30.05.2009
Les photos censurées montrent des prisonniers violés par des soldats US
28 mai 2009

© The Alder
Scènes de tortures quotidiennes pratiquées en toute légalité dans les géôles étasuniennes
Seymour Hersh parle même de vidéos dans lesquelles on entend “le cri d’enfants violés et torturés devant leurs parents”…Et si tout cela vous paraît incroyable, si vous vous dites “Ce n’est pas possible, les Etats-unis ne font pas cela”, allez donc interroger un survivant de My Lai au Vietnam ou bien un paysan Salvadorien des années 1980…
[Gregor Seither - IES News Service - 27/05/2009]
(…) Antonio Taguba, l’officier de l’Armée U.S. qui a mêne l’enquête sur les actes de torture et de maltraitance commmis sur les prisonniers d’Abou Ghraib à Bagdad par des soldats U.S, a confirmé, dans un interview à la presse britannique, que parmi les photos saisies chez les geoliers tortionnaires, figurent en effet des images de soldats U.S. entrain de violer des prisonnières et de commetre des abus sexuels sur des prisonniers. Sur au moins une photo on pourrait voir un soldat U.S. entrain de violer une prisonnière irakienne et sur une autre, un soldat interprète entrain de sodomiser un prisonnier.
D’autres photos montrent les soldats entrain d’introduire des objets divers dans l’anus ou le vagin de prisonniers/ères, comme par exemple une matraque, des fils électriques ou encore un tube de néon. Une autre photo montrerait un géolier entrain d’arrcher les vètements d’une prisonnière, exposant sa poitrine.
Le Major General Taguba a précisé, dans son interview accordé au Daily Telegraph, que ces photos figuraient déjà dans son rapport de 2004 et qu’à l’époque il avait déjà signalé les nombreux témoignages de viols et d’abus sexuels commis par les soldats U.S. à Abou Ghraib. L’Administration U.S. avait volontairement empéché la publication de ces photos.
Aujourd’hui encore, le nouveau président U.S. Barack Obama tente d’empécher la divulgation de ces 2 000 photos, affirmant qu’elles risquaient de provoquer la colère du monde arabe et donc mettre en danger les troupes U.S. à travers le monde. Les photos ne documentent pas seulement les abus et actes de torture commis à Abou Ghraib mais également des atrocités commises en Afghanistan et en Irak, de 2001 à nos jours.
Le Maj Gen Taguba, qui a demandé sa mise à la retraite de l’armée en 2007, a déclaré qu’il approuvait la décision d’Obama de ne pas publier ces photos :
“Ces images montrent des cas de torture, de viol et d’actes incroyablement indécents. Je ne vois pas l’utilité de les révélér au public à moins de les verser à un dossier légal. La seule conséquence d’une telle publication serait de mettre nos troupes en danger, les seuls défenseurs de notre politique étrangère, à un moment où nous avons le plus besoin d’eux.
Il n’est pas nécessaire de montrer ces images, leur seule description dans mon rapport est déjà suffisante pour se faire dresser les cheveux sur la tête. Vous pouvez me croire.”
En avril dernier, l’administration Obama avait déclaré qu’elle était prête à révéler ces photos, suite à un jugement en faveur de la American Civil Liberties Union (ACLU) qui en avait exigé la publication. Mais c’était sans compter avec le puissant lobby militaire à Washington qui a mené une campagne tenace pour faire disparaître ses photos en usant de l’argument de la “sécurité de nos troupes”.
Début mai, Barack Obama a donc fait volte face en déclarant : “A mon avis, l’unique conséquence directe de leur publication, sera d’enflamer l’opinion publique anti-Américaine et exposer nos troupes à un grand danger.”
20:27 Publié dans Ponérologie étasunienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : torture, mémos, cia, états-unis, guantanamo, irak
28.02.2009
Pourquoi le monde se sent-il mal ?
Strike the Root
Mardi 27 janvier 2009
Considérez ces évènements:
1. Un président qui a commencé deux guerres 'agressives, qui porte la responsabilité de la mort de milliers d'Étasuniens, celle de centaines de milliers d'Iraquiens et d'Afghans, quitte ses fonctions en toute liberté, sans que le crime soit mentionné, sans qu'il en éprouve des répercussions négatives.
2. Pendant ce temps, la même population qui a pourtant une expérience intime avec les mensonges des politiciens semble complètement enthousiasmée par un président beau parleur qui promet du changement et qui demande des sacrifices.
3. Le Congrès qui avait un taux de satisfaction de 14 % et qui vient juste de voter un renflouement malgré l'objection d'une majorité d'Étasuniens, a eu un taux de réélection supérieur à 95 %
4. Des millions d'Étasuniens expriment leur soutien aux militaires alors que ces mêmes personnes sont tuées, blessées sans raison et qu'elles sont séparées de leurs familles et de leur travail productif au pays.
5. Une population qui a majoritairement cru que l'achat de biens non productifs comme ceux de l'immobilier pourrait les rendre riches à jamais. Et ce, sans expliquer de façon cohérente comment cela serait possible.
6. Les chercheurs qui sont sur des pistes alternatives pour expliquer le SIDA et le cancer voient leurs fonds de fonctionnement coupés et les résultats de leur recherche piétinés; tandis que d'autres qui essayent d'améliorer la vie en fournissant des aliments sains sont attaqués.
La criminalité évidente de nos dirigeants et la pensée troublée et passive des prolos sont devenues la norme. Les deux vont ensemble et créent un écosystème symbiotique de tyrannie. La fraude, le vol et le meurtre se sont généralisés autant que la somme des mensonges racontés et crus a atteint de nouveaux sommets. L'irresponsabilité a été socialisée et les honnêtes gens en quête du bien sont inquiétés.
Ceux parmi nous qui ne veulent guère plus que la paix et la liberté ne dirigent pas le monde. La quête de la liberté est en contradiction avec le contrôle exercé sur d'autres personnes. Il est ainsi facile d'en déduire que ceux qui cherchent le pouvoir ont des motivations étrangères aux nôtres.
Ce n'est que récemment que j'ai compris les implications de tout ceci. En dépit de toutes les preuves attestant du contraire, je supposais que tous ceux qui recherchaient le pouvoir avaient un ressenti similaire au mien à propos de la morale. Je ne pouvais tout simplement pas voir la raison pour laquelle ils avaient un comportement et des justifications non-éthiques. Je savais déjà que les États fonctionnent selon un code que la majorité d'entre nous ne suivent pas dans nos propres vies. Je supposais néanmoins qu'un homme qui agit en contradiction des lois morales devait s'en sentir coupable. Un jour pourtant une idée m'est venue : Et s'il ne se sentait pas coupable ?
Si son ambition est humble, il se comportera comme un criminel commun, un prédateur. Il ment pour obtenir des avantages, il utilise la force pour obtenir ce qu'il veut et vole sans problèmes de conscience. L'absence de sentiment de culpabilité au sujet de comportements non-éthiques le motive a poursuivre ses actes criminels.
Les petites opérations criminelles présentent un gros problème, celui de se faire prendre. La perspective de faire de la prison se révèle peu attrayante. Pourtant, même la grande probabilité de se faire arrêter et emprisonner n'empêche pas les criminels communs d'envisager leur carrière avec peu de sophistication et ils en paient d'ailleurs souvent le prix. D'autres personnes au fonctionnement similaire trouvent des manières d'éviter ces problèmes. Un esprit criminel peut tout autant que des gens normaux développer des intérêts croissants et trouver la manière de les poursuivre à des niveaux supérieurs. En usant de plus d'intelligence et d'une plus grande patience, il peut mener une carrière ambitieuse dans la criminalité. Avec cet objectif en tête, on peut aisément voir que l'État est le moyen le plus efficace pour y parvenir.
