16.06.2009

La grande, internationale, démoniaque et vraiment effrayante menace iranienne

par William Blum
Mondialisation.ca, Le 9 juin 2009

 

Les Etats-Unis « font face à une menace nucléaire iranienne » - article du Chicago Tribune et autres grands journaux, 26 mai 2009.

« La menace croissante des missiles de la Corée du Nord et de l’Iran » - article dans le Washington Post et autres grands journaux, 26 mai 2009.

« La menace iranienne dépasse les clivages religieux. Malgré leur sectarisme, les communautés musulmanes devraient s’opposer aux tentatives de l’Iran ... d’étendre l’extrémisme shiite et son influence à travers le monde. » - éditorial du Boston Globe, 27 mai 2009.

« Un mal purulent. On ne peut rester les bras croisés devant la menace iranienne » - titre de Investor’s Business Daily, 27 mai 2009.

Voici un très petit échantillon des journaux américains, en deux jours.

« 51% des israéliens soutiennent une frappe israélienne immédiate contre les sites nucléaires iraniens » - BBC, 24 mai 2009.

Après son entrée en fonction, le jour de la commémoration de l’Holocauste (Holocaust Memorial Day), le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit : « nous ne permettrons pas à des négationnistes [le président iranien Mahmoud Ahmadinejad] d’entreprendre une nouvel holocauste. » Haaretz, 14 mai 2009.

A l’instar de la paranoïa clinique, « la menace iranienne » est insensible aux arguments rationnels.

Deux nouveaux romans viennent d’être publiés par de grandes maisons d’édition américaines, des thrillers qui décrivent un Iran en possession de l’arme nucléaire et qui présentent tous les dangers qui en découleraient -Banquo’s Ghost par Rich Lowry & Keith Korman, et The increment par David Ignatius. « Bombe, bombe, bombe, bombardons l’Iran » déclare un officiel de la CIA dans le dernier roman. L’autre raille l’idée même d’un « dialogue » avec l’Iran tout en laissant entendre que la torture est acceptable. (1)

Le 12 mai, à New York City, un débat était organisé sur le sujet « la voie diplomatique avec l’Iran est une impasse. » (en bon français : « faut-il bombarder l’Iran ? ») Répondant par l’affirmatif, on y trouvait Liz Cheney, ancienne fonctionnaire du Département d’Etat (et fille d’un certain criminel de guerre qui n’a toujours pas été jugé) et Dan Senor, ancien porte-parole de l’Autorité provisoire de la Coalition à Bagdad. Leurs « contradicteurs » étaient R. Nicholas Burn, ancien sous-secrétaire d’Etat, et Kenneth Pollack, ancien membre du Conseil de Sécurité Nationale et analyste de la CIA et auteur de « The Threatening Storm : The Case for Invading Iraq » (la tempête qui menace : plaidoyer pour une invasion de l’Iran), un livre qui, sans surprise, n’est pas resté longtemps sur les rayons. (2)

Voilà ce qu’on appelle un « débat » sur la politique étrangère US dans l’Amérique de la première décennie du 21ème siècle après Jésus-Christ – quatre éminents membres de l’establishment. Si un tel « débat » avait été organisé dans l’Union Soviétique pendant la Guerre Froide (« la détente avec les États-Unis est une impasse »), les grands médias américains auraient éclaté de rire, et à l’unisson. Le débat avait été organisé par la conservatriceFondation Rosenkranz, mais même si une organisation libérale (par opposition à progressiste ou de gauche radicale) avait organisé un tel débat, il y aurait probablement eu un éventail idéologique plus large chez les participants, mais il est peu probable par contre qu’on aurait entendu contester un seul des mythes concernant l’Iran.

Voici les mythes en question, que j’ai déjà abordés dans d’autres écrits, mais comme ils sont systématiquement matraqués dans les médias, je pense qu’il faut rappeler les contre arguments.

L’Iran n’a pas droit aux armes nucléaires : il n’y a pourtant aucune loi internationale qui dit que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, Israël, la France, le Pakistan, et l’Inde ont droit aux armes nucléaires, mais pas l’Iran. L’Iran a toutes les raisons de se sentir menacé. Cela dit, le rapport conjoint des services de renseignement des Etats-Unis, le National Intelligence Estimate (NIE), de décembre 2007, intitulé Iran : intentions nucléaires et capacités, prend soin de préciser, en caractères gras et italiques : « le NIE ne pense pas que l’Iran cherche à acquérir des armes nucléaires. » Plus loin : « nous estimons avec une grande certitude qu’à l’automne 2003, Téhéran avait mis fin à son programme de développement d’armes nucléaires. »

Ahmadinejad est un négationniste : je n’ai pas encore lu quelque chose d’Ahmadinejad qui affirme simplement, clairement et sans ambiguïté que ce que nous appelons l’Holocauste n’a jamais eu lieu. Par contre, il a fait remarquer cette particularité que l’injustice de l’Holocauste qui s’est produit en Europe a donné lieu à la création d’un état pour les juifs dans le Moyen Orient et non en Europe. Pourquoi les Palestiniens sont-ils en train de payer pour un crime allemand ? demande-t-il. Et il a aussi remis en question le chiffre de 6 millions de juifs tués par l’Allemagne nazie, comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait et de tous horizons politiques.

Ahmadinejad a prôné le recours à la violence contre Israël : sa remarque de 2005, « rayer Israël de la carte », est non seulement une traduction douteuse mais en plus a été mal interprétée, comme le démontre sa déclaration l’année suivante : « le régime sioniste disparaîtra bientôt, comme a disparu celui de l’Union Soviétique, et l’humanité connaîtra la liberté » (3). A l’évidence, il ne faisait pas allusion à la violence contre Israël puisque la dissolution de l’Union Soviétique s’est déroulée pacifiquement.

L’Iran n’a pas le droit de fournir des armes au Hamas et au Hezbollah : par contre, les Etats-Unis, nous dit-on, ont tous les droits de fournir des armes à Israël et l’Egypte.

Le fait qu’Obama se déclare prêt à « dialoguer » avec certains « ennemis » comme l’Iran, plus que l’administration Bush, sonne plutôt bien. Mais il n’est pas besoin d’être trop cynique pour penser qu’il ne s’agit là que d’une phrase destinée à l’opinion publique. Seul compte un changement de politique. Pourquoi Obama ne déclare-t-il pas tout simplement que les Etats-Unis n’attaqueront pas l’Iran si l’Iran n’attaque pas en premier les Etats-Unis, Israël, ou n’importe quel autre pays ? De plus, l’administration Bush a eu plusieurs contacts avec les Iraniens.

Il faut aussi garder à l’esprit ceci : le Washington Post, du 5 mars 2009, a écrit : « un haut fonctionnaire israélien à Washington » a affirmé que « Il est peu probable que l’Iran lance ses missiles contre Israël à cause de la certitude d’une riposte ». C’était la dernière phrase de l’article et, selon une recherche poussée dans la base Nexis [base de données des articles parus dans la presse – NDT], il n’a été repris par aucun autre média anglophone dans le monde.

En 2007, lors d’une conversation privée, le ministre israélien des affaires étrangères Tzipi Livni a dit que selon elle « les armes nucléaires iraniennes ne représentent pas une menace existentielle pour Israël. » Elle a aussi « critiqué les exagérations du Premier ministre (israélien) Ehud Olmert sur les enjeux de la bombe iranienne, en affirmant qu’il tentait de rallier l’opinion publique en jouant sur la peur. » Ceci fut publié sur Haaretz.com, le 25 octobre 2007 (édition papier du 26 octobre) mais dans aucun média US, ni aucun autre média anglophone dans le monde sauf la BBC qui a cité l’agence de presse iranienne Mehr, le 27 octobre.

Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c’est ChangeMan !

Au mois de janvier 2006 j’avais été invité à participer à une foire du livre à Cuba, où un de mes livres venait d’être traduit en espagnol et devait être présenté. Tous mes frais étaient pris en charge par le gouvernement cubain et j’étais impatient de participer. [note du traducteur : le précision de Blum sur les dépenses vient du fait que l’administration US « autorise » certains voyages d’américains à Cuba, mais « à condition » que ceux-ce n’y dépensent pas plus qu’une somme minime – env. 150 dollars, de mémoire, et « tout compris » - au cours de leur séjour, sinon ce serait considéré comme une violation de l’embargo] Mais il y avait un petit problème – le gouvernement des Etats-Unis ne m’a pas donné l’autorisation d’y aller. Ma demande d’autorisation de voyage à Cuba avait déjà été rejetée une fois en 1998 par l’administration Clinton. (A cette occasion j’y suis allé quand même et j’ai eu beaucoup de chance à mon retour de ne pas me faire attraper par la police des frontières, ce qui m’aurait valu une amende de plusieurs milliers de dollars.) J’en parle parce que les supporters d’Obama voudraient nous faire croire – comme ils le croient eux-mêmes - que leur ChangeMan a été très occupé à changer beaucoup de choses importantes, Cuba n’étant qu’un exemple parmi d’autres. Mais je n’ai toujours pas le droit de voyager à Cuba.

Le seul véritable changement opéré par l’administration Obama concernant Cuba est que les Cubano-américains ayant de la famille sur l’île sont autorisés à s’y rendre et à envoyer de l’argent sans limitation de montant. Le 13 avril, la Maison Blanche a publié une liste de plusieurs autres mesures concernant les compagnies de téléphone, mais leur signification pratique n’est pas claire, particulièrement en ce qui concerne l’accès à Internet pour Cuba. Les anticastristes américains ont toujours mis les déficiences d’accès à Internet à Cuba sur le dos de la fameuse « censure communiste », alors que l’accès technique à Internet et le coût prohibitif des communications sont principalement entre les mains et du ressoirt de sociétés américaines. Microsoft, par exemple, interdit à Cuba d’utiliser certaines fonctions de Messenger, son service de messagerie instantanée. (4) Et Google a bloqué l’accès pour Cuba à de nombreuses fonctions. (5) Le Venezuela et Cuba travaillent actuellement sur un projet de câble sous-marin qui leur permettra d’être moins dépendants des gringos.

