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16/11/2009

Un rabbin colon publie le guide pour tuer des non-Juifs

Quand est-il permis de tuer des non-Juifs ? Le livre Torat ha-Melekh [L’enseignement du roi], qui vient d’être publié, a été écrit par le rabbin Yitzhak Shapira, doyen de la yeshiva Od Yosef Hai dans la communauté de Yitzhar, avec un autre rabbin de la yeshiva, Yossi Elitzur.


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Pour l’extrême-droite juive, fondamentaliste et raciste, il n’y a pas d’âge pour apprendre
à massacrer son prochain, pour peu que l’on bénéficie d’une dérogation divine.

 

Le livre ne contient pas moins de 230 pages sur les lois concernant le meurtre de non-Juifs, une sorte de guide pour quiconque se pose la question de savoir si et quand il est permissible de prendre la vie d’un non-Juif.

Quoique le livre ne soit pas vendu par les grands distributeurs, il a reçu de chaudes recommandations par des éléments de la droite, y compris les recommandations de rabbins importants tels que Yitzhak Ginsburg, Dov Lior et Yaakov Yosef, qui sont imprimées au début du livre. Le livre est distribué via Internet et par la yeshiva, et actuellement le prix de lancement est de 30 shekels l’exemplaire. À la cérémonie commémorative qui s’est tenue ce week-end à Jérusalem pour le rabbin Meir Kahane, tué il y a 18 ans, des copies du livre furent vendues.

Au long du livre, les auteurs traitent en profondeur des questions théoriques de la loi religieuse juive concernant le meurtre de non-Juifs. Les mots « Arabes » et « Palestiniens » ne sont pas mentionnés même indirectement, et les auteurs prennent soin d’éviter de faire des déclarations explicites pour qu’un individu applique la loi de ses propres mains. Le livre contient des centaines de sources de la Bible et de la loi religieuse. Il inclut des citations d’Abraham Isaac Kook, un des pères du Sionisme Religieux, et du rabbin Shaul Yisraeli, un des doyens de la yeshiva Mercaz Harav, la citadelle du Sionisme national-religieux située à Jérusalem.

Le livre débute par une interdiction du meurtre de non-Juifs et la justifie, entre autres choses, au motif de prévenir l’hostilité et toute désacralisation du nom de Dieu. Mais très rapidement, les auteurs passent de l’interdiction à la permission, aux diverses dérogations pour faire mal à des non-Juifs, la raison centrale étant l’obligation de faire respecter les sept lois Noahides, que chaque être humain sur terre doit suivre. Parmi ces commandements se trouvent les interdictions du vol, de l’effusion de sang et de l’idolâtrie. [Les sept lois Noahides interdisent l’idolâtrie, le meurtre, vol, les relations sexuelles illicites, le blasphème et la consommation de la chair d’un animal vivant, et exige des sociétés l’institution de lois justes et de cours judiciaires].

« Quand nous approchons un non-Juif qui a violé les sept lois Noahides et que nous le tuons par souci de faire respecter ces sept lois, aucune interdiction n’a été violée », déclare le livre, qui souligne que tuer est interdit sauf si c’est effectué par obéissance à la décision d’une cour. Mais plus loin, les auteurs limitent l’interdiction, notant qu’elle ne s’applique qu’à un « système approprié concernant les non-Juifs qui violent les sept commandements Noahides ».

Le livre inclut une autre conclusion qui explique qu’un non-Juif peut être tué même s’il n’est pas un ennemi des Juifs. « Dans toute situation où la présence d’un non-Juif met en danger des vies juives, le non-Juif peut être tué même si c’est un Gentile vertueux pas du tout responsable de la situation qui a été créée », disent les auteurs. « Quand un non-Juif aide un meurtrier de Juifs et cause la mort de quelqu’un, il peut être tué, et dans tous les cas quand la présence d’un non-Juif pose un danger à des Juifs, le non-Juif peut être tué ». Une des dérogations pour tuer des non-Juifs, d’après la loi religieuse, s’applique dans un cas de din rodef [la loi du « poursuivant » d’après laquelle celui qui suit un autre avec une intention meurtrière peut être tué de manière extrajudiciaire] même si le poursuivant est un civil. « La dispense s’applique même quand le poursuivant ne menace pas de tuer directement, mais seulement indirectement », indique le livre. « Même un civil qui vient en aide à des combattants est considéré comme un poursuivant et peut être tué. Quiconque assiste l’armée des malfaisants d’une quelconque manière renforce les meurtriers et est considéré comme un poursuivant. Un civil qui encourage la guerre donne au roi et à ses soldats la force pour continuer. Par conséquent tout citoyen de l’État qui s’oppose à nous qui encourage les soldats combattants ou exprime de leurs actions une satisfaction est considéré comme un poursuivant et peut-être tué. Pareillement, quiconque affaiblit notre propre État par la parole ou par une action similaire est considéré comme un poursuivant ».

Les rabbins Shapira et Elitzur déterminent qu’on peut aussi faire du mal à des enfants parce qu’ils sont des « entraves ». Les rabbins écrivent ce qui suit : « Entraves - on trouve souvent les bébés dans cette situation. Ils bloquent le chemin du secours par leur présence et le font complètement de force. Néanmoins, ils peuvent être tués parce que leur présence aide le meurtre. Il est justifié de tuer des bébés s’il est clair qu’ils grandiront pour nous nuire, et dans une telle situation on peut leur faire du mal délibérément, et pas seulement pendant le combat avec des adultes ».

De plus, les enfants du meneur peuvent être touchés pour faire pression sur lui. Si l’attaque des enfants d’un mauvais chef va l’influencer pour qu’il ne se comportent pas méchamment, on peut leur faire du mal. « Il vaut mieux tuer les poursuivants que tuer d’autres », déclarent les auteurs.

Dans un chapitre intitulé « Mal délibéré à des innocents », le livre explique que la guerre est dirigée principalement contre les poursuivants, mais ceux qui appartiennent à la nation ennemie sont aussi considérés comme ennemis parce qu’ils assistent des meurtriers.

La rétorsion a aussi une place et une fonction dans ce livre des rabbins Shapira et Elitzur. « Pour vaincre les ennemis, nous devons nous comporter envers eux dans un esprit de représailles et de mesures pour mesures », écrit-il. « Les représailles sont absolument nécessaires pour que cette méchanceté ne vaille pas le coup. Par conséquent, parfois nous faisons des actes cruels pour créer le bon équilibre de la terreur ».

Dans une note de bas de page, les deux rabbins écrivent d’une manière qui semble permettre à des individus d’agir par eux-mêmes, hors de toute décision du gouvernement ou de l’armée : « Une décision par la nation n’est pas nécessaire pour permettre de verser le sang du royaume du mal », écrivent les rabbins. « Même des individus de la nation attaquée peuvent les frapper ».

À la différence des livres de loi religieuse publiés par les yeshivas, cette fois-ci les rabbins ont ajouté un chapitre contenant les conclusions du livre. Chacun des six chapitres est résumé en points principaux de plusieurs lignes, qui exposent, entre autres choses : « Dans la loi religieuse, nous avons trouvé que les non-Juifs sont généralement suspects de verser le sang juif, et dans la guerre, cette suspicion devient bien plus grande. On doit considérer de tuer même des bébés, qui n’ont pas violé les sept lois Noahides, à cause du danger futur qui sera causé s’ils sont autorisés à devenir aussi mauvais que leurs parents ».

Même si les auteurs prennent soin, comme indiqué, d’utiliser le terme « non-Juif », il s’en trouvera certainement pour interpréter la nationalité des « non-Juifs » responsables de mettre en danger le peuple juif. Ceci est renforcé par la brochure « La voix juive » publiée sur Internet depuis Yitzhar, qui commente le livre : « Il est superflu de faire remarquer que nulle part dans le livre il n’est écrit que les déclarations ne concernent que les non-Juifs d’autrefois ». Les éditeurs de la brochure n’ont pas oublié une remarque cuisante en direction des services de sécurité (GSS), qui se donneront certainement la peine de se procurer une copie. « Les éditeurs suggèrent au GSS qu’ils attribuent le prix de la sécurité d’Israël aux auteurs », déclare la brochure, « qui ont donné aux enquêteurs le choix de lire les conclusions résumées sans avoir besoin d’une étude du livre entier en profondeur ».

