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18/05/2009

Les Chinois achètent de l’or. Le dollar en a-t’il encore pour bien longtemps ?

 

Il y a quelques semaines, avant le sommet du G20, le gouverneur de la banque centrale chinoise a fait un discours remarqué laissant entendre qu'il fallait mettre fin au rôle actuel dominant du dollar américain comme monnaie internationale de réserve, pour se tourner vers une monnaie supranationale plus stable et moins facilement manipulable par un gouvernement.

Zhou Xiaochuan avait alors mentionné les Droits de tirage spéciaux (DTS), une monnaie artificielle inventée par le FMI en 1969 et basée sur un panier d'autres monnaies-papier nationales. Des commentateurs avaient perçu cette déclaration comme une mise en garde du gouvernement chinois envers les autorités américaines: Nous sommes votre principal créancier. Si vous cherchez à régler vos problèmes en créant trop d'argent, en dépréciant votre monnaie et en diluant ainsi la valeur de nos réserves, nous pourrions réagir en diversifiant nos actifs et en cessant de vous prêter toujours plus de milliards.

Les Chinois sont en effet les plus grands détenteurs de titres en dollars, leurs réserves s'élevant à environ 2 billions $. Si le dollar venait à être dévalué, ils perdraient beaucoup.

Cela fait des années qu'on voit venir ce crunch inévitable résultant des politiques inflationnistes de la Fed, des politiques mercantilistes des Chinois et d'autres pays émergents, et des déséquilibres monétaires qui découlent de ces politiques. La différence est que maintenant, ces déséquilibres atteignent peut-être un point critique et les Chinois pourraient être sur le point de faire autre chose que simplement lancer des messages plus ou moins subtils.

À la fin du mois d'avril, le gouvernement chinois a annoncé qu'il avait augmenté ses réserves d'or de 76% au cours des six derniers mois et a demandé au FMI de vendre ses réserves de façon à pouvoir en acheter davantage. On ne parle donc plus de morceaux de papier dont la valeur artificielle ne tient qu'à un sceau apposé par des bureaucrates, comme les DTS, mais d'un actif solide. Le signal envoyé non seulement aux gouvernements mais aux marchés est beaucoup plus clair. Comme le souligne un très intéressant article rapportant la nouvelle, « ...quite a few experts said the move solidifies gold's place as a monetary asset, and shows that it's destined for a brighter future ».

Voilà un pas dans la bonne direction, qui va probablement accélérer l'effondrement inévitable du dollar
.

La Fed, qui alimente l'économie mondiale depuis des décennies avec du faux argent, encore plus depuis la rupture du dernier lien du dollar avec l'or sous Nixon en 1971, est la première source mondiale d'inflation monétaire et de distorsions économiques. Cette situation permet aux Américains de vivre au-dessus de leurs moyens. Le statut de monnaie internationale de réserve du dollar a en effet contribué à financer beaucoup plus facilement leurs guerres impérialistes, leur consommation irresponsable et leur endettement vertigineux. Les dollars additionnels créés qui se retrouvent dans des voûtes de banques étrangères ne suscitent en effet pas de hausses de prix aux États-Unis – tant que les étrangers veulent en accumuler toujours davantage – ce qui aurait rendu une telle politique inflationniste insoutenable. En utilisant le dollar comme principale devise pour les transactions internationales et l'accumulation de réserve, le reste du monde subventionne à toutes fins pratiques le pouvoir d'achat des Américains.

Pendant ce temps, les États-Unis sont toutefois devenus un pays socialiste avec une économie de moins en moins productive et compétitive, la banqueroute du secteur automobile n'étant que l'exemple actuel le plus patent. Leur économie n'est plus aussi dominante qu'au moment où le système de Bretton-Woods a été mis en place après la Seconde Guerre mondiale. Sur la base de ce qu'ils produisent et de la demande étrangère pour leurs biens et services, les Américains devraient, aujourd'hui, avoir un niveau de vie bien moins élevé. La crise actuelle met au jour de façon encore plus évidente toutes ces distorsions et tous ces déséquilibres.

À l'échelle internationale, les réserves d'or chinoises restent modestes. Mais la Chine est également le principal pays producteur d'or, et c'est la tendance qui est importante. Les Chinois n'ont certainement pas intérêt à ce que le dollar s'effondre à court terme, mais les politiques inflationnistes de la Fed et du gouvernement Obama menacent la valeur de leurs immenses réserves. La situation est intenable à moyen terme et les force à chercher des solutions alternatives.

