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19/02/2010

Haïti : vers une nouvelle occupation américaine ?

Le Grand Soir, 17 février 2010

Claude RIBBE

arton9825-b92c4.jpgL’envoi de 10 000 marines en Haïti, la prise de contrôle par les USA de tous les points stratégiques, à commencer par l’aéroport de Port-au-Prince, le refus de laisser atterrir, sous prétexte de saturation, un avion français : tout semble annoncer une prise de contrôle d’Haïti par Washington.

L’attitude de Paris le confirme : nomination de personnes notoirement incompétentes pour enterrer le dossier, absence du gouvernement à la cérémonie de Notre Dame du 16 janvier (alors que le président de la République et de nombreux ministres devaient initialement s’y rendre), retrait des protestations contre la mainmise américaine sur l’aéroport Toussaint-Louverture… La marche arrière est totale.

Certes, l’engagement américain, présenté comme humanitaire, a été le plus rapide. Mais on sait que l’humanitaire est un pavillon qui peut flotter sur toutes sortes de marchandises. Des émeutes révèlent qu’en réalité les Haïtiens tardent à être secourus, ou du moins que les secours sont sélectifs. On peut s’attendre à des émeutes qui seraient réprimées grâce à un impressionnant déploiement militaire.

La mainmise sur Haïti est un scénario étudié depuis longtemps. La preuve en est que l’ambassade des USA, récemment construite, n’a pas souffert du séisme, à la différence de l’ambassade de France. Depuis plusieurs années, dans le programme de rénovation de toutes les ambassades américaines dans le monde entier, celle de Port-au-Prince était présentée comme aussi stratégique que celle de Bagdad.

Le séisme qui frappe aujourd’hui Port-au-Prince est une bonne occasion de prendre le contrôle d’un pays, présenté comme misérable à cause de la couleur de ses habitants, mais doté d’un riche sous-sol, avec des réserves pétrolifères qui pourraient être supérieures à celles du Vénézuela, d’importants gisements d’or et de cuivre et surtout des ressources en iridium, matériau extrêmement résistant et utilisé dans l’industrie de l’armement (protection des têtes de missiles balistiques intercontinentaux).

Il faut savoir que le seul autre pays au monde à détenir d’importantes ressources d’iridium est l’Afrique du sud. Comme par hasard l’Afrique du sud était la seule nation à aider Haïti au moment de la célébration du bicentenaire de son indépendance. La France avait pourtant déployé des efforts considérables pour l’en dissuader. Depuis le coup d’État franco-américain de 2004, c’est l’Afrique du Sud qui accueille et protège l’ex-président Aristide, lequel n’a jamais fait mystère de la richesse du sous-sol de son pays.

On ne pourrait suspecter les Américains de mauvaises intentions s’il n’y avait des précédents. Le 28 juillet 1915, sous prétexte de sortir Haïti d’un prétendu « chaos », les marines débarquaient comme aujourd’hui à Port-au-Prince et s’emparaient des réserves d’or de la banque nationale. Des milliers de paysans, les Cacos, s’insurgèrent alors sous la conduite de Charlemagne Péralte qui, trahi et arrêté en 1919, fut cloué par l’occupant sur une porte. La répression fut particulièrement féroce. Pour réduire les derniers foyers de résistance, les USA inaugurent en 1919 les bombardements aériens massifs. Tout résistance est écrasée en 1920. Les USA ne quittèrent le pays qu’en 1934. Dix-neuf ans d’occupation après un débarquement à des fins, comme aujourd’hui... humanitaires.

Claude Ribbe
www.claude-ribbe.com

 

07/02/2010

Variations dans la compassion : Haïti et Gaza

Le Grand Soir,

6 février 2010

Bouthaina SHAABAN

Akiva Eldar a écrit un article intitulé « Israel’s compassion in Haiti can’t hide our ugly face in Gaza » (« la compassion d’Israël à Haïti ne peut cacher notre laideur à Gaza » - Haaretz, 18 janvier 2010 ) dans lequel il explique la contradiction dans les campagnes de relations publiques menées par les dirigeants israéliens envers les victimes du séisme à Haïti et leur totale indifférence quant aux souffrances du peuple de Gaza dont les enfants, les femmes et les personnes âgées meurent chaque jour par manque de médicaments, de la destruction des hôpitaux et parce que les autorités Israéliennes empêchent nourriture et médicaments d’entrer à Gaza.

