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26/03/2010

Relier les points : meurtre de masse en Haïti, avions fous dans les cieux. Edit Link

Éditeurs SOTT
sott.net
Mardi 9 février 2010


© Associated Press

Invasion par les faucons de pacotille : les troupes étasuniennes atterrissent sur la pelouse du palais présidentiel à Port-au-Prince après sa destruction par une frappe chirurgicale.


Cela fait un an qu’Obama est arrivé au pouvoir dans une vague d’euphorie, beaucoup espéraient qu’il les soulagerait en ces temps difficiles. Il a bien apporté l’espoir pour certains mais pas pour l’humanité. Il a bien apporté le changement, mais malheureusement pour le pire. Derrière l’image minutieusement élaborée d’un homme de paix, derrière l’apparence finement voilée des bonnes intentions, les forces des ténèbres ont utilisé la machinerie gouvernementale étasunienne comme une arme de destruction massive.

Dans le Relier les points de ce mois nous constatons comment, en un seul coup, l’empire du mal a décimé et envahi un pays de plus. La guerre environnementale et la guerre informatique sont passées au premier plan et se sont unies avec les drones tueurs sur la ligne de front de la quête menée par le Pentagone pour une domination totale. Le cadeau spécial d’Al-Qaeda pour Noël a été suivi par une vague de répliques hystériques au cours de janvier qui ont de sinistres implications à de nombreux niveaux.

Avec en toile de fond un climat polaire sur tout l’hémisphère Nord l’édifice du réchauffement planétaire est en train de s’effondrer. La collusion entre les gouvernements des grands pays et les grandes entreprises pharmaceutiques visant à nous vacciner contre une pandémie inexistante masque la seule vraie pandémie qui menace l’humanité : les psychopathes et leurs lots d’assassinats ciblés, guerres, torture, vaccins toxiques…et puis rendent l’humanité responsable de leurs conséquences. Aucun vaccin ne peut protéger nos esprits, seule la conscience de la présence de prédateurs parmi nous le peut. La « grippe porcine » semble s’être estompée, mais les porcs sont toujours parmi nous.

Si en 2010 les événements continuent à ce rythme, alors l’humanité va connaître des moments difficiles. Tenez bon pendant que nous naviguons à travers ce mois de janvier.


Haïti : Meutre & associés


La joie du Nouvel An s’est transformée en désespoir face à la longue souffrance des Haïtiens touchés par un séisme d’une magnitude de 7 parfaitement centré sur Port-au-Prince et qui l’a détruite le 12 janvier. La situation critique d’Haïti écrasé par la domination que les États-Unis exercent sur ses nations satellites avait été quasiment oubliée par un monde absorbé par le cirque médiatique de la guerre contre la terreur. Ce désastre total a fait au moins 150 000 morts et a laissé des centaines de milliers de personnes sans eau, sans nourriture et sans aide médicale. En décembre, Glen Ford a fait un point sur la politique étasunienne en Haïti sous l’ère du président du non-changement [allusion à Obama et au leitmotiv de sa campagne : le changement - NdT] :

La présidence de Barack Obama était censée marquer une nouvelle ère dans la politique internationale des États-Unis, y compris l’Amérique latine, qui s’était manifestement opposé aux provocations, à l’oppression et aux coups d’État de Georges Bush. Ce qui est apparu sous Obama n’est pas une inversion de la politique impérialiste menée sur le continent américain par les États-Unis, mais un ajustement cosmétique. Le président Obama a beaucoup moins recours à un langage belliqueux que son prédécesseur, mais il utilise tous les subterfuges et tromperies imaginables pour maintenir la domination étasunienne dans la région. Et comme tous les tyrans qui ont essuyé un revers, il tente d’instiller la peur dans cet hémisphère en s’attaquant aux pays les plus petits.

La semaine dernière le parti du président Aristide s’est vu interdire la participation aux élections législatives haïtiennes prévues en février. La commission électorale contrôlée par l’oligarchie a prétendu que le parti n’avait pas correctement rempli certains documents. En juin dernier, seulement 10 % de la population a participé aux élections dont le parti d’Aristide était exclu.

Ces deux simulacres d’élections révèlent la véritable nature de la politique menée par Obama dans les démocraties du continent américain. Partout où les États-Unis ont le pouvoir de faire dérailler le processus démocratique, ils le font, et puis ils attendent patiemment qu’une nouvelle opportunité de poignarder leurs voisins dans le dos se présente.

 


© Eduardo Munoz / Reuters

3 février, un Haïtien fait des gâteaux avec de la boue pour les vendre dans le quartier de Cité Soleil à Port-au-Prince. Élaborés à partir de terre, de sel et d’huile végétale, ces gâteaux constituaient déjà l’une des rares options possibles pour les plus démunis en Haïti même avant le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier.

Combien d’entre vous se sont posé la question que nous nous la sommes posée : « Qu’est-ce que les Haïtiens ont fait pour mériter cela ? » Ils ont été battus, maltraités, exploités et négligés depuis l’époque où les Européens ont éradiqué les autochtones pour les remplacer par des Africains enlevés dans leur pays natal et qui à ce jour sont toujours esclaves en Haïti.

Même avant le tremblement de terre, la plupart des Haïtiens n’avaient pas d’eau courante, d’électricité ou de toilettes rudimentaires. 75 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, et 56 % – 4,5 millions de personnes – vivent avec moins de 1 dollar par jour. D’après l’UNICEF, le 11 janvier il y avait déjà 380 000 orphelins pour une population de 9 millions d’habitants. Le contrôle exercé par le FMI sur l’économie a décimé la production de nourriture, forçant le pays à dépendre de l’importation de céréales venant des États-Unis. Une force de « maintien de la paix » de l’ONU a pris le relais des soldats étasuniens sur place depuis 2004 date de la dernière intervention étasunienne, où Bush avait autorisé l’intervention de mercenaires entraînés par les États-Unis contre Jean-Bertrand Aristide pour avoir osé adopter des mesures mineures visant à améliorer la qualité de vie des Haïtiens. En fait, c’était le deuxième Bush à prendre cette décision. Son père était président lorsqu’Aristide fut évincé au cours d’un coup d’État fomenté par la CIA en 1991. Bien que l’ONU ait été critiquée lorsqu’elle a ignoré « les agissements de » la police nationale haïtienne (une autre promotion des escadrons de la mort entraînés par les États-Unis et œuvrant pour le compte des élites criminelles d’Haïti), l’horrible vérité est que depuis le coup d’État de 2004 l’ONU a été directement impliquée dans l’assassinat ciblé de membres du parti Lavalas dirigé par Aristide et a brisé des manifestations populaires en tuant impudemment des manifestants en plein jour

Finian Cunningham a écrit dans le Gulf Daily News:

Pouvez-vous imaginer combien de vies humaines auraient pu être sauves à l’occasion du tremblement de terre haïtien si une fraction de l’argent dilapidé dans des guerres futiles avait été investie dans le développement économique et social de ce pays ?

Bien sûr, la morale et la logique pleine de sensibilité de cette idée ne s’appliquent pas dans un monde dirigé par la politique internationale de Washington. Cela provient des impératifs et de la logique du capitalisme dominé par les États-Unis, qui nécessite que des pays comme Haïti soient maintenus dans un état de pauvreté au nom des profits d’entreprises et qui nécessitent de focaliser le peuple sur des menaces illusoires afin de dissimuler son besoin de contrôler les ressources géopolitiques (principalement énergétiques). Voilà le véritable visage du système économique que Washington et ses alliés imposent au monde. Et Haïti a retiré le masque de cet horrible visage.

Les médias occidentaux n’ont pas perdu de temps pour tenter de remettre le masque. Les Haïtiens, sous le choc, étaient encore en train de courir en tout sens, couverts de sang et de boue, à la recherche de leurs proches, lorsque les officines médiatiques (majoritairement étasuniennes) ont repris le scénario fictif utilisé à la Nouvelle-Orléans suite à l’ouragan Katrina, faisant un battage énorme autour d’imaginaires « gangs de maraudeurs armés de machettes » et « pillards » saccageant Port-au-Prince. D’après les témoins sur place, les gens étaient généralement coopératifs dans leurs efforts visant à sauver les biens qui pouvaient l’être afin d’assurer leur survie.



© AFP/Getty Images

Les casques bleus de l’ONU continuent comme avant le tremblement de terre… sauf que maintenant ils utilisent des gaz lacrymogènes à la place des balles (avec le monde entier qui regarde et tout ça).

Au milieu de toute cette souffrance, une entreprise étasunienne affrétant des paquebots a maintenu ses croisières, acheminant de riches touristes dénués de conscience vers une plage privée et une jetée détenues par cette entreprise, où les passagers ont débarqué pour une journée de farniente, de fête et de cocktails devant le coucher de Soleil. Que de volonté faut-il pour ignorer l’océan de souffrances juste derrière les clôtures électrifiées et les gardes armés protégeant votre « petit coin de paradis ». Le croisiériste Royal Caribbean, qui a acheté cette plage grâce au pouvoir de persuasion de Bill Clinton, l’a baptisée « Labadee® », en mémoire du Marquis de Labadie, propriétaire d’esclaves qui s’établit en Haïti au XVIIe siècle. Par conséquent, il n’est pas étonnant que ni le croisiériste ni ses clients n’aient ressenti la moindre crise de conscience – dans la mesure où il est juste naturel que les psychopathes et les esclavagistes modernes par procuration s’identifient à leurs ancêtres.

Le lendemain du tremblement de terre des médecins cubains étaient sur les lieux, les Gazaouis frappés par la pauvreté ont donné ce qu’ils pouvaient, la Chine a envoyé des équipes de secours d’urgence, tandis que la plus grande démocratie de la planète envoyait des scientologues, des bibles audio alimentées par énergie solaire (qui peuvent « diffuser les saintes Écritures en Créole haïtien à plus de 300 personnes à la fois ») et des armes. Des tas de grosses armes. Nous savions ce qui se profilait lorsqu’il est apparu que la flotte de navires de guerre, de porte-avions et d’hélicoptères étasuniens étaient remplis d’armes et de munitions, et non pas de nourriture, d’eau ou de médicaments dont le besoin était si pressant. Sûrement seul un cerveau psychopathique pourrait envoyer 10 000 soldats dans ce cauchemar ? Le gouvernement français a élevé la voix lorsque les soldats étasuniens « ont sécurisé » le principal aéroport d’Haïti et ont commencé à détourner les appareils qui apportaient de l’aide. Tout à coup l’empire étasunien a envahi et occupé un pays de plus (encore un autre). Pour couronner le tout, l’ONU a envoyé 3 500 forces de « maintien de la paix » supplémentaires pour éviter que les Haïtiens ne s’organisent pendant cette période flottement du pouvoir. Avec l’aide humanitaire bloquée à l’aéroport Toussaint [aéroport de Port-au-Prince – NdT] et les rues couvertes de cadavres en putréfaction et des bâtiments penchant précairement, une forte réplique d’une magnitude de 6.1 a renforcé la terreur parmi les survivants.

La destruction des coupe-gorges de Port-au-Prince a révélé les brutales répercussions de 100 ans de domination étasunienne par procuration. Les enfants discrètement vendus à des familles plus riches en échange d’argent et d’une promesse qu’il sera élevé dans un environnement plus confortable sont localement connus sous le nom de Restaveks (du français « rester avec »). Invariablement, ils finissent esclaves – souvent ils se retrouvent littéralement enchaînés dans la demeure de leur maître – et traités comme des animaux. Avant le tremblement de terre, le nombre d’enfants esclaves était estimé à 300 000 à ajouter aux 400 000 orphelins. Désormais une campagne d’adoption gratuite ouverte à tous s’organise tandis que l’UNICEF estime qu’un million d’enfants supplémentaires ont perdu leurs parents. Avec un gouvernement haïtien quasiment absent, les gouvernements étrangers et les agences internationales d’adoption ont transféré par avion depuis Haïti vers les pays occidentaux, principalement les États-Unis, des enfants kidnappés dans des camps, des centres médicaux et des refuges. Il s’agit d’une pratique totalement illégale puisque les conventions internationales imposent une période minimum de deux ans pour que les parents réclament leurs enfants suite à un désastre. La voie est grande ouverte pour que les prédateurs de tout genre fassent un festin sur le compte d’un pays traumatisé et rempli d’enfants perdus. Nombre d’entre eux seront vendus pour la somme dérisoire de 50 dollars et deviendront des Restaveks ou des enfants prostitués destinés au commerce sexuel dans les Caraïbes et au-delà.



© Nicolas Garcia/AP
Les agences de l’ONU en Haïti ont entamé une campagne de vaccinations multiples, apparemment pour prévenir d’éventuelles épidémies…

D’ores et déjà un groupe de 10 étasuniens appartenant à New Life Children’s Refuge, une organisation basée dans l’Idaho, a été pris en train de faire passer illégalement 33 enfants à travers la frontière entre Haïti et la République Dominicaine, où il projetait de placer 100 enfants dans un « orphelinat » qui n’est même pas encore construit. Le groupe prétendait que les enfants qu’il avait trouvés étaient abandonnés, mais lorsqu’ils ont été auditionnés, certains des enfants ont déclaré que leurs ravisseurs avaient téléphoné au domicile de différentes personnes et qu’ils avaient offert de prendre les enfants que leur famille ne pouvait nourrir. Les dangers que courent ces enfants sont illustrés par la récente inculpation dans le Connecticut de Douglas Perlitz, fondateur du Projet Pierre Toussaint, accusé d’avoir attiré au moins 18 enfants avec des cadeaux et puis de les avoir agressés sexuellement dans une école qu’il a établie en Haïti.

Les forces étasuniennes ont pris le contrôle des vestiges du palais présidentiel, de trois autres aéroports du pays et ils ont mis en place un blocus naval d’Haïti empêchant les gens de fuir par la mer. Par-dessus le tout, Obama a déployé 10 000 troupes supplémentaires. Où trouve-t-il tous ces soldats disponibles ? L’armée étasunienne n’est-elle pas en manque d’effectifs avec les aventures coloniales qu’elle mène dans d’autres régions ?

Ce n’est pas la première fois au cours de l’Histoire récente que cela se produit. Trois ans de dictature militaire suivirent le coup d’État de 1991 avant que l’ « humanitaire » président Clinton, envoie 20 000 soldats étasuniens de « maintien de la paix » en Haïti en 1994. Comme Michel Chossudovsky l’explique, « l’intervention des militaires étasuniens n’était pas destinée à rétablir la démocratie. Bien au contraire : elle fut décidée afin de prévenir une insurrection populaire contre la junte militaire et ses acolytes néolibéraux. »

Quel sens de l’humour nauséabond a conduit Obama à envoyer Bush II et Clinton en tant qu’ « envoyés humanitaires spéciaux » dans un pays couvert de ruines largement dues aux actions autorisées par ces deux mêmes psychopathes pendant la dynastie qu’ils ont partagée à la barre figurative du navire impérial. Les sous-traitants du Pentagone et les capitalistes du désastre se sont alignés derrière la prise de contrôle militaire, offrant « des escortes armées pour les cargaisons » et « la fin des menaces majeures » dues aux « pillards » et à « l’agitation des travailleurs », tandis que le déploiement des 100 000 maisons mobiles remplies de formaldéhyde ayant accueilli les rescapés de Katrina était sérieusement envisagé.


© Inconnu
Êtes-vous des agents de Blackwater déguisés ? Les forces d’occupation étasuniennes patrouillent dans Port-au-Prince

Et que faisait donc l’armée israélienne en Haïti ? Se pourrait-il que l’État fasciste d’Israël ait réellement voulu aider des êtres humains dans le besoin ? Israël a mis en place des hôpitaux de campagne spécialisés dans les soins d’urgence et équipés d’appareils médicaux de haute technologie afin de réaliser des interventions chirurgicales deux fois plus vite, ce qui a amené le quotidien israélien Maariv à se réjouir du désastre haïtien qui est « une bonne chose pour les Juifs. »

Les médias occidentaux ont suivi en louant la généreuse réaction israélienne, obérant soigneusement le comportement des troupes israéliennes « à la maison » : à Gaza et dans les territoires occupés, où les interventions chirurgicales pratiquées par l’armée israélienne sont notoirement efficaces.

Comme si tout cela n’était pas assez sinistre, la CIA a introduit sa singulière technique dépourvue de conscience permettant le contrôle des foules : des drones surveillant les cieux au-dessus de la zone de la catastrophe, tandis que l’USAID qui constitue son organisation sœur à « façade amicale » a pris le commandement de la distribution de nourriture, ordonnant à un moment aux soldats étasuniens d’interrompre la remise des rations tant qu’elles ne respecteraient pas les « procédures opérationnelles ».

Quel scénario l’armée et les services secrets étasuniens suivent-ils ici ? Il s’agit d’un scénario très particulier préparé à l’avance : Un « plan de crise suite à une catastrophe » en Haïti avait été envisagé par l’armée étasunienne la veille du tremblement de terre. Il se trouve que la DISA, l’Agence des systèmes d’information de défense du Pentagone (Defense Information Systems Agency) était dans les locaux du Centre de commandement américain Sud (U.S. Southern Command) basé à Miami afin de mener une « simulation » consistant à apporter de l’aide à Haïti suite à un cyclone. Le lendemain se produisait le tremblement de terre, et le commandement Sud décida d’appliquer « en vrai » le système de réponse militaire intégré qu’il était censé « tester ». Cela vous rappelle quelque chose ? L’opération Vigilant Guardian du 11 septembre ? Les exercices dans le métro londonien le 7 juillet ?

L’imposante et hautement coordonnée réponse militaire des États-Unis fait sens si un seul « changement » était nécessaire pour mobiliser 20 000 soldats, un porte-avions, le navire-prison USS Bataan, des drones de la CIA, et une grande variété d’équipements de haute technologie dans ce qui constitue immanquablement un plan d’invasion sophistiqué. D’autres révélations aggravent les sinistres implications de l’ « exercice » du Pentagone. Le général de corps d’armée Ken Keen, sous-directeur du commandement américain Sud, a pris un vol pour Port-au-Prince le 12 au matin et à 17 h 00, au moment où le tremblement de terre s’est produit, il était dehors avec toute son équipe d’officiers à l’exception d’un seul. Keen supervise désormais les opérations militaires étasuniennes en tant que commandant du corps expéditionnaire conjoint en Haïti. Selon le Times, le gouvernement britannique a retiré ses navires situés dans les Caraïbes une semaine seulement avant le tremblement de terre, ceci étant « la première fois depuis le XVIIe siècle que la Royal Navy connait une absence significative dans cette région. » La petite île d’Haïti héberge la 4e plus grande ambassade au sein de l’empire étasunien, une forteresse gigantesque faite pour résister aux tremblements de terre et déménagée loin de la ville après le coup d’État de 2004. La nouvelle « ambassade » se trouve désormais dans la banlieue de Tabarre, située comme par hasard à proximité de l’aéroport international Toussaint Louverture


© Daryl Cagle

Pour quelle raison les États-Unis pourraient-ils vouloir une telle ambassade ? Hugo Chavez connaît la réponse : Haïti offre aux États-Unis une position stratégique idéale pour lancer des attaques contre le Vénézuéla. Entourée par les bases étasuniennes de Guantanamo et Puerto Rico, l’île d’Hispaniola fournit aux États-Unis la plateforme de lancement nécessaire à ses aventures impériales en Amérique Latine. À l’instar de la plupart des autres gouvernements, Chavez sait probablement que le tremblement de terre a été délibérément provoqué suite aux ordres des pouvoirs en place qui gèrent l’état de sécurité nationale étasunien, sans que la Maison Blanche en soit forcément informée. Initialement le président vénézuélien a déclaré que les États-Unis utilisaient le tremblement de terre en Haïti comme prétexte pour envahir le pays mais ensuite il a déclaré que les États-Unis avaient provoqué le séisme à l’aide d’une « arme tectonique ». Sa source présumée était un rapport de la flotte Nord russe affirmant que le test d’une « arme sismique » par la marine étasunienne, afin d’être ultérieurement utilisée contre l’Iran, avait «particulièrement mal tourné ». Cette histoire de « test lié à HAARP qui a mal tourné » est probablement de la désinformation ayant pour objectif de déformer le signal émergeant du chaos ambiant et selon lequel le gouvernement secret au sein de la structure hiérarchique des États-Unis a tout à fait délibérément planifié le meurtre de centaines de milliers d’Haïtiens pour atteindre ses fins et réduire toute opposition au silence.
Voici comment l’Agence France-Presse a décrit la décision de la Maison Blanche quant à l’envoi de ses 10 000 premiers soldats en Haïti :

« Mercredi Obama a ordonné un effort rapide ‘coordonné et agressif visant à sauver des vies,’ en Haïti suite au tremblement de terre meurtrier, tandis qu’une importante mission humanitaire étasunienne se mettait en branle, réunissant soldats, navires, avions et équipes de sauvetage. »

 


© Felix Evens / Reuters

Les soldats étasuniens n’ont pas perdu de temps pour « protéger les propriétés privées » des « pillards »

Un « tremblement de terre » meurtrier ? Mère nature « tue » des gens, mais elle ne choisit pas de commettre des « meurtres » ! Est-ce la manière dont les services secrets français nous informent que ce séisme n’était pas naturel ? Est-ce que l’avion d’Ethiopian Airlines qui s’est enflammé puis écrasé juste après son décollage de l’aéroport de Beyrouth le 24 janvier a quelque chose à voir avec cette affaire ? L’épouse de l’ambassadeur de France au Liban faisait partie d’un groupe d’officiels français tués dans ce « crash » tandis que le Times indique qu’il pourrait s’agir d’un sabotage. Trois jours avant l’ « accident », le Premier ministre libanais Saad Hariri rencontrait l’ambassadeur français pour discuter d’« une stabilisation » du Moyen-Orient, situation que certaines personnes ne souhaitent manifestement pas. Plus important encore, juste deux jours avant ce crash suspect, Hariri s’est rendu au palais de l’Élysée pour s’entendre avec le président Sarkozy sur une vente d’armes. Le « rapport de la flotte Nord russe » selon lequel les États-Unis ont « testé une arme sismique » en Haïti est sorti à ce moment-là. Les officiels français ayant rencontré le dirigeant libanais ont-ils été supprimés pour dissuader les services secrets français de révéler la responsabilité des États-Unis dans le tremblement de terre ? Ajouté à l’appel à une enquête de l’ONU sur l’invasion étasunienne lancé par Alain Joyandet, ministre français de la coopération et sa réprimande à l’encontre des États-Unis : « il s’agit d’aider Haïti, il ne s’agit pas d’occuper Haïti » on se demande quelle lutte entre services secrets se déroule dans l’ombre.