Le président de Centennial Precious Metals, Michael Kosares, note dans l'article que « China, true to its reputation for patience and steady, long-term progress toward its goals, has taken the golden path and now they want the world to know about it ».

On doit en effet reconnaître que les Chinois manifestent des préférences temporelles plutôt basses. Depuis quatre décennies, leur pays s'ouvre toujours davantage à l'économie de marché et s'enrichit à vive allure. Ils ont une éthique du travail et un sens de l'entrepreneurship développés, et épargnent beaucoup. Le gouvernement chinois, non-démocratique, est moins sujet aux pressions de l'opinion publique et des groupes d'intérêt parasitaires qui tentent de monnayer leur appui politique en échange de transfert de fonds publics et de privilèges, comme c'est le cas dans nos pays occidentaux.

Un tyran étatique reste bien sûr un tyran étatique, mais il y en a qui ont des politiques moins pires que d'autres. Et la Chine aura contribué plus que n'importe quel pays au monde à la mondialisation et à l'avancement de l'économie de marché à la fin du 20e et au début du 21e siècle.

Cette contribution s'avérerait encore plus cruciale si les Chinois décidaient d'appuyer activement le retour de l'étalon-or comme base du système monétaire mondial, en remplacement du système actuel fondé sur les monnaies fiduciaires et la domination du dollar. Les monnaies fiduciaires sont la quintessence du court-termisme. Elles sont sujettes à toutes les manipulations et constituent un levier incontournable de toute politique d'inspiration keynésienne (ou friedmanienne) pour stimuler l'économie. Les États peuvent constamment déprécier leur monnaie pour atteindre des objectifs à court terme, en repoussant les conséquences néfastes à plus tard.

Sauf que le long terme finit toujours par nous rattraper. Et nous payons aujourd'hui pour les politiques désastreuses de la Fed et des autres banques centrales
(y compris celles de la Chine, notons-le, qui sont loin d'être parfaites). Il aurait été impossible de mettre en oeuvre ces politiques, à tout le moins avec une telle ampleur, dans un régime d'étalon-or. C'est pourquoi toute indication d'un retour en force de l'or comme base monétaire ne peut qu'être une bonne nouvelle pour ceux qui croient dans la liberté et la rationalité économique.


Martin Masse est né à Joliette en 1965. Il est diplômé de l'Université McGill en science politique et en études est-asiatiques. Il a lancé le cybermagazine libertarien Le Québécois Libre en février 1998. Il a été directeur des publications à l’Institut économique de Montréal de 2000 à 2007. Il a traduit en 2003 le best-seller international de Johan Norberg, Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, publié au Québec par l'Institut économique de Montréal avec les Éditions St-Martin et chez Plon en France.


Article original : Martin Masse - Le Quebecois Libre

02/11/2008

Christine Lagarde se vautre en direct sur l'inflation

En préambule, précisons que Madame Christine Lagarde est ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi. Elle a vécu environ 20 ans aux Etats-Unis et a dirigé le plus grand cabinet d'avocats d'affaire au monde ! Chapeau l'artiste... Voilà pour le curriculum officiel, c'est propre, c'est net, et sans bavure... pour le curry-culum officieux, par contre, c'est un poil plus épicé...

christine lagarde

Juillet 2007. Au perchoir de l'Assemblée Nationale, elle récite son discours : « Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. » Allez, jouons le jeu ! De toute façon, je ne mets jamais que des tee-shirts pour travailler... et en plus je pense très peu, en général...

4 novembre 2007. Le pouvoir d'achat stagnant et le prix de l'essence à la pompe n'en finissant pas de grimper, elle annonce que les français devraient dorénavant se mettre au vélo. Un peu comme un médecin à qui on explique que son bras droit ne fonctionne plus et qui vous répondrait « pas de problème, utilisez votre bras gauche. Ca fera 22 euros Monsieur... »

Mi-novembre 2007. Christine Lagarde est classée bonne dernière des 12 ministres de l'Economie européens évalués par le Financial Times.

9 décembre 2007. Christine Lagarde estime à la valeur d'un treizième mois le gain apporté aux français par la nouvelle loi sur le pouvoir d'achat, ce qui fera bien rire Jean-Jacques Bourdin...

