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07/02/2010

Variations dans la compassion : Haïti et Gaza

Le Grand Soir,

6 février 2010

Bouthaina SHAABAN

Akiva Eldar a écrit un article intitulé « Israel’s compassion in Haiti can’t hide our ugly face in Gaza » (« la compassion d’Israël à Haïti ne peut cacher notre laideur à Gaza » - Haaretz, 18 janvier 2010 ) dans lequel il explique la contradiction dans les campagnes de relations publiques menées par les dirigeants israéliens envers les victimes du séisme à Haïti et leur totale indifférence quant aux souffrances du peuple de Gaza dont les enfants, les femmes et les personnes âgées meurent chaque jour par manque de médicaments, de la destruction des hôpitaux et parce que les autorités Israéliennes empêchent nourriture et médicaments d’entrer à Gaza.

Larry Derfner a écrit dans le Jérusalem Post (20 janvier 2010) un article sur l’aide que les dirigeants israéliens se sont empressés d’envoyer à Haïti et qu’ils ont envoyé au Ruanda il y a quelques années – avec beaucoup d’efficacité – alors que de nombreux Israéliens ont honte des actions de leur gouvernement à Gaza. Il s’interroge sur l’écart entre l’efficacité d’Israël à porter secours dans des zones touchées par des catastrophes naturelles et son scandaleux désintérêt devant les catastrophes infligées aux civils Palestiniens par des gouvernements Israéliens successifs.

Catherine Philip a écrit une analyse (Sunday Times, 21 janvier 2010) qui explique que le gouvernement israélien a profité du désastre à Haïti pour mener une campagne de relations publiques afin de tenter de couvrir les crimes décrits dans le rapport Goldstone sur la guerre menée par Israël sur Gaza. Elle conclut que le séisme fut une catastrophe naturelle, alors qu’à Gaza, l’effondrement du système de santé, la faim et les ruines sont les résultats des actions d’Israël et ses alliés.

La vie de Palestiniens désarmés à Gaza et dans le reste de la Palestine est devenue une affaire de relations publiques. Les vies des Palestiniens n’ont aucune importance pour Israël sinon pour servir ses intérêts et améliorer son image en Occident. C’est la raison pour laquelle Israël interdit l’accès à Gaza aux journalistes, aux responsables politiques, aux diplomates et aux militants des droits de l’homme afin de cacher les conditions de vie scandaleuses provoquées par le blocus et pouvoir ainsi promouvoir ses mensonges sur sa soi-disant volonté de sauver des vies ailleurs dans le monde.

L’aide aux victimes de catastrophes naturelles est devenue l’occasion de lancer des opérations de relations publiques ou de faire avancer quelques objectifs politiques et militaires inavoués. Les gens sont toujours victimes de séismes, de catastrophes, d’occupations, d’oppressions et de terrorismes. Ils sont victimes aussi de campagnes qui profitent de ces tragédies pour atteindre d’autres objectifs qui n’ont rien à voir avec le prix, l’importance, le caractère sacré ou la dignité de la vie humaine.

A la suite de l’article du journaliste suédois Donald Bostrom sur l’assassinant de jeunes Palestiniens par l’armée israélienne pour prélever leurs organes, il y a eu d’autres articles dans les médias sur des enlèvements d’enfants Ukrainiens par des Israéliens dans le même but. Et une fois encore, des rapports documentés en provenance d’Haïti parlent de vols d’organes par des Israéliens tandis que la justice internationale reste impassible devant de telles pratiques criminelles contre une population vulnérable.

Les Etats-Unis ont profité du chaos à Haïti pour renforcer leur contrôle sur l’île. On constate que le désastre à Haïti à fourni à d’autres aussi l’occasion de manoeuvrer sur le plan des relations publiques, ou politique et militaire, et déformer les faits pour se parer de l’image positive de ceux qui luttent contre les souffrances humaines à travers le monde.

Il faut aussi noter l’absence d’initiatives du monde arabe, non seulement en termes d’assistance et de secours, mais aussi devant les tentatives d’occulter les souffrances du peuple palestinien. Nos ennemis ont utilisé la catastrophe haïtienne pour couvrir leurs crimes et limiter l’impact du rapport Goldstone et détourner l’attention du lancement de la campagne internationale de soutien au peuple palestinien.

Le grand écart entre la position officielle d’Israël envers les victimes à Haïti et sa position envers les victimes du blocus contre Gaza et de la guerre menée contre la Palestine depuis soixante ans devrait être souligné et expliqué, notamment comment Israël se précipite pour porter secours lors d’une catastrophe – au Rwanda ou à Haïti – pour mieux couvrir la catastrophe qu’il a provoqué et provoque encore chez ceux qui vivaient jadis en sécurité et en paix sur leurs terres.

La souffrance du peuple haïtien est le résultat d’une catastrophe naturelle alors que la souffrance du peuple de Gaza est la conséquence directe d’un bombardement haineux et raciste avec des bombes au phosphore lancées sur des écoles, des hôpitaux et des habitations. De même que la souffrance des habitants de Salwan et Jarrah est le résultat d’un colonialisme raciste qui considère que seuls les juifs sont humains. Cette politique est mise en oeuvre par des responsables israéliens qui croient à la suprématie raciale et au fanatisme religieux.

Jusqu’à présent, aucun discours n’a réussi à décrire et transcrire à l’opinion publique la nature de ce conflit. Une catastrophe naturelle est actuellement utilisée pour mener une campagne de relations publiques. Si cela devait démontrer quelque chose, ce serait que depuis quelques années la notion de responsabilité est en déclin et que la distorsion des faits est ce qui caractérise de plus en plus le jeu de la politique.

Alors les tragédies s’amplifient et les souffrances durent plus longtemps parce qu’il devient de plus en plus difficile de percevoir la réalité des choses. Comme conséquence de tous ces calculs politiques, le simple fait de permettre aux gens qui se sentent concernés de comprendre ce qui se passe devient l’objet de marchandages.

C’est ainsi que les officiels américains et les médias peuvent parler des devoirs des Palestiniens et des devoirs des Israéliens dans le processus de paix, en oubliant que les Palestiniens sont prisonniers d’une occupation raciste et soumis à une punition collective et un génocide, tandis que les autres se livrent à des campagnes de propagande pour empêcher toute justice et la réalisation des aspirations légitimes d’innocents qui veulent simplement vivre libres et dans la dignité. Alors la prochaine fois que vous entendrez ou lirez « les deux camps » ou entendrez des officiels occidentaux parler des devoirs des « Palestiniens et des Israéliens », soyez conscients de la confusion délibérément entretenue entre tueurs « Israéliens » les victimes « Palestiniens ».

Ce que chacun d’entre nous peut faire à son niveau, c’est défendre la dignité humaine et ignorer toute propagande produite et diffusée par les ennemis de la justice et des droits de l’homme.

Bouthaina Shaaban

ARTICLE ORIGINAL
http://www.counterpunch.org/shaaban01262010.html

Traduction Le Grand Soir

31/05/2009

Le sionisme, ennemi… surtout des juifs

21/03/2009

Gaza : des soldats israéliens racontent leurs crimes

NOUVELOBS.COM | 21.03.2009 | 17:44

Les révélations se multiplient sur les humiliations et actes de vandalisme contre des civils et leurs maisons, et l'assouplissement des règles d'engagement lors du conflit dans la bande de Gaza.

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Militaires israéliens à la frontière avec le nord de la bande de Gaza (Reuters)

L'opération "Plomb durci" de l'armée israélienne dans la Bande de Gaza apparaît sous un nouveau jour, avec une série de témoignages de soldats, a-t-on appris samedi 21 mars. Les révélations se multiplient sur les humiliations et actes de vandalisme contre des civils et leurs maisons, et l'assouplissement des règles d'engagement, qui a eu des morts pour conséquence, provoquant l'ouverture d'une enquête.

Tsahal a ordonné une enquête

Le gouvernement israélien a toujours affirmé avoir tout tenté pour éviter les victimes civiles pendant les trois semaines de cette offensive qui s'est achevée à la mi-janvier. Leur nombre élevé a pourtant suscité les condamnations de la communauté internationale.
Mais jeudi, soit deux mois après la fin de l'offensive, Tsahal a ordonné une enquête sur ses propres soldats, après ces témoignages selon lesquels certains soldats ont tiré, parfois un peu trop vite et de manière indiscriminée, comptant sur le fait que l'assouplissement des règles d'engagement les protégerait.
Ces révélations sèment le trouble et suscitent des interrogations, dans un pays où Tsahal, un des principaux piliers d'Israël, bénéficie d'un respect considérable, mais où, déjà, la guerre du Liban de l'été 2006 avait ébranlé des certitudes. Pourtant, Ehoud Barak, le ministre de la Défense, a réaffirmé jeudi ce qu'Israël se répète: son armée est "la plus éthique au monde".

Israël aurait violé les lois de la guerre

Ces témoignages sont d'autant plus troublants qu'ils viennent conforter les accusations des Palestiniens et des organisations de défense des droits de l'Homme, selon lesquelles Israël aurait violé les lois de la guerre à Gaza.
Ces témoignages ont été publiés dans la lettre d'information en ligne d'une école militaire, transmise aux journaux israéliens Haaretz et Maariv, qui en ont publié des extraits jeudi et vendredi, et que l'agence de presse américaine Associated Press a obtenus dans leur intégralité.
Le directeur de l'institut militaire, Danny Zamir, a qualifié la discussion entre soldats "d'instructive", mais également "consternante et déprimante": "vous êtes en train de décrire une armée avec des normes très basses".
L'un des soldats décrit comment une Palestinienne et ses deux enfants ont été tués, atteints par un sniper, pour avoir mal compris ce qu'un soldat israélien leur ordonnait et pris le mauvais chemin: le tireur embusqué n'avait pas été informé que les civils avaient reçu l'autorisation de sortir de la maison qu'il surveillait, et a donc ouvert le feu quand il les a vus approcher.

Une vieille femme abattue

Un autre raconte la mort d'une vieille femme, abattue alors qu'elle marchait sur la route et qu'il n'était pas clair qu'elle constitue un danger. "J'ai simplement eu l'impression que c'était un meurtre de sang froid", raconte le soldat identifié uniquement sous le nom d'"Aviv".
Et "Aviv" de raconter également comment sa propre unité a reçu ordre d'investir une maison par la force et de tirer à vue sur toute personne s'y trouvant. "J'appelle ça meurtre", a estimé le soldat. "En haut, ils disaient que c'était autorisé, parce que quiconque restait dans le secteur et dans la ville de Gaza était dans les faits condamné, et un terroriste, parce qu'ils n'avaient pas fui".
Le jeune homme explique ensuite qu'il a insisté pour qu'on donne cinq minutes aux habitants pour évacuer, une attitude qui a déclenché des protestations parmi ses camarades. Selon lui, les soldats se comportaient comme si "à l'intérieur de Gaza, vous avez le droit de faire ce que vous voulez, d'enfoncer les portes des maisons sans autre raison que le fait que c'est cool". "Ecrire 'Mort aux Arabes' sur les murs, prendre les photos de famille et leur cracher dessus, juste parce que vous pouvez le faire", a-t-il ajouté.

Pamphlet religieux

Un autre soldat, "Ram", décrit ce qui semble être une querelle entre soldats laïcs et soldats religieux, et le "fossé profond" entre les informations préalables à l'opération fournies par l'armée et celles fournies par le rabbinat militaire, donnant le sentiment d'une "mission quasi-religieuse". "Leur message était très clair: 'Nous sommes le peuple juif, nous sommes venus sur cette terre grâce à un miracle. Dieu nous a ramenés sur cette terre, et maintenant nous devons nous battre pour chasser ceux qui interfèrent avec notre conquête de cette terre sainte'", dit-il.
Un peu plus tôt cette année, Tsahal avait déjà sérieusement réprimandé un officier pour avoir distribué un pamphlet religieux appelant les soldats à n'avoir aucune pitié avec leurs ennemis: ce document était basé sur les écrits d'un rabbin ultranationaliste, et pas approuvé par le rabbinat militaire, a expliqué l'armée israélienne.
L'offensive militaire israélienne a fait en 22 jours 1.417 morts côté palestinien, dont 926 civils, selon le Centre palestinien pour les Droits de l'homme. Treize Israéliens ont été tués. (avec AP)

16/03/2009

Rapport n°9 sur les violations israéliennes des droits humains

Agressions des forces d’occupation israéliennes contre les Palestiniens et leurs biens dans les territoires palestiniens occupés et maintien du siège contre la bande de Gaza dans la semaine du 5 au 11 mars :

  • 5 Palestiniens dont un mineur ont été tués par les FOI, 4 dans la bande de Gaza, et un mineur en Cisjordanie ;
    • l’une des victimes à Gaza a été exécutée extrajudiciairement ;
  • 26 Palestiniens dont 6 mineurs et une femme ont été blessés par des tirs israéliens ;
  • les avions israéliens ont continué à bombardé la bande de Gaza ;
    • des attaques intensives sur la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte ont obligé les civils à évacuer leurs maisons ;
  • les FOI ont mené 40 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie ;
  • 54 Palestiniens ont été arrêtés ;
  • un autre Palestinien a été arrêté sur un check-point de Cisjordanie ;
  • 18 maisons ont été transformées en postes militaires ;
  • les FOI ont maintenu le siège sur les TPO et ont isolé la bande de Gaza du monde extérieur ;
  • les mesures pour créer une majorité démographique juive à Jérusalem-Est se sont poursuivies ;
  • les FOI ont ordonné l’évacuation et la démolition de 129 maisons ;
  • 1 000 civils palestiniens sont menacés d’avoir leurs maisons démolies par l’occupant ;
  • la municipalité israélienne de Jérusalem a obligé 2 familles à démolir leurs maisons dans Jérusalem ;
  • la colonisation de la Cisjordanie s’est poursuivie ainsi que les attaques des colons contre les Palestiniens et leurs biens ;
  • les FOI ont confisqué 222 dunums (22,2 hectares) de terre palestinienne à Ramallah et Hébron ;
  • les colons ont attaqué des véhicules civils palestiniens sur les routes près de Naplouse.

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Des membres de la « Famille » Yassin assis sur les décombres de leurs maisons à Al Zaytoun à l’est de Gaza ville.


Bande de Gaza

  • 1,5 million de Palestiniens sont privés de leurs droits, en particulier ceux de se déplacer et de disposer des conditions de vie primaires : se nourrir, se soigner et s’instruire ;
  • la majorité de la population n’a pas accès à l’eau potable ;
  • des centaines de milliers d’habitants sont victimes de fréquentes coupures de courant qui les affectent grandement ;
  • les postes frontière de Rafah et de Beit Hanoun n’ont laissé passer qu’un nombre très restreint de patients ne pouvant pas être soignés sur place et quelques internationaux ;
  • des restrictions supplémentaires ont encore été ajoutées aux précédentes concernant l’entrée de diplomates, de journalistes, d’internationaux et d’organisations humanitaires ;
  • les bébés prématurés sous incubateurs nécessitant une alimentation électrique permanente sont en permanent danger de mort ;
  • le niveau de vie moyen s’est encore détérioré, le chômage et la pauvreté ayant encore augmenté ;
  • plus de 900 Gazaouis prisonniers en Israël sont privés de visite depuis juin 2007.

Article original : Info-Palestine

 

Note : Force est de constater que le génocide du peuple palestinien n'a pas cessé. Les sionistes ont simplement "levé le pied" le temps de constituer un nouveau gouvernement.

Nous pouvons faire confiance au faucon ultranationaliste Netanyahou pour accélérer ce conflit et en déclencher d'autres dès qu'il aura mis en place son gouvernement.

28/02/2009

Relier les points : l’orgie meurtrière d’Israël se heurte aux protestations populaires tandis qu’Obama commence son numéro

SOTT.net
Vendredi 30 janvier 2009

 

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© Maan News Agency

 

Janvier 2009 restera dans l'Histoire comme le mois où les dirigeants de l'État israélien ont révélé leur véritable nature. Au cas où quelqu'un se serait encore demandé si les politiciens israéliens méritaient une place aux côtés de Staline, Hitler, Pol Pot & co, leurs troupes d'assaut ont levé ces doutes en faisant preuve d'une brutalité et d'une barbarie à faire frissonner les plus apathiques. Pour aggraver encore la situation, la machine de relations publiques sioniste a passé la surmultipliée, usant de toutes les tactiques de propagande déployées par l’État: des mensonges colportés par les médias de masse aux mensonges répandus sur Internet par les trolls à la solde de la « Hasbara ».

Mais pour une fois, une grande partie de la population mondiale – dont certains Israéliens – a vu ce génocide pour ce qu'il était et s'y est opposé en manifestant. Ces protestations ont mis dans l'embarras les gouvernements occidentaux en général, et le gouvernement étasunien en particulier, en révélant la pusillanimité d'Obama – et finalement, son approbation – ainsi que la soumission grotesque de l'administration Bush aux plans sionistes.

D'abord, ils sont venus pour les Gazaouis

Voyez-vous, la comparaison entre les Israéliens et les nazis n'est pas une hyperbole. La seule différence entre le ghetto de Varsovie et Gaza, ce sont les noms des groupes impliqués. Le monde connaît déjà cette histoire; mais cette fois-ci, chacun ne devrait-il pas essayer de jouer un rôle un peu différent? Ne devrions-nous pas sonner l'alerte et diffuser l'information de manière intelligente avant que cette vague de folie n'engloutisse de nouvelles victimes innocentes et qu'il n'y ait plus personne pour parler? Mais pour ce faire, il nous faut d'abord comprendre aussi clairement que possible la situation réelle, tout en ne nous racontant pas d'histoires sur un éventuel retour à la «normale», car la situation en Palestine n'est plus normale depuis 1948, année où les pathocrates y ont entamé leur campagne de nettoyage ethnique et de vol de terres.

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Dans son dernier sacrifice sanglant à Yahvé, Israël a tué plus de 1300 Palestiniens, dont 400 femmes et enfants, blessé plus de 5300 personnes et fait des dizaines de milliers de sans-abris. Seules 95 victimes étaient vraiment des combattants de la résistance. Par opposition, 13 Israéliens sont morts au cours de ce conflit - dont 3 civils - et la plupart d'entre eux, à la suite de tirs amis.

Les civils et les infrastructures civiles de Gaza ont été systématiquement et délibérément ciblés. D'après un rapport, les troupes israéliennes ont kidnappé environ 300 civils palestiniens et en ont exécuté une partie, par tirs de fusils ou d'obus. Une autre partie a servi de bouclier humain (vous avez sûrement entendu le mensonge israélien selon lequel ils ne pouvaient éviter de blesser des civils car le Hamas utilisait des boucliers humains?), tandis que, selon des témoins oculaires, les troupes israéliennes ont exécuté des femmes et des enfants individuellement en leur demandant de sortir un à un de leurs maisons. Les enfants ont également décrit de quelle manière leurs parents avaient été exécutés devant leurs yeux alors qu'ils s'étaient déjà rendus;, dans un cas abominable, les soldats israéliens ont joué au « choix de Sophie » en forçant une mère palestinienne à choisir, sur ses dix enfants, cinq qui seraient tués.

 

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© AFP

Selon les associations de défense des droits de l'homme, certaines photos prises lors du conflit prouvent l'usage de phosphore.

