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18/05/2009

Sarkozy prêt à tout pour détruire l'éducation

 

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Les CRS évacuent par la force des manifestants.
Amiens, le 23 mars 2009. Source : Amiens se bouge.

 

Dans une interview parue jeudi dans le Figaro, François Fillon annonce la politique de son gouvernement en déclarant que «nous ne bougerons plus ».

C’est, hélas, avec la déclaration de Nicolas Sarkozy affirmant qu’il ne reviendrait jamais sur la loi LRU, un très bon résumé de l’attitude de ses ministres depuis le début de la crise des universités.

Alors que depuis un an et demi, la communauté universitaire dans son ensemble multiplie les signaux pour alerter le gouvernement, alors qu’un mouvement de grève historique qui dure depuis trois mois a montré l’opposition unanime de toutes les composantes de la communauté universitaire à sa politique, le gouvernement ne bouge pas, n’écoute pas et ne discute pas, sinon plus multiplier les manœuvres dilatoires, les faux semblants de négociations et les provocations.

Une fois de plus, François Fillon, après Valérie Pecresse et Xavier Darcos n’a comme arguments que le bluff, la menace et la provocation. À la communauté universitaire unanime, François Fillon répond par la menace des CRS. Aux étudiants inquiets pour leur année, il répond par le bluff en affirmant qu’il fera passer les examens à l’extérieur des universités. La Coordination Nationale des Universités est curieuse de savoir si monsieur Fillon envisage de rédiger lui-même des sujets d’examens, de surveiller et de corriger les épreuves, d’assurer le suivi et la saisie des dossiers et sur quel programme il envisage d’évaluer les étudiants alors que la grève est toujours très majoritaire chez les enseignants chercheurs et les personnels administratifs et qu’un semestre de cours entier n’a pu avoir lieux du fait de l’obstination de son gouvernement. Au contraire, la Coordination Nationale des Universités a affirmé qu’elle prendrait toutes ses responsabilités pour que les étudiants ne payent pas la note d’une crise grave dont le gouvernement porte l’entière responsabilité : les étudiants doivent pouvoir continuer leurs études et doivent pouvoir valider leurs acquis.

Enfin, le premier ministre, en affirmant que la mobilisation ne concernerait que 6 universités tente une foi de plus de nier, au mépris de toute réalité, l’ampleur de la mobilisation. La 10ème coordination des universités, réunie mercredi à Marne la Vallée comptait plus d’une soixantaine de délégations. La grande majorité des universités, départements, UFR, composantes, sont toujours en grève totale ou partielle et un partie importante bloquée.

Nous attirons l’attention de Monsieur Fillon sur la parution récente, soulignée entre autre par le Canard Enchainé de cette semaine, d’un excellent ouvrage intitulé « Le grand trucage, comment le pouvoir manipule les statistiques ». Il nous semble tout à fait révélateur de la manière dont il traite les chiffres et la réalité et du mépris profond dans lequel il tient ses auditeurs en général, la communauté universitaire en particulier.

Article original : Universités & Universitaires

28/02/2009

¡Que se vayan todos! – voilà ce qui dit le mécontentement mondial


Par Naomi Klein

The Guardian, le 8 février 2009

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Le monde ne se soulève pas seulement contre les élites qui gouvernent – mais aussi contre le modèle du capitalisme dérégulé dans son ensemble.

En regardant les Islandais taper sur des pots et des casseroles jusqu’à ce que leur gouvernement tombe, je me suis souvenue d’un slogan populaire des cercles anticapitalistes de 2002 : « Vous êtes Enron. Nous sommes l’Argentine. »

Son message était assez simple. Vous – les politiques et les PDG qui vous pressez aux forums économiques – êtes les cadres impitoyables et les escrocs d’Enron (bien sûr, nous n’en connaissions pas la moitié). Nous – la populace – sommes comme le peuple argentin, lequel, au milieu d’une crise économique effroyablement comparable à la nôtre, est descendu dans la rue en frappant sur des pots et des casseroles. Ils scandaient : « ¡Que se vayan todos! » [Qu’ils s’en aillent tous] – et ils ont forcé quatre présidents successifs à partir en moins de trois semaines. Ce qui rend unique le soulèvement argentin de 2001-2002 est qu’il n’était pas dirigé contre un parti politique en particulier ou même contre la corruption en général. Sa cible était le modèle économique dominant : ce fut la première révolte nationale contre le capitalisme contemporain dérégulé.

Cela a pris du temps, mais de l’Islande à la Lettonie et de la Corée du Sud à la Grèce, le reste du monde a finalement son moment ¡Que se vayan todos! Les matrones islandaises stoïques frappant sur leurs pots alors même que leurs gosses mettent le frigo à sac pour trouver des projectiles (des œufs, c’est sûr, mais des yaourts ?) font écho aux tactiques devenues célèbres à Buenos Aires. Tout comme la colère collective envers les élites qui ont saccagé un pays autrefois florissant et qui pensaient pouvoir s’en tirer à bon compte. Ainsi que Gudrun Jonsdottir, une employée de bureau islandaise de 36 ans, le dit : « J’en ai assez ! Je ne fais pas confiance au gouvernement, je ne fais pas confiance aux banques, je ne fais pas confiance aux partis politiques et je ne fais pas confiance au FMI. Nous avions un bon pays et ils l’ont ruiné. »

Un autre écho : à Reykjavik, les manifestants ne se laisseront pas achetés par un simple changement de visage au sommet de l’Etat (même si le nouveau Premier ministre est une lesbienne). Ils veulent des aides pour les personnes, pas seulement pour les banques ; ils veulent des enquêtes judiciaires sur la débâcle et une réforme électorale profonde.

On peut entendre des exigences similaires en Lettonie, dont l’économie s’est contractée plus brutalement que n’importe quel autre pays de l’UE et où le gouvernement vacille. Pendant des semaines, la capitale a été secouée par les manifestations, dont une émeute à grande échelle, le 13 janvier, avec lancé de pavés. Comme en Islande, les Lettons sont scandalisés par le refus de leurs dirigeants de reconnaître la moindre responsabilité dans ce désastre. Interrogé par Bloomberg TV sur ce qui a déclenché la crise, le ministre de finances letton a haussé les épaules en disant : « Rien de particulier ».

Mais les problèmes de la Lettonie sont vraiment particuliers : la politique qui a permis au « tigre de la Baltique » de croître à un rythme de 12% en 2006 l’amène aussi à se contracter violemment, selon les prévisions, de 10% cette année : l’argent, libéré de toute entrave, sort aussi vite qu’il rentre, avec une grande part qui est détournée vers les poches des politiciens. (Ce n’est pas une coïncidence si beaucoup des grands invalides d’aujourd’hui sont les « miracles » d’hier : l’Irlande, l’Estonie, l’Islande, la Lettonie).

En Lettonie, une grande partie de la colère populaire s’est concentrée contre les mesures d’austérité du gouvernement – licenciements massifs, services sociaux réduits et salaires du secteur public considérablement réduits – toutes qualifiant la Lettonie pour un prêt d’urgence du FMI (non, rien n’a changé). En Grèce, les émeutes de décembre ont fait suite à la mort d’un jeune de 15 ans, abattu par la police. Mais ce qui a conduit ce mouvement à se poursuivre, avec les agriculteurs prenant la tête des étudiants, est une colère généralisée contre la réponse donnée par le gouvernement à la crise : les banques ont obtenu 36 milliards d’euros de subventions tandis que les travailleurs ont vu leurs pensions réduites et les agriculteurs n’ont quasiment rien reçu.