Dès lors qu'un criminel joint ses forces à celles de l'État en devenant un employé, il peut mentir dans son intérêt, utiliser la force pour parvenir à ses fins, et voler sans conscience tout comme le fait un opérateur à la petite semaine. Les opportunités de dommages potentiels n'ont pas de limites si l'on choisit intelligemment certains emplois. Si un homme aime, par exemple, soumettre les autres au supplice, il pourra devenir policier et poser lui-même les preuves. Un autre, qui voudrait tuer des gens, pourrait ainsi devenir un officier militaire et indiquer «accidentellement» les coordonnées d'une maison qu'il souhaite voir bombardée. Quoi qu'ils fassent, l'État les protégera des conséquences naturelles de leurs actions. S'ils sont malins, il y a de grandes chances qu'ils ne se fassent jamais prendre, jamais punir et il est même probable qu'ils soient cités.
J'ai trop souvent cru que les personnes qui travaillaient pour l'État appréciaient ces emplois uniquement à cause des horaires souples , des bons salaires et de la retraite. Ce type de carrière offre aux prédateurs, en plus de tout cela, le bénéfice alléchant de pouvoir satisfaire leurs pulsions criminelles sans risquer de châtiments.
Il se trouve que ce type de personnalité est désignée d'un nom scientifique : psychopathique. Au cas où vous penseriez que je vous raconte des sottises, voici une citation extraite de Scientific American:
Superficiellement charmants, les psychopathes ont tendance à donner aux autres une bonne impression à la première rencontre et les observateurs sont frappés par leur normalité. Pourtant, ils ne pensent qu'à eux-1 mêmes, ils sont malhonnêtes et ne sont pas fiables. Par moment, ils ont des comportements irresponsables sans raison apparente autre que le simple plaisir qu'ils procurent. Presque entièrement dénués de culpabilité, d'empathie et d'amour, ils ont des relations occasionnelles, détachées et romantiques. Ils trouvent couramment des excuses à leurs actes irresponsables et souvent infâmes, préférant plutôt accuser les autres. Ils apprennent rarement de leurs erreurs, pas plus des retours négatifs de leurs actions et ils ont du mal à contrôler leurs pulsions.
Cela ressemble à la définition exacte de ceux qui cherchent le pouvoir politique. L'article se poursuit en disant que les domaines dans lesquels ils sont surreprésentés pourraient inclure «la politique, les affaires et les activités de divertissement. Pourtant, les preuves scientifiques de cette conjecture intrigante sont à l'état d'ébauche. Il se trouve pourtant qu'il existe des preuves de cela, beaucoup plus solides que l'article ne le laisse entendre.
Dans son livre Ponérologie Politique, Andrew Lobaczewski déclare que 6 % de la population présentent des caractéristiques psychopathiques. Les implications de ce phénomène, qu'il a identifiées juste après la seconde guerre mondiale, sont atterrantes. Il suggère de plus qu'un autre 12 % de la population présentent de hauts risques d'avoir une pensée du type psychopathique. Dans un monde dominé par des structures hiérarchiques, ces individus prennent le contrôle des positions clés et engendrent ce que l'on peut appeler une «pathocratie ». Lobaczewski anticipe par ses écrits, la réalité actuelle:
À l'intérieur de ce système [pathocratique], l'homme normal est rendu coupable de ne pas être né psychopathe et il n'est considéré comme bon à rien sauf pour exécuter les plus durs labeurs, combattre et mourir afin de protéger un système de gouvernement qu'il ne peut suffisamment comprendre, ni même considérer comme étant le sien. Un réseau d'individus psychopathes ou apparentés, se renforçant en permanence, commence à dominer et à faire de l'ombre aux autres personnes.
Les gens normaux n'ont pas considéré la possibilité que certaines personnes apparemment ordinaires puissent n'avoir aucune inhibition morale. Ils font l'erreur de croire que leurs dirigeants ont de bonnes intentions. Ceux qui sont les employés des psychopathes mettent en oeuvre les plans de leurs patrons, aveugles à la réalité. Quelle que soit l'envergure de leur «échec», les dirigeants peuvent toujours rappeler leur bonne intention proclamée et se protéger du gibet. En fait, plus ils font de dégâts, plus on est appelé à donner plus de pouvoir à leurs services déficients afin qu'ils puissent «prévenir» qu'une telle chose ne puisse se reproduire.
Leur objectif principal est de trouver la limite de leurs actions tout en échappant aux conséquences et nous ne voyons aucun signe indiquant qu'ils ont atteint les limites que la population peut accepter. Peu importe les épreuves qu'ils provoquent, la majorité des gens leur donnent le bénéfice du doute à chaque fois et ils continuent ainsi à soutenir le système. Cette croyance qu'ont les bonnes personnes a conduit au démocide du XXe siècle qui n'est toujours pas mis en doute jusqu'aujourd'hui.
Lorsque l'on a accepté la possibilité que les psychopathes aient pris le contrôle de la société, on trouve des quantités de preuves pour soutenir cette hypothèse. Hitler, Staline, Mao et Pol Pot sympathisaient-ils avec leurs victimes ou ressentaient-ils de la culpabilité ? Plus proche de nous, parmi Bush, Cheney, Rove, Rumsfeld ou Clinton,peut-on désigner un seul d'entre eux qui ait présenté un semblant de normalité ? Non, de toute évidence. Ces listes contiennent les noms de personnages dont aucun ne peut répondre à une moralité rationnelle. Si de tels individus ont pu accéder aux plus hauts niveaux du pouvoir, que peut-on en déduire des services subalternes ?
Cela suggère que de tels individus régissent les leviers du pouvoir où que ce soit. Nous vivons une époque où la population dans son ensemble ne peut parvenir à satisfaire ses besoins, pourtant peu d'entre nous semblent en comprendre les raisons. Les sondages indiquent par exemple, que la population se sent concernée par l'éducation et pourtant de décennie en décennie, le système éducatif s'empire considérablement. Quel mystère ! Bien sur, si l'on croit nos maîtres bien intentionnés, la civilisation occidentale n'a pas su en 2000 ans déterminer des manières efficaces de transmettre les savoirs clés aux jeunes générations. Cependant, que se passe t'il si nous acceptons de remettre en question nos croyances en leur bonne volonté un seul instant et que nous envisageons d'autres possibilités ? Si le système éducatif n'arrive pas à remplir les objectifs annoncés depuis des décennies, peut être y a t'il des groupes qui considèrent cela comme un succès ?
De toute évidence, réussir à inhiber la pensée critique des masses profite à l'État et aux psychopathes. Lorsque des comportements irrationnels, immoraux, illégaux, irresponsables et intéressés sont considérés comme s'ils étaient normaux, on peut en déduire que le système éducatif fonctionne au mieux pour nos maîtres. Je n'ai cité qu'un seul exemple, mais il existe au sein de l'État, une multitude de fonctions à pourvoir procurant ainsi un emploi à ceux détenant toute sorte d'intérêt psychopathique. On devrait de plus, envisager que l'État agit non seulement comme un centre de recrutement pour psychopathes, mais que ce sont probablement des psychopathes qui ont inventé l'État pour prendre le dessus sur nous tous. Je ne peux pas fournir de meilleure explication de l'existence d'une organisation qui échoue dans le domaine éthique et qui suggère une pensée psychopathique un peu partout
Il apparaît que notre bataille pour la liberté n'est pas simplement un conflit entre ceux qui la veulent et ceux qui veulent dominer les autres, mais plutôt une bataille entre les gens normaux et les psychopathes. J'ai trouvé dans l'hypothèse de la psychopathie, une force de pouvoir explicatif incroyable de notre monde : Le monde se sent mal parce que les psychopathes le dirigent. Dans un pays habitué à dédaigner et à ridiculiser toute idée qui se distingue de la moyenne, les explications cohérentes d'un phénomène social observable ne sont pas beaucoup rapportées. Sans la compréhension des lois physiques, nous n'aurions jamais obtenu les améliorations considérables de notre qualité de vie découlant des développements technologiques. De la même façon, sans une compréhension de nos systèmes sociaux, nous ne nous sortirons jamais de la tyrannie que nous infligent les psychopathes. Nous devrions passer le mot et explorer ce filon de pensée avec la plus grande vigueur.