 

Non contente du traitement inhumain infligé aux civils palestiniens, l'armée israélienne a choisi d'envoyer un message au monde entier en attaquant le quartier général de l'UNRWA (l'office de secours et de travaux des Nations Unies) avec des bombes au phosphore blanc - un produit chimique qui s'enflamme au contact de l'oxygène et que l'armée israélienne a éhontément utilisé lors de son offensive contre les civils. (Souvenez-vous à quel point, il y a quelques années, on nous rabâchait qu'il fallait soutenir l'invasion en Iraq, et que Saddam était une menace pour le monde car il avait utilisé des armes chimiques contre les Kurdes ?) À tout cela s'ajoutent des cas de victimes dont les blessures correspondent à celles provenant d'explosifs à métal dense et inerte (DIME), qui non seulement provoquent de graves lésions au niveau des organes internes mais tuent aussi lentement en déclenchant des cancers chez les survivants. En outre, on a retrouvé des traces d'uranium appauvri dans les tissus de plusieurs victimes palestiniennes.

L'attaque des locaux de l'UNRWA a fait au moins 15 victimes, et des milliers de tonnes de nourriture destinés aux Gazaouis touchés par la famine ont été brûlées. Trois hôpitaux abritant 500 personnes ont également essuyé des attaques au phosphore. Israël a aussi délibérément entravé les interventions de la Croix Rouge et du Croissant Rouge et a même ciblé des ambulances sous le prétexte grotesque qu'elles étaient suspectées de transporter des « terroristes ».

En bref, Israël a réussi à plonger Gaza dans une sorte d'état existentiel fait d'Horreur et de Terreur – l'enfer sur terre, si vous préférez. Et qu'en dit le gouvernement israélien ? Que ses criminels de guerre ne peuvent être poursuivis, et qu'il va étudier les déclarations à propos de l'usage « inadapté » de phosphore blanc - comme si tout cela n'était qu'un malentendu ou un accident ; comme s'il planait encore des doutes quant aux intentions, à l'illégalité et à l'immoralité de l'attaque de civils avec une arme chimique interdite. Nous nous permettons de lui suggérer d'entamer son enquête par le visionnage de cette nouvelle vidéo sur l'attaque d'une école (apparemment une autre cible «terroriste» selon les critères israéliens).

Mais les psychopathes ne connaissent aucune limite, n'ont aucune d'humanité. Ils ne ressentent aucun remords quant à leurs crimes. Au contraire, ils les commettent avec méthode. Ainsi, les pathocrates israéliens disposaient-ils également d'un plan de relations publiques. Nous avons déjà souligné dans des articles précédents l'accumulation de mensonges à propos du siège de Gaza et des prétextes à cette invasion ; au cours de l'offensive, nous avons constaté qu'Israël menait aussi une guerre de l'information. Qui aurait pu rater les interventions télévisées où Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, ouencore Mark Regev, le porte-parole du gouvernement israélien, esquivaient toutes les questions qui leur étaient posées, mentaient éhontément et outrepassaient les limites de la crédibilité ? Mais peut-être ignoriez-vous qu'Israël avait également envoyé ses «troupes» sur Internet, en recrutant une armée de blogueurs voués à la défense de l'image d'Israël. N'avez-vous jamais entendu parler des brigades de la Hasbara, composées d'une armée de «volontaires» pro-Israéliens répandant mensonges et désinformation sur la toile ?

Ainsi, tandis que le bain de sang grandissait, le Premier ministre Ehud Olmert, le ministre de la Défense Ehud Barak et Tzipi Livni sont-ils restés imperturbables face aux conséquences de leurs actes et à la vague mondiale de protestations. Apparemment, ce ne sont pas les manifestations qui les ont poussés à déclarer un cessez-le-feu le 17 janvier : le timing laisse plutôt entendre qu'il s'agissait d'une trêve, de sorte que tous les regards convergent vers Obama et son numéro. En outre, cette pause sera probablement utile pour élaborer une nouvelle stratégie plus susceptible de rallier l'opinion publique à une invasion. Mais une chose était claire: comme un chien d'attaque qui saisit entre ses mâchoires le bras d'une victime, l'intention d'Israël n'a jamais été de lâcher. Ce qui explique la livraison en Israël de 3000 tonnes d'armes avec les « compliments » des États-Unis, ainsi que la propagande anti-iranienne menée pendant l'investiture d'Obama.

Par conséquent, il était inévitable que dix jours plus tard, la trêve soit à nouveau rompue. Cela s'est produit de la manière habituelle: la mort d'un soldat israélien, provoquée par l'explosion d'une bombe posée au bord d'une route, a été revendiquée par «un groupe au nom inhabituel, jusqu'alors sans lien connu avec le Hamas, le mouvement islamiste actuellement au pouvoir.» Ah oui, encore une fois, le mystérieux groupe «terroriste / militant » est sorti de sa tanière pour offrir un prétexte bien pratique au moment opportun. Tzipi Livni bavait en aboyant « je me fiche de qui a tiré... comme le Hamas contrôle Gaza, il est responsable de tout ce qui s'y produit. À chaque fois que Gaza nous ciblera en faisant exploser une bombe, en lançant un missile ou en faisant passer [des armes], Israël répliquera. » Et il a effectivement répliqué par une attaque aérienne et un nouvel envoi de chars d'assaut, de troupes et d'hélicoptères vers Gaza. Le Premier ministre Ehud Olmert a laissé planer la menace d'attaques supplémentaires, et a déclaré que cette incursion n'était qu'un début et que la véritable réponse d'Israël était encore à venir; ainsi, Dieu seul sait ce qui va advenir et quelle horreur va s'abattre à nouveau sur le peuple palestinien. En effet, tout indique une nouvelle vague de violence imminente.

Qu'importe si les frontières de Gaza étaient encore en grande partie verrouillées et si, au cours de ces dix jours, des rapports ont indiqué que c'était Israël - une nouvelle fois – qui avait commis les agressions.

Sans commentaire

L'indigne réaction des États-Unis à l'attaque de Gaza fut – et demeure – pénible à observer. Naturellement, nous n'en attendions pas moins de G.W. Bush, qui a applaudi une dernière fois à cette débauche meurtrière avant de se glisser tel un serpent vers la sortie. Vous souvenez-vous que les résolutions des Nations Unies condamnant Israël furent bloquées par son administration? Le point d'orgue en fut l'humiliation spectaculaire de Condoleezza Rice lorsque Olmert, Premier ministre israélien, appela Bush qui, à son tour, appela Rice pour lui ordonner de ne pas voter pour le cessez-le-feu... qu'elle avait elle-même proposé.

Voici ce que déclara Olmert: «Vendredi, en début de matinée, la secrétaire d'État [Condoleeza Rice] envisageait de soumettre la résolution de cessez-le-feu au vote du Conseil de sécurité des Nations Unies, et nous avons refusé qu'elle vote en sa faveur ». Il a ajouté: « J'ai dit: "appelez-moi le président Bush". Ils ont essayé et m'ont dit qu'il était au milieu d'un discours à Philadelphie. J'ai répondu "ça m'est égal, je dois lui parler maintenant." Il est descendu de l'estrade, est sorti et a pris le téléphone ».

Voici ce que m'a écrit un ami après avoir lu la dépêche annonçant que le Premier ministre Olmert avait ordonné au président Bush de descendre de la tribune d'où il prononçait un discours et de recevoir les consignes d'Israël quant au vote des États-Unis sur la résolution des Nations unies : « Le 11 septembre, on interrompt le président Bushalors qu'il lit une histoire à des écoliers, pour lui annoncer que le World Trade Center a été – et il continue sa lecture. Aujourd'hui, Olmert appelle à propos d'une résolution de l'ONU alors que Bush fait un discours, et celui-ci quitte la tribune pour prendre l'appel. Existe-t-il une meilleure illustration de la relation maître - esclave? »

Le lobby israélien ? Quel lobby israélien ? Israël ne contrôle pas les États-Unis… ou en tout cas, c'est ce qu'ils voudraient nous faire croire.

Barack Obama, le héros du jour aux yeux de chacun, n'a malheureusement pas fait beaucoup mieux. Alors que des centaines de femmes et d'enfants périssaient et que le monde entier élevait la voix, le président élu se cachait à Hawaï et appliquait la politique du « sans commentaire ». Les journalistes ont seulement pu lui extirper la remarque selon laquelle il était « soucieux » et qu'il en aurait beaucoup plus à dire après son investiture. Nous avons donc attendu. Alors que l'intéressé n'en a pas dit beaucoup plus depuis, nous avons atteint le sommet de l'ignominie lorsque, suite à la rupture du nouveau cessez-le-feu et d'une nouvelle attaque d'Israël contre Gaza, la secrétaire d'État Hillary Clinton a déclaré que les États-Unis soutenaient «le droit d'Israël à se défendre».

«Les salves de roquettes qui se rapprochent de plus en plus des régions fortement peuplées d'Israël ne peuvent pas rester sans réponse », a-t-elle déclaré lors de sa première conférence de presse au Département d'État.

Hillary faisait probablement la grasse matinée le lendemain du bal d'investiture, lorsque la marine israélienne a bombardé Gaza cinq jours après le début du cessez-le-feu, faisant 7 blessés, dont 5 pêcheurs. Qu'en est-il du droit de la Palestine à la légitime défense ou des Droits de l'Homme le plus fondamentaux du peuple palestinien ?

Mais que les partisans d'Obama ne s'inquiètent pas, Barack a demandé à son émissaire pour le Moyen Orient d'ouvrir des discussions avec Israël (mais pas avec le Hamas, bien évidemment), et soyons sûrs qu'en moins de deux, il va faire régner la paix et la justice dans la région... ou peut-être pas :

Mitchell a déclaré : « le président Obama a souligné que l'Amérique était engagée pour la sécurité d'Israël et qu'elle soutiendrait toujours son droit à se défendre contre toute menace légitime ».

Ceci, cher lecteur, résume le changement apporté par Obama. Voici le nouveau patron, c'est le même que l'ancien. Selon Obama, le Hamas représente une menace légitime, et il est inutile de discuter avec lui ; Israël a le droit de bombarder Gaza quand bon lui semble, et Bush est engagé envers Israël. Pardon, nous voulions dire Obama.

Le pouvoir au peuple

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© Murad Sezer/AP

Des manifestants turcs scandent des slogans islamiques tout en faisant brûler un drapeau israélien devant la mosquée Beyazit, à Istanbul, le 9 janvier.

 

Les dirigeants étasuniens, qui, a priori,font partie des rares individus sur cette planète en position de changer la situation au Moyen-Orient, ont lamentablement failli aux yeux du monde entier en ignorant les principes les plus élémentaires d'humanisme et de moralité. Par opposition, des foules entières ont élevé la voix – comme le bon sens le dictait. Nous parlons ici de manifestations de grande ampleur sur toute la planète (par exemple à Londres, à Naples, au Pakistan, à Washington, à Moscou ou à Paris), dont nombre d'hommes politiques, moultes journalistes officiant dans les mass-médias ou sur Internet, des organisations non gouvernementales, des employés de l'ONU – dont le président actuel de l'Assemblée Générale des Nations unies (mais pas son secrétaire général, on se demande pourquoi).

Étant donné que ceux d'entre nous qui osent critiquer Israël sont souvent traités d' « antisémites », soulignons que nombre de juifs et d'Israéliens pourvus d'une saine conscience ont condamné l'offensive contre Gaza. Ehud Barak a dû annuler sa visite dans une université de Tel-Aviv après avoir été fort légitimement traité de meurtrier par les étudiants. Apparemment, la pathocratie israélienne prend ces événements de façon trop personnelle : ainsi, 700 Israéliens ont -il été arrêtés pour avoir protesté contre la guerre. Une autre leçon dont nous gratifie le Phare de la Démocratie au Moyen-Orient.

Ailleurs, des juifs connus ont également même au sein des parlements de leurs pays. Un ex-capitaine de l'armée de l'air israélienne a eu la décence de prendre la parole et d'appeler un chat un chat en parlant de crimes de guerre au cours d'un entretien avec la BBC, tandis qu'un groupe de rabbins et de leaders de la vie communautaire, culturelle et religieuse achetait une page entière dans le New York Times pour pousser Obama à faire pression en faveur d'un cessez-le-feu.

Sur une note plus sombre, on trouve aussi des individus pathologiques chez les Juifs. Nous en avons eu quelques exemples ce mois-ci. Comparez et confrontez les rabbins étasuniens mentionnés au paragraphe précédent avec ce document publié par le rabbinat de l'armée israélienne qui demande à ce qu'il n'y ait pas de pitié pour les ennemis d'Israël. Prenez le temps de regarder cette vidéo tournée à New York lors d'une manifestation de soutien à Israël: ainsi, vous verrez que l'on emploie le terme « pathologique » à raison. Remarquez bien leur réaction lorsque leurs fantasmes et leur partialité sont confrontés aux faits et aux arguments les plus évidents.

Bien que la plupart des médias de masse occidentaux rechignent à condamner Israël comme il le mérite, notons quelques exceptions honorables venant de journalistes qui, pour une fois, ont fait leur boulot et ont posé les bonnes questions aux porte-parole israéliens (mais pour cela, il aura malheureusement fallu un crime de guerre aussi flagrant que le bombardement d'un bâtiment des Nations unies) : voyez cet entretien entre Alex Thomson et Jon Snow diffusé sur Channel 4, et l'émission 60 minutes de CBS, traitant de l'apartheid israélien.

De son côté, la BBC mérite de perdre tous ses téléspectateurs pour avoir refusé de diffuser un appel à la solidarité pour Gaza, sous prétexte que cela compromettrait son «impartialité» (comme si elle en avait jamais eu). Vous pouvez être sûrs que notre société a un sérieux problème si les gens commencent à croire que tendre la main à ceux qui ont cruellement besoin d'aide dénote un manque – rien n'est plus faux ! Mais la réaction de la BBC est probablement due à la peur de « ceux-dont-le-nom-ne-doit-pas-être-prononcé », c'est-à-dire les sionistes qui tirent les ficelles du pouvoir à Londres et à Washington.

Est-ce trop demander aux médias que de couvrir consciencieusement les plaintes pour crimes de guerre déposées par des avocats internationaux contre 15 dirigeants israéliens – dont Olmert, Livni et Barak ? Cela ne mérite-t-il pas au moins autant d'attention que les dossiers sur (par exemple) Slobodan Milosevic ou Saddam Hussein ?

En conclusion, nous ne sommes pas antisémites. Les véritables antisémites se trouvent parmi les sionistes forcenés qui agissent au sein du gouvernement israélien et dans ses coulisses. Après tout, à l'exception des Palestiniens, qui est le plus menacé par les décisions psychopathiques du gouvernement israélien ? La réponse est les juifs israéliens. Avant, un antisémite était celui qui n'aimait pas les juifs; aujourd'hui, c'est celui que le gouvernement sioniste israélien et ses officines n'aiment pas, ou quiconque dit la vérité sur ce qui se passe en Palestine et au Moyen-Orient.

Un avertissement

Laura Knight-Jadczyk a récemment écrit sur le forum de SOTT :

« Hitler [utilisait l'énergie sexuelle de ses auditeurs pour alimenter leur "radicalisme"]. Il représentait un attrait pour une société incomparablement meurtrie psychologiquement –conséquence du christianisme allemand. Rien d'étonnant dans ce processus.

Il existe de nombreux livres sur la psychopathie d'Adolf Hitler et sur son art de manipuler les frustrations sexuelles et les inhibitions des gens - en répondant à leurs désirs cachés et en suggérant que s'ils le suivaient, leur souffrance morale et leurs besoins physiques seraient enfin satisfaits. »

Effectivement, l'énergie sexuelle – comprise à un niveau psychique, pas nécessairement le sexe tel qu'on l'entend habituellement – peut alimenter l'hystérie des foules sur des sujets qui n'ont apparemment rien à voir, comme les problèmes politiques ou sociaux. Nous observons aujourd'hui ce phénomène, combiné à différents degrés de pathologie, chez les manifestants pro-israéliens qui veulent voir tous les Palestiniens morts et qui pensent que les musulmans constituent un problème essentiel en raison de leurs pratiques rituelles, mais qui estiment que la circoncision ne pose aucun problème (vous avez bien regardé la vidéo des manifestants de New York, n'est-ce pas ?) Encore une fois, la mentalité et l'attitude de ces individus et d'une grande partie de la population israélienne recèle des similitudes objectives avec l'Allemagne nazie – tant au niveau de leur fanatisme choquant que de leur refus de voir la réalité en face.

Mais il y a plus. Jusqu'à maintenant, le monde, animé d'une colère juste et légitime, a protesté contre les activités terroristes d'Israël. Mais il existe un vrai risque que les foules soient à nouveau manipulées par les psychopathes fascinateurs au pouvoir et retournent leur colère contre les juifs en général. Nous n'en sommes pas encore là, mais si nous retenons les leçons de l'Histoire, il s'agit là d'une possibilité que nous ne pouvons exclure et qui nous impose la plus grande vigilance.

La haine, la rancune, la suspicion à l'encontre d'Israël s'intensifient en raison des crimes qu'il commet contre ses voisins, et deson mépris flagrant envers le reste du monde. Les dirigeants internationaux pourraient bien décider prochainement qu'il est temps de rééquilibrer la répartition des pouvoirs et d'agir en conséquence ; et ils pourraient trouver des moyens de mobiliser les foules en en canalisant l'énergie « sexuelle ». Une fois les deux parties plongées dans l'hystérie, seule une confrontation majeure et tragique pourra advenir.

Triste ironie que de réaliser qu'en fait, les Israéliens pourraient finalement devenir les victimes qu'ils croient déjà être, en raison de leur manque de pensée critique et d'objectivité quant à leurs dirigeants, leurs mythes et les fondements même de leur pays. En effet, depuis la création de l'État d'Israël, nul besoin d'être un génie pour réaliser que ce projet n'a jamais été autre chose qu'une formule mortelle, une bombe à retardement et un piège, tout autant pour les Arabes que pour les juifs, qui se retrouvent regroupés sur un minuscule territoire dans l'attente de leur destruction. En outre, si les sionistes suivent maintenant la voie des nazis, il nous faut garder à l'esprit de quelle façon exacte s'est terminé l'épisode nazi.

Obamarama

Avez-vous remarqué la couleur de la robe de Michelle Obama au cours du bal d'investiture ? Difficile de l'ignorer, étant donné la tendance des médias étasuniens à se concentrer sur la forme et à ignorer le fond. Nous, d'un autre côté, sommes plus soucieux du genre de changement qu'apportera Obama, si changement il y a.

Obama a envoyé des signaux mitigés depuis le début de la campagne présidentielle, et aujourd'hui, ces signaux deviennent encore plus conflictuels. Du côté positif, il a signé un décret imposant la fermeture de Guantanamo et des prisons secrètes de la CIA dans un an. Il a ordonné à la CIA d'arrêter de torturer les suspects, et il prépare une interdiction des armes spatiales. Son administration a également publié un décret présidentiel qui rendra plus difficile la dissimulation au public des archives de la Maison Blanche en vertu du dogme de l'immunité présidentielle.

Malheureusement, le diable se cache habituellement dans les détails. Guantanamo sera fermé dans un an, mais nombre d'événements peuvent se produire d'ici là, et s'ils sont suffisamment tragiques, Obama pourra changer d'avis. La torture est interdite, mais comme démontré par l'administration Bush, tout dépend de ce que l'on appelle torture. Il y a une volonté d'interdire les armes spatiales, mais il est encore possible de faire beaucoup de mal sans y avoir recours. Et le décret présidentiel risque de ne pas changer grand-chose puisque, in fine, ce sont l'Attorney general et le Conseiller juridique de la Maison-Blanche qui décident de ce qui sera ou non divulgué. En outre, gardez à l'esprit qu''inaugurer son mandat par des mesures spectaculaires ou superficielles afin de renforcer sa côte de popularitéest une tactique standard ; les choses pourraient bien changer rapidement.

