26.02.2008
Propagande d'état
PARIS (Reuters) - L'esquisse de mea culpa présidentiel après les insultes du Salon de l'agriculture a été insérée par l'Elysée dans l'entretien que publie mardi Le Parisien, a déclaré Dominique de Montvalon, directeur de la rédaction du quotidien, interrogé sur Canal+.
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Note de P&P : Pour information le journal "Le Parisien" est détenu à 25% par l'incontournable Lagardère, ami proche de Sarkozy qui avait déjà brillé par son objectivité lorsqu'en août 2005, Paris-Match avait publié une photo de Cécilia Sarkozy en compagnie de son amant Richard Attias. Arnaud Lagardère avait alors licencié le directeur de la rédaction pour crime de lèse-Sarkozy et l’avait remplacé par Olivier Royant.
"J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre", explique Nicolas Sarkozy dans cet interview, qui a été "amendée et corrigée" et transmise au journal lundi en fin de soirée par l'Elysée.
"Cette phrase n'a pas été prononcée" devant le panel de lecteurs du Parisien qui a interrogé le chef de l'Etat, a expliqué Dominique de Montvalon. "Ils retrouvent dans le journal quelque chose que le président n'a pas dit, qu'ils n'ont pas entendu."
Note de P&P : Ces petites précisions démontrent une fois de plus, si besoin était, toute l'objectivité des médias de masse qui manifestement se comportent plus comme des succursalles de la propagande sarkozystes que comme des organes de presse indépendants où la recherche et la diffusion de la vérité seraient l'unique mission.
Le Parisien ne s'en cache même pas et déclare que c'est l'Elysée qui corrige les articles. Fort de ce constat il serait peut-être plus juste de parler de publireportage, ou de publicité ?
Si son article est réécrit par l'Elysée, à quoi sert le journaliste du Parisien ? A donner un vernis d'objectivité au texte ? A entretenir l'illusion du débat contradictoire ? A faire croire à des questions libres et des réponses spontanées ?
Le directeur de la rédaction a précisé que Le Parisien publierait mercredi la version non amendée de l'entretien, qui s'est déroulé lundi matin à l'Elysée.
Dominique de Montvalon a précisé que le rendez-vous à l'Elysée avait été pris la semaine dernière, bien avant la visite au Salon de l'agriculture, où Nicolas Sarkozy a insulté un visiteur qui refusait de lui serrer la main.
"Il est difficile, même quand on est président de ne pas répondre à une insulte. J'ai sans doute mes qualités et mes défauts", a-t-il répondu lundi, des propos retranscrits dans Le Parisien.
Note de P&P : "Il est difficile de ne pas répondre à une insulte"... 4 petits détails tout de même :
1/ C'est Sarkozy qui est allé vers le visiteur du Salon de l'Agriculture et pas l'inverse.
2/ Celui-ci n'a pas insulté Sarkozy il a simplement refusé d'être touché par cet individu (ce qui est fort compréhensible)
3/ Sarkozy le gaulliste, lui s'est vautré dans l'invective crasse avec son "Casse-toi pauvre con"
4/ ce n'est pas la première fois que Sarkozy, chantre de la morale à l'école et pourfendeur de racaille se complait dans la vugarité haineuse, il avait déjà donné un aperçu de ses talents en insultant Azouz Beghag ici et des marins pêcheurs là.
"Ce n'est pas parce qu'on est président qu'on devient quelqu'un sur lequel on peut s'essuyer les pieds", formait le reste de la réponse initiale. La phrase "Cela étant, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre" a été ajoutée, selon Dominique de Montvalon.
Note de P&P : Alors non seulement les articles ne sont pas réellement écrits par les journalistes qui les signent mais le contenu même des entretiens est modifié. Qui a dit propagande ? Si vous aviez encore quelques illusions concernant les médias de masse...
Vendez votre télévision, annulez vos abonnements auprès des organes de presse écrite, vous engraisserez d'autant moins les barons sarkozystes et vous pourrez investir tout ce temps économisé à lire de bons livres, vous informer auprès de médias internet moins corrompus, cuisiner, écouter vos enfants, marcher dans la nature,...
Article original Reuters.
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