L’embargo économique tous azimuts des Etats-Unis, qui provoque des difficultés aux dépens du peuple cubain, est toujours en place. Voici ChangeMan lors d’une récente conférence de presse :

Journaliste : merci M. le Président. Vous avez entendu de nombreux dirigeants d’Amérique latine dire qu’ils voulaient la levée de l’embargo contre Cuba. Vous avez dit que son maintien constituait un moyen de pression important. Mais en 2004, vous étiez en faveur de la levée de l’embargo. Vous avez dit qu’il n’avait pas réussi à améliorer le niveau de vie des gens, qu’il faisait souffrir les innocents, et qu’il était temps de reconnaître que cette politique avait échoué. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’opinion ?

Président : Eh bien, 2004, ça parait loin. Qu’est-ce que je faisais en 2004 ?

Journaliste : vous vous présentiez au Sénat.

Président : C’était pendant – je me présentais au Sénat. C’est ça.

(6)Oui, c’est ça. Il ne faut pas confondre rhétorique de campagne électorale et le monde réel de ChangeMan.

Le cas des Cinq Cubains est un autre exemple où ChangeMan pourrait porter secours. Ce détournement scandaleux de la Justice où Cinq Cubains, envoyés aux Etats-Unis pour tenter d’empêcher de futures attaques terroristes contre Cuba organisées par les anticastristes en Floride, ont été eux-mêmes été arrêtés par le FBI sur la base d’informations fournies par le gouvernement cubain comme contribution à la lutte contre le terrorisme. (7)

Les Cinq Cubains sont en prison aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans. Vers le 15 juin, la Cour Suprême doit rendre une décision quant à la recevabilité de leur appel. L’administration Clinton les a fait arrêter. L’administration Bush a poursuivi la persécution froide, cruelle et sans fondements pendant huit années de plus. Mais voici l’administration ChangeMan. Youpi ! Oh... à la fin du mois de mai, l’administration ChangeMan a demandé à la Cour de rejeter la demande des Cinq, et le 2 juin, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré lors d’une réunion de l’Organisation des Etats Américains : « je veux insister sur le fait que les Etats-Unis sous l’administration Obama a adopté une politique totalement différente envers Cuba. » (8)

Une autre occasion pour ChangeMan de voler au secours concerne encore Cuba – la fermeture de la prison de Guantanamo. Mais notre héros une fois de plus montre un manque de courage politique et d’imagination. S’il existe vraiment des éléments qui indiquent que certains détenus représentent un réel danger, qu’on les juge devant un tribunal civil aux Etats-Unis, qu’ils puissent jouir de leurs droits, d’une véritable défense, en rejetant tous les éléments à charge gardés secrets et les aveux obtenus sous la torture. S’ils sont déclarés coupables – et avec un jury américain dans un procès pour « terrorisme », ce serait probablement le cas – qu’on les emprisonne dans une des prisons de haute sécurité des Etats-Unis, qui hébergent déjà 355 hommes qualifiés de « terroristes ». (9) Les nouveaux venus ne représenteront pas plus un danger que ceux qui y sont déjà enfermés.

Cependant, s’ils sont déclarés innocents, alors qu’on les libère. Ce qui serait beaucoup plus simple que de leur trouver un pays d’accueil, y compris les Etats-Unis. Jusqu’à présent, Washington a sans cesse répété au monde entier qu’ils étaient « de la pire espèce ». Il n’est pas étonnant alors qu’aucun pays n’accepte de les accueillir. Mais s’ils sont jugés et acquittés, la situation serait totalement différente.

Alors, M. Obama, on attend votre coup de fil.

Cela fait partie de l’idéologie de l’Amérique que de faire semblant qu’elle n’a pas d’idéologie.

Oh ! Une femme vient d’être nommée à la Cour Suprême de Justice. Une femme dont les parents sont originaires de Porto Rico. Une Latina ! Une juge latina à la Cour Suprême ! Hourrah pour l’Amérique.

Qu’est-ce que ça peut bien nous faire ? Clarence Thomas est juge à la Cour Suprême. Il est noir. Il est aussi réactionnaire qu’il est possible de l’être. Tout le monde devrait s’en ficher que Sonia Sotomayor soit une femme aux origines latino américaines. La seule chose qui importe c’est sa politique. Son idéologie. Ses positions sur d’importantes questions sociales et politiques. Oui, je sais, nous sommes en train de parler de la Loi, sa majesté la Loi, de juges qui sont des sages, des sages impartiaux, qui étudient les subtilités et l’histoire de la Loi, des experts sur la Constitution des Etats-Unis, insensibles et au-dessus des chamailleries partisanes, qui tiennent compte de la jurisprudence et définissent le cadre des jugements futurs.

N’en croyez pas un mot. Cela pourrait être vrai dans les rares affaires présentées devant la Cour Suprême qui ne touchent à aucune question idéologique. A part ça, les juges sont partiaux comme tout être humain, nommés par un président partial, et confirmés par des membres partiaux du Sénat.

Patrick Martin faisait récemment remarquer sur le site World Socialist Web : « au cours des 12 dernières années, sous deux présidents Démocrates et un président Républicain, le poste de Secrétaire d’Etat (ministre des affaires étrangères – ndt) a été occupé, dans l’ordre, par une femme blanche, un homme noir, une femme noire, une femme blanche. » (10) Et tous adoraient l’Empire. Lorsque l’Empire l’a demandé, ils ont bombardé, envahi et tué ; ils ont renversé, occupé, torturé et menti ; et ils ont tous prêté allégeance à Israël et à leurs multinationales.

Nous voilà à présent avec un président noir. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est ni Martin Luther King, ni Malcolm X, ni Stokely Carmichael. Ses décisions et ses nominations ont toutes été effectuées dans le cadre d’une politique légèrement à gauche du centre ou franchement conservatrice et impérialiste, à droite. Il réchigne plus à être qualifié de progressiste - où d’être surpris à collaborer avec eux - que d’être qualifié de conservateur. L’Equipe Obama considère la gauche comme une vieille tante excentrique qui se pointe régulièrement aux réunions de famille et qui met tout le monde mal à l’aise et que tout le monde voudrait voir partir.

L’Amérique, et le monde, doivent devenir des adultes. Oubliez la couleur de la personne. Oubliez sa race. Oubliez son sexe. Oubliez ses orientations sexuelles. Oubliez même sa classe sociale d’origine. Et observez la classe sociale que la personne sert. Et comprenez que cette personne ne serait pas dans la position où elle se trouve, ni nominée à une telle position, s’il y avait le moindre doute sur sa loyauté envers les principes capitalistes ou la domination américaine sur le monde.

Il importe peu aussi que le président s’exprime en phrases semi-articulées d’une façon comique ou s’il arrive à faire des phrases complètes et grammaticalement correctes. Gardez un oeil sur sa politique.

Obama

Aux nombreux fans de Barack Obama, à gauche, au centre, à droite, et aux Obamaniacs apolitiques, mon conseil est le suivant : lisez Being there de Jerzy Kosinski, ou regardez le film avec Peter Sellers. Lisez aussi Les Nouveaux Habits de l’Empereur de Hans Christian Andersen.

« Les hommes sombrent collectivement dans la folie, mais ne retrouvent la raison qu’individuellement. » - Charles Mackay, journaliste écossais du 19ème siècle.


Lire l'article original en anglais : Media Disinformation and the "Iranian Threat", The great, international, demonic, truly frightening Iranian threat,
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid..., publié le 5 juin 2009.

Traduction : VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info.

Notes

1. Washington Post, May 26, 2009 book review

2. Washington Post, May 15, 2009

3. Associated Press, December 12, 2009

4. Associated Press, June 2, 2009

5. Does Google Censor Cuba ?
http://www.juventudrebelde.co.cu/cuba/2007-09-29/does-goo...

6. White House Press Office, April 19, 2009

7. Cuban Political Prisoners ... in the United States
http://www.killinghope.org/bblum6/polpris.htm
en français http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article211

8. Washington Post, June 3, 2009.

9. "There Are Already 355 Terrorists in American Prisons", Slate Magazine, May 29, 2009
http://www.slate.com/id/2219268/

10. "The fundamental social division is class, not race or gender", World Socialist Web Site, May 28, 2009
http://www.wsws.org/articles/2009/may2009/pers-m28.shtml


William Blum est l’auteur de :

- Killing Hope : US Military and CIA Interventions Since World War 2 (en français : “Guerres Scélérates...”, éd. Parangon)

http://www.legrandsoir.info/Les-guerres-scelerates-interv...

- Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower (en français : “Etat Voyou” éd. Parangon)

- West-Bloc Dissident : A Cold War Memoir

- Freeing the World to Death : Essays on the American Empire

01.06.2009

Qui va confronter les États-Unis et Israël ?

Paul Craig Roberts, 28 mai 2009

Bellaciao

Les grands titres disent : "Obama appelle le monde entier à confronter la Corée du Nord". Les États-Unis, a dit Obama, sont déterminés à protéger "la paix et la sécurité du monde".

Double langage, double pensée, 1984.

La Corée du Nord est un bien petit pays. La Chine par elle-même pourrait régler ce cas en peu de temps. Malgré cela, le président des États-Unis croit qu’il faut le monde entier pour confronter la Corée du Nord.

Ce dont nous sommes témoins, c’est que les gangsters de Washington sont encore à fabriquer une autre menace comme l’étaient les Slobodan Milosevic, Osama bin Laden, Saddam Hussein, John Walker Lindh, Yaser Hamdi, José Padilla, Sami al-Arian, Hamas, Mahmoud Ahmadinejad, et les malheureux détenus que l’ancien secrétaire à la défense Rumsfeld qualifiait de "700 plus dangereux terroristes au monde" et qui furent torturés pendant six ans à Gitmo pour être doucement relâchés par la suite. Juste une autre erreur, désolé.

Le complexe militaro-sécuritaire qui dirige les États-Unis avec le lobby israélien et les banquiers a besoin d’une liste interminable de dangereux ennemis pour que l’argent des contribuables continue à entrer dans leurs coffres.

