG luttent contre l'horreur répandue par les multinationales, les guerres, les dictatures ou les catastrophes naturelles.Telles le bon samaritain, elles interviennent pour défendre le bien de l'humanité et combattre ses oppresseurs.

Nous sommes d'autant plus prompt à croire à une telle caricature que dans un monde tellement dominé par le cynisme, les vertueuses ONG constituent une de nos dernières sources d'espoir. Elles nous permettent aussi d'avoir bonne conscience avec la certitude que nos dons iront, comme annoncé, à telle ou telle population défavorisée et contribueront à réduire d'autant la souffrance sur notre planète.

Certaines ONG mènent sans nul doutes de telles actions bienfaitrices. Ceci dit, comme toute organisation, à fortiori lorsqu'elles atteignent un certain niveau de financement, de notoriété et de pouvoir, elles sont l'objet d'un processus de ponérisation que Andrew Lobaczewski a décrit en détail dans Ponérologie Politique :

 "...Les psychopathes se tiennent en général à l’écart des organisations sociales caractérisées par la raison et la discipline éthique: elles ont été créées par un monde de gens normaux qui leur est tout à fait étranger.

Ils méprisent donc les idéologies sociales mais perçoivent en même temps leurs faiblesses. Mais une fois lancé le processus de transformation ponérique d’une association humaine, ils le perçoivent avec une sensibilité quasiment infaillible: un cercle a été créé, où ils peuvent dissimuler leurs déficiences et différences psychologiques, trouver leur propre modus vivendi, et peut-être même réaliser un rêve utopique de jeunesse.

Ils commencent alors à infiltrer les rangs du mouvement; faire semblant d’être des adhérents sincères ne leur est aucunement difficile puisque pour eux c’est une seconde nature que de jouer un rôle et se cacher derrière un masque de normalité.


L’intérêt des psychopathes pour de tels mouvements ne résulte pas exclusivement de leur égoïsme et d’une absence de scrupules. Ces gens ont en fait été blessés par la nature et la société . Une idéologie visant à libérer une classe sociale ou une nation de l’injustice peut donc leur paraître attrayante.

Malheureusement, elle suscite également l’espoir irréaliste qu’eux-mêmes seront libérés aussi. Les motivations pathologiques apparues au sein de l’association quand elle a commencé à être affectée par le processus ponérogénique leur semblent familières et inspirantes. Ils s’insinuent donc dans des mouvements qui prêchent la révolution et la guerre à ce monde injuste qui leur est tellement étranger.


Ils commencent par exécuter des tâches subalternes au sein du mouvement et obéir aux ordres du chef, spécialement quand il faut faire quelque chose qui inspire de la répugnance aux autres . Leur zèle et leur cynisme font l’objet de critiques de la part des membres plus raisonnables de l’association, mais ils leur acquièrent aussi le respect de certains des révolutionnaires.

Ils trouvent ainsi protection de la part de gens qui ont participé à la ponérisation du mouvement, et ils repayent les faveurs de ceux-ci par des compliments ou en leur facilitant les choses. C’est ainsi qu’ils grimpent les échelons de l’organisation, deviennent influents, et presque involontairement plient tout le groupe à leur propre expérience de la réalité et aux objectifs issus de leur nature déviante.

Une maladie mystérieuse fait des ravages au sein de l’association. Les adhérents de l’idéologie originelle se sentent de plus en plus contraints par des forces qu’ils ne comprennent pas; ils se mettent à combattre des démons et à commettre des erreurs...
 

L'article suivant traite de la trajectoire de Reporter Sans Frontière et illustre concrétement les idées que nous venons de développer :

Reporters sans frontières jouit, en France, d’une honorable réputation, tandis que des médias latino-américains l’accusent d’être à la solde de la NED/CIA. L’association collecte plus de 2 millions d’euros par an auprès du public français pour venir en aide aux journalistes opprimés dans le monde. En réalité, seulement 7 % du budget général de RSF est affecté à sa mission principale. La véritable activité de l’association, depuis qu’elle a conclu un contrat avec l’officine d’Otto Reich, c’est la lutte contre les régimes progressistes latino-américains (Cuba, Haïti, Venezuela).
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Lors des procès de La Havane, en 2003, Nestor Baguer a publiquement mis en cause Robert Ménard, qu’il a accusé de collusion avec les services secrets états-uniens. Dans la même période, Reporters sans frontières (RSF), dont M. Ménard est le directeur exécutif, a mené campagne contre le gouvernement cubain, qu’il accuse d’emprisonner les journalistes dissidents. Depuis lors, la polémique n’a cessé de s’envenimer jusqu’à ce que la journaliste états-unienne Diana Barahona, du Northern California Media Guild, franchisse un pas de plus en accusant Reporters sans frontières d’être financé par la NED/CIA et d’écrire ses rapports sous l’influence de l’administration Bush.

Nous avons relayé cette controverse sur notre site espagnol, Red Voltaire, et nous regrettons de l’avoir fait sans nuances. En effet, l’enquête de notre correspondant canadien, Jean-Guy Allard, et les vérifications de notre bureau français montrent que le financement direct de RSF par la NED/CIA est anecdotique et récent, de sorte qu’il n’a pas pu avoir d’influence sur son activité. Nous présentons donc nos excuses à Reporters sans frontières. Nous regrettons d’autant plus cette erreur qu’elle masque des faits fort surprenants.

Initialement conçue pour envoyer des reporters témoigner de l’action d’ONG humanitaires, Reporters sans frontières a évolué pour devenir une organisation internationale de soutien aux journalistes réprimés. L’association a été reconnue d’utilité publique par décret du Premier ministre Alain Juppé, le 19 septembre 1995. Ce statut lui a donné un accès plus facile aux financements publics qui représentent, dans les derniers comptes publiés [1] 778 000 euros. Ils proviennent des services du Premier ministre français, du ministère français des Affaires étrangères, de l’Agence intergouvernementale de la francophonie, de la Commission européenne, de l’OSCE et de l’UNESCO. RSF peut aussi compter sur le mécénat privé (FNAC, CFAO, Hewlett Packard, Fondation Hachette, Fondation EDF etc.) pour environ 285 000 euros. Toutefois, l’essentiel du budget provient de la générosité du public, notamment lors de la vente de l’album annuel pour la liberté de la presse et d’opérations spéciales, soit 2 125 000 euros sur un budget total de 3 474 122 euros.