5 janvier 2008. Elle balance en direct au JT du soir de France 2, le plus naturellement du monde, que l'inflation en 2007 sera de 1,5%. Le matin même d'ailleurs, elle avait annoncé sur France-Info que l'inflation en 2007 serait "malheureusement" supérieure à 2%. Or, le journal officiel du 15 décembre 2007 est formel. L'inflation calculée entre Novembre 2006 et Novembre 2007 est de 2,4% ! Il s'agit pourtant d'une simple division Madame Lagarde ! Tout dê même ! Ce qui est le plus hallucinant, c'est qu'aucun des journaux économiques n'ait réagi. Pas plus que la presse écrite, enfin à ma connaissance... Juste Rue89. Merci ! Notons au passage que la prévision de cet indice pour 2007 était de 1,3%. Notons aussi que la loi de finances 2008 est basée sur un prix du baril de brut de 73$, alors qu'il est déjà à 100$. Notons enfin que la loi de finances 2008 est basée sur un euro à 1,37$, alors qu'il est déjà à 1,47$.

Mais un scoop de dernière minute de notre envoyé très spécial à Bercy nous informe que les services des statistiques du ministère de l'Economie et de l'Insee ont fusionné, pour des raisons de réductions des coûts bien évidemment, avec le service des prévisions de Météo France... Jean-Jacques Bourdin n'a pas fini de rire.

Article original : Les mots ont un sens

29/07/2008

Hallo l'INSEE, ici la Terre.

 Note de P&P : L'INSEE, dans un exercice de propagande à faire pâlir Goebbels tente désespérement de nous faire croire que le pouvoir d'achat augmente fortement. Asseyez-vous bien, vous allez assister à un numéro de haute voltige :

Les français ont l'impression que leur pouvoir d'achat est en chute vertigineuse. Pourtant, selon l'INSEE, le pouvoir d'achat des ménages a augmenté en 2007 de 3,3 % et il devrait augmenter de 0,9% en 2008. Alors comment expliquer cette différence considérable entre la perception des français et les statistiques officielles. Entretien avec Fabrice Lenglart, chef du département des comptes nationaux à l'INSEE.

Pouvez-vous nous définir le pouvoir d'achat ?

« Le pouvoir d'achat du revenu brut disponible », c'est le terme exact de la comptabilité nationale, est la différence entre l'ensemble des revenus des ménages (salaires, revenus d'activités, revenus du patrimoine, prestations sociales...) et les prélèvements obligatoires (cotisations sociales, impôts directs...). C'est un solde qui n'a pas tellement de sens. Ce que nous analysons plutôt, c'est l'évolution de ce revenu disponible des français d'une année sur l'autre, après avoir pris en compte l'inflation. En fait, nous ne communiquons pas sur le pouvoir d'achat mais sur l'évolution de ce pouvoir d'achat.

Comment a évolué le pouvoir d'achat ces deux dernières années ?

En 2007, le pouvoir d'achat a augmenté de 3,3 % ce qui est très fort puisque ces quinze dernières années, son évolution était plutôt autour de 2 % par an. Pour 2008, selon les prévisions, le pouvoir d'achat des ménages devrait évoluer de 0,9%, ce qui est très faible.

Très faible mais positif, alors que les français ont l'impression que leur pouvoir d'achat s'est effondré. Comment expliquez-vous la différence entre ces chiffres et la perception des français ?

Nous avons beaucoup travaillé sur cette différence entre la perception et la réalité des chiffres. La première explication est la différence entre le pouvoir d'achat individuel et collectif. En fait, le revenu disponible évolue mais en réalité la population française et en particulier le nombre de ménages évolue encore plus vite ce qui fausse le calcul du pouvoir d'achat. Le gâteau augmente mais le nombre de parts à couper augmente encore plus. En fait la bonne façon serait de calculer le pouvoir d'achat par unité de consommation, ce qui donne une vision plus juste du pouvoir d'achat.

Pourquoi ne le faites-vous pas ?

Nous le faisons  mais ces chiffres n'étaient pas ceux qui étaient mis en avant. Aujourd'hui, on communique de plus en plus sur le pouvoir d'achat par unité de consommation ce  qui diminue l'évolution d'environ 0,9 Point. Par exemple en 2008, le pouvoir d'achat des français, par unité de consommation devrait stagner.

Le deuxième élément qui explique la différence entre les chiffres et la perception des consommateurs est que lorsqu'ils parlent de pouvoir d'achat, les français raisonnent en prix et pas forcément en revenus. Pourtant, le pouvoir d'achat doit prendre en compte les deux éléments. Quand on compare les enquêtes d'opinion sur les prix et l'inflation réelle, on constate un décalage important, avec un décrochage qui s'est largement accentué depuis l'Euro.

Est-ce que le calcul de l'inflation par l'INSEE prend bien en compte l'évolution réelle des prix ?