Traduction française: Lionel P. pour Futur Quantique
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13.01.2009
Folie guerrière
Camillo ‘Mac’ Bica
Truthout (commentaire Sott.net)
Mercredi 24 décembre 2008
Je me suis toujours considéré comme un libre penseur, un philosophe errant sans prétention, à la recherche d’un mode de vie différent, plus sensé. Toutefois, les autres perçoivent ma différence, ma « quête spirituelle » comme quelque chose d’anormal, comme une preuve évidente de ma folie. Peut-être devrais-je faire une pause et réévaluer ma situation. Après tout, on n’admet pas aisément que l’on est fou. J’imagine que cela fait partie de la folie que d’entretenir une façade de salubrité mentale, de se considérer comme normal et de considérer tous les autres comme fous.
Toutefois, une chose dont je suis certain, c’est que je n’ai pas toujours été fou. Je ne suis pas né fou. Je pense que la folie m’a contaminé ; cela s’est produit au Viêt-Nam, pendant la guerre. C’est un effet de la guerre, voyez-vous, la guerre mène les gens à la folie. Névrose de guerre, obusite, syndrome de da Costa, syndrome de stress post-traumatique. Tous ces meurtres et ces morts peuvent rendre fou n’importe qui.

Certains – à les entendre – survivent très bien à la guerre. Nombreux sont ceux qui tirent même profit de ses « vertus ». Mais les effets de la guerre ne sont pas toujours apparents. Personne ne ressort de la guerre sans cicatrice au corps et à l’âme. Chaque guerre, toute guerre, n’importe quelle guerre. Il n'y a aucune vertu dans la guerre.
Je pense que parmi ceux que la guerre n’a pas rendu fous, bon nombre étaient déjà fous avant. Mais leur folie était d’une nature différente, plus agressive, plus froide. J’ai connu des gens comme ça. On ne peut pas dire que je les appréciais. Cependant, je les trouvais chanceux de ne rien éprouver face aux meurtres et à la mort. En fait, leur perversité faisait qu’ils aimaient ça, ils prenaient plaisir à ces activités, à l’excitation, au pouvoir. Ils devenaient anges vengeurs, à l'égal des dieux, ayant droit de vie et de mort, mais surtout de mort. Ces malades détestaient voir la guerre toucher à sa fin. Pour moi, la guerre n’a pas de fin.
Pourtant, les événements s’arrangent parfois pour le mieux, puisque ma différence, ma folie m’ont probablement sauvé la vie. Voyez-vous, les personnes normales, et même certains fous, ne peuvent vivre dans de telles conditions, dans une guerre sans fin. J’imagine que j’ai eu de la chance. Parfois, la folie vous aide à supporter la situation. Parfois, j’aimerais être encore plus fou que je ne le suis déjà.
Une profonde introspection a révélé les causes de ma différence, la nature de ma folie. Il s’agit d’une cruelle sagesse permettant – ou, mieux, imposant – une vision objective. J’ai vu l’horreur de la guerre, sa futilité, tout ce gâchis. J’ai enduré l’hypocrisie et l’arrogance des personnes influentes et des nantis, et j’ai toléré l’ignorance et l’étroitesse d’esprit des soumis et des suiveurs. Les partisans malsains de la guerre, qui affichent et prêchent leur patriotisme avec des autocollants ostentatoires à l’arrière de leur voiture, avec des mots qui ne sont pas suivis d’actes, contaminés par l’hystérie de la guerre, mais loin d’elle, bien à l’abri. Ils prétendent reconnaître nos sacrifices, tandis qu’ils applaudissent le massacre en cours, acceptant par leurs mots, leurs actes ou leur passivité d’envoyer d’autres hommes et femmes au combat pour qu’ils y meurent, y soient mutilés, y deviennent fous.
Et lorsqu’ils ne tirent plus profit du carnage, leur ruban jaune patriotique et leur compassion superficielle s’évanouissent rapidement, remplacés par l’apathie et l’indifférence. Les survivants qui reviennent au pays ne sont plus traités comme des héros, mais comme des parias, des épaves et des fardeaux pour l’économie. Ils mythifient les morts à renfort de mémoriaux et de discours sur les pertes et les souffrances passées et futures. Des paroles exaltantes et prophétiques, déclamées par des individus qui cautionnent le carnage devant d'autres individus qui ignorent tout du sacrifice.
Il fut un temps où j’essayais d’expliquer ce qu’est la guerre afin qu’ils comprennent et qu’ils connaissent son horreur, croyant naïvement que la guerre était due à un manque d’information, de compréhension, de discernement et de vision. Mais la folie m’a libéré, elle m’a permis de réaliser que la guerre ne provient pas de telles lacunes mais qu’elle est le fruit d’un excès de cupidité, d’ambition, d’intolérance et de soif de pouvoir. Et nous sommes ses jouets, la chair à canon, ressource dispensable dans cette quête impitoyable de richesse, de pouvoir, de domination et d’impérialisme.
Et désormais, j’accepte et honore ma différence, ma folie, qui condamne les hypocrites et les arrogants, les ignorants et les mesquins, pour leur responsabilité collective et pour leurs meurtres, mutilations et crimes contre l’humanité. Et j’offre ma folie comme présage à leur future responsabilité ; responsabilité envers l’humanité dans les tribunaux de l’histoire, et envers le dieu qu’ils invoquent si souvent pour encourager et légitimer leur sacrilège guerrier.
Note : Voilà pourquoi une compréhension du monde intérieur et du monde extérieur, avec toutes leurs facettes magnifiques ou terrifiantes, y compris une bonne compréhension des processus pathocratiques, est si essentielle ; en vérité, les hommes et les femmes ne sont pas tous égaux, il y a des prédateurs parmi nous, qui nous traquent, nous contrôlent, nous exploitent et nous instrumentalisent à leurs propres fins… les psychopathes et les pathocrates au pouvoir.
La structure sociale pathologique s’étend progressivement au pays tout entier et crée ainsi une « classe nouvelle » au sein de la nation. Cette classe de déviants privilégiée se sent en permanence menacée par « les autres” » c’est-à-dire par la majorité des gens normaux. Et les pathocrates ne se font aucune illusion quand à leur sort personnel, si jamais le système humain normal était restauré…
Les pathocrates n’ont jamais possédé aucun talent pratique, et la perennité de leur règne leur a dénié tout possibilité de s’adapter aux exigences du travail normal. Si les lois de l’humain normal devaient être restaurées, ces pathocrates et leur entourage pourraient être soumis à un jugement, … ils seraient menacés dans leur liberté et leur existence – pas seulement dans leur position et leurs privilèges. Parce qu’ils sont incapables du moindre sacrifice, la survivance du système qui leur convient le mieux devient un impératif moral. Ce qui menace le système doit être combattu par toutes sortes de ruses psychologiques témoignant d'une absence de scrupules, qui peut choquer par sa perversité, à l'égard de « ces autres » – les inférieurs. [..]