En plus de destituer Chavez et de (ré) établir l’hégémonie des États-Unis dans la région, prenant ainsi le contrôle des réserves de pétrole vénézuéliennes, Haïti et les eaux l’entourant pourraient receler d’importantes réserves de pétrole pas encore exploitées, tandis que la prospection d’or et de cuivre s’est révélée concluante.

Israël a certainement choisi un moment intéressant pour annoncer des « recherches en cours sur l’origine des tremblements de terre » conduites en générant des séismes, alors que le 7 février le Pentagone annonçait qu’il planifiait des « simulations de séismes » supplémentaires, qui débuteront en Alaska au cours de ce printemps.

Nous voyons que depuis le 11 septembre le gouvernement étasunien n’a aucun scrupule à éradiquer des pays entiers par « destruction créatrice » [théorie selon laquelle les « destructions créatrices » dont les crises sont des opportunités menant à des innovations, de nouveaux modes de fonctionnement – NdT], faisant des millions de morts et de blessés pour atteindre ses objectifs impérialistes et étancher sa soif de pétrole. Si le gouvernement étasunien avait les moyens de provoquer un tremblement de terre en un lieu donné, hésiterait-il à l’utiliser ? Nombreux sont ceux qui désignent HAARP comme le coupable probable, mais la grande quantité d’énergie nécessaire pour provoquer un tremblement de terre en un lieu donné pourrait nécessiter une méthode d’administration plus précise. Peut-être qu’un premier domaine où chercher est celui des armes spatiales. Le programme d’initiative de défense stratégique de Reagan aussi appelé « guerre des étoiles » n’est pas mort avec l’Union Soviétique. En fait, l’ « empire du mal » était la justification utilisée par le véritable empire du mal pour développer des technologies qui lui permettraient de régir la planète entière :

« La guerre environnementale est définie comme la modification ou la manipulation délibérée de l’écologie naturelle, telle que le climat et le temps, les systèmes naturels tels que l’ionosphère, la magnétosphère, les plaques tectoniques, et/ou le déclenchement d’événements sismiques (tremblements de terre) afin de provoquer délibérément la destruction physique, économique, psychosociale d’une cible géographique ou d’une population, dans le cadre d’une guerre stratégique ou tactique. » (Eco News)


© Ulises Rodríguez / EPA

Cruelle ironie : Un bus de transports publics avec une image du président étasunien Barack Obama traverse le centre du séisme dans le centre-ville de Port-au-Prince

Déjà en 1955, John von Neumann déclarait que « les interventions dans le domaine atmosphérique et climatique… vont se développer à un niveau difficile à imaginer aujourd’hui… ce qui va lier les affaires de chaque nation avec celles des autres, plus fermement qu’une menace nucléaire ou toute autre forme de guerre ne l’aurait pu. » En 1977, les nations de la planète étaient manifestement conscientes des dangereuses implications du développement de « techniques de modifications environnementales » mené par le Pentagone puisque l’assemblée générale des Nations-Unies ratifia une convention internationale interdisant « l’usage militaire ou tout autre usage hostile des techniques de modifications environnementales », qui sont définies comme « toute technique permettant de modifier – via la manipulation délibérée des processus naturels – la dynamique, la composition ou la structure de la Terre, y compris la faune, la flore, la lithosphère, l’hydrosphère et l’atmosphère ou l’espace. »

La déclaration du Pentagone sur sa capacité à modifier le temps sur Terre ou dans l’espace dans le cadre de son arsenal stratégique est publique (ou plutôt l’était jusqu’à ce que le rapport soit retiré d’Internet) :

« [Les modifications climatiques] offrent au belligérant une large variété d’options afin de vaincre ou de contraindre un adversaire… Les modifications climatiques feront partie de la sécurité nationale et internationale et pourront être utilisées unilatéralement… Elles pourront être utilisées à des fins offensives, défensives ou même dissuasives. La capacité de générer des précipitations, du brouillard et des orages autour de la planète ou même de modifier la météo dans l’espace… et la création d’une météo artificielle font toutes partie d’un ensemble intégré de technologies [militaires]. » (Rapport final du document AF 2025 de l’armée de l’air étasunienne US Air Force document AF 2025 Final Report)

En avril 1997, au cours d’une conférence sur le terrorisme, William Cohen le secrétaire à la Défense d’alors, répondant à la question d’un journaliste sans rapport avec ce sujet, glissa quelques remarques curieuses concernant le type d’armes à la disposition de ceux qui sont enclins à terroriser l’humanité. La conversation suivante est reprise mot pour mot d’une retranscription publiée sur le site Internet du département de la Défense que l’on pouvait trouver ici :

Q : Je voudrais spécifiquement vous poser une question sur la vague de panique qui s’est abattue ici à Washington la semaine dernière, et sur ce que nous pourrions avoir appris sur notre niveau de préparation concernant (inaudible), à B’nai Brith.

R : Hé bien, cela montre la nature de la menace. Il s’est révélé qu’il s’agissait d’une fausse menace dans de telles circonstances. Mais comme nous l’avons appris dans le milieu des services secrets, nous avions quelque chose appelé – et nous avons ici James Woolsey qui pourra peut-être répondre à cette question sur les taupes fantômes. La simple crainte qu’une taupe ait infiltré un service secret peut provoquer une réaction en chaîne et une traque de cette taupe-là qui peut paralyser l’agence pendant des semaines, des mois voire même des années pendant qu’on la recherche. La même chose s’applique pour la crainte infondée d’une menace concernant l’usage de quelque sorte d’arme chimique ou biologique. Par exemple, il existe certains rapports selon lesquels certains pays ont essayé de produire quelque chose qui ressemble au virus Ebola, et ce serait un phénomène très dangereux, c’est le moins qu’on puisse dire. Alvin Toeffler a décrit comment certains scientifiques essayent de concevoir dans leur laboratoire certains types de pathogènes ethno-spécifiques permettant d’éliminer uniquement certains groupes ethniques ou certaines races ; et d’autres développent des sortes de technologies, des sortes d’insectes pouvant détruire des cultures spécifiques. D’autres s’engagent même dans une forme de terrorisme écologique par lequel ils peuvent altérer le climat, provoquer des tremblements de terre et des éruptions volcaniques à distance à l’aide d’ondes électromagnétiques. Il y a donc un tas d’esprits ingénieux qui œuvrent à découvrir des moyens de répandre la terreur dans d’autres nations.

En effet.


Folie des voyages en avion


© Anonyme
Vous avez le droit de faire la queue

Avez-vous entendu celle du type qui monte à bord d’un avion avec une bombe dans ses sous-vêtements ? Certainement. À part nous donner une occasion de nous amuser de la propagande de la War on Terror®, l’épisode du pirate de l’air aux sous-vêtements piégés a été suivi ce mois-ci par un accès de folie énorme à propos des aéroports et des avions sur toute la planète.

Il était prévisible que la farce des sous-vêtements provoquerait des « mesures de sécurité » et des crises d’hystérie encore plus ridicules. De toute évidence, l’idée la plus exaspérante à laquelle ont pensé nos chers leaders est le scanneur corporel (alias strip-searcher ou pervscanner) comme si la sécurité des aéroports n’était pas déjà suffisamment humiliante. On nous dit que ces gadgets étaient opérationnels depuis longtemps mais étaient gardés en réserve à cause de « soucis d’intimité. » Mais la réelle question sous-jacente dont peu de gens parlent est que les scanneurs émettent des ondes térahertz qui, selon une étude réalisée au Laboratoire National de Los Alamos, pourrait « … dissocier la double hélice de l’ADN, créant ainsi des bulles dans la double hélice qui pourrait interférer significativement avec des processus comme l’expression génétique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Expression_g%C3%A9n%C3%A9tique)  et la réplication de l’ADN. » Ce n’est pas seulement une autre mauvaise plaisanterie à endurer avec notre stoïcisme habituel : c’est une attaque directe de la santé de la population et une preuve supplémentaire que notre bien-être, quels que soient leurs « soucis d’intimité » ou notre « sécurité », n’a jamais présenté d’intérêt à l’élite dirigeante. C’est une chose d’être totalement méprisé alors que notre dignité est piétinée ; c’en est une autre que votre ADN soit perturbé « pour votre protection. » Nous pouvons apprendre à nous adapter au premier ; mais assez tôt il n’y aura pas de moyen  d’éviter le second au cas où vous voudriez prendre l’avion pour aller quelque part.

Toute discussion des dommages causés par la machine à détruire l’ADN est obscurcie par un souci marginal concernant l’exposition aux rayonnements que présente son utilisation, ce qui semble être minime. Le faux débat détourne l’attention des gens vers l’indignation au sujet des soucis d’intimité qui, aussi justifiables soient-ils, sont moins importants en comparaison d’avoir son ADN réduit en pièces. Quoi qu’il en soit, quels que soient les soucis que peuvent avoir les gens, la pathocratie espère les étouffer avec l’histoire absurde du « bavardage d’Internet » sur les sites arabes qui a révélé qu’Al-Qaïda projette d’insérer des ‘bombes chirurgicales’ dans ses terroristes, pour les faire détoner avec une auto-injection par seringue hypodermique. Pouvons-nous suggérer aux commandants imaginaires de l’Al-Qaïda™ inexistant de ne pas s’inquiéter de ce genre de sophistication : les scanneurs corporels ne peuvent même pas détecter les explosifs en poudre.

Remarquez également que, tandis que les aéroports étasuniens offrent une fouille alternative de tout le corps par palpation, le Royaume Uni a refusé catégoriquement aux gens le choix d’éviter le déshabillage térahertz. Les aéroports d’Heathrow et de Manchester ont commencé à utiliser les scanneurs, ainsi que plus de 30 aéroports étasuniens, Amsterdam et dans d’autres grands aéroports européens, en dépit du fait que les législateurs de l’U.E. ne diffuseront qu’en avril leur étude sur les effets biologiques de cette sinistre technologie.


© Spyraal / artchemicalmatter.com

Plus de sécurité pour votre esprit

Il semble que les Pouvoirs en place considèrent les aéroports comme des terrains d’essai, comme des modèles de société du type de société mondiale dirigée par un contrôle extrême dont ils envisagent la mise en place dans chaque aspect de nos vies. Un papier confidentiel des autorités néerlandaises qui a été divulgué décrit un plan pour introduire des unités mobiles de ces zappeurs d’ADN lors d’événements publics comme des matchs de sport où de grandes foules sont amassées. Les aéroports sont le cauchemar en microcosme du Nouvel Ordre Mondial : des centres commerciaux d’une architecture froide où la surveillance totale est la norme, où chacun est suspect, et tout le monde un criminel sans les documents adéquats et un comportement totalement conformiste. À moins d’être un des surveillants, bien entendu. (Pour un aperçu de la manière dont les psychopathes et leurs cousins moins déviants vivront dans un système parallèle, regardez le manuel de dépistage de l’administration de la sécurité des transports US qui a été posté « par inadvertance » sur Internet et décrit les règles spéciales pour dépister les diplomates, les agents de la CIA, les policiers et les divers agents de la Pathocratie).

Alors que les voyages par avion continuent sur ce chemin, nous devons nous demander si le plan n’est pas d’arriver de façon graduelle à une interdiction complète ? Israël vient de mettre à niveau sa sécurité des voyages internationaux avec un nouveau système Hi-Tech de contrôle biométrique qui exige un prélèvement d’empreintes et une imagerie du visage, ainsi que la question des ‘cartes intelligentes’ à la place des cartes d’embarquement en papier. Ces ‘ingénieux’ Israéliens développent aussi un système qui projette des images et des symboles sur de grands écrans dans les aéroports que soi-disant seuls les terroristes reconnaîtraient et trahiraient ainsi leurs intentions ‘terroristes’ par de subtiles réactions comportementales. L’idée est que bien qu’ils puissent ne rien avoir fait, ils ont néanmoins pensé à faire quelque chose de criminel ! Mais bien entendu avec les aéroports qui rendent les gens de plus en plus nerveux, cette technologie piègera quiconque ayant une conscience parce que seuls les psychopathes peuvent rester calmes et échapper sans se faire remarquer aux scanneurs qui lisent le cerveau. Au fait, le nom de la société qui vend cette technologie est WeCU Technologies. We C U… Nous vous voyons (We see you) ? Oh, très futé. Diaboliquement intelligent.

Pour ne pas être surpassés dans le domaine du pré-crime, les technocrates allemands ont annoncé le développement d’un nouveau système de sécurité pour les aéroports qui implique un réseau de scanneurs laser et de détecteurs chimiques pour identifier les suspects. Les États-Unis ont annulé les visas de ceux suspectés de liens terroristes sans s’inquiéter de spécifier combien de visas avaient été annulés ou si les ‘liens’ suspectés étaient moins ténus que le soupçon de porter des sous-vêtements. De vagues incidents « liés à la sécurité » ont abouti à des réactions hystériques dans les avions et les aéroports en Inde, au Royaume Uni et aux États-Unis, où dans un cas, l’aéroport de Newark est devenu un chaos total avec des avions au départ bloqués au sol et des centaines de passagers forcés d’attendre un nouveau contrôle alors que tout le monde était évacué du terminal principal… tout cela parce qu’un homme avait été accidentellement au mauvais terminal et essayait de revenir sur ses pas. Apparemment, marcher dans la mauvaise direction d’un couloir à sens unique est maintenant considéré comme ‘terroriste’.

Avec ce niveau de contrôle obsessionnel, vous penseriez que rien en dehors des règles ne pourrait arriver près d’un aéroport – de toute façon pas un aéroport US – pourtant un sans-abri à réussi à voler et faire écraser un avion dans un aéroport municipal du Maryland, tandis qu’un citoyen français a acheté et piloté un avion en Floride mais fut accusé de vol et forcé d’atterrir par des avions militaires parce qu’il ne pouvait pas parler en anglais aux contrôleurs aériens !


© Fred R. Conrad/The New York Times

Michael Hicks, 8 ans, boy scout junior à Clifton au New Jersey, soupçonné de terrorisme

Un cas typique de ce que cette folie du contrôle peut faire aux êtres humains est celui de l’infortuné Mike Hicks âgé de 8 ans, qui se trouve avoir le même nom qu’une personne sur l’infâme ‘no-fly list’ (liste d’interdiction de vol – NdT) et a donc dû endurer un harcèlement à l’aéroport depuis l’âge de 2 ans. Dans un autre exemple glaçant de ce que les surveillants peuvent nous faire, un vol passant par Dublin avait été choisi pour amusement ; où huit « marchandises de contrebande » avaient été mises par des inconnus dans les bagages de passagers qui ne se doutaient de rien à l’aéroport de Bratislava en Slovaquie. Sept ont été détectés par la sécurité de l’aéroport, mais la huitième – 90g d’explosif prototype ou d’hexogène, pas moins ! – avait été mis dans le bagage d’un électricien slovaque qui vit à Dublin et n’avait pas été trouvé jusqu’à ce qu’il reçoive un coup de fil amical de la police de Dublin pour confirmer qu’il était bien revenu chez lui. On ne lui dit rien d’autre jusqu’à ce qu’un raid de police massif impose l’évacuation de toute sa rue dans le centre de la ville. Imaginez maintenant l’histoire de couverture au parfum de terreur si les explosifs avaient accidentellement explosé. Pensez aussi aux implications de ce petit incident pour chacun de nous. Avec quelle facilité deviendrions-nous tous des kamikazes involontaires si les marionnettistes le décidaient ? Les précédents attentats terroristes ont-ils été fabriqués de cette manière ? Ou bien les faiseurs de troubles ont-ils un ‘petit quelque chose’ mis dans leur bagage, leur accordant des vacances prolongées au Guantanamo Beach Resort ?

Il y a eu un autre fil de haute étrangeté concernant les aéroports et le transport en général qui semble être relié à un nombre élevé de coupures de courant ce mois-ci, dont certaines sont expliquées par des causes naturelles, comme le temps, mais d’autres qui restent un mystère. Bien que nous n’ayons pas d’explication pour ceux-ci, nous avons remarqué dans le passé que ces événements similaires qui se produisent de façon rapprochée, mais en divers endroits distincts, tendent à signaler que les choses sont sur le point de devenir très intéressantes.

Souvenez-vous, ce sont juste des cas du mois précédent :

L’accident d’avion le plus mortel du mois a été le crash dans la Mer Méditerranée du vol Ethiopian Airlines 409 en provenance de Beyrouth. Le Boeing 737 a été décrit par les témoins comme « du feu tombant du ciel ». Marla Pietton, épouse de l’ambassadeur français au Liban était à bord. L’armée libanaise a déclaré que l’avion était en feu peu après le décollage, tandis qu’un représentant officiel a ajouté que certains témoins ont rapporté que l’avion s’est cassé en trois morceaux. Avec tous ces éléments d’information, il est curieux que le président libanais Michel Suleiman ait écarté immédiatement le sabotage – contredisant d’autres rapports qui suggéraient immédiatement un sabotage ou « ne l’avaient pas écarté. » Peut-être que Suleiman voulait éviter par avance la conclusion inconfortable et probable. En supposant un moment qu’il y a eu délit, si l’épouse de l’ambassadeur de la France était la cible, qui envoyait un message à la France, et pourquoi ?

On a retrouvé la boîte noire mais n’espérez pas que la vérité soit dite.


Cyberguerre contre la Chine

À la fin de 2007, le directeur général du MI5 du Royaume Uni a envoyé une lettre à 300 PDG et chefs de sécurité britanniques les avertissant d’être sur leurs gardes au sujet de « pirates informatiques chinois sponsorisés par le gouvernement qui exécutaient des attaques de surveillance électronique. » Ce mois-ci, Google Inc, suivant une « consultation étroite avec le département d’État des États-Unis »,

a relevé le défi de la Chine en disant qu’il ne voulait plus censurer les résultats de recherche sur son service chinois.

Le premier moteur de recherche au monde a déclaré que la décision faisait suite à une cyberattaque qui visait, le croit-il,  à récolter des informations sur les activistes des droits de l’homme chinois.


© Budi Putra

Saisie d’écran de Baidu (moteur de recherche chinois le plus populaire) après qu’il ait été piraté par… hum, des ‘cyberterroristes iraniens’

Menés par un tollé des médias étasuniens, les commentateurs ont encensé la noble décision de Google de prendre position pour les droits individuels quand la société monstre a accusé ce mois-ci le gouvernement chinois de lancer une cyberattaque qui lui permettait de pirater les comptes Gmail de « douzaines d’activistes des droits de l’homme » en Chine, en Europe et aux États-Unis. Le diable dans les détails était qu’il n’y avait pas des « douzaines » mais juste deux comptes Gmail piratés « très probablement par suite d’attaques d’hameçonnage ou de logiciels malicieux » qui étaient limités à acquérir des informations de base comme la date de création du compte Gmail, plutôt que le contenu des courriels en eux-mêmes. De plus, ces deux comptes ont été piratés en réalité en décembre, néanmoins Google a choisi de le rendre public le 13 janvier, le jour même où son concurrent Baidu, le moteur de recherche le plus populaire en Chine, subissait une réelle cyberattaque paralysante qui l’a mis hors service pendant 4 heures. La page d’accueil de Baidu a été redirigée sur « l’Iranian Cyber Army » (Cyberarmée iranienne) qui revendiquait l’attaque !

Il semble que [Baidu] a eu son DNS piraté par « l’Iranian cyber Army », les mêmes types qui ont piraté Twitter il y a quelques semaines. Le processus, appelé contamination du cache DNS, est la corruption d’une table de système de noms de domaine d’un serveur Internet en remplaçant une adresse Internet par celle d’un autre, une adresse malhonnête, dans ce cas celle que l’Iranian Cyber Army veut que vous voyiez.

L’implication évidente (et ridicule) fut que l’attaque venait d’Iran. Suite à une enquête, Baidu a intenté un procès pour dommages dans un tribunal de New York contre son fournisseur de service d’enregistrement de nom de domaine, Register.com Inc, qui est accusé de logiciel « modifiant illégalement et malicieusement » derrière son domaine, entrainant une contamination du cache DNS qui a corrompu le système de nom de domaine de Baidu. Incidemment, Larry Kutscher, PDG de Register.com a été dans le passé directeur général de la Gestion des Richesses chez Goldman Sachs.

Bien entendu, cela a été complètement ignoré par les médias occidentaux qui ont encensé la prise de position de Google contre les méchants censeurs gouvernementaux communistes chinois. Oui, la Chine n’autorise pas Twitter dans ses réseaux, mais qui peut les blâmer étant donné ses capacités de cheval de Troie visibles dans les « révolutions douces » de la CIA en Moldavie et en Iran ? La Chine sait que le concept de la « liberté d’expression » de certains gouvernements se résume à une couverture pour bombarder les pays visés avec une propagande fabriquée conçue pour semer la discorde et dévergonder les populations. Ce que condamnent Google, le gouvernement US et les médias occidentaux comme « censure croissante », le gouvernement chinois dit que c’est son droit de protéger ses réseaux d’une influence malveillante. Écoutons la version chinoise de l’histoire :

Vendredi, la Chine a écarté fermement les accusations des États-Unis à propos de Pékin restreignant la liberté d’Internet et avertissant que ces revendications étaient dommageables aux relations entre les deux nations.