Le lobby du "Homeland Security" a aussi besoin de menaces sans fin pour convaincre les Américains qu’ils doivent abandonner leurs libertés civiles s’ils veulent vivre en sécurité.

De là, la vraie question : "Qui va confronter les gouvernements des États-Unis et d’Israël?"

Qui va protéger les libertés civiles des citoyens américains et des citoyens israéliens, spécialement celles des dissidents israéliens et des citoyens israéliens d’origine arabe ?

Qui va protéger les Palestiniens, Irakiens, Afghans, Libanais, Iraniens, et Syriens des Americains et des Israéliens?

Pas Obama, et pas les chemises brunes qui dirigent présentement Israël.

La suggestion d’Obama que rien de moins que le monde entier est nécessaire pour stopper la Corée du Nord est époustouflante, mais cette suggestion n’est rien en comparaison avec la garantie d’Obama que les États-Unis vont protéger "la paix et la sécurité du monde".

N’est-ce pas la même Amérique qui a bombardé la Serbie, incluant les bureaux diplomatiques chinois et des trains de passagers, et a libéré le Kosovo de la Serbie pour le donner à un groupe de barons de la drogue musulmans du Kosovo, leur prêtant des troupes de l’OTAN pour protéger leurs opérations ?

N’est-ce pas la même Amérique qui est responsable de la mort d’approximativement un million d’Irakiens, faisant d’innombrables veuves et orphelins et faisant en sorte qu’un Irakien sur cinq se retrouve réfugié ?

N’est-ce pas la même Amérique qui empêche le reste du monde de condamner Israel pour ses attaques meurtrières sur des civils libanais en 2006 et sur Gaza plus récemment, la même Amérique qui a couvert Israël dans sa confiscation de la Palestine au cours des 60 dernières années, une confiscation qui a produit 4 millions de réfugiées palestiniens chassés de leurs maisons et leurs villages par la terreur et la violence israélienne ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a tenu des exercices militaires dans des anciennes républiques soviétiques encerclant la Russie avec des bases de missiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a fait des ruines de l’Afghanistan en bombardant le pays faisant du même coup bien des victimes civiles ?

N’est-ce pas la même Amérique qui a commencé une nouvelle et horrible guerre au Pakistan, une guerre qui dès les premiers jours a produit un million de réfugiés ?

"La paix et la sécurité du monde". "Le monde de qui ?"

À son retour de sa consultation avec Obama à Washington, la chemise brune de premier ministre israélien Benjamin Netanyahu declarait que c’était la responsabilité d’Israël d’éliminer la menace nucléaire de l’Iran.

Quelle menace nucléaire? Les services de renseignements américains sont unanimes dans leur conclusion que l’Iran n’a pas eu de programme d’armes nucléaires depuis 2003. Les inspecteurs l’Agence de l’Énergie atomique rapporte qu’il n’y a aucun signe de programme d’armes nucléaires en Iran.

L’Iran bombarde qui ? Combien de réfugiés fuyant pour leur vie l’Iran fait-il ?

La Corée du Nord bombarde qui ?

Les deux grands pays meurtriers producteurs de réfugiés sont les États-Unis et Israël. À leurs deux, ils ont tué et déplacé des millions de personnes qui n’étaient une menace pour personne.

Il n’y a pas de pays sur terre qui rivalise avec les États-Unis et Israël pour la violence barbare et meurtrière.

Mais Obama nous donne l’assurance que les États-Unis protégeront "la paix et la sécurité du monde." Et la chemise brune Netanyahu assure qu’Israel sauvera le monde de la "menace iranienne".

Où sont les médias ?

Pourquoi les gens ne sont-ils pas tordus de rire ?

31.05.2009

Les viols sont courants au Darfour, selon un groupe de médecins

Le viol employé comme "arme de guerre", en plus des tortures et autres humiliations, est une des méthodes utilisées par les psychopathes pour détruire l'être, dans son âme et dans sa chair. Cet article relate les mêmes exactions ignobles commises sur des femmes et fillettes au Congo.
En voici un extrait : « Lorsqu’un viol est commis devant votre famille » […] « cela détruit tout le monde. J’ai vu des hommes souffrir car ils avaient vu leur femme se faire violer ; ils n’ont plus aucune stabilité mentale. La situation des enfants est encore pire. La plupart du temps, lorsqu’une femme subit autant de violences, elle n’est plus capable d’enfanter. Il est clair que ces viols ne sont pas commis pour satisfaire une quelconque pulsion sexuelle mais pour détruire les âmes. La famille et la communauté entières sont détruites. »

Et c'est bien le but du psychopathe : détruire les êtres physiquement mais surtout psychologiquement, les isoler les uns des autres pour qu'ils ne puissent plus s'unir. Le but est de diviser les êtres entre eux par l'accentuation des différences – religieuses, raciales, sexuelles, politiques, sociales, générationnelles... Le viol en tant que technique de destruction et de division est un nouvel exemple de l'absence totale de conscience qui caractérise les psychopathes ; et c'est d'autant plus grave lorsque ce type d'exaction est orchestré en haut lieu.

De Peter Spielman – Il y a 16 heures

NEW YORK — Une étude menée auprès des femmes qui ont fui le conflit du Darfour au Soudan montre qu'un tiers ont été violées et que la plupart redoutent de subir des sévices sexuels dans les camps de réfugiés au Tchad, a établi le groupe américain Physicians for Human Rights (médecins pour les droits humains).

L'étude publié dimanche souligne que la moitié des viols perpétrés au Darfour sont attribuables aux milices Janjawid, alliées au gouvernement de Karthoum, et le reste aux villageois tchadiens, près des camps de réfugiés gérés par l'ONU. Ils s'attaquent aux femmes quand elles vont chercher du bois ou du fourrage pour le bétail en dehors du camp.

L'ONG souhaite que ces viols, qualifiés de crime de guerre, soient jugés, et engage la Cour criminelle internationale à lancer des mandats d'arrêts contre les principaux suspects soudanais. Les médecins demandent aussi une meilleure protection des réfugiés au Tchad par la police locale et les soldats de la paix, protégeant notamment la quête de bois.

La question est hautement décriée par le gouvernement soudanais, qui nie qu'aient lieu des violences systématique ou des viols de femmes.

Trois médecins et un chercheur ont interviewé 88 femmes en novembre au camp de réfugiés de Farchana, au Tchad, où plus de 20.000 personnes déplacées du Darfour sont sous la garde de 2.000 soldats tchadiens, à 55 km de la frontière avec le Soudan.

Parmi ces 88 femmes interrogées, 29 ont subi un viol "confirmé ou très probable", selon l'organisation. Trois femmes ont été violées deux fois. Dix-sept viols ont eu lieu au Darfour, et 15 au Tchad. Par ailleurs, cinq femmes ont témoigné avoir assisté à des viols collectifs par les miliciens au Darfour.

Les membres de l'ONG considèrent "hautement probable" un viol quand la victime s'est évanouie lors de l'agression, et présente des séquelles visibles, ou si elle a reconnu dans un premier temps avoir été violée, avant de nier les faits par la suite pour dissimuler sa honte.

Le conflit au Darfour dure depuis 2003 et oppose des rebelles africains de la province de l'ouest du Soudan au gouvernement de Karthoum, qui a une attitude discriminante à leur encontre ou les néglige. Le conflit a entraîné la mort de 300.000 personnes et fait 2,7 millions de déplacés. Environ 250.000 Darfouri ont fui au Tchad, où ils vivent dans des camps de réfugiés.

Le groupe reconnaît que sa méthode d'enquête -des interviews menées dans les camps de réfugiés avec l'accord des chefs de ces camps, et auprès de femmes informées par le bouche-à-oreille-ne permet pas de tirer des conclusions sur la situation générale au Darfour, ou parmi la population des réfugiés du camp de Farchana.

La culture musulmane en vigueur au Darfour ne facilite pas la déclaration des viols. Les femmes redoutent l'ostracisme qui les frapperait ensuite, et elles craignent des représailles du gouvernement.

Les enquêtes ont encore été compliquées par l'expulsion de 13 ONG étrangères décrétée par le gouvernement soudanais après le lancement d'un mandat d'arrêt contre le président Béchir par la Cour criminelle internationale. Omar el-Béchir est notamment poursuivi pour les viols perpétrés à l'encontre des populations du Darfour.

Entre octobre 2004 et février 2005, Médecins sans frontières a rapporté avoir traité 500 victimes de viols au sud et à l'ouest du Darfour. Ces atteintes aux droits humains sont répétées, dans les villages où apparaissent les hommes en armes porteurs de turbans et d'uniformes kaki, à cheval ou à dos de chameau. Ces attaques sont généralement suivies de pilonnage aérien de l'armée soudanaise.

"Les femmes darfouri (africaines) sont appelées esclaves par leurs assaillants et les hommes sont tués. Les agresseurs brûlent systématiquement les villages et confisquent le bétail", d'après le rapport de Physicians for Human Rights.

Une victime rapporte par exemple qu'à 13 ans, quatre hommes arabes armés et à cheval ont attaqué la ferme de sa famille au village, dans le Darfour. Ils ont tué son père et l'ont violé.

"Quand ils ont tué mon père, ils ont vu que j'étais une petite fille", a témoigné la victime, membre de la tribu Masalit. "Je n'avais pas d'énergie ou de force pour m'opposer à eux. Ils ont commencé à abuser de moi, j'ai saigné, c'était tellement douloureux. J'ai été malade pendant sept jours. Je ne pouvais plus me tenir debout".

Au Tchad, les réfugiés ne risquent plus d'être massacrés par les miliciens arabes ou bombardés par les avions soudanais, mais ils sont toujours exposés aux viols, à la faim et aux privations.

