26.11.2009
Temps maussade pour le Mossad
25 novembre 2009
Pardonnez ce jeu de mots trop facile, mais il correspond en fin de compte à une certaine réalité reflétée dans un article signalé par le blogueur canadien Xymphora.
Au Mossad, on apprend à placer des bombes sous des voitures.
Simplement parce que la méthode de la voiture piégée, si souvent associée dans nos esprits au terrorisme palestinien voire islamiste, est en réalité un procédé breveté par le Mossad. Pour les méthodes du terrorisme moderne (voiture piégée, lettre piégée, détournement d'avion etc.,) les sionistes ont été des pionniers dans pratiquement tous les domaines. Si vous ne me croyez pas, renseignez-vous auprès des sujets de sa Gracieuse majesté, la Reine d’Angleterre.
La méthode terroriste est toujours d’actualité dans l’entité sioniste, la preuve en étant cet apprenti espion qui vient de se faire pincer par un simple flic dans une rue de Tel Aviv où il mettait en pratique les cours théoriques dispensés par la « Mossad Academy. » [cf dépêche AFP ci-dessous]
Un loupé de plus parmi les nombreux ratés de ce service dont la réputation surfaite d’efficacité tient avant tout à l’incurie des services secrets qui a longtemps caractérisé le contre espionnage dans les pays arabes.
Cette époque est révolue comme on a pu le voir au Liban avec l’arrestation d’espions qui travaillaient pour le gang de Tel Aviv.
Et peut-être la qualité du recrutement et de la stratégie laissent-elles aussi à désirer comme en attestent les loupés exposés dans l’article que je vous propose.
Loupés auxquels il faut ajouter celui tout récent de la saisie du pseudo cargo d’armes iraniennes destinées au Hezbollah; acte de piraterie qui n’a convaincu que les sionistes forcenés et/ou ceux qui veulent à tout prix bombarder l’Iran.
Et n’oublions pas la fermeture pendant sept ans, à l’initiative de la Nouvelle Zélande, de l’ambassade sioniste à Wellington en rétorsion aux agissements de deux agents du Mossad qui tentaient de se faire délivrer de vrais faux passeports néozélandais en endossant l’identité de Néozélandais identifiés comme étant peu susceptibles de voyager (et donc de demander un passeport).
Vous noterez qu’un des ratés du Mossad cités dans l’article concernait l’espionnage d’une base navale dans cette île. Or, à ma connaissance, il n’y a pas de base navale palestinienne, iranienne ou syrienne à Chypre. Deux importantes bases navales se trouvent à Chypre, et toutes deux sont britanniques et les forces des Etats Unis y ont un accès privilégié.
Alors question: pourquoi les sionistes tentaient-ils d’espionner un de leurs « alliés »?
Décidément, être l’ami de l’entité sioniste est presque aussi difficile que de figurer au rang de ses ennemis…
Un espion novice pincé par la police israélienne
Un apprenti espion du Mossad, le service d’espionnage israélien autrefois tant vanté, a été arrêté par de simples agents de police pendant un exercice d’entraînement raté à Tel Aviv.
« Espérons que le Mossad est plus efficace à l’étranger, » disait-on sur la chaîne privée de télévision israélienne Channel 10 alors que l’information déferlait dans des médias israéliens atterrés.
L’aspirant James Bond a été repéré lundi en train d’installer une bombe factice sous un véhicule dans la capitale économique par une passante qui s’est empressée d’alerter un agent de police.
C’est seulement après interrogatoire au poste de police du quartier que l’apprenti assassin est parvenu à convaincre ceux qui l’avaient arrêté qu’il était en réalité un membre du fameux service d’espionnage.
Le Mossad n’informe jamais à l’avance les services de police en uniforme de ses exercices afin de donner une touche réaliste à son entraînement.
L’arrestation de la recrue est le dernier d’une série de gaffes qui ont terni la réputation du Mossad ces vingt dernières années.
A Chypre, quatre présumés agents, avaient été arrêtés par la police au cours d’une tentative ratée pour mettre sur écoute l’ambassade d’Iran, et deux autres avaient été incarcérés en 1998 pou avoir espionné une base navale au sud de cette île méditerranéenne.
La même année, un Israélien avait écopé d’une peine de prison en Suisse pour avoir essayé de mettre sur écoute les téléphones de ressortissants Libanais.
Le plus gros loupé de tous, fut la tentative d’assassinat par des agents du Mossad de Khaled Meshaal, un dirigeant du Hamas, dans une opération ratée qui faillit se terminer par une rupture des relations avec le partenaire jordanien pour la paix et obligea [l’entité sioniste] à libérer, dans une démarche de conciliation, Cheikh Ahmed Yassin, le dirigeant du Hamas de l’époque.
- AFP
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16.11.2009
Un rabbin colon publie le guide pour tuer des non-Juifs

Pour l’extrême-droite juive, fondamentaliste et raciste, il n’y a pas d’âge pour apprendre
à massacrer son prochain, pour peu que l’on bénéficie d’une dérogation divine.
Le livre ne contient pas moins de 230 pages sur les lois concernant le meurtre de non-Juifs, une sorte de guide pour quiconque se pose la question de savoir si et quand il est permissible de prendre la vie d’un non-Juif.
Quoique le livre ne soit pas vendu par les grands distributeurs, il a reçu de chaudes recommandations par des éléments de la droite, y compris les recommandations de rabbins importants tels que Yitzhak Ginsburg, Dov Lior et Yaakov Yosef, qui sont imprimées au début du livre. Le livre est distribué via Internet et par la yeshiva, et actuellement le prix de lancement est de 30 shekels l’exemplaire. À la cérémonie commémorative qui s’est tenue ce week-end à Jérusalem pour le rabbin Meir Kahane, tué il y a 18 ans, des copies du livre furent vendues.
Au long du livre, les auteurs traitent en profondeur des questions théoriques de la loi religieuse juive concernant le meurtre de non-Juifs. Les mots « Arabes » et « Palestiniens » ne sont pas mentionnés même indirectement, et les auteurs prennent soin d’éviter de faire des déclarations explicites pour qu’un individu applique la loi de ses propres mains. Le livre contient des centaines de sources de la Bible et de la loi religieuse. Il inclut des citations d’Abraham Isaac Kook, un des pères du Sionisme Religieux, et du rabbin Shaul Yisraeli, un des doyens de la yeshiva Mercaz Harav, la citadelle du Sionisme national-religieux située à Jérusalem.
Le livre débute par une interdiction du meurtre de non-Juifs et la justifie, entre autres choses, au motif de prévenir l’hostilité et toute désacralisation du nom de Dieu. Mais très rapidement, les auteurs passent de l’interdiction à la permission, aux diverses dérogations pour faire mal à des non-Juifs, la raison centrale étant l’obligation de faire respecter les sept lois Noahides, que chaque être humain sur terre doit suivre. Parmi ces commandements se trouvent les interdictions du vol, de l’effusion de sang et de l’idolâtrie. [Les sept lois Noahides interdisent l’idolâtrie, le meurtre, vol, les relations sexuelles illicites, le blasphème et la consommation de la chair d’un animal vivant, et exige des sociétés l’institution de lois justes et de cours judiciaires].
« Quand nous approchons un non-Juif qui a violé les sept lois Noahides et que nous le tuons par souci de faire respecter ces sept lois, aucune interdiction n’a été violée », déclare le livre, qui souligne que tuer est interdit sauf si c’est effectué par obéissance à la décision d’une cour. Mais plus loin, les auteurs limitent l’interdiction, notant qu’elle ne s’applique qu’à un « système approprié concernant les non-Juifs qui violent les sept commandements Noahides ».
Le livre inclut une autre conclusion qui explique qu’un non-Juif peut être tué même s’il n’est pas un ennemi des Juifs. « Dans toute situation où la présence d’un non-Juif met en danger des vies juives, le non-Juif peut être tué même si c’est un Gentile vertueux pas du tout responsable de la situation qui a été créée », disent les auteurs. « Quand un non-Juif aide un meurtrier de Juifs et cause la mort de quelqu’un, il peut être tué, et dans tous les cas quand la présence d’un non-Juif pose un danger à des Juifs, le non-Juif peut être tué ». Une des dérogations pour tuer des non-Juifs, d’après la loi religieuse, s’applique dans un cas de din rodef [la loi du « poursuivant » d’après laquelle celui qui suit un autre avec une intention meurtrière peut être tué de manière extrajudiciaire] même si le poursuivant est un civil. « La dispense s’applique même quand le poursuivant ne menace pas de tuer directement, mais seulement indirectement », indique le livre. « Même un civil qui vient en aide à des combattants est considéré comme un poursuivant et peut être tué. Quiconque assiste l’armée des malfaisants d’une quelconque manière renforce les meurtriers et est considéré comme un poursuivant. Un civil qui encourage la guerre donne au roi et à ses soldats la force pour continuer. Par conséquent tout citoyen de l’État qui s’oppose à nous qui encourage les soldats combattants ou exprime de leurs actions une satisfaction est considéré comme un poursuivant et peut-être tué. Pareillement, quiconque affaiblit notre propre État par la parole ou par une action similaire est considéré comme un poursuivant ».
Les rabbins Shapira et Elitzur déterminent qu’on peut aussi faire du mal à des enfants parce qu’ils sont des « entraves ». Les rabbins écrivent ce qui suit : « Entraves - on trouve souvent les bébés dans cette situation. Ils bloquent le chemin du secours par leur présence et le font complètement de force. Néanmoins, ils peuvent être tués parce que leur présence aide le meurtre. Il est justifié de tuer des bébés s’il est clair qu’ils grandiront pour nous nuire, et dans une telle situation on peut leur faire du mal délibérément, et pas seulement pendant le combat avec des adultes ».
De plus, les enfants du meneur peuvent être touchés pour faire pression sur lui. Si l’attaque des enfants d’un mauvais chef va l’influencer pour qu’il ne se comportent pas méchamment, on peut leur faire du mal. « Il vaut mieux tuer les poursuivants que tuer d’autres », déclarent les auteurs.