Et maintenant, le côté obscur.

Nous avons déjà souligné plus haut qu’Obama n'avait ni la volonté ni la capacité à s'opposer aux crimes perpétrés par Israël. Il a déjà fait vœu de fidélité à l'AIPAC, groupe de pression pro-israélien. Étant donné le fanatisme radical et l'intolérance de l'AIPAC, la position d'Obama contraste avec ses propres idées progressistes et tolérantes sur la religion. Alors, pourquoi agit-il ainsi ? Manifestement, ce n'est pas vraiment lui qui tient les rênes. Ceux qui tiennent les rênes sont ceux qui ont financé sa campagne, ceux qui contrôlent les médias et les grandes entreprises, son équipe et peut-être ceux qui ont les moyens de faire chanter les politiciens. Qui sait, peut-être Obama est-il un chic type. Mais si c'est le cas, étant donné le contexte, il joue alors le rôle de l’ « idiot utile » dans l'intérêt du système – un système qui avait cruellement besoin d'un ravalement de façade après les terribles années de Bush le cow-boy.

 

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Obama a également promis d'envoyer, même sans autorisation du gouvernement pakistanais, des troupes au Pakistan afin de pourchasser les terroristes. Aussitôt dit, aussitôt fait : seulement quatre jours après la prise de fonction d'Obama, des drones étasuniens Predator ont frappé des cibles (prétendument) « Al-Qaeda » au Pakistan, tuant 18 personnes. Avant qu'il ne tue d'autres innocents, quelqu'un peut-il lui envoyer un courriel sur son Blackberry pour lui expliquer que la War on Terror est une escroquerie ? S'il vous plaît, dépêchez-vous, car son administration a déjà annoncé que les troupes étasuniennes allaient intensifier les opérations en Afghanistan et au Pakistan, laissant augurer une augmentation du nombre de victimes.

Pousser les pays à bout

« Vous voyez, la folie, c'est comme la gravité. Il ne suffit que d'une pichenette ! » Le Joker dans Le Chevalier Noir

Depuis plusieurs mois, nous suivons les tentatives visibles ou secrètes des États-Unis et de leurs alliés pourdéstabiliser le Pakistan. Nous craignons désormais que le Mexique ne rejoigne bientôt la liste des pays cibles. Ne nous demandez pas pourquoi, interrogez plutôt l'État-major interarmées étasunien, qui a diffusé un rapport incluant l'avertissement suivant :

« Un scénario catastrophe pour l'État-major interarmées, et à vrai dire pour le reste du monde, serait l'effondrement rapide et soudain de deux grands pays: le Pakistan et le Mexique ».

Encore un de ces rapports qui, au lieu d'offrir une vision objective de la réalité, semble mettre en avant une réalité désirée en poussant à l'hystérie et en appelant les médias à se focaliser sur le sujet. C'est un peu comme pour les armes de destruction massive de Saddam. Les rapports sur la « possible » existence de ces armes n'a jamais rien prouvé, mais ont finalement fourni un prétexte à l'invasion. (Nous n'insinuons pas que le Mexique aura la même chance que l'Iraq; en revanche, cela pourrait être le cas du Pakistan, comme nous l'avons vu plus haut !)

Dans le cas du Mexique, il est vrai que la corruption, la violence et les cartels de la drogue sont problématiques, comme le souligne le rapport. Les décès liés au trafic de drogue ont augmenté de plus de 117 % en 2008, dépassant les 5000 victimes. Des dépêches scabreuses sont relayées quotidiennement par les médias locaux et contribuent à une atmosphère de plus en plus hystérisée. (Remarquez toutefois que ce rapport étasunien omet de mentionner l'évidence : les cartels de la drogue prospèrent au Mexique grâce à la CIA et aux dealers et consommateurs étasuniens.)

En outre, début novembre 2008, Juan Camilo Mourino, le ministre de l'Intérieur mexicain, est mort dans un accident d'avion à Mexico. José Luis Santiago, ancien vice-procureur général, et d'autres hauts-conseillers ont également trouvé la mort dans cet accident. Ces victimes ayant largement été impliquées dans la lutte contre les groupes de trafiquants, l'opinion publique a donc suspecté un sabotage.

Toutefois, aucune preuve n'est venue pour l'instant étayer la thèse du sabotage. Les enregistrements des voix des pilotes suggèrent une erreur humaine. Il est également improbable que les groupes de trafiquants aient réussi à eux seuls à éliminer la deuxième personnalité la plus importante du gouvernement sans laisser de traces. Par conséquent, s'il y a eu sabotage, alors celui-ci n'a pu être mis en œuvre que par une organisation suffisamment puissante pour mener des opérations clandestines élaborées.

Ce qui nous fait penser à ce rapport de l'armée étasunienne. Peut-être cet accident d'avion fait-il partie de ces coïncidences rares et opportunes - mais si fréquentes depuis quelque temps; peut-être ce rapport était-il motivé par l'opportunisme et avait pour seule vocation de tirer profit de l'atmosphère tendue qui règne chez le voisin du Sud. Mais une chose est claire. Malgré les problèmes que rencontrent le Mexique et le Pakistan, ils n'ont rien de comparable avec ceux de l'Iraq, du Congo ou de Gaza. Et si ces deux pays se retrouvent dans une situation similaire, vous pouvez être sûr que - comme pour l'Iraq, le Congo ou Gaza - ce ne sera pas le fruit d'un accident ni la faute des populations. Il y a toujours quelqu'un de plus puissant pour se mêler de vos affaires.

Passez le gaz

Comme le savent nos fidèles lecteurs, nous suivons les signes d'une éventuelle Ère glaciaire imminente, qui pourrait résulter d'une baisse des éruptions solaires. Nous ne sommes donc pas surpris que cet hiver soit particulièrement rigoureux.

Quiconque vit dans les régions septentrionales d'Europe, d'Asie ou des Amériques sait combien il est important d'affronter l'hiver avec une demeure bien chauffée. Nous dépendons de la technologie pour notre survie, voilà un fait qui devient douloureusement clair lorsqu'on rentre à la maison un jour d'hiver et que pour X raison, le chauffage est en panne ou l'approvisionnement en fuel a été interrompu. Il n'est donc pas excessif de dire que ceux qui fournissent les énergies de chauffage détiennent un pouvoir considérable sur ceux qui en ont si cruellement besoin.

Au cours de cet hiver, nous avons assisté à un tel jeu de pouvoir. Gazprom, le géant russe du gaz, a décidé d'arrêter de fournir l'Ukraine en raison de factures impayées et d'un désaccord sur le prix du gaz pour 2009. Le problème est que Gazprom fournit un quart des besoins en gaz del'Union européenne et 42 % de ses importations, dont la majeure partie transite par l'Ukraine. La fermeture des pipelines ukrainiens a donc également affecté toute l'Europe.

En dehors de savoir si une issue juste et équitable a été trouvée à ce désaccord , deux éléments devraient être soulignés. Premièrement, il s'agit d'un des déplorables effets secondaires de la crise économique mondiale, avec l'Ukraine à moitié en faillite et soutenue par les prêts du FMI et de l'UE - ce qui est une des raisons pour lesquelles elle refuse une augmentation du prix du gaz, même lorsqu'ils étaient largement inférieurs à ceux pratiqués sur le marché européen. Deuxièmement, le gaz a concrètement été utilisé comme une arme. En fait, il pourrait s'agir d'un nouvel épisode de la nouvelle Guerre froide, comme l'a laissé entendre la Russie lorsqu'elle a accusé les États-Unis d'être derrière les décisions de l'Ukraine :

« Nous pensions hier que l'accès au gaz russe était ouvert, mais une fois de plus, il a été bloqué par les Ukrainiens », a déclaré Alexander Medvedev, vice-président de Gazprom. « Il semble qu'... ils suivent des directives qui ne viennent pas de Kiev mais de l'extérieur du pays ».

Le Département d'État a démenti de telles accusations. Medvedev a plus tard expliqué qu'il faisait référence à l'accord stratégique entre l'Ukraine et les États-Unis, été signé le mois dernier à Washington par la secrétaire d'État, Condoleezza Rice. Cet accord renforce les coopérations dans les secteurs de la défense, de l'énergie et du commerce, y compris la fourniture de gaz. Cet accord va également entraîner la mise en place d'une mission diplomatique étasunienne à Simferopol, capitale régionale de la Crimée - une décision qui fera probablement fulminer le Kremlin. Cette région à dominante ethnique russe a fait l'objet de déclarations selon lesquelles Moscou tenterait d'attiser les sentiments séparatistes afin d'affaiblir les dirigeants ukrainiens pro-occidentaux.

Comme la Géorgie, la République Tchèque et la Pologne, l'Ukraine est désormais un pion de plus sur l'échiquier mondial.

Le prophète du Nouvel Ordre Mondial (NOM)

Henry Kissinger est tout excité à l'idée d'un Nouvel Ordre Mondial. Apparemment, on lui a confié la mission de le promouvoir afin que le peuple s'y habitue. Kissinger a publié un article dans l'International Herald Tribune et a fait une apparition à la télévision. Non pas que cela soit inhabituel pour l'intéressé, qui prêche depuis un bon moment déjà.

Gordon Brown est également un membre bien connu de cette étrange secte; il prévient que le NOM doit être établi, sans quoi, « toute notre prospérité » sera menacée. De quelle « prospérité » parle-t-il, qui jouit de cette « prospérité » ? Peut-être s'agit-il de la « prospérité » immobilière ?

La finalité de tous ces événements est tellement évidente qu'elle en serait risible si elle ne visait pas la suppression de nos libertés. Comme Simon Davies et Donald Hunt l'ont récemment expliqué :

Il est important de comprendre que nous sommes dans une Phase de Transition contrôlée. Celle-ci peut nous sembler chaotique, mais elle recèle un ordre sous-jacent. On nous mène vers une nouvelle phase économique, un nouvel Ordre Économique. La frontière entre l'État et les grandes entreprises a disparu depuis longtemps, nous nous retrouvons face à un champ de possibilités toujours plus réduit à mesure que notre environnement change d'une manière de plus en plus inhabituelle. Nous devons tenter de comprendre aussi précisément que possible ce nouvel environnement économique afin de l'appréhender de la bonne manière et de nous en sortir.

Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers un gouvernement totalitaire, d'abord à une échelle nationale, puis continentale, en enfin mondiale. [...]

Perdre le cap

Au cours de nos recherches sur les causes du changement climatique de notre planète, nous nous sommes penchés sur les influences cosmiques, telles que les cycles d'éruption solaire. Nous voudrions maintenant ajouter à cette équation le rôle du champ magnétique terrestre en tant que lien possible entre le climat de notre planète et celui du cosmos. En effet, une étude danoise a découvert que le champ magnétique terrestre avait une influence sur notre climat, tandis qu'une autre étude a trouvé un lien entre les rayons cosmiques et le climat de notre planète:

Publiée dans la revue Geophysical Research Letters et menée par des scientifiques britanniques du National Center for Atmospheric Science (NCAS – Centre national pour les sciences atmosphériques) et du Science and Technology Facilities Council (STFC – conseil pour les grands équipements de recherche), cette étude remarquable montre que le nombre de rayons cosmiques à haute énergie atteignant un détecteur enfoui à grande profondeur était étroitement lié aux températures mesurées dans les couches supérieures de l'atmosphère (également connues sous le nom de « stratosphère »). Pour la première fois, des scientifiques ont démontré que cette relation pouvait permettre d'identifier des événements météorologiques qui se produisent soudainement dans la stratosphère durant l'hiver septentrional.

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© Jimmy Raeder/UNH

Modélisation informatique de l'écoulement des vents solaires autour du champ magnétique terrestre le 3 juin 2007. Les couleurs représentent la densité de vents solaires; le rouge pour les hautes densités, le bleu pour les faibles densités. Les lignes tracées en noir marquent les frontières extérieures du champ magnétique terrestre. Remarquez les densités relativement élevées à l'extrémité des flèches blanches; ce sont des vents solaires qui pénètrent dans le champ magnétique terrestre par sa brêche.

 

Une autre étude indique que le champ magnétique solaire pourrait avoir une influence sur la météo et le climat; les cycles solaires permettent en fait de prédire les variations de précipitations. Maintenant, considérez qu'une étude précédente, a établi l'existence de portails magnétiques reliant la terre au soleil, et connus sous le nom d'« événement de flux de transfert » ; et analysez tout cela à la lumière de cette révélation du mois dernier selon laquelle le vent solaire a causé une brêche dans le champ magnétique terrestre.

Toutes ces données peuvent nous aident à expliquer la raison du changement rapide affectant le noyau et le champ magnétique terrestres.

Mais il ne s'agit pas seulement de la Terre et du Soleil. Le lecteur pourrait ajouter à ces énigmes magnétiques la récente découverte, faite grâce à un ballon de la NASA, d'un signal radio extrêmement puissant qui traverse le cosmos :

« L'Univers nous a vraiment pris par surprise », a déclaré Kogut. « Au lieu du faible signal auquel nous nous attendions, nous avons découvert ce puissant signal six fois plus élevé que ce que nous avions prédit. » Des analyses détaillées ont exclu l'hypothèse d'un signal provenant d'étoiles primordiales ou de sources radios connues, dont les gaz situés dans les halos les plus éloignés de notre galaxie. L'origine de ce champ radio cosmique reste mystérieuse.

Ne vous attendez pas à ce qu'Al Gore parle de la relation possible entre les champs magnétiques et le changement climatique !

Le réchauffement climatique se refroidit

Janvier a encore compliqué la «mission» des catastrophistes du réchauffement climatique, qui ont de plus en plus de mal à étayer leurs assertions au vu des faits. Régulièrement, apparaissent des preuves en contradiction totale avec ce qu'on a imposé au public.

Une fois de plus, le documentaire d'Al Gore, Une vérité qui dérange, a été révélé pour l'entreprise de mystification et de mensonge qu'il s'avère être.

La surface de la calotte glaciaire, censée se réduire a fortement crû au cours de l'année passée, pour atteindre un niveau similaire à celui de 1979. La réduction de la surface de la calotte glaciaire et les fontes qui en découlent sont censées induire une élévation globale du niveau des océans, mais il apparaît que la vitesse d'élévation du niveau des océans a désormais baissé de 20 %. Ce qui en soi pourrait signaler un refroidissement global des océans.

Même si peu (voire aucun) des partisans du réchauffement climatique acceptent de discuter du refroidissement de l'Antarctique, qui dure depuis des décennies, ils se raccrochent aux données selon lesquelles l'Antarctique occidental a connu un réchauffement faible mais perceptible. Des membres du British Antarctic Survey viennent de découvrir des preuves démontrant que l'activité volcanique ainsi qu'une couche de cendres volcaniques pourraient être à l'origine du décalage entre le refroidissement continu de l'Antarctique oriental et le réchauffement mesurable de l'Antarctique occidental.

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© inconnu

L'analyse des dépôts de calcite réalisée par le Centre de climatologie de Nouvelle-Zélande montre que l'optimum climatique médiéval a touché toute la planète.

Les alarmistes du réchauffement climatique utilisent rapidement leurs dernières cartes. Une des tactiques utilisées par de nombreux membres de la communauté défendant le réchauffement climatique consiste à nier ou à minimiser les données historiques relatives à l'optimum climatique médiéval. Ils suggèrent qu'il n'a jamais eu lieu ou qu'il s'agissait seulement d'un phénomène local au niveau des terres entourant l'Atlantique Nord. Mais des recherches menées par le Centre de climatologie de Nouvelle-Zélande ont permis de mettre au jour des preuves supplémentaires démontrant que l'optimum climatique médiéval fut bien un phénomène global. Ces recherches concernent les taux d'isotopes d'oxygène et de carbone trouvés dans les dépôts de calcite des stalactites et stalagmites de Nouvelle-Zélande et qui sont en relation directe avec les cycles de réchauffement et de refroidissement climatique. Les données couvrent les 4000 dernières années et montrent un réchauffement indiscutable sur la période 900-1100 ap. J. – l'optimum climatique médiéval.

Ce mois-ci, nous avons également remarqué que le Science and Public Policy Institute (SPPI –Institut des sciences et des politiques publiques) de Washington avait une nouvelle fois accusé le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), preuves à l'appui, d'avoir manipulé délibérément des données dans le but d'accréditer la thèse politique du réchauffement climatique. La publication du SPPI, Temperature Change and CO2 Change – A Scientific Briefing [Changement de température et changement de concentration en CO2 – une introduction scientifique] met en lumière le fait qu'aucune des modélisations informatiques du climat établies par le GIEC n'intègre les données tangibles démontrant que les températures ont chuté de manière systématique au cours des huit dernières années.

Les faits deviennent plus clairs dès lors qu'on se met à rechercher par soi-même et à étudier les preuves présentées par des scientifiques et des experts qui ne font pas partie du camp soutenant la thèse du réchauffement climatique. Dans une majorité de cas, les données sont manipulées à des fins politiques, et une grande quantité de données et d'informations existantes sont dissimulées au grand public. À ce sujet, de plus en plus de voix - scientifiques, journalistes et citoyens en général - commencent à s'élever.

Quelques déclarations récentes :

Le changement climatique face à la réalité

Harrison Schmitt rejoint les sceptiques du réchauffement climatique

L'ex superviseur de la NASA, John Theon, rejoint le camp des sceptiques

La fraude au réchauffement climatique

 

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© Richard Firestone

Incrustations de particules de fer au milieu de trous carbonisés à la surface d'une défense de mammouth retrouvée en Alaska. Le détail montre comment la défense a été perforée.

Ce mois a également vu l'arrivée de nouvelles preuves concordant avec les recherches menées par SOTT sur l'origine cométaire des catastrophes. La dernière preuve en date nous vient d'un groupe de chercheurs, dont James P. Kennett, de l'université de Californie à Santa Barbara, et Douglas J. Kennett, de l'université de l'Oregon. Leurs précédentes recherches avaient permis de découvrir une fine couche de terre noire située quelques dizaines de centimètres sous la surface, couvrant la majeure partie de l'Amérique du Nord et contenant de l'iridium et d'autres débris vieux de 13 000 ans. À cette époque, la Terre subit un violent changement géologique et climatique, mettant fin à la dernière ère glaciaire et provoquant l'extinction de nombreuses espèces. D'après ces chercheurs, l'iridium découvert dans cette couche de terre montre que cette catastrophe fut causée par un impact cométaire. Mais les sceptiques exigeaient davantage de preuves. Les nouvelles recherches font apparaître de nombreux éléments révélant la présence de nano diamants dans cette couche de terre, preuve supplémentaire et encore plus solide étayant la théorie d'un impact explosif.

Une autre preuve qui a refait surface ce mois-ci et qui soutient l'hypothèse de l'origine cosmique de nombreuses catastrophes subies par notre planète nous vient du chercheur Richard Firestone. Ses derniers travaux ont mis au jour des fragments microscopiques de météorites dans des défenses et des restes d'os fossilisés de mammouths, espèce aujourd'hui disparue.

Grelotons avec Mère Nature

Janvier et février connaissent généralement les températures les plus basses de l'année dans l'hémisphère nord. Cette année, décembre a entamé les hostilités un peu plus tôt que prévu, et les fortes vagues de froid et phénomènes météorologiques du mois de janvier ont renforcé la tendance aussi bien en Europe qu'aux États-Unis.