Un étudiant de la yeshiva Od Yosef Hai à Yitzhar a expliqué d’où, de son point de vue, les rabbins Shapira et Elitzur ont tiré le courage de parler si librement sur un sujet tel que le meurtre de non-Juifs. « Les rabbins n’ont pas peur de poursuites parce que dans ce cas, Maimonides [le rabbin Moses ben Maimon, 1135-1204] et Nahmanides [rabbin Moses ben Nahman, 1194-1270] devraient être aussi traînés en justice, et de toute façon, ceci est une recherche sur la loi religieuse », a dit l’étudiant de la yeshiva. « Dans l’État juif, personne n’est ainsi en prison pour avoir étudié la Torah ».

* Note du traducteur : Ces interprétations religieuses ont été traitées de manière détaillée dans : Israel Shahak et Norton Mezvinsky, « Jewish Fundamentalism in Israel », Pluto Press (1999).

9 novembre 2009 - Vous pouvez consulter cet article en anglais sur http://didiremez.wordpress.com/2009...


Article français : Info Palestine, traduction : JP Bouché

31/05/2009

Le sionisme, ennemi… surtout des juifs

11/02/2009

Un best-seller controversé ébranle les fondations de l’État israélien

Sott.net

Joshua Holland
AlterNet
mercredi 28 janvier 2009

Et si tout le récit de la diaspora juive était historiquement faux ?

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Et si les Arabes palestiniens qui vivent depuis des décennies sous la botte de l’État israélien moderne descendaient en fait de ces mêmes « enfants d’Israël » décrits dans l’Ancien Testament ?

Et si la plupart des Israéliens actuels ne descendaient pas du tout des anciens Israélites, mais étaient en réalité un mélange d’Européens, de Nord-Africains et d’autres peuples ? Et s’ils n’étaient pas « revenus » sur le bout de terre que nous appelons maintenant Israël pour y établir un nouvel État consécutivement à la tentative d’extermination dont ils avaient fait l’objet pendant la Seconde Guerre mondiale, mais étaient arrivés dans ce pays pour y déporter de force des gens dont les ancêtres vivaient là depuis des millénaires ?

Et si le récit de la diaspora juive – l’histoire que les juifs du monde entier racontent tous les ans lors de la Pâque juive, et qui détaille l’exil des juifs antiques hors de Judée, les années passées à errer dans le désert, leur évasion hors des griffes de Pharaon – était entièrement faux ?

C’est la thèse explosive de l’ouvrage Comment le peuple juif fut inventé, de la plume de l’universitaire de Tel Aviv Shlomo Sand (ou Zand). Un ouvrage qui a provoqué des remous dans toute la société israélienne lors de sa publication l’an dernier. Après avoir passé 19 semaines sur la liste des best-sellers en Israël, ce livre est maintenant traduit dans une douzaine de langues et sera publié cette année aux États-Unis chez Verso.

Sa thèse a des répercussions qui vont bien au-delà de quelque débat académique antédiluvien. Peu de conflits modernes sont autant attachés à l’histoire antique que ce cycle de bains de sang entre Israéliens et Palestiniens, qui dure depuis des décennies. Chaque groupe revendique le même lopin de terre – que les trois grandes religions abrahamiques tiennent pour sacré – en se fondant sur les liens antiques qui les unissent à ce territoire et sur les identités nationales formées sur de longues périodes. Il n’y a probablement pas d’autre endroit sur Terre où le présent est aussi intimement lié au passé antique.

Au coeur de l’idéologie sioniste, on trouve le récit – connu de toutes les familles juives – de l’exil, de l’oppression, de la rédemption et du retour. Bouté hors de son royaume par les Romains il y a environ 2000 ans, le « peuple juif » - les fils et filles de la Judée antique – a erré sur la Terre, sans racines, et, en tous lieux, dut subir une cruelle répression – de l’esclavage en Égypte aux massacres espagnols du XIVe siècle et aux pogroms russes du XIXe siècle, en passant par les horreurs du Troisième Reich.

Cette vision de l’Histoire anime tout autant les sionistes que la minorité influente mais réactionnaire – aux États-Unis comme en Israël – qui croit que Dieu a légué un « Grand Israël » – une terre qui englobe l’État actuel ainsi que les Territoires Occupés – au peuple juif, et qui résiste à toute tentative pour créer un État palestinien sur la terres biblique.

Inventer un peuple ?

L’argument central de Sand est que les Romains n’ont pas expulé des nations entières hors de leurs territoires. Sand estime que peut-être 10 000 Judéens antiques furent vaincus au cours des guerres romaines, et que les habitants restants de l’antique Judée y démeurèrent, se convertirent à l’islam et se mélangèrent à leurs conquérants quand les Arabes conquirent la région. Ils devinrent les ancêtres des Arabes palestiniens d’aujourd’hui, dont beaucoup sont maintenant des réfugiés, exilés de leur patrie au cours du XXe siècle.

Tom Segev, un journaliste israélien, a résumé cette thèse dans une critique du livre publiée dans Ha’aretz :

« Il n’y a jamais eu de peuple juif, uniquement une religion juive, et l’exil n’a jamais existé – et donc, il n’y a pas eu de retour. Sand rejette la plupart des récits bibliques sur la formation de l’identité nationale, y compris l’Exode hors d’Égypte et –ce qui est tant mieux – les horreurs de la conquête sous Josué. »

Mais cela soulève la question suivante : si l’antique peuple de Judée n’a pas été expulsé en masse, alors comment se fait-il que le peuple juif soit dispersé de par le monde ? Selon Sand, qui relate en détail l’histoire de plusieurs groupes appartenant à ce que l’on nomme de façon conventionelle la diaspora juive, certains étaient des juifs qui émigrèrent de leur plein gré, et, par la suite, la majorité étaient des convertis au judaïsme. A contrario de la croyance populaire, Sand soutient que le judaïsme était une religion évangélique qui, à ses débuts, recherchait activement de nouveaux adeptes.

Ce récit a une signification très importante en regard de l’identité nationale israélienne. Si le judaïsme est une religion plutôt qu’ « un peuple » qui descend d’une nation dispersée, alors cela remet en question la justification centrale au fait que l’État d’Israël reste un « État juif ».

Et cela nous amène à la deuxième affirmation de Sand. Il soutient que l’histoire de la nation juive – la transformation du peuple juif en tant que groupe partageant une identité culturelle et une foi religieuse en un « peuple » vaincu – est une invention relativement récente, initiée au XIXe siècle par des érudits sionistes et développée par les universitaires israéliens. Selon Sand, il s’agit d’ une sorte de conspiration intellectuelle. Segev déclare : « Tout cela n’est que pure fiction et mythe qui servirent de prétexte à l’établissement de l’État d’Israël. »

Sand se fait taper sur les doigts ; ses arguments sont-ils valables ?

Les répercussions de l’argumentation de Sand vont très loin ; « les chances que les Palestiniens soient les descendants de l’antique peuple judaïque sont bien plus grandes que celles que vous ou moi soyons ses descendants, » a-t-il déclaré à Ha’aretz. Sand soutient qu’Israël devrait être un État au sein duquel tous les habitants de ce qui était autrefois la « Palestine britannique » partagent tous les droits et responsabilités de la citoyenneté, plutôt que d’être maintenu comme État « juif et démocratique », tel qu’on le définit actuellement.

Comme on pouvait s’y attendre, Sand a été mis au pilori suivant la formule éprouvée. Ami Isseroff, rédacteur de ZioNation, le blog sur Israël/ le sionisme, a invoqué l’imagerie habituelle de l’Holocauste, accusant Sand d’offrir une « solution finale au problème juif », une solution qui « ne nécessite aucun autodafé, aucun assaillant cosaque , aucune chambre à gaz, aucun crématorium fétide ». Un autre fervent idéologue a qualifié l’ouvrage de Sand de « manifestation supplémentaire du trouble mental qui affecte l’extrême gauche universitaire israélienne. »

Ce genre de rhétorique surchauffée fait partie des paralogismes standards utilisés lors des débats sans fin sur Israël et les Palestiniens – et elle est facilement écartée. Mais l’ouvrage de Sand a également fait l’objet de critiques plus sérieuses. Dans un article critique renommé, Israel Bartal, doyen des Humanités à l’université hébraïque, a sévèrement éreinté la seconde affirmation de Sand, selon laquelle les universitaires sionistes auraient supprimé la véritable histoire de l’expansion du judaïsme par émigration et conversion, privilégiant une version qui légitimerait la quête d’un État juif.