La pathocratie survit grâce au sentiment d’être menacée par la société des gens normaux ainsi que par d’autres pays dans lesquels subsistent, sous diverses formes, le système humain normal. Pour les dirigeants, rester au sommet est une question de vie ou de mort.
Nous pouvons alors nous interroger prudemment : un tel système est-il capable de renoncer à son expansion politique et territoriale et se contenter de ses possessions du moment ? Que se produirait-il si une telle situation permettait d’assurer la paix intérieure, l’ordre et une relative prospérité nationale ?
La grande majorité de la population du pays tirerait alors parti de toutes les possibilités émergentes et mettrait à contribution ses aptitudes supérieures pour étendre le champ de ses activités ; grâce à un taux de naissances supérieur à celui des pathocrates, son pouvoir augmenterait. Cette majorité serait alors rejointe par certains enfants des classes privilégiées qui n’auraient pas hérité de ces gènes-là. La domination de la pathocratie commencerait alors à s’affaiblir, imperceptiblement mais régulièrement, pour aboutir à une situation où la société des gens normaux prendrait le pouvoir. Vision de cauchemar pour les pathocrates.
La destruction biologique, psychologique, morale et économique de cette majorité est donc une nécessité « biologique ». À cette fin, de nombreux moyens sont mis en oeuvre, à commencer par les camps de concentration et les guerres contre un ennemi résolu et bien armé qui affaibliront et anéantiront le pouvoir humain qui les menace – c’est-à-dire celui qui met en péril la domination des pathocrates. Une fois morts, les soldats seront alors célébrés et vénérés tels des héros, ce qui est bien utile pour éduquer une nouvelle génération fidèle à la pathocratie en place.
Ponérologie Politique (traduction révisée)
Traduit par Axel D. pour Futur Quantique
18:09 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : iraq, guerre, irak, vietnam, usa, israël, psychopathie
19.06.2008
Impeach Bush
Parmi les nombreuses pétitions soutenant l'impeachment de Georges Bush, l'une d'entre elle permet aux non-étasuniens de participer. Vous pouvez donc ajouter votre nom à la pétition initiée par democrats.com
15:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bush, impeachment, kucinich, politique, irak, afghanistan, crime contre l'humanité
04.06.2008
La stratégie du choc

"La stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre", titre de la traduction de l'excellent ouvrage de Naomi Kein (titre original : "The Shock Doctrine") est désormais en vente.
Félicitation aux Editions Actes Sud d'avoir choisi de publier cet ouvrage essentiel qui permet de mieux comprendre le fonctionnement de la pensée psychopatique déclinée dans la doctrine capitaliste.
11:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : naomi klein, shock doctrine, stratégie du choc, irak, capitalisme, usa, 11 septembre
23.04.2008
Le bruit des bottes et le silence des pantoufles.
Messieurs George Bush, Nicolas Sarkozy, Alain Finkelkrault, André Glucksman, Bernard Kouchner, Pierre Lelouch, Alexandre Adler, Alain Madelin, Romain Goupil et tous leurs amis...

© Hadi Mizban / AP
Cette photo d'une petite fille irakienne qui exulte de joie devant son papa allongé près d'elle vous est tout spécialement dédiée...
Elle a été prise à la sortie d'une école, et a été relayée par toutes les agences de presse du monde arabe. Elle n'a pas été publiée dans un seul journal occidental.
Article original : http://www.alpheratz.net/BushCo/an_iraqi_girls_face_says_...
Article en français : Le Post.
00:01 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : irak, iraq, génocide, civilsq, usa, bush, guerre
08.04.2008
Sarkozy abat l'oeuvre gaulliste.
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Quelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:
"L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."
Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:
"Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".
"Situer la France au sein de sa famille occidentale"
Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.
Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:
"J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".
Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.
Faire intervenir l'Otan en Afrique?
Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:
"Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...
Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.
Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.
L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!
Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer
Article original publié par Rue 89.
Note de P&P : Sarkozy qui pendant des années a mangé au râtelier du gaullisme vient de fouler aux pieds l’un des acquis majeurs obtenu par Charles De Gaulles : une véritable indépendance militaire et donc stratégique et militaire pour la France.
En intégrant l’OTAN Sarkozy vient de sacrifier cette liberté. La France a remis sa destinée géostratégique et militaire dans des mains étrangères. La France a fait acte d’allégeance aux Etats-Unis et s’est soumise à l’idéologie de ceux qui tirent les ficelles de Bush comme de Sarkozy.
Cette idéologie est barbare, xénophobe et terrifiante vise au conflit global. L’émergence d’un bloc « blanc occidental judéo chrétien dominant » incluant Israël, l’Europe et les Etats-Unis et légitimant son existence à travers la haine, la peur, la stigmatisation et la destruction de l’autre, pillant les ressources, exterminant ses opposants et contrôlant ses habitants.
Au premier rang de ces cibles nous retrouverons bien sûr les pays musulmans - au sein desquels Liban et Palestine tiennent une place de choix - mais aussi la Chine et la Russie.
Citoyens français nous payons des impôts qui servent à couvrir nos mains du sang des enfants d’Afghanistan. Demain les innocents d’Irak, de Palestine ou d’Iran rejoindront leurs rangs.
Sarkozy a sacrifié l’indépendance militaire de la France sur l’autel de l’allégeance étasunienne (sans consultation du parlement), de même il a sacrifiée l’indépendance politique et financière de la France sur l’autel de l’oligarchie européenne (dans le total mépris du choix populaire clair exprimé par le référendum d’avril 2006).
L’OTAN comme l’Union Européenne sont des entités opaques et technocratiques n’ayant aucune légitimité démocratique. Le citoyen n’y a pas de poids, pas de rôle, pas de pouvoir. Son seul droit y est de travailler de consommer et de payer. Le fruit de notre labeur ainsi collecté alimente ces mêmes organisations et les cliques qui les contrôlent.
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05.12.2007
L'armée des Etats Unis a fait de moi un assassin pscyhopathe
28 novembre 2007 - Voltairenet.org
Pendant près de douze ans, le sergent Jimmy Massey a été un US Marine aux nerfs d’acier et au cœur de pierre. Il a servi en Irak où il a participé à des atrocités, avant d’ouvrir les yeux et de lutter contre la politique belliciste de son pays. Il anime aujourd’hui l’association des vétérans d’Irak contre la guerre. Au Salon du livre de Caracas, où il a présenté son témoignage Cowboys del infierno, il a répondu aux questions de la journaliste cubaine Rosa Miriam Elizalde, de Cubadebate.
« J’ai 32 ans et je suis un assassin psychopathe bien entraîné. Tout ce que je sais faire dans la vie, c’est vendre aux jeunes l’idée de s’enrôler dans les Marines et de tuer. Je suis incapable de conserver un travail. Pour moi, les civils sont des êtres méprisables, des arriérés mentaux, des faibles, un troupeau de brebis. Et moi, je suis le chien de berger. Le déprédateur. Dans l’Armée, on m’appelait « Jimmy le Requin ».
Ceci est le deuxième paragraphe du livre écrit il y a trois ans par Jimmy Massey avec l’aide de la journaliste Natasha Saulnier. Kill ! Kill ! Kill ! a été présenté au Salon du livre de Caracas ; il s’agit du témoignage le plus violent jamais écrit par un ex-membre du corps des marines, arrivé en Irak avec les troupes d’invasion en 2003. Il a décidé de raconter aussi souvent qu’il le faudra comment il a pu jouer pendant douze ans le rôle d’un Marine impitoyable et pourquoi cette guerre l’a changé.