Or, l’activité concrète de Reporters sans frontières est très éloignée de ce que les donateurs croient financer. Le fonds d’assistance aux journalistes opprimés, c’est-à-dire le paiement des honoraires des avocats des journalistes emprisonnés, le soutien matériel à leurs familles, le développement des Maisons des journalistes, tout cela qui représente le cœur de l’activité officielle de l’association et la raison de la générosité du public ne reçoit que... 7 % du budget général ! Vous avez bien lu : pour 1 euro donné pour les journalistes opprimés, seuls 7 centimes arrivent à destination.

Où passe donc le reste ?

La véritable activité de Reporters sans frontières est de conduire des campagnes politiques contre des cibles déterminées. Elles seraient légitimes si, comme la Fondation Soros [2], elle n’instrumentalisaient pas la liberté de la presse au point de l’évoquer pour justifier des violations graves du droit international. À titre d’exemple, RSF s’est félicité de l’enlèvement du président constitutionnel d’Haïti par les Forces spéciales états-uniennes appuyées par une logistique française [3], au motif que Jean-Bertrand Aristide aurait été un « prédateur de la liberté de la presse » ; un qualificatif étayé par une vision tronquée des évènements qui visait à faire passer le président haïtien pour le commanditaire de meurtres de journalistes. Force est d’observer que, ce faisant, Reporters sans frontières soutenait médiatiquement une opération dans laquelle le gouvernement français s’était fourvoyée, alors que ce même gouvernement français subventionnait l’association.

Le caractère idéologique des campagnes de Reporters sans frontières tourne parfois au ridicule. Ainsi, l’association s’est-elle indignée du projet de loi vénézuélien visant à soumettre les médias au droit général, mais elle ne s’est pas préoccupée du rôle du magnat de l’audiovisuel Gustavo Cisneros et de ses chaînes de télévision dans la tentative de coup d’État militaire pour renverser le président constitutionnel Hugo Chavez [4].


C’est en définitive à propos de Cuba que la polémique s’est cristalisée, tant il est vrai que RSF a fait de la dénonciation du régime castriste l’axe principal de ses campagnes. Selon l’association, les 21 journalistes emprisonnés dans l’île auraient été accusés abusivement d’espionnage au profit des États-Unis et seraient en réalité victimes de la répression gouvernementale. Pour lutter contre ce gouvernement, RSF a organisé diverses manifestations, dont une qui a mal tourné, le 14 avril 2003 devant l’ambassade de Cuba à Paris. Dans son enthousiasme, l’association a également troublé la session de la Commission des droits de l’homme, au siège de l’ONU à Genève. Ses militants avaient pris à partie la présidence libyenne de la Commission et molesté des diplomates. En conséquence, Reporters sans frontières a été suspendu pour un an de son statut d’observateur au Conseil économique et social (Ecosoc) de l’ONU. Robert Ménard n’a pas manqué de stigmatiser les dérives de cette commission, selon lui aux mains des spécialistes des violations des droits de l’homme. Pourtant, les sanctions à l’encontre de RSF ont été votées par des États parfaitement démocratiques comme l’Afrique du Sud, le Brésil ou le Bénin.

Interrogé par téléphone, Robert Ménard récuse les allégations selon lesquelles RSF aurait été acheté par l’argent de la NED/CIA [5] pour mener campagne contre Cuba. Il explique que l’association a demandé une subvention à l’Agence états-unienne pour venir en aide aux journalistes opprimés en Afrique et qu’elle a en définitive reçu seulement 40 000 dollars à la mi-janvier 2005. Dont acte.

Poursuivant la discussion, M. Ménard récuse également les accusations de notre collaborateur Jean-Guy Allard, par ailleurs journalistes à l’agence nationale Granma Internacional. Dans son ouvrage, Le Dossier Robert Ménard. Pourquoi Reporters sans frontières s’acharne sur Cuba, celui-ci relate les liens personnels étroits que le directeur exécutif de l’association entretient avec les milieux d’extrême droite anticastriste à Miami, notamment avec Nancy Pérez Crespo. Haussant la voix, il nous accuse de projeter des présupposés idéologiques sur les choses, alors que lui et son association s’astreindraient à la plus grande neutralité. Puis, il nous accuse d’accorder du crédit à de la « propagande communiste » (sic).

Vérification faite, Robert Ménard fréquente bien l’extrême droite de Miami et RSF est bien financé par le lobby anticastriste pour mener campagne contre Cuba. En 2002, Reporters sans frontières a signé un contrat, dont les termes ne sont pas connus, avec le Center for a Free Cuba, à l’issue duquel il a reçu une première subvention de 24 970 euros. Celle-ci a été augmentée à 59 201 euros pour 2003. Le montant 2004 n’est pas connu.

Le Center for a Free Cuba est une organisation créée pour renverser la révolution cubaine et restaurer le régime de Battista [6]. Elle est présidée par le patron des Rhums Bacardi, dirigée par l’ancien terroriste Frank Calzon, et articulée à une officine de la CIA, la Freedom House [7].

Le contrat signé avec le Center for a Free Cuba a été négocié en 2001 avec le responsable de l’époque de cette organisation : Otto Reich, le champion de la contre-révolution dans toute l’Amérique latine [8]. Le même Otto Reich, devenu secrétaire d’État adjoint pour l’hémisphère occidental, fut l’organisateur du coup d’État manqué contre le président élu Hugo Chavez ; puis, devenu émissaire spécial du président Bush, il supervisa l’opération d’enlèvement du président Jean-Bertrand Aristide.

RSF, c’est 7 % de soutien aux journalistes opprimés et 93 % de propagande impériale états-unienne.

Thierry Meyssan pour Réseauvoltaire.net

[1] Les derniers comptes publiés sont ceux de 2003. Les comptes 2004 le seront ce mois-ci.