Malgré le désagrément causé par les tracteurs qui bloquent les routes, 78% des Grecs disent que les exigences des agriculteurs sont raisonnables. De façon similaire, la récente grève générale en France – déclenchée en partie par les plans du Président Sarkozy de réduire de façon spectaculaire le nombre d’enseignants – a inspiré le soutien de 70% de la population.

Peut-être que le fil conducteur le plus solide de cette réaction violente mondiale est le rejet de la logique de « la politique extraordinaire » - une expression créée par le politicien polonais Leszek Balcerowicz pour décrire comment, dans une crise, les politiciens peuvent ignorer les règles législatives et se ruer vers des « réformes » impopulaires. Le truc commence à être usé, ainsi que le gouvernement sud-coréen l’a découvert récemment. En décembre, le parti au pouvoir a essayé d’utiliser la crise pour foncer tête baissée dans un accord de libre-échange hautement controversé avec les Etats-Unis. Emmenant la politique des coulisses vers de nouveaux extrêmes, les législateurs se sont enfermés dans la chambre afin de pouvoir voter à huis clos, barricadant la porte avec des bureaux, des chaises et des canapés.

L’opposition en a eu assez : avec des marteaux-piqueurs et une scie électrique, ils sont entrés de force et ont organisé un sit-in de 12 jours dans le parlement. Le vote a été retardé, accordant plus de temps pour le débat – une victoire pour une nouvelle sorte de « politique extraordinaire ». Le modèle est clair : les gouvernements qui répondent à une crise créée par l’idéologie du libre-échange par une accélération de ce même programme discrédité ne survivront pas pour raconter l’histoire. Comme les étudiants italiens sont descendus dans la rue en criant : « Nous ne paierons pas pour votre crise ! »

 

Traduit de l'anglais par JFG/QuestionsCritiques

11/02/2009

Du « syndrome grec » au « syndrome guadeloupéen

9 février 2009 (Nouvelle Solidarité), Paris

Solidarité & Progrès

Pas un mot ! Alors qu’une grève générale paralyse la Guadeloupe depuis presque trois semaines et que la Martinique prend le même chemin, Nicolas Sarkozy n’a pipé mot, jeudi, lors de son allocution télévisée, sur les revendications de ces deux départements français. Il avait pourtant sous les yeux l’exemple même d’un capitalisme qu’il prétend vouloir faire disparaître.

De plus, pour la première fois depuis longtemps, s’il ne s’agit pas directement d’émeutes de la faim, ce sont de véritables « émeutes de la pauvreté » qui viennent d’éclater en France.

La Guadeloupe fait partie des 13 régions les plus pauvres d’Europe, avec un PIB qui ne représente que 55,8% de la moyenne européenne. Si, d’après les chiffres officiels, le taux de chômage y atteint les 23% en 2007, on pense que le taux réel avoisine les 40%.

Parti de la Guyane en 2008, c’est en Guadeloupe que la contestation se manifeste actuellement avec le plus de force. Le collectif « Lyanag kont profitasyon, LKP » (Rassemblement contre l’exploitation outrancière), y coalise une cinquantaine de groupements sous la direction d’Elie Domota, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG). Dans sa plateforme de 146 revendications, le LKP demande une réduction immédiate des prix de l’essence, une baisse des prix du transport et de l’eau, un gel des loyers et un accroissement du salaire minimum de 200€. Il s’agit également de relancer la production locale et de baisser les taxes sur les engrais et la nourriture pour le bétail.

Domota rappelle que pour son peuple, « résistance et culture sont liées. Cela remonte au temps où les esclaves puisaient dans les chants et la musique du pays natal la force de résister, de se révolter. » Pour lui, l’archipel est devenu « une colonie de consommation de produits importés vendus au prix fort ». Le 30 janvier, près de 65.000 personnes (15% de la population) ont défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre et samedi, encore 50.000 autres à Basses-Terres.

Cette injustice sociale et économique se conjugue avec les aspects les plus détestables de l’héritage colonial dans l’archipel. Le documentaire de Romain Bolzinger, « Les Derniers Maîtres de la Martinique », diffusé parCanal+ vendredi, offrait une accablante radiographie de l’oligarchie locale dominée par les « békés ». A l’écran, on y voyait un industriel béké affirmant qu’il cherchait à « préserver la race blanche » dans sa communauté, avant de regretter que « les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage ».

En Martinique, c’est la publication d’une enquête réalisée par le quotidien France Antilles à la veille du début de la grève générale qui a mis le feu aux poudres. L’enquête porte sur l’écart avec les prix pratiqués dans l’Hexagone. Cet écart atteint des niveaux scandaleux, que le seul coût du transport ne saurait justifier. Il serait de 34% sur un panier de produits de consommation courante et de 112% pour des produits de grandes marques. D’après Claude Lise, sénateur et Président socialiste du conseil général de la Martinique,« toutes les enquêtes montrent que le panier de la ménagère, avec des produits de première nécessité, est de 20 à 40% plus cher que sur le continent ».

De quoi alimenter une colère qui a poussé, jeudi dernier, 20.000 personnes dans les rues de Fort-de-France, sous la direction du « Collectif du 5 février ». « Des gens qui n’avaient jamais manifesté de leur vie sont descendus, jeudi dans les rues », disait un gréviste.

Même Yves Jégo, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, revenu après une semaine sur place pour discuter la situation avec le Premier ministre, dans leJournal du dimanche du 8 février, évoque « un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières » et est bien obligé d’annoncer que cela pourrait se terminer « par une action judiciaire de l’Etat » contre les sociétés en question.

En tout cas, l’état prérévolutionnaire que crée cette situation fait forcément saliver les troupes d’Olivier Besancenot. Pour lui, la grève générale qui touche la Guadeloupe et la Martinique est forcément « un motif d’inspiration » car « c’est ce qu’il faudrait faire dans les semaines et mois à venir » en métropole.

Par ailleurs, on peut penser que la place Beauvau a vu venir les choses. A en croire le LKP en Guadeloupe, « 17 airbus ont débarqué depuis début janvier avec près de 4000 forces de l’ordre, des chars d’assauts, des munitions, des cercueils en plastique et des vivres ».

Aucune solution purement locale ne permettra de résoudre cette crise d’une façon durable. Si les abus des « profiteurs outranciers » doivent être durement sanctionnés devant une Commission d’enquête parlementaire sur les responsabilités de la crise financière, seul un « Nouveau Bretton Woods » du type préconisé par Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade en France permettra d’instaurer une logique de coopération mutuelle, un véritable nouvel ordre économique mondial plus juste.

Commentaire P&P : Ce qui manque à Cheminade et à son mouvement, c'est une connaissance de la Ponérologie Politique, et de la façon dont des individus déviants s'emparent du pouvoir et imposent un mode de pensée psychopathique à l'ensemble de la population. Ces élites n'ont que faire du bien-être des populations ou d'un "nouveau Bretton Woods". Cette crise a été pensée et voulue.

Notons que la différence entre le « syndrome grec » et le « syndrome guadeloupéen », c’est que ce dernier vient de l’intérieur de la République.

Pour creuser le sujet : focus

09/02/2009

Le CNRS dévoile son nouveau logo.