Les français lorsqu'ils pensent prix, pensent principalement aux produits qu'ils achètent le plus souvent comme les produits alimentaires ou l'essence. Or l'inflation mesurée par l'INSEE prend en compte tous les prix, y compris les prix des automobiles qui sont plutôt stables ou des biens électroniques qui ont plutôt baissé. Or le poids de ces produits dans le calcul de l'inflation est important car même si on ne les achète pas souvent, leur coût est important et pèse donc de manière significative dans le calcul de l'inflation.

S'agit-il alors d'un problème de rythme de consommation. Les français dépensent-ils plus aujourd'hui qu'il y a quelques années ?

Il est vrai que chaque mois, les français ont une certaine somme qui part directement pour le paiement de ce que nous appelons des « dépenses contraintes », comme le loyer, le ou les abonnements téléphoniques, l'assurance, la mutuelle etc...Or les dépenses contraintes qui représentaient 15 % du budget des ménages en 1960 ont presque doublé en quarante ans puisqu'elles représentent aujourd'hui près de 30 %. Chaque mois, les français voient 30% de leurs revenus partir automatiquement. Du coup, le revenu «arbitrable», c'est-à-dire qui reste aux français et dont ils peuvent décider, est moins important ce qui les conforte dans cette impression de baisse du pouvoir d'achat.


Note de P&P : - « Insee, répondez »,  « Insee, ici la Terre, répondez »

- « Chef je crois qu’on les a perdus. »

Si la souffrance de millions de Français luttant un peu plus chaque jour pour arriver à vivre décemment n’était pas en jeu, les pathétiques tentatives de justification de l’INSEE pourraient prêter à sourire. 

Il est sûr que l’inflation croissante et l’érosion du pouvoir d’achat qui frappent la France depuis l’élection de notre cher Président dont la principale  promesse électorale consistait en une augmentation dudit pouvoir d’achat commencent à faire sérieusement désordre. 

L’INSEE, en bonne officine de propagande, se démène donc pour entretenir l’illusion, à coup d’ « unités de consommation », de « revenu arbitrable », de « dépenses contraintes ». 

Cette tactique est vieille comme le monde. En effet lorsque votre point de vue prend l’eau de toute part, obscurcissez le débat et employez moult termes techniques afin de perdre votre interlocuteurs. 

Ceux qui, honte à eux, douteraient encore de la totale intégrité de l’INSEE pourraient jeter un œil à l’organigramme de cette vénérable institution. On remarque qu’un nouveau directeur général a été nommé six mois après l’élection de notre brillantissime président : « Jean-Philippe Cotis, 50 ans, diplômé de l’ESSEC et de l’ENA, a été nommé directeur général de l’Insee, sur proposition de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. » 

Sachant que Christine Lagarde est un modèle d’objectivité économique et sociale, comme l’a justement souligné le Réseau Voltaire : « Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault. 

 Au-delà des mensonges abracadabrants entonnés par le gouvernement et l’INSEE visant à nous faire gober que l’on s’enrichit alors que l’on s’appauvrit, la notion de pouvoir d’achat demeure pourtant fort simple. 

 Si vous pouvez acheter moins qu’avant, c’est que votre pouvoir d’achat baisse. 

Certes le pouvoir d’achat de certains, en particulier celui de notre cher président, a considérablement augmenté

Mais pour l’immense majorité des Français, ceux qui doivent se contenter de 1000 ou 2000 euros par mois la tendance est clairement orientée à la baisse. 

Je ne résiste pas à l’envie de publier ce mail envoyé il y a quelques semaines par un lecteur qui témoigne, dépenses par dépenses, de l'évolution réelle de son pouvoir d’achat.

"Je me présente, mon nom est Georges, déjà avec un prénom comme ça j’aurais dû me méfier. J’ai 29 ans, je suis chauve, smicard et célibataire (tiens en l’écrivant je me dis qu’il y a peut-être des liens de cause à effet). 

Après avoir décroché un DEA en océanographie, il a bien fallu que je commence à gagner ma vie. Après deux années de RMI, de galère et de petits boulots, j’ai décroché en 2006 un vrai job à temps plein. 1030 euros par mois, mazette ! 

Depuis je mène une existence à peu près aussi  merdique que quand j’étais au RMI sauf que je bosse 8 heures par jour à livrer des colis à travers les embouteillages, le stress et la pollution, à part les queues de poissons et mon requin de patron, y a pas grand rapport avec l’océanographie. 

Je rentre le soir vané et là enfin je déconnecte un peu, je fume quelques clopes, je surfe sur Internet et j'essaye d'oublier. Je suis pas très frais le lendemain mais pas besoin d’une forme olympique pour pousser des cartons et tourner un volant. 