 

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© Deutsche Presse-Agentur

D'épais blocs de glace recouvrent une partie de l'Elbe, à Dresde.

 

En Espagne, une violente tempête aura marqué la fin du mois de décembre. Ce qui suivit fut cependant beaucoup plus violent. L'air arctique a recouvert la majeure partie du vieux continent, entraînant la fermeture de la Tour Eiffel et générant des records de froid. En Bavière, les températures ont chuté jusqu'à -34,6 °C. Ces températures polaires ont touché un vaste territoire et fait de nombreuses victimes. Mais ces conditions extrêmes et ce froid intense ont fait le bonheur de certains: les canaux hollandais ont gelé pour la première fois depuis 12 ans, permettant à de milliers de personnes de s'adonner au patin à glace, une des activités favorites des Hollandais.

Cette vague de froid extrême s'est légèrement atténuée vers la fin du mois, tandis qu'une tempête exceptionnelle balayait l'Espagne et la France, avec des vents à 193 km/h et des pluies torrentielles. En France, plus de 1,7 million de foyers se retrouvèrent sans électricité et 21 victimes furent dénombrées.

De l'autre côté de l'Atlantique, en Amérique du Nord, une vague de froid record aura accompagné la nouvelle année. En Alaska, contrée habituée à des températures extrêmement basses, janvier aura battu des records. Le début du mois fut marqué par des températures de -46 °C dans une partie de l'Alaska Les avions étaient cloués au sol et les véhicules totalement immobilisés, tandis que le froid persistait. Certaines régions ont enregistré des températures de -51 °C pendant plus de deux semaines. Au cœur du Canada, la ville de Saskatoon a établi un record de 24 jours d'affilée en dessous de -25 °C. Aux Éetats-Unis, dans la région du Nord-Ouest Pacifique, janvier aura débuté par de graves inondations en Oregon et dans l'État de Washington, tandis que ces territoires battaient le record de chute de neige établi le mois précédent.

À la mi-janvier, cette vague de froid s'est abattue sur une région allant du Midwest à la côte atlantique, les températures chutant par endroits jusqu'à -38 °C

 

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© Tim Rand / Associated Press

Jardin recouvert de branches à Paragould, dans l'Arkansas, le 28 janvier 2009. La tempête de glace qui a touché la région a terrassé des arbres, des pylônes et des lignes électriques. La majeure partie de la ville a été privée d'électricité.

 

Une vague de tempêtes mortelles aura marqué la fin du mois. L'Arkansas a été le plus touché, avec des couches de verglas atteignant les 10 centimètres. Au moins 21 personnes ont trouvé la mort et dans plusieurs États, plus de 900 000 foyers se sont retrouvés dans le noir

Février s'annonce d'ores et déjà morose pour le tiers Est des Éetats-Unis, alors qu'une nouvelle tempête exceptionnelle se prépare et devrait causer des dégâts à partir du 1er février. Les prévisionnistes comparent la puissance potentielle de cette dépression à la tempête hivernale dévastatrice de 1993. Sa trajectoire déterminera si elle causera essentiellement des pluies torrentielles, ou bien un épisode neigeux avec des chutes potentielles cumulant entre 30 et 60 centimètres.

Un symbole de ce que cet hiver a jusqu'ici représenté pour les Nord-Américains est la glace d'une épaisseur exceptionnelle qui a envahi le fleuve Saint-Laurent. Cette couche atteint les 15 mètres par endroits, et plusieurs navires ont dû être secourus par des brise-glaces.

Autres événements hivernaux notables du mois de janvier: en Chine, Shanghai connaît son hiver le plus froid depuis 18 ans, tandis qu'au Moyen-Orient, une montagne se retrouve pour la première fois entièrement recouverte de neige.

Surf extrême

Par considération pour l'esprit curieux de nos chers lecteurs, rappelons qu'en mai 2008, une vague géante inattendue avait fait une douzaine de victimes en Corée du Sud. En septembre, nous avons appris que l'Australie connaissait un nombre croissant de « vagues scélérates », apparemment dues aux changements climatiques. Et puis, en décembre, une série de vagues géantes ont détruit un parc d'attractions à Cannes, dans le sud de la France :

« C'est comme s'il y avait eu la guerre. Les camions ont été renversés, les manèges brisés. Il n'y a plus rien. Les manèges ne sont même pas cassés. Ils ont explosé. C'est comme s'il y avait eu des bombes », a déclaré Jean-Philippe Boubier, un forain, à l'AFP.

Le service de communication de la ville de Cannes a confirmé l'ampleur des destructions : « C'est une catastrophe, c'est sans précédent », a affirmé la porte-parole de la mairie, Iris Perben.

À votre avis, qu'est-ce qui peut bien arriver à la mer ?

L'heure des sorcières

Pendant que vous tentez de répondre à cette question, soulignons que les témoignages d'observations d'OVNIs et de phénomènes paranormaux deviennent de plus en plus bizarres ces derniers temps. Voici un (petit) échantillon :

 

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© CNN

Accident d'OVNI rapporté dans le tabloïde The Sun

 

Un OVNI a détruit une éolienne en Grande-Bretagne. L'objet a été décrit comme « tentaculaire ». Cette affaire – et l'on peut s'en étonner – a été largement reprise par les médias de masse britanniques.

Apparemment, les petits hommes verts n'ont pas appris à conduire à gauche, puisque, selon une dépêche, un autre OVNI se serait écrasé dans une cour de récréation, à nouveau en Grande-Bretagne. Selon les témoignages, il s'agissait d'une « étrange machine ressemblant à un missile », qui a fait un bruit assourdissant en percutant le sol. Puis elle a décollé et a disparu en l'espace de quelques secondes, laissant derrière elle une trainée de débris et d'empreintes de pas. La police a quadrillé la zone de l'accident.

Au Vénézuéla, cinq personnes rapportent avoir observé une « créature lumineuse ressemblant à un félin » qui courait sur la mer. Elle était d'un blanc brillant, transparente comme un hologramme, et lorsqu'elle a disparu, les « poissons ont commencé à faire des bonds hors de l'eau tout le long du bord de mer, comme s'ils avaient été électrocutés.

 

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© La Dépêche du Midi

Image d'un bolide observé au-dessus de la région toulousaine le samedi 17 janvier 2009.

 

Un étrange OVNI ou un météore a été observé dans le ciel toulousain. Selon l'un des témoins:

« j'ai soudain vu une sorte de carré rouge qui brillait comme du feu. L'objet a fait un arc dans le ciel. C'était vraiment très gros. »

La Pennsylvanie est témoin d'd'apparitions de mystérieuses créatures et d'OVNIs. On parle d'une vague d'OVNIs dans cette région. Un témoin a décrit un objet qui « flottait dans le ciel comme une pieuvre. »

Nous suspectons qu'il ne sera pas aisé de balayer ce genre d'affaires en usant de l'explication standard des « lanternes chinoises ».

Quelques leçons

L'idée selon laquelle l'humanité dans son ensemble serait en quelque sorte plus civilisée ou évoluée est grotesque. Les mêmes massacres barbares et gratuits qui ont émaillé l'Antiquité ou le Moyen Âge se reproduisent de nos jours ; la seule différence est qu'à la place des haches et des catapultes, les empires modernes utilisent des hélicoptères Apache et du phosphore blanc. Au lieu d'asseoir la légitimité de leurs dieux via des rituels pratiqués dans les temples – histoire de laver le cerveau des foules – ils lancent des campagnes de relations publiques par l'intermédiaire des médias, et envoient leurs partisans envahir les forums virtuels.

Dans la même veine, le contraste entre, d'un côté, les gens de conscience qui ont protesté contre le génocide, et, de l'autre, les paroles et les actes froids et immoraux des dirigeants israéliens – ainsi queles critiques timorées émises par la plupart des dirigeants et personnalités de notre planète –, fait voler en éclats la notion selon laquelle nous sommes tous fondamentalement les mêmes. Ce n'est pas le cas. Comme nous le répétons constamment sur sott.net, l'humanité est divisée entre ceux qui sont doués d'empathie et de conscience et ceux qui en sont dénués. Tandis que ces derniers représentent une minorité de la population, leur absence de principes, leur ambition, leur capacité à se reconnaître entre eux leur permettent de gravir les échelons sociaux et de se regrouper en élites.

Voilà où se situe le véritable conflit. Les gens dotés d'une vie émotionnelle intérieure relativement normale aspirent à une existence paisible et à être aussi heureux que possible. Les gens dénués de cette capacité à ressentir la souffrance d'autrui recherchent le pouvoir et en abusent. Nous sommes conscients de la gravité des dégâts qu'ils peuvent provoquer, et avons étudié leurs méthodes. Mais qu'en est-il de la majorité de la population? Que peut-elle y faire ? Sa voix a-t-elle un quelconque effet sur les plans des psychopathes ?

Peut-être dans une certaine mesure. Mais il serait erroné de supposer que la bataille a été gagnée lorsque, à la suite de nos protestations, les pathocrates semblent temporairement faire machine arrière. Pour parler clairement, il n'est pas dans leur nature d'abandonner. Les pathocrates, ou psychopathes au pouvoir, savent que dans le futur auquel rêvent et aspirent les êtres humains normaux, il n'y a pas de place pour eux et leurs aspirations déviantes. Piégés dans leur éternel paradigme du « nous contre eux », ils considèrent la poursuite de leur guerre contre l'humanité comme une question de vie ou de mort. Ils se sont plus d'une fois montrés doués pour les manoeuvres stratégiques, mensongères et socialement manipulatoires. Ils ont également quantité de ressources à leur disposition – ce qui n'est pas notre cas. Ils ont le monopole de la violence et régissent la sphère économique.

Alors, que faire ? Nous représentons la majorité. Nous possédons un potentiel de créativité qu'ils n'ont pas. Nous sommes capables de nous sacrifier pour autrui ou pour un principe. Ce qui nous manque, c'est la compréhension et l'éducation. La plupart des gens sont naïfs et oublient aisément les crimes commis le mois dernier. Nous avons toujours cette tentation de fermer les yeux et d'oublier les situations difficiles, ce qui nous fait perdre le fil des événements. Mais si nous comprenions leur manière de penser et ce dont ils sont capables, nous pourrions peut-être éviter à l'humanité dans son ensemble de sombrer dans le chaos et l'injustice.

Imaginez alors ce qui pourrait arriver si un groupe d'individus dotés de conscience et d'empathie partageait comme but la défense de la Vérité. Une vie sans but est comme un voyage sans destination, n'est-ce pas ? Et si nous marquions un point sur la carte et en faisions le but de notre existence ? Même si nous ne l'atteignons jamais ? Même avec les tempêtes et les épreuves qui attendent inévitablement ceux qui se lancent dans une telle entreprise ? Et si, malgré l'improbabilité d'une réussite, nous étions si déterminés à atteindre ce but que nous persévèrerions quand-même, quels que soient les sacrifices nécessaires et ce que nous risquerions de perdre en cours de route ?

Peut-être était-ce que Pablo Neruda avait en tête en écrivant ces vers :

 

Si brusquement tu cesses d'exister,

Si brusquement tu ne vis plus,

Moi je vivrai.

 

Je n'ose pas,

Je n'ose pas écrire:

Si tu meurs.

 

Moi je vivrai.

 

Car là où on ne laisse pas parler un homme

Ma voix s'élève.

 

Là où le bâton s'abat sur les Noirs,

Je ne peux pas, moi, être mort.

Si l'on met en prison mes frères

Il faudra qu'on m'y mette aussi.

 

Quand la victoire,

Non ma victoire,

Mais la grande victoire

Arrivera,

Même muet je devrai parler:

Je la verrai, serais-je aveugle, s'avancer.

 

Mais non, pardonne-moi.

Si toi tu ne vis plus,

Si toi, ma chérie, mon amour,

Si toi

Tu meurs,

Toutes les feuilles tomberont sur ma poitrine,

Il pleuvra sur mon âme nuit et jour,

La neige brûlera mon cœur,

J'avancerai avec du froid, du feu, la mort, la neige,

Mes pieds voudront marcher vers le lieu où tu dors,

Pourtant

Je resterai vivant,

Puisque tu m'auras aimé en toutes choses

Indomptable

Et que tu sais bien, mon amour, que je ne suis pas seulement

Un homme

Mais tous les hommes.

 

horizons.jpg

 

© Milton Maasur MD

"Horizons"

 


http://fr.wikipedia.org/wiki/British_Antarctic_Survey

 

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

20/02/2009

Roumanoff : le spectacle de trop

Bellaciao

jeudi 19 février 2009 (23h37)

RIONS AVEC LA DESTRUCTION DE GAZA !

Une lettre ouverte à la comédienne Anne Roumanoff

Par PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott)

De Ramallah, Palestine occupée, le 19 février 2009

Nous savons que vos spectacles apportent rire et bonne humeur à beaucoup de francophones de par le monde. Tant, que nous sommes choqués et déçus d’apprendre que vous vous apprêtez à vous donner en spectacle en soutien aux soldats israéliens blessés et aux victimes d’attaques terroristes, le 2 mars prochain à Genève.

Votre performance lors de ce spectacle va constituer un acte de soutien et de solidarité envers l’armée israélienne, laquelle est l’instrument principal de l’oppression systématique et de l’emprise brutale qu’Israël exerce sur le peuple palestinien. Cela va contribuer au « lissage » de l’image internationale d’une force militaire agressive qui a derrière elle un long passif constitué de massacres, et d’un nettoyage ethnique attesté, touchant des centaines de milliers de Palestiniens chassés de chez eux.

Nous espérons que vous conviendrez que cela est l’exact contraire de ce que la comédie devrait véhiculer. Il n’y a rien de drôle dans le palmarès de l’armée israélienne vis-à-vis des droits humains. Il ne devrait pas y avoir de place pour la comédie ou les comédiens travaillant à soigner l’image de cette armée à travers le monde, alors que les Palestiniens continuent de souffrir de l’agression militaire perverse perpétrée par Israël. A l’heure où nous écrivons ces lignes, Israël poursuit la construction de colonies, d’une infrastructure routière, de barrages et d’un mur d’apartheid, mur déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice. Israël dénie à des millions de Palestiniens réfugiés leur droit internationalement reconnu de retour dans leur pays ; détruit les maisons des Palestiniens ; tue des enfants palestiniens en toute impunité ; et déracine des centaines de milliers d’arbres palestiniens. De plus, Israël maintient un système de discrimination raciale envers ses propres citoyens palestiniens, avatar de l’apartheid sud-africain. Votre représentation de soutien à l’armée israélienne dira aux Palestiniens que leur souffrance - produit du colonialisme et du racisme – n’a aucune importance. Vous donnerez une claque à la face des comédiens, musiciens, artistes, réalisateurs, écrivains et poètes palestiniens, qui parviennent à conserver l’espoir dans un contexte étouffant et écrasant.

Nous vous écrivons par conséquent pour vous demander de reconsidérer votre décision de vous produire en soutien de l’armée israélienne. Nous nous interrogeons : comment pourrait-on se produire sur les planches et faire rire un public au profit d’une armée qui vient juste d’achever son atroce massacre dans la Bande de Gaza occupée. Vous n’êtes probablement pas sans savoir que cette opération a tué plus de 1300 personnes, dont 410 enfants., et en a blessé 5300 autres. Cette guerre a été qualifiée par le Rapporteur Spécial pour les Droits Humains de l’ONU, de « prélude à un génocide ». Ce propos fut conséquent à l’élimination, par l’armée israélienne, de familles entières ; à la destruction de quartiers, de villages, d’écoles, et de bâtiments de l’ONU ; et à l’usage de bombes au phosphore blanc et autres armes controversées, sur l’une des zones les plus densément peuplées du monde, où plus de la moitié de la population est constituée d’enfants. Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, Amnesty International, et nombre de juristes internationaux de premier plan, ont également demandé des enquêtes à propos de crimes de guerre qui auraient été commis par l’armée même que vous vous apprêtez à soutenir en vous produisant.

Comme vous devriez le savoir, quasiment tous les réalisateurs, artistes et figures culturelles de Palestine, ont appelé leurs pairs à travers le monde à boycotter les institutions culturelles israéliennes, du fait de leur complicité dans la perpétuation de l’occupation et d’autres formes d’oppression touchant le peuple palestinien (1). En réponse, dans les quelques semaines qui se sont écoulées depuis, partout dans le monde, des groupes d’artistes, des comédiens, des réalisateurs, des étudiants et des universitaires, ont redoublé d’efforts pour témoigner de leur solidarité avec les Palestiniens occupés, pour condamner les crimes de guerre d’Israël et de son régime d’apartheid, et pour appeler à une riposte politique efficace telle que le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS). La plus récente de ces expressions émane d’éminents universitaires français, signataires d’un appel à des mesures punitives de la communauté internationale pour mettre fin à l’impunité d’Israël (2).

Nous espérons pouvoir vous compter parmi les artistes du monde entier qui, tels que Bono, Snoop Dog, Björk et Jean-Luc Godard, se sont joints aux appels au boycott d’Israël tant que celui-ci n’aura pas rempli ses obligations envers le droit international et reconnu pleinement les droits des Palestiniens.

www.pacbi.org

info@boycottisrael.ps

[1] http://www.pacbi.org/campaign_state...

[2] http://schlomoh.blog.lemonde.fr/

trad. hdm

10/02/2009

« C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! »

Par Gilad Atzmon 

Entretien réalisé par Hasan Uncular.

09 février 2009

« C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! »

Hasan Uncular [HU] : Cher Gilad, quelle analyse faites-vous du carnage israélien à Gaza ?

Gilad Atzmon [GA] : Cher Hasan, je ne pense pas qu’il s’agisse réellement d’une question d’évaluation. Nous avons tous conscience du niveau [incroyable] des destructions infligées à des civils innocents par l’Etat juif. Gaza ressemble à un paysage d’après-bombe atomique. Pourtant, comme nous le savons, cette dévastation ne résulte pas du lâcher d’une seule bombe atomique. Non, en réalité, il y a eu une campagne impitoyable et interminable, conduite par une armée nationale et populaire, qui a recouru à un enchaînement de bombardements lourds, au moyen d’armes conventionnelles, mais aussi de projectiles non-conventionnels. Le carnage, à Gaza, est le résultat d’un raid aérien sinistre, continu et intensif contre les civils vivant dans la région la plus densément peuplée sur notre planète. Aussi, davantage que par l’évaluation du carnage en lui-même, je suis très intéressé dans l’évaluation des gens qui sont capables de causer une telle destruction. Autrement dit, je suis intéressé à percer l’identité collective israélienne, mais aussi l’identité collective juive. Je me demande comment il est possible que les Israéliens, ce peuple qui a « ressuscité de ses cendres », ait pu devenir, collectivement, l’incarnation du mal moderne. Comment se fait-il que les juifs de la diaspora soutiennent quasi unanimement Israël et ses crimes contre l’humanité ?

« Israël se sent totalement libéré d’une quelconque retenu morale ou éthique »

[HU] : Pourquoi Israël viole-t-il ainsi en permanence la légalité internationale, et pourquoi ne respecte-t-il pas les accords signés ?