Notre illustrissime président vient d'annoncer la mise à mort du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) mais ce dernier reste actif malgré le spectre de sa disparition et lance un nouveau logo :

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05/02/2009

Cours d'ornithologie

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15/12/2008

Grèce : l’arme des émeutes pour cacher le krach

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Les émeutes qui ont embrasé la Grèce depuis le 6 décembre, lorsqu’un adolescent a été abattu par balle lors d’un affrontement violent avec la police d’Athènes, nous porte à croire que l’oligarchie financière cherche à se servir de ce pays comme laboratoire social.

Par Karel Vereycken

Car en réalité, une seule question hante les esprits de nos élites depuis des mois : « Comment va-t-on gérer la révolte qui monte parmi les classes moyennes ? » Une fois transférée la faillite de la sphère financière à la sphère publique des Etats, in fine, c’est à cette population-là qu’on cherche à faire payer les bourses cassées.

Pour faire accepter cet « état d’exception économique », certains pensent instaurer l’état d’exception tout court. Au début des années 1970 en Italie, cela s’appelait la « stratégie de la tension », combinant attentats aveugles, exécutions ciblées, terrorisme idéologique et tentatives de putsch.
Or, que voit-on en Grèce ? A quelques jours d’une grève générale programmée de longue date pour réunir en un front commun les forces politiques contestant une politique de casse sociale sans pareille (privatisation du secteur de l’éducation, des retraites et de la santé ; corruption des grands partis et même de l’église), le mouvement social se retrouve pris en otage par les casseurs.
Sur ce terrain fertile, la rage de quelques milliers d’adolescents cagoulés, les koukoulofori, souvent issus de la bourgeoisie, a fini par contaminer aussi bien « la génération des 600 euros », ces trentenaires hyper-diplômés condamnés aux petits boulots sous-payés, que les jeunes paupérisés des faubourgs. Cette « conjonction » de forces, qui, en France, fait fantasmer tous ceux qui sont en mal d’un « nouveau mai 68 », qui s’est opéré grâce au réseautage sur la toile via Facebook et Hi5, s’avère une véritable aubaine pour ceux qui veulent que rien ne change.
Zoé Kazakis, une étudiante en économie de 22 ans et coordinatrice de la mobilisation entre sa faculté et d’autres établissements du pays, est optimiste mais furieuse. « Nous nous battons contre les privatisations depuis longtemps. Les gens sympathisent de plus en plus avec nous. La crise touche tout le monde, mais le gouvernement est complètement absent. Ma mère, par exemple, dirige un laboratoire médical, mais on doit vivre à crédit depuis plusieurs mois parce que l’organisme qui la paie n’a pas reçu d’argent de l’Etat. Le gouvernement se fout de nous. On voit défiler des milliards, mais la vie est de plus en plus chère ici, plus encore qu’à Paris. »
Pour le peuple grec, la situation est intenable. Si la Grèce paie sa dette publique, qui atteint 93,8% du PIB, c’est en broyant les services publics. Au pays d’Hippocrate, depuis le 21 novembre, le gouvernement a coupé les vivres aux caisses d’assurance maladie, et les hôpitaux et pharmacies se sont brutalement retrouvés à court de moyens. Endettés à hauteur de 4 milliards d’euros de dettes et devant payer les fournisseurs, les hôpitaux en sont réduits à un « service minimum », reportant parfois les interventions médicales faute de gants ou de seringues.
Si l’on a médiatisé à outrance les pilleurs qui ont même mis le feu au Musée d’archéologie nationale d’Athènes, rien ou presque n’a filtré sur le combat en faveur d’un changement de cap économique. Pourtant, comme le rapportait la correspondante de Libération : « Toute la semaine passée [précédant les émeutes], les CRS grecs ont interdit par la force l’entrée du ministère de la Santé à des infirmières, médecins et employés administratifs venus protester contre le non-paiement de leurs salaires, blessant de nombreux manifestants. »
Pendant que les étudiants reprennent le slogan de la révolte étudiante de 1973 contre la dictature des colonels, revendiquant « du pain, de l’éducation et la liberté », les casseurs ont saccagé ou brûlé près de 400 magasins, banques et bâtiments publics désignés comme symbole d’un Etat qui opprime, provoquant pour 50 millions d’euros de dommages.
A la veille de la grève générale, Zoé Kazakis n’hésite pas à dénoncer ces dérives : « Nous sommes débordés par des gens bizarres. Des types qui ne sont pas étudiants et qui sont très violents lors des manifestations. Ce sont eux qui envoient des blocs de marbres sur les policiers et les pompiers. Ce matin, je me suis rendue à la faculté de Polytechnique, où le mouvement a commencé. Il n’y avait plus d’étudiants, mais plein de gars étranges qui faisaient des feux. Quand je leur ai demandé qui ils étaient, ils m’ont dit de dégager. Je me demande vraiment qui sont ces casseurs. Selon moi, il est possible qu’ils soient manipulés par les autorités pour faire dégénérer les manifestations. Car les étudiants sont pacifiques. Nous manifestons avec les profs. Même mes parents et mes grands-parents seront dans la rue demain à l’occasion de la grève générale. »

En tout cas, les émeutes, téléguidées ou pas, permettent de masquer l’implosion du faux miracle économique d’un pays membre de la zone euro, pulvérisé par le surendettement, les placements douteux des finances publiques et la corruption. Comme le dit l’écrivain Takis Théodoroupolos, Athènes se retrouve aujourd’hui face aux mêmes peurs qu’au Ve siècle.
Non pas la peur des barbares, mais celle de la dissolution du tissu social, celle de la perte de cohésion de la cité, celle de la fin du politique.

Pour creuser le sujet : focus
http://www.solidariteetprogres.org/article4923.html

Source : Alterinfo

 

Note de P&P : toujours les mêmes tactiques ponérologiques qui se retrouvent, que ce soit en Grèce, en France (manifs anti CPE, mouvements de grèves), aux USA ou ailleurs : les autorités, voyant la grogne monter et ayant peur que la situation leur échappe, détournent le mouvement revendicatif – pacifique – en l'infiltrant par le biais d'agents provocateurs à leur service. En criminalisant le mouvement, on effraie la population, de sorte que les gens ne soutiennent pas les manifestants, qui sont montrés comme des terroristes. Les bonnes gens s'en remettent au pouvoir pour rétablir l'ordre et arrêter ces "casseurs". Des mesures répressives sont ainsi établies avec l'assentiment de la population : couvre-feu (rappelons-nous les émeutes de 2005 en France), arrestations arbitraires/rafles, condamnations, espionnage de la population. L'élite psychopathique reste au pouvoir, et l'État fasciste s'instaure.

D'autre part, pour ceux qui croiraient encore à l'illusion d'une révolution populaire spontanée, nous leur recommandons la lecture des Protocoles des Sages de Sion. Nous estimons que ces protocoles sont faux et qu'ils ont de forts relents antisémites. Toutefois les mécanismes qu'ils décrivent correspondent étonnament aux dynamiques actuelles. Il faut alors supprimer le terme "juif" de ces protocoles et le remplacer par "élites psychopathes" pour obtenir une description précise de la réalité.

Tout porte effectivement à croire que les révolutions sont fomentées par ceux-là mêmes qui tirent les ficelles en coulisses.

Extrait des Protocoles des Sages de Sion :

La « grande » révolution

Quand la populace s’aperçut qu’au nom de la liberté on lui accordait toute espèce de droits, elle s’imagina être la maîtresse et essaya de s’emparer du pouvoir. Naturellement, comme tout autre aveugle, la masse se heurta à d’innombrables obstacles. Alors, ne voulant pas retourner à l’ancien régime, elle déposa sa puissance à nos pieds. Souvenez-vous de la Révolution française, que nous appelons « la Grande » ; les secrets de sa préparation, étant l’œuvre de nos mains, nous sont bien connus.