Dans un chapitre intitulé « Mal délibéré à des innocents », le livre explique que la guerre est dirigée principalement contre les poursuivants, mais ceux qui appartiennent à la nation ennemie sont aussi considérés comme ennemis parce qu’ils assistent des meurtriers.
La rétorsion a aussi une place et une fonction dans ce livre des rabbins Shapira et Elitzur. « Pour vaincre les ennemis, nous devons nous comporter envers eux dans un esprit de représailles et de mesures pour mesures », écrit-il. « Les représailles sont absolument nécessaires pour que cette méchanceté ne vaille pas le coup. Par conséquent, parfois nous faisons des actes cruels pour créer le bon équilibre de la terreur ».
Dans une note de bas de page, les deux rabbins écrivent d’une manière qui semble permettre à des individus d’agir par eux-mêmes, hors de toute décision du gouvernement ou de l’armée : « Une décision par la nation n’est pas nécessaire pour permettre de verser le sang du royaume du mal », écrivent les rabbins. « Même des individus de la nation attaquée peuvent les frapper ».
À la différence des livres de loi religieuse publiés par les yeshivas, cette fois-ci les rabbins ont ajouté un chapitre contenant les conclusions du livre. Chacun des six chapitres est résumé en points principaux de plusieurs lignes, qui exposent, entre autres choses : « Dans la loi religieuse, nous avons trouvé que les non-Juifs sont généralement suspects de verser le sang juif, et dans la guerre, cette suspicion devient bien plus grande. On doit considérer de tuer même des bébés, qui n’ont pas violé les sept lois Noahides, à cause du danger futur qui sera causé s’ils sont autorisés à devenir aussi mauvais que leurs parents ».
Même si les auteurs prennent soin, comme indiqué, d’utiliser le terme « non-Juif », il s’en trouvera certainement pour interpréter la nationalité des « non-Juifs » responsables de mettre en danger le peuple juif. Ceci est renforcé par la brochure « La voix juive » publiée sur Internet depuis Yitzhar, qui commente le livre : « Il est superflu de faire remarquer que nulle part dans le livre il n’est écrit que les déclarations ne concernent que les non-Juifs d’autrefois ». Les éditeurs de la brochure n’ont pas oublié une remarque cuisante en direction des services de sécurité (GSS), qui se donneront certainement la peine de se procurer une copie. « Les éditeurs suggèrent au GSS qu’ils attribuent le prix de la sécurité d’Israël aux auteurs », déclare la brochure, « qui ont donné aux enquêteurs le choix de lire les conclusions résumées sans avoir besoin d’une étude du livre entier en profondeur ».
Un étudiant de la yeshiva Od Yosef Hai à Yitzhar a expliqué d’où, de son point de vue, les rabbins Shapira et Elitzur ont tiré le courage de parler si librement sur un sujet tel que le meurtre de non-Juifs. « Les rabbins n’ont pas peur de poursuites parce que dans ce cas, Maimonides [le rabbin Moses ben Maimon, 1135-1204] et Nahmanides [rabbin Moses ben Nahman, 1194-1270] devraient être aussi traînés en justice, et de toute façon, ceci est une recherche sur la loi religieuse », a dit l’étudiant de la yeshiva. « Dans l’État juif, personne n’est ainsi en prison pour avoir étudié la Torah ».
* Note du traducteur : Ces interprétations religieuses ont été traitées de manière détaillée dans : Israel Shahak et Norton Mezvinsky, « Jewish Fundamentalism in Israel », Pluto Press (1999).
9 novembre 2009 - Vous pouvez consulter cet article en anglais sur http://didiremez.wordpress.com/2009...
Article français : Info Palestine, traduction : JP Bouché
14:40 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rabbin, israel, juif, palestine, sionisme, livre, yeshiva
25.10.2009
Détenus palestiniens en Israël : le cas de Mohamed Othman

Mohamed Othman
Détention sur simple soupçon : Israël a incarcéré plus de 300 Palestiniens sans procès équitable. Beaucoup des détenus sont isolés, interrogés pendant des heures sans recevoir la moindre information sur le matériel à charge présumé. Le gouvernement de Jérusalem bloque toutes les critiques venant de l’étranger.
La cellule ne mesure que quelques mètres carrés et est dépourvue de fenêtre. Sur le sol il y a un matelas, à côté, des toilettes « à la turque » : c’est ainsi qu’on désigne les trous dans le sol de la cellule où les détenus doivent satisfaire les besoins naturels.
Mohammed Othman [militant palestinien pour les droits de l’homme et défenseur de la campagne civile non violente de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) - ndlt] est détenu depuis près d’un mois au Centre de détention Kishon dans le nord d’Israël, mais ce qu’on lui reproche, ni ses avocats ni lui ne le savent. Mohammed Othman se trouve en « détention administrative », en hébreu "Maazar Minhali", tout comme environ 335 autres Palestiniens.
Selon l’organisation pour les droits de l’homme Betselem, plus d’un tiers de ces « détenus administratifs » sont emprisonnés depuis plus de six mois, un tiers d’entre eux depuis plus d’un an et huit pour cents d’entre eux le seraient depuis au moins deux ans. L’armée israélienne confirme ces chiffres tout en soulignant qu’ils n’ont pas été actualisés depuis des années.
Israël se définit à juste titre comme la seule démocratie du Proche-Orient, mais la pratique de la détention administrative n’a pas grand-chose à voir avec les principes de l’Etat de droit. Ce sont des juges militaires qui décident si la détention sera prolongée - et en général ils suivent les requêtes des procureurs militaires qui eux-mêmes sont alimentés par les services secrets intérieurs, le Shabak. Le matériel à charge présumé n’est pas communiqué aux accusés ni à leurs avocats.
Ce matériel est censé être secret et ne peut être montré aux accusés et à leurs avocats « pour des raisons de sécurité », dit un porte-parole de l’armée. Il concède cependant que de tels procès militaires sont « indiscutablement sujets à caution ». En d’autres termes : tout, sauf des procès équitables.
Médiocres conditions de détention
Le tribunal militaire de Salem, dans le nord de la Cisjordanie, a déjà prolongé à trois reprises la détention de Mohammed Othman. Selon le droit israélien, un Palestinien peut être incarcéré pendant 90 jours sans inculpation, puis un juge de la cour d’appel militaire peut encore prolonger cette détention de 90 jours.
Enfin le tribunal militaire a statué sur le cas Othmann lundi dernier. Le juge Elijahu Nimni n’a pas adhéré aux 23 jours d’interrogatoire supplémentaires demandés par les services secrets, mais il a accepté une prolongation de dix jours. Selon les avocats d’Othman, le juge Nimni a dit que ces dix jours étaient nécessaires pour clarifier la « suspicion » contre le Palestinien. Libérer Othman serait un risque pour la sécurité.

Transfert de prisonniers palestiniens en Israël, sous la garde de flics et de chiens - Photo : Reuters
L’organisation Addameer lui a fourni des avocats. Othman, 33 ans, s’est plaint à eux des mauvaises conditions de détention. Il a subi des interrogatoires pendant des heures, le pire a été le 15 octobre où il a été cuisiné de 1 heure 45 à la mi-journée jusqu’à 1 heure 20 du matin. Lorsqu’il s’endormait d’épuisement sur sa chaise, les enquêteurs lui versaient de l’eau froide sur la tête.
Vaines demandes d’information
Othman ignore toujours ce qu’on lui reproche. Il n’a été confronté ni à des données, ni à des noms ou des événements concrets, dit-il à ses avocats. Qu’y a-t-il contre lui ? C’est ce que Siegel-Online a voulu demander aux services secrets intérieurs. « Nous ne pouvons pas vous l’exposer » disait la réponse écrite. Au téléphone, à la question de la compatibilité de l’Etat de droit avec un tel manque de transparence, la porte-parole des services secrets répond : « Tout se passe conformément au droit et à l’ordre. Faites-nous confiance ! ».
Diverses ambassades occidentales ont connu les mêmes déboires. C’est en vain que la Présidence suédoise du Conseil de l’UE a demandé des informations, le motif de l’inculpation lui-même ne lui a même pas été communiqué. Avec d’autres Etats, elle proteste contre l’arrestation.
Aux dires de l’armée israélienne, la détention administrative serait appliquée contre des suspects de terrorisme. Mais justement cela paraît hautement douteux dans le cas Othman. Il a été arrêté le 22 septembre, rentrant de Jordanie en Cisjordanie par le Pont Allenby. Il revenait d’une visite en Norvège où il avait notamment rencontré la ministre des finances norvégienne Kristen Halvorsen.
« Pas de respect pour une protestation pacifique »
Plusieurs diplomates occidentaux se portent garants de son innocence. Othman est connu pour sa politique de stricte non-violence. Dans son village de Jayyous, il organise des protestations et des manifestations contre la construction du Mur censé protéger Israël des terroristes. Othman et d’autres militants s’opposent avant tout au tracé du Mur qui entraîne des expropriations de terres appartenant à des Palestiniens de Jayyous.
Le fait que les Israéliens aient précisément arrêté un partisan de la protestation non-violente irrite plus d’un diplomate occidental. « Beaucoup de Palestiniens y voient la preuve qu’Israël ne respecte même pas la protestation non-violente » dit un observateur étranger.
Le gouvernement de Jérusalem ne tient aucun compte des reproches. On ne sait même pas encore clairement qui porte la responsabilité de la politique des arrestations administratives. A la question de Spiegel-Online, le ministère de la Défense nous a renvoyés au bureau du Premier ministre, qui a renvoyé au ministère de la Justice qui lui-même a renvoyé au ministère de la Défense. Mais jusqu’à ce jour, il n’y a toujours aucune réponse...
Article original : Christoph Schult - Spiegel Online
Traduction de l’allemand : Marie Meert pour info Palestine
Site et pétition pour Mohammed Othman
13:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israel, palestine, othman
25.08.2009
Israël plaque tournante d'un trafic d'organes ?
Un journal suédois, Aftonbladet, vient d'accuser les soldats israéliens de kidnapper des Palestiniens, de voler et de vendre leurs organes. Sous le titre " ils pillent les organes de nos fils", ce quotidien suédois à grand tirage a consacré deux colonnes entières à cette information s'attirant bien sûr immédiatement le qualificatif "d'antisémite".