[GA] : J’imagine que c’est parce que les Israéliens sont imbus de sentiments de supériorité, qui ont sans doute quelque chose à voir avec l’interprétation séculière de l’Election juive. En fin de compte, Israël est bien l’Etat juif, non ? Bien que la société israélienne soit dans une large mesure une société laïque, elle réussit à perpétuer l’héritage judaïque de la suprématie raciale. Il s’agit, de fait, de l’interprétation laïque nationaliste de la tradition juive qui a évolué en une inclination collective meurtrière. Il est important de noter que tandis qu’à l’intérieur du contexte juif, l’élection est interprétée comme un fardeau moral impartissant aux juifs de représenter une exemplification du comportement moral, dans l’Etat juif, l’élection est interprétée comme une autorisation à dominer et à tuer. Dès lors que les Israéliens se considèrent le peuple élu, ils se sentent manifestement libérés de toute préoccupation éthique ou morale. A cela s’ajoute le fait qu’ils ne sont absolument pas concernés par le jugement ou la pensée des autres peuples ou des autres nations. Cette philosophie arrogante a été définie par le Premier ministre israélien David Ben Gourion, dans les années 1950, quand il a déclaré : « Peu importe ce que les Goyim [les Gentils, les non-juifs] disent ; seul importe ce que les juifs font ! »

« Il faudrait décerner à Peres le prix Nobel de Physique ( nucléaire) ! »

[HU] : Quelle est, à vos yeux, l’importance de la réaction du Premier ministre (turc) Recep Tayyip Erdoğan, à Davos ?

[GA] : Pour moi, il est évident que le Premier ministre Erdoğan a été très courageux en s’opposant au mensonge israélien sur une scène internationale. De plus, il a réellement mis dans le mille en dévoilant le symbole suprême de ce mensonge-même. Je fais allusion ici au criminel de guerre et néanmoins Président d’Israël Shimon Peres, qui, en dépit de son passé accablant [Kafr Kana, réacteur nucléaire de Dimona, etc], a réussi à s’arroger un prix Nobel de… la paix ! Considérant sa contribution fondamentale au projet de recherches en matière d’armes de destruction massives de Dimona, un prix Nobel de Physique (nucléaire) aurait été plus indiqué.

C’est Israël, qui a besoin de la Turquie ! 

[UH] : De quelle manière le lobby juif agit-il contre le Premier ministre Erdoğan et contre les juifs dotés d’une conscience ; comment le peut-il ?

[GA] : C’est une excellente question ; mais je ne suis pas expert ès-tactiques juives… Toutefois, j’ai parfaitement conscience de l’influence qui est la leur. Dès lors que les finances du parti Travailliste britannique sont gérées par des sionistes aussi enragés que [le faux-noble] Lord cash Machine Levy et que le secrétaire général [chief of staff ] de la Maison-Blanche n’est autre qu’un sioniste ultra, nous devons nous attendre à ce que ce soient les intérêts sionistes qui donnent forme à notre réalité, et cela signifie énormément de conflits, de carnages et le sang versé d’innombrables civils innocents.

Toutefois, nous devons garder à l’esprit le fait que le vent est en train de tourner. Ce que nous voyons et ce que nous entendons, à Gaza, suscite une indignation gigantesque contre Israël et ses séides, dans le monde entier. Pour moi, il est difficile de prédire quelles seront les mesures que ne vont pas manquer d’adopter les lobbies juifs à l’encontre du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan. Il peut probablement d’ores et déjà s’attendre à être présenté comme leur nouveau protagoniste antisémite. Comme nous le savons, il ne faut pas très longtemps pour en devenir un. 

Si, dans le temps, les antisémites étaient les gens qui n’aimaient pas les juifs, aujourd’hui, il s’agit de ceux que les juifs haïssent.
Il n’en reste pas moins que nous devons avoir à l’esprit l’idée que l’amitié de la Turquie est très importante, pour Israël. La Turquie était en effet, jusqu’ici, l’unique pays ami d’Israël dans toute la région. Ces derniers temps, elle a joué un rôle d’intermédiaire en vue de négociations (hypothétiques) avec la Syrie. En bref, c’est Israël, qui a besoin de la Turquie…

[HU] : Comment les relations israélo-turques peuvent-elles être affectées par le clash entre Erdoğan et Peres, à Davos ?

[GA] : Je préfère vraiment ne pas répondre à cette question ; je ne suis pas précisément un expert, en cette matière…

« Je suis simplement antiraciste »

[HU] : Avez-vous un message conclusif à adresser au monde, et au peuple turc ?

[GA] : Je n’aime pas envoyer de messages « conclusifs » et, ce, pour trois raisons :

1. Je n’aime pas les déclarations sans appel ; je tiens à me réserver une option de regret, et je veux être en mesure de réviser mes opinions, sur quelque sujet que ce soit ;

2. Je pense que ceux qui envoient des « messages finaux » doivent être des gens très importants et très intelligents. Quand à moi, je suis avant tout un artiste ; je procède à l’introspection, et je partage ce que je vois avec mes auditeurs et mes lecteurs ;

3. Contrairement à ces hommes politiques qui savent ce qui est bien et ce qui n’est pas bien pour les autres qu’eux-mêmes, j’ai déjà du mal à savoir ce qui est bien, pour moi-même…

Toutefois, ma politique, pour ainsi dire, est très simple : je suis pour une expression éthique. Cela signifie que dans telle ou telle circonstance, je m’efforcerai de trouver, par moi-même, ce qui est bien et ce qui est mal. Je ne crois pas au dogmatisme. Je le redis : pour moi, la quête morale est un processus dynamique, consistant à modeler, et à refaire.

Il y a environ une semaine, un ami, le légendaire musicien Robert Wyatt, m’a aidé à mettre cela en parole, de la manière la plus éloquente et simple qui soit. « Ma politique », a-t-il dit, « est très simple : je suis simplement antiraciste ». C’est vraiment ce autour de quoi tourne tout le reste : être antiraciste…

Je suis totalement opposé à toute forme de politique raciste, et c’est la raison pour laquelle je méprise toute forme de politique juive, qu’elle soit de gauche, de droite ou du milieu. J’en ai ras-le-bol de toutes ces organisations « exclusivement juives ». Qu’il s’agisse des «Juifs pour un seul Etat », ou des « Juifs pour la paix ». Je suis contre ça, parce que ça ne vise qu’à promouvoir les intérêts tribaux juifs, et non pas l’humanité, ni la fraternité. L’expérience politique juive est, peu ou prou, toujours racialement orientée, et chauvine jusqu’à la moelle.

Bien que je sois convaincu que les gens sont fondés à lutter pour conquérir leur droits (comme, par exemple, le combat des Palestiniens), je pense aussi que les gens devraient savoir de quelle manière réinstaurer la paix et l’harmonie. En ce qui concerne la politique israélienne et la politique juive, c’est exactement ce qui dont nous avons besoin. Tout ce que nous voyons, c’est la vengeance et la colère, qui entraînent de plus en plus de violence. Il est parfaitement évident que les Israéliens ne sont pas vraiment familiarisés avec les notions de pitié et de compassion. La suggestion spirituellement génératrice d’harmonie faite par Jésus, résumée par l’expression « tourner l’autre joue », semble, aux oreilles des Israéliens, un concept amusant et oiseux. Apparemment, pour eux, « choc et terreur », « shock and awe », voilà qui semble bien plus sexy. C’est démocratiquement qu’ils ont voté en faveur du carnage, de la destruction et du génocide. 

Mais, après tout, ils ont bien le droit de voter… Ne sont-ils pas la « seule démocratie au Moyen-Orient » ?

C’est, tout au moins, ce qu’ils prétendent…

Source : Timeturk

Traduction : Marcel Charbonnier

http://ism-france.org/

01/02/2009

Pas d'oubli pour Gaza

drapeau+palestine.jpg


Vous pouvez courir, presse et média,
Avec vos manœuvres sous contrats,
Par le foot, la culture du doute,
Car, il n y’aura pas d’oubli, ni de répit,
Pour les enfants de Gaza,
Il n’y aura pas d’oubli pour Treblinka,
Pour les victimes d’Hiroshima,
De Sabra et Chatila.
Il n’y aura pas d’oubli pour Sétif,
Pour la Bosnie, les ghettos juifs.
Il n’y aura pas d’oubli pour Dir Yassine,
Pour les goulags de Staline,
Et pour Jenin en Palestine.
Il n’y aura pas d’oubli pour le lynchage,
Pour l’ethnocide et les carnages,
D’un capitalisme sauvage,
Qui vient droit du Moyen Age.
Il n’y aura pas d’oubli pour les Mayas,
Les nez percés et les Incas,
Il n’y aura pas d’oubli mes amis,
Barricadés et insoumis,
A toutes les formes de violences,
Les guillotines et les potences,
Et résisterons en permanence,
Dans la colère du silence,
Et resterons debout dans la rue,
A débouter touts les abus,
A défier balles et obus,
Et tout ce qui blesse ou tue.
En citoyens mûrs et crédibles,
Témoins d’une ère pénible,
Gardiens de la sagesse des hommes,
Dont la mémoire reste vivante,
Et sa lumière illuminante,
Effective et palpitante.
Et cette fois c’est bien fini,
Ou plutôt bien commencé,
Il n’y aura plus d’oubli,
Pour les enfants de Gaza,
Pour que le mal soit maudit
Et la sagesse vaincra.

Lihidheb mohsen - Eco artiste
Zarzis Tunisie, 20.01.09

 

23/01/2009

Des gisements de gaz au large d'Israël et de Gaza permettent d'envisager des projets communs

William A. Orme Jr
The New York Times
Vendredi 15 janvier 2009


En effectuant des forages au large des côtes d'Israël et de Gaza, des sociétés pétrolières ont découvert des réserves de gaz qui pourraient profiter à l'économie palestinienne et donner à Israël un avant goût d'indépendance énergétique.

Des experts de l'industrie pétrolière, parmi lesquels ceux des plate-formes géantes, disent que les Palestiniens et les Israéliens en bénéficieront s'ils travaillent ensemble dans un partenariat aux enjeux importants. Les experts prétendent que les uns sont nécessaires aux autres pour développer ces réserves off shore puisque seuls ils ne peuvent financer les milliards de dollars d'investissements pour les pipelines et  les systèmes d'extraction envisagés. 

Les Palestiniens et les Israéliens écartent toute discussion sur une collaboration et les problèmes territoriaux et les hostilités de longue date pourraient facilement entrer en jeu. Les deux parties parlent avec optimisme du riche filon potentiel.

Nabil Shaath à déclaré, « C'est important pour l'économie palestinienne car nous ne serons plus dépendants en permanence des aides étrangères. » Le ministre palestinien de la planification espère que ces gisements de gaz fourniront l'électricité nécessaire aux besoins locaux dans les trois ans et qu'il y en aura assez pour exporter.  

Yehezkeel Druckman, le commissaire israélien au pétrole qui supervise les explorations offshore depuis un petit bureau de deux pièces au ministère national des Infrastructures est lui aussi plein d'espoir.

Il a calculé récemment qu'Israël avait maintenant entre 80.000 et 130.000 mètres cube de réserves de gaz prouvée. M. Druckman estime que cela constitue un dixième des réserves de l'Egypte qui sont parmi les plus importantes du monde. Mais elles sont suffisantes pour fournir le réseau électrique israélien actuel pendant 25 ans. « et il pourrait y en avoir plus encore » a-t-il déclaré cette semaine.

L'exploration systématique a commencé cette année et les responsables israéliens sont encouragés en cela par les importants gisements qui ont déjà été identifiés, bien que leur quantité, et leur qualité ne peuvent être connus avant que le gaz ne commence à couler. De plus, de nombreux aspects pourraient mal tourner avant qu'une production profitable soit atteinte.

Mais pour un pays comme Israël qui n'a jamais eu de réserves domestiques, et qui pour des raisons politiques a été obligé d'importer presque tout son carburant depuis des régions situées bien au-delà des limites du Moyen-Orient, ces découvertes sont sensationnelles.

« Les Israéliens on l'habitude de rire de ce que Moïse a erré dans le désert durant 40 ans avant d'arriver dans un lieu dépourvu d’énergie » a dit Leonard Coburn, le grand spécialiste du Moyen Orient au département de l'Énergie à Washington. « Tout à coup ils ont de l'énergie. C'est un changement extraordinaire. »

Quelques mois seulement après avoir atteint un gisement de gaz au large des côtes israéliennes, cette plate-forme de forage s'est déplacée pour s'ancrer à 30 km de la bande de Gaza par 580 m de profondeur, elle est sur le point de finir le premier projet d'exploration dans les eaux palestiniennes.

Bien avant que le Southern Cross ne fore les fonds sous-marins, les cadres de l'industrie anticipaient des réserves plus importantes que les Palestiniens ne pourraient en consommer, mais qui pourraient être vendues à Israël et venir s'ajouter aux gisements récemment découverts. « Que pourrions-nous faire d'autre avec des quantités de gaz suffisantes pour être commercialisées ? » a déclaré Saïd Khoury, qui est co-propriétaire de la Consolidated Contractors Company, le partenaire minoritaire palestinien de l'entreprise.

Hors des cercles étroits de l'industrie et des plus hauts échelons des deux gouvernements, peu de gens sont conscients de l'échelle de l'exploration et de la taille estimées des réserves.

Le gouvernement israélien, qui travaille actuellement sur un projet de conversion à long terme au gaz, doit publier ses estimations sur les gisements et semble peu disposé à faire la publicité de sa collaboration avec ce qui pourrait constituer un riche gisement similaire pour les Palestiniens.


Le bureau du Premier ministre Ehud Barak a refusé de s'exprimer sur le sujet, bien que des fonctionnaires du ministère de la Défense aient dit que M. Barak avait donné l'ordre de ne pas interférer avec les forages à Gaza. Les responsables palestiniens restent eux aussi muets, refusant même de révéler les termes de leur accord d'exploration.

Les dirigeants du BG Group, la société géante spécialisée dans l'énergie et qui a une concession exclusive de 25 ans dans les eaux de Gaza et des licenses sur 360 km2 au large d’Israël, ont déclaré que, sans les récentes avancées dans le domaine des forage en eaux profondes et les techniques de sondage du type sonogramme, il aurait été techniquement impossible de repérer ces gisements.

La société a déclaré avoir déjà dépensé 25 millions de dollars dans cet effort d'exploration conjointe et qu'elle dépensera encore des « centaines de millions » au cours des deux prochaines années.

En partageant leur point de vue sur ce que le premier échantillon prélevé des fonds marins de Gaza a révélé au microscope, les géologues à bord du Southern Cross ont apprécié ce qu'ils ont vu : des cristaux distincts organisés en densité et en répartition suffisantes pour piéger le gaz naturel. « Bonne porosité » a déclaré Hugh Miller, un originaire de l'Alabama qui dirige les opérations de BG en Israël et dans l'Autorité palestinienne.

A l'extérieur, des ouvriers en débardeurs solidement charpentés luttent pour introduire des longueurs de tuyaux neufs dans le forage long de 1600 mètres qui n’est maintenant qu'à 180 mètres de la pocherciblée et dont BG pense qu'elle contient des sables saturés en gaz. « Tout comme une grosse perceuse, » cria l'ingénieur en chef du forage, alors que celui-ci s'enfonçait plus profondément dans le vieux sédiment.

Bien que la mer soit tranquille et le climat favorable à cet endroit, le BG Group – qui a succédé pour 25 milliard de dollars à l'ancien British Gas et qui a des entreprises dans le domaine de l'énergie aux quatre coins de la planète - déclare que la politique de l’opération est aussi décourageante que toutes celles auxquelles il a été confronté.

L'an dernier, BG est devenu la première compagnie d'énergie à demander une concession d'exploration dans l'histoire d'Israël, mettant fin à ce qu'Israël avait depuis longtemps dénoncé comme un boycott tacite envers leur pays par les principales compagnies pétrolières et gazières. Mais lorsque Yasser Arafat, le président de l'Autorité palestinienne, a signé un accord à Londres en novembre accordant une concession exclusive sur 25 ans à BG afin qu'elle explore pour trouver du pétrole et du gaz au large de Gaza, la société savait que légalement elle embarquait vers l'inconnu.

Pour commencer, l'existence d'eaux territoriales palestiniennes n'était pas claire étant donné l'absence de statut de souveraineté de l'Autorité. Les accords d'Oslo avaient accordé au Palestiniens une bande de mer limitée à des « activités économiques, de pêche et de loisir », mais aucune mention n'existait au sujet des ressources situées sous la Méditerranée.

L'Autorité et BG ont raisonné par défaut, la zone située entre la frontière Est de la limite des frontières maritimes de l'Egypte et la zone d’exploration auto-identifiée par Israël était palestinienne. Bien que pour des raisons de sécurité, Israël pouvait restreindre le trafic maritime au large de Gaza, il ne réclama jamais de droits économiques à cet endroit.

BG a négocié un accord avec les Palestiniens pour dépenser jusqu'à 500 millions de ses fonds  pour le développement du gaz naturel au large de Gaza, avec l'assentiment silencieux du Premier ministre Barak. Selon des termes qui n'ont pas été dévoilés, l'Autorité palestinienne percevra une part de la production et elle pourra prélever des taxes sur l'activité. (En Israël, le gouvernement prélève 12,5% sur toute découverte de gaz et une taxe de 36% sur les profits.)

« Nous voulons, autant que possible, jouer cette partie sans frontières, car les roches n'ont pas de frontières, » à déclaré M. Miller. « Le but du jeu est là, trouver le gaz palestinien sur le marché israélien, ce qui doit être bon pour la paix. »

Jusqu'à maintenant, les affaires de gaz semble en meilleures voies que l'effort de paix. Les Israéliens et les Palestiniens respectent l'un et l'autre la division non-officielle des droits d'exploration, en dépit des objections des Israéliens de droite et de sociétés pétrolières locales, qui poursuivent Israël au tribunal afin d'arrêter les forages de Gaza.

En avertissement de ce qu'un gouvernement israélien différent pourrait brutalement arrêter cette entreprise, David Naveh, un des dirigeants du Likoud, a affirmé que M. Barak ne pouvait pas autoriser l'exploitation palestinienne de ce qu'il a nommé le territoire israélien sans l'accord du Parlement.

Pour compliquer encore plus les choses, le gaz a été situé dans au moins deux grandes structures à cheval sur la ligne de démarcation confuse entre les eaux palestiniennes et israéliennes. Les deux parties doivent décider comment allouer ces réserves qui pourraient avoir un durée de production de 10 à 20 ans.

Afin de développer ces réserves efficacement, Israël et les Palestiniens devraient travailler ensemble. Ni l'un ni l'autre ne peuvent se permettre des usines et des pipelines séparés pour pomper le gaz vers leurs marchés respectifs. Selon M. Miller et d'autres experts, l'investissement approcherait le milliard de dollars s'il était fait conjointement.

Les responsables officiels des deux côtés disent que ce partenariat est crucial car les Palestiniens devraient jouer un rôle nouveau en tant que fournisseur d'énergie pour Israël, où la demande en électricité est 10 fois supérieure à celle de la Palestine et elle augmente de 7% chaque année. M. Shaath, le ministre palestinien du Plan, a déclaré qu'en plus d'Israël, le surplus de production de gaz palestinien trouverait d'autres marchés. Parmi ceux-ci on pense à la Jordanie et plus tard, la Turquie ou à la clientèle européenne grâce à un pipeline qui pourrait passer par l'Egypte. 

Ces découvertes devraient non seulement fournir de l'énergie aux Israéliens et aux Palestiniens, mais aussi de l'eau douce. Les ressources de gaz naturel devraient rendre abordables des usines de dessalement, couplées aux infrastructures de production d'énergie qui desservent les zones côtières densément  peuplées de Gaza et d'Israël. Cela devrait aider à résoudre le problème de la rareté de l'eau, qui est un des plus aigus parmi ceux rencontrés au plan diplomatique et environnemental dans la région.