« Les États-Unis ont critiqué la politique chinoise d’administrer l’Internet et ont insinué que la Chine restreint la liberté d’Internet, » a déclaré Ma Zhaoxu, porte-parole du ministre des Affaires étrangères. « L’Internet de la Chine est ouvert et géré selon la loi.”
[…]
Fu Mengzi, un chercheur des Instituts chinois pour les Relations contemporaines internationales, a déclaré que les nations souveraines doivent superviser le contenu d’Internet pour maintenir la sécurité sociale.

« Chaque pays a les droits de protéger sa sécurité nationale et les États-Unis ne font pas exception, » a-t-il affirmé, en ajoutant que les citoyens chinois du net ont suffisamment d’accès aux informations dont ils ont besoin en accord avec les lois.

Ce que la Chine a fait est de sauvegarder la sécurité du flux de l’information sur Internet, a-t/il dit.

« Il est faux d’établir une fausse dichotomie entre la liberté d’Internet et la supervision, » a-t-il ajouté.

Fu a aussi fait remarquer que Google a violé les lois chinoises en fournissant des liens vers des sites pornographiques et en enfreignant les droits de la propriété intellectuelle.

 


© Anonyme

Le gouvernement chinois, comme tous les centres de pouvoir, est manifestement ponérisé, mais le plus intéressant que nous ayons entendu est la propagande centrée sur les États-Unis via des outils dociles comme Google. L’establishment psychopathique US accusant la Chine de faire ce qu’il fait lui-même, démontre nettement cette dissonance. Google a accusé plus tard les « pirates chinois » de cyberattaques contre 20 autres grandes sociétés, pourtant aucune d’entre elles n’a choisi de se manifester et de confirmer ce point. Puis le Washington Post a augmenté l’hystérie en prétendant que 34 sociétés avaient été attaquées, y compris les marchands de morts Northrop Gruman, et que cela faisait partie d’une vaste campagne d’espionnage chinoise. Tout ceci était de la fiction bien sûr, fournie par des « sources industrielles et le Congrès, » une Peur Rouge moderne créée pour justifier l’attaque de « l’ennemi. »

Au moment où Hillary Clinton s’est manifestée pour soutenir publiquement les accusations spécieuses de Google, la puanteur de l’hypocrisie atteignait des niveaux insupportables. L’État de sécurité nationale US surveille habituellement toutes les communications électroniques, pas uniquement aux États-Unis, mais partout où vont ses tentacules de surveillance globale.  Nous avons une expérience directe de la censure de Google, où les résultats de recherche de Sott.net étaient régulièrement omis des listings de Google. Et en ce qui concerne Google StreetCam ? Google s’en fiche « d’enlever les restrictions de censure » ; tout ce dont il se soucie est de supprimer les entraves à la propriété de toute information, tout en servant ses maîtres en même temps. C’est ce que le PDG de Google, Eric Schmidt, noble patriote qu’il est, pense réellement de votre vie privée :

« Si vous avez quelque chose que vous voulez que personne ne sache, peut-être que vous ne devriez pas le faire en premier lieu. […] Si vous avez réellement besoin de ce genre de vie privée, la réalité est que les moteurs de recherche – y compris Google – gardent cette information pendant quelque temps et il est important de se souvenir, par exemple, qu’aux États-Unis nous sommes tous sujets au Patriot Act et il est possible que toutes ces informations puissent être rendues disponibles aux autorités. »

La quête de Google pour la domination mondiale avance sans entraves dans la sphère d’influence de l’empire US (démontré récemment par un amendement proposé au Royaume Uni qui accorderait essentiellement à Google une immunité de copyright sous la loi anglaise)  mais lutte pour pénétrer la part de marché de 77 % de Baidu en Chine. Et c’est là où se raccordent les intérêts de Google et du gouvernement US.

La dernière fois qu’une vague de cyberattaques » contre des cibles étasuniennes a été attribuée à un pays du Sud-Est asiatique, il est apparu rapidement que la source des attaques remontaient à des serveurs au Royaume Uni. La nouvelle cyberarmée multi-agences du Pentagone, « CyberCommand », venait d’entrer en ligne juste avant les attaques, il semble donc raisonnable de suggérer que c’était un test de ses capacités. Nous suggérons que cet enthousiasme soudain de Google pour le gouvernement chinois ce mois-ci était synchronisé comme un leurre pendant que le CyberCommand lançait sa première attaque en temps réel contre Baidu en utilisant « l’Iranian Cyber Army » comme mandataire de faux drapeau.

© scroogle.org

NSA et Google fusionnés en une seule entité… ou bien étaient-ils tout le temps dans la même équipe ?

Cette vengeance des États-Unis était-elle due au fait d’avoir été complètement éclipsés par les Chinois à la conférence de Copenhague en décembre, peut-être ? Ou bien une démonstration de force en face de la réticence chinoise à approuver des sanctions contre l’Iran ? Insouciante, la Chine a répondu à la provocation implacable de la meilleure manière possible ; avec la vérité :

“Derrière ce que l’Amérique appelle la liberté d’expression se trouve une machination politique brute. Comment les troubles après l’élection iranienne sont-ils arrivés ? […] Ce fut à cause d’une guerre en direct lancée par l’Amérique, via les vidéos de YouTube et les microblogs de Twitter, de rumeurs répandues, de scissions créées, attisées et de discorde semée entre les partisans des factions réformistes conservatrices. »

[...]

« Nous avons peur qu’aux yeux des politiciens étasuniens, seule l’information contrôlée par les États-Unis soit de l’information libre, seules les nouvelles reconnues par les États-Unis sont des nouvelles libres, seuls les discours approuvés par les États-Unis sont des discours libres, et seul le flot d’information qui sied aux intérêts étasuniens est un flot d’information libre. »

La machination politique brute a bouclé la boucle avec la nouvelle que Google, la plus grande société de recherche d’Internet au monde, va former une alliance scandaleuse avec la NSA, l’organisation de surveillance électronique la plus puissante au monde, au nom de la cybersécurité contre la cyberguerre qu’ils viennent de lancer en secret.


Cible : Iran


©eyeranian.net

Pendant que le ‘monde civilisé’ réprimande le gouvernement iranien pour sa brusque réponse aux « protestations d’opposition » (en réalité des tentatives du renseignement occidental pour amplifier les troubles en Iran), divers groupes terroristes mandatés ont augmenté la guerre secrète durant tout le mois de janvier. Le Pakistan a déjoué une opération quand il a arrêté et accusé certains étasuniens armés dans sa région frontalière avec l’Iran. Puis un physicien impliqué dans le programme de recherche nucléaire de l’Iran a été assassiné en plein jour à Téhéran. Le soutien du scientifique au candidat défait à la présidence Mir-Hossein Mousavi a été cité comme preuve de son assassinat par le régime iranien, mais même le Haaretz a admis qu’il n’y avait pas de précédent pour un meurtre aussi violent commit par le régime iranien. Les États-Unis ont nié naturellement toute implication, mais un groupe monarchiste basé à Los Angeles, l’Iran Royal Association, a revendiqué la responsabilité du meurtre seulement quelques heures après l’incident. Puis un système explosif improvisé » a visé le gouverneur général de la province, Khorassan Razavi, tuant un passant. Le Parti de la Libre Vie du Kurdistan (PJAK), un groupe militant kurde basé au Kurdistan irakien, a rejoint le parti attaquant lorsqu’il a revendiqué la responsabilité de l’assassinat d’un procureur d’état iranien près de la frontière turque. Cela fut suivi par une explosion puissante qui a traversé une base militaire au sud du pays.

De toutes les directions, des groupes aux idéologies séparatistes concurrentes et avec des racines communes dans l’appareil militaro-renseignement du Méchant Empire ont été préparés à infiltrer l’état iranien là où c’est possible et exécuter des actes violents de terrorisme. Le Jundullah attaque de l’Est, le Moudjahidines-e Khalq (MKO) de l’Ouest, le PJAK du Nord et les factions royalistes rivales – l’ Iran Royal Association et l’assemblée du royaume d’Iran – attaquent partout où les envoient leurs maîtres-espions aux États-Unis.

Malgré le carnage croissant et le fait d’être assiégé de tous côtés, le gouvernement iranien est déterminé à maintenir une image de force. Les enquêtes sur les émeutes du Jour d’Achoura à la fin du mois de décembre ont établi que le MKO basé en Irak avait joué un rôle central dans l’instigation des émeutes. Avec une similarité frappante avec le meurtre de Neda Soltani, « la martyre de la démocratie » tuée dans des circonstances suspectes en juin dernier, le neveu de Mousavi a été tué par une arme rare, c’est-à-dire une arme qui n’est pas utilisée par les forces de sécurité iraniennes, loin du lieu des manifestations.


© Anonyme
Pas touche à l’Iran

Un crash d’avion, un accident de train et un séisme ont ponctué un mois turbulent en Iran. De manière typiquement schizoïde, le lauréat du Prix Nobel de la Paix 2009 a ordonné qu’une chaîne d’unités de missiles Patriot « défensifs » soit installée autour de l’Iran « pour dissuader l’Iran de frapper les cibles étasuniennes » une fois que le siège économique de l’Iran commencera sérieusement. Ces « cibles étasuniennes » sont les unités de missiles qui sont positionnées dans les fiefs arabes le long du Golfe Persique. Au moins une chose est sincère avec Obama : contrairement au prélude au choc et effroi en Irak, il ne va pas y avoir de tentatives pour convaincre les Nations Unies de violer la loi internationale et d’approuver des « sanctions paralysantes » cette fois-ci.
Le directeur de la CIA Leon Panetta est allé en Israël le 1er février pour un congrès de sorcières avec Netanyahu, Barack et Meir Dagan, son homologue du Mossad. La dernière fois qu’il était allé au Moyen-Orient début décembre pour discuter des opérations au Yémen avec des représentants saoudiens, les États-Unis avaient lancé des missiles de croisière contre des villages au Nord Yémen dans un contexte d’une ridicule attaque terroriste sous faux drapeau dans le ciel de Detroit. Nous pourrions décrire la visite de Panetta comme un mauvais « présage », mais de toute façon tout ce que font ces psychopathes a des conséquences destructrices pour la planète et les personnes:
Les chefs du renseignement de Washington anticipent (planifient) un nouveau 11 septembre d’ici six mois


Barack le Barbare

Afghanistan



© John D McHugh
Conquête des cœurs et des esprits en Afghanistan

Malgré la remarquable performance en double langage d’Obama, le véritable État de l’Union est affreux. Élu sur une vague de protestations contre les guerres d’agression, le lauréat du Prix Nobel de la Paix 2009 a plutôt supervisé l’expansion et le raffinement du massacre sur les « théâtres de guerre » du Pentagone. Voilées légèrement par le vernis du gouvernement démocratique, neuf années de construction de la nation étasunienne en Afghanistan ont abouti à un vaste réseau de bases secrètes d’où les meilleurs psychopathes de la CIA dirigent le mauvais traitement des hommes dans des centres de torture qui font ressembler Guantanamo à un centre de vacances au bord de la plage. On ne nous permet pas d’entendre beaucoup le côté afghan de l’histoire, mais les nouvelles qu’il y a plus de soldats US qui se sont suicidés que tués par l’ennemi », rien qu’en 2009, attestent du cauchemar vivant qu’est devenu l’Afghanistan.

2010 a commencé avec une enquête des Nations Unies confirmant que les troupes US avaient tirés huit enfants endormis de leur lit une nuit de fin décembre, menotté certains, puis les avaient abattus. C’est un cas choquant mais tristement peu probable d’être unique alors que les raids innombrables sur les villages terrifiés sont maintenant un événement nocturne en Afghanistan. Le plus jeune avait 11 ans. Avant d’avoir pu reprendre notre souffle, le New York Times a continué par un compte rendu de soldats US lançant du chocolat de leur convoi afin d’exciter des enfants dans la rue. Une foule s’était rassemblée au moment où un des soldats a pensé qu’il serait drôle de lancer une grenade avec le chocolat. Quatre enfants furent tués, avec un grand nombre de mutilés.

Au moins sous l’empereur Bush II, les envahisseurs prétendaient qu’ils comprenaient qu’il était mal de viser délibérément des civils. Cela a totalement changé sous l’empereur ‘pas de changement’ ; l’ordre est maintenant de tuer quiconque est en vue. En une seule semaine à la mi-janvier, les forces des États-Unis et de l’OTAN ont été déployées pour « pacifier les indigènes » en ouvrant le feu avec leurs « armes de Jésus » lors de deux manifestations différentes par des Afghans non armés, pendant que des drones Predator tiraient des missiles dans une foule de « suspects » dans une troisième manifestation. La vengeance étasunienne contre les Talibans à cause du 11/9 a nourri la vengeance étasunienne contre les Afghans pour oser résister.


Fabriqué en Israël

Nous n’avons pas été surpris d’apprendre que ces drones sans conscience ont été d’abord développés en Israël et testés sur des réfugiés palestiniens au début des années 1980. Aujourd’hui, Israël entraîne les opérateurs potentiels de drones d’autres pays dans cette forme ‘d’art’ Hi-Tech : des soldats allemands sont les derniers clients à recevoir des instructions des maîtres, après quoi ils aideront leurs homologues britanniques et étasuniens à terroriser d’innocents Afghans.

La poursuite de l’horreur en Afghanistan est la main cachée du renseignement militaire occidental qui déplace les pièces sur l’échiquier selon ce qui est dicté par le pouls de la géopolitique :
Contre-insurrection étasunienne en action : Des hélicoptères de Blackwater transportent par air des ‘terroristes talibans’ en AfPak

Les découvertes du Daily Mail indiquent que les deux commandants militants les plus recherchés, […] rapportés au début comme ayant été blessés gravement pendant l’opération anti-militants de l’armée pakistanaise, […] ont été secrètement emmenés en Afghanistan par les membres de Blackwater (Xe-Services)

[...]

Les découvertes du Daily Mail indiquent en outre que c’est la même région où des troupes US ont quitté leur poste dans l’intention de permettre aux militants pakistanais en fuite de se regrouper.

 

Pakistan



Une année après son invasion secrète du Pakistan, Barack le Barbare a ordonné que les assassinats télécommandés soient accrus ce mois-ci, avec pour résultat un record de 123 innocents descendus au cours d’un minimum de 12 attaques de drones de la CIA. Ce nombre peut probablement être multiplié plusieurs fois alors que les statistiques publiées ne se soucient pas de tous ceux assassinés comme « insurgés ».  Un développement inquiétant pour les Pakistanais est le déploiement simultané de multiples drones : dans un incident rapporté, 17 missiles ont été tirés en quelques minutes par 8 drones. Le New York Times a rapporté « 10 militants tués au cous de ce tir au dindon. Nous ne vous croyons pas. À ce rythme, les États-Unis sont sur le chemin pour battre les 700 civils de l’an dernier mitraillés dans au moins 44 attaques de drones distinctes.

Les hommes de main locaux (du gouvernement du Pakistan) veulent participer à l’action, convaincre les États-Unis de leurs donner quelques drones et démontrer leur « bonne foi » en envoyant des avions de chasse aider les Saoudiens à assassiner les villageois yéménites. L’infrastructure sociale et physique du Pakistan continue à se détériorer à un taux alarmant avec des coupures de courant étendues se produisant au milieu d’un hiver glacé et une Justice de sa Cour Suprême réprimandant le renseignement pakistanais pour surveiller « un règne de terreur comme la Gestapo où quiconque peut entrer à l’improviste dans une maison pour capturer n’importe qui. »

Après avoir menti effrontément tout au long de 2009, le gouvernement US a admis que les célèbres armées voyous Blackwater et DynCorp opèrent au Pakistan. Plus de 600 personnes ont été explosées ou abattues au cours des trois derniers mois de 2009 ; le rythme s’est accéléré cette année avec horreur après horreur, terrorisant les villes du Pakistan.

 



Le Dr Aafia Siddiqui, citoyenne étasunienne et ses enfants ont été torturés dans le goulag Bagram de l’Amérique

L’insistance d’Obama pour que les Étasuniens « regardent vers l’avenir » à propos de poursuivre ou non  en justice pour torture les représentants officiels de l’administration Bush et sa prise de position sur la fermeture du goulag de Guantanamo ont été bien mises en évidence ce mois-ci par un porte-parole de la Maison Blanche qui a confirmé que l’escadron de la mort de Cheney est bien vivant et actif, sauf que maintenant les citoyens US sont également du gibier. Glen Greenwald explique que « les citoyens étasuniens sont maintenant placés sur une « liste noire » secrète de personnes dont le président a personnellement autorisé l’assassinat. »

Dans un exemple ahurissant de la manière dont les États-Unis sont devenus ponérisés, une scientifique du système nerveux étasunienne a été accusée de tentative de meurtre et condamnée à 20 ans d’emprisonnement par un jury à New York, fondée sur des preuves fournies par ses tortionnaires au centre de détention de Bagram en Afghanistan. Aafia Siddiqui aurait été arrêtée par les forces secrètes afghanes en 2008. Des documents contenant des formules d’explosifs et d’armes chimiques avec des notes faisant référence à des « attaques à grande quantité de victimes » à New York furent trouvés dans son sac à main. Elle a été aussi accusée de faire partie d’Al-Qaïda. Au cours d’un de ses interrogatoires (séances de torture), elle aurait supposément tiré avec un fusil sur des « agents US ». Il n’existe aucune preuve légale que le fusil qui aurait été utilisé n’ait jamais tiré. De surcroît, aucun des agents n’a été touché, bien qu’elle l’ait été. Le tribunal non autorisé l’a empêchée de parler et pour une bonne raison. Le Dr Siddiqui avait en fait été détenue et torturée au goulag de Bagram depuis 2003. Ses mots d’adieu à la salle d’audience quand le verdict a été prononcé : « C’est un verdict venant d’Israël, pas de l’Amérique. »

Irak


© Mohammed Jalil/EPA

En dehors de l’Alhamraa, un homme porte une fillette blessée

Barack peut avoir promis la fin de la « guerre en Irak », mais jusqu’à ce qu’il dénonce les cancers qui se répandent comme un incendie de forêt et le taux de mortalité infantile galopant, il est personnellement responsable du génocide continu du peuple irakien. Le gouvernement irakien, bien que déformé à la naissance, fait croître au moins un semblant de structure en intentant des procès aux Étasuniens et aux Britanniques pour leur utilisation barbare des bombes à l’uranium appauvri. Il a aussi initié la limitation des opérations de Blackwater, mais au vu des événements en Irak ce mois-ci, son travail a été amputé. Il y a eu des voitures piégées dans les villes de Najaf, Samarra et Kabala, tandis qu’une série d’explosions bien coordonnés ont tué plus de 120 personnes en une semaine à Bagdad. Attendez-vous à beaucoup plus de terreur sous faux drapeau de la part des « spécialistes de la contre-insurrection »  cherchant à opposer les Sunnites aux Chiites aux Kurdes dans la période précédent les élections de mars.  Obama s’attend certainement à des troubles : les États-Unis violent encore les termes de son Accord du statut de forces (SOFA) avec l’Irak en déployant 21 000 soldats pour « empêcher une possible tension entre Kurdes et Arabes » à Kirkuk et Mosul, où n’existe pas une telle tension entre Kurdes et Arabes.

Vous souvenez-vous de l’infâme photo du détenu encapuchonné forcé de se tenir comme le Christ sur une boîte avec des électrodes fixées à chaque main ? Dans son témoignage à la Commission des Crimes de Guerre en Malaisie en 2007, le professeur Ali Shalal a raconté sa première séance d’interrogatoire aux mains d’agents israéliens et étasuniens à Abu Grahib en 2003.

La première question qu’ils m’ont posée fut, « Êtes-vous sunnite ou chiite ? » J’ai répondu que c’était la première fois de ma vie qu’on me posait cette question. J’ai été surpris par cette question, car en Irak il n’y a pas cette distinction ou différence. L’interrogateur étasunien a répliqué que je devais répondre directement aux questions et ne pas répondre à côté des questions. Puis il a dit qu’en Irak il y a les Sunnites, les Chiites et les Kurdes.

Briser l’Irak en trois sous-unités en lutte a longtemps été un but du sionisme, il est donc intéressant de noter qu’à part de l’accuser d’être un membre de la résistance irakienne, les tortionnaires du professeur Shalal l’ont accusé formellement du « délit » d’être « antisioniste et antisémite. »


L’héritage de Blair

Il est bien connu que, bien avant le 11/9, les néoconservateurs aux États-Unis ont transplanté dans la politique étrangère étasunienne le but du sionisme de partager l’Irak. Au Royaume Uni, l’Enquête Chilcot sur la guerre d’Irak, à part des critiques légères sur Tony Blair au cours d’un « cuisinage » de 6 heures, a révélé que les États-Unis et le Royaume Uni ont conspiré avant le 11/9 pour instiguer un soulèvement contre le régime de Saddam en promettant une « aide » aux dissidents (vraisemblablement de type militaire), des contrats pétroliers, des annulations de dette et des marchés commerciaux une fois qu’il aurait été renversé du pouvoir. Tout cela au nom de l’Irak « rejoignant la communauté internationale », le même euphémisme utilisé aujourd’hui pour instiguer un soulèvement contre Ahmadinejad et isoler l’Iran de la communauté internationale. Bien entendu, une fois le 11/9 arrivé, ce coup d’état contre Saddam s’était évaporé. La mission était maintenant de décimer totalement la société irakienne, d’effacer sa mémoire collective, puis le laisser subsister comme un état vassal faible dont les ressources étaient mûres pour être pillées et qui ne présenterait plus une menace à l’hégémonie régionale d’Israël.

