16.01.2009
Les « Protocoles des Sages de l’Islam » ou Comment se construisent les légendes noires
par Domenico Losurdo
Mondialisation.ca, Le 8 janvier 2009
En feuilletant sur Internet les réactions à mon dernier livre (Stalin, Storia e critica di una leggenda nera - Staline, Histoire et critique d’une légende noire-, Ed. Carocci 2008), apparaissent à côté de commentaires largement positifs quelques signes d’incrédulité : est-il donc possible que les infamies attribuées à Staline et accréditées par un consensus général soient le plus souvent le résultat de distorsions et parfois de véritables falsifications historiques ?
C’est à ces lecteurs en particulier que je voudrais suggérer une réflexion à partir des événements de la chronique de ces jours ci. Nous avons tous sous les yeux la tragédie du peuple palestinien à Gaza, d’abord affamé par le blocus et maintenant envahi et massacré par la terrible machine de guerre israélienne. Voyons comment réagissent les grands organes d’ « information ». Sur le « Corriere della Sera » du 29 décembre, l’éditorial de Piero Ostellino sentence : « L’article 7 de la Charte de Hamas ne défend pas seulement la destruction d’Israël, mais l’extermination des juifs, comme l’affirme le président iranien Ahmadinejad ». On notera que, tout en faisant une affirmation extrêmement grave, le journaliste ne rapporte aucune citation textuelle : il exige d’être cru sur parole.
Quelques jours plus tard (3 janvier) sur le même quotidien, Ernesto Galli della Loggia remet ça. A la vérité, celui- ci ne parle plus de Ahmadinejad. Peut-être s’est-il aperçu de la bévue de son collègue. Après Israël, l’Iran est le pays du Proche-Orient qui abrite le plus de juifs, (20.000), et ceux-ci ne semblent pas subir de persécutions. En tout cas, les Palestiniens des territoires occupés ne pourraient qu’envier le sort des juifs qui vivent en Iran, lesquels non seulement n’ont pas été exterminés mais ne doivent même pas faire face à la menace de « transfert », que les sionistes les plus radicaux projettent sur les arabes israéliens.
Evidemment, Galli della Loggia survole ça de haut. Il se borne à se taire sur Ahmadinejad. En compensation, il augmente la dose sur un autre point essentiel : Hamas ne se borne pas à exiger « l’extermination des juifs » israéliens, comme l’affirme Ostellino. Il ne faut pas s’arrêter à mi-chemin dans la dénonciation des méfaits des barbares : « Hamas souhaite l’élimination de tous les juifs de la face de la terre » (« Corriere della Sera », du 3 janvier). Dans ce cas aussi, on n’apporte pas l’ombre d’une preuve : la rigueur scientifique est la dernière préoccupation de Galli della Loggia, à qui il faut par contre reconnaître le courage de défier le ridicule : selon ses analyses, les « terroristes » palestiniens se proposent de liquider la machine guerrière non seulement d’Israël mais même celle des Usa, afin de terminer les infamies dont l’éditorialiste du « Corriere della Sera » dénonce l’ampleur planétaire. Par ailleurs, ceux qui sont capables d’infliger une défaite décisive à la superpuissance mondiale, en plus d’Israël, peuvent bien aspirer à la domination mondiale. En somme : c’est comme si Galli mettait finalement à jour Les protocoles des Sages de l’Islam !
Et tout comme, à leur époque, Les protocoles des Sages de Sion, Les protocoles de Sages de l’Islam ont désormais valeur de vérité acquise, et ne nécessitent aucune démonstration. Sur « La Stampa » du 5 janvier, Enzo Bettiza donne immédiatement la signification des bombardements massifs d’Israël, déchaînés depuis le ciel, la mer et la terre, avec recours d’ailleurs à des armes interdites par les conventions internationales, contre une population substantiellement sans défenses : « C’est une opération de gendarmerie drastique et très violente d’un pays menacé d’extermination par une secte qui a juré de l’extirper de la face de la terre ».
Cette thèse, répétée à l’obsession, vient s’inscrire dans le cadre d’une tradition bien précise. Entre le 18ème et le 19ème siècle le modéré abbé Grégoire se battait pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises : il allait être taxé de leader des « blancophages), ces noirs barbares et avides de se repaître de chair des hommes blancs. Quelques décennies plus tard, quelque chose de similaire se passa aux Etats-Unis d’Amérique : les abolitionnistes, souvent de foi chrétienne et d’orientation non-violente, exigeaient « la destruction complète de l’institution de l’esclavage » ; ils furent promptement accusés de vouloir exterminer la race blanche. A la moitié du 19ème encore, en Afrique du Sud, les champions de l’apartheid refusaient les droits politiques aux noirs, avec comme argument qu’un éventuel gouvernement noir aurait signifié l’extermination systématique des colons blancs et des blancs dans leur totalité.
La légende noire en vogue de nos jours est particulièrement ridicule : le Hamas, à plusieurs reprises, a fait comprendre la possibilité d’un compromis, si Israël acceptait de revenir aux frontières de 67. Comme tout le monde sait ou devrait savoir, ce qui rend de plus en plus problématique et peut-être désormais impossible la solution à deux Etats, c’est l’expansion ininterrompue des colonies israéliennes dans les territoires occupés. Et pourtant, la substitution à l’actuel Israël en tant qu’ « Etat des Juifs » d’un état binational qui soit en même temps celui des juifs et des palestiniens, en garantissant l’égalité à tous, ne comporterait en aucune manière l’extermination des Juifs, exactement comme la destruction de l’Etat racial blanc, dans le Sud des Etats-Unis d’abord puis en Afrique du Sud n’a certes pas signifié l’anéantissement des blancs. En réalité, ceux qui agitent d’une manière ou d’une autre Les protocoles des Sages de l’Islam veulent transformer les victimes en bourreaux et les bourreaux en victimes.
Non moins grotesques et non moins instrumentalisées sont aujourd’hui les mythologies en vogue sur Staline et le mouvement communiste dans sa totalité. Qu’on prenne la thèse de l’ « holocauste de la faim » ou « famine terroriste » que l’Union Soviétique aurait imposé au peuple ukrainien dans les années 30. En soutien de cette thèse il n’existe et il n’est apporté aucune preuve. Mais cela non plus n’est pas le point essentiel. La légende noire diffusée de façon planifiée surtout à l’époque de Reagan et au moment de la Guerre froide sert à mettre sous le boisseau le fait que la « famine terroriste » reprochée à Staline, a été depuis des siècles mise en acte par l’Occident libéral et, en particulier, contre les peuples colonisés ou qu’il aurait voulu réduire à des conditions coloniales ou semi-coloniales.
C’est ce que j’ai essayé de démontrer dans mon livre. Immédiatement après la grande révolution Noire qui à la fin du 18ème siècle à Saint Domingue/Haïti brisait en même temps les chaînes de la domination coloniale et celles de l’institution de l’esclavage, les Etats-Unis répondaient par les déclarations de Thomas Jefferson, en déclarant vouloir réduire à l’inanition (starvation) le pays qui avait eu l’effronterie d’abolir l’esclavage. Le même comportement a été adopté au 19ème siècle. Déjà les lendemains d’Octobre 1917, Herbert Hoover, à l’époque haut représentant de l’administration Wilson, puis président des Etats-Unis, agitait de façon explicite la menace de la « faim absolue » et de la « mort par inanition » non seulement contre la Russie soviétique mais contre tous les peuples prêts à se laisser contaminer par la révolution bolchevique. Au début des années 60, un collaborateur de l’administration Kennedy, Walt W. Rostow, se vantait du fait que les Etats-Unis étaient arrivés à retarder pour « des dizaines d’années » le développement économique de la République Populaire de Chine !
C’est une politique qui continue aujourd’hui encore : tout le monde sait que l’impérialisme essaie d’étrangler économiquement Cuba, et si possible de le réduire à la condition de Gaza, où les oppresseurs peuvent exercer leur pouvoir de vie et de mort, bien avant même leurs bombardements terroristes, avec, déjà, le contrôle des ressources vitales.
Nous sommes ainsi revenus à la Palestine. Avant de subir l’horreur qu’il subit aujourd’hui, le peuple de Gaza avait été frappé par une politique prolongée qui essayait de l’affamer, de l’assoiffer et de le priver de lumière électrique, de médicaments, et de le réduire à l’épuisement et au désespoir. En plus du fait que le gouvernement de Tel Aviv se réservait le droit de procéder comme d’habitude, malgré la « trêve », aux exécutions extrajudiciaires de ses ennemis. A savoir qu’avant même d’être envahie par une armée ressemblant à un peloton d’exécution gigantesque et expérimenté, Gaza était déjà l’objet d’une politique d’agression et de guerre. En même temps, une puissance militaire de feu multimédiatique s’est déchaînée surtout en Occident pour anéantir toute résistance critique à la thèse fausse et menteuse selon laquelle Israël serait ces jours ci engagé dans une opération d’autodéfense : que personne n’ose mettre en doute l’authenticité des « Protocoles des Sages de l’Islam » !
Voilà comment on construit les légendes noires : celle d’aujourd’hui scelle la tragédie du peuple palestinien (le peuple martyr, par excellence, de notre époque), tout comme celles qui, en dépeignant Staline comme un monstre et en réduisant à une histoire criminelle le processus qui a commencé avec la révolution d’Octobre, entendent priver les peuples opprimés de tout espoir et perspective d’émancipation.
6 janvier 2009
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
10:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, hamas, sages, protocoles, palestine, islamiste, manipulation
Le véritable objectif du massacre dans Gaza
Depuis que le Hamas a triomphé aux élections palestiniennes il y a près de trois ans, la rumeur circulait en Israël qu’une invasion terrestre de grande ampleur sur la bande de Gaza était imminente. Mais même quand l’opinion publique faisait monter la pression pour un coup décisif contre le Hamas, le gouvernement reculait devant un assaut frontal.
Aujourd’hui, le monde attend d’Ehud Barak, ministre de la Défense, qu’il envoie ses chars d’assaut et ses troupes dans la logique de cette opération qui pousse inexorablement vers une guerre terrestre. Néanmoins, les officiels temporisent. Des forces terrestres importantes sont massées à la frontière avec Gaza, mais en Israël on parle de « stratégies de sortie », d’accalmie et de renouvellement de cessez-le-feu.
Même si les chars israéliens s’avancent à l’intérieur de l’enclave, oseront-ils aller jusque sur les véritables champs de bataille au centre de la bande de Gaza ? Ou serviront-ils simplement, comme ce fut le cas dans le passé, à terroriser la population civile depuis la périphérie ?
Les Israéliens sont conscients de la raison officielle de la réticence de Barak à prolonger les raids aériens avec une guerre terrestre d’envergure. Ils n’ont pas oublié que les plus grandes pertes de l’armée dans la seconde Intifada palestinienne ont été essuyées en 2002 durant l’invasion du camp de réfugiés de Jénine.
Gaza, comme les Israéliens ne le savent que trop bien, est un gigantesque camp de réfugiés. Ses ruelles étroites, où les chars Merkava ne peuvent pénétrer, forceront les soldats israéliens à y entrer au grand jour. Gaza, dans l’imaginaire israélien, est un piège mortel.
De même, nul n’a oublié le lourd tribut qu’ont payé les soldats israéliens durant la guerre terrestre avec le Hezbollah en 2006. Dans un pays comme Israël, avec une armée citoyenne, l’opinion a fini par ressentir une véritable aversion pour une guerre où un grand nombre de ses fils seraient placés sur la ligne de tir.
Cette crainte n’est que renforcée par les articles de presse israéliens selon lesquels le Hamas prie pour voir l’armée israélienne s’engager dans un combat sérieux. La décision de sacrifier nombre de soldats à Gaza n’est pas de celle que Barak, dirigeant du Parti travailliste, prendra à la légère à six semaines des élections.