[2] La Fondation Soros a subventionné RSF en 2003 à hauteur de 70 378 euros. Sur cet organisme, voir : « George Soros, spéculateur et philanthrope », Voltaire, 15 janvier 2004.

[3] « Coup d’État en Haïti » par Thierry Meyssan, Voltaire, 1er mars 2004 ; « Jean-Bertrand Aristide, un an après », entretien avec Claude Ribbe, Voltaire, 22 février 2005.

[4] « Opération manquée au Venezuela » par Thierry Meyssan, Voltaire, 18 mai 2002.

[5] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique » par Thierry Meyssan, Voltaire, 22 janvier 2004.

[6] Sur l’ensemble du dispositif US, voir « Les États-Unis en guerre de basse intensité contre Cuba » par Philip Agee, Voltaire, 10 septembre 2003.

[7] « Freedom House, quant la liberté n’est qu’un slogan », Voltaire, 7 septembre 2004.

[8] « Otto Reich et la contre-révolution » par Arthur Lepic et Paul Labarique, Voltaire, 14 mai 2004.

10.12.2007

L'astuce du psychopathe - 3e partie

Silvia CATTORI : Le conflit serait donc une forme de nourriture pour ce type de personnalité perverse/pathologique. Parce qu’il leur permet de projeter leur agression, leur violence, sur les autres et d’éviter de se remettre en question ?

Henry : On pourrait dire que, n’ayant pas d’émotion en propre, ils se nourrissent de leur pouvoir à déclencher les émotions des autres. Ils jouissent du pouvoir que cela leur donne. Être « au-dessus » de telles démonstrations émotionnelles les fait se sentir supérieurs.

Silvia CATTORI : Quand M. ŁOBACZEWSKI démontre que le menteur a toujours raison, il est très convaincant. Son analyse du mensonge est très pertinente. Il y a là une nouvelle matrice pour comprendre comment fonctionnent les psychopathes. Il explique très bien ce mécanisme du mensonge. Que le mensonge est à ces gens, leur manière de fonctionner et de gagner. Je voudrais en savoir plus sur ce mécanisme du mensonge et ses effets. Comment fonctionne-t-il ? Ces menteurs sont-ils présents dans tous les secteurs de la société ?

Henry : Mentir est une stratégie très efficace, parce que très peu de gens pensent qu’il y a des menteurs purs et durs dans la société, des gens qui mentent systématiquement.

Pensez à un divorce ou à une autre affaire exposée devant un juge et des jurés. La plupart d’entre nous se rendra aux audiences avec en tête l’idée que la vérité est quelque part entre les deux. Les deux parties en conflit dans une affaire raconteront leur histoire, chacun embellissant un peu sa version, chacun se mettant sous son meilleur jour, et le juge ou le jury supposeront que la vérité est quelque part entre les deux.

Mais qu’arrive-t-il quand l’un des deux individus est un menteur et que l’autre dit la vérité ? Le menteur est à son avantage parce que le juge ou le jury s’attendra encore à ce que la vérité soit quelque part entre les deux. Donc, quelqu’un qui est victime d’un menteur et d’un manipulateur ne peut s’en sortir. Dire la vérité ne peut rendre à cette personne toute la justice qu’elle mérite, tandis que l’auteur d’un crime tirera toujours quelque chose du mensonge.

La vie quotidienne est comme ce tribunal. On est toujours disposé à donner aux autres le bénéfice du doute, si l’on est une personne morale. Le menteur et le manipulateur ne feront jamais cela et utiliseront contre elle la bonne volonté de la personne de conscience.

Mentir est donc toujours une stratégie gagnante. Cela peut en soi être le signe que nous vivons au sein d’un système pathologique !

Laura : Quand on considère la structure interne infantile du psychopathe, il n’est pas si difficile de comprendre l’aspect du mensonge. Le psychopathe ne ment même pas réellement, il « crée juste une réalité » afin qu’elle se conforme à ses désirs.

Je vais essayer d’expliquer. La réalité psychopathique existe de façon arbitraire : ils déclarent que les choses sont ainsi. Pour eux, ces déclarations représentent la réalité. La déclaration du moment peut contredire ce qu’ils ont dit à un autre moment. Cela ne signifie rien pour eux. Ils n’essaient jamais de gérer la contradiction car pour eux, il n’y a pas de contradiction.

Souvenez-vous, les psychopathes ne peuvent comprendre des abstractions comme l’espace et le temps, et ce qu’ils ont dit il y a un moment sous le coup d’impulsions diverses est maintenant du passé, et par conséquent n’existe plus.

Les psychopathes démontrent un manque total de compréhension de ce que nous appelons les « faits ». Les humains normaux ont réellement du mal à concevoir cela, parce que pour nous, les faits font fondamentalement partie de notre vie. Nous vivons par eux, nous évaluons et jugeons en fonction d’eux. Nous établissons des faits, ensuite nous procédons à des tests et établissons d’autres faits. Quand nous débattons, nous commençons par des faits et montrons comment nous tirons nos conclusions à partir de ces faits.

Les psychopathes ne font pas cela. Cependant, parce qu’ils projettent leur propre structure interne sur les psychopathes, la plupart des gens ne comprennent pas cela. Les humains normaux qui ont un mode de pensée psychopathique essaient de se convaincre qu’il existe une autre raison expliquant cette bizarre condition mentale. Quand les psychopathes ne se préoccupent pas des faits, nous pensons que c’est intentionnel, qu’ils jouent un jeu avec nous. Nous pensons qu’ils sont bien au courant des faits, mais qu’ils ne veulent pas l’admettre.

Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Les psychopathes ne savent pas ce que sont les faits. Le concept de fait est en réalité une abstraction qu’ils ne peuvent saisir. Un cas illustrant cela est rapporté par un psychothérapeute : il demanda à sa patiente, une psychopathe, d’observer une chaise située à environ 1,80 mètre, près du mur. Il lui demanda ensuite de décrire la chaise. Ce qu’elle fit, de manière assez détaillée, excepté pour les pieds. La chaise qu’elle décrivit n’avait pas de pieds.