Le but de l’Enquête était d’enterrer le crime sous une avalanche de pinaillages juridiques. Juste au moment où  Blair devait faire face au cirque des médias, le gouvernement a monté le niveau de la terreur à « grave » et Lord Hutton, qui présidait cet autre récent lavage de cerveau britannique, a placé discrètement sous scellés tous les dossiers sur le dénonciateur David Kelly pour une période allant jusqu’à 70 ans après sa mort.


© Anonyme

« Je n’ai pas de regrets » furent les mots d’adieu de Blair à l’enquête Chilcot. Et pourquoi devrait-il en avoir ? Il ne sait pas ce que le regret signifie, il est un psychopathe après tout. Il n’était pas le seul technocrate avec une vision du monde pathologique pour honorer l’enquête : Simon McDonald, le conseiller en chef de la politique étrangère de Gordon Brown, a dit que les sociétés britanniques avaient « fait assez bien » dans une récente vente aux enchères de droits du pétrole irakiens et que la Grande-Bretagne avait un accès privilégié » au gouvernement du Premier ministre al-Maliki. Et pas étonnant !  Vous avez détruit la souveraineté de ce pays, puis installé un gouvernement fantoche qui est aux ordres. Le culot du gouvernement britannique passé et présent d’utiliser cette enquête publique dans la légalité de l’invasion pour se réjouir des richesses pillées au peuple irakien pendant que des millions de personnes étaient assassinées, des millions de personnes étaient chassées de leur maison, des générations entières traumatisées par l’horreur de voir les avions britanniques réduire en pièces leurs êtres chers, les soldats britanniques violer leurs femmes, les soldats britanniques battre leurs enfants, les soldats britanniques torturer leurs grand-mères ad nauseam. Tout cela prendra une éternité à guérir.

Le régime britannique doit aux Irakiens une dette qu’il ne pourra jamais rembourser. Il opère depuis longtemps au-delà des limites de l’humanité normale, saturé de psychopathes sans conscience envers le bien-être de ses propres sujets ou de ses sujets conquis. Des trois centres de pouvoir principaux comprenant l’Axe du Mal, le Royaume Uni est le plus ancien et le plus largement responsable d’avoir créé les deux autres. Le pays le plus surveillé au monde étend la zone de guerre domestique depuis son laboratoire irlandais jusqu’au « pays », avec des drones tournant en l’air et des soldats patrouillant bientôt dans les rues d’une manière régulière.


Complot de la grippe

De la même manière que l’invasion et le génocide massif des Irakiens étaient fondés sur des mensonges, le programme de vaccination massive contre la grippe porcine était fondé sur des mensonges. Il est devenu évident que les vaccins imposés aux populations étaient plus dangereux que la grippe elle-même. Aux États-Unis, où 61 millions de personnes ont été vaccinées, le nombre total de morts dus à la grippe porcine en 2009 fut bien moindre que le nombre de morts dus à la grippe saisonnière. Environ 20 % des 11 000 morts, selon les statistiques émanant du Center for Disease Control, sont décédés après avoir été vaccinés. La traînée de destruction grandit chaque jour : il y a des histoires horribles de femmes enceintes qui font des fausses couches suite à la vaccination, une fille en Angleterre est devenue aveugle en prenant du Tamiflu et un cas d’encéphalomyélite à forte propagation résultant en des lésions cérébrales chez un garçon chinois.

Le Dr Wolfgang Wodarg, président du Comité de la Santé au Conseil européen, qualifie la pandémie de grippe porcine « d’un des plus grands scandales médicaux du siècle » et estime que les pays européens ont dépensé 2 milliards de dollars rien qu’en préparatifs d’urgence (c’est-à-dire en excluant les milliards dépensés pour les vaccins), gaspillant leurs maigres budgets de santé pour combattre une urgence sanitaire publique qui n’existe tout simplement pas :

« Les gouvernements ont conclu des contrats avec les fabricants de vaccins où ils garantissent des commandes à  l’avance et assument presque toute la responsabilité. De cette manière, les fabricants de vaccins sont assurés  de faire des gains énormes sans risques financiers. Ils attendent donc juste que l’OMS dise « pandémie » et active les contrats. »

 


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« Monde sans nucléaire »

Des enquêtes du Conseil de l’Europe et du Parlement européen ont reconnu qu’il y avait un complot entre Big Pharma et l’OMS, alors que certains des responsables de la promotion de l’hystérie font maintenant machine arrière, admettant que la grippe porcine a été « survendue. » En la qualifiant de fausse pandémie, le Dr Wodarg a expliqué que les principales sociétés pharmaceutiques ont placé leurs gens aux postes clés de l’OMS et autres organisations influentes. Wodarg a aussi exposé comment « Le vaccin développé par Novartis était fabriqué dans un bio réacteur à partir de cellules cancéreuses, une technique qui n’avait jamais été utilisée auparavant. » Quoique prudente à critiquer l’escroquerie dans le contexte de « mauvaise gestion absolue », cette révélation publique d’une « opération massive de désinformation » et de « panique organisée » semble avoir neutralisé la pression vers des vaccinations obligatoires. Les gouvernements abandonnent leurs commandes de vaccins. Pour l’instant. Mais que faire des millions de vaccins inutilisés ? Vendez-les aux pays pauvres, bien sûr !

Simon Jenkins a écrit dans The Guardian que « la grippe porcine était aussi insaisissable que les ADM (NdT : armes de destruction massive) ; la menace réelle est le syndrome du savant fou. » Il a probablement davantage raison qu’il ne le pense :

C’est pourquoi les gens sont encore plus sceptiques des scientifiques. Pourquoi devraient-ils croire ce que disent les « experts » quand ils peuvent se tromper autant et avec autant d’impunité ? Les armes de destruction massive, les virus mortels, les radiations nucléaires, le réchauffement planétaire… pourquoi devrions-nous en croire un seul mot ? Et il n’y a qu’un pas entre ne pas croire et ne pas s’en soucier.

L’incidence complète de cette escroquerie n’a pas encore été révélée. Le système immunitaire de nombreuses personnes est maintenant plus compromis qu’il ne l’était auparavant. La propagande implacable pour imposer de force les vaccins dangereux n’a pas diminué. La campagne du H1N1 peut avoir avorté, mais le complexe médico-pharmaceutique a d’autres armes dans son arsenal, dont la plus importante est la capacité à contrôler ce qui est publié dans les journaux scientifiques. Les gens ne peuvent être autorisés à savoir que les pandémies réelles comme l’autisme sont grandement dues au thiomersal dans les vaccins. Combiné à l’effet cumulatif de la surcharge toxique de notre nourriture et notre environnement, le prochain virus pourrait être le dernier coup de pouce qui aboutirait à des pertes massives en vies humaines. À ce moment-là, les gens pourraient être trop confiants pour s’en soucier. Entre-temps, l’escroquerie porcine a laissé derrière elle des programmes de vaccination massive qui seront activés à l’initiative de la Pathocratie.


Climategate, le retour

Les mensonges sont comme des barrages qui retiennent les eaux de la vérité. Si un barrage a une fissure ou un petit trou, la pression des eaux les élargira bientôt, rendant cela encore plus difficile de réparer le dommage. Avec le temps, le barrage peut très bien s’effondrer.


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Erreur à donner froid dans le dos : Le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC) a affirmé à tort que les glaciers de l’Himalaya fondraient d’ici 2035.

C’est ce qui arrive au conte de fées du Réchauffement Global. Les courriels divulgués qui nous ont donné le Climategate ont été suivis de vérités encore plus embarrassantes. Il est apparu que les pontes de la science derrière le rapport de 2007 du GIEC, qui prétendaient de façon alarmante que les glaciers de l’Himalaya pourraient disparaître d’ici 2035, ont admis que la revendication avait été prise dans un document du World Wildlife Fund (WWF), qui lui-même était basé sur un article du magazine New Scientist, publié huit ans avant le rapport de 2007 du GIEC. L’article de 1999 du New Scientist était basé sur une courte interview téléphonique de Syed Hasnain, un scientifique indien peu connu travaillant alors à l’université Jawaharlal Nehru à Delhi. Et devinez quoi ? Hasnain a admis depuis que sa revendication sur les glaciers de l’Himalaya était de la « spéculation » ; elle n’était pas appuyée sur une quelconque recherche formelle et d’ailleurs il ne se référait qu’à une partie des glaciers. Les gars, désolé pour la confusion !

Ce rapport de 2007 du GIEC est le document maintenant honteux à propos duquel les scientifiques du Climategate du CRU en Angleterre et aux États-Unis, afin de devancer les demandes sur la liberté d’information qui auraient exposé leur manipulation des faits autour de la théorie, se sont envoyés des courriels discutant de la destruction de leurs communications enregistrées concernant les données épineuses transmises au GIEC. Aujourd’hui, le Dr « spéculation » Hasnain mène l’équipe de recherche des glaciers d’un groupe de réflexion environnemental indien dirigé par le Dr Rajendra Pachauri, chef du GIEC. (Tel est le chemin que vous emprunterez dans le groupe lucratif de la Science du Climat  si vous laissez votre imagination compenser votre incompétence.)

Pourquoi jetteraient-ils donc par la fenêtre toute rigueur scientifique ? F. William Engdahl observe que cette peur des glaciers était un argument de vente majeur pour l’ordre du jour du GIEC, étant donné que la fonte de l’Himalaya implique des inondations massives en Inde, en Chine, en fait toute la région entourant le plateau tibétain. Et ils ont exploité cet argument de vente ! Vous voyez, la société dans laquelle le Dr Pachauri est directeur général et le Dr Hasnain membre supérieur du personnel, l’Energy and Resources Institute (TERI) basé à Delhi, a reçu une part substantielle d’une contribution de 500 000 dollars de la part d’une des œuvres de bienfaisance étasuniennes, la Carnegie Corporation, et avec une part dans une étude de 3 millions d’euros financée par l’U.E., accordée largement grâce à la spéculation glaciaire à effet « boule de neige » du Dr Hasnain. Cela semble être un des principaux moyens par lesquels les grands gouvernements et les grandes sociétés soudoient les scientifiques. Sous couvert de bienfaisance, d’organisations non gouvernementales (ONG), de cercles de réflexion et de groupes de recherche, ils offrent de grandes subventions pour le type de recherche ‘juste’. Cela sélectionne naturellement les scientifiques et chercheurs ‘justes’ qui sont volontaires pour prostituer la science au nom du « réchauffement global anthropique. »
Il est évident qu’un ordre du jour d’intérêts personnels et non de science a dû se trouver derrière le rapport de 2007 du GIEC quand nous considérons les erreurs mathématiques et factuelles qu’il contient. Comment les glaciers de l’Himalaya peuvent-ils rétrécir de 500 000 à 100 000 kilomètres carrés quand il n’y a que 33 000 kilomètres carrés de glaciers himalayens ?! Il déclare spécifiquement que le glacier Pindari a rétréci de 2840 mètres en 120 ans à une vitesse de 135,2 mètres par an, quand la vitesse réelle n’est que de 23,5 mètres par an.

 


© Chip Bok gocomics

De surcroît, le Dr Murari Lal, le coordonnateur en chef du chapitre du rapport sur l’Asie, a admis que la revendication sur le glacier n’avait été incluse dans le rapport que pour augmenter la pression sur les dirigeants mondiaux. Selon ses propos,

« C’était relié à plusieurs pays de cette région et à leurs sources. Nous pensions que si nous pouvions le souligner, cela impacterait les décideurs politiques et les politiciens et les encouragerait à entreprendre une action concrète.

« Cela avait de l’importance pour la région, donc nous pensions que nous devions le mettre. »

Sauf que ce n’était pas vrai, Dr Lal. Oh, nous allions oublier – vous ne vous souciez pas de cela. Le rapport du GIEC continue en déclarant incorrectement que 55 % des Pays-Bas se trouvent sous le niveau de la mer, alors que seulement 26 % des Pays-Bas se trouvent en réalité en dessous du niveau de la mer. Et puis il y a « l’Amazongate » !

Le GIEC a fait une revendication importante dans son rapport de 2007, citant encore le WWF comme son autorité : le changement de climat pourrait mettre en danger « jusqu’à 40 % » de la forêt amazonienne – aussi iconique pour les partisans du réchauffement que ces glaciers himalayens et les ours polaires. Il s’avère que ce rapport du WWF était cosigné par Andy Rowell, un militant de campagne anti tabac et pour la sécurité de l’alimentation qui a travaillé pour le WWF et Greenpeace et a contribué aux journaux britanniques écologiques les plus engagés. Rowell et son coauteur prétendaient que leurs résultats étaient fondés sur un article de Nature. Mais, il apparaît que le point central de cet article n’était pas du tout le réchauffement global mais les effets du déboisement.

Si le Climategate et le Glaciergate sont les attaques nº 1 et n° 2 contre la science du climat, voici l’attaque n° 3 :

Le programmeur informatique E. Michael Smith et le météorologue Joseph d’Aleo ont enquêté sur les manipulations des données au Goddard Science and Space Institute à l’université Columbia à New York et le NOAA National Climate Data Center à Ashville en Caroline du Nord. Ils ont trouvé que globalement les stations situées au sol pour collecter les données utilisées pour l’analyse des températures ont été systématiquement sélectionnées tout en ignorant les stations rurales et à haute altitude et en se basant seulement sur les stations situées dans les régions urbaines et côtières ; excluant de cette manière 75 % des données des stations utilisées avant les années 1990. Puisque les villes et les régions côtières sont naturellement plus chaudes, les chiffres résultants donnent l’impression que la planète s’est réchauffée au cours des dernières décennies par rapport aux décennies antérieures. Voici l’interview avec Smith et D’Aleo, à regarder absolument, où ils expliquent leurs découvertes.

http://www.youtube.com/watch?v=AsQfr7wRZsw

(Voir ici l’interview intégrale non retouchée. Pour un fichier pdf d’une introduction préliminaire de leur rapport, voir ici.)

Remarquez que l’East Anglia Institute qui était au centre du Climategate est alimenté en données par deux agences étasuniennes, la NASA et la NOAA, donc la recherche de Smith et D’Aleo placerait le « centre » de la fraude du réchauffement global chez ces deux agences gouvernementales étasuniennes. Sans être découragée, la NASA continue à nous assurer que la dernière décennie a été la plus chaude !

D’ailleurs John Coleman hôte de l’émission ci-dessus et fondateur du Weather Channel, participe au combat pour la vérité et intente un procès à Al Gore et sa bande pour avoir perpétré « la plus grande escroquerie de l’Histoire, »  la fraude du réchauffement global. Chapeau bas à John.

Maintenant voyons les faits…

Le Pôle Nord menace de se déplacer vers le Sud

Le coup de froid qui a commencé en décembre est devenu un froid record en janvier :


© PA

Des oiseaux se posent sur le quai gelé devant le quartier financier Canary Wharf à Londres – alors que les températures ont chuté au-dessous de celles de l’Antarctique.


© Xinhua

Le 4 janvier, la police armée et des cheminots déblaient la neige de la voie pour libérer un train bloqué près de Jining en Mongolie intérieure. Plus de 1400 passagers ont été évacués.

  • La neige frappe le Sud de l’Espagne pendant qu’un grand gel balaie l’Europe
  • Corée : L’hiver froid actuel précède-t-il une ‘Mini Ère glaciaire ? ‘
  • C’est l’été en Australie… et il neige !
  • La Pologne s’enfonce encore plus dans le grand froid
  • Une tempête de neige ferme les routes dans les prairies canadiennes
  • États-Unis : les précipitations de neige atteignent des records
  • Le coup de froid qui frappe l’Europe s’accompagne de températures en dessous de –34°C
  • Un snowmaggedon bloque Washington : on prédit la chute de neige la plus forte de l’histoire des États-Unis.
  • La capitale des États-Unis s’arrête à cause d’un blizzard violent

Nos compagnons terriens dans le monde des animaux ont également été affectés (les pauvres créatures n’ont jamais eu l’occasion d’aller voir le film d’Al Gore) :


© AFP

Un groupe de phoques essaie de se libérer le 11 janvier 2010 après avoir été emprisonné par la glace dans un étang d’une réserve naturelle à Yantai dans la province de Shandong au Nord-Est de la Chine.

Ce que nous trouvons le plus amusant – mais aussi dérangeant – est comment les partisans du réchauffement cherchent refuge dans le déni, le terme même avec lequel ils étiquettent les incroyants ! Ils attribuent maintenant les températures décroissantes à une « variabilité naturelle » et prétendent qu’une soudaine chute inexpliquée dans la quantité de vapeur d’eau présente dans la haute atmosphère il y a presque dix ans a ralenti substantiellement la vitesse du réchauffement. Leur dernière déclaration accuse l’influence de La Nina pour avoir dérangé les tendances de leur modèle informatique indiquant comment devrait être le climat.


© Anonyme

Il n’y a pas d’Âge glaciaire ici… Rien à voir… Parfaites conditions pour le surf.

Analysez ces commentaires bizarres de Doug Smith, un expert du climat à l’office météorologique britannique :

L’année la plus chaude enregistrée fut 1998 et certaines personnes ont prétendu que si le réchauffement global avait vraiment lieu, nous devrions avoir des années encore plus chaudes depuis lors. Ce n’est pas le cas, je l’admets. Et oui, le temps est absolument terrible à présent. Cependant, je suis sûr que les choses changeront – et nous n’aurons pas à attendre longtemps d’ailleurs…. Nos modèles informatiques indiquent que cette année n’est très probablement pas la plus chaude enregistrée. Même si ce n’est pas le cas, je suis tout à fait sûr qu’un nouveau record se produira dans les prochaines années.

C’est comme si M. Smith veut tellement le réchauffement global qu’il n’a pas d’autre choix que de fuir dans l’illusion. Maintenant, observez comment John Hirst, le météorologue en chef du Royaume-Uni, soutient que ses prédictions de temps plus chaud et d’hivers plus doux sont essentiellement correctes malgré les preuves ‘glaçantes’.

http://www.youtube.com/watch?v=X8BCnX8LIIY

Le journal britannique The Guardian est depuis longtemps un office de propagande pour les réunions folles sur le réchauffement global anthropique. Ses reportages illusoires continuent à être de plus en plus débiles à chaque nouvelle révélation scandaleuse. Il a publié un article nous avertissant d’être prêts pour une élévation du niveau de la mer de sept pieds (2 ,1 m) par suite de la fonte de la banquise, en ignorant complètement le fait que le niveau de la mer ne monte pas ; pas du tout, en réalité il descend !

Tout n’est pas perdu pour le monde de la science bien que le professeur Mojib Latif, membre du GIEC, ait prédit la nouvelle tendance du refroidissement dans un article publié en 2008. De manière similaire, le US National Snow and Ice Data Center admet que la banquise arctique estivale a augmenté de 1,059 millions de km2, soit 26 % ; depuis 2007. « Et en ce qui concerne les ours polaires ?! » s’exclament-ils. Non, leur nombre augmente au point qu’ils deviennent un problème pour les habitants du Canada.


L’exopolitique devient grand public

À mesure que la fréquence des observations d’OVNI et facteur de haute étrangeté associé augmente régulièrement chaque mois [regardez ici Our Haunted Planet (notre planète hantée) pour une liste des observations, photos et vidéos], nous avons remarqué un pic significatif dans les articles de la grande presse sur les visiteurs « extraterrestres » et d’une source en particulier : le Daily Telegraph britannique. Couvrant la conférence de la British Royal Society sur « La détection de la vie extraterrestre », les articles du Telegraph se sont abstenus de manière surprenante des caricatures petits-hommes-verts-de-Mars stéréotypées habituellement déployées pour ridiculiser les millions de témoins d’OVNI, et à la place ont soulevé assez intelligemment certaines des questions en citant la recherche des astronomes et des physiciens.

La recherche des extraterrestres devrait commencer sur Terre, pas dans l’espace, selon un scientifique

Les extraterrestres pourraient ne pas être amicaux, avertit un astronome

M. Marek Kukula, astronome public au Royal Observatory à Greenwich a déclaré : « Une partie de moi est avec les enthousiastes et j’aimerais qu’on essaye d’établir un contact préliminaire avec une civilisation plus sage et plus pacifique. »

Mais il a averti : « Nous pourrions aimer supposer que s’il existe une vie intelligente, elle est sage et bienveillante, mais bien entendu nous n’en avons pas la preuve. »

« Étant donné que les conséquences d’un contact peuvent ne pas être ce que nous espérions, alors nous avons besoin que les gouvernements et les Nations Unies soient impliqués dans toutes les discussions. »

L’article suivant a été publié en novembre. Nous ne pouvons nous empêcher de remarquer que la même image d’un Gris aux yeux d’insecte en face de ce qui semble être un écran de télé parasité a été utilisée dans l’article ci-dessus avertissant que nos voisins cosmiques pourraient ne pas venir pacifiquement.


© Getty

« Les extraterrestres sont actuellement tout autour de nous et nous observent en permanence, »
a déclaré M. Filipoy aux médias bulgares.

Les extraterrestres ‘existent déjà sur Terre’, prétendent des scientifiques bulgares

Des extraterrestres d’outre espace sont déjà parmi nous sur Terre, disent des scientifiques du gouvernement bulgare qui prétendent déjà être en contact avec une vie extraterrestre.

Un travail sur le déchiffrage d’un ensemble complexe de symboles qui leur a été envoyé est en cours, ont déclaré des scientifiques du Space Research Institute.

Ils affirment que les extraterrestres répondent actuellement à 30 questions qu’on leur a posées.

Lachezar Filipoy, directeur adjoint du Space Research Institute de l’académie des sciences bulgare, a confirmé la recherche.

Il a affirmé que les chercheurs du centre analysaient 150 crop circles dans le monde qui répondent aux questions, selon eux.