Larry Derfner a écrit dans le Jérusalem Post (20 janvier 2010) un article sur l’aide que les dirigeants israéliens se sont empressés d’envoyer à Haïti et qu’ils ont envoyé au Ruanda il y a quelques années – avec beaucoup d’efficacité – alors que de nombreux Israéliens ont honte des actions de leur gouvernement à Gaza. Il s’interroge sur l’écart entre l’efficacité d’Israël à porter secours dans des zones touchées par des catastrophes naturelles et son scandaleux désintérêt devant les catastrophes infligées aux civils Palestiniens par des gouvernements Israéliens successifs.

Catherine Philip a écrit une analyse (Sunday Times, 21 janvier 2010) qui explique que le gouvernement israélien a profité du désastre à Haïti pour mener une campagne de relations publiques afin de tenter de couvrir les crimes décrits dans le rapport Goldstone sur la guerre menée par Israël sur Gaza. Elle conclut que le séisme fut une catastrophe naturelle, alors qu’à Gaza, l’effondrement du système de santé, la faim et les ruines sont les résultats des actions d’Israël et ses alliés.

La vie de Palestiniens désarmés à Gaza et dans le reste de la Palestine est devenue une affaire de relations publiques. Les vies des Palestiniens n’ont aucune importance pour Israël sinon pour servir ses intérêts et améliorer son image en Occident. C’est la raison pour laquelle Israël interdit l’accès à Gaza aux journalistes, aux responsables politiques, aux diplomates et aux militants des droits de l’homme afin de cacher les conditions de vie scandaleuses provoquées par le blocus et pouvoir ainsi promouvoir ses mensonges sur sa soi-disant volonté de sauver des vies ailleurs dans le monde.

L’aide aux victimes de catastrophes naturelles est devenue l’occasion de lancer des opérations de relations publiques ou de faire avancer quelques objectifs politiques et militaires inavoués. Les gens sont toujours victimes de séismes, de catastrophes, d’occupations, d’oppressions et de terrorismes. Ils sont victimes aussi de campagnes qui profitent de ces tragédies pour atteindre d’autres objectifs qui n’ont rien à voir avec le prix, l’importance, le caractère sacré ou la dignité de la vie humaine.

A la suite de l’article du journaliste suédois Donald Bostrom sur l’assassinant de jeunes Palestiniens par l’armée israélienne pour prélever leurs organes, il y a eu d’autres articles dans les médias sur des enlèvements d’enfants Ukrainiens par des Israéliens dans le même but. Et une fois encore, des rapports documentés en provenance d’Haïti parlent de vols d’organes par des Israéliens tandis que la justice internationale reste impassible devant de telles pratiques criminelles contre une population vulnérable.

Les Etats-Unis ont profité du chaos à Haïti pour renforcer leur contrôle sur l’île. On constate que le désastre à Haïti à fourni à d’autres aussi l’occasion de manoeuvrer sur le plan des relations publiques, ou politique et militaire, et déformer les faits pour se parer de l’image positive de ceux qui luttent contre les souffrances humaines à travers le monde.

Il faut aussi noter l’absence d’initiatives du monde arabe, non seulement en termes d’assistance et de secours, mais aussi devant les tentatives d’occulter les souffrances du peuple palestinien. Nos ennemis ont utilisé la catastrophe haïtienne pour couvrir leurs crimes et limiter l’impact du rapport Goldstone et détourner l’attention du lancement de la campagne internationale de soutien au peuple palestinien.

Le grand écart entre la position officielle d’Israël envers les victimes à Haïti et sa position envers les victimes du blocus contre Gaza et de la guerre menée contre la Palestine depuis soixante ans devrait être souligné et expliqué, notamment comment Israël se précipite pour porter secours lors d’une catastrophe – au Rwanda ou à Haïti – pour mieux couvrir la catastrophe qu’il a provoqué et provoque encore chez ceux qui vivaient jadis en sécurité et en paix sur leurs terres.

La souffrance du peuple haïtien est le résultat d’une catastrophe naturelle alors que la souffrance du peuple de Gaza est la conséquence directe d’un bombardement haineux et raciste avec des bombes au phosphore lancées sur des écoles, des hôpitaux et des habitations. De même que la souffrance des habitants de Salwan et Jarrah est le résultat d’un colonialisme raciste qui considère que seuls les juifs sont humains. Cette politique est mise en oeuvre par des responsables israéliens qui croient à la suprématie raciale et au fanatisme religieux.