Jimmy a participé au principal débat du Salon du livre, dont le titre était pour le moins polémique : « Une révolution est-elle possible aux États-Unis ? », et son témoignage est sans doute celui qui a le plus impressionné le public. Il a les cheveux courts (coupe militaire), des lunettes noires, une démarche martiale et les bras couverts de tatouages. Il a l’air, très exactement, de ce qu’il était : un Marine. Quand il parle, c’est autre chose : il est profondément marqué par une expérience hallucinante qu’il voudrait épargner à d’autres jeunes gens naïfs. Comme il le dit dans son livre, il n’est pas le seul à avoir tué en Irak : l’exercice était quotidien pour ses compagnons aussi. Quatre ans après avoir quitté le théâtre des opérations, ses cauchemars le poursuivent encore.
Rosa Miriam Elizalde : Que signifient tous ces tatouages ?
Jimmy Massey : J’en ai beaucoup. Je me les suis fait faire à l’armée. Sur la main (il montre la zone comprise entre le pouce et l’annulaire), le symbole de Blackwater, une armée de mercenaires qui s’est constituée là où je suis né, en Caroline du Nord. Je me le suis fait faire par esprit de contestation, parce qu’il est interdit aux Marines de se tatouer les poignets et les mains. Un jour, avec les membres de mon peloton, on s’est tous saoulés et on s’est tous fait faire le même tatouage : un cow-boy aux yeux injectés de sang sur plusieurs as, l’image de la mort. Oui, cela veut dire exactement ce que tu penses : « tu as tué quelqu’un ». Sur le bras droit, le symbole des marines, le drapeau des États-Unis et celui du Texas, où je me suis enrôlé. Sur la poitrine, du côté gauche, un dragon chinois qui déchire la peau et signifie que la douleur est la faiblesse qui s’échappe du corps. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.
Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi dites-vous avoir trouvé chez les Marines les les pires individus que vous ayez jamais rencontrées ?
Jimmy Massey : Les États-Unis utilisent leurs Marines de deux façons : soit dans l’humanitaire, soit pour assassiner. J’ai passé douze ans dans le Corps des Marines des États-Unis et je ne suis jamais parti en mission humanitaire.
Rosa Miriam Elizalde : Avant de partir pour l’Irak, vous recrutiez des jeunes pour l’armée ? Qu’est-ce que cela représente d’être recruteur aux États-Unis ?
Jimmy Massey : Pour recruter il faut mentir. L’administration Bush a forcé la jeunesse étasunienne à s’enrôler dans l’armée. De quelle manière ? En usant d’un procédé qui était aussi le mien : des offres économiques. En trois ans, j’en ai recruté soixante-quatorze, aucun ne m’a dit qu’il voulait entrer dans l’armée pour défendre son pays, aucun n’avait de motivation d’ordre patriotique. Ils voulaient de l’argent pour entrer à l’Université ou pour avoir une couverture de santé. Je commençais par leur parler de tous ces avantages, et seulement à la fin, je leur faisais valoir qu’ils allaient servir la cause de la patrie. Jamais je n’ai pu recruter un seul fils de riche. Pour garder son travail quand on est recruteur, il ne faut pas s’embarrasser de scrupules.
Rosa Miriam Elizalde : Le Pentagone a revu à la baisse les conditions requises pour entrer dans l’armée. Qu’est-ce que cela signifie ?
Jimmy Massey : Les standards du recrutement ont beaucoup baissé, parce que presque personne ne veut s’enrôler. Avoir des problèmes de santé mentale ou un casier judiciaire ne constitue plus un obstacle. Des personnes ayant commis des actes qui leur ont valu plus d’un an de prison, des délits considérés comme sérieux, peuvent entrer dans l’armée, de même que des jeunes qui n’ont pas fini leurs études secondaires. S’ils réussissent le test mental, ils sont admis.
Rosa Miriam Elizalde : Vous avez changé après la guerre, mais quels étaient vos sentiments avant ?
Jimmy Massey : J’étais un troufion quelconque, qui gobait tout ce qu’on lui disait. C’est quand je suis devenu recruteur que j’ai commencé à ressentir un malaise : il fallait tout le temps que je mente.
Rosa Miriam Elizalde : Pourtant, vous étiez convaincu que votre pays s’engageait dans une guerre juste contre l’Irak.
Jimmy Massey : Oui, les rapports que nous recevions indiquaient que Saddam possédait des armes de destruction massive. Ce n’est que plus tard que nous avons appris que c’était pur mensonge.
Rosa Miriam Elizalde : Quand l’avez-vous appris ?
Jimmy Massey : En Irak, où je suis arrivé en mars 2003. Mon peloton a été envoyé sur les lieux qui avaient été ceux de l’armée irakienne, et nous y avons trouvé des milliers et des milliers de munitions dans des caisses étiquetées aux États-Unis : elles s’y trouvaient depuis que les États-Unis avaient décidé de soutenir le gouvernement de Saddam dans sa guerre contre l’Iran.
J’ai vu des caisses avec le drapeau nord-américain et même des chars nord-américains. Mes Marines —j’étais sergent de catégorie E6, un grade supérieur à celui de simple sergent, et je commandais 45 Marines—, mes hommes me demandaient pourquoi il y avait des munitions des États-Unis en Irak. Ils ne comprenaient pas. Les rapports de la CIA nous avaient convaincus que Salmon Pac était un camp de terroristes et que nous allions trouver des armes chimiques et biologiques. Or, nous n’avons rien trouvé de tout ça. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à soupçonner que le contenu de notre mission était le pétrole.
Rosa Miriam Elizalde : Les passages les plus terribles de votre livre sont ceux où vous reconnaissez que vous êtes alors un assassin psychopathe. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous le dites ?
Jimmy Massey : Je suis devenu un assassin psychopathe parce que j’ai été entraîné à tuer. Je ne suis pas né avec cette mentalité. C’est le Corps d’infanterie de Marine qui a fait de moi un gangster au service des grandes multinationales étasuniennes, un vulgaire délinquant. J’ai été entraîné pour exécuter aveuglément les ordres du président des États-Unis et rapporter au pays ce qu’il avait demandé, hors de toute espèce de considération morale. J’étais un psychopathe parce que j’ai appris à tirer d’abord et à interroger après, comme un malade et non comme un soldat professionnel qui ne doit affronter qu’un autre soldat. Or, s’il fallait tuer des femmes et des enfants, nous le faisions. Par conséquent nous n’étions plus des soldats, mais des mercenaires.
Rosa Miriam Elizalde : Comment êtes-vous parvenu à cette conclusion ?
Jimmy Massey : À la suite de plusieurs expériences. Notre travail consistait à entrer dans des quartiers urbains déterminés et à nous occuper de la sécurité des routes. Il y a eu un incident, parmi tant d’autres, qui m’a mis au bord du précipice : une voiture qui transportait des civils irakiens. Tous les rapports des services secrets qui nous tombaient entre les mains disaient que les voitures étaient chargées de bombes et d’explosifs. Nous ne recevions pas d’autre information. Les voitures arrivaient et nous tirions quelques salves d’avertissement ; si elles ne ralentissaient pas pour rouler à la vitesse que nous indiquions, nous tirions sans hésiter.
Rosa Miriam Elizalde : Avec des mitraillettes ?
Jimmy Massey : Oui, et nous attendions des explosions puisque les véhicules étaient criblés de balles. Il n’y a jamais eu d’explosion. Après, on ouvrait la voiture, et que trouvait-on ? Des morts et des blessés, mais pas une seule arme, aucune propagande d’Al Qaeda, rien. Des civils arrivés au mauvais endroit et au mauvais moment.