« Les extraterrestres sont actuellement parmi nous et nous observent en permanence, » a déclaré M. Filipoy aux médias bulgares.

Hummm, le Telegraph a-t-il été choisi pour la prochaine phase de divulgation contrôlée ? Un deuxième article du Telegraph a été publié le même jour :

Il est probable que les extraterrestres nous ressemblent et se comportent comme nous

Les extraterrestres pourraient non seulement nous ressembler, mais posséder nos points faibles comme l’avidité, la violence et une tendance à exploiter les ressources des autres, prétend le professeur Conway Morris.

Ils pourraient venir en paix, mais aussi rechercher un endroit pour vivre et se servir en eau, minéraux et carburant, doit-il déclarer à une conférence à la Royal Society à Londres.

 



Un vaisseau extraterrestre plane au-dessus de Manhattan dans une scène de la superproduction « Independance Day » de 1996. [Sott.net : La photo et la légende accompagnaient l’article original]

Le Telegraph n’était pas seul à couvrir la conférence. Un article de Reuters a demandé, « Sommes-nous seuls ? Nous pourrions le découvrir bientôt » avec une image d’accompagnement du film Independance Day.

« En effet, nous vivons à une époque très excitante, » a dit Martin Rees, astronome et président de la Royal Society.

Et à en juger par les 250 esprits scientifiques éminents réunis à Londres pour assister à la conférence de la Royal Society sur « La détection de la vie extraterrestre, » il n’est pas le seul enthousiaste.

La réunion qui se termine jeudi est la première dans les 350 ans d’histoire de la Royal Society à discuter des formes de vie extraterrestres.


Climat de l’espace

En ordre chronologique, voici certains des contacts les plus frappants que le cosmos a fait avec notre planète bleue au cours du mois précédent :

Il y a un type dans un bar regardant sa boisson quand…


© Mark Reis, The Gazette

Le chasseur de météorites Robert Ward tient un panneau du plafond au Red Rock Lounge,
montrant les dommages qu’il croit causés par une météorite.

Éclats de météorite au dessus de Montréal

Un météore illumine Muldoon en Alaska

Un météore bleu brillant ‘crépite’ en illuminant tout le ciel au-dessus du comté d’Orange en Californie.

Un météore au dessus du Montana ‘illumine le ciel avec une lumière bleue’

Un météore bleu brillant passe au-dessus du Maryland


©Anthony Nugnes, Silver Spring, Md.

Queue de dragon : une traînée de fumée laissée par le météore du Maryland

Une boule de feu multicolore passe au-dessus de la Pennsylvanie et du Delaware

Une météorite s’écrase dans le bureau d’un docteur en Virginie


© Linda Welzenbach/Smithsonian National Museum of Natural History

La météorite qui s’est écrasée dans le bureau d’un docteur en Virginie le 18 janvier 2010

Méduse cosmique détectée dans les aurores boréales ! Ou bien est-ce seulement la réflexion d’un satellite ?


© Per-Arne Mikalsen

M. Mikalsen a dit qu’il était impatient de découvrir ce qui a provoqué le phénomène en haut à droite de cette image.

Comme quelque chose provenant d’Armageddon : une boule de feu passe en brillant au-dessus de l’Irlande


Déchirement du voile

Le pouvoir ponérisé prospère dans l’obscurité. Par sa nature même, il a besoin des mensonges, des secrets et des demi-vérités pour atteindre ses buts. La plupart des gens avec une conscience supposent que tous les autres en ont une. Ironiquement, cela les empêche d’atteindre la conclusion logique : le bien-être de l’humanité n’est pas le souci de ceux qui règnent par l’égoïsme et qui sont préparés à détruire tous les autres pour accomplir leurs objectifs. Par leurs fruits, vous les reconnaîtrez.

L’invasion d’Haïti illustre cela sur une plus grande échelle. Aussi difficile que cela puisse être d’admettre que le gouvernement des États-Unis profitera du malheur des Haïtiens – peu importe qu’il ait provoqué un séisme pour apporter ce malheur – c’est ce que nous disent ses actions ‘sur le terrain’.

Parce qu’attribuer une conscience à des actions inhumaines inconscientes est absurde et parce que ces actions aboutissent à une tragédie et de grandes souffrances, la plupart des gens se trouvent dans l’apathie avec un sentiment d’impuissance. S’ils combattent pour quelque chose, ils dirigent invariablement leurs énergies vers des causes stériles créées par les personnes mêmes qui nous mentent. Considérez la fraude du réchauffement global. Les personnes de bonne volonté l’ont acheté vraiment, et ce n’est que maintenant que la Nature a présenté un appel au réveil qu’elles ont une chance de voir au travers des mensonges.

Il y a de l’espoir. Chaque trou minuscule dans le voile laisse passer un rayon de lumière qui change la qualité de tout ce que nous pouvons voir. C’est un processus d’apprentissage exponentiel ; plus il y a des fuites, plus notre vision s’améliore ainsi que nos chances de percer le voile encore et encore jusqu’à ce que tout l’édifice des mensonges devienne si affaibli qu’il fera face à un effondrement imminent.

La voie est libre ; agissons.

Traduction française: Équipe Signes des Temps

15/02/2010

Plus d’un million d’Irakiens tués sous l’occupation US

Réseau Voltaire, 9 février 2010

Nous reproduisons ici la première des 25 enquêtes primées par « Projet Censuré » en 2009. Il s’agit du travail de Michael Schwartz, que nous avions diffusé en 2007, et que Joshua Holland, Luke Baker, Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont poursuivi. Plusieurs sources officielles permettent de valider les études des sondeurs d’ORB et des démographes du « Lancet » et d’établir que l’invasion anglo-saxonne et l’occupation de l’Irak ont causé la mort de plus d’un million de civils. Cette information, qui a été relayée par les médias dans les Etats dont les gouvernement s’opposaient à la guerre, a été ignorée par les médias des Etats soutenant l’opération anglo-saxonne. Une fois de plus, il apparaît que les consortium médiatiques s’alignent sur les intérêts dominants du pays où ils se trouvent.

Cet article fait suite à « Qu’est-ce que le "Projet censuré" ? », par Ernesto Carmona.

Synthèse

Plus de 1,2 million d’Irakiens ont succombé à une mort violente depuis l’invasion du pays en 2003, d’après une étude du prestigieux institut britannique de sondage Opinion Research Business (ORB). Ces chiffres suggèrent que les décès provoquées par l’invasion et l’occupation de l’Irak rivalisent en nombre avec les massacres massifs du XXe siècle —le nombre de personnes tuées en Irak dépasse les 800 000 à 900 000 victimes du génocide du Rwanda, en 1994, et se rapproche d’ores déjà du chiffre de 1,7 million de disparus dans les tristement célèbres « camps de la mort » des Khmers rouges, dans les années 70 du siècle dernier—.

L’enquête de l’ORB a couvert quinze des dix-huit provinces de l’Irak. Parmi les zones non couvertes figuraient les deux régions les plus instables du pays —Kerbala et Anbar—, ainsi que la province d’Arbil, dans le Nord, où l’institut s’est vu notifier une interdiction de travail par les autorités locales. Il ressort des entrevues face à face avec 2 414 adultes que plus d’une personne sur cinq avait eu un mort dans son foyer à cause du conflit.

Les auteurs, Joshua Holland et Michael Schwartz, ont constaté que la version officielle, selon laquelle la violence contre les Irakiens serait essentiellement exercée par les propres Irakiens et non pas par les troupes états-uniennes, est mal acceptée. Dans leur reportage d’octobre 2006, les enquêteurs de la revue The Lancetont interrogé des Irakiens sur la façon dont avaient péri leurs proches et 56 % ont imputé ces décès à l’action des forces des Etats-Unis et de leurs alliés. 
Schwartz a fait remarquer que si une partie proportionnelle de la moitié du reste des morts irakiennes non attribuée a été provoquée par les forces des USA, le résultat final serait que près de 80% de l’ensemble de ces morts ont été causées directement par les Etats-Unis.

Même en prenant les estimations les plus basses confirmées à la fin de 2006, il se trouve que les forces des USA sont responsables de la mort de 5 000 Irakiens en moyenne par mois depuis le début de l’occupation. Cependant, le taux des victimes mortelles en 2006 a été deux fois plus élevé que la moyenne, ce qui veut dire que la moyenne des morts provoquées par les troupes US cette année a dépassé les 10 000 par mois, soit plus de 300 par jour. Avec la vague de violence amorcée en 2007, le chiffre actuel est probablement beaucoup plus élevé.

Schwartz a précisé que la logique de cette boucherie réside dans les statistiques émises par les militaires US, et divulguées par la Brookings Institution : pendant les quatre premières années d’occupation militaire, chaque jour plus de mille patrouilles ont été dépêchées dans les quartiers hostiles, avec l’ordre de capturer ou de tuer des « insurgés » et des « terroristes ». (Depuis février 2007, le nombre de ces patrouilles s’est élevé à près de 5 000 par jour, si l’on compte les forces irakiennes encadrées par les forces US). En moyenne, chaque patrouille procède à une trentaine de descentes musclées dans les maisons irakiennes, avec pour mission d’interroger, de capturer ou de tuer des suspects. Dans ce contexte, n’importe quel homme en âge de combattre est non seulement tenu pour suspect, mais pour un adversaire représentant un danger mortel. On recommande donc aux soldats US de ne pas courir de risques.

Selon les statistiques militaires des USA, également rendues publiques par la Brookings Institution, ces patrouilles donnent actuellement lieu à environ 3 000 fusillades par mois, ou un peu moins de 100 par jour en moyenne (sans compter les 25 autres provoquées par les alliés irakiens). Des milliers de rondes et de patrouilles ont entraîné la mort de milliers d’Irakiens innocents, ainsi que de nombreuses arrestations d’une brutalité extrême.

Les réfugiés : une crise ignorée

Les tentatives des Irakiens pour échapper à la violence sont à l’origine d’une crise des réfugiés qui a pris d’énormes proportions. D’après des rapports émis en 2007 par le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR) et l’Organisation internationale pour la migration (OIM), prés de 5 millions d’Irakiens ont été déplacés par la violence, la plupart ayant fui le pays à partir de 2003. Plus de 2,4 millions ont abandonné leur maison pour aller chercher abri dans des zones plus sûres à l’intérieur du pays, 1,5 million se sont réfugiés en Syrie, et plus d’un million ont gagné la Jordanie, l’Iran, le Liban, la Turquie et les pays du Golfe persique.

Les déplacés en Irak, dont le nombre augmente en moyenne de près de 100 000 par mois, n’ont aucun statut juridique et aucune possibilité d’emploi dans la plupart des provinces et Etats où ils se sont réfugiés, et leur situation est de plus en plus désespérée. Cependant, les Irakiens qui continuent de quitter leur foyer sont plus nombreux que ceux qui sont retournés chez eux, en dépit des versions officielles indiquant le contraire. Des milliers de déplacés estiment que la sécurité est aussi mauvaise qu’avant et que le retour signifie la mort. Et la plupart de ceux qui reviennent ne tardent pas à repartir.

Les journalistes Maki al-Nazzal et Dahr Jamail ont interviewé un ingénieur irakien qui travaille actuellement dans un restaurant à Damas, en Syrie : « Retourner en Irak ? Il n’y a plus d’Irak où retourner, cher ami, L’Irak n’existe plus que dans nos rêves et nos souvenirs ! »

Une autre personne interrogée a déclaré aux auteurs : « Les militaires états-uniens affirment qu’à présent Fallujah est sûre, alors que 800 hommes sont retenus là-bas dans les pires conditions… Au moins 750 des 800 hommes détenus ne sont pas des combattants de la Résistance, mais des gens qui refusent de collaborer avec les forces d’occupation et leurs auxiliaires fantoches ».

Un autre réfugié de Bagdad a déclaré : « Je suis retourné dans mon foyer avec ma famille en janvier. Dès la première nuit qui a suivi notre arrivée les Etats-uniens ont investi notre maison et nous ont maintenu tous dans une seule chambre alors que leurs francs-tireurs montaient sur le toit pour tirer sur les gens. Nous avons décidé de revenir ici [à Damas] le lendemain matin après avoir passé une nuit d’horreur que nous ne sommes pas prêts d’oublier. »

Mise à jour de Michael Schwartz

Les statistiques de mortalité citées dans « L’occupation US de l’Irak tue-t-elle 10 000 civils par mois ou beaucoup plus encore ? » sont basées sur une enquête sur les décès causés par la guerre en Irak, publiée dans un autre article plausible pour Projet censuré. L’article original, paru dans The Lancet en 2006, a reçu une couverture dédaigneuse des médias avant de disparaître purement et simplement de la vue des lecteurs, tandis que les grands médias recommençaient à divulguer des estimations partiales qui situaient le nombre d’Irakiens morts à un dixième des calculs de The Lancet. Le blocus de l’information exercé par les consortium médiatiques s’est également étendu à mon article, et n’a pas diminué le moins du monde, même si l’article de The Lancet a résisté plusieurs vagues de critiques, tandis que d’autres études confirment ou mettent à jour son contenu.

Début 2008, la meilleur estimation, basée sur des extrapolations et des reproductions de l’étude de The Lancet, a révélé que 1,2 millions d’Irakiens sont morts à cause de la guerre. Pour autant que je sache, ce chiffre n’a été relevé dans aucun média aux Etats-Unis.

Le blocus de l’information sur le nombre de victimes a été accompagné d’une autre forme de censure sur une autre preuve capitale contenue dans mon article : la stratégie militaire de l’administration Bush en Irak a provoqué chaque jour de vastes destructions matérielles et une mortalité élevée. Les modes de recrutement exigent que les quelque mille patrouilles US ripostent chaque jour à tout acte hostile avec une écrasante puissance de feu —armes de faible calibre, artillerie et opérations aériennes laissent derrière elles un cortège de souffrance et provoquent de nombreuses pertes parmi la population civile—. Mais les principaux médias ont refusé de couvrir ce délit de mutilation, même après les réunions de l’organisation « Soldats de l’hiver », de mars 2003, pendant lesquelles plus d’une centaine de vétérans de la guerre en Irak ont reconnu avoir participé à ce qu’ils ont appelé « des situations génératrices d’atrocités »

L’efficacité du blocus de l’information exercé par les médias a été confirmée par une enquête réalisée par l’Associated Press en février 2007, auprès d’un échantillon représentatif de résidents états-uniens, auxquels on a demandé s’ils avaient une idée du nombre d’Irakiens tués dans la guerre. La moyenne des personnes interrogées a estimé qu’ils étaient moins de 10 000, soit 2% du total réel pour l’époque. Cette ignorance grossière et générale, de même que le déroulement de la guerre en Irak n’a reçu aucune couverture médiatique, même pas de la par de l’Associated Press, qui a commandé l’enquête.

L’organisation « Anciens combattants d’Irak contre la guerre » a placé la brutalité de l’occupation au centre de l’action de ses membres. Le massacre du peuple irakien est au cœur de leurs revendications. Ils exigent le retrait immédiat et total des troupes des Etats-Unis, tout comme l’organisation des historiques réunions des « Soldats de l’hiver » à Baltimore.

Même si cet événement n’a été relayé par aucun des principaux médias aux USA, le flux de l’information diffusée par Pacifica Radio et le site Web de l’IVAW a enregistré un fort taux d’audience —y compris parmi un grand nombre de soldats en service actif—, avec les descriptions des atrocités commises par la machine de guerre US. Un nombre croissant de sites indépendants offre à présent une couverture régulière sur cet aspect de la guerre, dont Democracy Now, Tom Dispatch, Dahr Jamail’s Mideast Dispatches, Informed Comment, Antiwar.com, et ZNet.

Mise à jour de Maki Al-Nazzal et Dahr Jamail

La nomination des généraux de l’US Army David Petraeus, à la direction du CentCom et Raymond Odierno, en tant qu’adjoint de Petraeus à la tête de la Force multinationale en Irak, a soulevé le courroux des Irakiens vivant en Syrie et en Cisjordanie. Ces deux généraux, qui ont convaincu les Etats-Unis et la communauté internationale d’une soi-disant « amélioration en Irak », ne semblent par contre pas avoir réussi à convaincre les réfugiés irakiens qu’il y a eu « du mieux » dans leur pays.

« Tout comme l’administration Bush a décoré Paul Bremer (le patron de l’Autorité provisoire de la coalition), d’autres ont été récompensés pour avoir participé à la destruction de l’Irak », se plaignait Muhammad Shamil, un journaliste irakien qui a fui vers la Syrie en 2006. Ce qu’ils appellent violence s’est concentré d’abord dans certaines zones de l’Irak, mais à présent le phénomène a été étendu à tout le pays par les héros de guerre des Etats-Unis. « Ceux qu’ils tuent, expulsent ou capturent se comptent par milliers, depuis Basra (dans le sud) jusqu’à Mossoul (dans le nord) ».

L’espoir d’un retour se fait de plus en plus mince dans l’esprit des réfugiés irakiens. Depuis la parution de cet article, en mars 2008, la crise des réfugiés s’est encore aggravée. La situation s’aggrave du fait que la plupart de ces gens n’ont plus aucune intention de retourner chez eux et préfèrent s’établir ailleurs.

« J’ai décidé de ne plus rêver de rentrer au pays, et d’essayer de construire un nouveau foyer n’importe où dans le monde », a déclaré Maha Numan, 32 ans, réfugié en Syrie. « Voici trois ans que je suis réfugié et que je caresse le rêve de retourner là-bas, mais j’ai décidé de ne plus y rêver. J’ai perdu la foi dans tous les dirigeants du monde après les vagues de violence à Basra, Al-Sadr et aujourd’hui Mossoul. Cette situation ne semble plus avoir de fin, et je dois trouver un refuge sûr pour ma famille ».

« La majorité des Irakiens en Syrie sont plus au courant des nouvelles de leur pays que la plupart des journalistes. Dans n’importe quel cybercafé de Damas, chacun appelle sa ville ou son village natal et fait part aux autres réfugiés irakiens des nouvelles du jour. Les informations sur la violence qui sévit dans une grande partie de l’Irak les renforcent dans leur conviction de rester à l’étranger.

« Aujourd’hui il y a eu quatre explosions à Fallujah ! », s’est exclamé Salam Adel, qui a travaillé comme traducteur pour les troupes US à Fallujah en 2005. « Et ils disent qu’on peut rentrer, que la situation est sûre ! Rentrer pour quoi faire ? Pour se faire tuer par les mines ou les voitures piégées ? »

Pour l’administration Bush, il a été important, du point de vue politique, de faire croire que la situation s’améliore en Irak. Ce genre d’information a été relayé avec la complicité des médias corporatifs. Cependant, 1,5 million d’Irakiens vivant en Syrie et plus de 750 000 en Jordanie ne partagent pas cet avis. Autrement, ils seraient déjà rentrés chez eux.

(A suivre…)

09/02/2010

Aafia, un spectre au tribunal : Le « versant sombre des USA ».

Le grand soir

18 août 2008

Lucio MANISCO

arton7009-bfb63.jpg« The dark side », « « Le versant obscur », de Jane Mayer, publié le mois dernier aux Usa, rapporte les violations des droits de l’homme et du droit international, l’abrogation du « Bill of rights » et des garanties constitutionnelles perpétrées par l’administration Bush après le 11 septembre, sous l’égide de la lutte contre le terrorisme. Le titre rappelle la réflexion menaçante du vice président Cheney juste après l’attentat contre les Tours Jumelles : « Maintenant l’Amérique va devoir entrer dans le versant obscur de son histoire ».

Blessée et enchaînée dans la salle du tribunal


C’est ainsi que nous avons eu les guerres en Afghanistan et en Irak, Abou Ghraib, Bagram, Guantanamo, la torture institutionnalisée sous divers noms par les locataires de la Maison Blanche, et le transfert secret dans des prisons étrangères de citoyens suspectés de terrorisme par la Cia. Mais le drame sur le quel s’est levé le rideau ce 5 août dans une salle du tribunal fédéral du district de Manhattan nous révèle à présent à quel point ce « versant » est ténébreux et combien inexorable d’inhumanité « la descente aux enfers des Etats-Unis d’Amérique », dans le rapport qu’en fait l’avocate Elisabeth Fink.

Devant le juge Ronald L. Ellis, a été amenée une femme pakistanaise enchaînée, de 36 ans, blessée aux épaules par deux coups d’armes à feu, squelettique, tremblante et en état de choc : son nom est Aafia Sidiqqi. Ce nom n’est pas nouveau dans la chronique de l’antiterrorisme. L’ex-ministre de la justice John Ahscroft la déclara en 2004 militante d’Al Qaeda, en fuite, impliquée dans l’attentat des Deux Tours et autres complots terroristes aux Etats-Unis. Un bref portrait diffusé par le Fbi la décrivait comme « scientifique connue », diplômée en neurologie au Massachusetts Istitute of Technology et à l’université Brandeis, aux Usa, et mère de trois enfants. L’information sur sa fuite avait apparemment été falsifiée pour justifier l’état d’ « alarme jaune » proclamé par Ashcrot : en réalité Aafia Siddiqui avait été enlevée en mars 2003 avec ses trois enfants, à Karachi, par les services secrets pakistanais, et remise au personnel militaire étasunien qui l’avait transférée dans la terrible prison à l’intérieur de la base de Bagram, en Afghanistan. La nouvelle de son arrestation avait été donnée par les autorités pakistanaises, mais n’avais jamais été confirmée par celles des Usa qui avaient gardé un silence total sur cette arrestation jusqu’au démenti retentissant du mois dernier. C’est ce démenti qui a provoqué une véritable crise diplomatique, toujours en cours, entre Islamabad et Washington.