 

Combien de mouvements populaires ont été infiltrés et téléguidés ? Combien de mouvement pacifiques et populaires ont été contaminés par quelques casseurs non identifiés ?

Si vous avez encore des doutes sur l'infitration des grèves et des manifestations par des agents provocateurs directement soutenus par le gouvernement afin de décrédibiliser un mouvement auprès de l'opinion public et de justifier une répression policière disproportionnée, jetez un oeil à cette vidéo :

 

Ce film a été tourné dans le cadre du sommet de Montebello réunissant sous forte protection policière les présidents américain George W. Bush Jr, mexicain Felipe Calderón et le premier ministre canadien Stephen Harper pour discuter du projet de Partenariat de Sécurité et de Prospérité (PSP), les 20 et 21 août 2007.

On y voit trois individus, visage masqué par des foulards, qui se tiennent à proximité d'une ligne de policiers anti-émeute de la Sûreté du Québec (SQ), sur le parking d'une station-service de Montebello. L'un d'eux tient un pavé dans la main.

Les trois individus sont rapidement interpelés par David Coles, président du Syndicat Canadien des communications, de l'Energie et du Papier (SCEP), qui les informe qu'ils ne sont pas les bienvenus : "lâchez ce pavé, c'est notre manifestation, c'est un rassemblement de retraités, de grand-mères et de grand-pères"

En réponse le dirigeant syndical se fait bousculer par les types masqués. La scène attire l'attention et déclenche un attroupement. Quelques manifestants accusent alors les trois types d'être des policiers, certains allant jusqu'à chercher à leur arracher leur foulard. "Ces trois types sont des flics !", se met à crier Coles. "Lâchez ce pavé Monsieur le policier", dit-il ensuite. Si le but de ces types était de passer inaperçu, alors le moins que l'on puisse dire c'est que c'est plutôt raté.

D'ailleurs, au lieu de fuir discrétement, le trio s'approche de la ligne antiémeute. L'un d'eux se penche à l'oreille d'un des policiers en uniforme de combat, et semble lui murmurer quelques mots. Puis, les trois types masqués feignent de forcer la ligne policière, et sont immobilisés au sol, menottés et arrêtés.

Certains observateurs n'ont pas manqué de souligner la douceur des policiers, qui contrastait fortement avec les quatre autres arrestations de manifestants survenues au cours de la même journée.

Mais même cet ultime effort pour se faire passer pour d'authentiques délinquants se retournera éventuellement contre eux. Jetez plutôt un oeil à cette photographie...lorsque la réalité dépasse la fiction :

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Sur cette photo prise par un manifestant lors de l'«arrestation», on peut en effet apercevoir clairement que les semelles de chaussures des types masqués et celles des policiers ont la même sculpture et portent le même logo jaune. Et pour couronner le tout, ces types masqués, se baladant pavé à la main dans une manifestation n'ont même pas été accusés.

La crise mondiale savamment mise en oeuvre par nos chères élites devrait encore croître en 2009, apportant avec elle son lot de souffrance, de chômage et de mouvements sociaux.

Lorsque ceux-ci prendront de l'ampleur en Europe en général et dans note douce France en particulier, vous remarquerez peut-être que les médias de masse épiloguent de plus en plus sur "la nuit de violence a embrasé la ville de...", "en fin de cortège des casseurs se sont attaqués aux magasins...", "de nombreux véhicules ont été incendiés...", "de nouvelles violences ont émaillés les manifestattions de...", "de violents combats ont opposé les forces de l'ordre et..."

Lorsque vous entendrez pour la nième fois les débilités mensongères ressassées par les officines médiatiques soumises à quelques-uns des plus grands fabricants d'armes de la planète comme Dassault ou Lagardère, alors peut-être vous remémorerez vous ces images et réaliserez que sous les bons hospice de Sarkozy, CRS et casseurs travaillent main dans la main pour détruire les mouvements populaires qui oeuvrent à préserver les quelques derniers droits des citoyens français.

25/06/2008

Pétition pour préserver l'enseignement supérieur et la recherche

Cet appel est destiné à être signé par les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur (de tous statuts) ainsi que par les personnes n’y exerçant pas mais souhaitent exprimer leur soutien.

La communauté scientifique a montré depuis plusieurs années sa volonté d’améliorer le dispositif de recherche et d’enseignement supérieur, en faisant des propositions concrètes qui restent d’actualité. Toutefois la profonde restructuration de l’enseignement supérieur et de la recherche actuellement engagée par le gouvernement conduit à mettre l’activité scientifique sous contrôle direct du pouvoir politique (bien au delà de la définition des grandes orientations dont il a la responsabilité). De nombreuses voix ont critiqué les mesures gouvernementales, en particulier des directeurs de laboratoires, des médaillés du CNRS, son conseil scientifique (dont ses membres étrangers), des conseils d’universités, des assemblées de laboratoires ; le Conseil d’Administration du CNRS n’a pu se tenir le 19 juin traduisant notre profonde inquiétude face à la restructuration imposée à cet organisme, qui menace sa cohésion et son indépendance. Afin de sortir d’une crise qui ne peut qu’affaiblir la recherche française, et de retrouver la confiance nécessaire pour réformer nos institutions dans le sens de l’intérêt collectif, nous demandons donc aujourd’hui :

1 – Que toute évolution du dispositif de recherche se fasse dans le respect de l’autonomie scientifique et des principes de collégialité et de démocratie des institutions universitaires et de recherche.

2 – Que des moyens suffisants, financiers comme humains (chercheurs et enseignants-chercheurs, personnels de soutien technique et administratif), soient attribués aux universités et aux organismes, sur une base pluri-annuelle. Les établissements pourront ainsi construire une politique scientifique, leurs laboratoires pourront développer leurs propres projets et le principe de fonctionnement de la recherche et de l’enseignement supérieur sur la base de postes statutaires, garant d’une indépendance effective, sera préservé.

3- Que le CNRS couvre tous les champs du savoir, afin de pouvoir développer une politique scientifique globale et faire collaborer les disciplines entre elles.

Ces demandes ont un coût, qui peut être assumé à l’intérieur de l’enveloppe globale affectée à l’enseignement supérieur et à la recherche.

Nous sommes déterminés à inscrire notre action dans la durée. Conscients de notre responsabilité dans la mise en oeuvre d’une évolution du système d’enseignement supérieur et de recherche, nous nous engageons à n’accomplir aucune tâche qui contribuerait à affaiblir les fondements mêmes de notre activité et son avenir à court terme, en cohérence avec le communiqué du 23 juin signé par des directeurs de laboratoires et des responsables d’instances scientifiques. Si nous ne sommes pas entendus, nous mettrons en place une grève administrative progressive ; en particulier, nous nous engageons à :

1- Suspendre notre participation aux activités d’expertise et d’évaluation pour l’ANR et l’AERES.

2- Refuser de transmettre toute donnée permettant le pilotage de la recherche au moyen d’indicateurs contournant l’expertise scientifique.

3- Dans un second temps et si le gouvernement reste sourd à nos demandes légitimes, pour les directeurs de laboratoires, les responsables d’instances scientifiques et les membres de ces dernières, démissionner de leurs mandats.

 

Article original et pétition : Sauvons la recherche. 

04/12/2007

Entrée en scène des milices sarkosiennes.