Jusqu’à présent, aucun discours n’a réussi à décrire et transcrire à l’opinion publique la nature de ce conflit. Une catastrophe naturelle est actuellement utilisée pour mener une campagne de relations publiques. Si cela devait démontrer quelque chose, ce serait que depuis quelques années la notion de responsabilité est en déclin et que la distorsion des faits est ce qui caractérise de plus en plus le jeu de la politique.

Alors les tragédies s’amplifient et les souffrances durent plus longtemps parce qu’il devient de plus en plus difficile de percevoir la réalité des choses. Comme conséquence de tous ces calculs politiques, le simple fait de permettre aux gens qui se sentent concernés de comprendre ce qui se passe devient l’objet de marchandages.

C’est ainsi que les officiels américains et les médias peuvent parler des devoirs des Palestiniens et des devoirs des Israéliens dans le processus de paix, en oubliant que les Palestiniens sont prisonniers d’une occupation raciste et soumis à une punition collective et un génocide, tandis que les autres se livrent à des campagnes de propagande pour empêcher toute justice et la réalisation des aspirations légitimes d’innocents qui veulent simplement vivre libres et dans la dignité. Alors la prochaine fois que vous entendrez ou lirez « les deux camps » ou entendrez des officiels occidentaux parler des devoirs des « Palestiniens et des Israéliens », soyez conscients de la confusion délibérément entretenue entre tueurs « Israéliens » les victimes « Palestiniens ».

Ce que chacun d’entre nous peut faire à son niveau, c’est défendre la dignité humaine et ignorer toute propagande produite et diffusée par les ennemis de la justice et des droits de l’homme.

Bouthaina Shaaban

ARTICLE ORIGINAL
http://www.counterpunch.org/shaaban01262010.html

Traduction Le Grand Soir

05/02/2010

La machine à tremblements de terre



Seul un esprit particulièrement paranoïaque pourrait envisager qu'un groupe de psychopathes au sein de la CIA ou du Pentagone utilise cette machine pour prendre le contrôle d'un pays comme Haïti avec ses réserves en matières premières (pétrole et or) et sa position géostratégique (près des USA, de Cuba et du Vénézuela).

23/01/2010

Les États-Unis ont-ils provoqué le tremblement de terre à Haiti ?

Réseau Voltaire, 22 janvier 2010

Selon Russia Today, le président du Venezuela, Hugo Chávez Frías, a évoqué la possibilité que les Etats-Unis aient provoqué la série de tremblement de terre de la semaine dernière aux Caraïbes, dont celui qui a dévasté Haïti. Selon VivéTv, ce sont les armées russes qui ont évoqué cette éventualité. Quoi qu’il en soit, le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua ont demandé la convocation en urgence du Conseil de sécurité. Celui-ci devrait examiner ces imputations et l’invasion « humanitaire » d’Haïti par les troupes états-uniennes.


L’article ci-dessous a été rédigé et publié par ViveTV, une chaîne publique vénézuélienne. La vidéo a été diffusée par Russia Today, une chaîne publique russe. Etrangement, la télévision vénézuélienne source ses imputations en désignant l’armée russe, tandis que la télévision russe source les mêmes imputations en désignant le président Chavez. 
Ndlr.

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Le président Obama annonçant l’aide humanitaire à Haïti

VIVE TV - Un rapport de la flotte russe du Nord indiquerait que le séisme qui a dévasté Haïti est clairement « le résultat d’un essai par l’US Navy de son arme sismique ».

La Flotte du Nord observe les mouvements et activités navales états-uniennes dans les Caraïbes depuis 2008, lorsque les Etats-Unis annoncèrent leur intention de reconstituer la Quatrième flotte dissoute en 1950. La Russie y avait répondu un an plus tard en reprenant dans cette région les exercices de sa flotte constituée autour du croiseur atomique lance-missiles Pierre le Grand, interrompus depuis la fin de la Guerre froide.