Depuis 5 ans, plusieurs sources avaient attesté en termes terrifiants de la présence d’Aafia, connue comme « la prisonnière 650 » dans ce qui est devenu le tristement célèbre « département tortures » de la prison de Bagram. Imram Khan, l’ex-champion pakistanais de cricket, qui s’est ensuite présenté comme candidat à la présidence contre Musharraf, l’avait appelée « la dame en gris », « presque un fantôme, un spectre dont les hurlements et les pleurs continuent à hanter le sommeil de ceux qui l’ont entendue ». Un autre détenu, qui avait réussi à s’enfuir, raconta ensuite à une télévision arabe qu’il avait vu plusieurs fois la jeune femme traînée, enchaînée, par des soldats étasuniens le long du couloir qui allait aux latrines de la prison, « et ils la ramenaient ensuite dans sa cellule, elle avait l’air d’être devenue folle, elle pleurait et tapait frénétiquement à coups de poings contre la porte de sa cellule ».

« Torturée pendant 5 ans »

Sa sœur Fawzia, qui habite à Karachi, a déclaré : « Elle a été violée et torturée pendant 5 ans, nous ne savons rien de ce qui a pu arriver à ses trois fils. C’est un crime effroyable, bien pire que n’importe quel autre crime dont on pourra jamais l’accuser ». Dans la salle du tribunal de Manhattan, le procureur Christopher Lavigne a réaffirmé quant à lui que « madame Siddiqui, jusqu’au 5 juillet dernier, date de son arrestation, n’avait jamais été détenue par les autorités américaines », mais la version qu’il donne des circonstances de sa présumée arrestation il y a quinze jours non seulement est invraisemblable mais défie toute logique.

Aafia Siddiqui aurait ainsi été arrêtée devant un commissariat de police afghane et trouvée alors en possession de quelques fioles de substances chimiques suspectes, d’une liste de cibles « sensibles » aux Etats-Unis et du « Manuel anarchiste pour la fabrication de bombes ». Aucune explication n’est donnée sur la raison pour laquelle une scientifique diplômée en neurologie, et qui serait connue pour son extrémisme islamique, se promenait avec ce type de matériel dans son sac à main devant un commissariat de police.

Plus incroyable encore, la suite de la version du procureur : deux agents du Fbi, deux soldats américains et deux interprètes se présentent au local de l’administration pour interroger la dame et ne s’aperçoivent pas qu’elle se trouve derrière un rideau d’où elle va surgir en criant « Allah est grand » ; pis, s’étant emparée d’une mitraillette posée sur le pavement par un soldat Us, elle ouvre le feu sans toutefois blesser personne. Elle est alors à son tour abattue de deux coups de revolver automatique de calibre 9 par un des interprètes.

L’avocat de la défense, Elisabeth Fink, désigne la femme gracile (elle ne pèse pas plus de 40 kilos), assise en état de choc manifeste, un voile sombre sur la tête et menottée dans la salle du tribunal, et demande au juge : « Cette histoire est grossièrement absurde : comment pouvez-vous y croire ? ». Réponse sèche du magistrat : « Je n’ai aucun motif de douter de l’information que me donne le procureur ». Et sont ainsi rejetées les demandes de mise en liberté provisoire et l’exigence de soins pour les blessures rapportées plus haut.

Version officielle comme argent comptant

Le jour suivant, les quotidiens britanniques Guardian et The Independant ont consacré des pages entières au cas d’Aafia Siddiqui, en se demandant comment l’imputée n’a pas été internée à Guantanamo en tant que « combattante ennemie », et a au contraire été incriminée à New York pour tentative d’homicide contre des militaires étasuniens, délit passible de six ou sept années de prison. Plus concis et ascétique le compte-rendu du New York Times, qui se borne à observer comment d’autres cas de terrorisme ont été jugés par des tribunaux normaux quand les preuves de délits mineurs rendaient plus certaines les condamnations. Aucune mention par le quotidien new yorkais des tortures infligées à Siddiqui : on prend pour argent comptant les démentis gouvernementaux.

JOHN ANDREW MANISCO, LUCIO MANISCO

Edition de mardi 12 août de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

L’avocate Elisabeth Fink : « une histoire d’horreur »

Connue en Italie pour sa défense de Silvia Baraldini devant les tribunaux étasuniens et à la Haute Cour de Strasbourg, Elizabeth M. Fink a déclaré au téléphone : « Le cas de Aafia est une histoire horrifiante, qui nous plonge dans un abîme jamais atteint dans la justice de notre pays. Nous avons l’intention, ses défenseurs, de nous battre par tous les moyens devant les tribunaux fédéraux et devant l’opinion publique nationale et internationale pour que justice soit enfin rendue à cette femme victime de le violence d’Etat ». L’avocate a ajouté : « J’ai défendu des dizaines de détenus de la révolte d’Attica (pour qui elle a obtenu des réparations après 19 années de procès, NdT) et des soit disant terroristes d’hier et aujourd’hui, mais je n’ai jamais éprouvé l’émotion et l’horreur que j’ai eues quand j’ai tenu dans mes mains les mains tremblantes d’Aafia, à travers les grilles du parloir de notre premier entretien. C’est une femme profondément traumatisée par les tortures qu’on lui a fait subir pendant les 5 années de sa détention, et par l’angoisse de ne pas savoir ce que ses fils sont devenus. On lui a seulement bandé ses blessures, alors qu’elle aurait besoin de bien d’autres soins dans un hôpital. A cause de la lutte contre le terrorisme la justice des Etats-Unis est devenue arbitraire, aveuglément féroce, infâmante pour le nom de notre pays dans le monde entier. Le cas Baraldini, un cas d’injustice flagrante et d’acharnement judiciaire, a paradoxalement été très peu de chose comparé à ce qui se passe maintenant dans les tribunaux spéciaux de Guantanamo et dans les tribunaux pénaux des Etats-Unis ». J. M. et L.M.

Note de P&P : le 3 février 2010, Aafia Siddiqui a été jugée coupable de tentative de meurtre sur des militaires américains et des agents du FBI en Afghanistan en 2008. Elle risque la réclusion criminelle à perpétuité -- une victime innocente de plus de la "War on Terror", supercherie orchestrée par les pathocrates. Combien d'autres comme elles disparaissent et sont torturés chaque jour, victimes du fascisme anti-islamique américain ?

30/05/2009

Les photos censurées montrent des prisonniers violés par des soldats US

Libertés Internets

28 mai 2009

Abu-Ghraib-Torture1.jpg

© The Alder
Scènes de tortures quotidiennes pratiquées en toute légalité dans les géôles étasuniennes

 

Seymour Hersh parle même de vidéos dans lesquelles on entend “le cri d’enfants violés et torturés devant leurs parents”…Et si tout cela vous paraît incroyable, si vous vous dites “Ce n’est pas possible, les Etats-unis ne font pas cela”, allez donc interroger un survivant de My Lai au Vietnam ou bien un paysan Salvadorien des années 1980…

[Gregor Seither - IES News Service - 27/05/2009]

(…) Antonio Taguba, l’officier de l’Armée U.S. qui a mêne l’enquête sur les actes de torture et de maltraitance commmis sur les prisonniers d’Abou Ghraib à Bagdad par des soldats U.S, a confirmé, dans un interview à la presse britannique, que parmi les photos saisies chez les geoliers tortionnaires, figurent en effet des images de soldats U.S. entrain de violer des prisonnières et de commetre des abus sexuels sur des prisonniers. Sur au moins une photo on pourrait voir un soldat U.S. entrain de violer une prisonnière irakienne et sur une autre, un soldat interprète entrain de sodomiser un prisonnier.

D’autres photos montrent les soldats entrain d’introduire des objets divers dans l’anus ou le vagin de prisonniers/ères, comme par exemple une matraque, des fils électriques ou encore un tube de néon. Une autre photo montrerait un géolier entrain d’arrcher les vètements d’une prisonnière, exposant sa poitrine.

Le Major General Taguba a précisé, dans son interview accordé au Daily Telegraph, que ces photos figuraient déjà dans son rapport de 2004 et qu’à l’époque il avait déjà signalé les nombreux témoignages de viols et d’abus sexuels commis par les soldats U.S. à Abou Ghraib.  L’Administration U.S. avait volontairement empéché la publication de ces photos.

Aujourd’hui encore, le nouveau président U.S. Barack Obama tente d’empécher la divulgation de ces 2 000 photos, affirmant qu’elles risquaient de provoquer la colère du monde arabe et donc mettre en danger les troupes U.S. à travers le monde. Les photos ne documentent pas seulement les abus et actes de torture commis à Abou Ghraib mais également des atrocités commises en Afghanistan et en Irak, de 2001 à nos jours.

Le Maj Gen Taguba, qui a demandé sa mise à la retraite de l’armée en 2007, a déclaré qu’il approuvait la décision d’Obama de ne pas publier ces photos :

“Ces images montrent des cas de torture, de viol et d’actes incroyablement indécents. Je ne vois pas l’utilité de les révélér au public à moins de les verser à un dossier légal. La seule conséquence d’une telle publication serait de mettre nos troupes en danger, les seuls défenseurs de notre politique étrangère, à un moment où nous avons le plus besoin d’eux.

Il n’est pas nécessaire de montrer ces images, leur seule description dans mon rapport est déjà suffisante pour se faire dresser les cheveux sur la tête. Vous pouvez me croire.”

En avril dernier, l’administration Obama avait déclaré qu’elle était prête à révéler ces photos, suite à un jugement en faveur de la American Civil Liberties Union (ACLU) qui en avait exigé la publication. Mais c’était sans compter avec le puissant lobby militaire à Washington qui a mené une campagne tenace pour faire disparaître ses photos en usant de l’argument de la “sécurité de nos troupes”.

Début mai, Barack Obama a donc fait volte face en déclarant : “A mon avis, l’unique conséquence directe de leur publication, sera d’enflamer l’opinion publique anti-Américaine et exposer nos troupes à un grand danger.”

28/02/2009

Pourquoi le monde se sent-il mal ?

Strike the Root
Mardi 27 janvier 2009

 

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Considérez ces évènements:

1. Un président qui a commencé deux guerres 'agressives, qui porte la responsabilité de la mort de milliers d'Étasuniens, celle de centaines de milliers d'Iraquiens et d'Afghans, quitte ses fonctions en toute liberté, sans que le crime soit mentionné, sans qu'il en éprouve des répercussions négatives.

2. Pendant ce temps, la même population qui a pourtant une expérience intime avec les mensonges des politiciens semble complètement enthousiasmée par un président beau parleur qui promet du changement et qui demande des sacrifices.

3. Le Congrès qui avait un taux de satisfaction de 14 % et qui vient juste de voter un renflouement malgré l'objection d'une majorité d'Étasuniens, a eu un taux de réélection supérieur à 95 %

4. Des millions d'Étasuniens expriment leur soutien aux militaires alors que ces mêmes personnes sont tuées, blessées sans raison et qu'elles sont séparées de leurs familles et de leur travail productif au pays.

5. Une population qui a majoritairement cru que l'achat de biens non productifs comme ceux de l'immobilier pourrait les rendre riches à jamais. Et ce, sans expliquer de façon cohérente comment cela serait possible.

6. Les chercheurs qui sont sur des pistes alternatives pour expliquer le SIDA et le cancer voient leurs fonds de fonctionnement coupés et les résultats de leur recherche piétinés; tandis que d'autres qui essayent d'améliorer la vie en fournissant des aliments sains sont attaqués.

La criminalité évidente de nos dirigeants et la pensée troublée et passive des prolos sont devenues la norme. Les deux vont ensemble et créent un écosystème symbiotique de tyrannie. La fraude, le vol et le meurtre se sont généralisés autant que la somme des mensonges racontés et crus a atteint de nouveaux sommets. L'irresponsabilité a été socialisée et les honnêtes gens en quête du bien sont inquiétés.

Ceux parmi nous qui ne veulent guère plus que la paix et la liberté ne dirigent pas le monde. La quête de la liberté est en contradiction avec le contrôle exercé sur d'autres personnes. Il est ainsi facile d'en déduire que ceux qui cherchent le pouvoir ont des motivations étrangères aux nôtres.

Ce n'est que récemment que j'ai compris les implications de tout ceci. En dépit de toutes les preuves attestant du contraire, je supposais que tous ceux qui recherchaient le pouvoir avaient un ressenti similaire au mien à propos de la morale. Je ne pouvais tout simplement pas voir la raison pour laquelle ils avaient un comportement et des justifications non-éthiques. Je savais déjà que les États fonctionnent selon un code que la majorité d'entre nous ne suivent pas dans nos propres vies. Je supposais néanmoins qu'un homme qui agit en contradiction des lois morales devait s'en sentir coupable. Un jour pourtant une idée m'est venue : Et s'il ne se sentait pas coupable ?

Si son ambition est humble, il se comportera comme un criminel commun, un prédateur. Il ment pour obtenir des avantages, il utilise la force pour obtenir ce qu'il veut et vole sans problèmes de conscience. L'absence de sentiment de culpabilité au sujet de comportements non-éthiques le motive a poursuivre ses actes criminels.

Les petites opérations criminelles présentent un gros problème, celui de se faire prendre. La perspective de faire de la prison se révèle peu attrayante. Pourtant, même la grande probabilité de se faire arrêter et emprisonner n'empêche pas les criminels communs d'envisager leur carrière avec peu de sophistication et ils en paient d'ailleurs souvent le prix. D'autres personnes au fonctionnement similaire trouvent des manières d'éviter ces problèmes. Un esprit criminel peut tout autant que des gens normaux développer des intérêts croissants et trouver la manière de les poursuivre à des niveaux supérieurs. En usant de plus d'intelligence et d'une plus grande patience, il peut mener une carrière ambitieuse dans la criminalité. Avec cet objectif en tête, on peut aisément voir que l'État est le moyen le plus efficace pour y parvenir.

Dès lors qu'un criminel joint ses forces à celles de l'État en devenant un employé, il peut mentir dans son intérêt, utiliser la force pour parvenir à ses fins, et voler sans conscience tout comme le fait un opérateur à la petite semaine. Les opportunités de dommages potentiels n'ont pas de limites si l'on choisit intelligemment certains emplois. Si un homme aime, par exemple, soumettre les autres au supplice, il pourra devenir policier et poser lui-même les preuves. Un autre, qui voudrait tuer des gens, pourrait ainsi devenir un officier militaire et indiquer «accidentellement» les coordonnées d'une maison qu'il souhaite voir bombardée. Quoi qu'ils fassent, l'État les protégera des conséquences naturelles de leurs actions. S'ils sont malins, il y a de grandes chances qu'ils ne se fassent jamais prendre, jamais punir et il est même probable qu'ils soient cités.

J'ai trop souvent cru que les personnes qui travaillaient pour l'État appréciaient ces emplois uniquement à cause des horaires souples , des bons salaires et de la retraite. Ce type de carrière offre aux prédateurs, en plus de tout cela, le bénéfice alléchant de pouvoir satisfaire leurs pulsions criminelles sans risquer de châtiments.

Il se trouve que ce type de personnalité est désignée d'un nom scientifique : psychopathique. Au cas où vous penseriez que je vous raconte des sottises, voici une citation extraite de Scientific American:

Superficiellement charmants, les psychopathes ont tendance à donner aux autres une bonne impression à la première rencontre et les observateurs sont frappés par leur normalité. Pourtant, ils ne pensent qu'à eux-1 mêmes, ils sont malhonnêtes et ne sont pas fiables. Par moment, ils ont des comportements irresponsables sans raison apparente autre que le simple plaisir qu'ils procurent. Presque entièrement dénués de culpabilité, d'empathie et d'amour, ils ont des relations occasionnelles, détachées et romantiques. Ils trouvent couramment des excuses à leurs actes irresponsables et souvent infâmes, préférant plutôt accuser les autres. Ils apprennent rarement de leurs erreurs, pas plus des retours négatifs de leurs actions et ils ont du mal à contrôler leurs pulsions.

Cela ressemble à la définition exacte de ceux qui cherchent le pouvoir politique. L'article se poursuit en disant que les domaines dans lesquels ils sont surreprésentés pourraient inclure «la politique, les affaires et les activités de divertissement. Pourtant, les preuves scientifiques de cette conjecture intrigante sont à l'état d'ébauche. Il se trouve pourtant qu'il existe des preuves de cela, beaucoup plus solides que l'article ne le laisse entendre.

Dans son livre Ponérologie Politique, Andrew Lobaczewski déclare que 6 % de la population présentent des caractéristiques psychopathiques. Les implications de ce phénomène, qu'il a identifiées juste après la seconde guerre mondiale, sont atterrantes. Il suggère de plus qu'un autre 12 % de la population présentent de hauts risques d'avoir une pensée du type psychopathique. Dans un monde dominé par des structures hiérarchiques, ces individus prennent le contrôle des positions clés et engendrent ce que l'on peut appeler une «pathocratie ». Lobaczewski anticipe par ses écrits, la réalité actuelle:

À l'intérieur de ce système [pathocratique], l'homme normal est rendu coupable de ne pas être né psychopathe et il n'est considéré comme bon à rien sauf pour exécuter les plus durs labeurs, combattre et mourir afin de protéger un système de gouvernement qu'il ne peut suffisamment comprendre, ni même considérer comme étant le sien. Un réseau d'individus psychopathes ou apparentés, se renforçant en permanence, commence à dominer et à faire de l'ombre aux autres personnes.

Les gens normaux n'ont pas considéré la possibilité que certaines personnes apparemment ordinaires puissent n'avoir aucune inhibition morale. Ils font l'erreur de croire que leurs dirigeants ont de bonnes intentions. Ceux qui sont les employés des psychopathes mettent en oeuvre les plans de leurs patrons, aveugles à la réalité. Quelle que soit l'envergure de leur «échec», les dirigeants peuvent toujours rappeler leur bonne intention proclamée et se protéger du gibet. En fait, plus ils font de dégâts, plus on est appelé à donner plus de pouvoir à leurs services déficients afin qu'ils puissent «prévenir» qu'une telle chose ne puisse se reproduire.

Leur objectif principal est de trouver la limite de leurs actions tout en échappant aux conséquences et nous ne voyons aucun signe indiquant qu'ils ont atteint les limites que la population peut accepter. Peu importe les épreuves qu'ils provoquent, la majorité des gens leur donnent le bénéfice du doute à chaque fois et ils continuent ainsi à soutenir le système. Cette croyance qu'ont les bonnes personnes a conduit au démocide du XXe siècle qui n'est toujours pas mis en doute jusqu'aujourd'hui.

Lorsque l'on a accepté la possibilité que les psychopathes aient pris le contrôle de la société, on trouve des quantités de preuves pour soutenir cette hypothèse. Hitler, Staline, Mao et Pol Pot sympathisaient-ils avec leurs victimes ou ressentaient-ils de la culpabilité ? Plus proche de nous, parmi Bush, Cheney, Rove, Rumsfeld ou Clinton,peut-on désigner un seul d'entre eux qui ait présenté un semblant de normalité ? Non, de toute évidence. Ces listes contiennent les noms de personnages dont aucun ne peut répondre à une moralité rationnelle. Si de tels individus ont pu accéder aux plus hauts niveaux du pouvoir, que peut-on en déduire des services subalternes ?

Cela suggère que de tels individus régissent les leviers du pouvoir où que ce soit. Nous vivons une époque où la population dans son ensemble ne peut parvenir à satisfaire ses besoins, pourtant peu d'entre nous semblent en comprendre les raisons. Les sondages indiquent par exemple, que la population se sent concernée par l'éducation et pourtant de décennie en décennie, le système éducatif s'empire considérablement. Quel mystère ! Bien sur, si l'on croit nos maîtres bien intentionnés, la civilisation occidentale n'a pas su en 2000 ans déterminer des manières efficaces de transmettre les savoirs clés aux jeunes générations. Cependant, que se passe t'il si nous acceptons de remettre en question nos croyances en leur bonne volonté un seul instant et que nous envisageons d'autres possibilités ? Si le système éducatif n'arrive pas à remplir les objectifs annoncés depuis des décennies, peut être y a t'il des groupes qui considèrent cela comme un succès ?

De toute évidence, réussir à inhiber la pensée critique des masses profite à l'État et aux psychopathes. Lorsque des comportements irrationnels, immoraux, illégaux, irresponsables et intéressés sont considérés comme s'ils étaient normaux, on peut en déduire que le système éducatif fonctionne au mieux pour nos maîtres. Je n'ai cité qu'un seul exemple, mais il existe au sein de l'État, une multitude de fonctions à pourvoir procurant ainsi un emploi à ceux détenant toute sorte d'intérêt psychopathique. On devrait de plus, envisager que l'État agit non seulement comme un centre de recrutement pour psychopathes, mais que ce sont probablement des psychopathes qui ont inventé l'État pour prendre le dessus sur nous tous. Je ne peux pas fournir de meilleure explication de l'existence d'une organisation qui échoue dans le domaine éthique et qui suggère une pensée psychopathique un peu partout

Il apparaît que notre bataille pour la liberté n'est pas simplement un conflit entre ceux qui la veulent et ceux qui veulent dominer les autres, mais plutôt une bataille entre les gens normaux et les psychopathes. J'ai trouvé dans l'hypothèse de la psychopathie, une force de pouvoir explicatif incroyable de notre monde : Le monde se sent mal parce que les psychopathes le dirigent. Dans un pays habitué à dédaigner et à ridiculiser toute idée qui se distingue de la moyenne, les explications cohérentes d'un phénomène social observable ne sont pas beaucoup rapportées. Sans la compréhension des lois physiques, nous n'aurions jamais obtenu les améliorations considérables de notre qualité de vie découlant des développements technologiques. De la même façon, sans une compréhension de nos systèmes sociaux, nous ne nous sortirons jamais de la tyrannie que nous infligent les psychopathes. Nous devrions passer le mot et explorer ce filon de pensée avec la plus grande vigueur.