Cet article est basé et cite des témoignages de Palestiniens affirmant que de jeunes hommes en Cisjordanie et à Gaza avaient été kidnappés par l'armée d'occupation israélienne, et que leurs dépouilles avaient été rendues à leurs familles avec des organes en moins.
L'auteur de cette article, Donald Boström, a compilé des témoignages accablants de familles palestiniennes. "Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires" ont dit des proches de Khaled, de la ville de Naplouse avec qui Donald Boström s'est entretenu. Idem pour les oncles de Machmod et Nafes de Gaza tous deux disparu pendant quelques jours et dont les corps autopsiés ont été retournés à leurs familles.
L'auteur de l'article cite également une affaire survenue en 1992, lors de la Première Intifada. Il dit que l'armée israélienne s'était emparé d' un jeune palestinien connu pour jeter des pierres sur les soldats israéliens dans la région de Naplouse, après lui avoir tiré dessus le touchant à la poitrine, aux deux jambes et à l'estomac. Mortellement blessé son corps avait été transporté par un hélicoptère militaire à "un endroit non connu de ses proches". Cinq nuits plus tard, le corps du jeune palestinien a été rendu à sa famille enveloppé dans des draps verts d'hôpital.
"Au bruit stridents des pelles se mêlaient le rire occasionnel des soldats qui plaisantaient entre eux attendant de rentrer chez eux. Quand Bilal a été mis en terre, sa poitrine s'est découverte et cela est devenu soudain évident à la personne présente qu'on avait abusé de son corps. Bilal est loin d'être le seul qui a été enterré le corps entaillé de l'estomac jusqu'au menton et les spéculations sur les raisons de ces entailles avaient déjà commencé" écrit-t-il.
Cet article établit un lien avec une scandaleuse affaire récemment dévoilée aux Etats Unis, de l'existence d'un syndicat du crime comprenant cinq rabbins américains du New Jersey et de New York, ainsi que des fonctionnaires de l'Etat du New Jersey (le maire de la ville de Jersey, et son 1er adjoint). Ils sont accusés de blanchiment d'argent et de trafic d'organes, de même que de vente de contre façons de sacs Gucci et Prada et autres produits. Ce réseau de rabbins opérant de Brooklyn au New Jersey est accusé d'avoir blanchi des dizaines de millions de dollars via des associations de bienfaisance qu'ils contrôlaient. Les rabbins envoyaient une partie de leurs recettes à des yeshivas (écoles religieuses) en Israël liées au parti politique religieux extrémiste Shas, dirigé de facto par le rabbin extrémiste Ovadia Yosef. Ce dernier a de nombreux adeptes ici en France au sein de la communauté sioniste qui le considère comme un grand "sage".
Les autorités policières ont également découvert qu'une partie de l'argent blanchi par ces rabbins provenait de la vente d'organes humains par un rabbin orthodoxe de Brooklyn, Levi Izhak Rosenbaum. Dans cette affaire de trafic d'organes, le suspect principal du blanchiment d' argent, Rabbi Elyahu Ben-Haim oeuvrait en Israël en étroite collaboration avec le Rabbi David Yosef, qui n'est autre que le fils de ce grand "sage" Ovadia Yosef. Celui-ci s'est fait remarqué à de multiples reprises pour avoir traité les Palestiniens de noms d'oiseaux, les comparant notamment à des cafards. Ben Haim et David Yosef appartiennent à un centre d'études avancées du Talmud à Jérusalem dirigé par la famille Yosef et donc financé par cet argent sale.
Un procureur général de l'état du New Jersey a dit : " il semble que chacun voulait une part du gâteau. La corruption était largement répandue, et envahissante". Les politiciens vendaient leurs services aux rabbins qui " dissimulaient leur activités criminelles derrière une façade de droiture". L'argent blanchi venait d'Israël, via des banques suisses, puis était ensuite transféré au New Jersey.Les complices israéliens achetaient des reins en Israël pour 10 000 $ pièce de "personnes vulnérables", et puis les envoyaient à leurs associés rabbins qui les revendaient aux Etats Unis 160 000 $ pièce selon ce qu'a dit le procureur, ses propos ayant été repris par une dépêche d'AP du 25 Juillet 2009.
Levy Izhak Rosenbaum, Juif orthodoxe de Brooklyn et trafiquant en chef se considérait comme un "entremetteur". Lors d'une conversation secrète enregistrée - car ce réseau de blanchiment et de trafic d'organes avait été infiltré par une taupe du FBI - Rosenbaum s'était vanté de s'arranger pour que les reins des "donneurs" (volontaires, involontaires ?) soient compatibles avec les receveurs. " J'ai amené à un type ce que je crois être compatible pour son oncle" a-t-il dit. Rosembaum avait déjà été repéré pour trafic d'organes en 2002. Il utilisait des paysans pauvres de Moldavie ( d'où est originaire l'actuel ministre israélien des affaires étrangères d'extrême droite, Lieberman, lui même accusé d'un autre type de corruption) comme donneurs. Il leur promettait un travail aux USA puis faisaient pression sur eux pour qu'ils soient "donneurs" de reins pour des receveurs qui se faisaient passer pour des membres de leurs familles. Il lui arrivait de menacer les récalcitrants avec un pistolet. Rosenbaum montrait alors son véritable pistolet et puis mettant ses doigts en forme de pistolet, le pointait à la tête du donneur contraint. ( (Somatosphere: Science, Medicine and Anthropology. July 27, 2009, http://www.somatosphere.net/).
Certaines des transplantations utilisant les donneurs de Rosenbaum étaient pratiquées au Mount Sinai Hospital à New York. Dans des enregistrements secrets du FBI, Rosembaum disait qu'il distribuait généreusement de l'argent aux médecins israéliens, à ceux qui préparaient des visas et à ceux qui s'occupaient des donneurs d'organe dans le pays. " L'une des raisons pour laquelle c'est si cher c'est qu'il faut tout le temps verser des pots de vin" a-t-il dit ( AP 25/07/09)
Dans ce contexte, l'information publiée par le journal suédois qui s'appuie aussi sur des témoignages de familles de victimes palestiniennes est tout à fait plausible. Des soldats et milices sionistes, conditionnés à considérer les Palestiniens comme des sous humains avec la bénédiction de rabbins haineux, corrompus, peuvent s'être faits une "spécialité" de ce genre de trafic d'organes avec la complicité de médecins véreux généreusement récompensés par Rosenbaum.
Article original : Planète Non Violence
19:53 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : israel, trafic d'organe, rabbins, rosenbaum, palestine, blanchiment, fbi, yosef, aftonbladet
16.06.2009
La grande, internationale, démoniaque et vraiment effrayante menace iranienne
Les Etats-Unis « font face à une menace nucléaire iranienne » - article du Chicago Tribune et autres grands journaux, 26 mai 2009.
« La menace croissante des missiles de la Corée du Nord et de l’Iran » - article dans le Washington Post et autres grands journaux, 26 mai 2009.
« La menace iranienne dépasse les clivages religieux. Malgré leur sectarisme, les communautés musulmanes devraient s’opposer aux tentatives de l’Iran ... d’étendre l’extrémisme shiite et son influence à travers le monde. » - éditorial du Boston Globe, 27 mai 2009.
« Un mal purulent. On ne peut rester les bras croisés devant la menace iranienne » - titre de Investor’s Business Daily, 27 mai 2009.
Voici un très petit échantillon des journaux américains, en deux jours.
« 51% des israéliens soutiennent une frappe israélienne immédiate contre les sites nucléaires iraniens » - BBC, 24 mai 2009.
Après son entrée en fonction, le jour de la commémoration de l’Holocauste (Holocaust Memorial Day), le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit : « nous ne permettrons pas à des négationnistes [le président iranien Mahmoud Ahmadinejad] d’entreprendre une nouvel holocauste. » Haaretz, 14 mai 2009.
A l’instar de la paranoïa clinique, « la menace iranienne » est insensible aux arguments rationnels.
Deux nouveaux romans viennent d’être publiés par de grandes maisons d’édition américaines, des thrillers qui décrivent un Iran en possession de l’arme nucléaire et qui présentent tous les dangers qui en découleraient -Banquo’s Ghost par Rich Lowry & Keith Korman, et The increment par David Ignatius. « Bombe, bombe, bombe, bombardons l’Iran » déclare un officiel de la CIA dans le dernier roman. L’autre raille l’idée même d’un « dialogue » avec l’Iran tout en laissant entendre que la torture est acceptable. (1)
Le 12 mai, à New York City, un débat était organisé sur le sujet « la voie diplomatique avec l’Iran est une impasse. » (en bon français : « faut-il bombarder l’Iran ? ») Répondant par l’affirmatif, on y trouvait Liz Cheney, ancienne fonctionnaire du Département d’Etat (et fille d’un certain criminel de guerre qui n’a toujours pas été jugé) et Dan Senor, ancien porte-parole de l’Autorité provisoire de la Coalition à Bagdad. Leurs « contradicteurs » étaient R. Nicholas Burn, ancien sous-secrétaire d’Etat, et Kenneth Pollack, ancien membre du Conseil de Sécurité Nationale et analyste de la CIA et auteur de « The Threatening Storm : The Case for Invading Iraq » (la tempête qui menace : plaidoyer pour une invasion de l’Iran), un livre qui, sans surprise, n’est pas resté longtemps sur les rayons. (2)
Voilà ce qu’on appelle un « débat » sur la politique étrangère US dans l’Amérique de la première décennie du 21ème siècle après Jésus-Christ – quatre éminents membres de l’establishment. Si un tel « débat » avait été organisé dans l’Union Soviétique pendant la Guerre Froide (« la détente avec les États-Unis est une impasse »), les grands médias américains auraient éclaté de rire, et à l’unisson. Le débat avait été organisé par la conservatriceFondation Rosenkranz, mais même si une organisation libérale (par opposition à progressiste ou de gauche radicale) avait organisé un tel débat, il y aurait probablement eu un éventail idéologique plus large chez les participants, mais il est peu probable par contre qu’on aurait entendu contester un seul des mythes concernant l’Iran.