Et voilà que je tombe sur cet article [Note de P&P : article publié par l’INSEE en juin 2008 sur la hausse du pouvoir d’achat]. Franchement avoir une vie de merde c’est une chose mais se voir traité de privilégié quand on crève de faim ça fait un peu mal aux sphincters.

L’avantage d’un bac +5 smicard qui passe des heures dans les embouteillages c’est qu’il a le temps de faire ses comptes. Alors voilà en 2006 mes dépenses du mois se répartissaient comme ça : 

  • location studio : 330 euros (attention à ce prix là c’est le grand luxe, cloison en papier cigarette, décoration des seventies, débit d’eau asmathique, boites aux lettres défoncées, y’a même des merdes de chien dans le hall)
  • charges : 30 euros
  • gazole voiture : 120 euros
  • alimentation : 270 euros
  • téléphone : 30 euros
  • clopes : 100 euros
  • assurances voiture et maison : 50 euros
    = 930 euros

Reste 100 euros pour tout le reste dont accessoirement le poste « vivre » : taxe d’habitation, cadeaux pour la famille, un livre, un ciné, quelques fringues, PC , redevance télé, …) 

Et pour les 6 premiers mois de 2008, le résultats des courses :

  • location studio : 350 euros (avec la crise le studio minable est de plus en plus recherché d’où hausse des locations, j’ai fait une demande en HLM mais on m’a dit qu’il fallait avoir des enfants. Je leur aurai bien répondu que pour commencer faudrait déjà que j’ai une femme)
  • charges : 45 euros. Dans mon bâtiment ils ont eu la mauvaise idée d’installer un chauffage au fuel. Y sont vraiment con ces chauffagistes.
  • gazole voiture : 170 euros (passage du gazole de 1€ à 1,4€ y parait que c’est à cause du manque de raffinage mais que Total va réagir, ben ouaih faudrait penser à réagir ça fait quand même 10 ans que le nombre de véhicules diesel augmente et puis c’est pas leurs bénéfices qui les empêche d’acheter une raffinerie)
  • alimentation : 310 euros (La laitue sans goût à 1,40€, la baguette industrielle à 1,10€, le lait aux antibiotiques 0,70 euros, les céréales aux OGM : 2,30 euros…)
  • téléphone : 30 euros (ça pas bougé, faut dire qu’y a entente sur les prix depuis 10 ans)
  • clopes : 120 euros (et ouaih l’Etat ponctionne toujours plus sur les clopes parce que c’est mal. En revanche pas de problème pour la pub pour l’alcool, les prescriptions d’antidépresseurs, le mais transgénique, le vaccin au mercure,…) mais la clope non la clope c’est mal.
  • assurances voiture et maison : 50 euros
    = 1075 €

Entre temps mon SMIG a fait un bond stratosphérique pour atteindre la somme hallucinante de 1072 euros. Allez soyez pas jaloux ça fait quand même du 2% d’augmentation par an. 

Reste -3 € pour tout le reste. Zut je pourrai même pas me torcher avec le dernier BHL. 

Au final mon salaire a pris 4% en deux ans alors que les dépenses (inchangées) ont pris 15%, il faudra donc dire aux collègues de l’INSEE que la vague d’augmentation du pouvoir d’achat a dû s’arrêter à la frontière pour taper la discute avec le nuage de Tchernobyl parce que chez moi on est plutôt dans le – 11% de pouvoir d’achat en deux ans.

26/05/2008

Noël 2009.

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27/11/2007

Monnaie de singe et mouvement perpétuel

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a ouvert mardi en hausse, en rebond par rapport à la veille, l'injection de 7,5 milliards de dollars d'argent frais dans Citigroup par l'émirat d'Abou Dhabi ayant rassuré les investisseurs sur les perspectives du secteur bancaire aux Etats-Unis.

Cette annonce, qui permet à Abou Dhabi d'obtenir jusqu'à 4,9% de la première banque américaine, l'une des plus fortement malmenées par le "subprime", pourrait déclencher le rebond de beaucoup de valeurs en forte baisse depuis le début du mois de novembre . Le titre Citigroup gagne 2,7%.

 

Note de P&P : Voilà un financeur atypique, l'émirat d'Abou Dhabi. En fait, Abou Dhabi est une des composantes des Emirats Arabes Unis. Les EAU sont un grand exportateur de pétrole avec près de 5% des exportations mondiales soit plus que l'Iraq ou le Vénézuela.