 

Traduction française: Lionel P. pour Futur Quantique

 

 

13/01/2009

Folie guerrière

Camillo ‘Mac’ Bica

Truthout (commentaire Sott.net)

Mercredi 24 décembre 2008

Je me suis toujours considéré comme un libre penseur, un philosophe errant sans prétention, à la recherche d’un mode de vie différent, plus sensé. Toutefois, les autres perçoivent ma différence, ma « quête spirituelle » comme quelque chose d’anormal, comme une preuve évidente de ma folie. Peut-être devrais-je faire une pause et réévaluer ma situation. Après tout, on n’admet pas aisément que l’on est fou. J’imagine que cela fait partie de la folie que d’entretenir une façade de salubrité mentale, de se considérer comme normal et de considérer tous les autres comme fous.

Toutefois, une chose dont je suis certain, c’est que je n’ai pas toujours été fou. Je ne suis pas né fou. Je pense que la folie m’a contaminé ; cela s’est produit au Viêt-Nam, pendant la guerre. C’est un effet de la guerre, voyez-vous, la guerre mène les gens à la folie. Névrose de guerre, obusite, syndrome de da Costa, syndrome de stress post-traumatique. Tous ces meurtres et ces morts peuvent rendre fou n’importe qui.

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© Crystal Green

Certains – à les entendre – survivent très bien à la guerre. Nombreux sont ceux qui tirent même profit de ses « vertus ». Mais les effets de la guerre ne sont pas toujours apparents. Personne ne ressort de la guerre sans cicatrice au corps et à l’âme. Chaque guerre, toute guerre, n’importe quelle guerre. Il n'y a aucune vertu dans la guerre.

Je pense que parmi ceux que la guerre n’a pas rendu fous, bon nombre étaient déjà fous avant. Mais leur folie était d’une nature différente, plus agressive, plus froide. J’ai connu des gens comme ça. On ne peut pas dire que je les appréciais. Cependant, je les trouvais chanceux de ne rien éprouver face aux meurtres et à la mort. En fait, leur perversité faisait qu’ils aimaient ça, ils prenaient plaisir à ces activités, à l’excitation, au pouvoir. Ils devenaient anges vengeurs, à l'égal des dieux, ayant droit de vie et de mort, mais surtout de mort. Ces malades détestaient voir la guerre toucher à sa fin. Pour moi, la guerre n’a pas de fin.

Pourtant, les événements s’arrangent parfois pour le mieux, puisque ma différence, ma folie m’ont probablement sauvé la vie. Voyez-vous, les personnes normales, et même certains fous, ne peuvent vivre dans de telles conditions, dans une guerre sans fin. J’imagine que j’ai eu de la chance. Parfois, la folie vous aide à supporter la situation. Parfois, j’aimerais être encore plus fou que je ne le suis déjà.

Une profonde introspection a révélé les causes de ma différence, la nature de ma folie. Il s’agit d’une cruelle sagesse permettant – ou, mieux, imposant – une vision objective. J’ai vu l’horreur de la guerre, sa futilité, tout ce gâchis. J’ai enduré l’hypocrisie et l’arrogance des personnes influentes et des nantis, et j’ai toléré l’ignorance et l’étroitesse d’esprit des soumis et des suiveurs. Les partisans malsains de la guerre, qui affichent et prêchent leur patriotisme avec des autocollants ostentatoires à l’arrière de leur voiture, avec des mots qui ne sont pas suivis d’actes, contaminés par l’hystérie de la guerre, mais loin d’elle, bien à l’abri. Ils prétendent reconnaître nos sacrifices, tandis qu’ils applaudissent le massacre en cours, acceptant par leurs mots, leurs actes ou leur passivité d’envoyer d’autres hommes et femmes au combat pour qu’ils y meurent, y soient mutilés, y deviennent fous.

Et lorsqu’ils ne tirent plus profit du carnage, leur ruban jaune patriotique et leur compassion superficielle s’évanouissent rapidement, remplacés par l’apathie et l’indifférence. Les survivants qui reviennent au pays ne sont plus traités comme des héros, mais comme des parias, des épaves et des fardeaux pour l’économie. Ils mythifient les morts à renfort de mémoriaux et de discours sur les pertes et les souffrances passées et futures. Des paroles exaltantes et prophétiques, déclamées par des individus qui cautionnent le carnage devant d'autres individus qui ignorent tout du sacrifice.

Il fut un temps où j’essayais d’expliquer ce qu’est la guerre afin qu’ils comprennent et qu’ils connaissent son horreur, croyant naïvement que la guerre était due à un manque d’information, de compréhension, de discernement et de vision. Mais la folie m’a libéré, elle m’a permis de réaliser que la guerre ne provient pas de telles lacunes mais qu’elle est le fruit d’un excès de cupidité, d’ambition, d’intolérance et de soif de pouvoir. Et nous sommes ses jouets, la chair à canon, ressource dispensable dans cette quête impitoyable de richesse, de pouvoir, de domination et d’impérialisme.

Et désormais, j’accepte et honore ma différence, ma folie, qui condamne les hypocrites et les arrogants, les ignorants et les mesquins, pour leur responsabilité collective et pour leurs meurtres, mutilations et crimes contre l’humanité. Et j’offre ma folie comme présage à leur future responsabilité ; responsabilité envers l’humanité dans les tribunaux de l’histoire, et envers le dieu qu’ils invoquent si souvent pour encourager et légitimer leur sacrilège guerrier.

Note : Voilà pourquoi une compréhension du monde intérieur et du monde extérieur, avec toutes leurs facettes magnifiques ou terrifiantes, y compris une bonne compréhension des processus pathocratiques, est si essentielle ; en vérité, les hommes et les femmes ne sont pas tous égaux, il y a des prédateurs parmi nous, qui nous traquent, nous contrôlent, nous exploitent et nous instrumentalisent à leurs propres fins… les psychopathes et les pathocrates au pouvoir.

La structure sociale pathologique s’étend progressivement au pays tout entier et crée ainsi une « classe nouvelle » au sein de la nation. Cette classe de déviants privilégiée se sent en permanence menacée par « les autres” » c’est-à-dire par la majorité des gens normaux. Et les pathocrates ne se font aucune illusion quand à leur sort personnel, si jamais le système humain normal était restauré…

Les pathocrates n’ont jamais possédé aucun talent pratique, et la perennité de leur règne leur a dénié tout possibilité de s’adapter aux exigences du travail normal. Si les lois de l’humain normal devaient être restaurées, ces pathocrates et leur entourage pourraient être soumis à un jugement, … ils seraient menacés dans leur liberté et leur existence – pas seulement dans leur position et leurs privilèges. Parce qu’ils sont incapables du moindre sacrifice, la survivance du système qui leur convient le mieux devient un impératif moral. Ce qui menace le système doit être combattu par toutes sortes de ruses psychologiques témoignant d'une absence de scrupules, qui peut choquer par sa perversité, à l'égard de « ces autres » – les inférieurs. [..] 

La pathocratie survit grâce au sentiment d’être menacée par la société des gens normaux ainsi que par d’autres pays dans lesquels subsistent, sous diverses formes, le système humain normal. Pour les dirigeants, rester au sommet est une question de vie ou de mort.

Nous pouvons alors nous interroger prudemment : un tel système est-il capable de renoncer à son expansion politique et territoriale et se contenter de ses possessions du moment ? Que se produirait-il si une telle situation permettait d’assurer la paix intérieure, l’ordre et une relative prospérité nationale ?

La grande majorité de la population du pays tirerait alors parti de toutes les possibilités émergentes et mettrait à contribution ses aptitudes supérieures pour étendre le champ de ses activités ; grâce à un taux de naissances supérieur à celui des pathocrates, son pouvoir augmenterait. Cette majorité serait alors rejointe par certains enfants des classes privilégiées qui n’auraient pas hérité de ces gènes-là. La domination de la pathocratie commencerait alors à s’affaiblir, imperceptiblement mais régulièrement, pour aboutir à une situation où la société des gens normaux prendrait le pouvoir. Vision de cauchemar pour les pathocrates.

La destruction biologique, psychologique, morale et économique de cette majorité est donc une nécessité « biologique ». À cette fin, de nombreux moyens sont mis en oeuvre, à commencer par les camps de concentration et les guerres contre un ennemi résolu et bien armé qui affaibliront et anéantiront le pouvoir humain qui les menace – c’est-à-dire celui qui met en péril la domination des pathocrates. Une fois morts, les soldats seront alors célébrés et vénérés tels des héros, ce qui est bien utile pour éduquer une nouvelle génération fidèle à la pathocratie en place.

Ponérologie Politique (traduction révisée)

 

Traduit par Axel D. pour Futur Quantique

19/06/2008

Impeach Bush

Parmi les nombreuses pétitions soutenant l'impeachment de Georges Bush, l'une d'entre elle permet aux non-étasuniens de participer. Vous pouvez donc ajouter votre nom à la pétition initiée par democrats.com

04/06/2008

La stratégie du choc

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"La stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre", titre de la traduction de l'excellent ouvrage de Naomi Kein (titre original : "The Shock Doctrine") est désormais en vente.

Félicitation aux Editions Actes Sud d'avoir choisi de publier cet ouvrage essentiel qui permet de mieux comprendre le fonctionnement de la pensée psychopatique  déclinée dans la doctrine capitaliste. 

23/04/2008

Le bruit des bottes et le silence des pantoufles.

Messieurs George Bush, Nicolas Sarkozy, Alain Finkelkrault, André Glucksman, Bernard Kouchner, Pierre Lelouch, Alexandre Adler, Alain Madelin, Romain Goupil et tous leurs amis...



© Hadi Mizban / AP

Cette photo d'une petite fille irakienne qui exulte de joie devant son papa allongé près d'elle vous est tout spécialement dédiée...

Elle a été prise à la sortie d'une école, et a été relayée par toutes les agences de presse du monde arabe. Elle n'a pas été publiée dans un seul journal occidental.

Article original : http://www.alpheratz.net/BushCo/an_iraqi_girls_face_says_it_all/

Article en français : Le Post.

08/04/2008

Sarkozy abat l'oeuvre gaulliste.

Sarkozy en visite à Kaboul le 22 décembre (Eric Feferberg/Reuters)

1745298742.jpgQuelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:

"L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."

Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:

"Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".

 

"Situer la France au sein de sa famille occidentale"

Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.

Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:

"J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".

Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.

Faire intervenir l'Otan en Afrique?

Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:

"Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...

Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.

Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.

L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!

Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer

Article original publié par Rue 89.

Note de P&P : Sarkozy qui pendant des années a mangé au râtelier du gaullisme vient de fouler aux pieds l’un des acquis majeurs obtenu par Charles De Gaulles : une véritable indépendance militaire et donc stratégique et militaire pour la France.

En intégrant l’OTAN Sarkozy vient de sacrifier cette liberté. La France a remis sa destinée géostratégique et militaire dans des mains étrangères. La France a fait acte d’allégeance aux Etats-Unis et s’est soumise à l’idéologie de ceux qui tirent les ficelles de Bush comme de Sarkozy.

Cette idéologie est barbare, xénophobe et terrifiante  vise au conflit global. L’émergence d’un bloc « blanc occidental judéo chrétien dominant » incluant Israël, l’Europe et les Etats-Unis et légitimant son existence à travers la haine, la peur, la stigmatisation et la destruction de l’autre, pillant les ressources, exterminant ses opposants et contrôlant ses habitants.

Au premier rang de ces cibles nous retrouverons bien sûr les pays musulmans - au sein desquels Liban et Palestine tiennent une place de choix - mais aussi la Chine et la Russie.

Citoyens français nous payons des impôts qui servent à couvrir nos mains du sang des enfants d’Afghanistan. Demain les innocents d’Irak, de Palestine ou d’Iran rejoindront leurs rangs.

Sarkozy a sacrifié l’indépendance militaire de la France sur l’autel de l’allégeance étasunienne (sans consultation du parlement), de même il a sacrifiée l’indépendance politique et financière de la France sur l’autel de l’oligarchie européenne (dans le total mépris du choix populaire clair exprimé par le référendum d’avril 2006).

L’OTAN comme l’Union Européenne sont des entités opaques et technocratiques n’ayant aucune légitimité démocratique. Le citoyen n’y a pas de poids, pas de rôle, pas de pouvoir. Son seul droit y est de travailler de consommer et de payer. Le fruit de notre labeur ainsi collecté alimente ces mêmes organisations et les cliques qui les contrôlent.

05/12/2007

L'armée des Etats Unis a fait de moi un assassin pscyhopathe

3d38dc43e6b1cf612f56f23159910889.jpg28 novembre 2007 - Voltairenet.org

Pendant près de douze ans, le sergent Jimmy Massey a été un US Marine aux nerfs d’acier et au cœur de pierre. Il a servi en Irak où il a participé à des atrocités, avant d’ouvrir les yeux et de lutter contre la politique belliciste de son pays. Il anime aujourd’hui l’association des vétérans d’Irak contre la guerre. Au Salon du livre de Caracas, où il a présenté son témoignage Cowboys del infierno, il a répondu aux questions de la journaliste cubaine Rosa Miriam Elizalde, de Cubadebate.   

« J’ai 32 ans et je suis un assassin psychopathe bien entraîné. Tout ce que je sais faire dans la vie, c’est vendre aux jeunes l’idée de s’enrôler dans les Marines et de tuer. Je suis incapable de conserver un travail. Pour moi, les civils sont des êtres méprisables, des arriérés mentaux, des faibles, un troupeau de brebis. Et moi, je suis le chien de berger. Le déprédateur. Dans l’Armée, on m’appelait « Jimmy le Requin ».

Ceci est le deuxième paragraphe du livre écrit il y a trois ans par Jimmy Massey avec l’aide de la journaliste Natasha Saulnier. Kill ! Kill ! Kill ! a été présenté au Salon du livre de Caracas ; il s’agit du témoignage le plus violent jamais écrit par un ex-membre du corps des marines, arrivé en Irak avec les troupes d’invasion en 2003. Il a décidé de raconter aussi souvent qu’il le faudra comment il a pu jouer pendant douze ans le rôle d’un Marine impitoyable et pourquoi cette guerre l’a changé.

Jimmy a participé au principal débat du Salon du livre, dont le titre était pour le moins polémique : « Une révolution est-elle possible aux États-Unis ? », et son témoignage est sans doute celui qui a le plus impressionné le public. Il a les cheveux courts (coupe militaire), des lunettes noires, une démarche martiale et les bras couverts de tatouages. Il a l’air, très exactement, de ce qu’il était : un Marine. Quand il parle, c’est autre chose : il est profondément marqué par une expérience hallucinante qu’il voudrait épargner à d’autres jeunes gens naïfs. Comme il le dit dans son livre, il n’est pas le seul à avoir tué en Irak : l’exercice était quotidien pour ses compagnons aussi. Quatre ans après avoir quitté le théâtre des opérations, ses cauchemars le poursuivent encore.

Rosa Miriam Elizalde : Que signifient tous ces tatouages ?

Jimmy Massey
: J’en ai beaucoup. Je me les suis fait faire à l’armée. Sur la main (il montre la zone comprise entre le pouce et l’annulaire), le symbole de Blackwater, une armée de mercenaires qui s’est constituée là où je suis né, en Caroline du Nord. Je me le suis fait faire par esprit de contestation, parce qu’il est interdit aux Marines de se tatouer les poignets et les mains. Un jour, avec les membres de mon peloton, on s’est tous saoulés et on s’est tous fait faire le même tatouage : un cow-boy aux yeux injectés de sang sur plusieurs as, l’image de la mort. Oui, cela veut dire exactement ce que tu penses : « tu as tué quelqu’un ». Sur le bras droit, le symbole des marines, le drapeau des États-Unis et celui du Texas, où je me suis enrôlé. Sur la poitrine, du côté gauche, un dragon chinois qui déchire la peau et signifie que la douleur est la faiblesse qui s’échappe du corps. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi dites-vous avoir trouvé chez les Marines les les pires individus que vous ayez jamais rencontrées ?

Jimmy Massey : Les États-Unis utilisent leurs Marines de deux façons : soit dans l’humanitaire, soit pour assassiner. J’ai passé douze ans dans le Corps des Marines des États-Unis et je ne suis jamais parti en mission humanitaire.

Rosa Miriam Elizalde : Avant de partir pour l’Irak, vous recrutiez des jeunes pour l’armée ? Qu’est-ce que cela représente d’être recruteur aux États-Unis ?

Jimmy Massey
: Pour recruter il faut mentir. L’administration Bush a forcé la jeunesse étasunienne à s’enrôler dans l’armée. De quelle manière ? En usant d’un procédé qui était aussi le mien : des offres économiques. En trois ans, j’en ai recruté soixante-quatorze, aucun ne m’a dit qu’il voulait entrer dans l’armée pour défendre son pays, aucun n’avait de motivation d’ordre patriotique. Ils voulaient de l’argent pour entrer à l’Université ou pour avoir une couverture de santé. Je commençais par leur parler de tous ces avantages, et seulement à la fin, je leur faisais valoir qu’ils allaient servir la cause de la patrie. Jamais je n’ai pu recruter un seul fils de riche. Pour garder son travail quand on est recruteur, il ne faut pas s’embarrasser de scrupules.

Rosa Miriam Elizalde : Le Pentagone a revu à la baisse les conditions requises pour entrer dans l’armée. Qu’est-ce que cela signifie ?


Jimmy Massey : Les standards du recrutement ont beaucoup baissé, parce que presque personne ne veut s’enrôler. Avoir des problèmes de santé mentale ou un casier judiciaire ne constitue plus un obstacle. Des personnes ayant commis des actes qui leur ont valu plus d’un an de prison, des délits considérés comme sérieux, peuvent entrer dans l’armée, de même que des jeunes qui n’ont pas fini leurs études secondaires. S’ils réussissent le test mental, ils sont admis.

Rosa Miriam Elizalde : Vous avez changé après la guerre, mais quels étaient vos sentiments avant ?

Jimmy Massey : J’étais un troufion quelconque, qui gobait tout ce qu’on lui disait. C’est quand je suis devenu recruteur que j’ai commencé à ressentir un malaise : il fallait tout le temps que je mente.

Rosa Miriam Elizalde : Pourtant, vous étiez convaincu que votre pays s’engageait dans une guerre juste contre l’Irak.

Jimmy Massey : Oui, les rapports que nous recevions indiquaient que Saddam possédait des armes de destruction massive. Ce n’est que plus tard que nous avons appris que c’était pur mensonge.

Rosa Miriam Elizalde
: Quand l’avez-vous appris ?

Jimmy Massey : En Irak, où je suis arrivé en mars 2003. Mon peloton a été envoyé sur les lieux qui avaient été ceux de l’armée irakienne, et nous y avons trouvé des milliers et des milliers de munitions dans des caisses étiquetées aux États-Unis : elles s’y trouvaient depuis que les États-Unis avaient décidé de soutenir le gouvernement de Saddam dans sa guerre contre l’Iran.
J’ai vu des caisses avec le drapeau nord-américain et même des chars nord-américains. Mes Marines —j’étais sergent de catégorie E6, un grade supérieur à celui de simple sergent, et je commandais 45 Marines—, mes hommes me demandaient pourquoi il y avait des munitions des États-Unis en Irak. Ils ne comprenaient pas. Les rapports de la CIA nous avaient convaincus que Salmon Pac était un camp de terroristes et que nous allions trouver des armes chimiques et biologiques. Or, nous n’avons rien trouvé de tout ça. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à soupçonner que le contenu de notre mission était le pétrole.

Rosa Miriam Elizalde : Les passages les plus terribles de votre livre sont ceux où vous reconnaissez que vous êtes alors un assassin psychopathe. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous le dites ?

Jimmy Massey : Je suis devenu un assassin psychopathe parce que j’ai été entraîné à tuer. Je ne suis pas né avec cette mentalité. C’est le Corps d’infanterie de Marine qui a fait de moi un gangster au service des grandes multinationales étasuniennes, un vulgaire délinquant. J’ai été entraîné pour exécuter aveuglément les ordres du président des États-Unis et rapporter au pays ce qu’il avait demandé, hors de toute espèce de considération morale. J’étais un psychopathe parce que j’ai appris à tirer d’abord et à interroger après, comme un malade et non comme un soldat professionnel qui ne doit affronter qu’un autre soldat. Or, s’il fallait tuer des femmes et des enfants, nous le faisions. Par conséquent nous n’étions plus des soldats, mais des mercenaires.

Rosa Miriam Elizalde : Comment êtes-vous parvenu à cette conclusion ?


Jimmy Massey
: À la suite de plusieurs expériences. Notre travail consistait à entrer dans des quartiers urbains déterminés et à nous occuper de la sécurité des routes. Il y a eu un incident, parmi tant d’autres, qui m’a mis au bord du précipice : une voiture qui transportait des civils irakiens. Tous les rapports des services secrets qui nous tombaient entre les mains disaient que les voitures étaient chargées de bombes et d’explosifs. Nous ne recevions pas d’autre information. Les voitures arrivaient et nous tirions quelques salves d’avertissement ; si elles ne ralentissaient pas pour rouler à la vitesse que nous indiquions, nous tirions sans hésiter.

Rosa Miriam Elizalde : Avec des mitraillettes ?

Jimmy Massey : Oui, et nous attendions des explosions puisque les véhicules étaient criblés de balles. Il n’y a jamais eu d’explosion. Après, on ouvrait la voiture, et que trouvait-on ? Des morts et des blessés, mais pas une seule arme, aucune propagande d’Al Qaeda, rien. Des civils arrivés au mauvais endroit et au mauvais moment.

Rosa Miriam Elizalde
: Vous racontez aussi que votre peloton a mitraillé une manifestation pacifique. Comment cela s’est-il passé ?