Le thérapeute le lui fit remarquer, et lui demanda comment la chaise pouvait être suspendue en l’air, sans pieds pour la soutenir. Elle répondit : « Je l’ai posée là. ». Le thérapeute demanda : « Si vous regardez ailleurs, tombera-t-elle par terre ? » Elle dit : « Non. Si je regarde ailleurs, la chaise n’est plus là ». Le thérapeute demanda : « Si vous regardez ailleurs, et qu’il s’avère que la chaise est toujours là ? ». Elle ignora la question.

L’idée populaire New Age basée sur l’adage « on se crée sa propre réalité » est un exemple de la manière dont la pensée psychopathique a infiltré notre société. Le principe est : « Si suffisamment de gens croient que quelque chose est vrai, alors ce qu’ils croient EST la réalité. »

En réponse à cela, on peut faire remarquer avec raison : « Il fut un temps où tout le monde, pour ce que nous en savons, croyait que le soleil tournait autour de la terre. C’était faux, et le croire n’y changea rien ». Mais si vous demandez à un psychopathe : « Êtes-vous en train de dire qu’à cette époque, le soleil tournait en fait autour de la terre — et que c’est seulement pour obéir à un changement de pensée chez les gens que la terre s’est mise à tourner autour du soleil ? », il vous ignorera ou vous accusera de déformer les « faits ».

Un être humain normal pensera naturellement que le refus du psychopathe à répondre à cette question, le fait qu’il se retourne contre vous en vous accusant de présenter les faits (ainsi que lui-même) sous un faux jour, est une admission tacite que ce qu’il dit est faux. Mais vous auriez tort sur ce point. Face aux preuves qu’ils ont tort, les psychopathes n’hésitent pas à faire des déclarations et des affirmations concernant sur ce qu’ils insistent être la réalité.

Ron SUSKIND, ancien reporter au Wall Street Journal et auteur de The Price of Loyalty : George W. Bush, the White House, and the Education of Paul O’Neill, a écrit : « Au cours de l’été 2002, après avoir écrit un article dans Esquire qui déplut à la Maison Blanche — article parlant de l’ancienne Chargée de communication de BUSH, Karen HUGHES — je rencontrai un conseiller en chef de BUSH. Il exprima le mécontentement de la Maison Blanche, puis me dit quelque chose que je ne compris pas totalement sur le moment — mais qui, je le crois maintenant, plonge au cœur même de la présidence de BUSH.
L’assistant déclara que les types comme moi faisaient partie “de ce que nous appelons la communauté fondée sur la réalité”, qu’il définit comme les gens qui “croient que les solutions émergent de votre observation judicieuse de la réalité discernable”. J’acquiesçai et murmurai quelque chose à propos des principes des Lumières et de l’empirisme. Il me coupa : “Le monde ne fonctionne plus réellement ainsi” . “Nous sommes un empire maintenant, et quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez cette réalité — comme vous le faites, judicieusement — nous agissons à nouveau, créant de nouvelles réalités, que vous pouvez étudier aussi, et c’est ainsi que les choses se règleront. Nous sommes les acteurs de l’Histoire… et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous faisons”
 »

Ils ne mentent pas réellement — ils créent de « nouvelles réalités ». Rien de ce que nous appelons réalité n’est réel pour eux. Quand un être humain normal parle d’une chaise, il se réfère à une chaise qui tient sur ses propres pieds. Elle est là, que quelqu’un la voie ou non, que quelqu’un la mentionne ou non, que quelqu’un « déclare » ou non sa présence. Elle a sa propre existence souveraine. Mais il n’en est pas ainsi pour les vrais psychopathes. Les psychopathes, avec leur structure interne infantile, sont inaptes à comprendre que tout ce qui n’est pas eux existe en propre, séparé d’eux. Quelque chose ne devient réel qu’à partir du moment où ils reconnaissent cette réalité, et ils ne reconnaissent que ce qui est important pour eux en terme de ce qu’ils désirent, de ce qui leur procurera du plaisir.

Quand un être humain normal demande que les déclarations du psychopathe soient évaluées, le psychopathe déclare que celui qui fait une telle demande n’a aucune intégrité, ce qui signifie réellement que leur position – leur déclaration – ne tient pas !

Du point de vue du psychopathe, le monde est comme une scène holographique. Ils « déclarent » l’existence des choses. Tout est hologramme. Ils programment les hologrammes. Ils interagissent avec eux de toutes les manières qui leur conviennent. Ils sont sous leur contrôle total. Quand ils décident de supprimer un hologramme, il disparaît.

Un hologramme n’est pas censé penser par lui-même. Un hologramme n’est pas censé mesurer, évaluer, apprécier, etc. Et surtout, un hologramme n’est pas censé critiquer son maître.

Quand cela arrive, ils le châtient d’abord pour le ramener dans le rang. Si cela ne marche pas, ils le font « disparaître ». Et s’ils doivent le tuer pour ce faire, c’est ce qui arrive.

L’expérience a montré que peu importe ce que nous disons, ce que nous leur faisons remarquer, la quantité de preuves fournies, cela ne signifie rien pour les psychopathes. Ils n’ont qu’un but : nous tromper afin qu’on les classifie comme humains normaux de sorte qu’ils puissent continuer à nous duper, nous contrôler et nous utiliser pour leur propre pouvoir et gloire, parce que c’est ce qui leur donne du plaisir.

Silvia CATTORI : Il y a par conséquent une interaction constante : l’individu pervers/pathologique ne peut dominer seul, il a besoin d’alliés. Il doit donc former des clans et les unifier, offrant des avantages à ceux qui servent ses intérêts. Avantages qui les lient ensuite entre eux, les maintiennent assujettis ? Autrement dit, si le système est pervers, alors chacun devient pervers et tout est perdu ?!

Henry : Oui et non. Il existe des faiblesses inhérentes au système pathocratique. Mais cela prend du temps. LOBACZEWSKI décrit la dynamique à l’œuvre dans les pays de l’Est sous le communisme. Les pathocrates sont incapables de faire quoi que ce soit d’authentiquement créatif. Ils dépendent des gens de conscience pour leur créativité. Une société sans créativité est condamnée à périr tôt ou tard. Quand les principaux postes de pouvoir de cette société, du gouvernement, de l’industrie, des affaires sont tenus par des pathocrates, le cycle dégénérescent commence.