Bartal soulève des questions importantes sur la méthodologie de Sand et souligne l’apparente légèreté de certains détails du livre. Mais, de façon intéressante, en défendant la communauté universitaire israélienne, Bartal soutient la thèse centrale de Sand, lorsqu’il écrit : « Bien que le mythe d’un exil hors de la patrie juive (la Palestine) existe effectivement dans la culture populaire israélienne, il est quasi-inexistant dans les discussions sérieuses sur l’histoire juive. » Bartal ajoute : « aucun historien du mouvement national juif n’a jamais vraiment cru que les origines des juifs soient ethniquement et biologiquement “pures”. » Il fait remarquer que « des groupes importants au sein du mouvement [sioniste] ont exprimé des réserves concernant ce mythe, ou l’ont complètement réfuté. »

« En ce qui me concerne, ce livre ne contient pas une seule idée qui n’ait déjà été présentée » dans les études historiques antérieures. Segev ajoute que « Sand n’a pas inventé [sa] thèse ; 30 ans avant la Déclaration d’Indépendance, elle avait été adoptée par David Ben Gourion, Yitzhak Ben-Zvi et d’autres. »

On peut raisonnablement prétendre que ce mythe antique d’une nation juive exilée jusqu’à son retour au XIXe siècle est de peu de conséquence ; que le peuple juif partage une ascendance génétique commune ou soit constitué d’une mosaïque de peuples éloignés partageant la même foi, une identité nationale commune s’est bien développée au fil des siècles. Mais l’argument central de Sand reste valable, et a d’importantes implications pour le conflit actuel entre Israël et les Palestiniens.

Changer la conversation ?

La raison principale pour laquelle il est si difficile de discuter du conflit israélo-palestinien est que ceux qui défendent le contrôle israélien des Territoires Occupés (y compris Gaza, toujours occupé de facto) ont accompli un travail remarquablement efficace en assimilant tout soutien à l’autodétermination des Palestiniens à un désir de voir Israël détruit. Cette tactique amalgame efficacement toute défense des droits des Palestiniens au spectre de l’extermination des juifs.

Elle a été employée pour les arguments en faveur d’un État unique comme solution au conflit israélo-palestinien. Jusqu’à récemment, défendre la solution d’un « État unique » – un État binational où tous les résidents de ce qu’on appelle aujourd’hui Israël et les Territoires Occupés partageraient tous les droits et responsabilités de la citoyenneté – était une position relativement dominante. En fait, c’était l’un des plans parmi plusieurs envisagés par les Nations Unies quand elles créèrent l’État d’Israël dans les années 1940.

Mais, plus récemment, l’idée d’un seul État binational s’est vue marginalisée – écartée comme une tentative pour détruire Israël littéralement et physiquement, plutôt que comme une entité politique fondée sur l’ethnie et la religion ; une entité héritant d’une population de citoyens arabes de deuxième classe et responsable de la déportation d’une population de réfugiés – les plus anciens réfugiés du monde.

Une conclusion logique à cet ouvrage qui révèle la mythologie à la base de la fondation d’Israël serait peut être de redonner à l’idée d’une solution à État unique sa place légitime au coeur du débat sur cette région problématique. Après tout, même si, en un sens, l’ouvrage de Sand brouille les pistes – en soulevant les questions bibliques antiques relatives à l’origine réelle des « enfants d’Israël » – d’un autre côté, il souligne les points communs entre juifs israéliens et Arabes palestiniens. Ces groupes revendiquent tous deux la même terre, ont tous deux subi une répression et une déportation historiques, et chérissent tous deux l’idée d’un « droit au retour ».

Et si les deux groupes partagent en fait des liens bibliques communs, cela soulève alors cette question : pourquoi l’intégralité de ce qui était la Palestine sous mandat britannique devrait-elle demeurer un refuge pour les gens d’une religion, au lieu d’être un pays dans lequel juifs et Arabes bénéficient d’une égale protection – égale protection sous les lois d’un État dont la légitimité ne serait plus jamais remise en question.

Commentaire Sott : Rien de tout ceci n’est nouveau pour les lecteurs de SOTT. On a déjà montré qu’Israël n’était pas une véritable nation, mais un "véhicule" permettant aux psychopathes de mettre en pratique leurs penchants meurtriers.

Ce qui est ahurissant, c’est la façon dont la plupart des gouvernements et des médias les aident à perpétrer cette escroquerie.

Peut-être le livre de Sand apportera-t-il la vérité à davantage de gens. Une autre étincelle de lumière.

Traduction : Henri R. pour Futur Quantique

10/02/2009

« C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! »

Par Gilad Atzmon 

Entretien réalisé par Hasan Uncular.

09 février 2009

« C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! »

Hasan Uncular [HU] : Cher Gilad, quelle analyse faites-vous du carnage israélien à Gaza ?

Gilad Atzmon [GA] : Cher Hasan, je ne pense pas qu’il s’agisse réellement d’une question d’évaluation. Nous avons tous conscience du niveau [incroyable] des destructions infligées à des civils innocents par l’Etat juif. Gaza ressemble à un paysage d’après-bombe atomique. Pourtant, comme nous le savons, cette dévastation ne résulte pas du lâcher d’une seule bombe atomique. Non, en réalité, il y a eu une campagne impitoyable et interminable, conduite par une armée nationale et populaire, qui a recouru à un enchaînement de bombardements lourds, au moyen d’armes conventionnelles, mais aussi de projectiles non-conventionnels. Le carnage, à Gaza, est le résultat d’un raid aérien sinistre, continu et intensif contre les civils vivant dans la région la plus densément peuplée sur notre planète. Aussi, davantage que par l’évaluation du carnage en lui-même, je suis très intéressé dans l’évaluation des gens qui sont capables de causer une telle destruction. Autrement dit, je suis intéressé à percer l’identité collective israélienne, mais aussi l’identité collective juive. Je me demande comment il est possible que les Israéliens, ce peuple qui a « ressuscité de ses cendres », ait pu devenir, collectivement, l’incarnation du mal moderne. Comment se fait-il que les juifs de la diaspora soutiennent quasi unanimement Israël et ses crimes contre l’humanité ?

« Israël se sent totalement libéré d’une quelconque retenu morale ou éthique »

[HU] : Pourquoi Israël viole-t-il ainsi en permanence la légalité internationale, et pourquoi ne respecte-t-il pas les accords signés ?

[GA] : J’imagine que c’est parce que les Israéliens sont imbus de sentiments de supériorité, qui ont sans doute quelque chose à voir avec l’interprétation séculière de l’Election juive. En fin de compte, Israël est bien l’Etat juif, non ? Bien que la société israélienne soit dans une large mesure une société laïque, elle réussit à perpétuer l’héritage judaïque de la suprématie raciale. Il s’agit, de fait, de l’interprétation laïque nationaliste de la tradition juive qui a évolué en une inclination collective meurtrière. Il est important de noter que tandis qu’à l’intérieur du contexte juif, l’élection est interprétée comme un fardeau moral impartissant aux juifs de représenter une exemplification du comportement moral, dans l’Etat juif, l’élection est interprétée comme une autorisation à dominer et à tuer. Dès lors que les Israéliens se considèrent le peuple élu, ils se sentent manifestement libérés de toute préoccupation éthique ou morale. A cela s’ajoute le fait qu’ils ne sont absolument pas concernés par le jugement ou la pensée des autres peuples ou des autres nations. Cette philosophie arrogante a été définie par le Premier ministre israélien David Ben Gourion, dans les années 1950, quand il a déclaré : « Peu importe ce que les Goyim [les Gentils, les non-juifs] disent ; seul importe ce que les juifs font ! »

« Il faudrait décerner à Peres le prix Nobel de Physique ( nucléaire) ! »

[HU] : Quelle est, à vos yeux, l’importance de la réaction du Premier ministre (turc) Recep Tayyip Erdoğan, à Davos ?

[GA] : Pour moi, il est évident que le Premier ministre Erdoğan a été très courageux en s’opposant au mensonge israélien sur une scène internationale. De plus, il a réellement mis dans le mille en dévoilant le symbole suprême de ce mensonge-même. Je fais allusion ici au criminel de guerre et néanmoins Président d’Israël Shimon Peres, qui, en dépit de son passé accablant [Kafr Kana, réacteur nucléaire de Dimona, etc], a réussi à s’arroger un prix Nobel de… la paix ! Considérant sa contribution fondamentale au projet de recherches en matière d’armes de destruction massives de Dimona, un prix Nobel de Physique (nucléaire) aurait été plus indiqué.

C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! 