Note de P&P : Une majorité des étudiants semble avoir pris conscience de la privatisaton à venir des universités. Fort de ce constat il ont initié un vaste mouvement de grève s'opposant de fait au gouvernement, aux CRS, aux dirigeants des universités, aux syndicats étudiants UMP et leur mouvements anti-grève et bien sûr aux médias.

Voici un article (extrait du blog d'un étudiant de Perpignan) qui me semble bien résumer la situation actuelle :

 

samedi 1 décembre 2007

Après la soirée de vendredi, il est temps pour nous de recadrer les choses.

Comme cela nous l'avait été annoncé par l'administration, bien au courant du fait puisqu'elle s'était réuni derrière les préfabriqués, en cachette, avec les anti-bloqueurs, un appel à un débloquage violent avait été fait pour 21h30. Il était également dit que l'on pouvait craindre la présence de membres d'organisations groupusculaires d'extrême droite. Devant la menace d'attaques fascistes, nous avons décidé de ne pas abandonner l'occupation, et par là-même de ne pas les laisser "gagner". C'est pour cela que nous nous sommes préparés et armés de manches à balai et autres barres, en espérant que ce serait suffisant pour les intimider, et qu'ils ne viendraient pas.

Malheureusement, un groupe d'une 50aine de personnes, également armées de batons contrairement à ce qu'ont pu dire certains médias, a déboulé sur le campus en chantant la Marseillaise (et ont même été vus en train de faire de splendides saluts nazis...). Les vigiles de l'université ont pu les contenir, alors que la police observait tranquillement le spectacle depuis l'extérieur de l'université...

Alors que les étudiants grévistes se repliaient dans l'amphithtéâtre occupé, suite à une première "dispersion" des anti-bloqueurs, ces derniers sont revenus à la charge, toujours sous les yeux de la police, qui a fini par intervenir, une fois la bataille terminée... Seuls la patience et le calme des grévistes (alors que les anti-bloqueurs ne cessaient de nous provoquer) expliquent qu'il n'y ai pas eu d'affrontements physiques. Nous n'étions pas là pour nous battre, mais pour nous défendre en cas d'agression, agression programmée, rappelons-le.

Le comité de grève condamne également le rôle des médias, et particulièrement de France 3, dans la montée des tensions. A la recherche du sensationnel, ils n'ont pas douter à faire un appel public au débloquage violent au JT régional du vendredi soir, et donner même l'heure du rendez-vous. Où est l'information là-dedans? Quel rôle joue ce média dans le mouvement? Evidemment, ces mêmes journalistes étaient présents à 21h30 précises et n'ont pas hésiter à nous filmer en cachette, après nous avoir promis de ne pas nous filmer. Ce média a fait preuve d'un manque cruel d'intégrité et le comité de grève s'engage à ne plus répondre à ces journalistes, qui déforment et adaptent l'information à leur sauce.

Mais surtout, le comité de grève dénonce l'attitude du président de l'université de Pepignan. Pour son premier mandat, Benkhelil montre son incompétnce en matière de gestion des crises. Il est obnubilé par la reprise des cours, et en oublie les règles minimales de sécurité. Il encourage les étudiants anti-bloqueurs à venir déloger, en faisant usage de la violence, les étudiants qui bloquent... Il ment, sans cesse, aux médias qui l'interrogent sur le mouvement, et ne se tient jamais à ce qu'il dit ou promet... Il refuse de communiquer avec les grévistes et de reconnaître les AG étudiantes, dont le cadre a été fixé après consultation entre anti-LRU, pro-LRU et administration... Il n'hésite pas à menacer ou intimider les grévistes qui occupent l'université, et va même jusqu'à couper l'électricité du bâtiment occupé. Benkhelil applique des techniques de siège, de guerre.


Pour toutes ces raisons, et devant l'évidence de son incapacité à gérer dans le calme et dans le respect une université, nous demandons la démission de Benkhelil, comme de tous les présidents d'université qui ont fait appel aux forces de l'ordre pour évacuer les facs!

Note de P&P : Sarkozy a réussi à détruire le mouvement de grève des fonctionnaires en trouvant quelques traitres à la tête des syndicats, en initiant des mouvements antigrève bidons, en instrumentalisant les directions concernées et en faisant relayer sa propagande par les médias afin d'attiser la jalousie au sein du peuple français. (Ne sommes-nous pas d'ailleurs tombé bien bas pour jalouser les conditions de vie et de travail d'un cheminot.)

Pour ce qui est du mouvement étudiant, la propagande des médias, l'instrumentalisation des directions et les mouvements antigrève bidons sont toujours là, pour corser le tout Sarkozy semble y avoir ajouté l'intervention de ses milices

Eh oui, à l'heure où ces lignes sont écrites, les CRS matraquent nos enfants, lycéens et étudiants en fac, parce que ceux-ci ont l'outrecuidanse de se battre contre la privatisation de l'université.

Quand c'était les fonctionnaires on a fermé les yeux, quand c'était les étudiants on a fermé les yeux. Quand ce sera vous, vous ferez quoi ?
 

22/11/2007

Les cheminots résistent à la trahison programmée par les syndicats

Article issu du site "Solidarité Ouvrière

 

Jeudi, au troisième jour de la grève, massivement suivie, contre les attaques sur les retraites préparées par le gouvernement gaulliste du président Nicolas Sarkozy, des assemblées générales de cheminots se sont tenues dans toute la France et ont voté, à une écrasante majorité, la reconduction et l’amplification de la lutte.

Note de P&P : Avez-vous lu ou entendu dans les medias de masse que la grève avait été massivement suivie et que la reconduction avait été voté avec une écrasante majorité ? Rien de tout cela, les médias officiels reprennent en choeur la version officielle écrite par l'Elysée : "actes de sabotages", "taux de grèviste en baisse" et "fin du mouvement imminente"

 

Ces votes sont l’expression du rejet des trois piliers principaux de la réforme: l’allongement de la durée de cotisation, de 37,5 annuités à 40, pour pouvoir jouir d’une retraite à taux plein, la décote en cas de retraite anticipée et l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, ce qui était plus avantageux.

Les travailleurs qui participaient à ces assemblées générales ont exprimé une grande méfiance vis-à-vis des actions entreprises par les directions syndicales et un ressentiment tout particulier envers la proposition de Bernard Thibaut, secrétaire général de la CGT (Confédération générale du travail) qu’il y ait des négociations branche par branche dans le cadre de la réforme. Cette proposition revient, de fait, à reconnaître la destruction des régimes spéciaux (retraites spéciales accordées de longue date aux travailleurs dans des métiers particulièrement pénibles) et à collaborer à la mise en place de la réforme de Sarkozy.

Note de P&P : Comme Andrew Lobaczewski l'a justement décrit, la ponérisation touche progressivement tous les pans de la société : les médias, les sphères juridiques et judiciaires mais aussi les travailleurs et les syndicats.

La vérité est douloureuse mais riche en enseignement. Les dirigeants syndicaux à l'instar de nos chers "élus" ne sont pas au service du bien commun malgré ce qu'ils affirment mais oeuvrent à l'intérêt de leur petit groupe.

Les syndicats qui pouvaient apparaitre comme le dernier rempart contre la barbarie ultralibéraliste, ont vendu pour 30 pièces d'argent la dignité des plus faibles qu'ils étaient sensés défendre.