Rosa Miriam Elizalde : Vous racontez aussi que votre peloton a mitraillé une manifestation pacifique. Comment cela s’est-il passé ?
Jimmy Massey : C’était aux abords du complexe militaire de Rasheed, au sud de Bagdad, près du Tigre. Il y avait des manifestants au bout de la rue. C’étaient des jeunes, et ils n’avaient pas d’armes. Nous avons avancé et nous avons vu un char stationné sur un côté de la rue. Le conducteur du char nous a dit qu’il s’agissait de manifestants pacifiques. Si les Irakiens avaient voulu faire quelque chose, ils auraient pu faire sauter le char, mais ils ne l’ont pas fait. Nous étions tranquilles, nous pensions : « s ‘ils avaient eu envie de tirer, ils l’auraient déjà fait ». Ils étaient à environ deux cents mètres...
Rosa Miriam Elizalde : Et qui a donné l’ordre de mitrailler les manifestants ?
Jimmy Massey : Le haut commandement nous a indiqué de ne pas perdre de vue les civils, parce que pas mal de feddayins de la Garde républicaine retiraient leur uniforme et s’habillaient en civil pour lancer des attaques terroristes contre les soldats étasuniens. Les rapports de renseignement étaient connus de chacun des membres de la chaîne de commandement. Tous les Marines avaient une idée très claire de la structure de la chaîne de commandement organisée en Irak. Je crois que l’ordre de tirer provenait des hauts fonctionnaires de l’Administration, tant des centres de renseignement militaire que gouvernemental.
Rosa Miriam Elizalde : Qu’avez-vous fait ?
Jimmy Massey : J’ai regagné mon véhicule, un humvee (une jeep fortement équipée) et j’ai senti passer une balle au-dessus de ma tête. Les Marines ont commencé à tirer et moi aussi. Il n’y a pas eu de riposte de la part des manifestants. J’avais tiré douze fois, et pas une riposte… J’ai voulu m’assurer que nous avions tué selon les normes de combat de la Convention de Genève et les procédés réglementaires des opérations. J’ai essayé d’oublier leurs visages et je me suis mis à chercher leurs armes, mais il n’y en avait pas une seule.
Rosa Miriam Elizalde : Comment ont réagi vos supérieurs ?
Jimmy Massey : Ils m’ont dit : « Ça arrive de merder ».
Rosa Miriam Elizalde : Quand vos camarades ont appris qu’ils avaient été trompés, comment ont-ils réagi ?
Jimmy Massey : J’étais chef en second. Mes Marines me demandaient pourquoi on tuait tant de civils. « Tu ne peux pas parler au lieutenant ? » me disaient-ils. « Dis-leur qu’il nous faut un matériel adapté ». La réponse a été : « Non ! » Quand mes Marines se sont rendus compte qu’il s’agissait d’un grand mensonge, ils sont devenus comme fous.
Notre première mission en Irak n’avait pas pour objectif d’apporter une aide alimentaire, comme le disaient pourtant les médias, mais d’assurer le contrôle des exploitations pétrolières de Bassora. Dans la ville de Karbala nous avons utilisé notre artillerie vingt-quatre heures d’affilée. C’est la première ville que nous avons attaquée. Moi, je croyais que nous devions apporter de l’aide médicale et alimentaire à la population. Non. Nous avons suivi notre chemin jusqu’aux exploitations pétrolières. Avant l’Irak, nous étions allés au Koweït.
Nous sommes arrivés en janvier 2003. Nos véhicules étaient pleins de vivres et de médicaments. J’ai demandé au lieutenant ce que nous allions en faire, parce qu’avec tout ce matériel à bord il n’y avait presque plus de place pour nous. Il m’a répondu que son capitaine lui avait donné l’ordre de tout laisser au Koweït. Peu après, nous avons été chargés de tout brûler : toutes les vivres et tout le matériel médical humanitaire.
Rosa Miriam Elizalde : Vous avez aussi dénoncé l’usage d’uranium appauvri...
Jimmy Massey : J’ai 35 ans et ma capacité pulmonaire a été réduite de 20 %. Selon les médecins, je souffre d’une maladie dégénérative de la colonne vertébrale qui s’accompagne de fatigue chronique et de douleurs dans les tendons. Autrefois, je courais tous les jours dix kilomètres pour le plaisir, et maintenant j’arrive tout juste à marcher sur cinq ou six kilomètres. J’ai même peur d’avoir des enfants. J’ai des inflammations du visage. Regarde cette photo (il me montre celle qui apparaît sur son badge du Salon du livre), elle a été prise peu après mon retour d’Irak. Je ressemble à une créature de Frankenstein et cela, je le dois à l’uranium appauvri. Imagine un peu ce que les Irakiens ont dû endurer...
Rosa Miriam Elizalde : Que s’est-il passé à votre retour aux États-Unis ?
Jimmy Massey : Je passais pour un fou, un lâche, un traître.
Rosa Miriam Elizalde : Vos supérieurs disent que tout ce que vous dites n’est que mensonge.
Jimmy Massey : Mais les preuves contre eux sont accablantes. L’armée nord-américaine est épuisée. Plus cette guerre durera, plus ma vérité aura de chances de se faire jour.
Rosa Miriam Elizalde : Le livre que vous avez présenté au Venezuela existe en espagnol et en français. Pourquoi n’a–t-il pas été publié aux États-Unis ?
Jimmy Massey : Les éditeurs ont exigé que les noms des personnes impliquées soient retirés et que la guerre en Irak soit présentée dans une sorte de brouillard, de manière moins crûe. Or, je n’y suis pas disposé. Des maisons d’édition comme New Press, censées être de gauche, ont refusé de me publier de crainte des poursuites judiciaires, les gens concernés par le livre pouvant porter plainte.
Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi des médias comme le New York Times et le Washington Post ne reproduisent-ils pas votre témoignage ?
Jimmy Massey : Je ne répétais pas l’histoire officielle, selon laquelle les troupes étaient en Irak pour aider le peuple, je ne disais pas non plus que les civils meurent accidentellement. Je refuse de le dire. Je n’ai jamais vu de tir accidentel contre des Irakiens et je refuse de mentir.
Rosa Miriam Elizalde : Cette attitude a-t-elle changé ?
Jimmy Massey : Non, ils ont ouvert leurs pages à l’objection de conscience : les opinions et les livres de personnes qui sont contre la guerre mais qui n’ont pas vécu ce genre d’expérience. Ils ne veulent toujours pas regarder la réalité en face.
Rosa Miriam Elizalde : Avez-vous des photographies ou d’autres documents qui prouvent ce que vous racontez ?
Jimmy Massey : Non. Tout ce qui m’appartenait m’a été retiré quand j’ai reçu l’ordre de rentrer aux États-Unis. Je suis revenu d’Irak avec deux armes : ma tête et un couteau.
Rosa Miriam Elizalde : Y a-t-il une issue à la guerre, à court terme ?
Jimmy Massey : Non, ce que je constate, c’est que républicains et démocrates sont d’accord sur cette politique. La guerre est une grande affaire pour les deux partis, qui dépendent du complexe militaro-industriel. Il nous faudrait un troisième parti.
Rosa Miriam Elizalde : Lequel ?
Jimmy Massey : Celui du socialisme.
Rosa Miriam Elizalde : Vous avez participé à un débat qui s’intitulait : « États-Unis : la révolution est possible ». Y croyez-vous vraiment ?