Voici les mythes en question, que j’ai déjà abordés dans d’autres écrits, mais comme ils sont systématiquement matraqués dans les médias, je pense qu’il faut rappeler les contre arguments.
L’Iran n’a pas droit aux armes nucléaires : il n’y a pourtant aucune loi internationale qui dit que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, Israël, la France, le Pakistan, et l’Inde ont droit aux armes nucléaires, mais pas l’Iran. L’Iran a toutes les raisons de se sentir menacé. Cela dit, le rapport conjoint des services de renseignement des Etats-Unis, le National Intelligence Estimate (NIE), de décembre 2007, intitulé Iran : intentions nucléaires et capacités, prend soin de préciser, en caractères gras et italiques : « le NIE ne pense pas que l’Iran cherche à acquérir des armes nucléaires. » Plus loin : « nous estimons avec une grande certitude qu’à l’automne 2003, Téhéran avait mis fin à son programme de développement d’armes nucléaires. »
Ahmadinejad est un négationniste : je n’ai pas encore lu quelque chose d’Ahmadinejad qui affirme simplement, clairement et sans ambiguïté que ce que nous appelons l’Holocauste n’a jamais eu lieu. Par contre, il a fait remarquer cette particularité que l’injustice de l’Holocauste qui s’est produit en Europe a donné lieu à la création d’un état pour les juifs dans le Moyen Orient et non en Europe. Pourquoi les Palestiniens sont-ils en train de payer pour un crime allemand ? demande-t-il. Et il a aussi remis en question le chiffre de 6 millions de juifs tués par l’Allemagne nazie, comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait et de tous horizons politiques.
Ahmadinejad a prôné le recours à la violence contre Israël : sa remarque de 2005, « rayer Israël de la carte », est non seulement une traduction douteuse mais en plus a été mal interprétée, comme le démontre sa déclaration l’année suivante : « le régime sioniste disparaîtra bientôt, comme a disparu celui de l’Union Soviétique, et l’humanité connaîtra la liberté » (3). A l’évidence, il ne faisait pas allusion à la violence contre Israël puisque la dissolution de l’Union Soviétique s’est déroulée pacifiquement.
L’Iran n’a pas le droit de fournir des armes au Hamas et au Hezbollah : par contre, les Etats-Unis, nous dit-on, ont tous les droits de fournir des armes à Israël et l’Egypte.
Le fait qu’Obama se déclare prêt à « dialoguer » avec certains « ennemis » comme l’Iran, plus que l’administration Bush, sonne plutôt bien. Mais il n’est pas besoin d’être trop cynique pour penser qu’il ne s’agit là que d’une phrase destinée à l’opinion publique. Seul compte un changement de politique. Pourquoi Obama ne déclare-t-il pas tout simplement que les Etats-Unis n’attaqueront pas l’Iran si l’Iran n’attaque pas en premier les Etats-Unis, Israël, ou n’importe quel autre pays ? De plus, l’administration Bush a eu plusieurs contacts avec les Iraniens.
Il faut aussi garder à l’esprit ceci : le Washington Post, du 5 mars 2009, a écrit : « un haut fonctionnaire israélien à Washington » a affirmé que « Il est peu probable que l’Iran lance ses missiles contre Israël à cause de la certitude d’une riposte ». C’était la dernière phrase de l’article et, selon une recherche poussée dans la base Nexis [base de données des articles parus dans la presse – NDT], il n’a été repris par aucun autre média anglophone dans le monde.
En 2007, lors d’une conversation privée, le ministre israélien des affaires étrangères Tzipi Livni a dit que selon elle « les armes nucléaires iraniennes ne représentent pas une menace existentielle pour Israël. » Elle a aussi « critiqué les exagérations du Premier ministre (israélien) Ehud Olmert sur les enjeux de la bombe iranienne, en affirmant qu’il tentait de rallier l’opinion publique en jouant sur la peur. » Ceci fut publié sur Haaretz.com, le 25 octobre 2007 (édition papier du 26 octobre) mais dans aucun média US, ni aucun autre média anglophone dans le monde sauf la BBC qui a cité l’agence de presse iranienne Mehr, le 27 octobre.
Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c’est ChangeMan !
Au mois de janvier 2006 j’avais été invité à participer à une foire du livre à Cuba, où un de mes livres venait d’être traduit en espagnol et devait être présenté. Tous mes frais étaient pris en charge par le gouvernement cubain et j’étais impatient de participer. [note du traducteur : le précision de Blum sur les dépenses vient du fait que l’administration US « autorise » certains voyages d’américains à Cuba, mais « à condition » que ceux-ce n’y dépensent pas plus qu’une somme minime – env. 150 dollars, de mémoire, et « tout compris » - au cours de leur séjour, sinon ce serait considéré comme une violation de l’embargo] Mais il y avait un petit problème – le gouvernement des Etats-Unis ne m’a pas donné l’autorisation d’y aller. Ma demande d’autorisation de voyage à Cuba avait déjà été rejetée une fois en 1998 par l’administration Clinton. (A cette occasion j’y suis allé quand même et j’ai eu beaucoup de chance à mon retour de ne pas me faire attraper par la police des frontières, ce qui m’aurait valu une amende de plusieurs milliers de dollars.) J’en parle parce que les supporters d’Obama voudraient nous faire croire – comme ils le croient eux-mêmes - que leur ChangeMan a été très occupé à changer beaucoup de choses importantes, Cuba n’étant qu’un exemple parmi d’autres. Mais je n’ai toujours pas le droit de voyager à Cuba.
Le seul véritable changement opéré par l’administration Obama concernant Cuba est que les Cubano-américains ayant de la famille sur l’île sont autorisés à s’y rendre et à envoyer de l’argent sans limitation de montant. Le 13 avril, la Maison Blanche a publié une liste de plusieurs autres mesures concernant les compagnies de téléphone, mais leur signification pratique n’est pas claire, particulièrement en ce qui concerne l’accès à Internet pour Cuba. Les anticastristes américains ont toujours mis les déficiences d’accès à Internet à Cuba sur le dos de la fameuse « censure communiste », alors que l’accès technique à Internet et le coût prohibitif des communications sont principalement entre les mains et du ressoirt de sociétés américaines. Microsoft, par exemple, interdit à Cuba d’utiliser certaines fonctions de Messenger, son service de messagerie instantanée. (4) Et Google a bloqué l’accès pour Cuba à de nombreuses fonctions. (5) Le Venezuela et Cuba travaillent actuellement sur un projet de câble sous-marin qui leur permettra d’être moins dépendants des gringos.
L’embargo économique tous azimuts des Etats-Unis, qui provoque des difficultés aux dépens du peuple cubain, est toujours en place. Voici ChangeMan lors d’une récente conférence de presse :
Journaliste : merci M. le Président. Vous avez entendu de nombreux dirigeants d’Amérique latine dire qu’ils voulaient la levée de l’embargo contre Cuba. Vous avez dit que son maintien constituait un moyen de pression important. Mais en 2004, vous étiez en faveur de la levée de l’embargo. Vous avez dit qu’il n’avait pas réussi à améliorer le niveau de vie des gens, qu’il faisait souffrir les innocents, et qu’il était temps de reconnaître que cette politique avait échoué. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’opinion ?
Président : Eh bien, 2004, ça parait loin. Qu’est-ce que je faisais en 2004 ?
Journaliste : vous vous présentiez au Sénat.
Président : C’était pendant – je me présentais au Sénat. C’est ça.
(6)Oui, c’est ça. Il ne faut pas confondre rhétorique de campagne électorale et le monde réel de ChangeMan.
Le cas des Cinq Cubains est un autre exemple où ChangeMan pourrait porter secours. Ce détournement scandaleux de la Justice où Cinq Cubains, envoyés aux Etats-Unis pour tenter d’empêcher de futures attaques terroristes contre Cuba organisées par les anticastristes en Floride, ont été eux-mêmes été arrêtés par le FBI sur la base d’informations fournies par le gouvernement cubain comme contribution à la lutte contre le terrorisme. (7)
Les Cinq Cubains sont en prison aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans. Vers le 15 juin, la Cour Suprême doit rendre une décision quant à la recevabilité de leur appel. L’administration Clinton les a fait arrêter. L’administration Bush a poursuivi la persécution froide, cruelle et sans fondements pendant huit années de plus. Mais voici l’administration ChangeMan. Youpi ! Oh... à la fin du mois de mai, l’administration ChangeMan a demandé à la Cour de rejeter la demande des Cinq, et le 2 juin, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré lors d’une réunion de l’Organisation des Etats Américains : « je veux insister sur le fait que les Etats-Unis sous l’administration Obama a adopté une politique totalement différente envers Cuba. » (8)
Une autre occasion pour ChangeMan de voler au secours concerne encore Cuba – la fermeture de la prison de Guantanamo. Mais notre héros une fois de plus montre un manque de courage politique et d’imagination. S’il existe vraiment des éléments qui indiquent que certains détenus représentent un réel danger, qu’on les juge devant un tribunal civil aux Etats-Unis, qu’ils puissent jouir de leurs droits, d’une véritable défense, en rejetant tous les éléments à charge gardés secrets et les aveux obtenus sous la torture. S’ils sont déclarés coupables – et avec un jury américain dans un procès pour « terrorisme », ce serait probablement le cas – qu’on les emprisonne dans une des prisons de haute sécurité des Etats-Unis, qui hébergent déjà 355 hommes qualifiés de « terroristes ». (9) Les nouveaux venus ne représenteront pas plus un danger que ceux qui y sont déjà enfermés.
Cependant, s’ils sont déclarés innocents, alors qu’on les libère. Ce qui serait beaucoup plus simple que de leur trouver un pays d’accueil, y compris les Etats-Unis. Jusqu’à présent, Washington a sans cesse répété au monde entier qu’ils étaient « de la pire espèce ». Il n’est pas étonnant alors qu’aucun pays n’accepte de les accueillir. Mais s’ils sont jugés et acquittés, la situation serait totalement différente.