 

Le WSWS a participé à une assemblée générale de grévistes à la Gare du Nord, à Paris. Il s’y trouvait des conducteurs de train, du personnel d’accueil, des contrôleurs et aussi une délégation des ateliers Le Landy de la Seine-Saint-Denis, au nord de Paris.

Etaient présents des membres de la CGT (syndicat majoritaire chez les cheminots), Sud Rail et Force ouvrière, respectivement les second et troisième syndicats, ainsi que des membres de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes, proche du Parti socialiste) et des travailleurs non syndiqués.

Lecture a été faite des comptes-rendus des différents sites de la région parisienne, où entre 60 et 100 pour cent de travailleurs étaient en grève. 

Nazima de la CGT, qui joue un rôle important dans l’organisation des assemblées générales, a dit qu’elle avait reçu un coup de fil de l’Université de Tolbiac, où les étudiants sont en grève contre l’ouverture des universités aux entreprises privées, appelant les cheminots à ne pas abandonner la lutte. Elle a exprimé sa révolte quant à l’envoi de CRS la veille pour disperser les étudiants de l’Université de Nanterre à coups de matraque, qualifiant cet acte de « grosse erreur du gouvernement. » 

Note de P&P : En résumé, le complexe médiatico-politique censure l'ampleur du mouvement étudiant et utilise parallélement la violence pour le neutraliser. C'est finalement très similaire à la manière dont le mouvement pour la paix est traité aux USA.   

 

L’assemblée générale a voté la poursuite de la grève jusqu’au lendemain. Il y a eu trois abstentions.

L’assemblée a aussi voté la mise en place d’un comité de grève dont la tâche serait d’organiser les piquets de grève et d’amplifier le mouvement, notamment auprès des travailleurs de la RATP (Régie autonome des transports parisiens, bus et métro) et des travailleurs de EDF et GDF (Electricité et Gaz de France) dont les régimes spéciaux de retraite sont également attaqués par le gouvernement. 

Le comité travaillerait aussi à gagner le soutien du public et à contrer la machine de propagande de Sarkozy, qui jouit du soutien entier des médias.

Note de P&P : Effectivement la propagande sarkosienne tourne à plein régime. Au cours des derniers jours les grévistes ont été traités de "minorité", de "privilégiés", de "preneur d'otages", de "saboteurs",... Voilà un aspect classique de la pensée psychopathique : l'utilisation de l'insulte et du langage émotionnel... "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelquechose."

 

La veille, les grévistes de la Gare du Nord avaient voté à l’unanimité une motion qui a ensuite largement circulé dans toute la France et qui a été adoptée dans de nombreuses assemblées générales. Cette motion a été soumise une nouvelle fois pour servir de base de réponse à une lettre envoyée par Xavier Bertrand, le ministre du travail, le 14 novembre, invitant les syndicats à des négociations. La lettre de Bertrand a été rejetée par tous les intervenants à l’assemblée générale car elle ne propose aucunement le retrait des trois piliers de la réforme.

Au sujet de la proposition faite au gouvernement par le leader de la CGT, Bernard Thibaut, un travailleur a fait remarquer : « Qu’est-ce cela nous apporte ces négociations tripartites [entre la direction des entreprises publiques, les syndicats et des représentants du gouvernement] ?  Il n’y a aucune garantie. »

Ce qui est très significatif, c’est la décision prise de faire parvenir cette motion à tous les cheminots de France, mais aussi de l’envoyer aux dirigeants des syndicats de cheminots qui se réunissaient à 16h30 jeudi après-midi pour discuter des suites à donner à l’invitation de Bertrand.

La motion déclare : « Nous refusons le passage de 37.5 ans à 40 ans de cotisations, les décotes et l’indexation des pensions sur les prix plutôt que sur les salaires. »

La motion insiste pour que les directions syndicales ne signent pas d’accords avec le gouvernement sans le consentement de la base. « Nous exigeons d’être consultés pour toute décision qui engagerait notre avenir et d’être informés du contenu des discussions à chaque étape », dit la motion. « Nous nous déclarons opposés à toute négociation entreprise par entreprise. » 

Note de P&P : Et voici la bonne vieille tactique du "diviser pour mieux régner" qui ressurgit. Le mouvement populaire gagne une forte ampleur, découpons-le branche par branche pour mieux l'écraser.

Certes cette maneuvre a une saveur particulière lorsqu'elle est initiée par un dirigeant syndical sensé défendre l'intérêt des plus modestes. Mais finalement si tel était vraiment son objectif serait-il encore à la tête d'une organisation syndicale ?

 

Plusieurs participants au débat ont fait remarquer que la lettre de Bertrand proposait des négociations dans les différentes entreprises sur une durée d’un mois laissant entendre que la grève se prolongerait d’autant, et ce, afin d’épuiser le mouvement. 

Note de P&P : La classique mais toujours efficace tactique du pourrissement. Avec en ligne de mire des perspectives illusoires de négociations.

Il faut être deux pour négocier. A ce jour les travailleurs sont seuls face à un état hypocrite qui fait miroiter des négociations mais qui oeuvre en sous-main à la destruction du mouvement via la violence policière, la propagande relayée par les médias de masse et le noyautage des directions syndicales.

 

Monique a critiqué la direction de la CGT pour vouloir négocier entreprise par entreprise quand « le gouvernement n’a rien cédé sur les trois points essentiels. Un mois de négociations, c’est un mois de grève pour rien. » Elle a fait remarquer qu’« il y a un divorce entre les syndicats et la base qui veut se bagarrer et qui veut le retrait de la réforme. »

Un travailleur qui ne portait pas de badge syndical a dit : « Je m’attendais à ce que les directions syndicales organisent quelque chose de plus costaud. La manifestation d’hier a été organisée au dernier moment.

Note de P&P :  Souvenez vous des mots de FD Roosevelt : "En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi".

N'en doutons pas, les dirigeants de médias, d'organisations politiques, de syndicats comprennent très bien ce qui se passe actuellement et mieux que la plupart d'entre nous.

S'ils feignent l'ignorance, les dissensions internes, ils oeuvrent en concertation à la pérennisation de leur statut qui ne peut se faire qu'à travers l'exploitation toujours grandissante des plus faibles.

Croyez-vous vraiment que cette organisation à la dernière minute soit due au hasard ? Pourtant si un syndicat doit bien savoir faire une chose c'est organiser une grève non ?

Voilà en tout cas une excellente manière de détruire un mouvement de l'intérieur en toute dicrétion. Et si vous êtes pointé du doigt vous pourrez toujours invoqué la maladresse, le manque de temps, le manque de ressources ou le stress.

 

Nous sommes aujourd’hui dans une situation charnière. Sarkozy joue aux chaises musicales avec les syndicats. La seule solution : il faut communiquer. Les AG sont souveraines. Il faut gagner la population et leur dire : “Nous sommes dans la bataille avec vous sur le pouvoir d’achat. Nous ne sommes pas des privilégiés.” » 

Note de P&P : Et ici se trouve une des clefs du combat actuel. Ne plus croire en ces peurs, en ces divisions, en ces mensonges, en cette propagande.

Au sein de la société française croyez-vous vraiment que les privilégiés soient les cheminots ?

Ne voyez-vous pas la réalité ? Le peuple français comme tous les peuples du monde est toujours plus manipulé, asservi, écrasé. Le vrai schisme ne se trouve pas entre les cheminots et les non-cheminots. Tous sont esclaves d'une élite psychopatique minoritaire qui a contaminé chaque facette de notre société et qui a besoin de notre sang, de notre sueur, de notre vie pour mener une existence de nabab. 