Les experts prévoient que malgré les gisement de gaz offshore, les Israéliens et les Palestiniens devront importer du pétrole pour leur besoin en terme de transports.

En tout cas pour les Palestiniens, le gaz local apporterait une dimension d'indépendance énergétique bien venu par rapport à Israël, qui leur fournit actuellement la totalité de l'électricité. Les Palestiniens prévoient d'ores et déjà d'utiliser les ressources de gaz offshore dans les trois nouvelles usines de production électrique qu'ils mettent sur pied.

Pour les Israéliens qui sont économiquement forts et dont le gaz devrait jaillir en premier, l'impact de cette ressource inespérée pourrait être autant psychologique que financier.

A cause d'une absence de choix, Israël a depuis toujours dépendu du pétrole provenant de l’extérieur du monde arabe: Il fait venir actuellement son charbon d'Australie, de Colombie et d'Afrique du Sud. Son pétrole brut provient de Norvège, d'Angleterre et du Mexique.

Les experts disent que le fait qu'Israël possède ses propres réserves de gaz (et qu'il ait accès au gaz palestinien) devrait faciliter l'achat de gaz supplémentaire à l'Egypte, qui construit actuellement un pipeline vers la frontière israélienne. L’objection d’Israël envers le gaz égyptien venait de la peur de dépendre d’une seul fournisseur arabe.

Yossi Meiman, un Israélien dont la société a proposé une desserte du gaz égyptien vers les usines de production électriques, espère qu'Israël et les Palestiniens développeront un réseau de gaz intégré. Il a déclaré que « si vous voulez vivre dans une région où les gens ne se jettent pas de pierres, le meilleure manière d'y parvenir est de créer une dépendance mutuelle. »

 

Traduction française : Lionel P. pour Futur Quantique.

 

Des balles dans la tête, un éclat d’obus dans la colonne vertébrale : les terribles blessures subies par un enfant de Gaza

Topaz Amoore
Telegraph

Samedi 17 janvier 2009

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Un jeune garçon palestinien blessé dans un hôpital de Gaza

 

Les docteurs d’un hôpital près de Gaza sont quasiment dépassés par le nombre d’enfants palestiniens ayant besoin de soins suite à des blessures par balle à la tête.

La semaine dernière, en une seule journée, le personnel soignant de l’hôpital El-Arish dans le Sinaï a dû mener des examens cérébraux poussés par tomographie axiale assistée par ordinateur sur un enfant de 9 ans, deux de 10 ans, et un autre de 14 ans – chacun d’entre eux avait encore une balle logée dans le cerveau, après avoir été la cible de tirs pendant l’attaque terrestre israélienne contre Gaza.

Le docteur Ahmed Yahia, chef du service de traumatologie, a annoncé à la grand-mère d’Anas, âgée de 9 ans, que sa petite fille ne survivrait pas.

« Anas était dans une coma profond lorsqu’elle est arrivée, et elle est toujours dans un coma profond » a déclaré Yahia. « La balle a endommagé une grande partie du cerveau. Elle est entrée dans le cerveau, a heurté la boîte crânienne puis a suivi une trajectoire descendante. J’ai vu de nombreuses blessures par balle et je pense que dans le cas présent les dégâts sont tellement importants qu’ils pourraient s’avérer mortels. »

Le Dr. Yahia, professeur de neurochirurgie qui a travaillé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, estime que la balle a été tirée de près. « Si la balle change de direction dans le cerveau, cela signifie que sa vitesse et sa force de pénétration sont élevées » a-t-il déclaré.

« Je ne peux pas vraiment dire si ces enfants sont pris pour cibles, mais dans certains cas la balle entre par le front et pénètre vers l’arrière de la tête, j’en déduis donc que l’arme a été directement pointée vers l’enfant. »

Alors qu’Israël se préparait hier à un éventuel cessez-le-feu, ses dirigeants ont continué à nier que ses soldats ont délibérément ciblé des civils, reprochant aux combattants du Hamas de se cacher parmi les habitants de Gaza et de les utiliser comme boucliers humains.

Mais la magnitude des souffrances subies par Gaza et son énorme impact sur les plus jeunes sont indéniables. Les Nations Unies ont dénombré 346 enfants palestiniens tués depuis le début de l’attaque israélienne, tandis que selon le Hamas, le parti islamique radical qu’Israël essaye d’éliminer, il y a 410 enfants parmi les 1201 victimes palestiniennes.

Encore plus d’enfants ont été blessés – 1 630 selon le Hamas – parmi lesquels une proportion troublante ayant subi de graves blessures à la tête.

Des centaines de victimes de l’attaque israélienne qui dure depuis trois semaines ont été transférées à Rafah, de l’autre coté de la frontière égyptienne pour être traitées en urgence. Elles sont d’abord examinées à El-Arish, à quasiment 60 km de la frontière. Pour des patients qui sont souvent sous assistance respiratoire, il s’agit d’un dangereux périple à travers une zone de combat.

D’après l’un des chefs d’équipe de l’hôpital, le docteur Ayman Abd al-Hadi, il s’agit du pire conflit qu’il ait connu. «  Nous avons reçu un enfant qui avait deux balles dans la tête et nulle part ailleurs », a-t-il déclaré « nous pensons que cela signifie quelque chose ».

Il a loué les équipes médicales de Gaza qui ont réussi à sauver tant de vies malgré des pénuries de personnels, de consommables et d’équipements. « Mais seulement un petit pourcentage survit à des blessures par balles à la tête » a-t-il ajouté. Si nous voyons ici trois enfants survivre à de telles blessures, ils y en a probablement 97 à Gaza qui en sont morts.

Les docteurs de cet hôpital petit mais bien équipé n’essayent pas d’extraire les balles, mais conduisent un examen complet et tentent de stabiliser les patients, dont la plupart sont inconscients – avant de les envoyer vers les hôpitaux du Caire, et dans certains cas à l’étranger pour des traitements plus complexes. Une infime partie des survivants sont susceptibles de récupérer totalement. La plupart des enfants victimes de telles blessures resteront probablement paralysés pour le reste de leurs jours.

D’autres enfants souffrent de blessures différentes mais tout aussi horribles – comme Samer, qui n’a pas encore trois ans, qui est allongée et joue avec un gant de chirurgien gonflé comme un ballon tandis que son médecin égyptien essaye de la distraire de la douleur provoquée par la perfusion d’antalgiques qu’il s’apprête à lui enfoncer dans la main.

Après qu’elle ait reçu une balle dans la colonne vertébrale devant sa maison à Gaza, les équipes de secours ont mis trois heures pour arriver jusqu’à cette enfant à la beauté exceptionnelle. Son oncle, Hassan Abedrabo, a déclaré que Samer avait été touchée par une balle israélienne qui avait atteint la moelle épinière et l’avait laissée paralysée. Ses deux sœurs, âgées de 2 et de 6 ans, ont été tuées au cours de la même attaque alors qu’elle tentaient de fuir les tanks tout proches qui bombardaient leur maison de Jabaliya dans le nord de Gaza.

La mère a été touchée deux fois mais a survécu. M. Abedrabo a déclaré que leur grand-mère qui agitait un drapeau blanc en tête de cette tragique procession familiale a perdu un bras après avoir reçu une balle.

Samer a été depuis transférée vers un hôpital belge, mais les médecins égyptiens qui l’ont prise en charge à El-Arish pensent qu’elle ne pourra plus jamais marcher. Si elle est trop jeune pour comprendre de quoi désormais son futur sera fait, Samer sait ce qui lui est arrivé. « Les juifs m’ont tiré dessus » a-t-elle dit en Arabe. « Et ils ont tué ma petite sœur ».

M. Abedrabo, l’oncle de Samer, a insisté sur le fait qu’il n’y avait aucun combattant du Hamas dans leur maison la semaine dernière lorsque les tanks israéliens ont ouvert le feu. Il est partisan du Fatah, le pire adversaire politique du Hamas, dirigé par le président palestinien Mahmoud Abbas.

« Les tanks ont commencé à tirer sur le quatrième étage » a déclaré M. Abedrabo au cours d’une visite à l’hôpital auprès de sa nièce. Une trentaine de personnes se sont réfugiées au rez-de-chaussée tandis que les tanks détruisaient le troisième étage, puis le deuxième, puis le premier.

« La maison a commencé à trembler et nous étions terrifiés » a-t-il ajouté. « Les femmes et les enfants hurlaient, croyant que la maison allait s’effondrer. »

« Comme je parle hébreu, je me suis adressé aux Israéliens. L’officier a dit : « sortez », les femmes et les filles sont sorties en premier tout en agitant un drapeau blanc. Ils ont ouvert le feu alors qu’elles étaient à 15 mètres d’eux. Comment ne pas voir que c’était des enfants ? Ils le voyaient bien. »

Trois heures plus tard, lorsqu’un cousin est arrivé avec des médecins palestiniens, 8 personnes étaient encore dans la maison. A ce moment-là, M. Abedrabo a déclaré que des missiles tirés par des F-16 israéliens ont détruit ce qui restait du bâtiment, tuant ceux qui étaient encore à l’intérieur.

Les psychiatres de l’hôpital, qui voient chacun des patients, s’inquiétaient en particulier pour ce jeune garçon de 13 ans, qui, grièvement blessé par des éclats d’obus, est resté coincé sous les décombres de sa maison pendant trois jours. Il a vu les chiens commencer à dévorer les cadavres des membres de sa famille situés autour de lui.

Alors que la semaine dernière, les pressions internationales exercées à l’égard des deux parties augmentaient en vue d’un cessez-le-feu, il y avait peu de signes d’une évolution négative de l’opinion publique israélienne par rapport à cette campagne.

A l’occasion d’une décision controversée, l’association israélienne des Droits de l’Homme a protesté contre le sort réservé aux enfants palestiniens en achetant une page entière dans le quotidien Haaretz. Elle y pleurait la mort d’enfants de tous âges et affichait le mot « stop » en lettres rouge vif.

« Peu ont conscience du prix que paye la population civile de Gaza » a déclaré Nirit Moskovitz, un porte-parole de l’association. «  La société israélienne a besoin qu’on lui rappelle que des individus en chair et en os et des enfants innocents souffrent. Les enfants touchent la corde sensible de chacun d’entre nous et c’est pour cela que nous avons décidé de nous focaliser sur eux.

Les docteurs d’El-Arish ne peuvent pas vérifier individuellement les témoignages des victimes de Gaza. Mais rien de ce qu’ils ont vu ne contredit les déclarations de civils selon lesquelles ils ont été délibérément pris pour cibles.

 

Traduction française : Axel D. pour Futur Quantique.

22/01/2009

Membres arrachés et lambeaux de chair dans la rue

Ewa Jasiewicz
The Sunday Herald
Samedi 10 janvier 2009 

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© Inconnu

« Un garçon à côté de moi est devenu fou, il était abasourdi, il a vu le massacre, la rue était pleine de sang, les clous provenant des obus étaient aussi longs que ma main »

Les membres de la famille Shadoura vivent dans le quartier de Moaskar Jabaliya au nord de la bande de Gaza. Ils sont originaires de la ville qui s’appelait Majdal à l’époque de la Palestine de 1948, et qui s’appelle Ashkelon dans l’Israël d’aujourd’hui. Leur maison blanche à un étage, toute simple, se trouve à seulement quelques mètres de l’école Al-Fakhoura de l’ONU où 42 personnes, dont 20 enfants, ont trouvé la mort lorsque des tanks israéliens ont ouvert le feu sur un carrefour fréquenté. Des ambulanciers et des témoins oculaires ont rapporté n’avoir vu alors rien d’autre que « des membres arrachés et des lambeaux de chair » dans la rue. D’après des témoins, 4 obus de tanks ont percuté le sol et projeté alentour une nuée d’éclats brûlants.

Mohammad Shadoura, 9 ans, était alors en train de jouer aux billes dans la rue avec des camarades. Bassem Ahmad Shadoura, le père de Mohammad, était près de lui. Il a décrit la scène en ces termes : « j’ai vu une explosion, suivie d’une fumée noire qui a tout envahi – toute la zone était complètement noire. J’ai vu un garçon pointer le doigt en l’air en disant : “ je suis témoin de Dieu”, je l’ai pris dans mes bras pour l’éloigner. C’est alors que j’ai vu mon fils, il avait été touché à la jambe et à la tête. Son cerveau sortait de sa boîte crânienne. »

Mahmoud, 15 ans, raconte ce qu’il a vu, ses yeux s’écarquillent tandis qu’il revit ce traumatisme : « Partout où nous regardions, ils y avait des jambes arrachées, des gens décapités, des morceaux de chair. Un garçon à côté de moi est devenu fou, il était abasourdi, il a vu le massacre, la rue était pleine de sang, les clous provenant des obus étaient aussi longs que ma main »

Je suis assis dans la maison des Shadoura. Les femmes sont dans leur deuxième jour de deuil collectif. La mère de Mohammad, prostrée et silencieuse, est soutenue par ses sœurs, ses tantes et ses filles : Najah, 17 ans, Iman, 12 ans et Shahed, 2 ans ; toutes pensent à Mohammad. Leur demeure est très simple, la salle de séjour est partiellement ouverte sur un toit en tôles ondulées où nichent des pigeons blancs. À travers l’espace d’un mètre entre le haut des murs et le début du toit, on peut voir tout autour des hélicoptères Apache balayer leurs projecteurs aveuglants.

Trois chats, dont un minuscule chaton roux, s’étirent au soleil. Le sol est couvert de tapis colorés, des matelas en mousse sont posés contre les murs ; et il y a le poster de Nidal, un cousin âgé de 24 ans, les cheveux courts, le regard serein. C’était un combattant du Jihad islamique.

Il a été tué par un missile israélien il y a deux mois. Comme dans toutes les familles du coin, il y a peu de consensus politique. Bassem était officier supérieur au sein du Fatah, et son frère était agent des renseignements pour la police.

Bassem ne travaille pas, mais il continue à percevoir un salaire de 700 dollars mensuels versé par la délégation du Fatah à Ramallah. Une telle somme n’est pas vraiment suffisante pour une famille de 7 enfants. La location de leur maison pourvue d’une seule chambre coûte 100 dollars par mois. Le gaz – dont le prix a plus que doublé depuis le début du blocus – coûte près de 120 dollars pour une bouteille de 6 kg. Si on peut en trouver une, elle dure approximativement deux semaines. Lorsque aucune bouteille n’est disponible, ils utilisent un four en terre cuite, chauffé au bois et au papier. Les neufs membres de la famille dorment dans la chambre unique.

Il n’y avait pas d’eau dans la maison. La ligne électrique a été détruite mardi par les obus tirés par le tank, et le réseau d’eau est alimenté par une pompe électrique. Même si cette attaque n’avait pas eu lieu, l’électricité n’est disponible que 4 heures par jour.

Najah, 17 ans, me demande mon numéro de téléphone. C’est une adolescente pleine de vie, dans ses vêtements de deuil noirs, la tête recouverte d’un hijab. Bien sûr, je lui donne mon numéro. Je lui demande de décrire son frère. « C’était le meilleur d’entre nous. Il était très gentil ».

« Lorsqu’il regardait la télévision, il était terrifié par tous ces meurtres – la mort de tous ces enfants. »

Nous dînons à la lueur des bougies. Une petite assiette de thon en boîte, deux petits bols de « salade de Gaza » - des tomates découpées avec des oignons et du piment – une sorte de sauce salsa à la palestinienne, des olives cueillies sur l’olivier familial, une mujadarra – mélange de riz et de lentilles - froide (pas de gaz pour la cuisson). Après le repas, je me retrouve avec toute la famille assis sous la même couverture ; tous les regards sont dirigés vers le nouvel invité. Les enfants constituent 51% de la population gazaouie, et ils voient tout.

« Tellement de voisins sont morts », explique Foad. Iman, 12 ans, connaissait l’une des filles de Nizar Rayan, un haut dirigeant du Hamas qui a été tué avec ses 4 épouses et ses 11 enfants. Aya Rayan, 12 ans, a trouvé la mort lorsque 8 bombes larguées par un F-16 ont détruit la maison familiale. 10 autres maisons ont été rasées au cours de cette attaque. J’ai vu ce site de mes propres yeux, un gigantesque amas de blocs de béton entassés les uns sur les autres, des maisons pulvérisées, un monticule de 100 mètres de diamètre, entouré d’au moins 4 appartements dont les murs s’étaient effondrés, révélant les salles de séjour, des murs colorés avec des photos de proches ou de soleils couchants, des cuisines dévastées, avec les familles cherchant dans les décombres, et, en dessous de tout cela, couvert de poussière blanche, le corps tordu d’un cheval mort.

« Regardez ça » me dit Mahmoud, 15 ans. Il me tend un rocher de la taille d’un ananas. « le jour de l’attaque, il a traversé le toit de ma grand-mère qui habite la maison à côté de la nôtre. Le rocher a transpercé le toit. Si nous avions été là, il nous aurait tués » ajoute-t-il.

Le père de Mohammad boit doucement son thé ambré au goût suave. « Les enfants sont très contents que vous soyez là », déclare-t-il.

Il tire sur sa cigarette. « J’ai travaillé en Israël, j’ai vécu avec des Israéliens, des juifs originaires d’Europe, d’Iraq, du monde arabe, et nous nous entendions bien ensemble, nous étions amis. Ce sont de braves gens, à 100%. J’ai travaillé douze ans là-bas, mais rien n’a changé. »

Bassam a été emprisonné en 1983, avant le début de la première intifada. Il avait seulement 16 ans et il a passé 3 années dans les geôles israéliennes. « Vous savez pourquoi ? », me demande-t-il, son visage fin, sage, déterminé s’évanouissant dans l’obscurité. «  Pour avoir lancé une pierre »

« Je n’ai pas pu terminer mes études, on me l’a interdit, et le Croix Rouge n’a rien fait pour nous. Ils nous ont juste donné des vêtements. »

Nous levons les yeux vers le poster de Nidal. « C’était un combattant » dit Bassem. « Mon fils avait 9 ans, il ne faisait rien de mal. Dans notre religion, on dit que notre fils est au paradis. Il boira l’eau du paradis. Notre fils est un martyr. »

Nous allons nous coucher. Il est 8 heures du soir et la bougie inonde toute la pièce d’un doux et discret halo orangé. L’explosion des bombes secoue la maison, un sifflement bref suivi d’une détonation sourde. « Ça dure toute la nuit », commentent les enfants.

Reem, la mère de Mohammad, a seulement 36 ans, mais elle semble en avoir 10 de plus. Elle sort les vêtements de Mohammad, les porte à son visage, les sent puis les replie.

Ses larmes commencent à couler dans la pâle lumière orangée. « Où, où ? », dit-elle doucement. Ses sœurs la réconfortent. Parmi elle, Im Qusam. « Vous savez, nous ne pouvons pas dormir. Nous ne pouvons pas vivre, pas de gaz, pas de pain, pas d’eau »

Bassem se rappelle la procession d’enterrement des 42 victimes. J’y étais aussi.

« C’était la première fois en un an et demi que nous avons tous marché ensemble, nous avons tous prié ensemble, toutes les factions, tous les drapeaux étaient là. Je voulais que pendant ces funérailles, mon fils soit le fils de tout le peuple palestinien ».