Mais il existe une autre inquiétude qui donne à Barak une même raison d’hésiter.
En dépit de la rhétorique populaire existant en Israël, aucun haut responsable ne croit que le Hamas puisse être anéanti, que ce soit par des raids aériens ou avec des brigades d’infanterie. Le Hamas est simplement beaucoup trop ancré dans la bande de Gaza.
Cette conclusion est admise pour les raisons modérées proposées jusqu’à maintenant pour les opérations d’Israël. « Installer le calme dans le sud du pays » et « Modifier l’environnement sécuritaire » prévalent sur les choix antérieurs, tels que « Eradiquer l’infrastructure du terrorisme ».
Une invasion dont le véritable objectif serait de renverser le Hamas, comme Barak et ses officiels l’entendent, exigerait une réoccupation militaire permanente de la bande de Gaza. Mais revenir sur le désengagement de Gaza - la grande idée en 2005 d’Ariel Sharon, Premier ministre de l’époque - supposerait un énorme engagement militaire et financier de la part d’Israël. Il aurait une fois de plus à assumer la responsabilité du bien-être de la population civile locale, et l’armée serait tenue à une surveillance traîtresse des camps surpeuplés de Gaza.
En effet, une invasion de Gaza pour renverser le Hamas serait un renversement de tendance dans la politique israélienne depuis le processus d’Oslo au début des années 90.
C’était le temps où Israël permettait au leader palestinien, Yasser Arafat, qui sortait d’un long exil, de revenir dans les territoires occupés avec son nouveau rôle de chef de l’Autorité palestinienne. Naïvement, Arafat avait supposé qu’il serait le dirigeant d’un gouvernement en attente. En vérité, il est simplement devenu, par contrat, le chef de la sécurité d’Israël.
Arafat a été supporté durant les années 90 parce qu’il faisait peu pour arrêter l’annexion réelle par Israël de vastes parties de la Cisjordanie grâce à l’expansion rapide des colonies de peuplement et l’accroissement de restrictions sévères aux déplacements des Palestiniens. Il avait préféré se concentrer sur le renforcement des forces de sécurité de ses fidèles du Fatah, maîtrisant le Hamas et préparant la naissance d’un Etat qui n’a jamais vu le jour.
Quand la seconde Intifada palestinienne s’est déclanchée, la preuve fut donnée que, pour Israël, Arafat n’avait plus d’utilité. Son Autorité palestinienne fut petit à petit émasculée.
Depuis la mort d’Arafat et le désengagement de Gaza, Israël cherche à consolider la séparation physique de la Bande de Gaza d’avec la très convoitée Cisjordanie. Même si ce n’est pas ce que voulait Israël à l’origine, la prise de pouvoir du Hamas sur Gaza a répondu de façon significative à cet objectif.
Israël est maintenant confronté à deux mouvements nationaux palestiniens. L’un, le Fatah, basé en Cisjordanie et dirigé par un président faible, Mahmoud Abbas, largement discrédité et conciliant. L’autre, le Hamas, basé dans la bande de Gaza, qui a grandi en assurance, prétendant être le véritable gardien de la résistance contre l’occupation.
Incapable d’anéantir le Hamas, Israël est en train actuellement d’examiner la possibilité de vivre avec ce groupe armé à sa porte.
Le Hamas a prouvé qu’il pouvait faire respecter ses règles dans la bande de Gaza, quasiment comme Arafat le faisait autrefois dans les deux territoires occupés. La question en débat au sein du cabinet israélien et dans les bureaux de l’armée est de savoir si, comme Arafat, le Hamas est susceptible de collaborer avec l’occupation. Il a fait la preuve de sa force, mais peut-il être utile à Israël, lui aussi ?
En pratique, cela voudrait dire dompter le Hamas plutôt que de l’étouffer. Israël essaie de faire monter le Fatah en Cisjordanie avec des carottes, et il utilise l’actuel massacre à Gaza comme un gros bâton avec lequel il tape sur le Hamas pour le mater.
L’objectif ultime est une nouvelle trêve qui arrêtera les tirs de roquettes depuis Gaza, comme avec le cessez-le-feu qui vient de se terminer, mais à des conditions encore plus favorables à Israël.
Le blocus sauvage qui a privé la population de Gaza de l’essentiel pendant de nombreux mois a failli dans son objectif. Au lieu de cela, le Hamas a assumé rapidement les tunnels clandestins qui sont devenus une bouée de sauvetage pour les Gazaouis. Les tunnels ont relevé les finances du Hamas, et sa popularité tout autant.
Il n’est donc pas surprenant qu’Israël se soucie peu de toucher la direction du Hamas ou sa branche armée. Au contraire, il a bombardé les tunnels, le coffre au trésor du Hamas, et il a tué un nombre important de policiers ordinaires, les garants de l’ordre public dans la bande de Gaza. Les derniers articles suggèrent qu’Israël programme en ce moment d’étendre ses raids aériens aux organisations de bienfaisance du Hamas, qui sont à la base de sa popularité.
La campagne aérienne s’en tient à la capacité du Hamas à fonctionner efficacement comme dirigeant de Gaza. Elle est en train de saper les bases du pouvoir politique du Hamas. La leçon n’est pas que le Hamas puisse être anéanti militairement, mais qu’il peut être affaibli à l’intérieur des territoires.
Israël espère apparemment persuader la direction du Hamas, comme il l’a fait pour Arafat en son temps, que le mieux pour servir ses intérêts serait de coopérer avec Israël. Le message est : oubliez votre mandat populaire de résistance à l’occupation et concentrez-vous plutôt sur votre maintien au pouvoir, avec notre aide.
Dans le brouillard de la guerre, les évènements peuvent encore s’aggraver et d’une telle manière qu’une vaste invasion terrestre ne puisse être évitée, spécialement si le Hamas poursuit ses tirs de roquette sur Israël. Mais quoi qu’il arrive, Israël et le Hamas sont presque certains à la fin de s’entendre sur un nouveau cessez-le-feu.
La question est de savoir si, ce faisant, le Hamas, comme Arafat avant lui, va perdre de vue sa mission première : obliger Israël à arrêter son occupation.
Lire l'article original en anglais: The real goal of the slaughter in Gaza, Hamas cannot be defeated, so it must be brought to heel, publié le 2 janvier 2008.
La version anglaise de cet article a également été publié dans The National (www.thenational.ae), à Abu Dhabi.
Jonathan Cook est auteur et journaliste basé à Nazareth, Israël. Son dernier livre: “Disappearing Palestine: Israel's Experiments in Human Despair” (Zed Books). Son site internet est: www.jkcook.net.
Jonathan Cook est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Jonathan Cook publiés par Mondialisation.ca |
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12.01.2009
Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?
Rony Brauman, 12 janvier 2009
La pédagogie noire des leaders israéliens est suicidaire
Une fois admise la vertu des bottes de sept lieues, tout s’enchaîne avec une parfaite logique, l’essoufflement de l’ogre comme la célérité du Petit Poucet.” (G. Burdeau, La politique au pays des merveilles, PUF 1979.)
Qu’est-ce qu’une “riposte proportionnée”? Une action militaire à la mesure de l’attaque à laquelle elle répond. Le droit humanitaire proscrit les pratiques provoquant des victimes dans la population civile et des dommages aux biens civils excessifs par rapport à “l’avantage militaire concret et direct attendu”. Convenons d’emblée qu’on serait bien en peine de définir la limite au-delà de laquelle le principe de proportionnalité, qui vise à limiter les destructions et pertes humaines “inutiles”, est violé, que ce soit à Gaza ou ailleurs. La retenue dans la conduite de la guerre est un principe élémentaire d’humanité, mais il est vrai qu’une fois les hostilités engagées, la définition de la juste proportionnalité demeure une affaire pour le moins floue, sujette à des interprétations et à des paradoxes infinis. Reste que le rapport de un à cent entre les morts de chaque côté, sans même parler des blessés et des destructions, signale la démesure de l’opération “Plomb durci”. A défaut de savoir ce que serait une juste proportion, chacun peut constater ce qu’est une perte de tout sens de la mesure. La “troisième phase” qui débute au moment où ces lignes sont écrites ne devrait pas être moins cruelle que les deux premières. Mais peut-être le cabinet de sécurité israélien considérera-t-il, au vu des réactions internationales, que ses buts ont été atteints et mettra-t-il un terme à la boucherie plus tôt que prévu.
Boucherie. Le mot fâche les “amis” d’Israël qui rappellent volontiers qu’on n’a pas vu tant de manifestants ni de protestations pour d’autres conflits (Tchétchénie, Darfour, Congo, Tibet parmi les plus cités) ayant provoqué beaucoup plus de morts et que la compassion pour les victimes de l’armée israélienne est suspecte à force d’être sélective. Selon eux, la solidarité envers les Palestiniens ne serait qu’un prétexte pour s’en prendre aux Juifs et à leur État. On ne contestera pas qu’il s’agit là d’un registre bien établi dont témoignent notamment Dieudonné et ses émules. L’antisémitisme peut se travestir en antisionisme, l’affaire est entendue, mais prenons également acte que les principaux mouvements de solidarité avec les Palestiniens veillent attentivement au grain. Reste que la mortalité des quinze jours d’offensive sur Gaza se situe au niveau le plus haut constaté lors des différents conflits évoqués plus haut, dépassée seulement par les bombardements de Grozny, capitale de la Tchétchénie, en 1999. Et l’on reste pantois en entendant que l’armée israélienne attend d’être félicitée pour avoir averti par tract et par téléphone des dizaines de milliers de personnes de l’imminence de bombardements sur leur quartier. Les destinataires de ces appels “humanitaires” n’avaient bien entendu aucune possibilité de fuir pour s’abriter et ils ne pouvaient en déduire qu’une chose : restant sur place, ils devenaient des cibles légitimes, puisqu’informées. Trois cents enfants ont été tués en moins de deux semaines. Que cette tuerie soit comparable, par son intensité, à des violences extrêmes observées ailleurs, et qu’elle soit insidieusement ou activement justifiée par certains au nom du caractère démocratique d’Israël et de son droit à se défendre, voilà sans doute l’aspect le plus révoltant de la situation.
Le plus révoltant mais pas le plus inquiétant. Le plus inquiétant est que l’on retrouve intacts les thèmes les plus recuits du discours politique israélien, ceux qu’Israël sort de son chapeau, guerre après guerre, comme l’écrivait Tom Segev dans Ha’aretz dès le lendemain de l’offensive, en dépit de leur constante mise en échec. La synthèse en est simple : la paix passe par la liquidation des infrastructures et des chefs terroristes. Le terrorisme n’est pas pour Israël un enjeu politique, celui de l’occupation des territoires palestiniens et du pourrissement de la vie de ses habitants, mais un problème militaro-policier. Ce qui explique que le seul sujet de discussion avec Mahmoud Abbas soit le contrôle policier de la violence anti-israélienne dans les lambeaux de terre qui lui ont été confiés (et on regrettera qu’il ait accepté de jouer ce rôle de relais de l’occupation jusqu’au discrédit quasi total de son “autorité”), tandis que la colonisation se développe jour après jour en Cisjordanie. Cela explique également qu’aucune proposition de règlement du conflit sur la base de la ligne d’armistice de 1949 (la “ligne verte”) n’ait jamais reçu la moindre attention d’aucun gouvernement israélien bien qu’il s’agisse des accords internationalement reconnus (voir les résolutions 242 et 338 des Nations unies, toujours évoquées pour être aussitôt oubliées). On n’en veut pour exemples récents que l’interruption unilatérale par Ehud Barak des discussions de Taba en janvier 2001, l’appel du sommet de la Ligue arabe en 2002, les déclarations indirectes mais clairement orientées dans ce sens et récemment redites de la part du Hamas, pour ne retenir que quelques éléments récents. Il y a bien longtemps que la formule “les territoires contre la paix” n’est plus une option pour les Israéliens qui confondent méthodiquement (innocemment?) négociation et diktat. Il a fallu quarante ans pour que soit reconnu, avec la première Intifada, le fait national palestinien. Depuis lors, à l’exception notable de Rabin, les différents Premiers ministres se sont employés à démontrer qu’ils sont les seuls maîtres du calendrier politique.