En 2007, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies avait documenté 52 cas de viols, en recueillant les témoignages dans 12 camps au Tchad, mais estimé que le chiffre était sûrement très sous-évalué.

xo/v0292

Sur le Net : http://darfuriwomen.phrblog.org r

30.01.2009

"Nous pouvons détruire n’importe quelle capitale européenne"

Bellaciao, Mercredi 28 janvier 2009

Un Professeur israélien : 

Nous avons les moyens de détruire n’importe quelle Capitale européenne.

Par Nadim Ladki

http://iraqwar.mirror-world.ru/arti...

www.martinvancreveld.com/biography/

(IAP News) - Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.

Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.

« Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de "la bonne personne au bon moment". Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.

« Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré "Qu’Israël devait être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ».

Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

http://www.iap.org

http://www.rense.com/general34/esde.htm

Martin van Creveld

Biographie

Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.

Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ces ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

Traduct Gilong.

Vous ne croyez pas que ça mériterait la « Une » des médias européens. Plus quelques intervention au Sénat à l’Assemblée ou aux autres instances des autres états européens.

L’indignation des Partis et Syndicats, et une mobilisation des citoyens qu’une bande de fachos religieux azimutés de la calebasse menace d’exterminer ?

Pourtant si c’était un quelconque jobard Iranien, ou Russe, ou Chinois, ou Vénézuélien, qui faisait cette déclaration, et qui soit publié dans la presse, je n’ose imaginer le ramdam et les tambours qui nous gonfleraient à longueur de journée.

S’il y avait simplement UN seul « vrai » journaliste, et UN seul « vrai » organe de presse, en France et en Europe, cette nouvelle qui court depuis trois jours sur le Web international aurait, au minimum, été reprise. Au moins pour la dénoncer comme fausse, (Mais hélas après vérification elle est vraie. Et surtout on sait tous depuis des lustres qu’Israël a de quoi raser la moitié de la Planète), ou si elle était vraie afin d’exiger que ceux qui ont la responsabilité de notre protection « expliquent » à ces gens qu’on va s’occuper d’eux sérieusement. Comme on s’est occupé d’autres en d’autres temps.

Mais c’est vrai qu’avant qu’on s’occupe des Maîtres à penser nazis des Sionistes d’aujourd’hui, nos dirigeants d’alors les ont financé puis ont attendu qu’on assassine 50 millions de gens, dont 5 millions de Juifs, (entre autres), avant de décider de faire quelque chose.

Bonne nuit et dormez bien.

En 1933 y en a qui faisaient de même… Pendant que Grand-Papa Bush et Wall-Sreet finançaient Hitler.

En 1938 y en a qui faisaient de même… Pendant qu’on exterminait la Tchécoslovaquie et la Pologne.

Juste après il se sont réveillés… Un peu tard pour continuer à vivre.

G.L.

15.01.2009

Analyse du complot Israël-Égypte-Arabie saoudite

En complément de l'article "La guerre israélienne est financée par l'Arabie saoudite", Thierry Meyssan présente son analyse de la situation dans cette vidéo :

14.01.2009

Envoi d’armes US d’une ampleur exceptionnelle en Israël : Les États-Unis et Israël projettent-ils d’étendre la guerre au Moyen-Orient ?

Global Research, Michel Chossudovsky, 11 janvier 2009

Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=11743

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

 

Envoi d’armes des États-Unis d’une ampleur exceptionnelle en Israël : Les États-Unis et Israël projettent-ils d’étendre la guerre au Moyen-Orient ?

Une très grosse livraison d'armes des États-Unis pour Israël, se composant de 3000 tonnes de « munitions, » est prévue voguer vers Israël. La taille et la nature de cette expédition sont qualifiées d"« insolites » 

Sous couvert d’anonymat, un courtier a déclaré, « L’envoi inhabituel de 3000 tonnes de munitions en une seule fois, cela fait beaucoup.  « Cela (ce type de demande) est assez rare et il n'en a pas été mentionné beaucoup sur le marché toutes ces années, » a-t-il ajouté. À Londres, les courtiers maritimes qui s’étaient spécialisés dans le passé dans le transport d’armes pour l'armée étasunienne et britannique, ont dit que ce genre d’affrètement vers Israël est rare. (Reuters, 10 janvier 2009).

Une compagnie de la marine marchande grecque a été chargée par le Pentagone de livrer les armes à Israël :

Les documents du ravitaillement maritime vus par Reuters montrent que les États-Unis ont cherché à louer un navire marchand pour expédier des centaines de tonnes d'armes vers Israël depuis la Grèce en fin de ce mois-ci.

L'US Navy's Military Sealift Command a déclaré que le navire devrait transporter 325 conteneurs standards de 20 pieds de ce qui était enregistré sous le nom de « munitions, » en deux voyages séparés depuis le port grec de Astakos jusqu’au port israélien d'Ashdod dans la deuxième moitié de janvier.

Sur le manifeste de cargaison, l’identification de « matières dangereuses » évoque des substances explosives et des détonateurs, mais aucun autre détail n’y figure. (Ibid)

Il est à noter qu’une expédition similaire exceptionnellement importante de munitions des États-Unis vers Israël avait été programmée en début décembre :

Les documents indiquent que le navire allemand loué début décembre par les États-Unis transportait aussi une énorme cargaison d'armes, pesant plus de 2,6 millions de kg [2600 tonnes], et rempli de 989 conteneurs standards de 20 pieds, à Ashdod depuis la Caroline du Nord. (Press TV, 10 janvier 2009).

Ces grandes expéditions de munitions concernent-elles l'invasion de Gaza ?

Selon Reuters, la demande du Pentagone de transporter des munitions dans un navire de commerce a été faite le 31 décembre, 4 jours après le début des bombardements aériens sur Gaza par les avions de chasse F16.

Les analystes ont conclu à la légère, sans preuve, que les 2 expéditions de « munitions » sont destinées à approvisionner les forces armées d’Israël pour aider son invasion militaire à Gaza.

Un analyste militaire chevronné de Londres, qui a refusé d'être nommé, a indiqué que, à cause du calendrier, les expéditions pourraient être « irrégulières » et liées à l'offensive contre Gaza. (Reuters, 10 janvier 2009).

Ces rapports sont extravagants. La livraison de munitions précède toujours l'attaque d'une opération militaire. Les munitions requises pour l'« Opération Plomb Jeté » ont été déterminées en juin 2008. Suite à la demande de Tel Aviv dans le cadre du programme étasunien d'aide militaire à Israël, le Congrès a approuvé en septembre 2008 le transfert de 1000 Guided Bomb Units 39 (GBU-39), des bombes brise bunker, de petit diamètre, guidées par GPS et de haute précision.

Les bombes GBU-39 produites par Boeing ont été livrées à Israël en novembre. Elles ont été utilisées lors des premiers raids aériens sur Gaza :

L’Air Force d’Israël (IAF) a utilisé les nouvelles GBU-39 Small Diameter Bombachetées aux États-Unis dans les récentes attaques contre Gaza. Le [Jerusalem] Post a mentionné les nouvelles armes, commandées en septembre et arrivées le mois dernier [novembre], et déjà mises à l'action avec les avions de chasse de l’IAF. Ces armes ont été larguées par les F-15 Boeing de l’IAF, car jusqu'ici ces bombes de petit diamètre ne peuvent être utilisées que par ce type d'avion.

Il est hautement improbable que le gros de l'armement inclus dans ces deux grandes expéditions, qui doit arriver en Israël vers fin janvier, soit destiné à servir dans l'opération militaire menée par Israël à Gaza. La GBU-39 est légère (130 kg). Le poids total de l'expédition des GBU-39 (1000 unités) serait de l'ordre d'un modeste 130 tonnes. En d'autres termes, les spécifications de la GBU-39 ne correspondent pas à la description de l'expédition d’armement « exceptionnellement grande » et « lourde. »


GBU-39

 

Le scénario de l'escalade

L'expédition commandée le 31 décembre est de l'ordre de 3000 tonnes, une cargaison de « munitions » très grosse et pesante indiquant un transfert d’armes lourdes vers Israël.

Selon les déclarations de l'armée étasunienne, les munitions doivent être entreposées pour un usage « de toute urgence » dans l'éventualité d'un conflit :

Cette expédition programmée auparavant est routinière et non pour aider dans la situation actuelle à Gaza. ... Les militaires étasuniens pré-positionnent des stocks de sécurité dans certains pays, en cas de besoin de toute urgence. (Reuters, 10 janvier 2009, souligné par l’auteur)

Quelle que soit la nature de ces grandes cargaisons d'armes, elles sont destinées à servir lors d’une opération militaire future au Moyen-Orient.

Depuis le lancement de la Theater Iran Near Term Operation (TIRANNT) en mai 2003, un scénario d'escalade impliquant des actions militaires contre l'Iran et la Syrie a été envisagée. TIRANNT a été suivie par une série de plans militaires afférents à l'Iran. De nombreuses déclarations officielles et des documents militaires étasuniens indiquent l'élargissement de la guerre au Moyen-Orient.

Ces expéditions suggèrent que le « scénario de l'escalade, » non seulement existe, mais est passé en plus à une étape de planification militaire israélo-étasunienne plus active.

Si ces armes seront utilisées ou non n’est pas connu. La question centrale, à cet égard, est de savoir si l'invasion de Gaza fait partie d'une aventure militaire plus grande contre le Liban, la Syrie et l'Iran, dans laquelle des armes lourdes des États-Unis, bombes brise bunker comprises, seront utilisées.

L’histoire des envois d’armes étasuniennes en Israël

Le stockage en Israël de bombes brise bunker made in USA est en cours depuis 2005 :

Les États-Unis vendront à Israël près de 5000 bombes intelligentes lors de l'un des plus grands marchés d’armes entre ces deux alliés depuis des années.

Parmi les bombes que recevra l'armée de l'air [israélienne], il y a 500 bombes brise bunker d’une tonne capables de transpercer des murs de béton de deux mètres d'épaisseur, 2500 bombes ordinaires d’une tonne, 1000 bombes d’une demie tonne, et 500 bombes d’un quart de tonne. Les bombes achetées par Israël incluent des versions aéroportées, des unités guidées, le mode d’emploi des bombes et des détonateurs. Elles sont guidées par un satellite israélien utilisé par les militaires.