Alors, M. Obama, on attend votre coup de fil.
Cela fait partie de l’idéologie de l’Amérique que de faire semblant qu’elle n’a pas d’idéologie.
Oh ! Une femme vient d’être nommée à la Cour Suprême de Justice. Une femme dont les parents sont originaires de Porto Rico. Une Latina ! Une juge latina à la Cour Suprême ! Hourrah pour l’Amérique.
Qu’est-ce que ça peut bien nous faire ? Clarence Thomas est juge à la Cour Suprême. Il est noir. Il est aussi réactionnaire qu’il est possible de l’être. Tout le monde devrait s’en ficher que Sonia Sotomayor soit une femme aux origines latino américaines. La seule chose qui importe c’est sa politique. Son idéologie. Ses positions sur d’importantes questions sociales et politiques. Oui, je sais, nous sommes en train de parler de la Loi, sa majesté la Loi, de juges qui sont des sages, des sages impartiaux, qui étudient les subtilités et l’histoire de la Loi, des experts sur la Constitution des Etats-Unis, insensibles et au-dessus des chamailleries partisanes, qui tiennent compte de la jurisprudence et définissent le cadre des jugements futurs.
N’en croyez pas un mot. Cela pourrait être vrai dans les rares affaires présentées devant la Cour Suprême qui ne touchent à aucune question idéologique. A part ça, les juges sont partiaux comme tout être humain, nommés par un président partial, et confirmés par des membres partiaux du Sénat.
Patrick Martin faisait récemment remarquer sur le site World Socialist Web : « au cours des 12 dernières années, sous deux présidents Démocrates et un président Républicain, le poste de Secrétaire d’Etat (ministre des affaires étrangères – ndt) a été occupé, dans l’ordre, par une femme blanche, un homme noir, une femme noire, une femme blanche. » (10) Et tous adoraient l’Empire. Lorsque l’Empire l’a demandé, ils ont bombardé, envahi et tué ; ils ont renversé, occupé, torturé et menti ; et ils ont tous prêté allégeance à Israël et à leurs multinationales.
Nous voilà à présent avec un président noir. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est ni Martin Luther King, ni Malcolm X, ni Stokely Carmichael. Ses décisions et ses nominations ont toutes été effectuées dans le cadre d’une politique légèrement à gauche du centre ou franchement conservatrice et impérialiste, à droite. Il réchigne plus à être qualifié de progressiste - où d’être surpris à collaborer avec eux - que d’être qualifié de conservateur. L’Equipe Obama considère la gauche comme une vieille tante excentrique qui se pointe régulièrement aux réunions de famille et qui met tout le monde mal à l’aise et que tout le monde voudrait voir partir.
L’Amérique, et le monde, doivent devenir des adultes. Oubliez la couleur de la personne. Oubliez sa race. Oubliez son sexe. Oubliez ses orientations sexuelles. Oubliez même sa classe sociale d’origine. Et observez la classe sociale que la personne sert. Et comprenez que cette personne ne serait pas dans la position où elle se trouve, ni nominée à une telle position, s’il y avait le moindre doute sur sa loyauté envers les principes capitalistes ou la domination américaine sur le monde.
Il importe peu aussi que le président s’exprime en phrases semi-articulées d’une façon comique ou s’il arrive à faire des phrases complètes et grammaticalement correctes. Gardez un oeil sur sa politique.
Obama
Aux nombreux fans de Barack Obama, à gauche, au centre, à droite, et aux Obamaniacs apolitiques, mon conseil est le suivant : lisez Being there de Jerzy Kosinski, ou regardez le film avec Peter Sellers. Lisez aussi Les Nouveaux Habits de l’Empereur de Hans Christian Andersen.
« Les hommes sombrent collectivement dans la folie, mais ne retrouvent la raison qu’individuellement. » - Charles Mackay, journaliste écossais du 19ème siècle.
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid..., publié le 5 juin 2009.
Traduction : VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info.
1. Washington Post, May 26, 2009 book review
2. Washington Post, May 15, 2009
3. Associated Press, December 12, 2009
4. Associated Press, June 2, 2009
5. Does Google Censor Cuba ?
http://www.juventudrebelde.co.cu/cuba/2007-09-29/does-goo...
6. White House Press Office, April 19, 2009
7. Cuban Political Prisoners ... in the United States
http://www.killinghope.org/bblum6/polpris.htm
en français http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article211
8. Washington Post, June 3, 2009.
9. "There Are Already 355 Terrorists in American Prisons", Slate Magazine, May 29, 2009
http://www.slate.com/id/2219268/
10. "The fundamental social division is class, not race or gender", World Socialist Web Site, May 28, 2009
http://www.wsws.org/articles/2009/may2009/pers-m28.shtml
William Blum est l’auteur de :
Killing Hope : US Military and CIA Interventions Since World War 2 (en français : “Guerres Scélérates...”, éd. Parangon)
http://www.legrandsoir.info/Les-guerres-scelerates-interv...
Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower (en français : “Etat Voyou” éd. Parangon)
West-Bloc Dissident : A Cold War Memoir
Freeing the World to Death : Essays on the American Empire
14:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, israël, guerre, bombe, ahmadinejad
09.06.2009
Le front de la haine
Mondoweiss, 05 juin 2009
Le réalisateur de cette vidéo, Max Blumenthal, écrit :
La veille du discours du président Barack Obama adressé au monde musulman depuis le Caire, je suis sorti dans les rues de Jérusalem avec mon ami Joseph Dana pour interviewer de jeunes Israéliens et des juifs étasuniens, afin d'avoir leurs réactions. Nous avons rencontré de petits groupes de jeunes excités imbibés de bière, dont beaucoup venaient des États-Unis. Tous, ils étaient impatients de décharger leur haine viscérale, et même violente, envers Barack Obama et sa politique à l'égard d'Israël. D'habitude, j'accompagne mes reportages vidéos d'un bref commentaire, mais celui-là s'en passe tout à fait. Dit simplement, certaines séquences font partie des plus choquantes que j'ai jamais filmées. Jugez-en par vous-même. (Attention, le langage employé dans certains passages est susceptible de choquer à peu près tout le monde)
"So you know your shit."
"I know my shit."
"Do you know who Benjamin Netanyahu is?"
"No.... I don't know who he is. Isn't he Prime minister or something ? Who's Benjamin Yahoo? :
"My grandmother was in Auschwitz, Obama," he adds. "We're not going to take any Nazi bullshit! Listen, Obama, my grandma's number was 1268493, I remember her number on her arm, dude. And listen, never again will we deal with this, never again!" :
21:51 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : israël, obama, racisme, discours, le caire
07.06.2009
Obama et les arrières-pensées de la main tendue aux musulmans
Réseau Voltaire, 05 juin 2009
par Thierry Meyssan
Le président des États-Unis a tendu la main aux musulmans lors d’un discours très médiatisé au Caire. Il entendait ainsi tourner la désastreuse page de la « croisade » bushienne au Grand Moyen-Orient. Toutefois, dans cet exercice de relations publiques, les envolées lyriques ont remplacé les clarifications nécessaires, tandis qu’apparaissaient les nouveaux appétits de Washington.

- Le Obama Show, à l’université Al-Azhar (le caire), 4 juin 2009.
-
Le discours que le président Obama a prononcé le 4 juin au Caire [] a été présenté à l’avance par les services de communication de la Maison-Blanche comme « fondateur d’une nouvelle ère ». Il a fait l’objet d’une intense campagne promotionnelle qui s’est conclue par un mail adressé par David Axelrod aux dizaines de millions d’abonnés de la liste de la Maison-Blanche []. Le conseiller en image de Barack Obama y invite les États-uniens à visionner la vidéo du discours qui, selon lui, marque un nouveau départ dans les relations de l’Amérique avec le monde musulman []. On l’a bien compris, ce discours s’adresse tout autant, sinon plus, aux électeurs US qu’aux musulmans.
Son message principal peut être résumé ainsi : les États-Unis ne considèrent plus l’islam comme l’ennemi et souhaitent établir des relations d’intérêt mutuel avec les États musulmans. Ce message doit être pris pour ce qu’il est : un slogan de relations publiques.
Examinons point par point ce discours.
Préambule : aimez-nous !
Dans une longue introduction, l’orateur a développé son message principal de main tendue.
Barack Hussein Obama a justifié la rupture avec son prédécesseur par sa propre personnalité. Il a offert un moment d’émotion à son auditoire, comme on les aime dans les films hollywoodiens. Il a raconté son père musulman, son adolescence en Indonésie —pays musulman le plus peuplé du monde—, et son travail social à Chicago auprès de populations noires musulmanes.
Ainsi, après nous avoir fait croire que la politique extérieure des États-Unis était fondée sur la couleur de peau de son président, on veut nous convaincre qu’elle reflète son parcours individuel. Pourtant personne ne pense que M. Obama est un autocrate en mesure d’imposer ses états d’âme. Chacun est conscient que la politique de Washington est le fruit d’un difficile consensus entre ses élites. En l’occurrence, le changement de rhétorique est imposé par une succession d’échecs militaires en Palestine, au Liban, en Irak et en Afghanistan. Les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme leur ennemi parce qu’ils ne sont pas parvenus à les écraser.
Ce réalisme avait conduit en 2006 à la révolte des généraux autour de Brent Scowcroft, déplorant la colonisation ratée de l’Irak et mettant en garde contre un désastre militaire face à l’Iran. Il s’était poursuivi avec la Commission Baker-Hamilton appelant à négocier avec la Syrie et l’Iran pour sortir la tête haute du fiasco irakien. Ce réalisme avait contraint le président Bush à limoger Donald Rumsfeld et à le remplacer par Robert Gates, le fils spirituel de Scowcroft et membre de la Commission Baker-Hamilton. Ce réalisme s’était incarné dans la publication du rapport des agences de renseignement attestant l’inexistence d’un programme nucléaire militaire iranien et détruisant ainsi toute justification possible d’une guerre contre l’Iran.Toujours à propos du grand amour retrouvé, le président Obama s’est présenté comme féru d’histoire et a égrené les apports de la civilisation musulmane au monde. Dans les films hollywoodiens, il y a toujours une séquence sur la diversité culturelle qui nous enrichi. Cependant le scénario misait sur l’affligeante ignorance du public US. M. Obama et son équipe ont réduit l’apport des peuples aujourd’hui musulmans aux inventions postérieures à leur islamisation. N’ont-ils rien créé avant ?