D’habitude, chaque faction organise ses propres processions de deuil et ses propres enterrements. Mahmoud 15 ans, se souvient de l’enterrement. « Nous venions d’enterrer les victimes lorsque les Israéliens nous ont tiré dessus, nous avions tellement peur que nous sommes partis en courant. Nous avons tout le temps peur, tout le temps peur d’être touchés. »

Assis sur une petite colline sablonneuse, écoutant une belle chanson triste interprétée par une voix grave, j’ai vu les participants aux funérailles courir, enjamber les pierres tombales pour atteindre la sortie du cimetière tandis que chaque tir dispersait un peu plus la foule. Des snipers « Kannaas », me souffla funestement mon ami.

Je demande à Ahmad, 16 ans, ce qu’il pense des roquettes de la résistance palestinienne. « Ils nous envoie des missiles et l’on devrait se taire ? Nos roquettes sont comme des jeux, ce sont des jouets comparés à leurs missiles. Mais elles nous donnent du courage »

Nous nous couchons dans le bruit des explosions de missiles, les plus proches secouent la maison. Nous sommes submergés de terreur. « C’était une maison ! C’était une maison ! » souffle Reem au milieu de la nuit. La maison de la famille Salha dans le quartier en développement de Beit Lahiya a été bombardée à 4 heures et demi du matin. 6 membres de la famille, dont 4 âgés de moins de 15 ans y ont trouvé la mort. D’après des proches, ils s’étaient réfugiés dans cette maison par sécurité.

Nous nous réveillons au son des bombes. Je compte 15 bombardements israéliens entre 7 heures et 8 heures 30. 2 vieilles roquettes palestiniennes fatiguées y répondent. Nous partageons à dix une assiette de 5 œufs brouillés assaisonnés de poivre et 4 galettes de pain blanc.

Tout le monde fait une pause. « Jabaliya était une ville si belle », dit Roweeya, 17 ans, tout en nous servant du thé. « Il y a un jardin juste à côté, il est rempli d’orangers. Les Israéliens n’arrêtent pas d’y envoyer des missiles ».

Axel D. pour Futur Quantique

21/01/2009

Faites les passer tout de suite en justice !

Interview de Gilad Atzmon par un journaliste iranien

Palestine Think Tank

Traduction Eutopic (révisée par Futur Quantique)

mardi 20 janvier 2009

Kourosh Ziabari : Tout d’abord, j’aimerais connaître votre opinion sur le conflit actuel à Gaza, que certains ont appelé « la bataille la plus catastrophique des dix dernières années. » Que pensez-vous du carnage dont sont victimes les civils, les femmes et les enfants à Gaza ?

Gilad Atzmon : Ce que nous voyons à Gaza est la fabrication d’un déni d’un Holocauste. L’État juif se livre à la barbarie la plus obscène. Et pourtant, le monde ne dit rien. Une fois encore, nous voici confrontés à cette réalité, que le fait d’avoir donné un mandat pour l’installation d’un foyer national pour le « peuple juif » se révèle une erreur grave et meurtrière. La seule question est de trouver un moyen de démanteler cette créature monstrueuse, suicidaire et prédatrice, sans transformer notre planète en une boule de feu.

Kourosh Ziabari : Vous critiquez l’État d’Israël si durement ; cependant, vous avez sans doute remarqué que les médias et les hommes politiques israéliens se contentent de coller une étiquette de « traître » à chacun, simple citoyen, journaliste, professeur, ou analyste, qui, en Israël se permet de condamner l’État juif pour les boucheries et les massacres qu’il commet. Qu’en pensez-vous ?

Gilad Atzmon : D’abord, ce n’est déjà pas si mal d’être un « traître » dans un état assassin. Cependant, je ne me considère pas comme un israélien. Je suis né là-bas, mais il y a longtemps que je n’y vis plus ou même que j’y aie mis les pieds. Une fois que j’ai pris conscience que je résidais sur une terre volée, en qualité d’oppresseur, j’ai empaqueté mes saxos et je suis parti. Dans une certaine mesure, je puis être considéré comme « un Juif qui se déteste et qui en est fier. » Je suis plein de honte de moi-même et de ceux qui étaient mes compatriotes. Je parle de ma honte ; j’écris à ce sujet et je compose ma musique en essayant d’affronter ce sujet.

Kourosh Ziabari : Les officiels israéliens prétendent qu’ils n’ont fait que chercher à riposter en attaquant les bases du Hamas, et qu’ils ont essentiellement tué des gens de l’armée et des militaires. Par ailleurs, ils avaient interdit l’accès de la Bande de Gaza occupée aux journalistes et aux correspondants de guerre, et leur ont interdit de diffuser la réalité. Comment peuvent-ils justifier cette contradiction ? Pourquoi ne permettent-ils pas aux journalistes d’entrer à Gaza s’ils sont tellement sûrs de la vérité de leurs déclarations ?

Gilad Atzmon : Je ne pense pas que les Israéliens soient le moins du monde préoccupés par leurs contradictions ou par leurs incohérences. Les Israéliens sont pas non plus concernés par leur image.

Je voudrais essayer d’approfondir. Israël est actuellement le plus grand Ghetto Juif de tous les temps. Le Ghetto Juif est essentiellement un endroit où les Juifs peuvent célébrer leurs idiosyncrasies et leurs symptômes collectivement, entre eux, sans avoir à faire attention à ce qu’ils disent, pensent ou éprouvent. Israël s’est déjà entouré de murs gigantesques dont le seul but est de donner à la ségrégation une signification réelle. Et cependant, le Ghetto juif d’Israël est très différent du Ghetto juif d’europe de l’est. En Europe de l’Est, les Juifs étaient intimidés par la réalité qui les entourait, dans le Ghetto Israélien, ce sont les Juifs qui intimident les autres. Ils répètent que l’entièreté du Proche et Moyen Orient doit être maintenu dans un état d’anxiété permanent.

La mentalité de Ghetto est un outil d’analyse très utile. Il nous aide, par exemple, à comprendre pourquoi le premier ministre Olmert s’est permis de se vanter publiquement d’avoir humilié le président Bush et la Secrétaire d’État Rice. Dans le Ghetto, les Juifs ses sentent en sécurité, ils peuvent s’exprimer librement en restant à peu près sûrs que rien ne filtrera chez les Goyim. Dans le Ghetto, une seul logique s’applique : la logique juive.

Dans les années 50, le premier ministre Ben Gourion a adopté la mentalité du Ghetto juif pour formuler un précepte de politique israélienne qu’il a éloquemment formulé comme suit : « Ce que disent les Goyim n’a aucune importance, la seule chose qui compte est ce que font les Juifs. » Apparemment, ce mantra du Ghetto juif à la Ben Gourion a réussi à séparer les israéliens du reste de l’humanité. Mais cela va plus loin, comme nous le voyons à Gaza et dans tout conflit qui implique Israël. Cela détache le paradigme hébraïque de toute notion d’éthique humaniste.

Cette même philosophie se transpose aisément dans le pragmatisme militaire israélien, mortel : « Ce que les Nations Unies ou le monde entier pense n’a manifestement pas la moindre importance, tout ce qui compte est ce que fait l’armée israélienne. »

Maintenant, je veux parler du sujet des journalistes étrangers. Les chefs militaires israéliens savaient pertinemment, à l’avance, que Gaza allait devenir un bain de sang pour les civils Palestiniens. Ils savaient manifestement à l’avance quel genre d’armement ils allaient employer. Ils ne voulaient surtout pas que des journalistes étrangers fassent état dans les média du monde entier du Massacre de Gaza. Les média internationaux et le « droit de savoir » ne constituent pas un intérêt national israélien. Dans l’État du Ghetto juif, la seule chose qui compte est ce que fait l’armée israélienne.

Les Israéliens voulaient « finir leur travail » d’abord, tuer beaucoup de Palestiniens, détruire gaza, et démanteler son infrastructure, de façon à retrouver le pouvoir de dissuasion qu’il ont perdu depuis bien des années. Des journalistes présents à Gaza auraient pu encombrer leur chemin.

Kourosh Ziabari : En partant d’une description aussi complexe, quelle est, selon vous, la raison principale pour laquelle Israël bloque les bateaux d’aide humanitaire à destination de Gaza ? Y a-t-il quelque chose de mal à laisser passer de la nourriture, des médicaments, des produits de premiers soins destinés à une multitude de gens à qui est refusé tout accès au monde extérieur ?

Gilad Atzmon : La réponse est presque étymologique. Parler d’« effort humanitaire » suppose une certaine familiarité avec la notion d’humanisme ; Comme les Israéliens ne se sentent pas concernés par l’éthique ou par l’humanisme universel, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils soient touchés par des efforts ou des problèmes humanitaires. Au cours des derniers jours, Israël a bombardé des hôpitaux, des écoles, des centres pour réfugiés, et des centres de distribution de l’aide des Nations Unies. Il vaut mieux en prendre son parti : l’État Juif est une organisation criminelle de haut vol qui n’a guère de pareille. Il serait plus sage de s’attendre à ce qu’Israël se comporte comme la personnification du mal ultime, et j’ai le regret de dire qu’en effet ils ne m’ont jamais déçu.

Kourosh Ziabari : L’emploi de phosphore blanc dans les bombes que l’armée israélienne lâche sur la tête des civils et sur leurs maisons à Gaza me semble une violation manifeste des règles internationales et des Conventions de Genève. Y a-t-il la moindre possibilité de donner à ces crimes de guerre la récompense qu’ils méritent ?

Gilad Atzmon : Je ne suis pas un expert juriste, et je ne puis donc vous donner une réponse appropriée. Cependant, il est très intéressant de noter que, bien que partout dans le monde la condamnation d’Israël pour l’emploi de bombes au phosphore soit quasi unanime, l’armée sioniste n’a pas arrêté l’emploi de ces armes, et que ce n’est pas la première fois qu’ils utilisent des armes non conventionnelles contre des civils en dépit de la condamnation internationale. Nous voyons tous les jours ces bombes mortelles qui explosent sur des cibles civiles. Une fois de plus, nous voyons que ce que peuvent dire les Goyim n’a pas la moindre importance. La seule chose qui compte, c’est ce que font les Juifs, c’est-à-dire tuer des civils Palestiniens. Je voudrais encore ajouter que les lamentations israéliennes sur la nécessité de détruire des armes de destructions massive « potentielles » que d’autres nations pourraient posséder devient pathétique de la part de gens qui disposent eux-mêmes d’un aussi obscène arsenal de têtes nucléaires. Comme ils ne se soucient aucunement du doit international, pourquoi se soucieraient-ils de l’opinion publique internationale ?

Kourosh Ziabari : Provisoirement, même si la guerre s’arrête aujourd’hui et qu’Israël se retire des territoires occupés, le résultat de ce conflit est de plus de 1 300 morts et de la destruction de 70% des infrastructures, des bâtiments, des lieux publics. Comment la véritable justice pourrait-elle s’exercer à propose d’Israël et de ses crimes contre l’humanité ?

Gilad Atzmon : A nouveau, je ne suis pas un expert. Ce n’est pas que je refuse de me prononcer. Mais ma préoccupation est d’abord l’étude de l’identité Juive et Israélienne. Je m’intéresse à la métaphysique de l’inclinaison génocidaire d’Israël. Je réfléchis à une identité qui peut infliger tant de douleur et se livrer à de tels carnage sur des civils innocents. Je m’intéresse à la banalité du mal qui se révèle dans la barbarie ultime d’Israël et dans le soutien qu’apportent à ce mal des institutions juives à travers le monde. Je crois qu’une fois que l’on commence à prendre conscience de ce à quoi nous sommes confrontés, nous pouvons peut-être trouver un moyen de le combattre. Honnêtement, je ne crois pas aux tribunaux internationaux. Il me semble infiniment plus efficace de faire reconnaître à tous à travers le monde que l’État Juif n’est rien d’autre que de la barbarie à l’état pur.

Kourosh Ziabari : Encore une dernière question. Quel message, en tant qu’artiste israélien, souhaitez-vous envoyer au peuple de Palestine, à ces mères qui ont perdu leurs enfants ou à ces enfants traumatisés qui subissent maintenant le choc de se retrouver orphelins ?

Gilad Atzmon : Oh mes chers frères et soeurs. J’ai le coeur brisé en contemplant la mort et le carnage que vous a infligé l’État Juif. Nous voyons tous ce que vous avez subi et nous savons tous que la justice est de votre côté. Je vous supplie de ne pas perdre espoir. Le mal finit toujours par rencontrer sa fin, et il en va de mal avec le mal juif. Israël rencontrera sa fin, même s’il est possible que nous ayons à travailler à faire venir cette fin.

Une chose, cependant, est claire. Le prétendu « Occident libéral » s’est montré lamentablement incapable de vous sauver ; les États Arabes n’ont pas encore tous rejoint votre lutte. Aussi triste que cela soit, et bien que la justice soit à l’évidence de votre côté, vous êtes seuls ici, confrontés au mal ultime.

Israël a encore beaucoup de bombes dans son arsenal. Mais vous, mes frères et soeurs Palestiniens, possédez quelques choses que eux n’ont pas : la justice est de votre côté, l’humanité est dans les rues de vos cités, vous avez la vigueur et la bombe ultime, celle de la démographie.

La Palestine est une terre. Israël est un État.

Les États vont et viennent, la terre reste éternellement.

Vive la Palestine.

L’attaque de Gaza a été décidée en concertation avec l’Égypte et l’Arabie saoudite

Réseau Voltaire, 19 janvier 2009

Entretien de Thierry Meyssan au « Courrier d’Algérie »

Condoleezza Rice et Tzipi Livni ont signé vendredi à Washington un accord bilatéral destiné, disent-elles, à empêcher « la contrebande d’armes » vers Ghaza. Rice a indiqué avoir téléphoné aux ministres des Affaires étrangères britannique, David Miliband, allemand, Frank-Walter Steinmeier et français, Bernard Kouchner, « pour les informer » de sa démarche ajoutant : « Je pense que ces efforts vont être suivis très rapidement par les Européens ». Selon le porte-parole du département d’État, Sean McCormack, Washington s’engage dans ce document à mobiliser des « équipements » pour aider Israël à empêcher « la contrebande  ». Il n’a cependant pas précisé ce que seraient ces équipements, mais il a indiqué que les États-Unis ne déploieraient pas de troupes sur le terrain. Dans cet entretien accordé au Courrier d’ Algérie, Thierry Meyssan revient sur cette offensive acharnée que mène Israël contre la bande de Ghaza.

Le Courrier d’Algérie : Vous indiquez dans votre article intituléLa guerre israélienne est financée par l’Arabie saoudite que l’attaque israélienne contre Gaza, est une option préparée de longue date. Que nous faut il comprendre par « option » ? Ce serait une option à quoi et mise en œuvre par qui et dans quelle but ?

Thierry Meyssan : Le régime en place à Tel-Aviv attaque à intervales plus ou moins réguliers la population palestinienne pour décapiter sa Résistance et la décourager pour plusieurs années. Cette stratégie, d’abord empirique, a été théorisée par Abba Eban à la fin des années 60. Celui-ci —qui avait été élevé en Afrique du Sud— considérait que, pour maintenir l’apartheid en Palestine, il fallait dialoguer avec des autorités politiques palestiniennes tout en faisant la guerre à la société civile palestinienne. Cette stratégie est parvenue à un certain degré de raffinement avec la création de deux entités politiques palestiniennes, géographiquement distinctes, la Cisjordanie et Gaza, séparées par un Mur et des chek points, sur le modèle des bantoustans sud-africains. 
Dans cette optique, le régime sioniste se prépare en permanance à de nouvelles actions militaires contre la population civile. L’opération « plomb durci », quand à elle, a été préparée six mois à l’avance, la pseudo trêve n’ayant été conclue que dans ce but, ainsi que l’a révélé le quotidien israélien Haaretz. C’est en ce sens que je parle d’une « option ». Restait à définir le moment propice pour la mettre en œuvre, aussi bien en termes diplomatiques que politiques.

Le Courrier d’Algérie : Vous indiquez également qu’Israel a élevé cette agression au rang de cause nationale et religieuses ?

Thierry Meyssan : Selon les cas, le régime de Tel-Aviv mène ces expéditions punitives contre la population palestinienne avec ou sans avoir recours aux réservistes. Cette fois, l’ampleur de l’opération supposait la mobilisation de dizaines de milliers d’hommes. Les autorités ont donc utilisé un langage symbolique pour faire comprendre à leur population juive l’importance de cet effort. D’où le nom de « plomb durci » quif ait référence à un chanson entonnée pour Hannukka. 
Cette fête religieuse célèbre le miracle de l’huile. Selon La Bible, les juifs chassèrent les Grecs (les Séleucides, héritiers d’Alexandre le Grand) de Palestine. À l’issue de batailles meurtrières, les soldats juifs rendirent grâce à Dieu dans le temple de Jérusalem, mais ils n’eurent pas le temps de se purifier. Ils allumèrent une lampe avec de l’huile pour la nuit en pensant revenir le lendemain pour reprendre le rituel. Or, la lampe brûla durant huit jours, manifestant que Dieu ne leur en tenait pas rigueur, c’est-à-dire qu’Il ne considérait pas que massacrer les Grecs ait rendu les soldats juifs impurs. 
En utilisant cette référence, le régime de Tel-Aviv suggére qu’il n’y a rien d’impur à massacrer des Palestiniens et, comme on peut le constater avec effroi, les soldats juifs n’ont pas tardé à mettre ce message en pratique.

Le Courrier d’Algérie : Vous mentionner également et dans se même article le rôle actif de l’Arabie saoudite et de l’Égypte dans cette offensive, peut-on avoir plus de précisions ? Et quels auraient été intérêts de ses deux États à s’impliquer dans des manœuvres hautement dangereuses et compromettantes ?

Thierry Meyssan : La montée en puissance du Hamas pose un problème politique à l’Égypte et à l’Arabie saoudite. Il s’agit en effet d’un mouvement de libération nationale issu d’un milieu religieux sunnite progressiste et susceptible d’influence dans le reste du monde musulman via les organisations sunnites, actuellement contrôlées par l’Arabie saoudite, et dans une moindre mesure par l’Égypte. 
Un succès du Hamas signifierait à court terme une révolution en Égypte, et à moyen terme une autre en Arabie saoudite. 
De ce point de vue, la guerre actuelle à Gaza n’a pas seulement pour but de maintenir l’apartheid en Palestine, mais aussi et surtout, de maintenir un contrôle réactionnaire et obscurantiste sur l’ensemble de la communauté sunnite ; un contrôle qui est exercé dans l’intérêt des Anglo-Saxons et d’Israël par des gouvernements soutenus par eux à bout de bras. 
Elle fait apparaître un clivage qui n’ont rien à voir avec l’ethnie ou la religion. Le vrai conflit n’est pas entre juifs et musulmans, entre chiites et sunnites, entre arabes et perses, mais il oppose la liberté et le droit d’un côté, à la domination et à la violence de l’autre. 
L’opération « plomb durci » a été planifiée par Tel-Aviv avec ses partenaires de Riyad et du Caire. Elle se résume ainsi : les forces armés israéliennes, le blocus égyptien et les finances saoudiennes. À cela s’ajoute le soutien de l’Égypte aux paramilitaires du général Mohamed Dahlan. Ils sont actuellement 2 500 stationnés près de Rafah (et non 10 000 comme je l’ai précédemment écris par erreur en comptabilisant des forces égyptiennes). Ces mercenaires arabes sont prêts à entrer à Gaza, une fois la résistance au sol maitrisée par les tanks israéliens, pour faire le sale boulot à la place des Israéliens, c’est-à-dire y massacrer les familles du Hamas 
Cette opération militaire s’accompagne d’une action diplomatique de l’Égypte et de l’Arabie saoudite pour torpiller les initiatives de la Ligue arabe promues par le Qatar et la Syrie. Tout cela est certainement difficile à admettre, mais il faut regarder la réalité en face. Riyad et Le Caire ont rejoint le camp sioniste.