En même temps, les gens normaux commencent à voir la société pour ce qu’elle est, et ils inventent des stratégies de survie. Ils commencent à reconnaître que leurs dirigeants ne sont pas comme eux.

Malheureusement, quand une société recouvre ses sens, une autre idéologie masquant un autre groupe — ou bien le même groupe sous un autre nom — de déviants est déjà en place, prête à prendre sa place. Quand le communisme s’écroula en Union soviétique et dans les pays d’Europe de l’Est, les pathocrates capitalistes étaient prêts à s’emparer du butin, et parmi les pathocrates, certains communistes furent même capables de trouver un nouveau « nid » confortable au sein des « nouvelles » démocraties capitalistes.

La question est celle-ci : un tel processus a-t-il déjà commencé aux États-Unis — qui sont, à notre avis, le centre de gravité de la pathocratie aujourd’hui ? Étant donné que les pathocrates semblent motivés par un programme visant à réduire la population mondiale par millions sinon par milliards, par le biais des guerres ou d’autres moyens, nous sommes en droit de nous demander si nous aurons le temps de voir s’achever ce cycle. Nous ne sommes pas très optimistes.

Mais même si une expression particulière de la pathocratie tombe, le système lui-même reste en place, émergeant ailleurs, au sein d’un nouveau « centre ».

Silvia CATTORI : L’exemple qui va dans cette direction est ce qui s’est passé avec la guerre contre l’Iraq. M. BUSH voulait la guerre à tout prix. M. BUSH ment et il gagne. Il trouve des alliés de la même espèce que lui, comme MM. BLAIR et BERLUSCONI. Les gens qui dénoncent leurs crimes et les combattent perdent. Cela semble être un parfait exemple de ce qui est décrit dans Ponérologie. Est-il impossible de dire non à ces monstres ?

Henry : Comment dire non quand les médias sont complètement contrôlés par d’autres pathocrates ? Vous pouvez descendre dans la rue, comme des millions de gens l’ont fait avant l’invasion de l’Iraq, mais cela n’a pas d’importance parce que les dirigeants politiques pathocratiques ne se soucient absolument pas de ce que pensent les gens. Il leur est indifférent qu’il y ait des milliers ou des millions de gens contestant leur politique — ils ont d’effrayantes armes militaires à leur disposition. Ensuite, les médias ont déformé le message des dissidents et les ont présentés comme des traîtres. Ils sont toujours considérés comme des traîtres après quatre ans, alors qu’il est devenu clair comme de l’eau de roche que BUSH and Co ont eu tort de faire la guerre et qu’ils ont menti sur tous les points.

Pourtant, les États-Unis sont toujours en Iraq et il est politiquement impossible de réclamer plus qu’un simple « débat » sur une future réduction des troupes.

Ainsi, une des questions est celle-ci : dans un environnement aussi contrôlé, combien de gens voient-ils la réalité ? Et une autre se pose : dans une telle réalité, comment les gens qui voient les mensonges réagissent-ils et répondent-ils en faveur d’un changement ?

La majorité des gens ont eu leur conscience écrasée et ont accepté tant de compromis qu’ils sont incapables de penser ou de ressentir les choses correctement. Ils croient qu’il y a un nombre illimité de fondamentalistes islamiques se préparant à faire exploser leurs maisons et leurs écoles, peu importe la totale absurdité de cette idée, et malgré le fait que la majorité de tels attentats à la bombe soient des opérations « false flag [1] ». Le fait bien établi que les agences de renseignement commettent des attentats à la bombe et accusent ensuite leurs opposants — il est impossible d’arguer que ce type de chose n’est pas une pratique régulière — devient moins crédible pour les gens aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs, que le conte de fées décrivant des centaines de fondamentalistes islamiques prêts à se faire exploser au nom d’Allah !

Repensez à ce que LOBACZEWSKI écrit à propos du raisonnement confus qui se produit quand quelqu’un est en présence d’un psychopathe. Via les médias, cette confusion s’étend au-delà du contact personnel immédiat et devient un fléau affectant la société dans son ensemble. La société elle-même est infectée par la maladie.

Et pour ceux qui luttent pour retrouver leur santé mentale et qui voient les mensonges, la puissance à laquelle ils sont confrontés est si écrasante qu’ils peuvent facilement abandonner. La tâche semble trop grande.

Laura : Est-il impossible de dire « non » à ces monstres ? Non. Difficile ? Oui.

Les individus qui pensent que le changement peut s’effectuer via des processus légaux ou politiques ne comprennent pas que les lois et la politique, en général, soient toutes deux créées et contrôlées par des individus pathologiques qui les établissent à leur avantage, et non à celui de leurs compatriotes . Ainsi, les lois et la politique sont-elles des mesures insuffisantes pour contrer une société pathologique engendrée par les efforts et l’influence des déviants.

Une autre chose qu’il est important de retenir eu égard à la recherche de solutions via les moyens légaux ou politiques : la roublardise des déviants pathologiques est bien supérieure à celle des êtres humains normaux. La plupart des gens sont familiers de l’idée de la ruse exceptionnelle dont font preuve les fous, mais la psychopathie, sous ses différentes formes, possède un élément additionnel : le Masque de Santé mentale.

Récemment, nous avons vu Cindy SHEEHAN s’éveiller au fait que le parti démocrate n’était qu’une autre idéologie derrière laquelle opérait la psychopathie. Elle est partie, et d’après ce que j’ai compris, a maintenant décidé que le « 911 Truth Movement » était l’endroit où il fallait être. Je suis désolée de devoir l’informer que les psychopathes supervisent aussi ce spectacle. Vous ne pensiez tout de même pas qu’ils commettraient des crimes comme le 11 septembre sans assurer leurs arrières par l’invention et le contrôle d’un « mouvement pour la vérité », n’est-ce pas ?