 

Il s’est opposé au blocage des TGV (Train à grande vitesse) disant que cela faisait le jeu de ceux qui voulaient représenter les cheminots comme des Khmers rouges.

D’autres travailleurs ont fait remarquer qu’il était essentiel de faire des piquets de grève pour empêcher la reprise du travail et de stopper les trains afin d’amplifier le mouvement. Un guichetier a dit qu’ils avaient déjà mis en place un piquet de grève à 6 heures du matin pour que les bureaux restent fermés.

Le WSWS a parlé avec Monique, représentante de la CGT conducteurs, avant l’assemblée générale. Elle a dit, « Nous on veut vraiment contrôler le mouvement.  Hier c’était entre 70 pour cent à 80 pour cent de taux de grévistes et aujourd’hui c’est le même taux. Ce que nous essayons maintenant, c’est de faire la jonction avec le maximum de monde et faire que le mouvement ne soit pas dispersé. On n’accepte pas d’être appauvris. Ce qu’on veut, c’est qu’il n’y ait pas de négociations en douce dans notre dos. »

 « Moi, je veux bien respecter la direction de la CGT, mais il faut aussi qu’ils nous respectent et on n’est pas une masse de main-d’œuvre.  Nous ne voulons pas aider Sarkozy à mettre sa réforme en place. Aujourd’hui, il y a des étudiants, la RATP, EDF-GDF. Nous ne voulons pas d’entourloupe et qu’on casse le mouvement. »

Note de P&P : Sarkozy a fait de la non-négociation et du passage à tous prix de sa réforme un enjeu personnel, symbolique et idéologique. En révélant au grand jour la véritable identité des directions syndicales, N. Sarkozy prend un risque.

Il semble oublier qu'un despote n'existe que grace au soutien de sa cour qui, en échange de privilèges variés, relaye servilement auprès de la population l'illusion de sa légitimité.

La cour de Sarkozy est constituée de financiers, de patrons des médias, de politiques, d'intellectuels, de dirigeants syndicaux. Si les véritables objectifs de ces derniers sont percés à jour, si le peuple entraperçoit les pieds derrière le rideau alors l'illusion s'évanouit.

 

 « Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce qu’on ait le retrait de la réforme. Bernard Thibault a dit qu’il ne négocierait pas dans le cadrage du gouvernement. J’espère qu’il ne change pas. S’il discute, cela ne peut pas être sur la base d’accepter les 40 ans et la décote. C’est inacceptable. Il ne faut absolument pas qu’il cède sur cela. »

René-Claude, travailleur non syndiqué sur les trains de banlieue de la SNCF a dit : « L’élément auquel je suis le plus opposé, c’est la décote. Les syndicats ne comprennent pas ce qui se passe à la base. On a l’impression que les fédérations, elles font ce qu’elles veulent et que la base brasse de l’air. C’est inacceptable de voir qu’on nous entend à peine. » 

Note de P&P : Et voici certainement la clef du succès. Les peuples sont trahis depuis des siècles par leurs syndicats, par leurs partis politiques, par leurs médias, par leurs employeurs...

La réussite réside dans un mouvement uni et solidaire, rassemblant l'immense majorité des français qui souffre un peu plus chaque jour, un mouvement affranchi des composantes les plus ponérisées de notre société, un mouvement qui oeuvre dans la transparence et l'échange permanent d'information pour éviter les noyautages et les intrumentalisations. Un mouvement qui va au-delà des censures et des propagandes orchestrées par les médias de masse et qui offre une information objective sur la réalité via les médias alternatifs. Un mouvement qui a conscience de la vraie problématique à lauqlle il doit faire face : la ponérisation de nos sociétés.

21/11/2007

Malgré le succès de la grève, les syndicats préparent la trahison du mouvement

Par Peter Schwarz - Extrait de Villepin Blog

Au premier jour de leur grève contre les attaques sur les retraites préparées par le gouvernement du président Sarkozy, les cheminots ont pratiquement paralysé le réseau ferroviaire. D’après la direction de la SNCF, seul un train sur cinq était en circulation, mais de nombreuses gares parisiennes étaient quasi désertées. Les autoroutes autour de la capitale comptaient 350 km de bouchons.

Il n’y avait quasiment aucun train en circulation sur le RER (Réseau express régional), ni sur la plupart des lignes de métro. Electricité et Gaz de France ont aussi été touchés par le mouvement de grève de mercredi.

La grève a enregistré une participation inférieure de dix pour cent au mouvement du 18 octobre, date où les syndicats avaient appelé à la première grève d’un jour contre la « réforme » des retraites. Dans toutes les assemblées générales, les grévistes de la SNCF et de la RATP ont appelé à la reconduction de la grève jeudi.

Mercredi après-midi, les grévistes ont participé à des manifestations dans plusieurs villes, et de nombreux étudiants sont venus défiler pour marquer leur solidarité avec les travailleurs. Une vague de protestations est en train de s’étendre dans les universités pour s’opposer à la nouvelle loi qui est considérée comme le premier pas vers la privatisation. Mercredi, 33 universités sur 85 étaient fermées suite à des mouvements de grève des étudiants.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Lille, Marseille, Rennes, Toulouse, Bordeaux et Rouen. Malgré les difficultés de transport, 25 000 personnes se sont rassemblées à la gare Montparnasse à Paris.

L’état d’esprit des manifestants se caractérisait par une forte détermination à résister. Sébastien, qui est ouvrier d’entretien à la Gare Paris Saint-Lazare a dit au World Socialist Web Site que le personnel avait voté à cent pour cent en faveur de la reconduction de la grève. «Pour nous, il n’y a rien à négocier, » a-t-il dit. « Le gouvernement est très dur. Pour gagner, il faut élargir le mouvement, sinon on n’a aucune chance d’y arriver. »

Un jour avant, le président Sarkozy et son gouvernement avaient fortement insisté sur le fait qu’ils se montreraient inflexibles sur leur position. Mardi après-midi, Sarkozy avait pris la parole devant le parlement européen où il a appelé les députés et gouvernements européens à soutenir sa ligne.

 « J’ai engagé une politique de réformes, » a-t-il dit. « Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Europe qu’elles échouent. C’est grâce à ces réformes, si elles réussissent, et elles réussiront, que la France assainira ses finances publiques, qu’elle respectera ses engagements. »

Sarkozy a ajouté que son élection du mois de mai dernier légitimait ses projets de réformes.   « Ces réformes, les Français les ont approuvées. Je leur ai tout dit avant les élections pour pouvoir tout faire après. Ces réformes, je les mènerai jusqu’au bout. Rien ne me détournera de mon objectif. C’est le meilleur service que la France puisse rendre à l’Europe. »

Au même moment, le premier ministre, François Fillon, mobilisait le groupe parlementaire du gouvernement à l’Assemblée nationale. Il est franchement impossible de ne pas aller jusqu’au bout des réformes, a-t-il dit aux députés ravis du parti de la majorité, UMP (Union pour un mouvement populaire) qui, juste quelques semaines auparavant avaient approuvé les 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux accordés aux riches. « Avec votre soutien, le gouvernement fera tout simplement son devoir, » a-t-il déclaré.

Lors de la session plénière au parlement, Fillon a répondu à une question posée par le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, par une référence démagogique à ceux, parmi la population, qui sont hostiles à la grève. « Des millions de Français risquent d’être privés d’une liberté fondamentale, celle de se déplacer, et parfois même celle de travailler, » a-t-il dit.