La bien nommée opération “Plomb durci” répond, après bien d’autres, à cette volonté d’inculcation. L’offensive “nous a permis d’atteindre des objectifs dont personne n’aurait pu rêver il y a quinze jours. Concernant les coups portés au Hamas, ils n’en ont pas encore conscience. Ils comprendront quand ils sortiront de leur cachette. La décision du Conseil de sécurité ne nous a pas lié les mains”, se félicitait un haut-gradé.
Au-delà de toute considération morale sur l’effroyable gâchis humain dont nous sommes tous les témoins atterrés et impuissants, il faut se demander à quel moment les leaders israéliens vont prendre conscience des effets dévastateurs de cette pédagogie noire. Combien de vocations à l’attentat-suicide sont nées ces derniers jours ? L’”opération” ne pouvait être que sanglante et l’on sait bien que si elle se poursuit, d’autres massacres vont se produire car il ne peut en aller autrement. Puis il y aura un cessez-le-feu et d’autres attaques suivront, et d’autres encore, jusqu’au retournement du rapport de forces qui ne manquera pas de se produire. Israël deviendra alors, peut-être, un objet de compassion. L’exaltation grandissante du mythe de Samson et des martyrs de Massada prend dans ce contexte l’allure d’une prophétie en cours d’autoréalisation.
Les amis d’Israël sont ceux qui pointent cette perspective finale et poussent à un renversement des hypothèses fondamentales de la politique israélienne. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour les Israéliens.
L’analyse de l’enchaînement des tirs aveugles du Hamas sur le sud d’Israël et des inévitables ripostes de Tsahal est un exercice stérile. Les uns ripostaient au blocus, les autres ripostaient aux ripostes, on choisit sa version en fonction de son camp. Reste que ledit blocus est une décision israélienne et qu’aucun pays au monde ne peut tolérer d’être – à la lettre – mis intégralement en prison. Rappelons que c’est Israël qui a mis l’Autorité palestinienne hors jeu à Gaza. Dans quel but sinon d’avoir le Hamas au pouvoir et de poursuivre son éternelle leçon en faisant de ce territoire une prison autogérée, où se succèdent les opérations punitives ?
Les tirs de roquettes et de missiles sur Israël sont une source d’angoisse pour un nombre croissant d’Israéliens, et il n’est que juste de condamner le Hamas sur ce point. Mais prétendre que le Hamas représente une menace pour l’existence d’Israël n’est pas sérieux. Ehud Barak, lorsqu’il était premier ministre, attendait de ses interlocuteurs palestiniens qu’ils reconnaissent non seulement l’État israélien, mais sa légitimité en tant qu’État juif. Il leur demandait, en d’autres termes, de se faire sionistes s’ils voulaient devenir de véritables partenaires, pour se désoler ensuite de ne pas avoir de partenaire.
La détestable habitude des gouvernements israéliens successifs de choisir et d’écarter à leur guise les représentants de leurs adversaires tient tout entière dans leur conception exclusivement militaire de la sécurité. Ils ne sauraient, dès lors, la confier à d’autres et on les comprend. Mais ce sont les prémisses de ce raisonnement qu’il faut revoir. La résolution du conseil de sécurité appelant le 9 janvier à un cessez-le-feu immédiat et renvoyant les deux parties dos à dos est un revers diplomatique pour Israël car les États-Unis ont jugé qu’ils ne pouvaient pas s’y opposer. Souhaitons que cet échec soit compris comme une ébauche de signal et regrettons que ce soit le message inverse qui ait été jusqu’à présent toujours adressé à Israël, non seulement de la part de Washington, mais aussi depuis l’Europe. Ainsi, il est certain que la sécurité d’Israël doit être reconnue comme un impératif par l’Europe, mais pas plus ni moins que la sécurité de la Palestine sur son territoire. Cela va peut-être de soi, mais irait beaucoup mieux en le disant, ce qui n’est pas le cas. On repousse tout dialogue avec le Hamas au motif qu’il ne reconnaît pas les traités antérieurs, n’abandonne pas la violence et ne reconnaît pas Israël. Soit. Mais songe-t-on que le raisonnement s’applique de facto à l’identique en sens inverse ? Visiblement pas, puisque le Parlement européen vient, par exemple, de voter le rehaussement de l’accord d’association avec Israël, en faisant un quasi-membre de l’U.E. Des pétitions appelant à suspendre ces accords circulent, les lecteurs de Causeur, dont je suis, sont ici invités à signer et faire signer…
Engagés dans ce louable mouvement de rappel à une sagesse pratique et de condamnation de l’hubris militaro-technologique, allons un pas plus loin, et demandons le remplacement urgent de Tony Blair, actuel délégué du Quartet. Son prédécesseur, l’ancien président de la Banque mondiale James Wolfensohn, avait démissionné, en grande partie à cause des réticences d’Israël à se conformer aux accords obtenus sous l’égide des Etats-Unis. Tony Blair, l’homme qui a rendu possible la guerre en Irak (et qui, notons-le, semble exonéré de toute responsabilité dans le désastre qui a suivi), incarne la politique de “W” dans cette région. Il n’y a rien à en attendre, alors qu’un engagement international crédible est urgent. L’arme de destruction massive menaçant toute la région est le statu quo. Au-delà du cessez-le-feu, la levée du blocus et le rétablissement des liens entre Gaza et la Cisjordanie sont la première des réponses politiques à l’emprise du Hamas sur Gaza. La seconde sera de négocier sans préalable avec les représentants que les Palestiniens se seront donnés. Rappelons que depuis Rabin, personne n’a envisagé sérieusement cette option, dont l’alternative est la destruction mutuelle assurée.
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11.01.2009
La guerre n’est pas finie, mais Israël a déjà perdu
Tony Karon
Vendredi 9 janvier 2009

Ne sommes nous pas déjà venus ici ? (Valse avec Bachir)
I. La dernière valse ?
Reproduire des comportements qui ont déjà entraîné des échecs catastrophiques et s’attendre à des résultats différents est insensé, et lorsque le comportement psychotique d’un individu lui fait courir ainsi qu’à son entourage un danger physique immédiat, la responsabilité de ceux qui affirment être ses amis est de le dissuader. Mais même si Valse avec Bachir est projeté dans les multiplex aux quatre coins de la planète comme un douloureux rappel de l’accès de rage aveugle d’Israël ayant précédé celui contre Gaza, les États-Unis (et les éditeurs du New York Times et du Washington Post) soulignent qu’il est sensé et rationnel d’envoyer l’une des armées les plus puissantes de la planète dans un camp de réfugiés géant pour faire saigner les chairs et briser les os de ceux qui se trouvent sur son chemin que ce soit par défiance ou simplement parce qu’ils ont eu la malchance d’être nés du mauvais côté et de s’être trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Israël veut nous faire croire qu’en combattant jusqu’au cœur du territoire du Hamas, il peut détruire ce dernier et entrer dans une glorieuse période de paix. Ou pour citer la froideur habituelle de Condoleeza Rice au cours du dernier épisode de cette brutalité stérile, nous sommes témoins des « contractions préliminaires à la naissance d’un nouveau Moyen Orient » Israël a échoué en 2006, tout comme en 2002 et en 1982. Ils nous disent que cette fois-ci ce sera différent.
Et puis les horreurs se multiplient, comme toujours – les centaines de civils accidentellement massacrés alors qu’ils s’abritaient dans des lieux qu’on leur disait sûrs, – et l’ennemi désespéré et sans armes réussit à survivre, comme à chaque fois. Et en survivant, il prend plus plus de poids politique. Peu importe le nombre de victimes, les leaders ciblés par l’armée israélienne se renouvellent sans fin dans le terreau fertile que sont la souffrance et le ressentiment découlant de la situation créée par Israël mais que ce dernier et ses partisans les plus fervents refusent de reconnaître et encore moins de corriger.
Arafat est mort. Tout comme Sheik Yassin et Rantissi. Et Abbas al-Musawi, et Imad Mughniyeh. Israël excelle dans l’art d’éliminer les dirigeants palestiniens avec une glaciale efficacité et pourtant, qui que soit la dernière victime, mille nouvelles têtes se lèvent et clament : « je suis Spartacus ». Ceux qui prennent la direction de ces organisations ne sont pas animés par les ambitions personnelles – diriger le Hamas équivaut à une condamnation à mort. Le flot incessant de Palestiniens prêts à sacrifier leur vie pour cette responsabilité en dit long sur la situation de ce peuple. Et les dirigeants israéliens le savent. Il y a dix ans, lorsqu’on demanda à Ehud Barak, alors candidat au poste de Premier ministre, ce qu’il aurait fait s’il était né Palestinien, cet homme qui dirige actuellement les opérations militaires à Gaza répondit abruptement : « j’aurais rejoint une organisation terroriste ».
D’après la logique de son propre instinct révélée au cours de la campagne de 1999, Ehud Barak devrait savoir que l’opération Plomb Durci est vouée à l’échec, hormis peut-être pour son avenir politique personnel. Peu importe le nombre de dirigeants, de militants et de simples civils qu’Israël tuera dans Gaza, le Hamas – ou un équivalent – survivra.
Valse avec Bachir – un film qui, j’imagine, n’a pu être fait que par des Israéliens, car si Hollywood avait mis en doute le militarisme d’Israël, le film aurait été catalogué comme « antisémite » - nous rappelle qu’en 1982, Ariel Sharon mena une invasion du Liban, soi-disant pour juguler les attaques contre le Nord d’Israël, et il la poursuivit jusqu’à Beyrouth afin de détruire l’OLP. Evidemment l’OLP fut chassée du Liban et s’exila en Tunisie, mais les Israéliens furent obligés de négocier avec l’OLP en raison de la révolte des jeunes en Cisjordanie et à Gaza. L’invasion du Liban en 1982 fut une campagne sanglante et inutile qui révéla les images choquantes des massacres de Sabra et de Shatila qui constituent le cœur de ce film.
Depuis 1982, Israël a évidemment assiégé et bombardé quasiment toutes les principales villes palestiniennes, tuant et emprisonnant des milliers de Palestiniens, gaffant encore au Liban en 2006 et tuant un millier de Libanais, bombardant Gaza à plusieurs reprises et étouffant son économie pendant la majeure partie des trois dernières années ; et pourtant, rien n’a changé. À ce jour, ils ont fait approximativement 700 victimes à Gaza et les roquettes continuent de voler ; quel que soit l’état de ses infrastructures, politiquement, le Hamas est plus fort dans les rues palestiniennes, alors que ces dirigeants palestiniens qui ont coopéré avec Israël ou les États-Unis sont plus isolés et plus discrédités que jamais. Les Israéliens - et leurs financeurs au sein de l’establishment politique étasunien – semblent incapables de comprendre ce qui est empiriquement évident : le Hamas et ses partisans se renforcent à chaque fois qu’Israël tente de les éliminer par la force.
