23.01.2008
Sarkozy-Kouchner : effets de manche diplomatiques
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Selon l’industrie audio-visuelle et la presse, le règne de Sarkozy devait enfin permettre à la France de retrouver « la place qu’elle mérite » dans les affaires du monde. Cependant, l’activité diplomatique de Sarkozy et Kouchner ne fait que souligner le déclin du poids de la France dans le monde, sur les plans économique, politique et militaire.
Prenons, par exemple, la politique adoptée vis-à-vis de l’Iran. Nous avons déjà évoqué, dans un récent article, la déclaration fracassante de Kouchner, qui menaçait de lancer une guerre contre l’Iran. Dans les 24 heures, Kouchner a dû dissiper un soi-disant malentendu. En menaçant de déclencher une guerre, il prétendit avoir voulu envoyer un « message de paix » ! Depuis, cette affaire a connu un rebondissement très intéressant. Tellement intéressant, en fait, que les médias l’ont pratiquement ignoré.
Un rapport des services secrets américains a affirmé dans des termes catégoriques qu’il n’existe aucun risque, à court et moyen terme, que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Ceci démolit d’un seul trait, non seulement la propagande mensongère de la Maison Blanche, mais également celle de Sarkozy et Kouchner.
Dans les faits, les Etats-Unis n’ont pas les moyens de mener une guerre contre l’Iran. Ils pourraient, tout au plus, lui infliger des raids aériens, lesquels ne manqueraient pas de déstabiliser davantage le Moyen-Orient. Quant à la France, elle serait tout simplement incapable de mener une action militaire conséquente contre l’Iran.
Autre exemple : la visite du dictateur Kadhafi en France. Ce dernier a plus ou moins traité Sarkozy de menteur, sans que celui-ci ne juge opportun de se défendre. L’épisode a eu au moins le mérite de montrer que la France n’était pas en position de force. Sarkozy a dû faire des pieds et des mains pour obtenir ses fameux « dix milliards » d’euros de contrats – chiffre dont la réalité reste à confirmer.
En Afghanistan, Sarkozy s’est engagé à augmenter le contingent français. Sur le terrain, les troupes françaises s’enlisent, aux côtés des soldats américains, dans une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner. Si la puissance américaine, dont les dépenses militaires sont vingt fois plus élevées que celles de la France, ne parvient pas à maîtriser la situation en Afghanistan, quelle différence ferait le renforcement de la présence militaire française ? Même dans l’éventualité – complètement exclue, en fait – d’une consolidation des positions de la coalition étrangère en Afghanistan, les bénéfices économiques et stratégiques seraient exclusivement récoltés par les Etats-Unis, comme c’est le cas en Irak, au grand désarroi de son allié britannique.
Lors de son passage très médiatisé en Egypte, Sarkozy a tenu à afficher son alignement sur la politique des Etats-Unis. Il menace la Syrie, non d’une guerre, cette fois, mais … de ne plus lui parler. Voilà qui doit faire trembler le Hezbollah et leurs alliés Syriens et Iraniens !
La situation au Liban est la conséquence de la défaite de l’invasion israélienne, en 2006. La France a soutenu Israël dans cette aventure meurtrière, et la victoire du Hezbollah a considérablement augmenté son prestige et son soutien populaire.
L’envoi des soldats français au Liban, après le retrait des Israéliens, avait pour objectif officiel d’aider l’armée libanaise à désarmer le Hezbollah. Cependant, l’armée libanaise n’a pas levé un petit doigt pour résister à l’agression israélienne, en 2006. Et voilà que la France lui demande, avec son aide, de désarmer les vainqueurs ! L’armée française, comme l’armée libanaise, est incapable de désarmer le Hezbollah – et, sur le terrain, rien n’a été fait dans ce sens. C’est cette impuissance qui a incité la diplomatie française à s’en remettre à la bonne volonté de la Syrie pour freiner le Hezbollah. Que perd donc le gouvernement syrien si, désormais, la France refuse de lui parler ? Absolument rien.
Toujours à partir du Caire, Sarkozy a insisté pour que le gouvernement israélien fasse des concessions facilitant la création d’un Etat palestinien indépendant. Des déclarations de ce genre permettent aux chefs d’Etat arabes, tels Moubarak, de justifier leur connivence avec Bush et ses alliés. Personne ne les prend au sérieux. Les exigences de Sarkozy ne seront suivies d’aucun effet. Il y va des intérêts vitaux de l’impérialisme israélien.