Des agitateurs de droite dans le camp UMP poussent, depuis un moment, à des actions contre les cheminots. Ils ont préparé un tract et cherchent à organiser des manifestations de soutien au gouvernement. Jusqu’ici Sarkozy et Fillon ont bloqué leur initiative. Ils ne veulent pas envenimer la situation afin de donner aux syndicats la possibilité de capituler d’eux-mêmes. Si toutefois cela ne se produisait pas d’ici la fin de la semaine, la première contre-manifestation devrait se tenir dimanche.

Tout en cherchant à faire campagne contre la grève, Sarkozy et Fillon ont aussi indiqué qu’ils sont prêts à négocier. Suivant les instructions de Sarkozy, le ministre du Travail, Xavier Bertrand a régulièrement rencontré les dirigeants de chaque syndicat un par un, afin de les amadouer et de les monter les uns contre les autres.

Jusqu’à présent, le gouvernement a rejeté le type de réunion au sommet demandé par la CGT (Confédération générale du travail, dominée par le Parti communiste), et qui réunirait  syndicats, comités exécutifs des entreprises publiques concernées et le gouvernement. Le gouvernement n’est pas prêt à reculer sur les trois principaux points de sa « réforme » des régimes spéciaux des cheminots. Il insiste pour que se mettent en place des discussions bilatérales entre les syndicats et les comités exécutifs d’entreprise afin de décider de la forme exacte de ces trois points pour chacune des entreprises.

Ces trois points consistent en une augmentation de 37,5 à 40 du nombre d’annuités nécessaires pour avoir droit à une retraite complète, l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, et l’introduction d’une décote supplémentaire pour ceux qui prennent une retraite anticipée. Par ces mesures, le Trésor espère économiser les quelque 5 milliards qu’il paie chaque année pour compléter les retraites des cheminots, des gaziers et électriciens et des employés de l’Etat qui bénéficient des « régimes spéciaux. » Autrement dit, les retraites relativement basses de ces personnes seront diminuées de quelque 5 milliards d’euros.

Les dirigeants syndicaux n’affichent absolument pas une fermeté ou une détermination qui soit à la mesure de celle du gouvernement. Le dirigeant de la CGT, Bernard Thibaut a fait une concession majeure au gouvernement avant même que la grève ne débute. L’attitude de la CGT est particulièrement importante, étant donné qu’elle jouit de la plus grande influence auprès des cheminots.

Mardi soir, Thibaut a rencontré le ministre du Travail, Xavier Bertrand pour de longues discussions et a accepté la demande du gouvernement de négociations séparées au niveau de chaque entreprise. Afin de permettre à Thibaut de ne pas perdre la face, le gouvernement a consenti à des négociations trilatérales, ce qui signifie qu’à chaque fois, un représentant du gouvernement participera aussi aux pourparlers. Mais il n’y a eu aucun changement quant à position inflexible du gouvernement sur la nécessité des trois points de la « réforme. » Thibaut l’a reconnu indirectement. Mis à part les positions principales, a-t-il dit, il y a « au-delà des positions de principe de nombreuses dispositions qui … justifient des véritables négociations. »

La concession de Thibaut a été bien accueillie par le gouvernement. Le secrétaire général du président, Claude Guéant, a dit au journal Le Monde que l’exécutif avait accepté la proposition faite par la CGT. « Bernard Thibault a fait en sorte que la crise puisse se dénouer dès le premier jour du conflit»  a-t-il dit.

Mercredi matin, le ministre du Travail Xavier Bertrand a reçu les représentants des autres syndicats afin de préparer les négociations.

La plupart des commentaires dans les journaux présument que la CGT va essayer de mettre fin aux grèves soit jeudi soit vendredi et négocier. « La vraie difficulté, pour la CGT, d’après le quotidien Libération, sera d’obtenir dans la négociation des concessions suffisantes pour calmer ses troupes. »

Thibaut s’est jusqu’ici abstenu de s’engager publiquement, mais a laissé entendre qu’il allait dans cette direction. Entouré de caméras de télévision mercredi en tête du cortège parisien, il a expliqué qu’il voulait que la grève se poursuive jusqu’à ce que ses propositions reçoivent « une réaction officielle du gouvernement. »

 « La CGT a fait des propositions, » a-t-il dit, « nous attendons la réaction officielle du gouvernement. On devrait recevoir un courrier matérialisant la position du gouvernement. Nous verrons ce qu'il y a dans ce courrier. Je ne peux pas dire à ce stade si le conflit va s'arrêter. »

Des commentaires similaires ont été faits par Didier Le Reste, dirigeant de la CGT cheminots. Quand on lui a demandé si la grève allait se poursuivre, il a répondu « beaucoup dépendra de la réponse du gouvernement. »

Le président Sarkozy a déjà donné l’instruction au ministre du Travail d’envoyer aux syndicats une lettre de proposition de méthode, car, selon les dires du porte-parole du président, David Martinon, il existe une « opportunité pour que l'esprit de responsabilité l'emporte dans le conflit sur la réforme des régimes spéciaux. »

Mercredi encore, le premier secrétaire du PS François Hollande a souhaité qu’« on en termine dès ce soir » avec la grève. « Si le conflit dure, ça va gêner les usagers. Donc je souhaite, j’exige même maintenant, qu’on rentre dès ce matin dans un processus de négociation entreprise par entreprise. »

Si les syndicats mettent fin à la grève, cela représenterait une trahison historique. Ils donneraient à Sarkozy et à son gouvernement la possibilité d’isoler et de monter les uns contre les autres ceux qui sont touchés par cette « réforme » et de faire de la suppression des régimes spéciaux le point de départ d’attaques tous azimuts sur l’ensemble de la classe ouvrière.

Le quotidien conservateur Le Figaro, qui fait fonction de porte-parole de la campagne contre la grève, est bien conscient de la signification plus large de la confrontation actuelle. Dans un éditorial de mercredi, il a, à nouveau, insisté pour dire à quel point une percée contre les cheminots était essentielle pour mener à bien toutes les autres « réformes » du gouvernement. « Mener cette réforme-là, c’est se donner les moyens de mener toutes les autres, » a expliqué le journal.

Note de P&P : La France va écrire dans les jours qui viennent une page essentielle de son histoire.

La réthorique financière avancée par le gouvernement n'a pas de sens (que représentent 5 milliards d'euros face aux 1500 milliards d'euros de budget annuel de l'état ?).

L'enjeu est bien plus important, il est symbolique, psychologique et idéologique. Si Nicolas Sarkozy arrive à réduire encore la retraite modeste des fonctionnaires français au même moment où il augmente son salaire vers des montant délirants, il nous fait implicitement accepter l'inégalité, il piétine le lien social, il fait de l'injustice la normalité, il brise l'espoir et la force des dynamiques du peuple, il annihile la solidarité qui lie encore la société française.

Si la France perd ce combat contre les petits tyrans du gouvernement alors la voie vers la destruction totale des acquis sociaux et des libertés individuelles sera grande ouverte.

S'enchaîneront alors rapidement : la généralisation de nouveaux contrats de travail précaire, l'intégration au système libéral de l'Europe, le démantèlement du système de santé public, la privatisation de ce qu'il reste des entreprises publiques, la réduction supplémentaire des droits de chômage, de formation et de retraite.

Nous nous rapprocherons alors à grand pas du rêve de M. Sarkozy et du cauchemar de tout individu dont la conscience fonctionne encore : l'horreur de l'individualisme matérialiste et de son porte drapeau, les Etats-Unis.