[UH] : De quelle manière le lobby juif agit-il contre le Premier ministre Erdoğan et contre les juifs dotés d’une conscience ; comment le peut-il ?

[GA] : C’est une excellente question ; mais je ne suis pas expert ès-tactiques juives… Toutefois, j’ai parfaitement conscience de l’influence qui est la leur. Dès lors que les finances du parti Travailliste britannique sont gérées par des sionistes aussi enragés que [le faux-noble] Lord cash Machine Levy et que le secrétaire général [chief of staff ] de la Maison-Blanche n’est autre qu’un sioniste ultra, nous devons nous attendre à ce que ce soient les intérêts sionistes qui donnent forme à notre réalité, et cela signifie énormément de conflits, de carnages et le sang versé d’innombrables civils innocents.

Toutefois, nous devons garder à l’esprit le fait que le vent est en train de tourner. Ce que nous voyons et ce que nous entendons, à Gaza, suscite une indignation gigantesque contre Israël et ses séides, dans le monde entier. Pour moi, il est difficile de prédire quelles seront les mesures que ne vont pas manquer d’adopter les lobbies juifs à l’encontre du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan. Il peut probablement d’ores et déjà s’attendre à être présenté comme leur nouveau protagoniste antisémite. Comme nous le savons, il ne faut pas très longtemps pour en devenir un. 

Si, dans le temps, les antisémites étaient les gens qui n’aimaient pas les juifs, aujourd’hui, il s’agit de ceux que les juifs haïssent.
Il n’en reste pas moins que nous devons avoir à l’esprit l’idée que l’amitié de la Turquie est très importante, pour Israël. La Turquie était en effet, jusqu’ici, l’unique pays ami d’Israël dans toute la région. Ces derniers temps, elle a joué un rôle d’intermédiaire en vue de négociations (hypothétiques) avec la Syrie. En bref, c’est Israël, qui a besoin de la Turquie…

[HU] : Comment les relations israélo-turques peuvent-elles être affectées par le clash entre Erdoğan et Peres, à Davos ?

[GA] : Je préfère vraiment ne pas répondre à cette question ; je ne suis pas précisément un expert, en cette matière…

« Je suis simplement antiraciste »

[HU] : Avez-vous un message conclusif à adresser au monde, et au peuple turc ?

[GA] : Je n’aime pas envoyer de messages « conclusifs » et, ce, pour trois raisons :

1. Je n’aime pas les déclarations sans appel ; je tiens à me réserver une option de regret, et je veux être en mesure de réviser mes opinions, sur quelque sujet que ce soit ;

2. Je pense que ceux qui envoient des « messages finaux » doivent être des gens très importants et très intelligents. Quand à moi, je suis avant tout un artiste ; je procède à l’introspection, et je partage ce que je vois avec mes auditeurs et mes lecteurs ;

3. Contrairement à ces hommes politiques qui savent ce qui est bien et ce qui n’est pas bien pour les autres qu’eux-mêmes, j’ai déjà du mal à savoir ce qui est bien, pour moi-même…

Toutefois, ma politique, pour ainsi dire, est très simple : je suis pour une expression éthique. Cela signifie que dans telle ou telle circonstance, je m’efforcerai de trouver, par moi-même, ce qui est bien et ce qui est mal. Je ne crois pas au dogmatisme. Je le redis : pour moi, la quête morale est un processus dynamique, consistant à modeler, et à refaire.

Il y a environ une semaine, un ami, le légendaire musicien Robert Wyatt, m’a aidé à mettre cela en parole, de la manière la plus éloquente et simple qui soit. « Ma politique », a-t-il dit, « est très simple : je suis simplement antiraciste ». C’est vraiment ce autour de quoi tourne tout le reste : être antiraciste…

Je suis totalement opposé à toute forme de politique raciste, et c’est la raison pour laquelle je méprise toute forme de politique juive, qu’elle soit de gauche, de droite ou du milieu. J’en ai ras-le-bol de toutes ces organisations « exclusivement juives ». Qu’il s’agisse des «Juifs pour un seul Etat », ou des « Juifs pour la paix ». Je suis contre ça, parce que ça ne vise qu’à promouvoir les intérêts tribaux juifs, et non pas l’humanité, ni la fraternité. L’expérience politique juive est, peu ou prou, toujours racialement orientée, et chauvine jusqu’à la moelle.

Bien que je sois convaincu que les gens sont fondés à lutter pour conquérir leur droits (comme, par exemple, le combat des Palestiniens), je pense aussi que les gens devraient savoir de quelle manière réinstaurer la paix et l’harmonie. En ce qui concerne la politique israélienne et la politique juive, c’est exactement ce qui dont nous avons besoin. Tout ce que nous voyons, c’est la vengeance et la colère, qui entraînent de plus en plus de violence. Il est parfaitement évident que les Israéliens ne sont pas vraiment familiarisés avec les notions de pitié et de compassion. La suggestion spirituellement génératrice d’harmonie faite par Jésus, résumée par l’expression « tourner l’autre joue », semble, aux oreilles des Israéliens, un concept amusant et oiseux. Apparemment, pour eux, « choc et terreur », « shock and awe », voilà qui semble bien plus sexy. C’est démocratiquement qu’ils ont voté en faveur du carnage, de la destruction et du génocide. 

Mais, après tout, ils ont bien le droit de voter… Ne sont-ils pas la « seule démocratie au Moyen-Orient » ?

C’est, tout au moins, ce qu’ils prétendent…

Source : Timeturk

Traduction : Marcel Charbonnier

http://ism-france.org/

09/02/2009

La controverse de Sion – l’un des ouvrages les plus controversés jamais écrits

Makhnovista

SOTT.net

Jeudi 29 janvier 2009

For it is the day of the Lord's vengeance and the year of recompences for the controversy of Zion. – Isaiah 34:8.

An event has happened, upon which it is difficult to speak and impossible to be silent. – Edmund Burke, 1789

Car c'est un jour de vengeance pour l'Eternel, Une année de représailles pour la cause de Sion. – Ésaïe, 34:8

Un événement a eu lieu, dont il est difficile de parler et qu’il est impossible de taire. – Edmund Burke, 1789

À son époque, Douglas Lancelot Reed (1995 - 1976) avait de nombreux lecteurs. De nos jours, il est quasiment oublié, ou alors, la seule mention de son nom provoque l’indignation des experts de l’Establishment… enfin, parmi ceux qui ont entendu parler de lui. La raison d’une telle réaction n’est pas difficile à trouver : en son temps, Reed alerta l’opinion sur ce qu’il considérait comme un complot juif visant à dominer le monde, et dont il retraça l’histoire de façon exhaustive dans son livre : La controverse de Sion. Cet ouvrage fut terminé en 1956, mais ne fut publié qu’en 1978, deux ans après sa mort.

La nécrologie de Reed publiée dans The Times le décrivait comme un « virulent antisémite ». Une lecture attentive de La controverse de Sion montre pourtant que cette opinion est discutable – même si, occasionnellement, Reed a pu se qualifier lui-même d’auteur de textes antisémites. Par cette déclaration, Reed semblait plutôt désigner son ardent anti-pharisaïsme, anti-talmudisme et antisionisme. Cependant, il ne semble pas avoir été antisémite – au sens de haïr les juifs – puisqu’en de nombreux passages de son livre, il fait preuve d’une grande compassion à l’égard des juifs ordinaires.

Néanmoins, l’antisionisme de Reed, exprimé en des termes aussi virulents, rend la première lecture de La controverse de Sion dérangeante, voire même repoussante, dans la mesure où toute les convictions progressistes que pourraient avoir le lecteur sont constamment remises en cause. Ces convictions, nées des réflexions sur l’holocauste nazi et renforcées par la propagande de l’État israélien, assimilent toute attaque à l’encontre du moindre aspect de la pensée culturelle ou politique juive à de l’antisémitisme.

Dans La controverse de Sion, Reed ne cesse de lutter contre ce parti-pris occidental, et le décrit tel qu’il est – inconsidéré et irréfléchi. La question qu’il pose est la suivante : le sionisme est-il véritablement utile au peuple juif ? En d’autres termes, le sionisme est-il pro-juif, ou en fin de compte anti-juif ? Dans ce livre, Reed remet constamment en question les idées reçues sur la justice et son application lorsqu’il s’agit des affaires juives et israéliennes. La question centrale est donc celle de l’honnêteté. Dans quelle mesure ce livre est-il juste ? Quel crédit accordons-nous aux recherches historiques sur lesquelles est fondée cette oeuvre ? La pensée sous-tendant cet ouvrage est-elle humaniste ?

