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11/01/2010

L'expérience de Asch




Il est intéressant et effrayant de constater combien la pression sociale peut l'emporter sur la vérité.

Comme prouvé par l'expérience de Salomon Ash, les individus préfèrent généralement adopter un mensonge qui fait l'unanimité (même s'ils sont conscients qu'il s'agit bien d'un mensonge) plutôt que de se confronter aux réactions négatives du groupe (regards, menaces, jugements, réjection, etc.)

Imaginez un monde où les opinions, les croyances, l'analyse des faits et événements seraient confiés à une poignée de médias collusifs colportant les mêmes mensonges.

Quel en serait l'impact sur la population ? Combien oseraient clamer la vérité ? Combien, usés par la répétition ad nauseam des mêmes mensonges, en viendraient à les considérer comme vérité ?

Il est également intéressant de noter que lorsqu'il n'y a plus unanimité parmi les faux participants (et il suffit ici seulement d'un complice parmi les cinq protagonistes) alors le sujet a beaucoup moins de pression et exprime la vérité beaucoup plus librement. Il dispose d'un allié et il ne sent plus seul face au reste du monde.

On peut transposer cette analogie au monde des médias décrit ci-dessus et s'interroger sur ce qu'il adviendrait si une masse critique de médias n'entonnait pas la version officielle. Combien d'individus cesseraient de se conformer au mensonge collectif ? Combien d'individus pourraient enfin dire tout haut ce qu'ils portent comme un secret honteux ? Combien d'individus pourraient enfin vivre en accord avec ce qu'ils pensent réellement ?

27/03/2008

La résignation apprise

La résignation apprise a été étudiée pour la première fois sur des chiens (e.g., Overmier & Seligman, 1967). Le protocole consistait, lors d’une phase de pré-traitement, à soumettre des chiens à des chocs électriques auxquels ils ne pouvaient pas échapper.

Ensuite, lors d’une phase de test, les chiens étaient placés dans une cage et subissaient à nouveau des chocs électriques, mais cette fois-ci ils avaient la possibilité d’y échapper à partir d’une réponse simple. Les chiens ayant subi cette phase de prétraitement n’apprenaient pas cette réponse.

Au lieu de cela, ils adoptaient des attitudes prostrées et résignées, et subissaient passivement la décharge électrique. Cette attitude contrastait fortement avec celle de chiens n’ayant pas subi la phase de pré-traitement, qui réagissaient aux chocs et apprenaient rapidement comment y mettre fin.

Selon les chercheurs, les chiens avaient « appris » à être résignés ; après l’exposition préalable à un choc incontrôlable, ils apprenaient qu’il n’y avait plus rien à faire : le choc électrique surviendrait, et cela indépendamment de leurs comportements (Maier & Seligman, 1976).

Autrement dit, il est présumé que l’apprentissage de l’indépendance du lien entre les comportements et les résultats est représenté sous la forme d’une attente de résignation susceptible de se généraliser à de nouvelles situations et de produire trois types de déficits : motivationnel, cognitif et émotionnel.

Le premier se traduit par de la passivité, le second par la difficulté d’apprendre que certaines réponses de l’individu conduisent à des résultats, et le dernier par des états émotionnels négatifs.

Après avoir été observé chez d’autres espèces animales, ce phénomène a commencé à être étudié chez l’Homme. Le protocole expérimental était le même que celui utilisé pour l’animal : les sujets étaient confrontés à des événements incontrôlables dont les conséquences étaient observées. L’exposition à des bruits désagréables ou à des problèmes insolubles (e.g., Hiroto & Seligman, 1975 ; Seligman, 1975) a remplacé les décharges électriques, mais les effets du phénomène subsistaient : après avoir fait l’expérience d’incontrôlabilité (i.e., de l’inutilité de leurs efforts), les personnes manifestent une variété de déficits motivationnels, cognitifs ou émotionnels (pour une revue de ces études voir, Mikulincer, 1994 ; Peterson, Maier & Seligman, 1993).

L'article complet est disponible sur le site cairn.info