La vente augmentera les fournitures de bombes intelligentes israéliennes. Le Pentagone a déclaré au Congrès que les bombes sont destinées à maintenir l'avantage qualitatif d'Israël [contre l'Iran], et à mettre en avant les intérêts stratégiques et tactiques des États-Unis. (Jewish Virtual Library,  21-22 septembre 2004, Haaretz / Jerusalem Post).

Les expéditions actuelles de bombes brise bunker made in USA ont été mises en route en 2005. Les États-Unis ont approuvé en avril 2005 la livraison de :

quelque 5000 « armes intelligentes lancées des airs, » incluant quelque 500 bombes brise bunker BLU 109. Ces munitions (enrobées d’uranium) seraient plus « adéquates pour viser l'ensemble des cibles iraniennes, à l'exception peut-être de l'installation enterrée à Natanz, qui pourrait exiger la brise bunker BLU-113 [plus puissante, une variante de la GBU 28]. » (Voir Michel Chossudovsky, Planned US-Israeli Nuclear Attack on Iran, Global Research, 1er mai 2005).

La BLU-109 est plus petite que la GBU 28. « C’est une ogive de 2000 livres pouvant être utilisée avec un kit de guidage GPS [...], et qui peut percer jusqu'à 15 pieds de béton armé. » (Voir F16.net).

Selon le New York Times, en août 2006, au summum de la guerre contre le Liban, une importante cargaison de bombes GBU 28 de 2,2 tonnes a été envoyée en Israël.

La GBU 28 est produite par Raytheon. Utilisée contre l'Irak lors de la guerre du Golfe en 1991, elle a la capacité de percer quelque 20 pieds de béton armé. (Haaretz, 9 novembre 2008). Contrairement aux bombes GBU 39 (130 kg) contre Gaza, chaque GBU-28 a un poids important de 2,2 tonnes.

Selon Federation of American Scientists, « la Guided Bomb Unit-28 (GBU-28) est une arme spécialement développée pour transpercer les centres de commandement irakiens fortifiés, profondément enterrés. La GBU-28 est une arme conventionnelle de 5000 livres à guidage laser, qui utilise une ogive pénétrante de 4400 livres. »

(Pour une représentation visuelle, voir « Bob Sherman, How the GBU-28 works, » USA Today en ligne).

 


GBU-28


      Vidéo de démonstration de la GBU 28 sur YouTube

Ces expéditions d'armes récentes vers Israël, d’une importance exceptionnelle, financées par l'aide militaire étasunienne à Israël, font partie de l'accord de 2004 entre Washington et Tel-Aviv.

Comme mentionné ci-dessus, il y a une histoire de livraison de bombes brise bunker (incluant la GBU 28) qui remonte à 2005. Bien que la nature et la composition de ces dernières cargaisons d'armes soient inconnues, on soupçonne qu'elles comportent la version brise bunker lourde, notamment des bombes GBU-28.

Il convient de noter à cet égard que, l'été dernier, Israël a demandé au Pentagone de fournir des bombes brise bunker GBU-28. Le but déclaré était de les utiliser dans l'éventualité d'une opération militaire dirigée contre l'Iran.

En septembre 2008, selon la presse étasunienne et israélienne citant des fonctionnaires du Pentagone, la demande de Tel-Aviv a été rejetée. Selon ces rapports, Washington a refusé catégoriquement de livrer la cargaison de bombes brise bunker GBU 28, pour qu’elle soit utilisée pour attaquer les installations nucléaires iraniennes. « À la place, » Washington a accepté de livrer la légère GBU-39 pour l’utiliser contre Gaza.

Les États-Unis ont « rejeté une demande israélienne d'équipements militaires et l’aide qui permettrait d'améliorer la capacité d'Israël à attaquer les installations nucléaires iraniennes. »

Les Étasuniens ont considéré la demande [d'Israël], transmise au plus haut niveau (et rejetée), comme un signe du stade de préparation avancé d'Israël pour attaquer l'Iran. Ils ont donc mis en garde Israël contre toute attaque, disant que ce genre d’intervention saperait les intérêts étasuniens. Ils ont aussi demandé à Israël de leur donner un préavis au cas où ils décideraient malgré tout d’attaquer l'Iran. Début septembre, Haaretz a signalé que la demande comportait des bombes « brise bunker » GBU-28.

Selon AP, les États-Unis ont convenu à la mi-septembre de vendre à Israel 1000 bombes « brise bunker » GBU-39 à la place, qui, selon les experts militaires israéliens, « pourraient constituer une nouvelle arme puissante » contre Gaza.

De cette manière : quand Israël a demandé aux États-Unis des armes que ces derniers pensaient pouvoir servir à bombarder l'Iran, ils ont dit non, ajoutant explicitement qu'ils ne souhaitaient pas voir d’attaque israélienne contre l'Iran. Et il n'y a pas eu d’attaque israélienne contre l'Iran. (Defense Update.com, décembre 2008).

La désinformation médiatique

Les déclarations officielles et les communiqués de presse sont bidon. Israël et les États-Unis ont toujours agi en étroite coordination. Washington « n’exige pas qu’Israël lui fournisse un préavis » avant une opération militaire :

Le rapport d’Haaretz suggère que l'administration Bush était intransigeante et ne voulait pas que les Israéliens attaquent l'Iran. En fait, le rapport laissait penser que les États-Unis abattraient tout avion israélien essayant d'attaquer l'Iran :

Autorisation de l’espace aérien : Toute attaque contre l'Iran pourrait apparemment exiger de passer à travers l'espace aérien irakien. Pour ce faire, il y aurait nécessité d’un couloir aérien que le les avions de combat israéliens pourraient traverser sans être pris pour cible par les avions étasuniens ou les missiles antiaériens. Les Étasuniens ont aussi rejeté cette demande. Selon un compte rendu, pour esquiver le problème, les Étasuniens ont répondu aux Israéliens de demander l'autorisation au Premier Ministre irakien, Nouri al-Maliki, dans le style : « Si vous voulez, arrangez-vous avec lui. » (Haaretz 9 novembre 2008).

Ce rapport israélien est trompeur. Israël est l'allié des États-Unis. Les opérations militaires sont étroitement coordonnées. Israël n'agit pas sans l'approbation de Washington et les États-Unis n’abattent pas les avions de son plus proche allié.

Nature et composition des dernières livraisons d'armes des États-Unis vers Israël

Ces envois de munitions anormalement grands devraient en principe nécessiter l'aval du Congrès. À notre connaissance, il n'existe pas de dossier public sur l'approbation de ces envois exceptionnellement grands de « munitions » vers Israël.

La nature et la composition de l'expédition sont inconnues. La demande de livraison d’Israël de GBU 28 de 2,2 tonnes a-t-elle été acceptée par Washington, en contournant le Congrès ? Des bombes GBU 28, pesant chacune 2,2 tonnes, font-elles partie des expéditions de 3000 tonnes vers Israël. Des mini-bombes nucléaires tactiques brise bunker sont-elles incluses dans l'arsenal d'Israël ? Ce sont les questions à poser au Congrès des États-Unis.

Les deux expéditions de « munitions » sont prévues arriver en Israël respectivement au plus tard le 25 et le 31 janvier.

Le Secrétaire Robert Gates, qui reste à la tête du Département de la Défense, assure la continuité de l'ordre du jour militaire.

Préparation à une confrontation avec l'Iran : Renforcement du système de défense antimissile d’Israël

Début janvier, le Pentagone a envoyé en Israël quelque 100 militaires de l’US European Command (EUCOM) pour aider à installer un nouveau système radar d’alerte précoce sophistiqué en bande X. Ce projet fait partie de l'aide militaire pour Israël approuvée par le Pentagone en septembre 2008 :

Le gouvernement israélien a demandé ce système pour l’aider à se défendre contre une éventuelle attaque de missiles de l'Iran. Le Secrétaire à la Défense Robert M. Gates a signé l'ordre de déploiement à la mi-septembre. ....

Selon les fonctionnaires de l'US Missile Defense Agency, dès qu’il sera pleinement opérationnel, ce système pourra suivre et identifier tout petit objet à grande distance et à très haute altitude, notamment dans l'espace. La défense antimissile d’Israël s’intégrera aussi au réseau mondial de détection de missiles des États-Unis.

« Cela permettra aux Israéliens de suivre les missiles balistiques à moyenne et longue portée cent fois mieux que ce que permet leur radar actuel, » a déclaré Morrell. Il aura ... une portée plus que double de celle du radar de défense antimissile d'Israël et accroîtra son temps d’engagement disponible. »

Cela, dit-il, permettra d'améliorer grandement la capacité défensive d'Israël. « Il y a une menace grandissante de missiles balistiques dans la région, notamment en provenance d'Iran, » a déclaré Morrell. « Et personne dans la région ne devrait se sentir plus nerveux que les Israéliens au sujet de cette menace. Et il est clair qu'ils le sont, et ils ont demandé notre aide. (Defense Talk.com, 6 janvier 2009, souligné par l’auteur).

Le nouveau système radar en bande X « permet l'interception précoce, dès le lancement sur le territoire ennemi au lieu du territoire ami » (Sénateur Azzolina Joseph, Protecting Israel from Iran's missiles, Bayshore News, 26 décembre 2008).

Le radar en bande X intégrerait la défense antimissile d'Israël dans le réseau de détection mondial des États-Unis, qui comporte des satellites, des navires de l’Advanced Electronic Guided Interceptor System, en Méditerranée, dans le Golfe Persique et en Mer Rouge, ainsi que les radars et les intercepteurs au sol du système Patriot. » (Ibid)

Ce que cela signifie, c'est que Washington fait la pluie et le beau temps. Les États-Unis, plutôt qu’Israël, pourront contrôler le système de défense : « Ceci est, et restera, un système radar étasunien, » a déclaré le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell. « Alors ce n'est pas quelque chose que nous donnons ou vendons aux Israéliens, c'est quelque chose qui nécessitera du personnel des États-Unis pour fonctionner. » (Cité dans Israel National News, 9 janvier 2009, souligné par l’auteur).