Je reçois sans cesse des lettres de groupes d’action politique qui demandent de l’argent et du soutien. J’ai donné de l’argent et mon soutien, et j’ai aussi écrit de nombreuses lettres et e-mails leur disant que leurs « actions politiques » n’auraient aucun effet s’ils ne prenaient pas en compte la psychopathie dans l’équation. Ils étaient tous tellement certains que remettre les démocrates au pouvoir allait tout changer, mais le fait est que rien n’a changé. Tout cet argent et ces efforts ont été gâchés. Et maintenant, les gens s’en rendent compte alors que nous le disons depuis le début.

Je le redirai encore — et continuerai à le faire : tant qu’on n’accordera pas à la connaissance et à la prise de conscience de l’existence d’êtres humains pathologiques toute l’attention qu’elles méritent, et qu’elles ne feront pas partie de la connaissance générale de tous les êtres humains, il n’y aura aucun moyen de changer les choses d’une manière efficace et durable. C’est la première priorité, et si la moitié des gens qui s’agitent pour la Vérité, pour arrêter la guerre ou Bush ou je ne sais quoi d’autre consacrait leurs efforts, leur temps et leur argent à dévoiler la psychopathie, cela nous permettrait peut-être de progresser.

Finalement, le réel problème réside encore dans le fait que la connaissance de la psychopathie, et la manière dont les psychopathes dirigent le monde ont été efficacement cachées ; les gens n’ont donc pas la connaissance adéquate et nuancée dont ils auraient besoin pour apporter un véritable changement radical. À maintes reprises tout au long de l’Histoire, cela a toujours été « on prend les mêmes et on recommence ».

Quand vous avez affaire à des psychopathes, vous avez affaire à l’esprit criminel, et quand de tels esprits tiennent des positions de pouvoir absolu — comme c’est le cas aujourd’hui — rien ne peut les retenir — et rien ne les retiendra, c’est une certitude.

BUSH (ou plus précisément, ceux qui tirent ses ficelles) a un contrôle quasi absolu de toutes les branches du gouvernement. Vous pouvez remarquer cela si vous observez soigneusement que, peu importe ce que Bush commet d’illégal, personne ne le prendra vraiment à partie. Tous les « scandales » qui ont fait surface, dont n’importe lequel aurait fait tomber toute autre administration, ne sont que des farces jouées pour le public, pour le distraire, pour lui faire penser que la démocratie est toujours active.

Il n’y a que deux choses qui puissent soumettre un psychopathe :

1) un psychopathe plus puissant ;

2) le refus absolu et non-violent de tous les autres à se soumettre à son contrôle, quelles que soient les conséquences.

Si toutes les personnes normales aux États-Unis (et ailleurs) arrêtaient tout et refusaient de participer à la réalisation d’un seul objectif du programme psychopathique, s’ils le faisaient en masse, si les gens refusaient de payer les impôts, si les soldats refusaient de combattre, si les fonctionnaires et les fainéants des entreprises refusaient d’aller au travail, si les médecins refusaient de traiter les élites psychopathiques et leurs familles, tout le système s’arrêterait brutalement.

Mais cela ne peut arriver que si les masses SONT INFORMÉES sur la psychopathie dans tous ses horribles détails. Ce n’est que s’ils savent qu’ils ont affaire à des créatures qui ne sont réellement pas humaines qu’ils peuvent avoir la compréhension de ce qu’ils doivent faire. Et ce n’est que quand ils seront suffisamment désespérés, au point que les malheurs que leur infligera le psychopathe au début de leur résistance paraîtront pâles en comparaison, qu’ils auront la volonté de le faire. C’est cela, ou bien la compréhension du monde que les psychopathes sont en train de créer pour leurs enfants, en tout cas l’amour pour l’humanité de demain, qui les motivera à résister.

Silvia CATTORI : Est-ce que M. Chirac, après avoir dit non pour l’Iraq, a fait des concessions majeures à M. BUSH par peur de devenir un homme de paille ? Les pervers ont-ils besoin d’hommes de paille ?

Henry : Imaginez que vous êtes un politicien avec une conscience face à un monde dominé par des gens pour qui tous les moyens sont bons pour rester au pouvoir : chantage, intimidation, menaces. Dans quelle mesure le scandale en France sur les finances de Chirac quand il était Maire de Paris furent-elles utilisées pour le remettre dans « le droit chemin » ? Nous ne pouvons que spéculer.

Nous savons que Bush espionnait illégalement les citoyens américains ; faisait-il cela pour collecter des données qui pourraient être utilisées pour faire chanter et intimider les politiciens ou les journalistes de l’opposition qui posaient trop de questions ? Je pense qu’il serait naïf de ne pas considérer cette possibilité.

Laura : Je dis quelquefois en plaisantant qu’à présent, on peut probablement deviner qui sont les gentils en regardant ceux qui ont la plus mauvaise presse ! Mais ce n’est pas si simple. Nous ne pouvons oublier que la véritable guerre est celle de l’Élite psychopatique au pouvoir contre les Humains normaux. Les pervers ont-ils besoin d’hommes de paille ? Sûrement, cela fait partie de la mise en scène qu’ils élaborent pour nous. Tout comme cela fait partie de leurs tactiques de créer des attentats « false flags » pour diriger la haine contre ceux qu’ils souhaitent détruire, c’est totalement dans leur style d’opération de jouer au « good cop / bad cop [2] ». C’est Machiavel .

Silvia CATTORI : La dynamique ainsi décrite dans le livre, et que vous explicitez ici, est aussi apparente dans l’utilisation des médias ; les journalistes qui soutiennent les principes de l’axe Tel Aviv-Washington ont toute liberté de soutenir ces guerres. Font-ils aussi partie des monstres ? Devons-nous classer ces menteurs des médias dans la catégorie des 6% ? Comment se fait-il que le public ne voit pas que ce sont des imposteurs ?

Henry : Une fois que le système est en place, ceux qui sont moralement faibles s’y rallient pour le défendre en échange de privilèges personnels. Leur propre intérêt les rend vulnérables à la contagion. En conséquence, chaque individu n’a pas besoin de faire partie d’un des nombreux types listés par LOBACZEWSKI. Il y a des milliers d’individus moralement corrompus et faibles qui sont prêts à obéir aux ordres de ceux qui sont au pouvoir si cela leur apporte célébrité et fortune, ou ne serait-ce qu’une existence confortable et sans ennui.