En écrivant ce livre, Reed tentait de révéler un complot à demi secret. Un complot, qui, d’après l’auteur, remonte à l’époque où les Lévites réussirent à constituer une puissante cabale sous le règne de Josias, roi du royaume de Juda (640 – 609 av. J.-C.). On peut retracer les grandes lignes de ce complot en suivant une trame spécifique qui se déroule tout au long de l’Ancien Testament, mais qui est surtout manifeste dans le Deutéronome. Les objectifs de ce complot sont une domination des nations voisines du royaume de Juda (et par extension, une domination de toutes les nations du monde), dont les tributs, versés par tout peuple conquis, rempliraient les caisses de Jérusalem.

De ce point de vue, il s’agit donc d’un plan autoritaire et centralisé. Il est également « nationaliste » : les Judaïtes étaient considérés comme les élus de Yahvé, c'est-à-dire sa nation préférée. Reed démontre que ce n’est pas forcément ce que les Lévites, les Pharisiens et les Talmudistes croyaient en réalité. En un sens, ce n’était que de la propagande, ou une fiction utile, permettant de justifier la prise de pouvoir et le contrôle de la population de Jérusalem par une élite. Cette propagande eut également un effet coercitif : elle généra une pensée de groupe à laquelle il était difficile d’échapper. La culture de Juda était une culture tribale centrée sur deux éléments : le Temple et la Torah, et il est intéressant de constater que tous deux étaient sous contrôle du clergé lévitique. On constate avec effroi que les effusions de sang en constituaient l’aspect le plus notable.

Reed suggère que ce mode de pensée était relativement nouveau – bien qu’à priori, le système de castes indien évoque une idéologie similaire, quoique non centrée autour du culte d’une déité spécifique ou d’un clergé rigoureusement organisé. Toutefois, il semble qu’à l’époque (500 av. J.-C.), le jaïnisme, le bouddhisme et les autres philosophies yogiques (avec l’importance qu’elles accordaient à l’universalisme et à la non-violence) réussirent à neutraliser cette mouvance barbare, illustrée entre autres dans le Rig-Veda – et qui rejoint peut-être ce que les anthropologues qualifient de « guerre endémique », c’est-à-dire un état de guerres perpétuelles intestines prenant place dans une société tribale et guerrière.

L’idéologie lévitique pourrait remonter en partie – bien que Reed ne semble pas l’aborder – à la société hautement encadrée de l’Égypte dynastique, qui, au cours de la majeure partie du Bronze final, contrôlait la Palestine. Reed souligne que la période située aux alentours de 500 av. J.-C. fut marquée par un mouvement tendant vers l’universalisme, c’est-à-dire l’intégration des différentes cultures au sein d’une humanité considérée comme un tout. Il est important de noter qu’a contrario, le judaïsme résista à cette tendance.

Jusqu’à l’époque de Jésus, l’expérience vécue par les Judéens illustre la manière dont un peuple peut être forcé à adopter un mode de pensée qui ne sert pas ses meilleurs intérêts. Les Judéens étaient à la fois poussés et tirés : poussés à accepter cette idéologie car on leur suggérait que la destruction par des puissances étrangères menaçait ceux qui s’éloignaient du troupeau, et tirés par l’idée que la domination du monde s’offrirait à ceux qui resteraient dans le droit chemin. Bien évidemment, une telle approche n’a rien de vraiment moral ; mais un soupçon de moralité, de poursuite du bien plutôt que du mal, leur fut servi dans une série de prophéties de l’Ancien Testament qui contredisaient la vision des Lévites. Le lecteur averti y verra une réfutation des vociférations rituelles du « nous contre eux » que l’on trouve dans des livres comme le Lévitique, le Deutéronome, Ezekiel, ou Esther/Néhémie. Mais sans un examen attentif, on a l’impression que cette tromperie était soutenue par un Yahvé bon et moral qui ne faisait que s’opposer à l’idolâtrie, c’est-à-dire aux pratiques de ces « eux » : les Canaanéens.

Reed montre qu’en réalité, les Lévites et les Pharisiens étaient les adorateurs de Moloch dénoncés par des prophètes comme Jérémie. Et c’est cet élément que souligna Jésus, qui fut apparemment capable de percevoir objectivement la globalité de cette dynamique. Comme Reed le souligne dans son court chapitre sur Jésus (qui constitue peut-être l’une des meilleures parties de La controverse de Sion), Jésus estimait que les Pharisiens étaient les ennemis de la loi cosmique, dans la mesure où ils avaient inventé leur propre réalité, leur propre histoire sur la façon dont les choses auraient dû être, dans le récit de la Torah. Parallèlement, les Judéens, que l’on avait enfermés dans un récit officiel et convaincus que la vie d’un individu s’arrêtait totalement dès la mort physique, restaient généralement prisonniers d’une bulle étroite de raisonnement purement linéaire, privés de contexte réel. Les conséquences de ce mode de pensée sont suffisamment évidentes, comme le site Signs of The Times tente de le montrer : nous sommes abrutis, privés de tout contexte historique véridique, incapables en raison d’un syndrome de Stockholm collectif de remettre en cause l’histoire officielle claironnée par les médias de masse. Le résultat de cet abrutissement signifie qu’un seul scénario semble possible – à savoir l’acceptation des espoirs et des peurs distillés par les pouvoirs en place.

Une juste compréhension du 11 septembre fait évidemment voler en éclat un tel scénario – de même que La controverse de Sion fait voler en éclats l’image du sionisme. De la même manière, Jésus fit voler en éclats l’image des Pharisiens lorsqu’il évoqua les meurtres d’Abel et de Zacharie (Luc 11:51). Dans Myth and History in the Bible (2003) [La Bible : mythes et histoire (non traduit) – NdT], Giovanni Garbini, chercheur biblique, affirme que par cette évocation, Jésus faisait allusion à un coup d’État qui avait eu lieu en 164 av. J.-C., et que les représentants saducéens et pharisiens pouvaient difficilement ignorer, puisqu’ils semblent y avoir participé. Voilà pourquoi le meurtre d’Abel (dont le récit se trouve dans la Genèse 4:1-16) ne fut pas condamné, Yahvé étant devenu le protecteur de Caïn, pour l’unique raison qu’Abel était considéré comme le prédécesseur du grand prêtre Zacharie. Ainsi, les meurtriers de Zacharie furent-ils également considérés comme tombant eux aussi sous la protection de Yahvé. Les commentaires acerbes de Jésus indiquent ce qu’il pensait de la Torah, et ce que ses premiers adeptes en pensaient aussi – une Torah qui fut clairement « bricolée » par les comploteurs eux-mêmes jusqu’au 1er siècle après J.-C. Il n’est pas étonnant que les extrapolations de Saint Paul quant à ce récit épique traficoté sur l’histoire d’Israël aient abouti à une théologie qui ressemble à de nombreux égards à celle des Pharisiens – et qui deviendrait malheureusement la référence de l’Église.

En bon journalise de presse écrite, Reed semble à son aise lorsqu’il retrace le labyrinthe de la politique du XXe siècle – et il est intéressant de constater à quel point ses idées se verront confirmées par des révélations ultérieures à 1956. Toutefois, même pour ce qui est des périodes historiques les plus anciennes, Reed semble avoir émis des conjectures surprenantes, qui ont été confirmées par des critiques contemporains de l’Ancien Testament issus de l’École de Copenhague, notamment Thomas L. Thompson et Garbini – Garbini en particulier, qui n’a pas peur de souligner qu’un véritable complot politique prit naissance lors de la transformation de l’Ancien Testament en outil de propagande. Leurs recherches, par exemple la reconstruction de l’histoire d’Israël présentée dans le deuxième tome de l’ouvrage de Thompson intitulé The Mythic Past: Biblical Archaeology and the Myth of Israel (1999) [Le passé mythique : archéologie biblique et le mythe d’Israël – Ouvrage non traduit - NdT], et les livres de Garbini History and Ideology in Ancient Israel (1986) [Histoire et idéologie dans l’Israël antique - Ouvrage non traduit - NdT] et Myth and History in the Bible (2003) [La Bible : mythes et Histoire] valent vraiment la peine d’être lus dans la perspective d’une réévaluation radicale de l’histoire de l’Ancien Testament et de la manipulation sociale.