En d'autres termes, l'armée étasunienne contrôle le système de la défense aérienne d'Israël, qui est intégré au système mondial de défense antimissile des États-Unis. Dans ces circonstances, Israël ne peut pas lancer de guerre contre l'Iran sans l’aval du haut commandement des États-Unis.

Les grandes expéditions de munitions des États-Unis, qui devraient arriver en Israël après la prise de fonction de Barack Obama à la présidence des États-Unis et comme Commandant en Chef, font partie du programme plus général de coopération militaire US-israélienne en relation avec l'Iran.

Le renforcement de la défense antimissile d'Israël conjugué aux grandes expéditions d’armes étasuniennes, font partie d'un scénario d'escalade, qui pourrait sous l’administration Obama entraîner le monde dans une guerre élargie au Moyen-Orient.

Une nouvelle Guerre froide ?

Il y a eu renforcement des capacités militaires des deux côtés. L'Iran a répondu à l'initiative israélo-étasunienne, en étoffant son propre système de défense antimissile avec le soutien de la Russie. Selon des rapports (21 décembre), Moscou et Téhéran ont tenu des pourparlers sur la fourniture par la Russie de systèmes de défense aérienne à moyenne portée, en particulier des systèmes sol-air de défense antimissile S-300. » (Asian Times, 9 janvier 2009).

13.01.2009

Israël a exécuté des prisonniers, selon le député israélien Jamal Zahalka

Vendredi 9 janvier 2009, dabio.net (édité par Futur Quantique)

Extrait :

Des informations très graves faisant état des exécutions extrajudiciaires des prisonniers palestiniens.

L’information a été révélée par un député arabe israélien Jamal Zahalka. Selon le député, « des prisonniers palestiniens auraient été exécutés par l’armée israélienne ». Intervenant de la ville de Nassirya, en Israël, le député arabe israélien n’a pas hésité à donner le nom d’une des personnes sommairement exécutée qui s’appelle Samir Rachid Mahamat, exécuté à Jabalaya. Des femmes ayant reçu l’ordre de se rendre, auraient été exécutées et leurs corps gisaient jusqu’à hier, selon le député arabe israélien.  Difficile de croire qu'un pays comme Israël puisse commettre des exécutions aussi graves ! [Note de P&P : hélas non, il n'est pas difficile de "croire" une telle chose : il n'y a qu'à constater chaque jour les massacres et les horreurs commis par Israël, et ce depuis la création de cette pathocratie en 1948] Le député Jamal Zahalka a reconnu avoir envoyé en urgence une lettre au Ministre de la défense Ehoud Barak et à la Croix rouge demandant une enquête sur des rapports selon lesquels les forces de Tsahal auraient tué des prisonniers de guerre palestiniens à Gaza. 

Plus de détails dans cet article (en anglais)

Combien de divisions ?

Uri Avnery, écrivain et journaliste israélien
Dimanche 11 janvier 2009, France Palestine

IL Y A PRÈS de soixante dix ans, au cours de la Seconde guerre mondiale, un crime odieux fut commis dans la ville de Léningrad. Pendant plus de mille jours, une bande d’extrémistes appelée "l’Armée rouge" ont pris les millions d’habitants de la ville en otage et provoqué les représailles de la Wehrmacht allemande dans les centres de population à l’intérieur de la ville. Les Allemands n’ont eu d’autre alternative que de bombarder la population et d’imposer un total blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps avant cela, un crime semblable avait été commis en Angleterre. La bande à Churchill se cachait dans la population londonnienne, utilisant les millions de citoyens comme boucliers humains. Les Allemands ont été obligés d’envoyer leur Luftwaffe et de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

C’est la description qui serait faite dans les livres d’histoire aujourd’hui – si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les descriptions quotidiennes dans nos médias, qui répètent ad nauseam : Les terroristes du Hamas utilisent les habitants de Gaza comme "otages" et exploitent les femmes et les enfants comme "boucliers humains", ils ne nous laissent aucune alternative que de procéder à des bombardements massifs, dans lesquels, à notre grand regret, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes désarmés sont tués et blessés.

DANS CETTE GUERRE, comme dans toute guerre moderne, la propagande joue un rôle majeur. La disparité entre les forces, entre l’armée israélienne – avec ses avions, ses hélicoptères de combat, ses drones, ses navires de guerre, son artillerie et ses tanks – et les quelques milliers de combattants du Hamas légèrement armés, est peut-être de un à un million. Sur le plan politique, le fossé entre eux est encore plus grand. Mais en termes de propagande de guerre, le fossé est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont au début répété la ligne de propagande officielle israélienne. Ils ont presque entièrement ignoré la version palestinienne de l’histoire, et n’ont fait aucune mention des manifestations quotidiennes du camp de la paix israélien. La raison avancée par le gouvernement israélien ("l’Etat doit défendre les citoyens contre les roquettes Qassam") a été acceptée comme la pure vérité. L’autre version, selon laquelle les lancements de Qassam sont des représailles pour le siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a pas du tout été mentionnée.

C’est seulement quand les horribles scènes venant de Gaza ont commencé à être montrées sur les écrans des télévisions occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à changer.

Certes, les chaînes occidentales et israéliennes n’ont montré qu’une toute petite partie des événements meurtriers qui apparaissent 24 heures sur 24 chaque jour sur la chaîne arabe Al Jazira, mais une photo d’un enfant mort dans les bras de son père terrifié est plus forte qu’un millier de phrases bien structurées du porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif à la fin.

La guerre, toute guerre, est le royaume des mensonges. Si on en appelle à la propagande ou à la guerre psychologique, tout le monde accepte l’idée qu’on a le droit de mentir pour son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être traité de traître.

L’ennui est que c’est pour celui qui la porte lui-même que cette propagande est la plus convaincante . Et après, vous vous convainquez qu’un mensonge est la vérité, vous falsifiez la réalité, et vous ne pouvez plus prendre de décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus entoure l’atrocité la plus choquante de cette guerre : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Dès après que l’événement a commencé à être connu dans le monde, l’armée a "révélé" que des combattants du Hamas avaient tiré des obus de mortier depuis l’entrée de l’école. Pour preuve, ils ont fourni une photo aérienne qui montrait en effet l’école et le mortier. Mais peu de temps après, le menteur officiel de l’armée admettait que la photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Par la suite, le menteur officiel a déclaré que "nos soldats étaient ciblés de l’intérieur de l’école". Il fallut à peine un jour pour que l’armée soit obligée d’admettre vis-à-vis d’un agent de l’ONU que c’était un mensonge aussi. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, et aucun combattant du Hamas ne se trouvait dans l’école, qui était pleine de réfugiés terrifiés.

Mais cette reconnaissance n’avait plus vraiment d’impact. Entre temps, les Israéliens avaient été complètement convaincus qu’"ils tiraient de l’intérieur de l’école", et les présentateurs de télévision avaient annoncé cela comme un fait.

Il en va de même pour les autres atrocités. Chaque bébé est transformé, en mourrant, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commande terroriste, chaque bâtiment du gouvernement civil un "symbole de l’administration Hamas". Ainsi l’armée israélienne garde sa pureté et reste "l’armée la plus morale du monde".

LA VÉRITÉ est que les atrocités sont le résultat direct du plan de guerre. Il reflète la personnalité d’Ehoud Barak – dont le mode de pensée et les actions sont ce que l’on appelle "alinéation morale", un trouble sociopathe.

L’objectif réel (A part gagner des sièges aux prochaines élections) est de mettre fin au gouvernement Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’imagination de ses concepteurs, Hamas est un envahisseur qui a pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est bien sûr toute autre.

Le mouvement Hamas a obtenu la majorité dans des élections éminemment démocratiques qui ont eu lieu en Cisjordanie, à Jérusalem-est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens étaient arrivés à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien obtenu d’Israël – ni gel de la colonisation, ni libération des prisonniers, ni aucun pas en direction de la fin de l’occupation et de la création d’un Etat palestinien. Le Hamas est profondément enraciné dans la population – pas seulement comme mouvement de résistance qui lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le groupe Stern dans le passé – mais aussi comme organisation politique et religieuse qui fournit des services dans les domaines social, éducationnel et médical.

Pour la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils des familles de la bande de Gaza et d’autres régions de Palestine. Ils ne "se cachent pas derrière la population", la population ne les considère que comme ses défenseurs.

Donc, toute l’opération est basée sur de fausse hypothèses. Transformer sa vie en enfer ne conduit pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à l’unir derrière le Hamas et à renforcer sa détermination à ne pas se rendre. La population de Léningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens ne se sont retournés contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre d’une telle guerre avec de telles méthodes dans un territoire si densément peuplé sait qu’il causera des massacres de civils. Apparemment cela ne l’a pas troublé. Ou il a cru qu’"ils changeront de voie" et que "cela engourdira leur conscience" de sorte qu’à l’avenir ils n’oseront plus résister à Israël.

Une autre priorité pour les donneurs d’ordre de la guerre était de réduire au maximum les victimes parmi les soldats, sachant que l’état d’esprit d’une large partie de l’opinion pro-guerre changerait s’il y avait de telles victimes. C’est ce qui est arrivé dans la première et la seconde guerres du Liban.

Cette considération joue un rôle particulièrement important parce que toute la guerre fait partie de la campagne électorale. Ehoud Barak, qui a remonté dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que son score chuterait si des images de soldats morts défilaient sur les écrans de TV.

Donc une nouvelle doctrine a été utilisée : pour éviter les pertes parmi nos soldats, tout détruire sur leur passage. Les auteurs de cette idée n’étaient plus seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour sauver un soldat israélien, come c’était le cas, mais 800. L’économie de victimes de notre côté est le commandement premier, qui cause un record du nombre des victimes civiles de l’autre côté.

Cela signifie le choix conscient d’une sorte de guerre particulièrement cruelle – et c’est son talon d’Achille.