En choisissant de réduire l’histoire des peuples musulmans à leur seule période islamique, Barack Obama a nié quelques millénaires de civilisation et a repris à son compte la rhétorique des islamistes les plus obscurantistes. Nous allons voir qu’il ne s’agit pas là d’une erreur, mais d’un choix stratégique.Enfin, le président Obama a abattu sa carte principale en appelant ses auditeurs à repenser leur image des États-Unis. « Nous sommes façonnés par chaque culture, issus des quatre coins du monde et acquis à un concept simple : E pluribus unum : « De plusieurs peuples, un seul » », a-t-il déclaré. Cette devise, qui devait exprimer l’unité des colonies nouvellement indépendantes d’Amérique, devient aujourd’hui celle de l’Empire globalisé. Nous seulement les États-Unis ne considèrent plus les peuples musulmans comme des ennemis, mais ils entendent les intégrer dans l’Empire global.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’establishment washingtonien a soutenu la candidature de Barack Hussein Obama. Le prénom musulman du président, comme sa couleur de peau, sont des arguments pour convaincre les peuples de l’Empire que le pouvoir qui les domine leur ressemble. Lorsqu’elle avait étendu son empire, la Rome antique avait fait de même en choisissant ses empereurs dans des contrées lointaines, tel Philippe l’Arabe []. La sauvagerie des légions n’en avait pas été changée.
1- La guerre globale au terrorisme
Après ce sirupeux morceau de violon, le président Obama s’est attaché à recoller son introduction avec la « guerre globale au terrorisme ». Il a donc établi une distinction entre l’islam, qui n’est pas mauvais comme le pensaient Bush et Cheney mais bon, et les extrémistes qui s’en réclament à tort, qui restent eux toujours mauvais. La pensée reste manichéenne, mais le curseur s’est déplacé.
Le problème, c’est que depuis huit ans, Washington s’efforce de construire un adversaire à sa taille. Après l’URSS, c’était l’islam. A contrario, si ni les communistes, ni les musulmans ne sont les ennemis, contre qui les États-Unis sont-ils en guerre ? Réponse : « Al-Qaïda a choisi de les tuer sans merci, de revendiquer les attentats et il réaffirme aujourd’hui encore sa détermination à commettre d’autres meurtres à une échelle massive. Ce réseau a des membres dans de nombreux pays et il essaie d’élargir son rayon d’action. Il ne s’agit pas là d’opinions à débattre - ce sont des faits à combattre ». Et bien non, Monsieur le président, ce ne sont pas là des faits avérés, mais des imputations qui doivent être débattues [].
Barack Obama continue : « Nous ne demanderions pas mieux que de rapatrier tous nos soldats, jusqu’au dernier, si nous avions l’assurance que l’Afghanistan et maintenant le Pakistan n’abritaient pas d’éléments extrémistes déterminés à tuer le plus grand nombre possible d’Américains. Mais ce n’est pas encore le cas. »
À ce stade, le président apparaît enfermé dans un cercle vicieux. Il explique que les ennemis ne sont pas les musulmans en général, mais une poignée d’individus non représentatifs, puis il affirme que cette poignée d’individu doit être combattue en livrant des guerres contre des peuples musulmans. C’est tout le problème : Washington voudrait être l’ami des musulmans, mais a besoin d’un ennemi pour justifier ses actions militaires, et pour le moment, il n’a pas trouvé de bouc-émissaire de remplacement.2- Le conflit israélo-arabe
Barack Obama a abordé la question de la Palestine de manière beaucoup plus large que ses prédécesseurs en y reconnaissant non pas seulement un conflit israélo-palestinien, mais israélo-arabe. Mais il n’a pas précisé en quoi, à ses yeux, les États arabes sont concernés. Il a prêché avec autorité pour la « solution à deux États », mais en éludant la fâcheuse question de la nature de ces deux États. S’agit-il de deux États souverains et démocratiques au sens réel du terme, ou d’un État pour les juifs et d’un autre pour les Palestiniens comme le revendique la « gauche » israélienne, ce qui implique un nettoyage ethnique et l’institutionnalisation complète de l’apartheid ? []
Plutôt que de lever les incertitudes, le président Obama a préféré offrir à son auditoire une nouvelle « séquence émotion » avec lequel il a partagé sa compassion face aux souffrances des Palestiniens. Ce fut certainement le moment le plus abject de son discours : l’appel aux bons sentiments des victimes pour couvrir les crimes des bourreaux.
Il a déclaré : « Les Palestiniens doivent renoncer à la violence. La résistance sous forme de violence et de massacre n’aboutira pas. Les Noirs en Amérique ont souffert du fouet quand ils étaient esclaves et de l’humiliation de la ségrégation. Mais ce ne fut pas la violence qui leur a finalement permis d’obtenir l’égalité des droits dans son intégrité. Ce fut la persévérance ferme et pacifique pour les idéaux au cœur même de la création de l’Amérique. Cette même histoire peut être racontée par des peuples de l’Afrique du Sud à l’Asie du Sud ; de l’Europe de l’Est à l’Indonésie. C’est une histoire avec une simple vérité : la violence ne mène nulle part. Lancer des roquettes contre des enfants israéliens endormis ou tuer des vieilles femmes dans un autobus, n’est pas un signe de courage ni de force. »
Barack Obama caricature la Résistance palestinienne dans les termes de la propagande sioniste : des roquettes lancées contre des enfants endormis et des vieilles femmes tuées dans un autobus. Il reconnaît que leurs terres et leurs maisons sont occupées, mais il leur interdit de vouloir les reprendre par la force aux civils qui les occupent. Il reproche aux Palestiniens de ne pas utiliser des missiles guidés pour atteindre des cibles militaires et de se contenter de roquettes artisanales qui tombent à l’aveuglette.
Le pire est ailleurs. Le président Obama se mue en donneur de leçons. Il demande aux victimes de renoncer à la violence et leur conseille de prendre exemple sur le mouvement des noirs états-uniens pour les droits civiques. Au demeurant, ce n’est pas en convertissant les blancs que King a obtenu des résultats, mais en prenant l’opinion publique internationale à témoin. Le président Johnson s’est alors trouvé contraint de céder pour faire bonne figure face à l’URSS. Après avoir reçu le Prix Nobel de la paix, Martin Luther King a continué la lutte en affirmant que son but n’était pas de permettre aux noirs de servir à égalité avec les blancs dans l’armée pour tuer les Vietnamiens aspirant à la liberté. C’’est après son sermon de Ryverside que Johnson lui ferma la porte de la Maison-Blanche et que les chefs du FBI décidèrent de le faire assassiner. À n’en pas douter, s’il était encore vivant, il dirait aujourd’hui que son but n’est pas de permettre à un noir d’accéder au Bureau ovale pour tuer des Irakiens ou des Pakistanais aspirant à la liberté.3- La dénucléarisation
Évoquant les relations difficiles avec l’Iran, le président Obama a choisi de sortir par le haut de la polémique sur l’arme nucléaire. Après avoir reconnu le droit de l’Iran à se doter d’une industrie nucléaire civile, et admis que ni les États-Unis ni aucune autre puissance n’ont l’autorité morale pour autoriser ou interdire un État à posséder la bombe, il s’est prononcé pour un désarmement nucléaire global, impliquant aussi implicitement Israël.
On sait que le Pentagone n’a plus les moyens financiers nécessaire pour entretenir la course aux armements nucléaires et négocie à ce sujet avec la Russie et la Chine. Ceci ne doit pas être interprété comme un élan pacifiste, le Pentagone menant simultanément des recherches sur les armes atomiques miniaturisées (exclues du Traité de non-prolifération) et renforçant ses alliances militaires, dont l’OTAN.
4- La démocratie
Le président Obama a déploré que son prédécesseur ait cru possible d’exporter la démocratie en Irak par la force, puis il s’est livré à un éloge du gouvernement du peuple par le peuple, et de l’État de droit. La chose était plaisante pour ceux qui se souviennent que la Constitution des États-Unis ne reconnaît pas la souveraineté populaire, et qu’en 2000, la Cour suprême a pu proclamer George W. Bush élu avant que le scrutin de Floride ne soit dépouillé. Elle avait l’air d’une farce venant d’un politicien retors qui vient de confirmer la suspension des libertés fondamentales par le Patriot Act, notamment la suspension de l’habeas corpus qu’il décrivait il y a peu comme le socle de la Justice. Elle paraissait cruelle aux Égyptiens qui n’avaient pas eu le privilège de faire partie des 3 000 invités. Lorsque Obama déclara « Il faut conserver le pouvoir par le consentement du peuple et non la coercition », ils pensaient au président Moubarak, inamovible depuis 28 ans. Lorsque Obama poursuivit « Il faut respecter les droits des minorités et participer, dans un esprit de tolérance et de compromis », ils pensaient aux éleveurs coptes dont on vient d’abattre les bêtes.
Pour éviter que ce passage ne soit perturbé par des fous-rires nerveux, une voix anonyme cria dans la salle : « Barack Obama, on vous aime ! ». Il ne manquait qu’une petite fille avec un bouquet de fleurs à la main.
5- La liberté religieuse

Barack Hussein Obama fut particulièrement à l’aise sur le chapitre de la liberté religieuse. C’est qu’il s’agit-là d’un slogan bien rôdé. Depuis deux ans, Madeleine Albright prépare ce moment. Elle a observé que la résistance à l’impérialisme états-unien est souvent structurée par des groupes religieux, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine. Elle en a donc conclu que les États-unis ne doivent plus laisser ce champ sans surveillance, et même qu’ils doivent l’investir en totalité. Dans un ouvrage consacré à ce sujet, elle préconise de faire de Washington le protecteur de toutes les religions []. C’est dans cette optique que le président Obama a évoqué les minorités chrétiennes, Coptes et Maronites, puis à appelé à la réconciliation au sein de l’islam des sunnites et des chiites. C’est aussi dans cette optique qu’il avait négligé l’histoire pré-islamique des peuples musulmans.