Reed s’atttaque ensuite au Talmud. Quoi que l’on puisse penser de ses commentaires sur ce livre (et il est difficile d’avoir une pensée critique dans le domaine sans une solide connaissance de l’ouvrage étudié), d’une certaine manière cela importe peu, tant les preuves présentes dans l’Ancien Testament lui-même sont accablantes. Ce qui semble particulièrement intéressant, c’est que l’Église ait été amenée à croire que l’Ancien Testament rapportait la véritable parole divine. Ce point allait revêtir une importance cruciale au cours du XXe siècle, lorsque les hommes politiques chrétiens apporteraient leur soutien au sionisme, en grande partie parce qu’ils avaient été amenés à penser que les « promesses » de l’Ancien Testament venaient de Dieu, et qu’il était donc souhaitable de les respecter.

Ce soutien chrétien apporté au sionisme semble avoir été essentiel pour des personnalités comme Lord Balfour ou Lloyd George, et demeure important de nos jours (en particulier aux États-Unis) avec le sionisme des chrétiens évangéliques, qui a des relents de pacte révolutionnaire judéo-chrétien. Les attentes messianiques ont été utilisées pour pousser les chrétiens dans le camp sioniste. La manière dont cela a eu lieu est une épopée en soi, et malheureusement, ce n’est pas un sujet que Reed traite de façon exhaustive. Il va en revanche droit au but en différenciant les enseignements du Nouveau Testament et ceux du Deutéronome. On découvre évidemment que ces deux approches sont diamétralement opposées.

Cela signifie que les chrétiens sionistes (et par conséquent, tous les chrétiens qui considèrent que l’Ancien Testament rapporte la parole divine) tentent en fait de suivre deux voies en même temps. Il n’est pas étonnant qu’avec de tels fondements, l’histoire de l’Église ait été si violente, si étrangement contradictoire et si éloignée des enseignements du Prince de la Paix. Selon Reed, Saint Jérôme est l’initiatieur de cette mouvance qui conduisit l’Église à accepter l’Ancien Testament, non pas comme une source « historique » permettant de replacer les enseignements de Jésus et de Saint Paul dans leur contexte, mais comme un ensemble d’enseignements moraux en tant que tels.

2 Timothée 3:16-17 (« Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour reprendre, pour remettre les choses en ordre, pour discipliner dans la justice, pour que l’homme de Dieu soit pleinement qualifié, parfaitement équipé pour toute œuvre bonne. ») semble être à la source du problème. Le point clef est que le terme « Toute écriture » n’est pas défini. Cela signifie-t-il « tout ce qui est écrit » ? Peut-être. Peut-être que tout ce qui est écrit est utile d’une manière ou d’une autre, si cela pousse le lecteur à une réflexion sérieuse sur ce qui se produit dans le labyrinthe de sa pensée, et dans l’environnement tout aussi labyrinthique dans lequel nous nous trouvons.

Dans ce passage, peut-être Saint Paul essayait-il simplement d’encourager les chrétiens à lire et à penser. Mais, bien sûr ,le terme « écriture » peut être réduit, et par là même corrompu, pour se référer uniquement à ces textes que quelque autorité (c’est-à-dire le Synode pharisaïque de Jamnia (Yavne), ou l’un des Conciles œcuméniques) considérait comme canoniques. Que l’Église ait adopté la résolution du Synode de Jamnia sur ce sujet est en soi étonnant – pour ne pas dire totalement suspect. Le fait est que l’Église n’a aucune raison valable d’accepter une résolution provenant du Sanhédrin : elle aurait dû la rejeter directement comme fondamentalement anti-chrétienne, puisque le Sanhédrin avait participé (d’après l’Évangile de Marc) à la condamnation de Jésus juste avant sa mort, et à celle des premiers chrétiens.

Le fait est que la constitution des canons bibliques constitue l’une des plus grandes faiblesses du dogme de l’Église, et les chrétiens évangéliques en particulier sont devenus, comme la plupart des juifs, victimes de la même propagande : une acceptation des ambitions sionistes, à laquelle la seule alternative est la damnation éternelle. Les chrétiens gagneraient à apprendre que la majeure partie de l’Ancien Testament est contraire aux enseignements de Jésus – tout comme les juifs gagneraient à apprendre qu’il y a deux trames totalement différentes dans l’Ancien Testament, et qu’ils ont été trompés par l’hypothèse qui veut que l’Ancien Testament constitue un seul et unique document.

Saint Jérôme (qui était particulièrement dogmatique, pour ne pas dire foncièrement vicieux) joua probablement un rôle majeur dans la cristallisation finale de ce processus – mais d’autres avant lui subirent certainement une influence spécifiquement juive les poussant à reconnaître le canon hébreux tel que défini par le Sanhédrin. Cela semble quelque peu absurde ; on aurait pu penser que quelqu’un, quelque part, aurait crié au fou – sans doute certains le firent-ils, de la même manière que certains observateurs des événements du XXe siècle (comme le maréchal Archibald Wavell et Sir Frederick Morgan) tentèrent d’informer l’opinion publique des violences et de l’hypocrisie des ambitions sionistes, et furent simplement muselés et mis sous l’éteignoir. Reed, bien évidemment, connut le même destin – comme il l’avait probablement prévu.

Quant à notre ère moderne, Reed fait quelques observations stupéfiantes sur l’origine franc-maçonnique de la Révolution Française ; la franc-maçonnerie est décrite comme une confrérie qui fut co-optée par les Illuminatis de Bavière afin de gagner du pouvoir en Europe et aux États-Unis, sur la base d’un modèle strictement hiérarchique. La structure de cette organisation était avant tout fondée sur le secret : ses agents étaient toujours conscients d’être eux-mêmes espionnés, mais ils éprouvaient une sorte d’excitation grisante à la perspective d’être impliqués dans une vaste conquête du pouvoir – un pouvoir à arracher aux mains de l’aristocratie européenne –, d’en récolter les fruits et de donner naissance à un nouveau paradis terrestre.

Ces méthodes secrètes de prise de pouvoir semblent avoir été utilisées par les juifs talmudistes d’Espagne, où un haut niveau de domination autoritaire semble avoir été la règle, et plus tard en Europe de l’Est, vers laquelle se tourna la diaspora juive au XVIe siècle. Il n’est pas évident que les ghettos juifs aient été institués par les puissances chrétiennes. Reed laisse entendre que les ghettos résultèrent principalement du désir des dirigeants juifs d’encadrer les juifs en les regroupant au sein d’espaces urbains confinés. Dans les ghettos, les individus pouvaient être surveillés de près, les dirigeants juifs mettre en place leur propre système juridique, et un conformisme rigide être imposé.

Reed souligne que les Bolchéviques adoptèrent un modèle fondé sur une organisation secrète et une pensée de groupe similaire à celui que l’on trouvait dans les ghettos – et qu’en ces temps de ferveur révolutionnaire, les plus jeunes générations issues des familles juives de Russie étaient habituellement scindées en deux : d’un côté, des jeunes hommes et femmes oeuvrant activement à l’émergence d’un foyer juif en Palestine (les sionistes), de l’autre, des jeunes poursuivant les idéaux marxistes et anti-tsaristes. Reed révèle des informations, jusqu’alors occultées, selon lesquelles la grande majorité des dirigeants léninistes étaient d’ascendance juive. Le seul fait que cette information ait été dissimulée et qu’il était interdit d’en parler lui semblait d’importance.

Comme mentionné précédemment, Reed est particulièrement à l’aise dès qu’il s’agit du XXe siècle. Il analyse minutieusement les carrières d’Edward Mandell House et de Bernard Baruch, tous deux conseillers présidentiels aux États-Unis, et de Chaim Weizmann, qui eut une énorme influence sur la politique étrangère britannique – et il semble étonnant que ces individus aient joui d’une telle écoute et d’une telle influence auprès des grands décideurs.

Dans son Épilogue, Reed résume La controverse de Sion en la qualifiant de récit écrit par un témoin de ce jeu de dupe qui piège tout autant les dirigeants occidentaux, les juifs et les activistes révolutionnaires que le lectorat de la presse écrite. Ce récit est animé d’une grande ferveur. Mais en même temps, il ne s’agit pas d’un récit polémique biaisé. Les faits qu’il met en avant, en tant que journaliste de premier plan, confirment avec force sa croyance selon laquelle l’aventure sioniste constitue un abus de confiance, et seul les sionistes ont quelque chose à y gagner. Ceux qui dénoncèrent cette arnaque furent (et bien sûr sont toujours) traités d’ « antisémites », ce qui démontre que ce type d’accusation n’est rien d’autre que de la diffamation infondée, que l’on se doit de réfuter.