II. De dangereuses illusions et une guerre des choix.
« Mais Israël avait-il le choix ? », déclarent ses partisans aux États-Unis. « Aucune société digne de ce nom ne peut tolérer le tir de roquettes vers son territoire. Le Hamas n’a pas laissé le choix à Israël. »
Eh bien, en fait, comme Jimmy Carter l’a expliqué à partir de son expérience personnelle, Israël a eu des tas d’alternatives et les a délibérément ignorées, car il est resté enfermé dans la politique soutenue par les États-Unis visant à renverser le verdict démocratique des élections palestiniennes de 2006 qui a fait du Hamas le parti dirigeant de l’Autorité palestinienne. Sur le fond, cette stratégie portée par Israël, les États-Unis et l’Europe (et tacitement soutenue par les autocrates arabes de Mubarak à Mahmoud Abbas) visait à appliquer des sanctions économiques toujours plus strictes, en espérant que l’annihilation de la perspective d’une vie décente pour les 1,5 millions d’habitants de Gaza les forcerait en quelque sorte à revenir sur leur choix politique. Une punition collective en d’autres termes. Ainsi, même lorsque le Hamas a respecté le cessez-le-feu de juin à novembre, Israël a refusé d’ouvrir les frontières. Lorsque les coups de feu recommencèrent le 5 novembre suite à une attaque d’Israël sur ce qu’il prétendait être un tunnel du Hamas, celui-ci intensifia ses tirs de roquettes, mais précisa qu’il reprendrait le cessez-le-feu et étendrait son périmètre d’application si Israël acceptait d’ouvrir les passages frontaliers. Selon Carter, Israël se dit alors prêt à autoriser 15% des flux normaux de marchandises vers Gaza si le Hamas cessait le feu. Bien entendu, ce dernier n’était pas prêt à accepter une réduction de seulement 15% du blocus économique.
Le Hamas semblait croire que le déclenchement d'une crise forcerait Israël à accepter un nouvel accord. S’agissait-il d’une erreur ou pas, cela reste à voir. Si le Hamas arrive intact jusqu’à la trêve qui clôturera l’opération Plomb Durci et qui inclura la levée du blocus, alors il revendiquera sa réhabilitation. Même actuellement, les dirigeants israéliens continuent à insister bêtement sur le fait que l’on ne peut permettre au Hamas de tirer un quelconque gain diplomatique d’une trêve qui nécessitera de fait sa coopération. Exactement comme en 2006, les Israéliens ont abouti à une situation politique diamétralement opposée à ce qu’ils prévoyaient. Ils ont clairement démontré, même aux yeux du nouveau gouvernement étasunien, que la politique visant à isoler le Hamas est particulièrement contreproductive et doit être abandonnée de toute urgence.
Alors même qu’Israël commence à réaliser qu’une fois de plus leur adversaire sortira politiquement grandi de la déroute militaire de son adversaire, les Israéliens envisagent une dernière offensive sanglante au cœur de la ville de Gaza, espérant que cette opération militaire puisse affaiblir le Hamas et l’obliger à se plier aux diktats israéliens. Certains hommes politiques étasuniens entretiennent même le fantasme qu’il pourront imposer une nouvelle fois le régime du docile Mahmoud Abbas à Gaza – fantasme sans nul doute pathétique, puisque les proches observateurs de la vie politique palestinienne savent que le seul élément qui, à l’heure actuelle, permet à Abbas de rester au pouvoir en Cisjordanie est la présence de l’armée israélienne, et sa propension à emprisonner les opposants d’Abbas. Il est commode par exemple qu’Abbas n’ait pas à se confronter aux parlementaires puisque Israël en a emprisonné la majeure partie. Mahmoud Abbas a accepté de devenir un Pétain palestinien, et même les membres de base de son propre parti, le Fatah, se sont retournés contre lui. Pas même les Israéliens ne croient qu’il puisse contrôler Gaza sans leur soutien, et ils ne sont pas enclins à rester.
Si le Hamas n’est pas autorisé à gouverner Gaza, il y a de grandes chances que personne ne la gouverne. Et ce territoire ressemblera plus à Mogadiscio qu’à la Cisjordanie – un chaudron chaotique dirigé par des chefs de guerre rivaux, avec le Hamas – qui ne sera plus en charge de la gouvernance – comme force politique et militaire la plus importante (même si Al Qaida tentera de prendre le pouvoir si le gouvernement du Hamas est renversé – le Hamas représente le meilleur rempart contre une montée en puissance des hommes de Ben Laden à Gaza.)
III. La souveraineté palestinienne
L’autre figure de style désespérément invoquée par les départements de propagande israéliens défend l’idée selon laquelle il s’agit seulement d’un nouveau développement du conflit régional qui oppose Israël à l’Iran, son ennemi mortel. Le Hamas, nous disent nombre de médias qui devraient mieux connaître ce dossier, est un « satellite de l’Iran ». Ce n’est tout simplement pas le cas, et les analystes modérés de cette région le savent : le Hamas dépend certainement des fonds iraniens pour Gaza, ceci dit, les stratèges étasuniens et israéliens qui ont privé ce territoire de toute source de financement ne devraient pas être surpris de voir le Hamas se tourner vers les financements là où ils sont disponibles. Sans doute acceptera-t’il également toute aide militaire qui lui est proposée. Mais le Hamas ne partage ni l’idéologie ni le type de relations politiques qui unissent le Hezbollah libanais et l’Iran. Le Hamas fut initialement créé par la Fraternité musulmane égyptienne et ses décisions politiques sont totalement indépendantes de l’Iran. Bien entendu, la Syrie, elle, a plus d’influence politique sur le Hamas, mais elle n’est pas vraiment un satellite de l’Iran malgré l’alliance qui les unit. Si tel était le cas, pourquoi les États-Unis investiraient-ils tant d’énergie dans des stratégies diplomatiques visant à briser cette alliance ? En outre, cette idée selon laquelle l’Iran serait sur la voie de la guerre avec Israël est fort discutable. Il est certain qu’Ahmadinejad se plaît à prévenir Israël de sa disparition à venir, mais lui et ses supérieurs ont précisé depuis longtemps que l’Iran n’avait nullement l’intention d’attaquer Israël. Et vous pourriez vous dire que ceux qui insistent sur le fait que la raison d’être des Mollah iraniens est la destruction d’Israël même au prix de leur propre vie (vous connaissez cette idée qui veut que les Iraniens soient tellement obsédés par la destruction d’Israël que les politiques de dissuasion classiques n’ont aucun effet sur eux) devraient se poser la question suivante : pourquoi le Hezbollah, qui dispose d’un stock important de roquettes, ne les lance-t’il pas sur Israël qui est train de mettre Gaza à feu et à sang ? Israël nous dit que le Hezbollah a les armes voulues, et nul doute qu’il dispose de la rage nécessaire. La réponse ne serait-elle pas que ce satellite de l’Iran n’ouvre pas le feu parce que, très pragmatiquement, il est inquiet pour sa propre survie et son propre développement au Liban ? Si tel est le cas, que pouvons-nous en déduire concernant l’Iran ? Une fois encore, l’Iran n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se passe à Gaza.
Cette crise n’a pas été non plus déclenchée par l’aggressivité du Hamas, il s’agit plutôt du dernier chapitre sanglant de la stratégie aberrante de l’administration Bush et des Israéliens, et qui vise à renverser le Hamas. L’alternative à la guerre, ignorée par Israël, mais tellement évidente, est très simple : Israël va devoir négocier avec le Hamas. (et épargnez-moi cet argument : « mais le Hamas n’a pas reconnu l’État d’Israël » : S’il pouvait changer l’Histoire, aucun dirigeant palestinien n’accepterait la création de l’État d’Israël, pour la bonne et simple raison que la création d’Israël signa le début de la Nakbah palestinienne, la catastrophe qui les a expropriés et en a fait des réfugiés. Israël initia des pourparlers avec l’OLP bien avant que sa charte ne soit révisée afin de permettre la reconnaissance d’Israël ; ses dirigeants réalisaient qu’Israël ne pouvait être vaincu militairement. Nombre de membres du Hamas en sont arrivés à la même conclusion ; Efraim Halevy, ex-directeur du Mossad, prétend que le Hamas est de plus en plus susceptible d’accepter la création d’un État palestinien selon les frontières de 1967. Les Étasuniens vont devoir faire le deuil d’une négociation qui n’engagerait que des dirigeants palestiniens comme Mahmoud Abbas, c'est-à-dire soumis à leurs intérêts. Ils vont désormais devoir faire face à des dirigeants défendant les intérets du peuple palestinien.
Avi Shlaim, historien israélien officiant à Oxford, écrit :
Israël aime à se décrire comme un îlot de démocratie dans un océan d’autoritarisme. Pourtant, tout au long de son histoire, Israël n’a jamais fait quoique ce soit pour promouvoir la démocratie chez ses voisins arabes, et s’est même fortement investi pour saboter de telles initiatives. Israël a une longue histoire de collaborations secrètes avec les régimes réactionnairs arabes afin d’annihiler le nationalisme palestinien. Malgré tous ces handicaps, les Palestiniens ont réussi à construire la seule véritable démocratie du monde arabe, à l’exception peut-être du Liban. En 2006, des élections parlementaires libres et équitables pour le conseil législatif de l’Autorité palestinienne ont porté au pouvoir un gouvernement dirigé par le Hamas. Israël a toutefois refusé de reconnaître ce gouvernement élu démocratiquement, prétendant que le Hamas est purement et simplement une organisation terroriste.
Les États-Unis et l’Europe ont, sans scrupules, rejoint Israël dans cet exercice d’ostracisation et de démonisation du gouvernement du Hamas et dans ses tentatives de le renverser en bloquant le produit des taxes et l’aide internationale. Une situation surréaliste s’est alors développée, où une part significative de la communauté internationale a imposé des sanctions économiques non pas contre l’occupant, mais contre l’occupé ; non pas contre l’oppresseur, mais contre l’opprimé.
Comme si souvent dans la tragique histoire de la Palestine, les victimes furent accusées des crimes qu’elles subissaient. L’organe de propagande israélien a systématiquement colporté cette notion selon laquelle les Palestiniens sont des terroristes, qu’ils refusent une co-existence avec l’État juif, que leur nationalisme ressemble fortement à de l’antisémitisme, que le Hamas n’est rien d’autre qu’un groupe de fanatiques religieux, et que l’islam est incompatible avec la démocratie. Mais la vérité toute simple est que les Palestiniens sont des gens normaux avec des aspirations normales. Ils ne sont pas meilleurs, mais ils ne sont pas pires que les autres peuples. Ce à quoi ils aspirent avant tout est d’avoir leur propre territoire et d’y vivre librement et dignement
Comme les autres mouvements radicaux, le Hamas a commencé à tempérer son programme politique au cours de sa montée au pouvoir. Partant du réjectionisme idéologique inscrit dans sa charte, il a commencé à évoluer vers l’acceptation pragmatique d’une solution à deux États. En mars 2007, le Hamas et le Fatah ont formè un gouvernement d’unité nationale qui était prêt à négocier un cessez-le-feu durable avec Israël. Mais ce dernier refusa de négocier avec un gouvernement qui incluait le Hamas.
Israël continua à jouer avec les deux factions palestiniennes rivales au vieux jeu du diviser pour mieux régner. A la fin des années 80, Israël avait soutenu l’émergence du Hamas afin d’affaiblir le Fatah, le mouvement séculier nationaliste dirigé par Yasser Arafat. Depuis, Israël s’est mis à encourager les dirigeants du Fatah, corrompus et dociles, à renverser leurs rivaux politiques et à reprendre le pouvoir. Des néoconservateurs étasuniens va-t-en-guerre ont participè à ce plan visant à déclencher une guerre civile en Palestine. Leurs manigances furent une des principales causes de l’implosion du gouvernement d’union nationale et de l’arrivée au pouvoir du Hamas en juin 2007 afin de prévenir un coup d’État du Fatah.