Depuis la fin des années 70, les Etats-Unis ont considérablement avancé leurs recherches sur les armes sismiques. Selon ce rapport, ils utilisent désormais des générateurs impulsionnels, à plasma et à résonance combinés à des bombes à onde de choc [1]

Le rapport compare deux expériences conduites par la marine états-unienne la semaine dernière : un tremblement de terre de magnitude 6,5 alentour de la ville d’Eureka en Californie, qui n’a pas fait de victimes, et celui des Caraïbes qui a fait au moins 140 000 morts.

Ainsi que l’indique le rapport, il est plus que probable que l’US Navy avait une pleine connaissance des dommages que cette expérience était susceptible de causer à Haïti. C’est pourquoi, la Navy avait positionné à l’avance sur l’île le général P. K. Keen, commandant en second du SouthCom (Commandement du Sud), pour superviser les opérations de secours prévisibles [2]

Concernant l’objectif final de ces expérimentations, indique le rapport, il s’agit de la planification de la destruction de l’Iran par une série de tremblement de terre afin de neutraliser l’actuel gouvernement islamique.

Selon le rapport, le système expérimental des Etats-Unis (High frequency active auroral research program, dit « HAARP ») permet également de créer des anomalies climatiques afin de provoquer des inondations, des sécheresses et des ouragans [3]

Selon un rapport précédent, les données disponibles coïncident avec celles du tremblement de terre de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter survenu au Sichuan (Chine), le 12 mai 2008, également causé par des ondes électro-magnétiques HAARP.

On observe une corrélation entre les activités sismiques et la ionosphère, caractéristique de HAARP :

1. Les tremblements de terre dans lesquels la profondeur est linéairement identique dans la même faille, sont provoqués par une projection linéaire de fréquences induites.

2. Des satellites coordonnés permettent d’engendrer des projections concentrées de fréquences dans des points déterminés (des Hippocampes).

3. Un diagramme montre que des tremblements de terre considérés comme artificiels se propagent linéairement à la même profondeur

Localisation Date Profondeur
Venezuela 8 janvier 2010 10 km
Honduras 11 janvier 2010 10 km
Haïti 12 janvier 2010 10 km

Les répliques ont également été observées aux environ de 10 km de profondeur.

Après le tremblement de terre, le Pentagone a annoncé que le navire hôpital USNS Comfort, qui se trouvait ancré à Baltimore, a rappelé son équipage et fait cap vers Haïti, bien qu’il puisse s’écouler quelques jours jusqu’à l’arrivée du bateau. L’amiral Mike Mullen, chef d’état-major interarmes, a déclaré que les Forces armées des États-Unis préparaient une réponse d’urgence au désastre.

Le général Douglas Fraser, commandant en chef du SouthCom, a indiqué que des bâtiments des Gardes-côtes et de la Navy ont été dépêchés sur place, bien qu’ils aient du matériel et des hélicoptères en nombre limité. Le porte-avions polyvalent USS Carl Vinson a été envoyé de Norfolk (Virginie) avec une dotation complète d’avions et d’hélicoptères. Il est arrivé à Haïti le 14 janvier après-midi, a ajouté Fraser. Des groupes additionnels d’hélicoptères se joindront au Carl Vinson, a t-il poursuivi.

L’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), intervenait déjà à Haïti avant le séisme.

Le président Obama a été informé du tremblement de terre à 17 h 52, le 12 janvier, et a ordonné le secours au personnel de son ambassade et l’aide humanitaire nécessaire à la population.

Conformément au rapport russe, le département d’État, l’USAID et le SouthCom ont débuté l’invasion humanitaire en déployant 10 000 soldats et contractants, à la place de l’ONU, pour contrôler le territoire haïtien après le « tremblement de terre dévastateur expérimental ».

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RUSSIA TODAY

 Source ViveTv (Venezuela)
Les articles de cet auteur



 Les notes ont été ajoutées par le Réseau Voltaire.

 


 

[1] Voir « Les armes sismiques » par Jean-Pierre Petit, 1er mars 2006.

[2] Officiellement, les forces US étaient prépositionnées autour d’Haïti dans le cadre d’un exercice militaire simulant… une intervention humanitaire en Haïti. Cf. « Defense launches online system to coordinate Haiti relief efforts », par Bob Brewin, Govexec.com, 15 janvier 2010.

[3] Le Programme HAARP : science ou désastre ?, par Luc Mampaey, Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité (Bruxelles, 1998).