Alors, quelle est la fiablité de Reed en tant qu’historien ? Pour répondre à cette question, – et d’un point de vue strictement personnel – on peut développer trois points :

1. Il est touchant de constater que même si Reed soupçonne les Talmudistes d’avoir été impliqués dans la guerre civile anglaise, il fait preuve de rigueur en déclarant qu’il ne dispose pas de preuves permettant d’étayer cette déclaration. Je pense que cela démontre l’utilisation raisonnée des preuves dont il disposait.

2. On pourrait accuser Reed d’une sorte d’antisémitisme, dans la mesure où il semble considérer que, quelque part, les Khazars (cette peuplade turque qui semble être à l’origine des juifs askhénazes) sont pires que les autres peuples. Il oppose fréquemment la « barbarie asiatique » aux gloires de la chrétienté occidentale civilisée. Je dois dire que j’éprouve un malaise à chaque fois qu’il verse dans ce genre de propos. Je doute que l’Occident soit si civilisé que ça. Comme l’a dit un jour George Gurdjieff, la civilisation occidentale recouvre sa très grande violence sous un vernis de mots raffinés. Gurdjieff déclara également qu’en général, les Européens comprenaient très peu la richesse et la subtilité de la culture asiatique. Je pense que Reed, en bon conservateur, est peut-être tombé dans ce piège.

3. Néanmoins, même s’il avait par certains côtés un profil d’homme vieux-jeu amateur de costumes en tweed – ou autre qualificatif du genre – il avait aussi cette ouverture d’esprit qu’il est toujours rafraîchissant de rencontrer. Par exemple, il est à remarquer qu’il parle en des termes élogieux de Mikhail Bakounine et d’Ernest Bevin, qui avait tous deux des sensibilités politiques ancrées bien à gauche : le premier était un farouche anarchiste révolutionnaire russe (dont on peut apprécier l’anti-monothéisme radical dans cette fiévreuse déclaration : « si Dieu existait, il faudrait l’abolir »), le second était un homme politique pragmatique, secrétaire aux Affaires étrangères du Parti travailliste britannique. Le sentiment d’affinité que nourrissait Reed à l’égard de ces deux hommes démontre combien il était fondamentalement honnête et humain.

Mais pour en revenir un instant à Bakounine : après avoir lu Reed, on comprend mieux que Bakounine, pourtant fervent internationaliste et partisan de la fraternité humaine, ait écrit Polémique contre les Juifs. De même, on comprend mieux les soupçons fort répandus parmi les socialistes et les anarchistes radicaux du XIXe siècle au sujet des ambitions juives. Ils étaient aux premières lignes du combat contre les abus de pouvoir, et n’allaient pas se laisser déstabiliser par les définitions limitées et autoritaires de ce qu’ils étaient censés penser. Ils voyaient les racines de l’exploitation de leurs propres yeux, et n’ignoraient pas que certains juifs oeuvraient à consolider leur propre pouvoir – pas ouvertement, mais dans les corridors du pouvoir, dans les mouvements pseudo-révolutionnaires comme l’Internationale marxiste, dans le sionisme, et grâce aux faveurs spéciales que leur accordaient moyennant « finances » les gouvernements européens et étasunien.

Le secret semble être l’élément maître de ces sombres maneuvres – c’est un point que l’on ne devrait peut-être pas oublier, lorsqu’on voit de quelle façon « les intérêts de la sécurité nationale » sont systématiquement invoqués pour justifier le refus de nos gouvernements de révéler des informations relatives à leurs agissements. Même des individus haut placés, comme Benjamin Disraeli – dont les origines juives lui permirent apparemment de mieux percevoir le mode opératoire de certains juifs – et Ernest Bevin – qui dans les faits était en charge de la Palestine juste après la Deuxième Guerre mondiale – ne purent guère plus que révéler ce qui se passait en coulisses. Ils se sentaient en quelque sorte menacés, comme s’ils percevaient que le pouvoir dont ils disposaient pourrait leur être retiré s’ils en disaient trop ; ou que les juifs ordinaires – les millions de juifs respectables qui étaient eux-mêmes manipulés – pourraient se retrouver en danger si l’opinion publique se retournait contre tous les juifs, les considérant comme ennemis de la race humaine.

Bien entendu, ce ne sont pas les juifs le problème, et Reed n’a jamais dit autre chose. Mais il semble bien y avoir des individus qui utilisent la question juive comme prétexte pour répandre violence et exploitation à travers l’Europe et le Moyen Orient. Des fonctionnaires héroïques comme James Forrestal à Washington firent leur possible pour faire part à leurs supérieurs de leurs inquiétudes au sujet des plans sionistes – mais sans grand résultat. La tragédie se poursuit aujourd’hui dans le camp de concentration de Gaza.

In fine, c’est le caractère monothéiste des religions juive et chrétienne qui a été lui-même instrumentalisé pour servir un programme politique visant à concentrer le pouvoir entre les mains d’une minorité. Yahvé se trouve au sommet de cette pyramide du pouvoir. Tout le monde est manipulé – révolutionnaires et partisans de toutes sortes sont dupés en permanence et montés les uns contre les autres.

Que cela signifie-t-il pour nous ? Il se pourrait que la seule révolution efficace ne puisse être accomplie que par un réseau d’individus dédiés à une recherche passionnée de la vérité. Seule la connaissance de la manière dont nos maîtres ont fonctionné, et continuent à fonctionner, donnera la chance aux pauvres hères que nous sommes de voir à quel point nous sommes mystifiés et manipulés. La controverse de Sion est une œuvre importante en ce qu’elle révèle des informations d’une telle nature, et il est ironique que ce faisant, elle soit elle-même devenue l’une des oeuvres les plus controversées de toute l’Histoire.

Les autres ouvrages de Douglas Reed :

The Burning of the Reichstag (1934) – Non traduit

Insanity Fair (Jonathan Cape, 1938) – La Foire aux folies

Disgrace Abounding (do., 1939) – Non traduit

Nemesis? The Story of Otto Strasser (do.) – Non traduit

A Prophet at Home (do., 1941) – Non traduit

All Our Tomorrows (do., 1942) – Non traduit

Lest We Regret (do., 1943) – Non traduit

From Smoke to Smother (do., 1948) – Non traduit

Somewhere South of Suez (do., 1949) – Non traduit

Far and Wide (do., 1951) – Non traduit

The Battle for Rhodesia (HAUM, 1966) – Non traduit

The Siege of Southern Africa (Macmillan, 1974) – Non traduit

Behind the Scene (Dolphin Press, 1975) – Non traduit

The Grand Design of the 20th Century (Dolphin Press, 1977) – Non traduit

Romans (non traduits) :

Galanty Show

Reasons of Health

Rule of Three

The Next Horizon

Pièce :

Downfall – Non traduit

Pour télécharger La controverse de Sion en français :

http://conspiration.cc/conspir/controverse_de_sion.pdf

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

19/01/2009

Comment les nazis traitaient les Juifs – Comment les Israéliens traitent les Palestiniens

adc.org, commentaires de Sott.net

Dimanche 18 janvier 2009

Constamment, le gouvernement israélien nie traiter les Palestiniens comme les Juifs furent traités sous le régime nazi. Mais les nazis, eux aussi, niaient commettre un génocide et des crimes de guerre.

Plutôt que de tenter de prouver par l'écrit que les représentants de l'État d'Israël sont les héritiers idéologiques des nazis, nous publions ci-dessous une série de photos juxtaposées : à gauche, des images illustrant le quotidien des juifs, il y a 68 ans, en Allemagne et en Pologne ; à droite, des images illustrant le quotidien des Palestiniens, aujourd'hui, dans les territoires occupés : ces photos parlent bien plus qu'un long discours. (cliquer pour agrandir)

Murs et barricades pour emprisonner la population

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Postes de contrôle militaires pour empêcher les civils de circuler librement

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Arrestations et brimades
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Destruction des foyers et des moyens de subsistance
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Meurtres d'innocents, de femmes et d'enfants
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17/01/2009

Psychopathie en action : à New York, des manifestants pro-israéliens en appellent à l'anéantissement des Palestiniens

Max Blumenthal

AlterNet

Mardi 13 janvier 2009 22:55 UTC

Le 11 janvier, quelque dix mille personnes se sont rassemblées devant l'ambassade israélienne, à Manhattan, en soutien à l'attaque israélienne dans la Bande de Gaza. Ce rassemblement était organisé par l'UJA-Federation (United Jewish Appeal [Appel juif unifié – Ndt]) de New York et le Jewish Community Relations Council [Conseil des relations de la communauté juive – Ndt] de New York, en coopération avec la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations [Conférence des présidents des principales organisations juives-américaines – Ndt]. Pour l'occasion, des discours furent prononcés par les plus hauts législateurs de New York. Bien que les diatribes contre les criminels du Hamas aient provoqué la juste colère des foules, l'événement fut d'ordre festif – chants et danses entraînantes en marquèrent le début et la fin.

