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20/07/2007

Le meilleur des mondes version Sarkozy

L'article ci-dessous est issu du site Solidarité et Progrès

 

Nicolas Sarkozy croit à la prédestination génétique comportementale. Et, comme c’est bizarre... plusieurs membres de sa famille semblent prédestinés à des comportements « à risque » qui viennent appuyer la vision de contrôle politique et social du nouveau Président français. Les membres de la caste sarkosienne sont introduits dans les milieux du renseignement, de la finance et des lobbies pharmaceutiques.

Un contrôle social, tel que Nicolas Sarkozy le voudrait, ne pourra exister que par un flicage biométrique (fichage avec prélèvement génétique) et la mise sous camisole chimique des individus à « comportement à risque ». Aux Etats-Unis, un projet gouvernemental de surveillance des déviances comportementales chez l’enfant, la New Freedom Initiative (Initiative pour une nouvelle liberté, est déjà instauré. En France - première dans l’histoire - Sarkozy vient de nommer le Pr Arnold Munnich, conseiller en génétique. Il dirigera l’unité « Handicaps génétiques de l’enfant » à l’hôpital Necker-Enfants malades.


Dictature scientifique

Dans Le Meilleur des mondes (1931) d’Aldous Huxley, une société intégralement contrôlée par un système « scientifique » de castes rend la servitude tolérable aux populations par l’administration de doses régulières de bonheur chimiquement provoqué. Ainsi est aboli le libre-arbitre de tout un chacun par un conditionnement méthodique promu par des « Administrateurs mondiaux ». « Sous la férule d’un dictateur scientifique, l’éducation produira vraiment les effets voulus et il en résultera que la plupart des hommes et des femmes en arriveront à aimer leur servitude sans jamais songer à la révolution » conclura-t-il au dernier chapitre de son livre Que faire ? en 1958.

Ainsi, le projet politique d’Huxley exige la mise en place de dirigeants complices d’une élite financière supranationale (les « administrateurs mondiaux » du Meilleur des mondes). Sommes-nous entrés dans le monde d’une dictature scientifique tel que le décrivait Aldous Huxley ? Romance existentialiste ou projet politique ?

Nicolas Sarkozy veut instaurer un fichage systématique de la population française. Les prétextes sont divers : contrôle de la délinquance, des déviances comportementales... Pour cela, il faudra faire accepter à la population ce fichage.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un bref intermède sur l’histoire de la génétique prouvera que cette idée n’a rien de novateur. Aux Etats-Unis, dès 1910, les grandes familles bancaires Harriman et Rockefeller finançaient la Eugenics Record Office, un centre de recherche sur l’hérédité génétique contenant, en 1935, près d’un million de fiches sur les familles présentant des cas d’épilepsie, d’alcoolisme, d’érotomanie... Pour éviter la propagation de ces tares « familiales », les membres de la Eugenics Record Office préconisaient la stérilisation. Ces familles financières ont apporté leur soutien aux célèbres docteurs nazis Verschuer et Mengele jusque dans les années quarante.

Cinquante ans après la publication du Retour au meilleur des mondes, l’Unité Inserm 675 (Institut national de la santé et de la recherche médicale), dirigée par Philip Gorwood, enquête sur la « génétique des comportements addictifs » en soumettant 6000 étudiants d’une vingtaine d’établissements de Champagne-Ardennes à un questionnaire et à un test salivaire ADN. Philip Gorwood est spécialiste du « gène comportemental de l’alcoolo-dépendance » et de ceux de la dépendance à la cocaïne, à l’héroïne et au cannabis (www.erudit.org). Chercheur au service de psychiatrie de l’hôpital Louis Mourier à Colombes, en région parisienne, il travaille sur les gènes codant le transporteur de la sérotonine 5-HTT.


Le lien entre génétique et contrôle politique



« L’intoxication systématique des individus pour le bien de l’Etat (et, incidemment pour leur propre plaisir) était un élément essentiel des Administrateurs mondiaux. La ration de soma quotidienne était une garantie contre l’inquiétude personnelle, l’agitation sociale et la propagation d’idées subversives »

(Persuasion chimique, Retour au meilleur des mondes, Aldous Huxley, 1958).

L’enquête champenoise portait sur les comportements et déviances sexuelles, addiction à la drogue ou à l’alcool ou même tendance suicidaire, non seulement chez les élèves mais aussi chez leur famille et leur entourage. Pour éviter le consentement des parents, le projet a porté sur de jeunes adultes scolarisés de plus de 18 ans. Une initiative identique, portant sur la santé mentale des enfants, a été tentée dans d’autres régions, notamment à Paris où les fédérations de parents d’élèves se sont opposées à une enquête menée par la MGEN (Mutuelle générale de l’Education nationale). Les formulaires avaient été glissés dans les cartables des enfants.

L’objectif est d’inscrire à terme toute la population française dans le FNAEG (Fichier national automatisé des empreintes génétiques) pour des besoins de police intérieure et mondiale. La loi de sécurité intérieure adoptée en mars 2003, sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, a fait du « refus de se soumettre à un prélèvement ADN » un délit. La mise sous fichier de la population française comporte le relevé des empreintes biométriques (palme, iris et ADN) ainsi que diverses données comme le parcours juridique des individus dès le plus jeune âge.