Ce qui ne veut pas dire que les médias sont exempts de psychopathes, caractéropathes, ou des autres types présentés par LOBACZEWSKI.

Silvia CATTORI : Pour nous protéger du mal, il semble alors que chacun d’entre nous doive se demander s’il est en présence d’une de ces personnes perverses qui mentent et n’agissent que pour leur intérêt personnel. Mais les gens n’arrivent pas à croire que ces pervers/pathologiques sont des gens qui se nourrissent du mal, qui se nourrissent des conflits. Cet ouvrage décrit cela de façon experte : les conflits sont leur nourriture ; ils adorent ces situations, ils ont besoin de cela pour exister. Une personne normale ne peut imaginer qu’au sein de la société, il y a un certain nombre de gens qui ne peuvent rien faire d’autre que de se nourrir du mal. Pensez-vous que les gens "normaux" sentent que quelque chose ne va pas mais qu’ils n’arrivent pas du tout à comprendre qu’ils sont des victimes et qu’ils souffrent à cause des mensonges et des manipulations des individus pervers/pathologiques ?

Henry : Oui. Mais il faut un fort caractère pour se battre pour ce qu’on sait être juste face à une opposition sociale omniprésente. Nous avons aussi tendance à accorder aux autres le bénéfice du doute parce que nous projetons nos propres modes de pensée et de comportement sur eux. Si nous ne sommes pas conscients qu’il y a des gens qui sont soit génétiquement incapables d’éprouver de l’empathie et des sentiments envers les autres, soit dont la conscience a été réprimée et détruite à cause de ce qu’ils ont vécu (et ils ne peuvent être guéris), et si nous ne savons pas comment ils fonctionnent et manipulent, nous resterons des victimes.

En tant que personne qui a fait partie d’organisations et d’associations militant pour un changement social, vous avez probablement vu la même dynamique à l’œuvre. Le travail bénéfique et sincère de beaucoup de gens peut être détruit par les actions d’une seule personne. Cela ne donne pas beaucoup de chances au rétablissement de la justice sur cette planète ! Ce n’est que quand ceux qui sont psychologiquement normaux parviendront à comprendre que nous avons un prédateur naturel, un groupe de gens qui nous voit comme une espèce « para-spécifique » qu’ils seront disposés à s’informer sur cette race semblable aux humains.

Laura : S’il existe un travail qui mérite des efforts et une dévotion à plein temps pour aider l’humanité dans cette période sombre que nous vivons actuellement, c’est bien l’étude de la psychopathie et la propagation de cette information sur une très grande échelle. Pour celui qui veut réellement faire quelque chose, diffusons aux gens l’information sur les agents pathogènes sociaux, apprenons d’abord comment les identifier, et ensuite nous pourrons décider de la marche à suivre.

Silvia CATTORI : Les gens "normaux", ceux qui ont une conscience, cherchent à trouver un compromis entre les deux. Diriez-vous qu’être gentil envers eux est une erreur parce que les individus pervers/pathologiques n’ont absolument aucune conscience, sont sans scrupules, et n’hésitent pas à s’emparer des postes au pouvoir, même s’ils sont incompétents ?

Henry : Nous en avons parlé plus tôt quand nous avons décrit la société comme un tribunal où tout le monde chercherait la vérité quelque part entre les deux. Tant qu’il y aura une quelconque idée de compromis, les gens de conscience seront toujours les perdants. On doit retirer à ces déviants psychologiques toute position de pouvoir qui leur permet de dominer les personnes de conscience, point. Les gens doivent se rendre compte que ce genre d’individus existe, et ils doivent apprendre à les détecter eux et leurs manipulations. La partie difficile est qu’on doit aussi lutter contre ces tendances en nous à la compassion et à la gentillesse pour éviter de devenir des proies.

Silvia CATTORI : Les gens "normaux" ont donc intérêt à garder en mémoire que tous les gens ne sont pas fondamentalement bons et ne prennent pas nécessairement des décisions qui sont bonnes pour la société ? Et doivent se rappeler que les individus pervers/pathologiques se moquent de la moralité, pour eux, seuls leurs objectifs personnels comptent ? En somme, ces individus peuvent mentir sans se sentir le moins du monde impliqués dans ce qu’ils disent. Prenons le cas de M. Bush par exemple. Il peut dire n’importe quoi et il n’a pas du tout honte de mentir !? Cela pour dire que les individus pervers/pathologiques n’ont aucun scrupule à mentir, à détruire un pays, un peuple entier, tant que cela sert leurs intérêts ?

Henry : L’idée que « tous les hommes naissent égaux » et que nous sommes fondamentalement bons nous est assénée depuis notre naissance. On nous enseigne que Dieu nous a fait à son image, et que nous avons tous une étincelle divine en nous.

Mais la science nous montre que ce conte de fées religieux n’est pas vrai. L’humanité a un prédateur naturel, le psychopathe, et ce prédateur est invisible parce qu’il n’existe aucun signe facilement discernable qui permette de l’isoler.

En outre, tout au long de l’Histoire, on nous a divisés en groupes en fonction de distinctions physiques, culturelles, religieuses, ou n’importe quel élément facilement reconnaissable mis en avant par les psychopathes, tandis que notre véritable ennemi est resté masqué.

Nous avons même trouvé des livres traitant de psychopathie qui présentent l’argument que nous sommes tous psychopathes ! Nous voyons donc qu’il y a une tentative de sauver les apparences. LOBACZEWSKI mentionne la psychologie et la psychiatrie comme outils utilisés par la pathocratie sous le communisme. Nous voyons la même chose aujourd’hui aux États-Unis. Il y a des déviants qui deviennent psychologues ou psychiatres et qui tentent de réécrire la psychologie du point de vue pathologique !

Silvia CATTORI : Un des points faibles de notre société n’est-il pas la tolérance dont nous faisons preuve envers ces monstres ? Cela leur permet de créer plus de conflits et de tuer plus d’innocents !?