Un homme sans imagination, comme Barak (son slogan électoral : "Pas un brave type, mais un leader") ne peut pas imaginer comment les braves gens à travers le monde réagissent aux actions comme l’assassinat de familles entières, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, les cortèges de garçons et de filles dans leur linceul blanc prêts à être inhumés, les reportages sur les gens qui trouvent la mort au bout de plusieurs jours parce que les ambulances n’ont pas pu arriver à temps, l’assassinat de médecins et d’infirmiers en route pour sauver des vies, l’assassinat de chauffeurs de l’ONU apportant de la nourriture. Les images des hôpitaux, avec la mort, les morts et les blessés étendus ensemble sur le sol par manque de place, ont choqué le monde. Aucun argument n’est assez fort après l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur en criant "Maman ! Maman !"

Les commanditaires de la guerre ont pensé qu’ils arrêteraient la diffusion de ces images en empêchant la couverture de la presse. Les journalistes israéliens, pour notre honte, ont accepté de se contenter des reportages et photos fournis par le porte parole de l’armée, comme si c’était des informations authentiques, alors qu’eux-mêmes restent à des kilomètres du théâtre des événements. D’autre part, les journalistes étrangers n’étaient pas autorisés, jusqu’à ce qu’ils protestent et soient pris, pour des tours rapides dans des groupes sélectionnés et contrôlés. Mais, dans une guerre moderne, un tel point de vue stérile fabriqué ne peut pas complètement exclure les autres – les cameras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au centre du brasier, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazira diffuse les images au fil des heures et entre dans toutes les maisons.

LA BATAILLE pour l’écran de télévision est une des batailles décisives de la guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans du Nigéria à l’Indonésie voient les images et sont horrifiés. Ceci a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs considèrent les dirigeants d’Egypte, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne comme des collaborateurs d’Israël qui commet ces atrocités contre leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes enregistrent une dangereuse tendance parmi les peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé parce qu’il est près du passage de Rafah face aux réfugiés terrifiés, a commencé à faire pression sur les décisionnaires de Washington, qui jusqu’à présent ont bloqué tout appel au cessez-le-feu. Ceux-ci commencent à comprendre la menace pour les intérêts vitaux américains dans le monde arabe et ont soudain changé d’attitude. – ce qui a causé la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les gens qui sont en état d’aliénation morale ne peuvent pas comprendre les motivations des gens normaux et deviner leur réactions. "Combien de divisions a le Pape" ironisa Staline. "Combien de division ont les gens de conscience ?" pourra demander Ehoud Barak.

Comme c’est en train d’advenir, ils en ont. Pas nombreuses. Pas très rapides de réaction. Pas très fortes et organisées. Mais, à un certain moment, quand les atrocités dépassent les bornes, et que les masses de protestataires se regroupent, cela peut décider d’une guerre.

L’ERREUR de compréhension de la nature du Hamas a conduit à une erreur d’appréciation des résultats. Non seulement Israël est incapable de gagner la guerre, mais Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne parvient à tuer tous les combattants du Hamas jusqu’au dernier, le Hamas gagnerait. Les combattants du Hamas seraient considérés comme les parangons de la nation arabe, les héros du peuple palestinien, les modèles pour l’émulation de tous les jeunes du monde arabe. La Cisjordanie tomberait dans les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah disparaîtrait dans un océan d’oubli, les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si la guerre prend fin avec le Hamas encore debout, meurtri mais invaincu, face à la puissante machine militaire israélienne, elle ressemblera à une fantastique victoire, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui restera dans la conscience du monde sera l’image d’Israël comme un monstre tâché de sang, prêt à tout moment à commette des crimes de guerre et pas prêt à accepter la moindre contrainte morale. Ceci aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre place dans le monde, notre chance de parvenir à la paix et à la tranquillité.

Au final, cette guerre est un crime contre nous-mêmes aussi, un crime contre l’Etat d’Israël.

Article écrit en hébreu et en anglais le 10 janvier 2009, publié le 11 sur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais "How Many Divisions ?"

Folie guerrière

Camillo ‘Mac’ Bica

Truthout (commentaire Sott.net)

Mercredi 24 décembre 2008

Je me suis toujours considéré comme un libre penseur, un philosophe errant sans prétention, à la recherche d’un mode de vie différent, plus sensé. Toutefois, les autres perçoivent ma différence, ma « quête spirituelle » comme quelque chose d’anormal, comme une preuve évidente de ma folie. Peut-être devrais-je faire une pause et réévaluer ma situation. Après tout, on n’admet pas aisément que l’on est fou. J’imagine que cela fait partie de la folie que d’entretenir une façade de salubrité mentale, de se considérer comme normal et de considérer tous les autres comme fous.

Toutefois, une chose dont je suis certain, c’est que je n’ai pas toujours été fou. Je ne suis pas né fou. Je pense que la folie m’a contaminé ; cela s’est produit au Viêt-Nam, pendant la guerre. C’est un effet de la guerre, voyez-vous, la guerre mène les gens à la folie. Névrose de guerre, obusite, syndrome de da Costa, syndrome de stress post-traumatique. Tous ces meurtres et ces morts peuvent rendre fou n’importe qui.

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© Crystal Green

Certains – à les entendre – survivent très bien à la guerre. Nombreux sont ceux qui tirent même profit de ses « vertus ». Mais les effets de la guerre ne sont pas toujours apparents. Personne ne ressort de la guerre sans cicatrice au corps et à l’âme. Chaque guerre, toute guerre, n’importe quelle guerre. Il n'y a aucune vertu dans la guerre.

Je pense que parmi ceux que la guerre n’a pas rendu fous, bon nombre étaient déjà fous avant. Mais leur folie était d’une nature différente, plus agressive, plus froide. J’ai connu des gens comme ça. On ne peut pas dire que je les appréciais. Cependant, je les trouvais chanceux de ne rien éprouver face aux meurtres et à la mort. En fait, leur perversité faisait qu’ils aimaient ça, ils prenaient plaisir à ces activités, à l’excitation, au pouvoir. Ils devenaient anges vengeurs, à l'égal des dieux, ayant droit de vie et de mort, mais surtout de mort. Ces malades détestaient voir la guerre toucher à sa fin. Pour moi, la guerre n’a pas de fin.

Pourtant, les événements s’arrangent parfois pour le mieux, puisque ma différence, ma folie m’ont probablement sauvé la vie. Voyez-vous, les personnes normales, et même certains fous, ne peuvent vivre dans de telles conditions, dans une guerre sans fin. J’imagine que j’ai eu de la chance. Parfois, la folie vous aide à supporter la situation. Parfois, j’aimerais être encore plus fou que je ne le suis déjà.

Une profonde introspection a révélé les causes de ma différence, la nature de ma folie. Il s’agit d’une cruelle sagesse permettant – ou, mieux, imposant – une vision objective. J’ai vu l’horreur de la guerre, sa futilité, tout ce gâchis. J’ai enduré l’hypocrisie et l’arrogance des personnes influentes et des nantis, et j’ai toléré l’ignorance et l’étroitesse d’esprit des soumis et des suiveurs. Les partisans malsains de la guerre, qui affichent et prêchent leur patriotisme avec des autocollants ostentatoires à l’arrière de leur voiture, avec des mots qui ne sont pas suivis d’actes, contaminés par l’hystérie de la guerre, mais loin d’elle, bien à l’abri. Ils prétendent reconnaître nos sacrifices, tandis qu’ils applaudissent le massacre en cours, acceptant par leurs mots, leurs actes ou leur passivité d’envoyer d’autres hommes et femmes au combat pour qu’ils y meurent, y soient mutilés, y deviennent fous.

Et lorsqu’ils ne tirent plus profit du carnage, leur ruban jaune patriotique et leur compassion superficielle s’évanouissent rapidement, remplacés par l’apathie et l’indifférence. Les survivants qui reviennent au pays ne sont plus traités comme des héros, mais comme des parias, des épaves et des fardeaux pour l’économie. Ils mythifient les morts à renfort de mémoriaux et de discours sur les pertes et les souffrances passées et futures. Des paroles exaltantes et prophétiques, déclamées par des individus qui cautionnent le carnage devant d'autres individus qui ignorent tout du sacrifice.

Il fut un temps où j’essayais d’expliquer ce qu’est la guerre afin qu’ils comprennent et qu’ils connaissent son horreur, croyant naïvement que la guerre était due à un manque d’information, de compréhension, de discernement et de vision. Mais la folie m’a libéré, elle m’a permis de réaliser que la guerre ne provient pas de telles lacunes mais qu’elle est le fruit d’un excès de cupidité, d’ambition, d’intolérance et de soif de pouvoir. Et nous sommes ses jouets, la chair à canon, ressource dispensable dans cette quête impitoyable de richesse, de pouvoir, de domination et d’impérialisme.

Et désormais, j’accepte et honore ma différence, ma folie, qui condamne les hypocrites et les arrogants, les ignorants et les mesquins, pour leur responsabilité collective et pour leurs meurtres, mutilations et crimes contre l’humanité. Et j’offre ma folie comme présage à leur future responsabilité ; responsabilité envers l’humanité dans les tribunaux de l’histoire, et envers le dieu qu’ils invoquent si souvent pour encourager et légitimer leur sacrilège guerrier.

Note : Voilà pourquoi une compréhension du monde intérieur et du monde extérieur, avec toutes leurs facettes magnifiques ou terrifiantes, y compris une bonne compréhension des processus pathocratiques, est si essentielle ; en vérité, les hommes et les femmes ne sont pas tous égaux, il y a des prédateurs parmi nous, qui nous traquent, nous contrôlent, nous exploitent et nous instrumentalisent à leurs propres fins… les psychopathes et les pathocrates au pouvoir.