La guerre déclenchée par Israël contre Gaza le 27 décembre a marqué l’apogée d’une série de conflits et d’oppositions avec le gouvernement du Hamas. Plus globalement, il s’agit toutefois d’une guerre entre Israël et le peuple palestinien, puisque ce dernier a mis ce parti au pouvoir. L’objectif déclaré de cette guerre est l’affaiblissement du Hamas et l’intensification de la pression jusqu’à ce que les dirigeants palestiniens acceptent un cessez-le-feu selon les termes israéliens. L’objectif non avoué est de s’assurer que les Palestiniens de Gaza soient perçus par la communauté internationale comme un simple problème humanitaire, mettant ainsi fin à leur lutte pour la création d’un État indépendant.
Shlaim nous présente le défaut majeur dans le raisonnement « aucune société digne de ce nom ne tolérerait des tirs de roquettes » : Israël, très simplement, n’est pas une société digne de ce nom. C’est un pays sans frontières légales fixes, et les querelles concernant la position de ces frontières – le conflit fondamental, non sur la religion ou l’idéologie, mais sur les terres et le pouvoir – est au cœur de l’épicentre du conflit actuel à Gaza et des guerres incessantes d’Israël contre ses voisins.
On ne peut qu’espèrer de tout cœur que Barak Obama a retenu la sagesse de son mentor dans le domaine des affaires étrangères, Brent Scowcroft, dont les observations sur l’hérésie de l’administration Bush soutenant la campagne israélienne de 2006 s’appliquent tout autant à l’offensive actuelle contre Gaza : « le Hezbollah n’est pas la cause du problème » écrivit Scowcroft dans le Washington Post. « C’est un symptôme de la cause, qui est le tragique conflit palestinien né en 1948. Toute la côte Est de la Méditerranée est plongée dans le chaos, une série ininterrompue de conflits depuis la tentative avortée de l’ONU en 1948 visant à créer un État israélien et un État palestinien distincts. »
Si ce constat était vrai pour le Liban, il l’est encore plus pour Gaza. Pour totalement comprendre pourquoi le Hamas a refusé de reconnaître l’État d’Israël, pourquoi il lutte avec des moyens équitables et d’autres terriblement déraisonnables, et pourquoi il a gagné haut la main Gaza au cours des élections de 2006, un bon point de départ serait d'examiner les données démographiques de la bande de Gaza – aujourd’hui 80% des Gazaouis sont des familles réfugiées, expulsées des foyers et des terres qu’elles possédaient à l’intérieur de ce qui depuis 1948 est Israël, et dont le retour est à jamais interdit par l’une des lois fondatrices d’Israël. Devons-nous alors être surpris que la position fondamentale de la politique palestinienne ait toujours été de refuser la reconnaissance d’Israël, dans la mesure où cela signifie l’abandon de leurs revendications concernant leurs maisons et leurs terres volées suite à la création même d’Israël ? Bien sûr, Israël peut déclarer qu’il a gagné la guerre de 1948 et que le vainqueur se sert. Mais que ferait Ehud Barak si c’était son père ou son grand-père qui avait été exproprié de sa ferme à Ashkelon et qui se retrouvait désormais dans l’enfer de Gaza ?
Vous connaissez déjà sa réponse.
Et cette réponse restera la même (même si Barak ne songera plus jamais à l’admettre) tant que justice et dignité seront refusées à la communauté qui a donné le pouvoir au Hamas.
L’opération Plomb Durci a révélé en des termes clairs et brutaux que les dirigeants israéliens sont incapables de dépasser cette tendance patholohique qui les enferme dans une spirale morbide empêchant toute stabilisation du Moyen Orient. La politique israélienne dérive en permanence vers la droite ; même lorsque le centre-gauche était au pouvoir et négociait avec les Palestiniens, les colonies dans les territoires occupés ne cessaient de s’étendre ; aussi loin que l’on puisse voir, aucun gouvernement israélien ne se retirera de la Cisjordanie pour revenir au niveau de la Ligne Verte. Donc si l’on veut que cette folie cesse, on devra dire à Israël et à la Palestine où se trouvent leurs frontières, dans le cadre d’un accord juste et commandé par la communauté internationale qui ne laisse aucune latitude aux deux parties, et autorise les troupes turques à le mettre en œuvre. Mais cet accord semble bien loin…
Traduction : Axel D. pour Futur Quantique
20:51 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : valse, bachir, israël, gaza, hamas, hezbollah, arafat
09.01.2009
Crimes de guerre du jour
Un enfant palestinien écrasé par des chars israéliens, son corps "endommagé au niveau cellulaire".
Mosquito Blog
Vendredi, 09 Janvier 2009 20:29 UTC
Wilhelm Reich a un jour écrit : Le fascisme, c'est donner carte blanche à la pulsion de meurtre.
23:37 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : massacre, gaza, onu, croix rouge, israël, palestine, hamas
Israël a créé le Hamas pour diviser la Palestine
Brandon Dean
waronyou.com
Jeudi 8 janvier 2009

Ce qui m’a vraiment rendu malade en examinant les photos des manifestations anti-israéliennes qui, ces derniers jours, ont fleuri à travers la planète, c’est l’usage récurrent de drapeaux et de posters du Hamas, comme si le Hamas combattait pour la liberté des Palestiniens. Laissez moi rire…
Pour ceux qui ne sont pas au courant, le Fatah et l’Autorité palestinienne ont gouverné la Palestine jusqu’à l’invasion israélienne, qui ne s’est terminée qu’en 2005, après que la prise de pouvoir du Hamas eut été assurée. Et comme par magie, ce dernier est depuis lors le parti au pouvoir en Palestine !
En outre, tous les combattants du Hamas ont pris la (sage) décision de se terrer et de se camoufler, en anticipation du massacre planifié par Israël . Oh, comme il est heureux (pour eux) que les Israéliens se contentent du meurtre de 1,3 millions de civils (la population de Gaza)…
Le Mossad (l’équivalent israélien de la CIA) a créé le Hamas en 1987, avec ses têtes de file Sheikh Ahmed Ismail Yassin et Abdel Aziz al-Rantissi, car, comme Zeev Sternell, historien à l'université hébraïque de Jérusalem, l’a souligné : « Israël pensait qu'il s'agissait d’un habile stratagème pour monter les islamistes contre L'OLP ».
Voilà un drôle de détail, n’est-ce pas ? Ainsi, le Mossad a lancé le Hamas, avec l’ « intention » première d’en faire une organisation caritative pour le peuple palestinien. Et le Hamas a effectivement œuvré dans l’humanitaire. Petit à petit – évidemment – il s’est transformé en mouvement politique et militaire, conformément à sa véritable finalité. Il s’oppose depuis lors au Fatah et à l’OLP. Diviser pour mieux régner, vieux principe des manuels de stratégie militaire…
Cette thèse vous laisse perplexe ? Bien, que dites-vous d’une photo authentique d’un agent du Mossad qui porte un uniforme du Hamas et qui a oublié d’enlever son étoile de David ?

L’étoile de David
Et quid de cet événement de juillet 2006, où des combattants du Hamas ayant soi-disant kidnappé un soldat israélien se rendirent dans le centre-ville de Gaza pour y tenir une conférence de presse ?

Si un enlèvement avait vraiment eu lieu, ces « terroristes » auraient été exécutés, ou au moins arrêtés, sur place. Allons, cette photo a été prise à moins de 15 kilomètres de la frontière israélienne ! Bon sang, la Palestine est truffée d’agents israéliens !!
Les Israéliens ont créé le Hamas pour qu’il s’oppose à l’OLP, et il a parfaitement joué son rôle. D’après les comptes-rendus, à part se cacher, le Hamas n’a pas fait grand chose pour « aider » les Gazaouis face à ces massacres. Ils kidnappent des Israéliens, ou même, ils plastiquent des bars israéliens, tuant prétendument des juifs israéliens. Mais, en réalité, le bar était tenu par un Arabe israélien, et 90% des clients étaient musulmans, pas juifs.
Il est bon de voir le monde en colère contre Israël à la suite des atrocités flagrantes qu’il a commis au cours des dernières semaines, mais il est temps que le monde prenne également conscience de la réalité des opérations faux drapeau. Il est temps que lumière soit faite sur ces tactiques, qu’il faut connaître. Les Israéliens sont les meilleurs organisateurs d’opérations faux drapeau au monde, comme démontré par l’ « holocauste » absolument fantastique de la Deuxième Guerre mondiale ; et avec un mensonge aussi monumental qui perdure jusqu’à aujourd’hui, est-il si difficile de déceler le mensonge de ce soldat du Hamas, ou l’arnaque des roquettes « Qassam » ? Encore une fois, tout cela me fait bien rigoler…
A lire :
Le Hamas est une création du Mossad par Hassane Zerouky.
Ouvrage à lire :
Devil's Game (Le jeu du diable) par Robert Dreyfuss
Commentaire : L’auteur offre des preuves supplémentaires de l’implication du Mossad dans des opérations faux drapeaux. Manifestement, le Mossad se fait parfois passer pour le Hamas ou d’autres mouvements islamiques pour lancer des attaques en leurs noms qui servent ses intérêts politiques. Cela ne veut toutefois pas dire que le Hamas agit sous la direction du Mossad.
Voici un extrait de l’article intitulé : « Si le Hamas n’existait pas ».
La destruction de Gaza n’a rien à voir avec le Hamas. Israël n’acceptera aucune autorité dans les territoires palestiniens qu’il ne puisse in fine contrôler. Tout individu, dirigeant, faction ou mouvement qui n’accède pas aux demandes d’Israël ou qui défend une souveraineté nationale légitime et l’égalité entre toutes les nations de la région ; tout gouvernement ou mouvement populaire qui réclame l’application des conventions internationales et de la Déclaration universelle des droits de l’Homme pour son propre peuple sont inacceptables aux yeux d’Israël. Ceux qui rêvent d’un État unifié doivent se demander ce qu’Israël infligerait à une population de 4 millions de Palestiniens résidant à l’intérieur de ses frontières alors que chaque jour, si ce n’est chaque heure, Israël commet des crimes contre ces populations vivant autour de ses frontières ? Que deviendra alors la raison d’être, la finalité autoproclamée d’Israël, si les territoires palestiniens sont totalement annexés ?
Traduction : Axel D. pour Futur Quantique
15:43 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hamas, mossad, israël, création, olp, arafat, fatah
07.01.2009
Le rôle caché des Etats-Unis dans la montée au pouvoir du Hamas
Samedi 3 janvier 2009
Note de l’éditeur : Aux Etats-Unis, l'affirmation selon laquelle les actions du Hamas ont forcé Israël à lancer un attaque d’envergure contre la population appauvrie de Gaza est presque universellement acceptée. Pourtant, ainsi que l'explique l'universitaire Stephen Zunes, l'image d'un Hamas présenté comme une organisation au radicalisme naïf, dépourvu de légitimité électorale ou du soutien d'une grande partie de la population, est simpliste. Dans ce document important, Zunes examine les stratégies par lesquelles, les décideurs politiques en Israël et aux Etats-Unis ont encouragé la montée en puissance de ce groupe conservateur religieux, afin de marginaliser les éléments séculiers et les idées de gauche dans les territoires occupés.
Les Etats-Unis portent une grande partie de la responsabilité dans le bain de sang qui a actuellement lieu dans la bande de Gaza et les zones voisines d'Israël. En effet, sans la politique peu judicieuse d'Israël et des Etats-Unis, le Hamas n'aurait pas obtenu le contrôle du territoire.