Il est également à noter que les barils de pétrole sont négociés obligatoirement en dollars. Cela signifie que des milliards et des milliards de dollars tombent régulièrement dans les caisses des producteurs de pétrole.

Le problème est qu'aujourd'hui la valeur du dollar n'est plus que virtuelle. Depuis la création en 1913 de la banque fédérale par quelques grandes familles, la machine a billet est dirigée par une entité privée. Depuis 1971 la monnaie "dollar" n'est plus indexée à la valeur or et depuis mars 2006 le volume de dollar en circulation dans le monde n'est même plus communiqué.

On pourrait se dire que malgré cette opacification autour de la valeur "dollar" celle-ci demeure liée à l'économie de son pays. Certes...

Avec  une dette grandissante et dépensant déjà les 9000 milliards de dollars, une délocalisation massive de l'outil de production en Chine et l'écroulement du marché immobilier, nous vivons la disparition planifiée d'un empire. Le soubressauts sont moyennement perceptibles car cette chute n'en est qu'à ses débuts et cela fait des années que la part des Etats Unis dans l'économie mondiale diminue, elle ne représente plus qu'un quart du PIB mondial.

Deux perfusions particulièrement toxiques ont permis de maintenir le malade en vie :

1/ le fonctionnement débridé de la planche à billet qui permet de réinjecter ces nouveaux dollars dans les banques au bord de l'asphyxie, d'acheter des actions pour maintenir les cours de bourse, de rembourser les créditeurs les plus pressants, d'acheter des propriétés pour  limiter l'effondrement du marché immobilier,...

2/ le maintien artificiellement haut du cours du pétrole (via la spéculation sur l'évolution des cours et la limitation délibérée des capacités de raffinage): en effet plus le pétrole est cher plus les oligopoles pétroliers qui sont pour la plupart étasuniens peuvent engranger des profits et légérement rééquilibrer les finances de leur pays.

 

 

Six minutes après l'ouverture, l'indice Dow Jones prend 74,13 points ou 0,58% à 12.817,57 points, le S&P 500 progresse de 11,18 points (0,78%) à 1.411,40 points.

Le composite du Nasdaq monte de 32,00 points à 2.572,99 points (1,26%).

(...)

A la baisse, les valeurs pétrolières reculent, sur fond de forte baisse des cours de pétrole. Bear Stearns a toutefois relevé sa recommandation sur Chevron, passant de "performance en ligne" à "surperformer". Le titre cède 1%.

La plupart des grands indices boursiers ont reculé de 10% depuis leurs plus hauts d'un an touchés en octobre, ce qui correspond techniquement à une correction, la première observée à Wall Street depuis plus de quatre ans.

 

Note de P&P : En rachetant partiellement Citigroup Abou Dhabi a donc réussi d'une part à écouler une partie de son giganteque stock de billets verts et d'autre part à rassurer le secteur bancaire et soutenir ainsi la valeur du dollar.

Mais combien de temps l'illusion durera-t-elle ?

Dette abyssale, marché immobilier en chute libre, cours du pétrole commençant à baisser, inflation grandissante, délocalisations massives, monnaies perdant un peu plus de valeur chaque jour,... Nous sommes en train d'assister en direct à l'effondrement programmé d'un empire. Les psychopathes au sommet de la pyramide ont savamment orchestré ce drame et ils ont sécruisé leurs actifs depuis un bon moment. Il sont désormais assis au premier rang pour se délecter de la souffrance de tout un peuple et ils se demande déjà : "A qui le tour ?".  

Monnaie de singe et mouvement perpétuel

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a ouvert mardi en hausse, en rebond par rapport à la veille, l'injection de 7,5 milliards de dollars d'argent frais dans Citigroup par l'émirat d'Abou Dhabi ayant rassuré les investisseurs sur les perspectives du secteur bancaire aux Etats-Unis.

Cette annonce, qui permet à Abou Dhabi d'obtenir jusqu'à 4,9% de la première banque américaine, l'une des plus fortement malmenées par le "subprime", pourrait déclencher le rebond de beaucoup de valeurs en forte baisse depuis le début du mois de novembre . Le titre Citigroup gagne 2,7%.

 

Note de P&P : Voilà un financeur atypique, l'émirat d'Abou Dhabi. En fait, Abou Dhabi est une des composantes des Emirats Arabes Unis. Les EAU sont un grand exportateur de pétrole avec près de 5% des exportations mondiales soit plus que l'Iraq ou le Vénézuela.

Il est également à noter que les barils de pétrole sont négociés obligatoirement en dollars. Cela signifie que des milliards et des milliards de dollars tombent régulièrement dans les caisses des producteurs de pétrole.