La structure sociale pathologique s’étend progressivement au pays tout entier et crée ainsi une « classe nouvelle » au sein de la nation. Cette classe de déviants privilégiée se sent en permanence menacée par « les autres” » c’est-à-dire par la majorité des gens normaux. Et les pathocrates ne se font aucune illusion quand à leur sort personnel, si jamais le système humain normal était restauré…

Les pathocrates n’ont jamais possédé aucun talent pratique, et la perennité de leur règne leur a dénié tout possibilité de s’adapter aux exigences du travail normal. Si les lois de l’humain normal devaient être restaurées, ces pathocrates et leur entourage pourraient être soumis à un jugement, … ils seraient menacés dans leur liberté et leur existence – pas seulement dans leur position et leurs privilèges. Parce qu’ils sont incapables du moindre sacrifice, la survivance du système qui leur convient le mieux devient un impératif moral. Ce qui menace le système doit être combattu par toutes sortes de ruses psychologiques témoignant d'une absence de scrupules, qui peut choquer par sa perversité, à l'égard de « ces autres » – les inférieurs. [..] 

La pathocratie survit grâce au sentiment d’être menacée par la société des gens normaux ainsi que par d’autres pays dans lesquels subsistent, sous diverses formes, le système humain normal. Pour les dirigeants, rester au sommet est une question de vie ou de mort.

Nous pouvons alors nous interroger prudemment : un tel système est-il capable de renoncer à son expansion politique et territoriale et se contenter de ses possessions du moment ? Que se produirait-il si une telle situation permettait d’assurer la paix intérieure, l’ordre et une relative prospérité nationale ?

La grande majorité de la population du pays tirerait alors parti de toutes les possibilités émergentes et mettrait à contribution ses aptitudes supérieures pour étendre le champ de ses activités ; grâce à un taux de naissances supérieur à celui des pathocrates, son pouvoir augmenterait. Cette majorité serait alors rejointe par certains enfants des classes privilégiées qui n’auraient pas hérité de ces gènes-là. La domination de la pathocratie commencerait alors à s’affaiblir, imperceptiblement mais régulièrement, pour aboutir à une situation où la société des gens normaux prendrait le pouvoir. Vision de cauchemar pour les pathocrates.

La destruction biologique, psychologique, morale et économique de cette majorité est donc une nécessité « biologique ». À cette fin, de nombreux moyens sont mis en oeuvre, à commencer par les camps de concentration et les guerres contre un ennemi résolu et bien armé qui affaibliront et anéantiront le pouvoir humain qui les menace – c’est-à-dire celui qui met en péril la domination des pathocrates. Une fois morts, les soldats seront alors célébrés et vénérés tels des héros, ce qui est bien utile pour éduquer une nouvelle génération fidèle à la pathocratie en place.

Ponérologie Politique (traduction révisée)

 

Traduit par Axel D. pour Futur Quantique

12.01.2009

Portrait du jour : Tzipi Livni, criminelle de guerre n°2

Tzipora, l’oiseau de malheur, tueuse née et diplômée

Par AEH, 11 janvier 2009

quibla.net


une vraie prédatrice

Aux côtés du Premier ministre Ehud Olmert, qu’elle aurait dû remplacer après sa fausse démission pour affaires de corruption, d’Ehud Barak, ministre de la Défense, de Shimon Pérès, Président de la République et du chef d’État-major au nom de beau-fils idéal, Gaby Ashkenazi, Tzipi Livni est une des 5 principales responsables des crimes de guerre commis depuis le 27 décembre à Gaza. Elle est actuellement 2ème vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Madame Livni serait l’une des principales inculpées par la Cour pénale internationale de La Haye au cas où celle-ci se déciderait (un jour, peut-être) à inculper les auteurs de l’Opération « Plomb jeté ». Autant faire sa connaissance. Car Tzipi a le crime dans le sang. Et elle pourrait se défendre toute seule puisqu’elle dispose d’une solide formation juridique. Tzipora (« oiseau » en hébreu) n’est pas la fille de n’importe qui. Ses parents, Eitan Livni, et Sara Rosenberg, des immigrants polonais, furent le premier couple juif marié dans l'État d'Israël, le 16 mai 1948, au lendemain de sa proclamation. Eitan et Sara étaient des combattants de l’Irgoun, une des trois organisations sionistes de combat (avec la Haganah et le Palmach) qui devaient ensuite constituer l’armée d’Israël. Directeur des opérations de l'Irgoun, Eitan fut celui qui organisa l'attentat contre le siège de l’administration britannique, situé dans l'hôtel King David à Jérusalem le 22 juillet 1946 (91 morts, 46 blessés). Plus tard il fut membre du Likoud et parlementaire. Une carte d'Israël Sur sa pierre tombale au cimetière Nahalat Itzhak, à Tel-Aviv, est gravée une carte du « Grand Israël biblique », dont les frontières s'étendent au-delà du Jourdain. Au centre, un fusil à baïonnette et les mots «Rak Kach» («seulement ainsi» en hébreu), la devise de l’Irgoun. Sacrée hérédité !

Née à Tel Aviv le 5 juillet 1958, est devenue lieutenant lors de son service militaire, puis a été recrutée par le Mossad, pour lequel elle a opéré comme « agent de terrain » en Europe, de 1980 à 1984. Basée à Paris, elle a durant ces années travaillé avec les commandos du Mossad chargés d’éliminer des résistants palestiniens, qualifiés bien sûr de « terroristes ». Elle a donc appris à tuer dès sa prime jeunesse.

Elle a enchaîné sur des études de droit à la fac de Bar-Ilan, après quoi elle a ouvert un cabinet spécialisé en droit public et commercial. En 1996, elle est nommée directrice de l'Office des sociétés d'État. Dans ce rôle, elle est chargée de la privatisation des compagnies et des monopoles d'État. Une tueuse donc, mais une tueuse néolibérale.

De 2001 à 2003, elle est ministre de la Coopération régionale au sein du 29ème gouvernement dirigé par Ariel Sharon, puis de l'Agriculture et du Développement rural. En 2003, au sein du 30ème gouvernement elle est successivement Ministre du Logement, de l'Intégration, de la Justice et des Affaires Étrangères (cette dernière fonction lui étant assignée suite aux nombreuses démissions de membres du Likoud suite à la fondation de Kadima fin 2005).

Le 12 novembre 2005, elle est la première personnalité politique de droite à prendre la parole pendant la commémoration officielle des dix ans de l'assassinat d'Yitzhak Rabin. En novembre 2005, elle quitte le Likoud pour rejoindre Ariel Sharon dans son nouveau parti, Kadima.

Le 1er décembre 2005, elle déclare que le Mur de l’apartheid construit par l’État juif en Cisjordanie constituera la future frontière avec les Palestiniens : « On n'a pas besoin d'être un génie pour voir que cette barrière aura des implications sur la future frontière » [...] Ce n'était pas la raison de son installation mais cette barrière pourrait avoir des implications politiques. »

Le 5 janvier 2006, suite à l'hospitalisation du Premier ministre Ariel Sharon, elle déclare aux journalistes : « Nous prions pour Ariel Sharon, et je ferai personnellement tout mon possible pour aider le Premier ministre par intérim à assumer ses fonctions et à prendre les bonnes décisions », mettant fin en même temps aux rumeurs qui prétendaient qu'elle pourrait succéder à Sharon à la tête de Kadima. Ce dernier remporte les élections et Tzipi Livni se positionne troisième sur cette liste, ce qui l'assure de participer au gouvernement. Le 4 mai 2006, elle entre dans le gouvernement d'Ehud Olmert en tant que Ministre des Affaires Étrangères et Vice-Premier Ministre.

Elle est troisième parmi les têtes de liste du parti Kadima aux élections législatives israéliennes de 2006. Elle devient donc membre de la 17e Knesset après la victoire du parti aux élections.

Suite à la défaite israélienne au Liban en août 2006, Ehud Olmert est de plus en plus critiqué par l'opinion publique israélienne pour sa mauvaise gestion de cette guerre. Fin avril 2007, une version intérimaire du rapport Winograd qui analyse les raisons de la défaite est publiée. Livni appelle alors à la démission d'Olmert, mais ne présente pas sa propre démission, se proposant même comme son successeur à la tête du parti Kadima s'il venait à démissionner. Le 2 mai 2007, Livni se déclare opposée à des élections anticipées et affirme ne pas vouloir démissionner de son poste pour faire tomber le gouvernement, tout en se confirmant prête à prendre le poste de Premier ministre par intérim. Son appel est  ignoré par Olmert. Elle subit le feu de la presse qui souligne son manque de courage politique et la surnomme « Tzipi the Knife » (Tzipi le couteau).

Après le témoignage accablant de l'homme d'affaires Morris Talansky, elle critique le manque de probité d'Olmert et se présente comme la « Madame Propre » de la classe politique israélienne mettant en avant son intégrité et sa droiture. Désormais pour les sondages, elle est la seule à pouvoir concurrencer Benjamin Netanyahou, le leader du Likoud. Pourtant, les sondages sont peu optimistes quant à la victoire de Tzipi Livni, qui serait alors la deuxième femme Premier Ministre en Israël après Golda Meir. Le Premier ministre est ulcéré par son manque de loyauté, mais elle ignore Olmert et multiplie les réunions avec la base du parti. En outre, elle brigue le poste de Premier Ministre. [P&P : trahison, déloyauté, opportunisme ; des qualités qui ne manqueront pas d'évoquer un certain président nain de la république française. Quand on en a vu un, on les a tous vus]

Le 31 juillet 2008 Ehud Olmert annonce sa démission mais déclare qu’il quittera ses fonctions après des élections internes au parti Kadima. Tzipi Livni est pressentie gagnante dans la course à la présidence du parti contre Shaul Mofaz l'actuel Ministre des Transports soutenu par Olmert.

Le 22 septembre 2008, elle est chargée par le président Shimon Pérès de former le prochain gouvernement. Son échec oblige Shimon Pérès à convoquer des élections anticipées en 2009, qui auront lieu le 10 février et verront sans aucun doute une victoire de Benjamin Netanyahou et du Likoud qu’il contrôle désormais.

Dernier détail sur cette dame : elle est … végétarienne affichée et agit politiquement pour la défense des animaux ! Elle a obtenu l'interdiction de production de foie gras en Israël et est assez mal vue de certains lobbies de l'agro-alimentaire.

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Lire Ehud Barak, criminel de guerre n°1

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