Au départ, Israël encouragea la montée du mouvement islamiste palestinien pour contrer l'Organisation de Libération de la Palestine, qui était une coalition composée du Fatah et de divers mouvements nationalistes ou de gauche. Au début des années 80, grâce au financement généreux de la dictature familiale d'Arabie Saoudite soutenue par les Etats-Unis, les premiers résultats du Hamas apparurent sous forme d'écoles, de cliniques, de services sociaux ainsi et autres établissements qui mettaient l'accent sur une interprétation ultraconservatrice de l'Islam qui n'avait jusqu'alors, jamais été très courante au sein de la population palestinienne. L'idée était que si les gens passaient plus de temps dans les mosquées à prier, ils deviendraient moins susceptibles de s'engager dans les organisations de gauche nationalistes qui remettaient en cause l'occupation israélienne.
Alors que l'on refusait aux partisans de l'OLP, le droit de posséder leur propre média ou d'organiser des rassemblements politiques, les autorités d'occupation israéliennes permirent aux groupes radicaux islamiques d’organiser des rassemblements, de publier des journaux non censurés et même, de posséder leur propre station de radio. En 1981 par exemple, dans la ville palestinienne occupée de Gaza, les mêmes soldats qui n'avaient pas hésité à briser violemment des manifestations pacifiques, restèrent en retrait lorsqu'un groupe d'islamistes extrémistes attaquèrent et brûlèrent une clinique à Gaza parce qu'elle fournissait un service de planning familiale.
Le Hamas, un acronyme de Harakat Al-Muqawama Al-ISlamiyya (Mouvement de résistance islamique), fut fondé en 1987 par Sheik Ahmed Yassin, qui avait été libéré de prison lorsque Israël avait conquit la bande de Gaza 20 ans plus tôt. Les priorités d'Israël dans la campagne de suppression de la dissidence qu'il menait à cette époque, sont très révélatrices: En 1988, Israël força à l'exil l'activiste palestinien Mubarak Awad, un chrétien pacifiste qui défendait, face à l'occupation israélienne, une résistance de type gandhienne, une paix israélo-palestinienne. Dans le même temps, il permit à Yassin de faire circuler une littérature anti-juive haineuse et à appeler à la destruction d'Israël par les armes.
La politique étasunienne ne différait guère : jusqu'en 1993, les fonctionnaires de l'office consulaire des Etats-Unis à Jérusalem, rencontraient périodiquement les dirigeants du Hamas alors qu'il leur était interdit de rencontrer qui que ce fut de l'OLP, même les dirigeants modérés de la coalition. Cette politique continua bien que l'OLP ait renoncé au terrorisme et reconnu unilatéralement l'Etat d'Israël dès 1988.
Un des premiers événements importants dans la promotion du Hamas fut l’expulsion de 400 musulmans palestiniens par Israël à la fin de 1992. Alors que la majorité de ces exilés étaient associés à des agences de services sociaux du Hamas, peu d'entre eux avaient été accusés de crimes violents. De telles expulsions étant en contradiction directe avec la loi internationale, le Conseil de sécurité des Nations Unies les condamna unanimement et demanda leur retour immédiat. Pourtant, la nouvelle administration Clinton empêcha les Nations Unies d'appliquer sa résolution et affirma trompeusement qu'une offre israélienne permettant le retour de certains exilés répondait au mandat de l'ONU. Cette politique israélienne et étasunienne transforma les exilés en héros et en martyres et accrut la crédibilité du Hamas aux yeux de la population, lui conférant ainsi sa force politique.
Pourtant, les sondages d'opinion montraient qu'au moment des accords d'Oslo entre Israël et la Palestine, seulement 15% de la communauté palestinienne soutenaient le Hamas. Toutefois ce soutien s'accrut lorsque la promesse d'un Etat palestinien viable s'évanouit et qu'Israël continua sa politique expansionniste coloniale en Cisjordanie sans opposition apparente des Etats-Unis, doublant en une dizaine d'année le nombre d’implantations. La direction du Fatah et le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat et ses proches furent considérés comme corrompus et ineptes alors que les dirigeants du Hamas étaient perçus comme proches des besoins des Palestiniens ordinaires. Début mai 2001, Israël interrompit toutes les négociations importantes avec les Palestiniens et une offensive israélienne soutenue par les Etats-Unis l'année suivante détruisit la majeure partie des infrastructures de l'Autorité palestinienne, rendant ainsi toute perspective de paix et de création d'un Etat, encore plus lointaines. Les fermetures et les blocus israéliens entraînèrent l'économie palestinienne dans une grave dépression et les services sociaux du Hamas devinrent encore plus importants aux yeux des Palestiniens.
Après la décision du Fatah en 1993, de mettre un terme au conflit armé et de se fier au processus de paix conduit par les Etats-Unis, qui entraîna un regain de souffrances, la popularité du Hamas se développa bien au-delà de sa base fondamentaliste la plus dure. L'usage du terrorisme contre Israël (en dépit de son caractère immoral, illégal et contreproductif), semblait exprimer la colère et l'impuissance de larges segments de la population palestinienne. Pendant ce temps, l'utilisation par Israël d'escadrons de la mort (une politique défendue par l'administration Bush et les dirigeant démocrates au Congrès des Etats-Unis), aboutit à la mort de Yassin et à celle de nombreux autres dirigeants du Hamas, les transformant en martyre aux yeux de nombreux Palestiniens et renforçant ainsi le soutien au Hamas.
Le Hamas prend le pouvoir
Lorsqu’après la mort d'Arafat, l'administration Bush insista pour que les Palestiniens organisent des élections libres et équitables, les dirigeants du Fatah espéraient que l’invitation du Hamas au processus électoral permettrait d’affaiblir ses éléments les plus radicaux. En dépit des objections étasuniennes, les élections parlementaires palestiniennes furent tenues en janvier 2006 avec la participation du Hamas. Elle furent surveillées de près et reconnues comme libres et équitables. Alors que la gauche et les réformistes étaient divisés en une demi douzaines de listes, le Hamas fut perçu comme la seule alternative par de nombreux Palestiniens dégoûtés par les dirigeants du Fatah, Comme Israël refusait de s'engager dans de véritables négociations de paix avec le gouvernement conduit par Abbas, les Palestiniens pensèrent qu'il n'y avait pas grand chose à perdre à élire le Hamas. En plus de cela, les nombreuses factions au sein du parti dirigeant entraînèrent une situation où, dans de nombreux districts des candidats du Fatah se retrouvaient en compétition les uns avec les autres. Le résultat de tout cela fut que, bien que n'ayant obtenu que 44% des votes, le Hamas prit la majorité au Parlement, eut le droit de choisir le Premier ministre et celui de former un gouvernement.
L'ironie est que le poste de Premier ministre n'existait pas dans la constitution originale de l'Autorité palestinienne. Il fut ajouté en mars 2003 suite aux insistances des Etats-Unis, qui désiraient un contrepoids au président Arafat. Le résultat des élections permit certes à Abbas de rester président, mais il devait maintenant partager le pouvoir avec Ismail Haniya, le Premier ministre du Hamas.
Bien qu'ils aient proclamé leur soutien à des élections libres, au vu des résultats, les Etats-Unis essayèrent de saboter le gouvernement du Hamas. Abbas refusa l'invitation initiale du Hamas à former un gouvernement d'unité nationale qui aurait inclus le Fatah et où les éléments les plus radicaux du mouvement auraient été probablement marginalisés. L'administration Bush fit pression sur les Canadiens, les Européens ainsi que d'autres membres de la communauté internationale pour imposer de sévères sanctions à l'Autorité palestinienne, bien que peu d'argent continuât à couler dans les officines gouvernementales contrôlées par Abbas.
L'économie palestinienne, jadis une des plus prospère de la région, avait été détruite par plusieurs décennies d'occupation israélienne. Cela rendait l'Autorité palestinienne dépendante de l'aide étrangère pour répondre aux besoins de base à son peuple. Par conséquent, l'impact de ces sanctions fut dévastateur. Le régime iranien s'engouffra pour remplir en partie ce vide, en injectant des millions de dollars pour faire tourner les services de base, donnant ainsi à la République islamique (qui n'avait pas jusqu'alors été alliée au Hamas et qui n'avait pas été un acteur principal dans la politique palestinienne) un poids sans précédent.
Dans le même temps, un taux de chômage record avait fait des jeunes hommes affamés et excédés des recrues faciles pour les militants du Hamas. Un des principaux responsables du Fatah remarquait que, « pour de nombreuses personnes, c'était la seule façon de gagner de l'argent. » Certain membres de la police qui ne touchaient pas leur salaire du gouvernement, rejoignirent la milice du Hamas en deuxième emploi, engendrant ainsi une double allégeance.
Les demandes imposées à l'Autorité palestinienne par l'administration Bush et le Congrès pour que les sanctions soient suspendues, semblaient avoir été conçues pour être rejetées et elles furent largement interprétées comme un prétexte afin de punir les Palestiniens d'avoir mal voté. Les Etats-Unis demandaient par exemple que le gouvernement du Hamas reconnaisse unilatéralement le droit d'exister à l'Etat d'Israël et ce bien que l'Etat d'Israël n'ait jamais reconnu le droit des Palestiniens d'avoir un Etat viable en Cisjordanie, dans la bande de Gaza ou n'importe où ailleurs. Parmi les autres demandes, il y avait l'arrêt des attaques sur les civils en Israël alors que parallèlement on ne demandait pas à Israël de cesser ses attaques sur les zones civiles de la bande de Gaza. On demandait aussi que l'Autorité palestinienne conduite par le Hamas accepte tous les accords négociés précédemment, même si Israël violait l'accord de la rivière Wye et d'autres pactes conclus avec les Palestiniens.
Alors que le Hamas respectait un cessez-le-feu unilatéral des attentats suicides en Israël, les affrontements sporadiques et les attaques à la roquette continuaient. Pendant ce temps-là, Israël lança, avec le soutien de l'administration Bush, des attaques aériennes contre des zones urbaines très peuplées qui firent des centaines de victimes. Le Congrès défendit les attaques israéliennes, les présentant comme des actes de légitime défense alors que l'ensemble de la communauté internationale les condamnait comme excessives et en violation du droit humanitaire international.
Un siège, pas un retrait
Tant l'administration Bush que les dirigeant des deux partis du Congrès perpétuèrent le mythe du démantèlement des implantations illégales dans la bande de Gaza et du retrait des unités militaires qui les soutenaient, constitutives d’une liberté effective pour les Palestiniens du territoire. Des dirigeants politique des Etats-Unis, de Georges W. Bush à Nancy Pelosi, élue démocrate de Californie et porte-parole du Congrès, ont régulièrement loué Israël pour s'être conformé tardivement à une série de résolutions des Nations Unies appelant à un retrait de ses implantations illégales (en dépit de la violation permanente d'Israël de ces même résolutions qui continuait à étendre les implantations illégales en Cisjordanie et sur le plateau du Golan).
La réalité est pourtant que la bande de Gaza est restée assiégé. Avant même la victoire du Hamas aux élections parlementaires, le gouvernement israélien, limitait non seulement l'entrée de la bande de Gaza en Israël (comme c'est son droit), mais il contrôlait aussi le passage de la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte. Cela a non seulement conduit à des pénuries régulières de biens de première nécessité importés depuis l'Egypte, mais aussi au gaspillage généralisé des produits périssables d'exportation, comme les fruits, les légumes et les fleurs coupées, qui sont vitaux à l'économie des territoires. De plus, les résidents de Gaza furent coupés de leurs familles et de leurs compatriotes en Cisjordanie et ailleurs, dans ce qui fut qualifié par beaucoup de plus grande prison à ciel ouvert de la planète.
En représailles, Le Hamas et les milices alliées lancèrent des roquettes sur les zones civiles d'Israël. Celui-ci répondit en bombardant lourdement les zones civiles de la bande de Gaza. Ces bombardements avaient tué 200 civils dont de nombreux enfants au moment du cessez-le-feu de 2006. Les fonctionnaires de l'administration Bush, soutenus par les dirigeants des deux partis du Congrès, condamnèrent avec raison les attaques à la roquette du Hamas et de ses alliés dans les zones civiles d'Israël (qui à cette époque avaient fait de nombreux blessés, mais aucun mort), mais défendaient les attaques bien plus dévastatrices d'Israël contre des cibles civiles dans la bande de Gaza. Cela engendra une réaction qui renforça le soutien au Hamas dans les territoires.