Henry : Est-ce de la tolérance ou de l’ignorance ? Les gens ne sont pas conscients qu’il existe une catégorie de gens, que nous qualifions parfois de «  pas tout à fait humains », qui nous ressemblent, qui travaillent avec nous, que nous retrouvons dans toutes les races, toutes les cultures, qui parlent toutes les langues, mais qui n’ont pas de conscience — et s’il y a quelque chose qui sépare réellement les humains des animaux, je suggérerais que c’est cela : la conscience.

Nous sommes tolérants envers les autres, en dépit des crimes les plus horribles, parce que nous projetons nos propres états intérieurs sur eux, nous supposons que quand ils expriment des remords, c’est qu’ils les ressentent vraiment. Mais pour ces déviants, il n’y a pas de remords, ce n’est qu’un rôle, un peu de comédie pour nous faire croire par la tromperie qu’ils sont « comme nous ».

Silvia CATTORI : Alors, la seule chose à faire est de continuer à dire la vérité. Et de nous dire que même si ceux qui mentent gagnent toujours contre la vérité, à long terme, quand de plus en plus de gens diront la même chose, petit à petit cette vérité permettra peut-être aux gens de réfléchir ?

Henry : La vérité est la seule chose digne de nos efforts. Ce qui nous sépare du psychopathe est notre conscience, et notre conscience doit devenir la voix de la vérité. La vraie conscience — si nous l’écoutons — nous élève au-dessus de l’exemple du comportement animal établi par les pathocrates. Pensez aux horreurs d’Abu Grahib. Si la conscience de ces soldats (à supposer qu’ils en aient une) n’était pas endormie, ils auraient refusé de commettre ces atrocités.

Si les milliards de gens dotés de conscience pouvaient entendre sa voix, il n’y aurait plus de guerre.

On trouverait d’autres moyens pour résoudre les différends. Si nous écoutions notre conscience, il n’y aurait plus de famine parce que nous ressentirions la peine et la souffrance de ceux qui meurent de faim et nous serions incapables de ne pas faire quelque chose pour les soulager. Et dans nos propres vies, nous devons penser à la façon dont nous tuons notre propre conscience et commencer à faire des choix douloureux afin de l’écouter avant qu’elle ne disparaisse pour toujours.

Silvia CATTORI : En conclusion, il y aurait des manipulateurs partout. Ils formeraient une partie de la société qui est structurée selon ce modèle, une structure qui leur permet de se comporter selon ce fonctionnement psychologique pervers où qu’ils interviennent ? Ce seraient des gens à l’esprit tordus, qu’aucun code moral ne retient, prêts à tout pour défendre leurs intérêts ? Ils seraient de plus en plus nombreux et non pas nécessairement liés à une idéologie spécifique ? Est-ce à dire que dès que nous commençons à soupçonner quelqu’un d’appartenir à ce pourcentage de gens tordus, devons-nous adopter une attitude différente ?

Henry : Oui. Nous devons apprendre à dire non aux manipulations. Cela signifie qu’il nous faut apprendre de quelles façons nous sommes manipulés, et refuser d’entrer dans leur jeu.

Laura : De manière générale, une capacité à tricher, à entrer en compétition et à mentir s’avère être une adaptation extraordinairement réussie. Ainsi, l’idée que la pression de la sélection pourrait permettre à la sainteté de se répandre dans une société semble peu plausible en pratique. Il semble impossible de rivaliser avec les gènes qui promeuvent la compétitivité. « Les types bien » se font évincer ou leur « race » s’éteint. Les gens heureux ignorants de même.

Aujourd’hui, le bonheur et la gentillesse sont de plus en plus rares, et la misère et la souffrance de ceux qui sont capables de ressentir de véritables sentiments, qui ont de l’empathie pour les autres êtres humains, qui ont une conscience, sont hélas monnaie courante. Et les manipulations psychopathiques sont destinées à nous rendre tous psychopathes.

Néanmoins, une prédisposition à la conscience et à l’éthique, peut l’emporter si et quand elle est aussi capable de mettre en pratique l’altruisme le plus profond : faire de l’objet de son empathie l’idéal le plus élevé ; répandre la liberté et l’altruisme au sens abstrait, pour les autres, y compris nos descendants.

En bref, nous devons investir notre « intérêt personnel » dans l’assurance collective que tous les autres sont heureux et bien disposés, aussi ; et en s’assurant que les enfants que nous mettons au monde ont le choix d’être heureux par nature et bienveillants les uns envers les autres.

Cela signifie que si la psychopathie menace le bien-être de l’avenir du groupe — ce qu’elle est en train de faire actuellement — alors on ne peut s’en sortir que par un refus massif de se laisser dominer par elle au niveau personnel, individuel. Préserver la liberté pour soi-même au sens pratique préserve au bout du compte la liberté des autres. La protection de nos propres droits comme ceux des autres, garantit la position de libre-arbitre et les chances de bonheur pour tous. Si les psychopathes mutants posent un danger potentiel, alors la véritable empathie, la véritable éthique, la véritable conscience, commandent le recours à une thérapie prophylactique contre les psychopathes.

Ainsi, il apparaît qu’identifier les psychopathes, cesser d’interagir avec eux, les isoler de notre société, nous rendre indisponibles comme « nourriture » ou comme objets à tromper, manipuler et à utiliser, est la seule stratégie, la plus efficace, que nous puissions mettre en oeuvre.


Traduit de l’Anglais par Henri R. pour Futur Quantique.

 

[1] Les attaques false flag (littéralement : faux drapeau) sont des attaques menées sous le couvert du drapeau adverse, dans le cadre d’opérations spéciales — NdT

[2] Littéralement « gentil flic contre méchant flic ». C’est une technique policière éculée. Deux inspecteurs interrogent un suspect. L’un offre le café, une cigarette et s’évertue à détendre l’atmosphère. L’autre menace, crie, déstabilise. Scène classique, le second quitte la salle d’interrogatoire sous un prétexte quelconque et se met derrière une glace sans tain d’où il peut observer la suite des événements sans être vu. Le premier, le gentil, conseille au suspect de coopérer, car c’est le seul moyen de calmer son collègue qui est capable de commettre une « folie ». Source — NdT