6- Les droits des femmes
Avec délectation, Barack Hussein Obama s’est offert le luxe de rappeler que son pays garantit aux femmes musulmanes le droit de porter le hijab, tandis que Nicolas Sarkozy l’a fait interdire dans les écoles françaises à l’époque où il se voulait plus néo-conservateur que Bush []. Et pendant qu’il parlait, le site internet de la Maison-Blanche affichait un article spécial attestant de la jurisprudence américaine.
Avec habileté, il a rappelé que les États musulmans étaient parfois en avance en matière de droits des femmes. « En Turquie, au Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à majorité musulmane élire une femme à leur tête, tandis que la lutte pour l’égalité des femmes continue dans beaucoup d’aspects de la vie américaine, et dans les pays du monde entier. »
7- Le développement économique

Gardée pour la fin, la question du développement économique était la plus aboutie. Habituellement les grandes puissances échangent une aide immédiate contre des avantages disproportionnés à long terme. L’aide au développement est alors le cheval de Troie du pillage des ressources. Cependant, durant la campagne électorale, un accord bi-partisan a été conclu sur la réorientation de la politique extérieure US. L’idée principale, exprimée par la Commission Armitage-Nye, est de conquérir les cœurs et les esprits en offrant des services qui transforment la vie des gens sans coûter grand chose []. Hillary Clinton y a fait explicitement référence lors de l’audition sénatoriale pour sa confirmation au secrétariat d’État.
Arborant le sourire du Père Noël, Barack Obama récita un catalogue de promesses enchanteresses. Il continua : « Nous nommerons de nouveaux émissaires pour les sciences chargés de collaborer à des programmes qui mettront au point de nouvelles sources d’énergie, créeront des emplois verts, numériseront les registres et archives, purifieront l’eau et produiront de nouvelles cultures. Dans le domaine de la santé au niveau mondial, j’annonce aujourd’hui une nouvelle initiative avec l’Organisation de la conférence islamique pour éradiquer la polio et nous intensifierons nos partenariats avec des communautés musulmanes pour améliorer la santé maternelle et infantile. » Cela n’était pas sans rappeler les engagements du Sommet du Millénaire, lorsque le président Bill Clinton annonçait la fin imminente de la pauvreté et de la maladie.
Le président des États-unis conclut ce discours fleuve en citant leCoran, le Talmud et les Évangiles. Leur message se résumerait au fait que « Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C’est maintenant notre tâche sur cette Terre ». Cette triple référence était peut-être imposée par le lieu, une prestigieuse université islamique. Il se peut aussi qu’elle traduise un certain désarroi. En pleine récession économique, les États-unis n’ont plus les moyens de maintenir leur pression sur les champs pétroliers du Grand Moyen-Orient —à plus forte raison, ils n’ont pas les moyens de réaliser les promesses du jour—. Cependant, ils espèrent reconstituer prochainement leur puissance. Dans la phase actuelle, ils doivent donc geler toute évolution régionale qui ne pourrait être qu’à leur désavantage. Ils craignent notamment l’extension de l’influence turque et iranienne et l’irruption de la Russie et de la Chine dans la région. Définir la paix en termes religieux et non politiques, c’est toujours gagner du temps.
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03.06.2009
« Pour l’amour du ciel, laissez-les geindre ! »
| Les législateurs israéliens s’acharnent à rendre illégale la commémoration de la Nakbah. par Gilad Atzmon | |
| Mondialisation.ca, Le 2 juin 2009 | |
Dans le cadre de leur campagne raciste contre les Palestiniens indigènes, les législateurs israéliens s’acharnent, ces jours-ci, à rendre illégale la commémoration de la Nakbah.
Récemment, des membres du gouvernement et des députés à la Knesset ont déposé un projet de loi, qui, si (par malheur) il était adopté, criminaliserait les cérémonies de commémoration de l’holocauste des Palestiniens (en 1948) (la Nakbah) organisées par des Palestiniens détenteurs de la nationalité israélienne. De manière très significative, l’Etat juif, qui fait de la remémoration de la souffrance juive sa raison d’être, s’efforce d’interdire aux Palestiniens d’en faire exactement de même avec leur propre souffrance.
Comme l’on sait, Israël a rayé de la carte tout indice possible et imaginable de l’existence des Palestiniens sur le terrain. Les villages, les villes, les vergers, les champs et les biens culturels palestiniens ont été éliminés très rapidement après 1948. Aujourd’hui, les législateurs israéliens poussent la guerre contre l’héritage national palestinien encore un peu plus loin. Il ne s’agit plus simplement d’expulsion physique et d’effacement des indices sur le terrain, ce n’est pas seulement une épuration ethnique à motivations racistes, accompagnée de famine provoquée, de confiscations de terres, de démolitions de maisons, de bombardements d’écoles et d’arrosage de quartiers populeux au phosphore blanc en fusion. Non, désormais, ce qu’Israël veut envahir, c’est la psyché palestinienne. Les membres de la Knesset veulent éradiquer la mémoire collective des Palestiniens. Tout du moins, formellement, ils essaient de leur dénier le droit de se souvenir.
Comme l’a fait observer Khalid Amayréh, il y a quelques jours de cela : « un député palestinien citoyen d’Israël a comparé la loi ainsi mise en débat avec – imaginons un peu – la promulgation, par l’Allemagne, d’une loi interdisant toutes les activités juives commémorant l’holocauste ». L’égalité ainsi établie entre la Nakbah et l’holocauste juif est parfaitement indiquée. Nous parlons ici de deux crimes racistes d’une ampleur colossale. Pourtant, il est parfaitement évident que, tandis que les Allemands ont su, collectivement, faire face à leur passé, l’Etat juif entre dans sa sixième décennie de déni, allié au bafouage effréné d’une population civile innocente.
A la lumière des nouvelles mesures de brutalité impitoyable israélienne, il est tout à fait intéressant d’explorer une « voix » juive « de raison ». C’est la voix, dissonante, d’une personne qui s’est levée, en protestation contre, précisément, ce projet de loi scélérate. Le Professeur Gavison, puisque c’est d’elle dont il s’agit, Israélienne, est professeur de droit à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Elle est aussi la « présidente » de (essayez de ne pas rire) « Le Centre de la Pensée Sioniste, Juive, Libérale et Humanitaire » [The Centre of Zionist, Jewish, Liberal and Humanitarian Thought]. La semaine passée, elle a publié, sur le site online en hébreu, très populaire, Ynet (site du quotidien israélien Yediot Ahronot, ndt), un article dénonçant le projet de loi en question.
Le Professeur Gavison pense que le sionisme doit être interprété comme une entreprise humaniste et libérale (progressiste). Toutefois, un bref examen de sa pensée révèle la vérité, dévastatrice : cette professeur de Droit est totalement dépourvue de la compréhension, pourtant fondamentale, de la notion de morale universelle et/ou d’humanisme. Sa vision de la justice est singulièrement sionisée. Apparemment, elle essaie de maintenir certains clichés sionistes symboliques sépias, dans l’espoir qu’elle « raserait » son lectorat hébraïsant suffisamment pour que celui-ci n’envisage plus de contester son argumentation boiteuse.
Gavison est contre le projet de loi. Elle avance l’argument, judicieux, que la loi mise en discussion est « injustifiée, et aventureuse, car elle identifie de manière erronée les problèmes fondamentaux de notre vie publique ». Elle avance l’idée que le légalisme est la manière la moins appropriée qui soit d’affronter lesdits problèmes fondamentaux. Mais c’est, plus ou moins, ici que le Professeur Gavison perd toute sa courtoisie.
En dépit d’un départ prometteur, nul n’est besoin d’en lire beaucoup plus pour voir la prof de droit israélienne/panthère nous montrer ses immuables taches…
Mme Gavison, à propos de la Nakba…
« Il est, de fait, admis que le jour où la majorité juive célèbre son indépendance sur son propre territoire est le même que celui qui symbolise, pour une partie de la minorité arabe, le jour de leur désastre ». Il est, de fait, révélateur de savoir qu’en ce qui concerne le Professeur Gavison, ce ne sont pas les Palestiniens, dans leur ensemble, qui commémorent leur Nakbah comme un désastre national, mais simplement « une partie » d’entre eux. Toutefois, pour Gavison, les Palestiniens doivent s’en prendre à eux-mêmes de cet état de fait, et à nul autre qu’eux-mêmes.
« Il faut se souvenir », dit Mme Gavison, qu’ « il pourrait fort bien en aller très différemment… ce jour aurait pu être une célébration à la fois pour les Israéliens et pour les Palestiniens, qui pourraient être en mesure de célébrer la création de deux Etats nationaux. » A ce stade, on est fondé à se demander qui Mme Gavison est-elle en train d’essayer d’embobiner ou de prendre pour des imbéciles ? Elle sait certainement que le plan d’expulsion des Palestiniens figurait en bonne place dans le plan d’action des sionistes, dès le début. « Les Palestiniens », poursuit-elle néanmoins, « ont protesté contre la résolution de partage [de la Palestine] et la conséquence de la guerre qui en a découlé fut le fait que l’Etat d’Israël a été érigé sur les ruines de la société palestinienne et sur le sol palestinien. [Résultat des courses] : beaucoup de Palestiniens sont devenus des réfugiés, et l’Etat palestinien n’a toujours pas été créé ».
On serait fondé à attendre, à ce stade, que la prof de droit israélienne, qui est aussi la « présidente » d’un institut visant à promouvoir une image d’ « humanisme juif » en vienne à la conclusion qui s’impose : il est plus que temps de ramener les Palestiniens expulsés sur leurs terres, chez eux…
Mais ne rêvez pas trop : Gavison n’est pas exactement quelqu’un que l’on pourrait qualifier d’humaniste universaliste : elle n’est simplement qu’un humaniste sioniste. La seule chose qu’elle veuille, en réalité, c’est mettre un frein à la législation en cours d’examen, qui interdit aux Palestiniens de faire leur deuil. Autrement dit, elle veut permettre aux Palestiniens d’être tristes, afin qu’ils puissent se lamenter tout leur saoul.