Jimmy Massey : C’était aux abords du complexe militaire de Rasheed, au sud de Bagdad, près du Tigre. Il y avait des manifestants au bout de la rue. C’étaient des jeunes, et ils n’avaient pas d’armes. Nous avons avancé et nous avons vu un char stationné sur un côté de la rue. Le conducteur du char nous a dit qu’il s’agissait de manifestants pacifiques. Si les Irakiens avaient voulu faire quelque chose, ils auraient pu faire sauter le char, mais ils ne l’ont pas fait. Nous étions tranquilles, nous pensions : « s ‘ils avaient eu envie de tirer, ils l’auraient déjà fait ». Ils étaient à environ deux cents mètres...

Rosa Miriam Elizalde : Et qui a donné l’ordre de mitrailler les manifestants ?


Jimmy Massey :
Le haut commandement nous a indiqué de ne pas perdre de vue les civils, parce que pas mal de feddayins de la Garde républicaine retiraient leur uniforme et s’habillaient en civil pour lancer des attaques terroristes contre les soldats étasuniens. Les rapports de renseignement étaient connus de chacun des membres de la chaîne de commandement. Tous les Marines avaient une idée très claire de la structure de la chaîne de commandement organisée en Irak. Je crois que l’ordre de tirer provenait des hauts fonctionnaires de l’Administration, tant des centres de renseignement militaire que gouvernemental.

Rosa Miriam Elizalde : Qu’avez-vous fait ?

Jimmy Massey : J’ai regagné mon véhicule, un humvee (une jeep fortement équipée) et j’ai senti passer une balle au-dessus de ma tête. Les Marines ont commencé à tirer et moi aussi. Il n’y a pas eu de riposte de la part des manifestants. J’avais tiré douze fois, et pas une riposte… J’ai voulu m’assurer que nous avions tué selon les normes de combat de la Convention de Genève et les procédés réglementaires des opérations. J’ai essayé d’oublier leurs visages et je me suis mis à chercher leurs armes, mais il n’y en avait pas une seule.

Rosa Miriam Elizalde : Comment ont réagi vos supérieurs ?


Jimmy Massey
: Ils m’ont dit : « Ça arrive de merder ».

Rosa Miriam Elizalde : Quand vos camarades ont appris qu’ils avaient été trompés, comment ont-ils réagi ?

Jimmy Massey : J’étais chef en second. Mes Marines me demandaient pourquoi on tuait tant de civils. « Tu ne peux pas parler au lieutenant ? » me disaient-ils. « Dis-leur qu’il nous faut un matériel adapté ». La réponse a été : « Non ! » Quand mes Marines se sont rendus compte qu’il s’agissait d’un grand mensonge, ils sont devenus comme fous.
Notre première mission en Irak n’avait pas pour objectif d’apporter une aide alimentaire, comme le disaient pourtant les médias, mais d’assurer le contrôle des exploitations pétrolières de Bassora. Dans la ville de Karbala nous avons utilisé notre artillerie vingt-quatre heures d’affilée. C’est la première ville que nous avons attaquée. Moi, je croyais que nous devions apporter de l’aide médicale et alimentaire à la population. Non. Nous avons suivi notre chemin jusqu’aux exploitations pétrolières. Avant l’Irak, nous étions allés au Koweït.

Nous sommes arrivés en janvier 2003. Nos véhicules étaient pleins de vivres et de médicaments. J’ai demandé au lieutenant ce que nous allions en faire, parce qu’avec tout ce matériel à bord il n’y avait presque plus de place pour nous. Il m’a répondu que son capitaine lui avait donné l’ordre de tout laisser au Koweït. Peu après, nous avons été chargés de tout brûler : toutes les vivres et tout le matériel médical humanitaire.

Rosa Miriam Elizalde : Vous avez aussi dénoncé l’usage d’uranium appauvri...

Jimmy Massey
: J’ai 35 ans et ma capacité pulmonaire a été réduite de 20 %. Selon les médecins, je souffre d’une maladie dégénérative de la colonne vertébrale qui s’accompagne de fatigue chronique et de douleurs dans les tendons. Autrefois, je courais tous les jours dix kilomètres pour le plaisir, et maintenant j’arrive tout juste à marcher sur cinq ou six kilomètres. J’ai même peur d’avoir des enfants. J’ai des inflammations du visage. Regarde cette photo (il me montre celle qui apparaît sur son badge du Salon du livre), elle a été prise peu après mon retour d’Irak. Je ressemble à une créature de Frankenstein et cela, je le dois à l’uranium appauvri. Imagine un peu ce que les Irakiens ont dû endurer...

Rosa Miriam Elizalde : Que s’est-il passé à votre retour aux États-Unis ?

Jimmy Massey
: Je passais pour un fou, un lâche, un traître.

Rosa Miriam Elizalde : Vos supérieurs disent que tout ce que vous dites n’est que mensonge.


Jimmy Massey : Mais les preuves contre eux sont accablantes. L’armée nord-américaine est épuisée. Plus cette guerre durera, plus ma vérité aura de chances de se faire jour.

Rosa Miriam Elizalde : Le livre que vous avez présenté au Venezuela existe en espagnol et en français. Pourquoi n’a–t-il pas été publié aux États-Unis ?

Jimmy Massey : Les éditeurs ont exigé que les noms des personnes impliquées soient retirés et que la guerre en Irak soit présentée dans une sorte de brouillard, de manière moins crûe. Or, je n’y suis pas disposé. Des maisons d’édition comme New Press, censées être de gauche, ont refusé de me publier de crainte des poursuites judiciaires, les gens concernés par le livre pouvant porter plainte.


Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi des médias comme le New York Times et le Washington Post ne reproduisent-ils pas votre témoignage ?


Jimmy Massey : Je ne répétais pas l’histoire officielle, selon laquelle les troupes étaient en Irak pour aider le peuple, je ne disais pas non plus que les civils meurent accidentellement. Je refuse de le dire. Je n’ai jamais vu de tir accidentel contre des Irakiens et je refuse de mentir.

Rosa Miriam Elizalde : Cette attitude a-t-elle changé ?

Jimmy Massey
: Non, ils ont ouvert leurs pages à l’objection de conscience : les opinions et les livres de personnes qui sont contre la guerre mais qui n’ont pas vécu ce genre d’expérience. Ils ne veulent toujours pas regarder la réalité en face.

Rosa Miriam Elizalde
: Avez-vous des photographies ou d’autres documents qui prouvent ce que vous racontez ?

Jimmy Massey : Non. Tout ce qui m’appartenait m’a été retiré quand j’ai reçu l’ordre de rentrer aux États-Unis. Je suis revenu d’Irak avec deux armes : ma tête et un couteau.

Rosa Miriam Elizalde : Y a-t-il une issue à la guerre, à court terme ?

Jimmy Massey : Non, ce que je constate, c’est que républicains et démocrates sont d’accord sur cette politique. La guerre est une grande affaire pour les deux partis, qui dépendent du complexe militaro-industriel. Il nous faudrait un troisième parti.

Rosa Miriam Elizalde
: Lequel ?


Jimmy Massey : Celui du socialisme.

Rosa Miriam Elizalde : Vous avez participé à un débat qui s’intitulait : « États-Unis : la révolution est possible ». Y croyez-vous vraiment ?


Jimmy Massey : Elle a commencé. Dans le Sud, où je suis né.

Rosa Miriam Elizalde
: Mais le Sud est, traditionnellement, la région la plus conservatrice du pays.

Jimmy Massey : Après l’ouragan Katrina, les choses ont changé. La Nouvelle-Orléans ressemble à Bagdad. Les gens du Sud s’indignent et se demandent tous les jours comment il est possible qu’on investisse des fortunes dans une guerre inutile à Bagdad et qu’on ait pas un sou pour la Nouvelle Orléans. Rappelez-vous que c’est dans le Sud qu’a commencé la plus grande rébellion du pays

Rosa Miriam Elizalde : Iriez-vous à Cuba ?

Jimmy Massey : J’ai beaucoup d’admiration pour Fidel Castro et pour le peuple de Cuba. Si je suis invité, bien sûr que j’irai. Je me fiche de ce que dit mon gouvernement. Personne ne décide où je peux ou ne peux pas aller.

Rosa Miriam Elizalde : Savez-vous que le symbole du mépris impérial envers notre nation est une photographie de Marines en train d’uriner sur la statue de José Marti, le Héros de notre indépendance ?


Jimmy Massey : Bien sûr. Lorsque j’étais au Corps des Marines on nous parlait de Cuba comme s’il s’agissait d’une colonie des États-Unis et on nous enseignait un peu d’histoire. Un Marine est censé apprendre des choses sur le pays qu’il va envahir, comme dit la chanson…

Rosa Miriam Elizalde : La chanson des Marines ?


Jimmy Massey : (Il chante) « From the halls of Montezuma, to the shores of Tripoli… » (Depuis les salons de Montezuma jusqu’aux plages de Tripoli...)

Rosa Miriam Elizalde
: Autrement dit, le monde entier...


Jimmy Massey : Le rêve est effectivement de dominer le monde... même si pour le réaliser nous devons tous devenir des assassins.

27/11/2007

4,2 millions de réfugiés irakiens

Cet article est extrait du site Voltairenet.org

 

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 Les violences incessantes ravageant les régions centrale et méridionale de l’Irak forcent chaque mois des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur foyer, confrontant la communauté internationale à une crise humanitaire encore plus grave que les bouleversements prévus par les agences humanitaires lors de la guerre de 2003.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), plus de 4,2 millions d’Irakiens ont quitté leurs maisons. Parmi eux, quelque 2,2 millions sont déplacés à l’intérieur du pays et plus de deux millions ont fui dans les États voisins, surtout en Syrie et en Jordanie. Beaucoup étaient déjà déplacés avant 2003, mais un nombre croissant continue de fuir. En 2006, les ressortissants irakiens arrivaient en tête des demandeurs d’asile en Europe.

Note de P&P : Rappelons quez ces drames humanitaires sont le résultat d'une guerre lancée par les Etats-Unis en raison de la présence de soit-disants armes de destruction massive qui de l'aveu même d'un général des marines ont été inventées de toute pièce

 

Lors des trois premières années qui ont suivi la chute de l’ancien régime irakien en 2003, la plupart du travail de l’UNHCR se basait sur l’hypothèse que la situation interne se stabiliserait, permettant à des centaines de milliers d’Irakiens déjà déplacés de rentrer chez eux. En 2006, cependant, l’intensification de la violence a créé davantage de déplacements. Une réévaluation du travail de l’UNHCR et de ses priorités dans la région s’est avérée nécessaire – de l’assistance aux rapatriés et à quelque 50 000 réfugiés non irakiens en Irak, en passant par une aide plus importante aux milliers de personnes qui fuient tous les mois.

Entre 2003 et 2005, quelque 300 000 Irakiens sont rentrés chez eux depuis l’Iran, l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie et d’autres pays. Toutefois, ces retours ont aujourd’hui cessé. Davantage de personnes fuient, dont un grand nombre de professionnels qualifiés d’une importance cruciale pour le redressement du pays.

En plus de ceux qui ont quitté le pays, plus d’un million d’Irakiens ont fui leurs maisons pour d’autres régions en Irak depuis le début 2006, la plupart d’entre eux à cause de la violence sectaire qui a suivi les bombardements d’une importante mosquée chiite dans la ville de Samarra, dans le centre de l’Irak, en février 2006.

Ces déplacements en Irak présentent un énorme défi humanitaire et une difficulté extrême à la fois pour les déplacés et pour les familles iraquiennes qui tentent de les aider dans les communautés d’accueil. L’importance des besoins, la violence et les difficultés pour atteindre les déplacés en font un problème qui dépasse en fait la capacité des agences humanitaires, y compris l’UNHCR. Et plus longtemps cette situation durera, plus elle sera difficile, car tant les déplacés internes que leurs communautés d’accueil en Iraq épuisent leurs ressources.

De nombreux Irakiens déracinés fuyant vers les pays voisins ne cherchent pas tout de suite l’aide de l’UNHCR. Ils s’appuient plutôt sur un réseau social d’amis et de proches qui, craint l’UNHCR, s’amenuise rapidement, augmentant encore les problèmes sociaux parmi les exilés et les tensions occasionnelles avec les communautés d’accueil.

Depuis le début 2007, l’UNHCR a étendu ses opérations dans la région et compte maintenant 300 employés travaillant sur la crise irakienne depuis des bureaux dans la région et Genève. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a enregistré plus de 180 000 Irakiens dans les pays avoisinant l’Irak. Environ 15 % d’entre eux ont besoin d’une assistance spécifique, dont des personnes ayant été victimes de tortures. En avril 2007, l’agence a convoqué une importante conférence internationale à Genève pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par le conflit en Irak et mobiliser davantage d’aide internationale en leur faveur.

Note de P&P : Il est intéressant de constater que l'ONU à travers l'UNHCR, qui se veut pourtant être l'outil de garantie de la paix (création en 1945 suite à la deuxième guerre mondiale et pour éviter  les problèmes internationaux) est dotée d'un budget annuel de plus de 2 millards de dollars et  compte plus de 61000 employés. A ce jour 300 de ces salariés, soit moins de 0,5% des effectifs totaux sont "mobilisés" pour faire face aux 4,2 millions de réfugiés irakiens.

  

L’UNHCR soutient les pays hôtes en réhabilitant et en construisant des écoles, des cliniques et des centres communautaires, ainsi qu’en assurant un soutien psychologique et des soins spécifiques pour les Irakiens les plus vulnérables. À la mi-août 2007, l’UNHCR a présenté quelque 12 000 cas parmi les Irakiens les plus vulnérables en vue d’une réinstallation dans des pays tiers.

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a lancé des appels d’un montant de 223 millions de dollars pour ses opérations irakiennes en 2007, s’inquiète aussi pour la situation de quelque 15 000 réfugiés palestiniens restés en Irak, dont environ 1 500 sont bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie dans deux camps de fortune. Les Palestiniens à Bagdad sont victimes de menaces quotidiennes mais ne peuvent pas quitter l’Irak. Les chrétiens du pays et d’autres communautés minoritaires sont aussi menacés.

Note de P&P : L'objectif officiel des Ziocons n'était-il pas de rétablir paix et démocratie ? Un ambitieux programme de reconstruction de l'Iraq n'avait-il pas été annoncé dès 2003 ? Des dizaines de milliards de dollars sortis de la poche des contribuables étasuniens n'étaitent-ils pas destinés à ce programme de reconstruction ? Les grandes entreprises telles qu'Halliburton n'ont-elles pas obtenu des contrats visant à cette reconstruction

 

L’infâme secret de la torture

 Article rédigé par Naomi Klein et publié dans The Nation, le 12 mai 2005.

Traduction par Paxhumana.info

 
J’ai récemment eu un aperçu en action des effets de la torture lors d’un événement en l’honneur de Maher Arar. Ce Canadien d’origine syrienne est la plus célèbre victime d’un genre d’extradition spécial appelé « restitution » [rendition], qui est un procédé par lequel les fonctionnaires des États-Unis sous-traitent la torture dans d’autres pays. Arar changeait d’avion à New York lorsque des enquêteurs l’ont mis en détention puis l’ont « restitué » à la Syrie, où il a été maintenu pendant dix mois dans une cellule à peine plus large qu’une tombe et d’où il était périodiquement sorti pour être battu.

Arar a reçu les honneurs pour son courage par le Conseil Canadien pour les Relations Américano-Islamiques, un groupe d’opinion à tendance modérée. L’assemblée lui a offert une très sincère standing ovation, mais un sentiment de peur se mêlait à la célébration. Un grand nombre d’importants dirigeants communautaires gardaient leur distance avec Arar, ne lui répondant que de façon hésitante. Certains des intervenants furent même incapables d’appeler cet honorable invité par son nom, comme s’il avait quelque chose qui pourrait les contaminer. Et peut-être avaient-ils raison : la maigre « preuve » - discréditée ultérieurement - qui a envoyé Arar dans un cachot infesté de rats était la « culpabilité par association ». Et si cela a pu arriver à Arar, prospère ingénieur en informatique et bon père de famille, qui est à l’abri ?

À l’occasion d’une rare allocution publique, Arar a abordé cette peur sans détour. Il a déclaré à l’assemblée qu’un commissaire indépendant a essayé de rassembler des preuves montrant que des fonctionnaires censés faire appliquer la loi agissaient dans l’illégalité lors d’enquêtes concernant des musulmans canadiens. Le commissaire a entendu des douzaines de récits de menaces, de harcèlement et de visites inopportunes au domicile. Mais, a dit Arar, « pas une seule personne n’a porté plainte. La peur les en a empêchés. » La peur d’être le prochain Maher Arar.

La peur est encore plus forte chez les musulmans aux États-Unis, où le Patriot Act donne à la police le pouvoir de saisir les archives de n’importe quelle mosquée, école, bibliothèque ou groupe communautaires sur la seule suspicion de liens terroristes. Quand cette surveillance intense est couplée à la menace toujours présente de torture, le message est clair : Vous êtes sous surveillance, votre voisin pourrait être un espion, le gouvernement peut tout savoir à votre sujet. Au moindre faux-pas, vous pouvez disparaître dans un avion à destination de la Syrie ou dans « le trou sombre et profond de la Baie de Guantanamo », pour emprunter une expression de Michael Ratner, président du Centre pour les Droits Constitutionnels.

Mais cette peur doit être finement dosée. Les gens qui subissent des intimidations doivent en savoir assez pour avoir peur, mais pas trop au point qu’ils en appellent à la justice. Ceci explique pourquoi le Département de la Défense va autoriser la publication d’informations soi-disant compromettantes au sujet de Guantanamo - des images d’hommes dans des cages, par exemple - tout en menant des actions pour faire disparaître des photographies du genre de celles qui se sont échappées d’Abou Ghraïb. Et cela pourrait aussi expliquer pourquoi le Pentagone a approuvé la publication du dernier livre d’un ancien traducteur militaire, qui inclut des passages sur l’humiliation sexuelle de prisonniers, tout en lui interdisant de mentionner l’utilisation généralisée de chiens d’attaque. Cette utilisation stratégique des fuites d’informations, combinées avec des démentis officiels, induit un état d’esprit décrit par les Argentins comme le « savoir/ne pas savoir », un vestige de leur « sale guerre ».

« Manifestement, on encourage les agents des renseignements à cacher l’utilisation de méthodes illégales », selon Jameel Jaffer de l’ACLU [Union Américaine des Libertés Civiles - American Civil Liberties Union]. « D’un autre côté, quand ils utilisent la "restitution" et la torture comme menaces, il est indéniable qu’ils bénéficient, d’une certaine façon, du fait que les gens savent que les agents des renseignements sont prêts à agir illégalement. Ils bénéficient du fait que les gens comprennent la menace et la jugent crédible. »

Et les menaces ont bien été comprises. Dans une déclaration sous serment enregistrée dans le cadre d’une remise en question de la section 215 du Patriot Act déposée par l’ACLU, Nazih Hassan, président de l’Association de la Communauté Musulmane d’Ann Arbor, au Michigan, décrit ce nouveau climat. Les inscriptions et la participation ont baissé, les donations ont dégringolé, des membres de la direction ont démissionné - Hassan dit que ses membres craignent de faire quoi que ce soit qui pourrait leur valoir l’inscription de leur nom sur une liste. Un membre a témoigné anonymement qu’il a « cessé de s’exprimer sur des sujets politiques ou sociaux », parce qu’il ne veut pas attirer l’attention.

Voici le vrai but de la torture : de terroriser - pas seulement les personnes qui sont dans les cages de Guantanamo ou dans les cellules d’isolement de Syrie, mais aussi, et surtout, l’ensemble de la communauté qui est informée de ces abus. La torture est une machine créée pour briser la volonté de résister - la volonté du prisonnier et la volonté collective.

Cette affirmation n’est pas controversée. En 2001, l’ONG américaine des Médecins pour les Droits de l’Homme a publié un manuel sur la manière de traiter les survivants de la torture, qui notait : « Les tortionnaires essayent souvent de justifier leurs actes de torture et de mauvais traitements par leur besoin de rassembler des informations. De telles conceptualisations voilent le but réel de la torture... Le but de la torture est de déshumaniser la victime, briser sa volonté et en même temps, en faire un exemple horrifiant pour ceux qui sont en contact avec la victime. De cette manière, la torture peut briser ou porter atteinte à la volonté et la cohésion de communautés entières. »

Cependant, malgré ces connaissances, on continue de débattre de la torture aux États-Unis comme s’il s’agissait seulement d’une méthode moralement questionnable d’extraire de l’information, et non pas d’un instrument de terreur de l’État. Mais il y a un problème : Personne n’affirme que la torture est un outil d’enquête efficace - surtout pas les personnes qui la pratiquent. La torture « ne marche pas. Il y a de meilleures façons de gérer les détenus », comme le disait le directeur de la CIA Porter Goss à la Commission de Renseignement du Sénat le 16 février. Et un rapport récemment déclassé par un officiel du FBI à Guantanamo affirme que la coercition extrême n’a produit « rien de plus que ce que le FBI a obtenu en utilisant de simples techniques d’interrogatoires. » Le propre manuel de terrain de l’armée sur les interrogatoires affirme que la force « peut pousser la personne interrogée à dire n’importe quelle chose qu’elle pense que l’interrogateur veut entendre ».

Et malgré cela, les abus continuent - l’Ouzbékistan est maintenant le nouveau point chaud pour les extraditions ; le « modèle El Salvador » importé en Irak. Finalement, la seule explication rationnelle de la popularité persistante de la torture vient d’une source inattendue. On a demandé à Lynndie England, la bouc émissaire pour Abou Ghraïb, à l’occasion de son procès expédié, pourquoi elle et ses collègues ont forcé des prisonniers nus à former une pyramide humaine. « C’était un moyen pour les contrôler », a-t-elle répliqué.

Exactement. Comme outil d’interrogatoires, la torture est un échec complet. Mais quand il s’agit de contrôle social, rien ne marche aussi bien que la torture.