Le problème est qu'aujourd'hui la valeur du dollar n'est plus que virtuelle. Depuis la création en 1913 de la banque fédérale par quelques grandes familles, la machine a billet est dirigée par une entité privée. Depuis 1971 la monnaie "dollar" n'est plus indexée à la valeur or et depuis mars 2006 le volume de dollar en circulation dans le monde n'est même plus communiqué.

On pourrait se dire que malgré cette opacification autour de la valeur "dollar" celle-ci demeure liée à l'économie de son pays. Certes...

Avec  une dette grandissante et dépensant déjà les 9000 milliards de dollars, une délocalisation massive de l'outil de production en Chine et l'écroulement du marché immobilier, nous vivons la disparition planifiée d'un empire. Le soubressauts sont moyennement perceptibles car cette chute n'en est qu'à ses débuts et cela fait des années que la part des Etats Unis dans l'économie mondiale diminue, elle ne représente plus qu'un quart du PIB mondial.

Deux perfusions particulièrement toxiques ont permis de maintenir le malade en vie :

1/ le fonctionnement débridé de la planche à billet qui permet de réinjecter ces nouveaux dollars dans les banques au bord de l'asphyxie, d'acheter des actions pour maintenir les cours de bourse, de rembourser les créditeurs les plus pressants, d'acheter des propriétés pour  limiter l'effondrement du marché immobilier,...

2/ le maintien artificiellement haut du cours du pétrole (via la spéculation sur l'évolution des cours et la limitation délibérée des capacités de raffinage): en effet plus le pétrole est cher plus les oligopoles pétroliers qui sont pour la plupart étasuniens peuvent engranger des profits et légérement rééquilibrer les finances de leur pays.

 

 

Six minutes après l'ouverture, l'indice Dow Jones prend 74,13 points ou 0,58% à 12.817,57 points, le S&P 500 progresse de 11,18 points (0,78%) à 1.411,40 points.

Le composite du Nasdaq monte de 32,00 points à 2.572,99 points (1,26%).

(...)

A la baisse, les valeurs pétrolières reculent, sur fond de forte baisse des cours de pétrole. Bear Stearns a toutefois relevé sa recommandation sur Chevron, passant de "performance en ligne" à "surperformer". Le titre cède 1%.

La plupart des grands indices boursiers ont reculé de 10% depuis leurs plus hauts d'un an touchés en octobre, ce qui correspond techniquement à une correction, la première observée à Wall Street depuis plus de quatre ans.

 

Note de P&P : En rachetant partiellement Citigroup Abou Dhabi a donc réussi d'une part à écouler une partie de son giganteque stock de billets verts et d'autre part à rassurer le secteur bancaire et soutenir ainsi la valeur du dollar.

Mais combien de temps l'illusion durera-t-elle ?

Dette abyssale, marché immobilier en chute libre, cours du pétrole commençant à baisser, inflation grandissante, délocalisations massives, monnaies perdant un peu plus de valeur chaque jour,... Nous sommes en train d'assister en direct à l'effondrement programmé d'un empire. Les psychopathes au sommet de la pyramide ont savamment orchestré ce drame et ils ont sécruisé leurs actifs depuis un bon moment. Il sont désormais assis au premier rang pour se délecter de la souffrance de tout un peuple et ils se demande déjà : "A qui le tour ?".  

04/11/2007

Super super cher

Note de P&P : A l'heure où les marins-pêcheurs du Havre bloquent l'accès à leur port en raison de coûts de carburant qui mettent en péril l'avenir de leur métier, il nous semble intéressant de nous pencher sur les véritables raisons de cette flambée du prix du pétrole. 

 

PARIS (AFP) - Offre insuffisante des pays exportateurs par rapport à une demande mondiale toujours en croissance ou spéculation effrénée: producteurs et consommateurs se renvoient la faute de la flambée des prix de l'or noir.

L'Agence internationale de l'Energie (AIE), qui défend les intérêts énergétiques des pays consommateurs, accuse l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d'attiser les tensions du marché en ne produisant pas assez de brut pour faire face à la demande hivernale.

Elle rend donc le cartel indirectement responsable de la flambée des cours, qui s'approchent des 100 dollars le baril , et lui demande de pomper 1,8 million de barils par jour en plus.

Note de P&P : Il est à noter que l'AIE est une agence de l'OCDE. L'OCDE étant quant à elle l'organisation qui regroupe les 30 pays les plus riches de la planète (USA, Japon, Allemagne, Angleterre, ...). Logiquement, au sein du marché du pétrole, ces trentes pays se trouvent du côté de la demande, de ce point de vue il n'est pas étonnant qu'ils militent en faveur d'une baisse du prix du pétrole, et donc d'une augmentation de la production.