La tristesse est un sentiment naturel, chez des gens qui souffrent de la sorte », avoue notre prof de droit fair-play, qui ajoute : « Nous ne devons en aucun cas nier l’histoire, nous ne devons en aucun cas l’interdire de par la loi ; le défi qui nous est lancé, c’est celui de la regarder en face ». On s’attendrait à ce qu’une telle révélation, venant d’un soi-disant humaniste, l’amènerait à reconnaître le péché originel du sionisme, et même à en assumer sa part de responsabilité…
Mais rien de tel n’arriverai. La présidente du « Centre de la Pensée Sioniste, Juive, Libérale et Humanitaire » ne rentre pas facilement dans les clous de notre notion commune de ce qu’est un humaniste. Elle est plutôt une activiste du tribalisme juif, qui s’ingénie à modeler quelque terminologie progressiste sporadique, afin de justifier un comportement constamment et grossièrement anti-éthique. Gavison ne veut nullement apporter la justice dans la région. La seule chose qu’elle demande, c’est de développer « une conscience du passé qui soit de nature, éventuellement, à produire un futur civilisé dans lequel les Arabes et les juifs vivent côte à côte » (et jamais, en aucun cas, ensemble, j’imagine bien…).
Certes, Mme Gavison a, en effet, suffisamment de compassion pour permettre aux Palestiniens de se lamenter sur leur passé. Mais elle est manifestement rétive à l’idée d’assumer sa part de responsabilité dans les conséquences de l’appareil colonial sioniste. A l’évidence, elle préfère vaquer sur la terre palestinienne, et même l’appeler « son foyer national », plutôt que de la restituer à ses propriétaires légitimes. Plus encore que les zélotes sionistes de droite qui ont déposé le sinistre projet de loi, c’est, de fait, le Professeur Gavison, cette soi-disant « sioniste humaniste », qui incarne au plein sens du terme la brutalité et la noirceur d’Israël. Au nom du symbolisme humaniste, elle se fait le chantre de la perpétuation du crime nationaliste juif.
Le Professeur Gavison termine son article en déclarant que « le déni du passé est absurde, mais ne pas en assumer la responsabilité serait tout aussi inacceptable. Nous devons trouver des solutions qui approuvent le droit des juifs à l’« autodétermination » sur (une partie de leur) territoire national ».
J’aimerais beaucoup que notre professeur « siono-humaniste » si pénétrée nous ouvre les yeux, afin que nous comprenions, une bonne fois pour toutes, que nous sommes sans doute assez grands pour que le professeur Gavison ou tout autre « humaniste sioniste » nous rendent assez intelligents pour que nous comprenions ce qu’il peut bien y avoir, en Palestine, qui en fasse un foyer national juif légitime ??
Lire Gavison révèle, une fois de plus, à quel point le pot-aux-roses est dévastateur : le sionisme et la pensée juive libérale n’ont qu’un rapport extrêmement lointain avec l’humanisme, l’éthique ou l’universalisme.
Pour commencer, le sionisme et l’humanisme sont des concepts antagonistes, pour la simple raison que le sionisme est une philosophie tribale entachée de racisme, alors que l’humanisme, lui, est tout entier tendu vers l’universel.
Article original en anglais : ``For God's sake, Let them be Sad``,http://palestinethinktank.com/2009/05/31/gilad-atzmon-for..., le 23 mai 2009.
Traduction : Marcel Charbonnier.
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01.06.2009
Qui va confronter les États-Unis et Israël ?
Paul Craig Roberts, 28 mai 2009
Les grands titres disent : "Obama appelle le monde entier à confronter la Corée du Nord". Les États-Unis, a dit Obama, sont déterminés à protéger "la paix et la sécurité du monde".
Double langage, double pensée, 1984.
La Corée du Nord est un bien petit pays. La Chine par elle-même pourrait régler ce cas en peu de temps. Malgré cela, le président des États-Unis croit qu’il faut le monde entier pour confronter la Corée du Nord.
Ce dont nous sommes témoins, c’est que les gangsters de Washington sont encore à fabriquer une autre menace comme l’étaient les Slobodan Milosevic, Osama bin Laden, Saddam Hussein, John Walker Lindh, Yaser Hamdi, José Padilla, Sami al-Arian, Hamas, Mahmoud Ahmadinejad, et les malheureux détenus que l’ancien secrétaire à la défense Rumsfeld qualifiait de "700 plus dangereux terroristes au monde" et qui furent torturés pendant six ans à Gitmo pour être doucement relâchés par la suite. Juste une autre erreur, désolé.
Le complexe militaro-sécuritaire qui dirige les États-Unis avec le lobby israélien et les banquiers a besoin d’une liste interminable de dangereux ennemis pour que l’argent des contribuables continue à entrer dans leurs coffres.
Le lobby du "Homeland Security" a aussi besoin de menaces sans fin pour convaincre les Américains qu’ils doivent abandonner leurs libertés civiles s’ils veulent vivre en sécurité.
De là, la vraie question : "Qui va confronter les gouvernements des États-Unis et d’Israël?"
Qui va protéger les libertés civiles des citoyens américains et des citoyens israéliens, spécialement celles des dissidents israéliens et des citoyens israéliens d’origine arabe ?
Qui va protéger les Palestiniens, Irakiens, Afghans, Libanais, Iraniens, et Syriens des Americains et des Israéliens?
Pas Obama, et pas les chemises brunes qui dirigent présentement Israël.
La suggestion d’Obama que rien de moins que le monde entier est nécessaire pour stopper la Corée du Nord est époustouflante, mais cette suggestion n’est rien en comparaison avec la garantie d’Obama que les États-Unis vont protéger "la paix et la sécurité du monde".
N’est-ce pas la même Amérique qui a bombardé la Serbie, incluant les bureaux diplomatiques chinois et des trains de passagers, et a libéré le Kosovo de la Serbie pour le donner à un groupe de barons de la drogue musulmans du Kosovo, leur prêtant des troupes de l’OTAN pour protéger leurs opérations ?
N’est-ce pas la même Amérique qui est responsable de la mort d’approximativement un million d’Irakiens, faisant d’innombrables veuves et orphelins et faisant en sorte qu’un Irakien sur cinq se retrouve réfugié ?
N’est-ce pas la même Amérique qui empêche le reste du monde de condamner Israel pour ses attaques meurtrières sur des civils libanais en 2006 et sur Gaza plus récemment, la même Amérique qui a couvert Israël dans sa confiscation de la Palestine au cours des 60 dernières années, une confiscation qui a produit 4 millions de réfugiées palestiniens chassés de leurs maisons et leurs villages par la terreur et la violence israélienne ?
N’est-ce pas la même Amérique qui a tenu des exercices militaires dans des anciennes républiques soviétiques encerclant la Russie avec des bases de missiles ?
N’est-ce pas la même Amérique qui a fait des ruines de l’Afghanistan en bombardant le pays faisant du même coup bien des victimes civiles ?
N’est-ce pas la même Amérique qui a commencé une nouvelle et horrible guerre au Pakistan, une guerre qui dès les premiers jours a produit un million de réfugiés ?
"La paix et la sécurité du monde". "Le monde de qui ?"
À son retour de sa consultation avec Obama à Washington, la chemise brune de premier ministre israélien Benjamin Netanyahu declarait que c’était la responsabilité d’Israël d’éliminer la menace nucléaire de l’Iran.
Quelle menace nucléaire? Les services de renseignements américains sont unanimes dans leur conclusion que l’Iran n’a pas eu de programme d’armes nucléaires depuis 2003. Les inspecteurs l’Agence de l’Énergie atomique rapporte qu’il n’y a aucun signe de programme d’armes nucléaires en Iran.
L’Iran bombarde qui ? Combien de réfugiés fuyant pour leur vie l’Iran fait-il ?
La Corée du Nord bombarde qui ?
Les deux grands pays meurtriers producteurs de réfugiés sont les États-Unis et Israël. À leurs deux, ils ont tué et déplacé des millions de personnes qui n’étaient une menace pour personne.
Il n’y a pas de pays sur terre qui rivalise avec les États-Unis et Israël pour la violence barbare et meurtrière.
Mais Obama nous donne l’assurance que les États-Unis protégeront "la paix et la sécurité du monde." Et la chemise brune Netanyahu assure qu’Israel sauvera le monde de la "menace iranienne".
Où sont les médias ?
Pourquoi les gens ne sont-ils pas tordus de rire ?
10:13 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : israël, netanyahu, obama, iran, palestine, guerre
31.05.2009
Entretien de Thierry Meyssan avec Paul-Éric Blanrue

© Marco Pietteur Eds
Sarkozy, Israël et les Juifs est le dernier ouvrage de Paul-Eric Blanrue
Thierry Meyssan : Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier Sarkozy, Israël et les juifs [1]. Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [2]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?
Paul-Éric Blanrue : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis. Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire. Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [3], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens ! Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah ! Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées. Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » ! Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.
Thierry Meyssan : Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidermiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?
Paul-Éric Blanrue : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides. Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec zetein : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges. Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct. Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [4], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter. De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [5]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.
Thierry Meyssan : Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?
Paul-Éric Blanrue : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme [6], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !
Thierry Meyssan : Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, L’Effroyable imposture 2 [7]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?
Paul-Éric Blanrue : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais. En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse [8]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de L’Express, a fait la une de Technikart et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée. Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France ! Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs. La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?
Thierry Meyssan : Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?
Paul-Éric Blanrue : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël. Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale. Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate Germinal lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France. Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.
Thierry Meyssan : Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?
Paul-Éric Blanrue : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle. Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.
Thierry Meyssan : Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?
Paul-Éric Blanrue : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !
Thierry Meyssan : Terminons par une note plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ?
Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres. L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion. Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques… Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés. Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses. Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes. Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves. Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ? C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?
[1] Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.
[2] Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.
[3] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.
[4] Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.
[5] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.
[6] Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.
[7] L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.
[8] Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.
Article original : Voltairenet
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