Dans le domaine diplomatique, Sarkozy brasse de l’air. Il veut donner l’apparence d’une puissance qui n’existe pas, dans les faits. Et quand l’inimitable Kouchner s’entretient avec le dictateur militaire Musharraf, au Pakistan, et déclare sans rire que ce dernier est pour la démocratie – pendant que l’armée et la police brutalisent le peuple –, c’est non seulement pour faire plaisir à Bush, mais aussi pour que l’impérialisme français apparaisse comme un facteur dans une situation où, dans les faits, ses « prises de position » ne comptent pas pour grand chose.
Article issu du site La Riposte
16:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, kouchner, diplomatie, iran, iraq, liban, syrie
30.09.2007
Pour le « New York Times, un Israélien vaut 30 Libanais

Récemment quand Human Rights Watch a publié deux rapports d’enquête sur la guerre d’Israël contre le Liban, à l’été 2006, le New York Times a rendu compte en détail de celui qui détaillait les crimes de guerre commis par le Hezbollah, tout en faisant l’impasse sur l’autre rapport, qui détaillait les crimes de guerre commis par Israël.
Il est rare d’avoir l’occasion de tester aussi clairement l’intégrité journalistique d’un journal qui se veut « de référence ». L’organisation de défense de droits de l’homme a mené deux enquêtes sur les attaques commises par le Hezbollah et sur celles commises par Israël, accusant chaque camp d’avoir violé le droit international en ciblant de manière délibérée la population civile. Quand le premier rapport est paru, le New York Times lui a consacré un article de 800 mots, le 31 août 2007, sous le titre « Un groupe de défense des droits de l’homme accuse le Hezbollah d’avoir ciblé de manière délibérée des civils lors de la guerre avec Israël », accompagné d’une photo de civils israéliens vivant sous la menace des roquettes du Hezbollah.
Mais quand Human Rights Watch a publié son rapport accusant Israël, l’intérêt du journal a considérablement décru. Il s’est contenté de reproduire une brève six fois plus courte, de l’Associated Press (9/7/07), sans photo, et intitulée : « Israël est critiqué pour les morts au Liban ».
D’un point de vue de l’intérêt journalistique, rien ne justifiait ce traitement de l’information. Les accusations contre le Hezbollah formulées par Human Rights Watch n’avaient rien de neuf, elles avaient été énoncées par toute la presse lors de la guerre de 2006 Par contre le rapport consacré à Israël apportait de nouvelles informations au débat —notamment en invalidant un des principaux arguments des supporters d’Israël affirmant que les morts civils au Liban sont avant tout la faute du Hezbollah qui s’en est servi comme d’un bouclier pour lancer ses attaques et implantait ses bases de lancement de roquettes dans des zones densément peuplées. L’enquête sur le terrain menée par Human Rights Watch n’a pas permis de prouver cette affirmation, comme le directeur de Human Rights Watch l’a encore confirmé au micro de Democracy Now ! (9/6/07), « L’accusation formulée par le gouvernement israélien comme quoi le nombre important de morts civiles au Liban est du au fait que le Hezbollah se servait de la population comme d’un bouclier s’est avérée totalement fausse ».
Le New York Times fait également totalement silence sur la disproportion des victimes des deux côtés. Selon Human Rights Watch les attaques israéliennes ont causé la mort d’environ 900 civils libanais (sur environ 1 200 victimes libanaises de cette guerre), tandis que les attaques du Hezbollah ont causé la mort de 43 civils israéliens et 80 soldats israéliens. Au vu de ce traitement journalistique il est difficile de ne pas se demander si, pour le New York Times, les vies libanaises valent 30 fois moins que les vies israéliennes.
Ce n’est pas la première fois que le New York Times apporte son soutien à la stratégie militaire israélienne au Liban. L’an dernier déjà le quotidien avait fait sa une avec un rapport d’un groupe de recherche militaire israélien qui justifiait les bombardement israéliens de zones civiles. Le New York Times écrivait alors que les attaques contre les civils libanais étaient justifiées étant donné que « le Hezbollah tire ses roquettes depuis des zones civiles —ce qui constitue déjà un crime de guerre— et transforme donc ces zones civiles en cibles légitimes ».
L’enquête menée au Liban par Human Rights Watch contredit directement cet argument. Considérant l’intérêt du New York Times pour les crimes de guerre commis par le Hezbollah, il est révélateur que ce journal « objectif » ait choisi de faire l’impasse sur les conclusions de cette enquête.
Article issue du site Web du Réseau Voltaire.
19:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Israel, Liban, Hezbollah, New York Times, civils, propagande, mensonge