La population de la bande de Gaza est principalement composée de réfugiés du nettoyage ethnique perpétré par Israël dans la majorité de la Palestine 60 ans plus tôt, et de leur descendants dont la majorité est restée sous-employée depuis qu'Israël a fermé les frontières à la plupart des travailleurs journaliers à la fin des années 80. Comme la population vit dans des conditions de surpeuplement dans un espace de 200 kilomètres carrés, soumise à une violence extrême et à la pauvreté, il n'est donc pas surprenant que de nombreuses personnes soient devenues sensibles à l'extrémisme politique d'un mouvement comme le Hamas. Il n'est pas surprenant non plus que dans de telles conditions, des individus armés se retournent les uns contre les autres (NDT: à fortiori lorsque le Mossad orchestre ces conflits internes).
Discréditer le gouvernement d'unité nationale
Lorsque les combats entre les factions armées du Fatah et du Hamas commencèrent début 2007, les représentants de l'Arabie Saoudite négocièrent un partage du pouvoir entre les deux mouvements politiques palestiniens. Les représentants des Etats-Unis essayèrent pourtant (sans y parvenir) d'encourager Abbas à renoncer à l'accord et à démettre le gouvernement. En effet, dès l'élection d'une majorité du Hamas au Parlement, l'administration Bush fit pression sur le Fatah afin qu'il organise un coup d'Etat et abolisse le Parlement.
Le gouvernement d'unité national nomma des membres du Fatah et des technocrates indépendants
aux ministères clés et remercia les dirigeants de la ligne dure du Hamas. Tout en ne satisfaisant pas aux demandes occidentales, le Hamas démontrait une volonté sans précédent de s'engager avec Israël, d'accepter un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et à négocier un cessez-le-feu. Cela aurait pu pour la première fois, donner à Israël et aux Etats-Unis l'opportunité d'amener vers des pourparlers de paix un gouvernement d'unité nationale représentant quasiment toute les factions et les partis impliqués dans la vie politique palestinienne, sur la base de l'initiative de la Ligue Arabe pour une solution à deux Etats et de la résolution 242 du Conseil de sécurité. Pourtant, les gouvernements israéliens et étasuniens refusèrent.
La Maison Blanche décida au contraire d'intensifier le conflit en ordonnant à Israël de fournir de grandes quantités d'armes aux groupes armés du Fatah pour leur permettre de combattre le Hamas et de mener un coup d'Etat. Les chefs militaires israéliens résistèrent à cette idée, craignant que la majorité de ces armes finissent entre les mains du Hamas, mais -comme le dit le journaliste Uri Avneri - « notre gouvernement a obéi aux ordres des Etats-Unis, comme d'habitude. » le Fatah recevait des armes depuis Israël pendant que le Hamas combattait les Palestiniens conduits par les Israéliens pour que les hommes du Fatah soient vus (même par ceux qui ne partagent pas l'idéologie extrémiste du Hamas) comme des collaborateurs et ceux du Hamas comme des combattants de la liberté. Cet épisode fut principal facteur qui motiva le Hamas à lancer ce qu'il considéra comme une guerre préventive ou un contre coup d'état en envahissant les locaux des militants du Fatah en juin 2007. Ainsi, ce que les Israéliens avaient craint arriva, les armes qu'ils avaient fournies se trouvaient finalement dans les mains du Hamas. La Résistance islamique a dirigé la bande de Gaza depuis lors.
Les Etats-Unis apportèrent aussi leur soutien à Mohammed Dahlan, le célèbre chef de la sécurité du Fatah à Gaza qui supervisa la détention, la torture et l'exécution d'activistes du Hamas et d'autres groupes (bien que les Etats-Unis le qualifie de « modéré »et de « pragmatique »). Cet événement entraîna une forte indignation populaire contre le Fatah et ses partisans.
Dans son rapport confidentiel divulgué à la presse quelques semaines avant la prise de pouvoir du Hamas, Alvaro de Soto, l'ancien coordinateur spécial du processus de paix au Moyen Orient déclarait que « les Etasuniens ont clairement encouragé une confrontation entre le Hamas et le Fatah » et qu'ils « ont oeuvré à isoler et à affaiblir le Hamas et ils ont renforcé le Fatah en lui donnant une légitimité et en lui fournissant des armes. » De Soto rappelait également que pendant la tentative égyptienne de mise en place d’un cessez-le-feu à la suite d'une explosion de violence entre factions rivales plus tôt dans l'année, un représentant officiel des Etats-Unis lui avait dit « J'aime cette violence...elle signifie que d'autres Palestiniens résistent au Hamas. »
Affaiblir les Palestiniens modérés
La seule façon pour les modérés de vaincre les forces extrémistes est de fournir à leur population ce dont ils ont le plus besoin : dans ce cas, il s'agissait de la fin du siège israélien de la bande de Gaza, de son occupation et de la colonisation des territoires palestiniens restants. Pourtant la politique israélienne, soutenue par l'administration Bush et le Congrès des Etats-Unis, semblait conçue pour rendre cela impossible. L'illustre analyste de la politique israélienne, Gershon Baskin, fit remarquer dans un article du Jerusalem Post publié juste avant la victoire électorale du Hamas, que « la politique unilatérale d'Israël, son refus de négocier et son soutien au président Mahmoud Abbas et à l'Autorité palestinienne ont renforcé les prétentions du Hamas et affaibli Abbas et son autorité, déjà été paralysée par...les actes d'Israël qui avait démoli les infrastructures des institutions et des bâtiments du gouvernement de l'Autorité palestinienne. »
Bush et une écrasante majorité des deux partis au Congrès ont aussi apporté leur soutien à la politique de désengagement unilatéral du gouvernement israélien qui, tout en démantelant les implantations israéliennes dans la bande de Gaza, les a étendues en Cisjordanie annexant illégalement de grandes parties du territoire palestinien. De plus, ni le Congrès, ni Bush, n'ont obligé les Israéliens à reprendre des négociations de paix sérieuses avec les Palestiniens après leur suspension six ans plus tôt. Et ce, malgré le souhait exprimé par Abbas et la communauté internationale de les reprendre. Etant donné que la politique de négociations du Fatah n’avait pas réussi à arrêter l'occupation et la colonisation israélienne de grandes parties de la Cisjordanie, il n'est pas surprenant que l'affirmation du Hamas, selon laquelle le processus de paix supervisé par les Etats-Unis agit contre les intérêts Palestiniens, ait trouvé écho chez de nombreux Palestiniens, même ceux qui reconnaissent que la branche armée du Hamas est moralement contestable et qu'elle a affaibli la cause nationaliste.
A la suite de la prise du pouvoir par les armes du Hamas à Gaza, le très respecté journaliste israélien Roni Shaked remarquait dans le numéro du 15 juin de Yediot Ahronoth que « les Etats-Unis et Israël avaient apporté une contribution décisive à cet échec. » En dépit des déclarations d'Israël et des Etats-Unis de vouloir renforcer Abbas, « en pratique, rien n'a été fait pour que cela arrive. Les rencontres avec ce dernier sont devenues un outil politique pour les Israéliens et les accolades, les tapes dans le dos ont transformé Abbas en un collaborateur et une source de plaisanterie dans les rues de la Palestine. »
Le rapport de De Soto au secrétaire général des Nations Unies dans lequel il qualifiait la position du Hamas envers Israël d’« abominable », remarquait aussi que « la politique israélienne semblait perversement conçue afin d’encourager les actions continuelles des militants palestiniens. » Au vu des sanctions internationales initiées par les Etats-Unis, l'ancien diplomate péruvien observait aussi que « les étapes suivies par la communauté internationale dans le but présumé de parvenir à la création d'un Etat palestinien, ont eu un effet totalement opposé. »
Pour certains commentateurs israéliens, cette stratégie a été délibérée. Avneri soulignait que, « notre gouvernement a oeuvré durant des années à détruire le Fatah de façon à éviter d'avoir à négocier un accord qui conduirait inévitablement à un retrait des territoires occupés et au démantèlement des implantations qui s'y trouvent. » De la même façon, M.J. Rosenberg du Israël Policy Center observait que « de fait la droite israélienne (et étasunienne) ont soutenu les extrémistes palestiniens » puisque « supplanter ...le Fatah avec les fondamentalistes islamiques permettait d'éviter à Israël une situation où il serait forcé de négocier avec les modérés. » A cette époque Avneri écrivait que « maintenant, alors qu'il semble que cet objectif ait été atteint, il ne savent plus quoi faire de la victoire du Hamas. » .
Depuis lors, la stratégie israélienne a été d'accroître le blocus de la bande de Gaza, au mépris des conséquences humanitaires désastreuses et récemment de lancer des attaque dévastatrices qui ont tué des centaines de personnes, dont un quart de civils. L'administration Bush et les dirigeants des deux partis du Congrès ont défendu la politique israélienne en basant leur argument sur le fait que le Hamas, parti extrémiste, gouverne le territoire.
Pourtant, personne ne semble prêt à reconnaître le rôle qu'ont joué les Etats-Unis dans l’arrivée du Hamas au pouvoir.
Article original : Stephen Zunes pour AlterNet (Stephen Zunes est professeur de politique et responsable des études moyen-orientales à l'université de San Francisco et il travaille comme analyste politique senior dans la revue Foreign Policy in Focus.)
Traduction française : Lionel P. pour Futur Quantique
18:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hamas, fatah, palestine, israël
A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé
Parallèlement à l’offensive terrestre A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé avec les bombes "GBU-39" fournies par les Etats-Unis
Mise en ligne le : 4 janvier 2009
L’armée israélienne (Tsahal) a lancé hier soir son offensive terrestre contre Gaza - contre le Hamas et son "jihad", selon le gouvernement israélien. La presse, les médias internationaux se focalisent sur l’événement, qui suscite l’indignation ou l’inquiétude de l’opinion mondiale. Celles-ci seront encore plus grandes lorsque se révélera le drame qui a commencé le 27 décembre dernier avec les premiers bombardements israéliens sur Gaza et qui se poursuit de façon invisible, avec l’emploi par l’aviation israélienne de bombes "GBU-39" - une "arme intelligente" issue du "génie militaire" américain, mais aussi une arme génocidaire.
Les caractéristiques de l’engin
Contrairement à une bombe "gravitationnelle" qui tombe par son propre poids, ce qui exige une estimation précise de l’altitude, la distance et la position de l’avion par rapport à la cible, la "bombe intelligente GBU-39" est un missile autopropulsé capable d’atteindre par ses propres moyens et avec une incroyable précision une cible située jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Apte à voler par tous les temps, le missile peut même décrire un cercle et frapper une cible fixe située derrière l’avion. Il est guidé vers sa cible par un système embarqué de positionnement par GPS et de calcul de trajectoire. Ce système est préprogrammé mais peut être reprogrammé à tout moment et à distance, à partir des installations au sol.
Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003, après une sévère compétition avec Rayteon, pour développer cette "bombe de faible diamètre" (SDB-Small Diameter Bomb).
La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu (avec un amortissement des recherches sur une commande finale espérée de 24 000 unités). A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre les différents laboratoires et fournisseurs civils et militaires, déclarait :
"Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options léthales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme."
D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.
La SDB-1 ou GBU-39/B est un tube long de 1,80 m environ et de 19 cm de diamètre. Une fois lancé, il déploie des ailerons arrière et latéraux qui stabilisent sa trajectoire. Il pèse 130 kg, dont 93 kg pour la tête explosive.
Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’un seul missile ordinairement beaucoup plus lourd. Le lancement de chaque missile est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.
La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre "léthalité" (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de "dommages collatéraux". Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de "troupes amies"... ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les "lois de la guerre" et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre "anti-guérilla" ou "anti-terroriste"...
Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E "Strike Eagles" appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :
"Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens."
"La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations "Iraqi Freedom" et "Enduring Freedom". Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci."
La SDB-1 présente une autre caractéristique que la fiche technique de Boeing et la presse israélienne se gardent de préciser. En effet, sur les 93 kg attribués par Boeing à la tête (warhead), 23 sont dus à l’explosif proprement dit, de haute performance. Le reste, soit une cinquantaine de kilos, n’est autre que de l’Uranium Appauvri. Celui-ci présente un avantage supplémentaire : sa haute capacité de pénétration. Il permet à la GBU-39 de percer au moins 90 cm de béton armé (ou plusieurs mètres de terre) avant d’exploser.
Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement en cours aboutisse fin 2009. Certaines de ses caractéristiques annoncées correspondent à celles données par le Jerusalem Post du 28 décembre 2008. Cependant, rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne dispose déjà de tels engins - à moins que l’offensive contre Gaza ne leur serve de banc d’essai.
Outre son prix "réduit" (de l’ordre de 100 000 dollars pièce - tout est relatif...), l’ensemble de ses caractéristiques faisaient de la GBU-39, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive israélienne contre Gaza. Sa précision permettait d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les "dommages collatéraux" dans la population civile (de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés au Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël). Ce qui limite aussi les risques, politique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre. Par ailleurs, la capacité de pénétration de la GBU-39 permettait de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les 40 boyaux souterrains sous la frontière entre l’Egypte et Gaza, qui rendent poreux le blocus israélien et qui ont été frappés dès le premier jour de l’offensive aérienne.
En septembre 2008, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël, qui lui ont été livrés dans les premiers jours de décembre. La trève de 6 mois acceptée par le Hamas en juin expirait le 19 décembre. Le 27 décembre, l’offensive israélienne commençait.
Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne avec certitude le crime contre l’humanité.
Le génocide de Gaza a commencé.
Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.
Le dard des bombes GBU-39 est à l’Uranium Appauvri, disions-nous. Mais appauvri en U235 et enrichi en U238, dont la demi-vie radioactive est de 4,5 milliards d’années.
L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (particules nanométriques de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de ces combustions répétées d’uranium voyagent avec les mouvements d’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, la majeure partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols et les nappes phréatiques.
Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne... et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés malformés.
On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements auront sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire... et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.
Lorsqu’il a décidé de larguer des bombes GBU-39 à l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, le gouvernement israélien ne pouvait pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ? Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procède, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime ? Car il est clair que les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza. Sait-elle que, même s’ils reviennent indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre dont on nous annonce déjà qu’elle sera longue et sanglante, les soldats de Tsahal seront eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ? On l’a dit, aucun masque ne peut protéger des nanoparticules d’Uranium Appauvri.
Un véritable crime contre l’humanité s’exécute donc sous nos yeux.
S’agissant de l’Irak, ACDN écrivait au président de la République française, le 6 avril 2003 :
"La France doit user de tous les moyens dont elle dispose pour faire cesser le CRIME CONTRE L’HUMANITE qui se déroule sous nos yeux : l’utilisation de munitions à "Uranium Appauvri" par les troupes de la coalition anglo-australo-américaine, utilisation avérée au moins à Bassora et hautement probable sur d’autres champs de bataille irakiens. Les divers composants de l’uranium appauvri ont déjà provoqué depuis la (première) "guerre du Golfe" une catastrophe humanitaire systématiquement sous-estimée ou niée par les dirigeants des puissances concernées (France comprise, puisque les militaires français victimes du "syndrome du Golfe" se voient dénier tout droit, de même d’ailleurs que les victimes des essais nucléaires français). Les milliards de particules radioactives ainsi émises vont transformer l’Irak en une terre inhabitable pour l’éternité, et retomber sur tout l’hémisphère Nord où elles accroîtront, avec la radioactivité ambiante, les "statistiques" anonymes des cancers. A quoi sert-il de lancer une "campagne nationale contre le cancer" si l’on n’intervient pas à temps pour prévenir l’expansion de l’une de ses principales causes ?"
Cette fois, il s’agit de Gaza, de la Palestine et d’Israël.
Cette fois, le président de la République ne s’appelle plus Jacques Chirac, mais Nicolas Sarkozy, et il sera dans la région dès demain pour tenter d’y ramener le calme, à défaut d’une paix véritable.
Cette fois encore, nous lui disons :
"La France doit faire cesser ce crime contre l’humanité."
Mais pour se faire entendre, elle devra s’engager elle-même à ne plus produire, vendre, transférer ni utiliser dans sa propre armée aucune arme à l’Uranium Appauvri. Au lieu de voter, comme elle l’a fait dernièrement en la seule compagnie des Etats-Unis et d’Israël, contre toute résolution de l’ONU cherchant à établir une commission d’enquête sur les effets de l’UA, la France doit enfin travailler à l’interdiction universelle des armes à l’Uranium Appauvri.
En plus, bien sûr, d’oeuvrer à l’établissement d’un cessez-le-feu général et immédiat à Gaza, et à l’instauration d’une paix juste et durable dans la région, seul moyen de désamorcer les haines, d’assurer la cohabitation des peuples, des croyances, des Etats, des cultures, et de sauver les personnes.
Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, le 4 janvier 2009
"A Gaza, début du génocide à l’Uranium Appauvri" ACDN, 4 janvier 2009. Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : www.acdn.net et d’en informer la rédaction.
Signer la pétition pour l’abandon et l’interdiction universelle des armes à UA.
Source : Acdn
16:26 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : uranium, gaza, génocide, israël, hamas
06.01.2009
Flashback – Le Hamas est une création du Mossad
Cet article a été écrit par Hassane Zerouky, pour Global Research, le 23 mars 2004
Le Hamas a été autorisé à renforcer sa présence dans les territoires occupés grâce au Mossad, « l'officine des renseignements et des tâches spéciales » d'Israël. Dans le même temps, l'OLP, le mouvement de Yasser Arafat, ainsi que la gauche palestinienne subissaient les formes les plus brutales de répression et d'intimidation. N'oublions pas que c'est Israël qui a en fait créé le Hamas. Selon Zeev Sternell, historien à l'université hébraïque de Jérusalem, « Israël pensait qu'il s'agissait d’un habile stratagème pour monter les islamistes contre L'OLP ».
A son retour du Caire dans les années soixante-dix, Ahmed Yassine, le dirigeant spirituel du mouvement islamiste en Palestine, mit en place une association caritative islamique. Pour le Premier ministre Golda Meir, il s'agissait là d'une opportunité pour contrebalancer la montée du mouvement de Yasser Arafat. Selon l'hebdomadaire israélien 'Koteret Rashit' d'octobre 1987, « les associations, tout comme l'université islamique ont été soutenues et encouragées par les autorités militaires israéliennes » en charge de l'administration de la Cisjordanie et de Gaza. « Elles [les associations islamiques et l'université] furent autorisées à recevoir de l'argent de l'étranger. »
Les islamistes mirent en place des orphelinats et des cliniques, un réseau d'écoles et d'ateliers qui créèrent des emplois pour les femmes et un système d'aide financière pour les pauvres. Ils créèrent l'université islamique à Gaza en 1978. « Les autorités militaires furent convaincues que ces activités affaibliraient l'OLP et les organisations de gauche de Gaza. » Fin 92, on dénombrait six cents mosquées à Gaza. Grâce au Mossad, l'agence de renseignement d'Israël, les islamistes furent autorisés à renforcer leur présence dans les territoires occupés. Dans le même temps, les membres du Fatah et de la gauche Palestinienne furent soumis aux formes les plus brutales de répression.
En 1984, Ahmed Yassin fut arrêté et condamné à 12 ans de prison, après la découverte d’une cache d'armes. Mais un an plus tard, il fut libéré et reprit ses activités. Lorsque l' « intifada » (le soulèvement) commença en octobre 1987, prenant les islamistes par surprise, Sheik Yassin répondit en créant le Hamas (Le Mouvement de résistance islamique). L'article 7 de la charte de cette organisation dit : « Dieu est notre commencement, le Prophète notre modèle, le Coran notre institution »
Au moment où les accords d'Oslo (déclaration de principes sur un gouvernement de transition) furent signés en septembre 1993, Ahmed Yassin était en prison. Le Hamas rejeta catégoriquement ces accords. Mais à cette époque, 70% des Palestiniens avaient condamné les attaques contre les civils israéliens. Yassin fit tout son possible pour saboter les accords d'Oslo. Avant même la mort du Premier ministre Rabin, il bénéficia du soutien du gouvernement israélien qui était lui même peu enthousiaste à l’idée d’appliquer cet accord de paix.
Le Hamas lança alors une série d'attaques soigneusement préparées, contre les civils, le jour précédant la rencontre entre les Palestiniens et les négociateurs israéliens au sujet de la reconnaissance formelle d'Israël par le Conseil national palestinien. Ces événements furent largement instrumentalisés pour la formation d'un gouvernement israélien de droite à l’issue des élections de mai 1996.
Contre toute attente, le Premier ministre Netanyahu ordonna que Sheik Ahmed Yassin soit libéré de prison (« pour cause humanitaire ») où il purgeait une peine à perpétuité. Dans le même temps, Netanyahu et Bill Clinton faisaient pression sur Arafat afin qu'il contrôle le Hamas. En fait, Netanyahu savait parfaitement qu'il pouvait, une fois encore, compter sur les islamistes pour saboter les accords d'Oslo. Pire encore: Après avoir expulsé Yassin en Jordanie, le Premier ministre Netanyahu lui permit de retourner à Gaza, où il fut reçu en héros en 1997.
Arafat se retrouva impuissant face à ces évènements. De plus, à cause de son soutien à Saddam Hussein durant la guerre du Golfe en 1991 (alors même que le Hamas avait bien pris soin de s'abstenir de prendre parti), les Etats du golfe décidèrent de suspendre le financement de l'Autorité palestinienne. Dans le même temps, entre février et avril 1998, Sheik Yassin put obtenir des centaines de millions de dollars au près de ces mêmes Etats. Ces nouvelles sources de financement permirent aux islamistes de poursuivre efficacement leurs diverses activités caritatives. On estime qu’un Palestinien sur trois bénéficie de l'aide du Hamas. Et dans ce domaine, Israël n'a rien fait pour diminuer l'entrée d'argent dans les territoires occupés.
Le Hamas a accru sa puissance grâce à divers actes de sabotage du processus de paix servant les intérêts du gouvernement israélien. De son côté, ce dernier chercha à empêcher l'application des accords d'Oslo de différentes manières. En d'autres mots, le Hamas remplissait les fonctions pour lequel il avait été créé à l'origine : empêcher la création d'un Etat palestinien. Et à ce niveau, le Hamas et Ariel Sharon, sont exactement sur la même longueur d'onde.
Traduction française : Lionel P. pour Futur Quantique
22:54 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hamas, mossad, arafat, olp, israël, palestine
Gaza : réaction d'un être humain normal face à l'horreur
Une journaliste (mais néanmoins, ici, un être humain normal, doté d'un cerveau et d'un coeur) pleure en voyant l'horreur des crimes commis contre les Gazaouis. Des images que TF1 ou CNN se gardent bien de nous montrer.
Pour un compte rendu quotidien de l'agression israélienne à Gaza :
Lire le site d'Al-Jazeera en anglais
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13:39 Publié dans ponérologie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sionisme, massacre, génocide, gaza, israël, bombardement, hamas