Le sénateur Chuck Schumer a souligné les méthodes guerrières humanitaires d'Israël, prenant pour exemple l'envoi de SMS avertissant certains habitants de la Bande de Gaza d'évacuer leurs maisons avant qu'elles ne soient bombardées par les forces israéliennes. "Quel autre pays ferait-ça ?", a crié Schumer depuis le podium. Le gouverneur David Paterson est apparu sur l'estrade coiffé d'un des chapeaux rouges distribués aux manifestants et symbolisant les alertes rouges que certains Israéliens doivent endurer lorsque des groupes palestiniens tirent des roquettes en leur direction. Paterson a évoqué les nombreuses roquettes Qassam tombées sur Israël pour justifier les opérations israéliennes à Gaza – un assaut militaire qui a causé plus de 800 [plus d'un millier à ce jour – Ndt] morts et des milliers de blessés.

Ensuite, Paterson a mis l'accent sur la vague d'antisémitisme qui a suivi l'attaque israélienne de Gaza, évoquant l'agression d'une adolescente en France. "Ce genre de colère et de haine se répand comme une maladie", a déclaré Paterson, "et l'une des choses sur lesquelles j'ai toujours insisté, c'est qu'il n'y a pas de place pour la haine dans l'Empire State [surnom de l'État de New York – Ndt]".

Pourtant, la haine était à son comble dans le public. Juste devant l'estrade, un homme tenait une bannière portant l'inscription "L'islam est une secte morbide". Des manifestants m'ont décrit les Gazaouis comme un "cancer", et ont demandé qu'Israël les "anéantisse tous", tout en insistant : "Ils nous forcent à tuer leurs enfants afin de défendre les nôtres". Une jeune femme me dit : "Ceux qui meurent subissent la colère de Dieu". "Ils ne font pas de distinction entre les civils et les militaires, alors pourquoi devrions-nous le faire ?", me dit un membre du groupe juif messianique Orthodox Chabad-Lubavitch, venu assister au rassemblement.

Parmi les gens que j'interroge, nul ne semble trouver de raison qui le pousserait à remettre en cause la guerre d'Israël. Ni le nombre de victimes civiles, ni la vision de souffrances extrêmes – rien ne pourrait briser leur enthousiasme quant à l'attaque d'une des populations les plus vulnérables au monde avec les armes les plus sophistiquées de la planète. Il n'y a aucune limite, peu importe les actions d'Israël, peu importe ses méthodes.

Ce rassemblement m'a fait penser à un passage de "The Holocaust Is Over, We Must Rise From Its Ashes" [L'holocauste est fini, nous devons renaître de ses cendres], livre percutant rédigé par l'ex-président de la Knesset et du Jewish National Fund [Fonds national juif], Avraham Burg :

"Si tu es quelqu'un de mauvais, un ennemi geignard ou un occupant brutal, tu n'es pas mon frère, même si tu es circoncis, que tu observes le Shabbath, et que tu accomplis les mitzvahs [bonnes oeuvres – Ndt]. Si, par pudeur, tu recouvres chaque cheveu de ta tête avec ton foulard, que tu fais l'aumône et la charité, mais que sous le foulard, l'esprit est dévoué à la sainteté de la terre juive, la faisant primer sur la sainteté de la vie humaine, tu n'es pas ma soeur. Tu seras peut-être mon ennemie. Un Arabe bon ou un gentil [non-juif – Ndt] honnête sera un frère ou une soeur pour moi. Un homme mauvais, même d'ascendance juive, sera mon adversaire, et je me tiendrai de l'autre côté de la barricade pour le combattre jusqu'à la fin."

Commentaire : vidéos sur l'occupation israélienne de la Palestine/Gaza, cliquer ici

Traduction : Prayers for rain pour Futur Quantique

 

 

15/01/2009

QCM sur l'histoire d'Israël

Auteur :   Mitch Cohen

Source : Israel's History in Quotes, a Questionnaire Tlaxcala

Article original diffusé en janvier 2009 

Traduit par Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice – Tlaxcala

Militant anti-guerre, l'auteur de ce questionnaire à choix multiples l'a distribué aux habitants de son immeuble à New York.

Qui a dit :

1 - Si j'étais un dirigeant arabe, je ne signerais jamais d'accord avec Israël. C'est normal : nous avons pris leur pays. C'est vrai que Dieu nous l'a promis mais quel est l'intérêt pour eux ? Notre Dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz mais est-ce que c'était de leur faute ? Ils ne voient qu'une chose : nous sommes venus et nous avons volé leur pays. Pourquoi l'accepteraient-ils ?

a. George W. Bush, Président des Etats-Unis d'Amérique

b. Harry S. Truman, ancien Président des Etats-Unis d'Amérique

c. Noam Chomsky, écrivain et dissident usaméricain

d. David Ben Gourion, premier Premier Ministre d'Israël

 

2 - Chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites l'Amérique ferait comme ceci et comme cela... Je veux vous dire clairement les choses : ne vous inquiétez pas de la pression américaine sur Israël. Nous, le peuple juif, nous contrôlons l'Amérique et l'Amérique le sait.

a. Ariel Sharon, ancien Premier Ministre d'Israël

b. Meier Kahane, fondateur de la Ligue de Défense Juive (JDL) aux Etats-Unis puis de Kach, un parti politique israélien d'extrême-droite

c. Amy Goodman, présentatrice du programme "Democracy Now!" sur Pacifica Radio

 

3 - Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre temps, il y a l'émergence dans l'État nouvellement créé d'Israël, du Parti de la Liberté (Herut), un parti politique très proche dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et sociale, des partis fascistes et nazis.

a. Bill Ayers, ex-activiste des années Vietnam et cofondateur du Weather Underground qui conduisit une campagne d'attentats contre des bâtiments publics dans les années 60-70 en protestation contre les guerres menées par les USA, et Bernardine Dohrn, sa femme, également membre des Weathermen

b. Lénine & Léon Trotsky

c. Albert Einstein & Hannah Arendt

 

4 - Le pouvoir légal d'Hitler était basé sur la "loi d'habilitation" qui fut passée de façon légale par le Reichstag et qui a permis au Führer et à ses représentants... d'agir comme ils voulaient, ou en langage légal, d'émettre des règles en ayant avec eux la force de la loi. Exactement le même type de loi a été passé par la Knesset (le parlement israélien), immédiatement après la conquête de 1967, accordant au gouvernement israélien et à ses représentants, le pouvoir d'Hitler, qu'ils ont utilisé de façon hitlérienne.

a. Gus Hall, ancien dirigeant du parti communiste aux USA

b. Dr. Israel Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l'homme et un survivant du camp d'extermination de Bergen Belsen

c. Barack Obama, Président des USA

d. Yasser Arafat, ancien dirigeant de l'Organisation de Libération de la Palestine 

5 - Comment pouvons-nous rendre les territoires occupés ? Il n'y a personne à qui les rendre.

a. Dick Cheney, Vice-Président des USA

b. Jay Leno, humoriste satiriste usaméricain

c. Golda Meir, ancien Premier Ministre d'Israël

Réponses (on ne triche pas) :

1 - d. David Ben Gourion (le premier des Premiers Ministres d'Israël) cité par Nahum Goldmann dans " Le paradoxe juif", page 121

2 - a. Ariel Sharon, le 3 octobre 2001, à Shimon Peres, rapporté sur radio Kol Yisrael

3 - c. Albert Einstein, Hannah Arendt et autres éminents USaméricains juifs, qui ont écrit dans The New York Times, en protestation à la visite aux USA de Monachem Begin, en décembre 1948

4 - b. Dr. Israel Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l'homme et survivant du camp d'extermination de Bergen Belsen, commentant les mesures d'urgence militaires israéliennes suite à la guerre de 1967, dans le "Journal Palestine", vol. 12, décembre 1983.

5 - c. Golda Meir, juste une semaine avant de devenir Premier Ministre d'Israël, le 8 mars 1969.