 

Le baril de Brent de la mer du Nord a atteint vendredi le prix jamais vu de 91,87 dollars, poussé par les craintes sur les approvisionnements cet hiver, les tensions géopolitiques et la faiblesse encore accrue du dollar, tombé à 1,4525 dollar pour un euro.

La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, affirmait lors du G7 Finance il y a dix jours que les sept pays les plus industrialisés de la planète souhaitaient aussi que l'Opep augmente sa production pour "faire face à une demande pétrolière dont on n'a pas de raison de penser qu'elle aille en diminuant".

Même message au Centre for Global Energy Studies (CGES), un "think tank" londonien: "pour faire se replier les prix, il faut que les membres de l'Opep mettent plus de pétrole sur le marché pour permettre aux stocks commerciaux de se reconstituer".

Note de P&P : Les officines des pays riches semblent avoir bien appris la leçon puisque ministères et groupes de réflexion entonnent le même couplet, rejettant la responsabilité de la flambées du prix du pétrole sur les épaules des producteurs.

 

Mais l'Opep, si elle se dit "inquiète" du niveau des prix, assure que le marché est bien approvisionné et que les stocks de brut des pays industrialisés sont supérieurs à leur moyenne des cinq dernières années.

Elle renvoie la responsabilité de l'envolée du prix du baril aux spéculateurs, aux capacités insuffisantes de raffinage, aux problèmes géopolitiques au Proche-Orient et aux fluctuations du dollar. 

Un discours relayé par un certain nombre d'experts: "si l'Opep augmentait sa production, les prix ne baisseraient pas forcément", affirme Thierry Lefrançois, économiste des matières premières chez Natixis.

"Nous avons un marché qui est dans la surenchère, qui parie sur le moment où on va franchir les 100 dollars, mais il n'y a pas de changements fondamentaux par rapport à il y a quelques mois, quand on était à 70 dollars le baril", ajoute-t-il.

 

Note de P&P : Même pour un bien aussi essentiel que l'énergie qui nous permet de nous chauffer, de nous déplacer, le prix n'est pas défini par l'utilité sociale ou par le simple rapport de l'offre et de la demande. Le prix est artificiellement manipulé par des spéculateurs.

 

Courant août, le baril oscillait encore autour de 70 dollars. Il a dépassé 96 dollars pour la première fois mercredi.

"Quel meilleur investissement aujourd'hui que le pétrole?", interroge M. Lefrançois. "Les Bourses ont baissé, les taux d'intérêt aussi, donc les obligations deviennent moins intéressantes, et si la Réserve fédérale américaine a baissé ses taux, c'est qu'on est sur une tendance baissière de croissance américaine. Parallèlement il y a beaucoup de liquidités sur le marché", qui se retrouvent placées sur relativement peu d'actifs, explique-t-il.

La chute de près de 10 dollars du brut au mois d'août au début de la crise financière illustre selon lui le poids des spéculateurs: "les fonds d'investissement se sont retirés" à ce moment-là, craignant une récession, avant de revenir massivement sur le marché.

D'autant qu'en période d'incertitude économique, l'or noir est devenu une valeur refuge, à l'instar de l'or, et surtout le moyen de se couvrir face à la baisse du dollar.

Un avis partagé par Pierre Terzian, de la revue Pétrostratégies, pour qui "le marché est totalement dominé par les financiers". Le risque de pénurie ne peut justifier les prix actuels, selon lui, car la capacité de production non-utilisée de l'Opep était en 2005 de seulement 0,5 million de barils par jour (mbj), et qu'elle est aujourd'hui de 3,5 (mbj), "soit sept fois plus alors que les prix ont doublé".

"L'offre, la géopolitique et la spéculation jouent tous dans le sens d'une hausse, résume David Kirsch, du cabinet PFC Energy, même si pour lui l'approvisionnement du marché "ne justifie pas un baril à 100 dollars".

Note de P&P : Donc ces mêmes spéculateurs (banques, fonds d'investissements, grosses fortunes,...) qui ont mis sur la paille des millions d'étasuniens à travers leurs délires spéculatifs sur l'immobilier, jouent maintenant avec les dépenses de milliards d'êtres humains qui voient leurs coûts de transport, leurs coûts de chauffage mais aussi le coût de tous les produits impliquant l'utilisation de pétrole (c'est à dire 99% des produits dont nous avons besoin) exploser.