Jimmy Massey : Elle a commencé. Dans le Sud, où je suis né.
Rosa Miriam Elizalde : Mais le Sud est, traditionnellement, la région la plus conservatrice du pays.
Jimmy Massey : Après l’ouragan Katrina, les choses ont changé. La Nouvelle-Orléans ressemble à Bagdad. Les gens du Sud s’indignent et se demandent tous les jours comment il est possible qu’on investisse des fortunes dans une guerre inutile à Bagdad et qu’on ait pas un sou pour la Nouvelle Orléans. Rappelez-vous que c’est dans le Sud qu’a commencé la plus grande rébellion du pays
Rosa Miriam Elizalde : Iriez-vous à Cuba ?
Jimmy Massey : J’ai beaucoup d’admiration pour Fidel Castro et pour le peuple de Cuba. Si je suis invité, bien sûr que j’irai. Je me fiche de ce que dit mon gouvernement. Personne ne décide où je peux ou ne peux pas aller.
Rosa Miriam Elizalde : Savez-vous que le symbole du mépris impérial envers notre nation est une photographie de Marines en train d’uriner sur la statue de José Marti, le Héros de notre indépendance ?
Jimmy Massey : Bien sûr. Lorsque j’étais au Corps des Marines on nous parlait de Cuba comme s’il s’agissait d’une colonie des États-Unis et on nous enseignait un peu d’histoire. Un Marine est censé apprendre des choses sur le pays qu’il va envahir, comme dit la chanson…
Rosa Miriam Elizalde : La chanson des Marines ?
Jimmy Massey : (Il chante) « From the halls of Montezuma, to the shores of Tripoli… » (Depuis les salons de Montezuma jusqu’aux plages de Tripoli...)
Rosa Miriam Elizalde : Autrement dit, le monde entier...
Jimmy Massey : Le rêve est effectivement de dominer le monde... même si pour le réaliser nous devons tous devenir des assassins.
10:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marines, états-unis, irak, invasion, cuba, uranium appauvri, us army
27.11.2007
4,2 millions de réfugiés irakiens
Cet article est extrait du site Voltairenet.org

Les violences incessantes ravageant les régions centrale et méridionale de l’Irak forcent chaque mois des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur foyer, confrontant la communauté internationale à une crise humanitaire encore plus grave que les bouleversements prévus par les agences humanitaires lors de la guerre de 2003.
Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), plus de 4,2 millions d’Irakiens ont quitté leurs maisons. Parmi eux, quelque 2,2 millions sont déplacés à l’intérieur du pays et plus de deux millions ont fui dans les États voisins, surtout en Syrie et en Jordanie. Beaucoup étaient déjà déplacés avant 2003, mais un nombre croissant continue de fuir. En 2006, les ressortissants irakiens arrivaient en tête des demandeurs d’asile en Europe.
Note de P&P : Rappelons quez ces drames humanitaires sont le résultat d'une guerre lancée par les Etats-Unis en raison de la présence de soit-disants armes de destruction massive qui de l'aveu même d'un général des marines ont été inventées de toute pièce.
Lors des trois premières années qui ont suivi la chute de l’ancien régime irakien en 2003, la plupart du travail de l’UNHCR se basait sur l’hypothèse que la situation interne se stabiliserait, permettant à des centaines de milliers d’Irakiens déjà déplacés de rentrer chez eux. En 2006, cependant, l’intensification de la violence a créé davantage de déplacements. Une réévaluation du travail de l’UNHCR et de ses priorités dans la région s’est avérée nécessaire – de l’assistance aux rapatriés et à quelque 50 000 réfugiés non irakiens en Irak, en passant par une aide plus importante aux milliers de personnes qui fuient tous les mois.
Entre 2003 et 2005, quelque 300 000 Irakiens sont rentrés chez eux depuis l’Iran, l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie et d’autres pays. Toutefois, ces retours ont aujourd’hui cessé. Davantage de personnes fuient, dont un grand nombre de professionnels qualifiés d’une importance cruciale pour le redressement du pays.
En plus de ceux qui ont quitté le pays, plus d’un million d’Irakiens ont fui leurs maisons pour d’autres régions en Irak depuis le début 2006, la plupart d’entre eux à cause de la violence sectaire qui a suivi les bombardements d’une importante mosquée chiite dans la ville de Samarra, dans le centre de l’Irak, en février 2006.
Ces déplacements en Irak présentent un énorme défi humanitaire et une difficulté extrême à la fois pour les déplacés et pour les familles iraquiennes qui tentent de les aider dans les communautés d’accueil. L’importance des besoins, la violence et les difficultés pour atteindre les déplacés en font un problème qui dépasse en fait la capacité des agences humanitaires, y compris l’UNHCR. Et plus longtemps cette situation durera, plus elle sera difficile, car tant les déplacés internes que leurs communautés d’accueil en Iraq épuisent leurs ressources.
De nombreux Irakiens déracinés fuyant vers les pays voisins ne cherchent pas tout de suite l’aide de l’UNHCR. Ils s’appuient plutôt sur un réseau social d’amis et de proches qui, craint l’UNHCR, s’amenuise rapidement, augmentant encore les problèmes sociaux parmi les exilés et les tensions occasionnelles avec les communautés d’accueil.
Depuis le début 2007, l’UNHCR a étendu ses opérations dans la région et compte maintenant 300 employés travaillant sur la crise irakienne depuis des bureaux dans la région et Genève. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a enregistré plus de 180 000 Irakiens dans les pays avoisinant l’Irak. Environ 15 % d’entre eux ont besoin d’une assistance spécifique, dont des personnes ayant été victimes de tortures. En avril 2007, l’agence a convoqué une importante conférence internationale à Genève pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par le conflit en Irak et mobiliser davantage d’aide internationale en leur faveur.
Note de P&P : Il est intéressant de constater que l'ONU à travers l'UNHCR, qui se veut pourtant être l'outil de garantie de la paix (création en 1945 suite à la deuxième guerre mondiale et pour éviter les problèmes internationaux) est dotée d'un budget annuel de plus de 2 millards de dollars et compte plus de 61000 employés. A ce jour 300 de ces salariés, soit moins de 0,5% des effectifs totaux sont "mobilisés" pour faire face aux 4,2 millions de réfugiés irakiens.
L’UNHCR soutient les pays hôtes en réhabilitant et en construisant des écoles, des cliniques et des centres communautaires, ainsi qu’en assurant un soutien psychologique et des soins spécifiques pour les Irakiens les plus vulnérables. À la mi-août 2007, l’UNHCR a présenté quelque 12 000 cas parmi les Irakiens les plus vulnérables en vue d’une réinstallation dans des pays tiers.
L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a lancé des appels d’un montant de 223 millions de dollars pour ses opérations irakiennes en 2007, s’inquiète aussi pour la situation de quelque 15 000 réfugiés palestiniens restés en Irak, dont environ 1 500 sont bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie dans deux camps de fortune. Les Palestiniens à Bagdad sont victimes de menaces quotidiennes mais ne peuvent pas quitter l’Irak. Les chrétiens du pays et d’autres communautés minoritaires sont aussi menacés.
Note de P&P : L'objectif officiel des Ziocons n'était-il pas de rétablir paix et démocratie ? Un ambitieux programme de reconstruction de l'Iraq n'avait-il pas été annoncé dès 2003 ? Des dizaines de milliards de dollars sortis de la poche des contribuables étasuniens n'étaitent-ils pas destinés à ce programme de reconstruction ? Les grandes entreprises telles qu'Halliburton n'ont-elles pas obtenu des contrats visant à cette reconstruction ?
11:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Irak, réfugiés, Syrie, Palestiniens, UNHCR
L’infâme secret de la torture
Traduction par Paxhumana.info
J’ai récemment eu un aperçu en action des effets de la torture lors d’un événement en l’honneur de Maher Arar. Ce Canadien d’origine syrienne est la plus célèbre victime d’un genre d’extradition spécial appelé « restitution » [rendition], qui est un procédé par lequel les fonctionnaires des États-Unis sous-traitent la torture dans d’autres pays. Arar changeait d’avion à New York lorsque des enquêteurs l’ont mis en détention puis l’ont « restitué » à la Syrie, où il a été maintenu pendant dix mois dans une cellule à peine plus large qu’une tombe et d’où il était périodiquement sorti pour être battu.
Arar a reçu les honneurs pour son courage par le Conseil Canadien pour les Relations Américano-Islamiques, un groupe d’opinion à tendance modérée. L’assemblée lui a offert une très sincère standing ovation, mais un sentiment de peur se mêlait à la célébration. Un grand nombre d’importants dirigeants communautaires gardaient leur distance avec Arar, ne lui répondant que de façon hésitante. Certains des intervenants furent même incapables d’appeler cet honorable invité par son nom, comme s’il avait quelque chose qui pourrait les contaminer. Et peut-être avaient-ils raison : la maigre « preuve » - discréditée ultérieurement - qui a envoyé Arar dans un cachot infesté de rats était la « culpabilité par association ». Et si cela a pu arriver à Arar, prospère ingénieur en informatique et bon père de famille, qui est à l’abri ?
À l’occasion d’une rare allocution publique, Arar a abordé cette peur sans détour. Il a déclaré à l’assemblée qu’un commissaire indépendant a essayé de rassembler des preuves montrant que des fonctionnaires censés faire appliquer la loi agissaient dans l’illégalité lors d’enquêtes concernant des musulmans canadiens. Le commissaire a entendu des douzaines de récits de menaces, de harcèlement et de visites inopportunes au domicile. Mais, a dit Arar, « pas une seule personne n’a porté plainte. La peur les en a empêchés. » La peur d’être le prochain Maher Arar.
La peur est encore plus forte chez les musulmans aux États-Unis, où le Patriot Act donne à la police le pouvoir de saisir les archives de n’importe quelle mosquée, école, bibliothèque ou groupe communautaires sur la seule suspicion de liens terroristes. Quand cette surveillance intense est couplée à la menace toujours présente de torture, le message est clair : Vous êtes sous surveillance, votre voisin pourrait être un espion, le gouvernement peut tout savoir à votre sujet. Au moindre faux-pas, vous pouvez disparaître dans un avion à destination de la Syrie ou dans « le trou sombre et profond de la Baie de Guantanamo », pour emprunter une expression de Michael Ratner, président du Centre pour les Droits Constitutionnels.
Mais cette peur doit être finement dosée. Les gens qui subissent des intimidations doivent en savoir assez pour avoir peur, mais pas trop au point qu’ils en appellent à la justice. Ceci explique pourquoi le Département de la Défense va autoriser la publication d’informations soi-disant compromettantes au sujet de Guantanamo - des images d’hommes dans des cages, par exemple - tout en menant des actions pour faire disparaître des photographies du genre de celles qui se sont échappées d’Abou Ghraïb. Et cela pourrait aussi expliquer pourquoi le Pentagone a approuvé la publication du dernier livre d’un ancien traducteur militaire, qui inclut des passages sur l’humiliation sexuelle de prisonniers, tout en lui interdisant de mentionner l’utilisation généralisée de chiens d’attaque. Cette utilisation stratégique des fuites d’informations, combinées avec des démentis officiels, induit un état d’esprit décrit par les Argentins comme le « savoir/ne pas savoir », un vestige de leur « sale guerre ».
« Manifestement, on encourage les agents des renseignements à cacher l’utilisation de méthodes illégales », selon Jameel Jaffer de l’ACLU [Union Américaine des Libertés Civiles - American Civil Liberties Union]. « D’un autre côté, quand ils utilisent la "restitution" et la torture comme menaces, il est indéniable qu’ils bénéficient, d’une certaine façon, du fait que les gens savent que les agents des renseignements sont prêts à agir illégalement. Ils bénéficient du fait que les gens comprennent la menace et la jugent crédible. »
Et les menaces ont bien été comprises. Dans une déclaration sous serment enregistrée dans le cadre d’une remise en question de la section 215 du Patriot Act déposée par l’ACLU, Nazih Hassan, président de l’Association de la Communauté Musulmane d’Ann Arbor, au Michigan, décrit ce nouveau climat. Les inscriptions et la participation ont baissé, les donations ont dégringolé, des membres de la direction ont démissionné - Hassan dit que ses membres craignent de faire quoi que ce soit qui pourrait leur valoir l’inscription de leur nom sur une liste. Un membre a témoigné anonymement qu’il a « cessé de s’exprimer sur des sujets politiques ou sociaux », parce qu’il ne veut pas attirer l’attention.
Voici le vrai but de la torture : de terroriser - pas seulement les personnes qui sont dans les cages de Guantanamo ou dans les cellules d’isolement de Syrie, mais aussi, et surtout, l’ensemble de la communauté qui est informée de ces abus. La torture est une machine créée pour briser la volonté de résister - la volonté du prisonnier et la volonté collective.
Cette affirmation n’est pas controversée. En 2001, l’ONG américaine des Médecins pour les Droits de l’Homme a publié un manuel sur la manière de traiter les survivants de la torture, qui notait : « Les tortionnaires essayent souvent de justifier leurs actes de torture et de mauvais traitements par leur besoin de rassembler des informations. De telles conceptualisations voilent le but réel de la torture... Le but de la torture est de déshumaniser la victime, briser sa volonté et en même temps, en faire un exemple horrifiant pour ceux qui sont en contact avec la victime. De cette manière, la torture peut briser ou porter atteinte à la volonté et la cohésion de communautés entières. »
Cependant, malgré ces connaissances, on continue de débattre de la torture aux États-Unis comme s’il s’agissait seulement d’une méthode moralement questionnable d’extraire de l’information, et non pas d’un instrument de terreur de l’État. Mais il y a un problème : Personne n’affirme que la torture est un outil d’enquête efficace - surtout pas les personnes qui la pratiquent. La torture « ne marche pas. Il y a de meilleures façons de gérer les détenus », comme le disait le directeur de la CIA Porter Goss à la Commission de Renseignement du Sénat le 16 février. Et un rapport récemment déclassé par un officiel du FBI à Guantanamo affirme que la coercition extrême n’a produit « rien de plus que ce que le FBI a obtenu en utilisant de simples techniques d’interrogatoires. » Le propre manuel de terrain de l’armée sur les interrogatoires affirme que la force « peut pousser la personne interrogée à dire n’importe quelle chose qu’elle pense que l’interrogateur veut entendre ».
Et malgré cela, les abus continuent - l’Ouzbékistan est maintenant le nouveau point chaud pour les extraditions ; le « modèle El Salvador » importé en Irak. Finalement, la seule explication rationnelle de la popularité persistante de la torture vient d’une source inattendue. On a demandé à Lynndie England, la bouc émissaire pour Abou Ghraïb, à l’occasion de son procès expédié, pourquoi elle et ses collègues ont forcé des prisonniers nus à former une pyramide humaine. « C’était un moyen pour les contrôler », a-t-elle répliqué.
Exactement. Comme outil d’interrogatoires, la torture est un échec complet. Mais quand il s’agit de contrôle social, rien ne marche aussi bien que la torture.
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