Le Courrier d’Algérie : Quelles seraient les visées de cette offensive pour Israel et les États-unis ?

Thierry Meyssan : Les États-Unis ne sont pas responsables du déclenchement de cette opération. L’administration Bush finissante n’en avait pas le pouvoir. Durant la période de transition, elle ne peut qu’expédier les affaires courantes, 
Tel-Aviv a placé Washington devant le fait accompli et l’a contraint à suivre en assurant le réapprovisionnement des munitions. Je le redis : la décision de l’attaque n’a pas été prise en concertation avec les Etats-Unis, mais avec l’Égypte et l’Arabie saoudite.

Le Courrier d’Algérie : Quelles appréciation faites vous de l’arsenal utilisés contre la population de Gaza ? Beaucoup évoquent des raisons expérimentales.

Thierry Meyssan : Israël est devenu un exportateur de matériels et de savoir-faire militaires. Il n’est pas nouveau qu’il utilise la population palestinienne à la fois comme cobaye pour tester de nouvelles armes, et comme vitrine, pour montrer en situation réelle à ses acheteurs les capacités de ses matériels. 
On se souvient par exemple des expérimentations conduites à Jenine et de l’interdiction formelle édictée par les Israéliens aux organisations internationales d’aller y enquêter même des années plus tard.

Le Courrier d’Algérie : La donne pourra t-elle changer une fois Barak Obama officiellement investi ?

Thierry Meyssan : Le régime sioniste et les États arabes sionistes craignent l’évolution en cours à Washington. Barack Obama, au départ un pur produit du mouvement sioniste, lancé en politique il y a douze ans par Abner Mikva, est parvenu à la Maison-Blanche en constituant une coalition hétéroclite qui inclus des généraux non pas anti-sionistes, mais a-sionistes. Je pense au groupe formé par l’amiral William Fallon (ex commandant en chef du Central Command) autour du général Brent Scowcroft (ex-conseiller national de sécurité). Il s’agit de militaires qui entendent revoir la politique proche-orientale en fonction des seuls intérêts US et qui, tout en soutenant le principe d’un État juif sont opposés à l’expansionisme sioniste. Ce groupe, qui a trouvé une expression politique avec la Commission Baker-Hamilton, contrôle le département de la Défense (avec Robert Gates) ; la CIA (avec Leon Panetta) et le Conseil national de sécurité (avec l’amiral James Jones). Les sionistes, quand à eux, contrôlent partielelment la Maison-Blanche (avec le secrétaire général Rahm Emanuel) et le département d’État (avec Hillary Clinton et son adjoint James Steinberg). 
Barack Obama devrait repositionner les États-Unis de manière plus ou moins neutre, pour qu’ils redeviennent un tiers de confiance dans la région, apte à négocier entre les uns et les autres. Il devrait relancer le processus de la conférence de Madrid. Il souhaite présenter un plan visant à réduire les conflits, plutôt qu’à les résoudre. Les grandes lignes en sont déjà été présentées à de nombreux leaders arabes, elles tournent autour d’une interprétation nouvelle de la « solution à deux États » : 
- Naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent et indemnisation financière de ces États ; renoncementde facto par les Palestiniens à leur droit pourtant inaliénable au retour. 
- Création d’un État palestinien démilitarisé, avec une partie de Jérusalem comme capitale et dans les frontières de 1967 ; investissements financiers massifs pour y créer une économie viable. 
- Interposition d’une force de paix de l’OTAN.

Les sionistes tentent préventivement de rendre cette proposition impossible. Au demeurant, le plan états-unien limiterait le nombre de personnes souffrant d’une situation d’injustice, mais consacrerait définitivement cette situation.

Propos recueillis par Meriem Abdou. 
Entretien publié dans Le Courrier d’Algérie du dimanche 18 janvier 2009.

« Nous sommes tous des Palestiniens » : Gaza, la guerre et la solidarité internationale

David Wiebe

Global Research

Vendredi 16 Janvier 2009

The Bullet

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© Jordanian Times

Les Jordaniens manifestent contre le massacre.


Aux quatre coins de la planète, les bombardements israéliens sur Gaza ont provoqué horreur et consternation. Le nombre élevé de victimes dans les territoires occupés à la densité démographique record a déclenché une vague mondiale de condamnations et de manifestations. En Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique Latine, en Afrique et en Asie, des millions de personnes ont manifesté contre la version israélienne de la doctrine « choc et effroi ». Le nombre et la taille des manifestations témoignent de la solidarité internationale pour la cause palestinienne, et ouvrent de nouveaux fronts contre le sionisme et la politique étrangère des États-Unis dans cette région.

Solidarité internationale envers la Palestine

Au Moyen-Orient, par exemple, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées et ont battu le pavé au Liban, en Turquie, en Syrie, en Jordanie, à Dubaï, en Arabie saoudite, en Libye et en Égypte. À de nombreuses reprises, ces manifestations ont critiqué la collusion des régimes arabes avec Israël et les États-Unis, ce qui a provoqué une sévère répression. Des manifestations et des émeutes ont également eu lieu dans les territoires occupés de la Cisjordanie et ont subi une répression organisée par Israël et le Fatah. À l’intérieur même des frontières d’Israël, se sont aussi déroulées des manifestations mobilisant des Arabes, des communistes, des anarchistes et des juifs, émaillées par quelques actes de « désobéissance civile ».

Les témoignages de solidarité à l’extérieur du Moyen-Orient n’ont pas été moins impressionnants, en particulier en termes de participation, d’implication et de représentation politique.

Dans le cadre de la journée mondiale de manifestation du 3 janvier, plus de 60 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Londres pour protester contre la guerre et la complicité du Royaume-Uni. Après la manifestation, plus d’un millier de chaussures ont été lancées sur la façade de la résidence du Premier ministre à Downing Street. Des manifestations de solidarité ont également eu lieu dans des villes anglaises plus modestes comme Birmingham, Manchester, Liverpool ou Newcastle. Le 10 janvier, plus de 100 000 personnes ont manifesté bruyamment et énergiquement à Londres.

La taille et la magnitude de ces manifestations ne peuvent être surestimées : pour la première fois, elles placent la lutte palestinienne comme symbole central et rassembleur du mouvement pacifiste en Grande-Bretagne, même dans les petites villes et agglomérations.

Les manifestations dans le reste de l’Europe ont été similaires. Le week-end des 3 et 4 janvier, plus de 20 000 personnes ont défilé dans les rues de Paris, et 10 000 à Berlin et à Francfort. Des manifestations ont également eu lieu à Stockholm, Helsinki, Rome, Lyon, Madrid, Amsterdam et d’autres grandes villes du vieux continent. Après une manifestation à Athènes devant les ambassades d’Israël et des États-Unis, une marionnette à l’effigie de Georges Bush a été brûlée, ainsi que de nombreuses banques. Fortes d’une longue tradition de solidarité avec la Palestine, les villes de Belfast et de Dublin ont organisé des manifestations. Le 8 janvier, en Norvège, au moins 40 000 personnes ont battu le pavé à Oslo et dans 5 autres villes dans le cadre d’un défilé organisé par près de 80 organisations. Le week-end dernier, les cortèges à Paris, Berlin et dans les autres grandes villes européennes ont rassemblé un nombre élevé de participants, dont 100 000 manifestants à Madrid. En Grèce, une manifestation prévue pour le 15 janvier a obligé le gouvernement à annuler un contrat avec l’armée étasunienne, qui espérait utiliser le port d’Astakos comme point de transit pour une livraison supplémentaire d’armements à destination d’Israël.

Ces manifestations en Europe ont projeté le problème palestinien sur l’avant-scène du mouvement pacifiste et ont déclenché de nouveaux appels à une campagne de boycott et de désinvestissement, et à une condamnation des dirigeants israéliens pour crimes de guerre. Les manifestations ont également obligé de nombreux gouvernements européens à demander un cessez-le-feu immédiat à Gaza et à geler le nouvel accord commercial liant Israël à l’Union Européenne.

Dans l’hémisphère Sud, des manifestations ont également eu lieu à Sydney et à Melbourne, en Australie, ainsi qu’à Auckland, en Nouvelle-Zélande, où un monument dédié à Israël a été couvert de sang et de peinture.

Dans la même veine, le 5 janvier, les étudiants de Delhi, en Inde, ont jeté 200 chaussures sur l’ambassade israélienne avant d’être arrêtés. Au cours des deux dernières semaines, à Srinagar, au Cachemire, la police a eu recours à plusieurs reprises aux gaz lacrymogènes et aux matraques contre des centaines de manifestants qui chantaient « Tous avec les Palestiniens » et « À bas Israël ».

En Afghanistan, des manifestations ont été organisées autour des mosquées de Kaboul et d’Herat où des milliers de personnes ont entonné : « Mort à Israël, aux États-Unis et à la Grande-Bretagne ».

Des manifestations ont également eu lieu la semaine dernière en Corée du Sud, en Indonésie, en Malaisie et en Thaïlande où des milliers de personnes ont exprimé leur colère.

En Amérique Latine, les gouvernements équatoriens et brésiliens ont accusé Israël de « crime contre l’Humanité » et de « terrorisme d’État », tandis que le président vénézuélien Hugo Chavez et le président bolivien Evo Morales expulsaient les ambassadeurs israéliens. Les citoyens ont manifesté dans tout le sous-continent américain, au Mexique, au Nicaragua, en Colombie, en Bolivie, en Argentine, au Costa Rica et à Cuba.

Les manifestations en Amérique du Nord

Même en Amérique du Nord, la colère contre les bombardements et l’invasion terrestre s’est clairement exprimée. Au Canada, des centaines de personnes se sont rassemblées à Ottawa, Halifax, Winnipeg et Vancouver. À Toronto, plus de 10 000 personnes ont participé à la manifestation du 3 janvier organisée par une large coalition de groupes pacifistes et d’organisations de soutien à la Palestine. Le 7 janvier, 8 femmes juives ont été arrêtées après avoir occupé le consulat israélien dans le centre ville de Toronto. À Montréal, 4 000 personnes se sont rassemblées pour une manifestation d’urgence contre la guerre. Jeudi dernier, 30 personnes ont occupé le consulat d’Israël à Montréal pour demander l’expulsion du consul général et l’arrêt immédiat de l’invasion israélienne et du siège de Gaza. Au Canada, ces manifestations et la campagne « Boycott, désinvestissement esanctions » ont été soutenues par nombre d’organisations syndicales, dont le syndicat canadien des postiers et le syndicat canadien de la fonction publique, qui ont tout deux diffusé un communiqué dénonçant les actions perpétrées par Israël à Gaza.

Le plus étonnant, peut-être, concerne les manifestations aux États-Unis. Dans plus de 100 villes étasuniennes, petites ou grandes, des milliers de personnes ont rejoint les manifestations depuis le début des bombardements le 27 décembre.

Par exemple, il y a deux week-ends, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées dans le quartier de Manhattan à New York. Ce fut la manifestation de soutien à la Palestine la plus importante jamais organisée dans cette ville, elle a mobilisé de nombreux groupes issus des communautés arabes et des partis de gauche.

San Francisco en particulier a été le théâtre de manifestations animées. Au cours des deux dernières semaines, des centaines de personnes se sont lancées dans des manifestations et des actes de désobéissance civile, dont un « sit-in » dans la rue, organisé par 50 activistes juifs s’opposant à l’occupation. Les cortèges ont également rassemblé un nombre record de participants à Boston, Houston, Washington, Seattle, Chicago, Cleveland, Minneapolis, Nashville, Denver, Kansas City, la Nouvelle Orléans, Portland, Orlando, Philadelphie, Los Angeles, Atlanta, Greenville, Sioux Falls, Toledo, Dayton, Raleigh, Des Moines et Oklahoma City, sans compter les autres villes. Plus récemment, le 14 janvier, 15 activistes juifs ont tenté de paralyser le consulat d’Israël à Los Angeles en bloquant sa route d’accès et en s’attachant au portail d’entrée.

L’importance du mouvement grandissant de soutien à la Palestine.

Ces manifestations sont importantes à plus d’un titre.

Premièrement, elles ont à nouveau galvanisé une bonne partie du mouvement pacifiste qui était relativement inactif depuis la défaite du sénateur John Kerry, candidat démocrate aux élections présidentielles de 2004.

Deuxièmement, ce sont les premières manifestations sur le sol étasunien qui mettent la Palestine au cœur du mouvement pacifiste. Dans le passé, le mouvement avait été gravement divisé sur le fait d’inclure ou pas le problème de la Palestine dans une campagne plus large ciblant la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient. Dans un tel contexte, les manifestations actuelles constituent un moment critique où le problème de la Palestine peut devenir le thème majeur défendu par le mouvement pacifiste. Tandis que l’UFPJ (United For Peace and Justice – Unis pour la paix et la justice) a pour l’instant évité d’organiser une manifestation de grande ampleur, il a appelé ses sympathisants à participer à la manifestation organisée à Washington par ANSWER (Act Now to Stop War & End Racism – Agir maintenant pour arrêter la guerre et mettre fin au racisme) et de nombreuses organisations arabes, musulmanes et palestiniennes. La pression et la mobilisation provenant de la base devront être maintenues afin que les grandes organisations pacifistes restent focalisées à long terme sur la Palestine.

Troisièmement, ces manifestations reflètent un changement important dans la manière dont le peuple perçoit la politique israélienne. D’après un sondage mené par l’institut Rasmussen, les Étasuniens sont extrêmement divisés quant au conflit actuel, avec 44% qui y sont favorables et 41% qui s’y opposent. Toutefois, parmi les sympathisants démocrates, 55% s’opposent à l’opération israélienne contre 31% qui la soutiennent. Ces chiffres ont une très grande importance étant donné le soutien total offert à Israël par les leaders du parti démocrate, les membres du Congrès et les grands médias. En effet, ce sondage suggère qu’un nombre croissant d’Étasuniens remettent en question et s’opposent au consensus des élites sur la question israélienne.

Quatrièmement, ces manifestations font naître l’espoir que le mouvement pacifiste soit indépendant de la future administration Obama. Bien que ce dernier ait un long historique d’échanges avec les communautés palestinienne et arabes de Chicago, et a promis une nouvelle approche de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient, ses dernières prises de position sur l’Afghanistan, l’Iran, l’Iraq et la Palestine exigent du mouvement pacifiste des protestations etune stricte opposition. Par exemple, la décision d’Obama de rester silencieux sur le conflit actuel qui sévit à Gaza contraste fortement avec ses condamnations des attaques terroristes de Bombay, et ressemblent à une approbation implicite des actions israéliennes. Dans un tel contexte, il est bon que les pacifistes et les activistes soutenant les Palestiniens aient d’ores et déjà manifesté devant l’hôtel de villégiature d’Obama à Hawaï et devant son quartier général temporaire à Washington. Ces manifestations entretiennent l’espoir que le mouvement anti-guerre ne sera pas récupéré et marginalisé par l’administration Obama, qui est remplie de vétérans issus des gouvernements Clinton et Bush II.

Cinquièmement, ces manifestations se trouvent justifiées par les actions de soutien à la Palestine qui sont organisées à l’échelle localedepuis quelques années. Toutes les grandes villes étasuniennes (et canadiennes, ainsi que la plupart des villes européennes) disposent d’un large éventail d’actions de soutien à la Palestine, depuis les festivals de films ou les groupes de poésie jusqu’aux campagnes sur le droit au retour des réfugiés, le siège de Gaza, et le « Boycott, désinvestissement, sanctions ». Des manifestations sont organisées régulièrement devant les consulats israéliens et des campagnes de boycott ciblent de nombreuses sociétés liées à Israël.

Les activistes palestiniens et arabes issus de la diaspora dirigent ces luttes à travers l’Amérique du Nord et sont généralement unis autour de (1) la critique d’Israël et de l’apartheid ; (2) l’appel à un boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël et (3) , pour résoudre le conflit, la demande d’n seul État avec bi-nationalité et d’un droit au retour pour les réfugiés palestiniens.

Comme démontré par ces manifestations, cette dynamique autour de la Palestine a gagné en ampleur et en signification. En fait, il est tout à fait possible que la Palestine devienne bientôt le problème central du mouvement pacifiste et de la gauche radicale aux États-Unis. Tandis que les médias et les élites politiques continuent à soutenir inconditionnellement Israël comme principal allié de l’impérialisme étasunien au Moyen-Orient, émergent parmi les activistes de base de tout le pays des signes distincts d’opposition à cette alliance et à l’oppression du peuple palestinien.

Aux États-Unis et dans le reste du monde, nous assistons à l’émergence d’un mouvement global de solidarité pour la cause palestinienne. De New York à Londres, de Caracas à Beyrouth, ce mouvement rallie des individus de toutes nationalités et de toutes confessions ; il affirme que « Nous sommes tous des Palestiniens »  et soutient le droit à la résistance contre l’occupation, la colonisation et le terrorisme d’État.

En tant que telles, ces manifestations posent les fondations potentielles permettant d’isoler et de sanctionner Israël à travers une campagne de boycottet de désinvestissement, comme demandé par les institutions civiles palestiniennes aux quatre coins de la planète. Tout comme le massacre de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, qui entraîna l’imposition de sanctions contre le régime de l’apartheid, la guerre contre Gaza pourrait déclencher le même type de réaction internationale à l’encontre de l’État sioniste.

La dimension mondiale des dernières manifestations fait naître l’espoir d’une telle perspective.

David Wiebe est écrivain, chercheur et activiste de gauche, il est originaire du Canada mais vit aujourd’hui aux États-Unis. The Bullet est un projet du Projet Socialiste.

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

Israël doit être jugé par la Cour pénale internationale - Pétition universelle

Source : Tlaxcala

19 janvier 2009

Environ 300 ONG et associations vont saisir le Procureur près la Cour Pénale Internationale, pour qu'une enquête soit ouverte à propos des crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Votre soutien est indispensable. Signez et faites circuler cette « pétition universelle ». C'est urgent.

 

A Monsieur le Procureur près de la Cour Pénale Internationale (CPI)

Le droit est la marque de la civilisation humaine. Chaque progrès de l'humanité est allé de pair avec le renforcement du droit. Le défi que nous lance l'agression d'Israël sur Gaza est d'affirmer, au cœur de ces souffrances, qu'à la violence doit répondre la justice. 

Crimes de guerre ? Seuls les tribunaux peuvent condamner. Mais nous devons tous témoigner car un être humain n'existe que dans son rapport aux autres. Les circonstances donnent toute sa dimension à l'article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1949 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». 

La protection des peuples, et non pas celle des Etats, est la raison d'être de la CPI. Un peuple sans Etat est le plus menacé de tous, et, devant l'Histoire il se trouve placé sous la protection des instances internationales. Le peuple le plus vulnérable doit être le plus protégé. En tuant les civils palestiniens, les chars israéliens font saigner l'humanité. Nous avons milité pour que le pouvoir du Procureur général soit au service de toutes les victimes, et cette compétence doit permettre d'adresser au monde entier un message d'espoir, celui de la construction d'un droit international fondé sur le droit des personnes. Et ensemble, un  jour, nous pourrons rendre hommage au peuple palestinien pour tout ce qu'il a apporté dans la défense des libertés humaines.

Campagne débutée le 19/01/2008

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