Une idée française ? Pas du tout ! Un projet de l’Empire britannique tel que le concevait Aldous Huxley, ayant pour but d’assurer un contrôle social par une Nouvelle gouvernance mondiale fasciste. Aux Etats-Unis, « l’Initiative pour une nouvelle liberté » prévoit déjà le dépistage des maladies mentales en milieu scolaire, puis sur l’ensemble de la population. Malheureusement, la tendance est de faire entrer dans la catégorie « maladies mentales » des comportements qui ne seraient qu’un refus d’obéir à l’injustice d’une autorité. On peut présumer les risques réels de dérapages. Un suivi obligatoire et un dossier médical personnalisé sont déjà en place non seulement pour les cas dépistés mais aussi pour les personnes à comportements à risques. Ces personnes pourront être « soumises » à une obligation de traitement « pharmacogénétique », c’est-à-dire à une mise sous camisole chimique. Si la forme actuelle de contrôle des populations n’est pas tout à fait identique à celle du début du XXe siècle, malgré tout, l’histoire bégaie et la plupart de nos contemporains ont perdu la mémoire.


Fratrie et mafia pharmaceutique

La caste Sarkozy est un atout dans le plan du gouvernement actuel et rien ne se fait par hasard quand la nécessité fait loi, surtout lorsqu’il s’agit d’histoire de famille et de gros sous. Le père Paul Sarközy de Nagy-Bosca est issu d’une famille aristocratique hongroise qui a quitté la Hongrie à l’arrivée des troupes de l’Armée rouge en 1944. Paul est un anti-communiste virulent. En 1949, il épouse Andrée Mallah et a trois enfants de cette union : Guillaume, Nicolas, François. Il divorce en 1959 et épouse Christine de Ganay vers 1964. Ils ont deux enfants, Olivier et Caroline.

Un fait troublant est le second mariage de Madame de Ganay avec Franck G. Wisner, un diplomate américain, membre du conseil d’administration d’Enron de 1997 à 1999, du CFR, de la Rand Corporation et, surtout, fils de Franck Wisner. Cet ancien responsable de la CIA en Europe pendant la Guerre froide a été l’un des principaux organisateurs du Congrès pour la liberté de la culture, l’opération anglo-américaine visant à promouvoir une contre-culture destructrice des individus et des nations. Il a également été impliqué dans les campagnes lancées aux Etats-Unis et en Europe contre Lyndon LaRouche.

Les enfants ont hérité du désir de pouvoir de leur père [Note de Pouvoir et Psychopathie : peut être ont ils également hérité des gènes autosomes de leur père. Ce sont ces gènes qui seraient porteurs des facteurs héréditaires de la psychopathie] et se sont introduits dans les hautes instances financières et politiques. L’aîné, Guillaume, chef d’entreprise dans le textile, a été vice-président du Medef jusqu’en août 2005. Nicolas vient en second. Dans la saga familiale, François Sarkozy tient le rôle du médecin pédiatre et bénéficie d’une introduction avantageuse dans les milieux pharmaceutiques. On peut se poser la question de l’influence qu’il a pu avoir sur son frère dans l’intérêt qu’il porte à la génétique comportementale. Vice-président du conseil de surveillance de BioAlliance Pharma depuis janvier 2006, le Dr Sarkozy est un associé au sein d’AEC Partners depuis 2001, une société de conseil dans le domaine pharmaceutique basée à Paris.

Pourquoi souligner ainsi le parcours du Dr Sarkozy ? Le lien entre le dépistage des comportements « génétiques » à risque et le milieu pharmaceutique est un marché à fort pourcentage de revenus, comme le démontre l’exemple états-unien. Le 20 janvier 2004, Allen Jones, enquêteur pour le bureau de la Santé publique de Pennsylvanie, alerte sur la mise en place d’un programme modèle par les grandes firmes pharmaceutiques, Le Texas Medication Algorithm Project (TMAP). Le projet vise à la démocratisation de psychotropes produits hors parcours et non labellisés par les Etats, sur la population carcérale, les enfants ou adolescents « agités », les comportements addictifs (alcool, stupéfiants...).

Le petit dernier, Olivier Sarközy est sur le point d’entrer à l’Elysée à la demande de Nicolas. Il co-dirige le département de fusions et acquisitions de l’Union des banques suisses à New York, où il travaille sur les plus grosses opérations de la finance et conseille la banque néerlandaise ABN Amro.

Selon Allen Jones, les campagnes présidentielles de George W. Bush (2000 et 2004) ont été financées par la Fondation Robert Wood Johnson du Texas, qui avait bénéficié d’un renvoi d’ascenseur des compagnies pharmaceutiques Janssen Pharmaceutica et Janssen Ortho McNeil. Le groupe avait obtenu un marché important dans le suivi pharmaceutique des prisonniers atteints de troubles cliniques mentaux. D’autres compagnies ont pratiqué des accords similaires (www.psychrights.org) parmi lesquelles, Novartis, Eli Lilly, GlaxoSmithKline...

Une manne financière pour ces différentes compagnies pharmaceutiques qui projettent ainsi un développement commercial sans précédent grâce à une clientèle servie par le gouvernement de Georges Bush. En effet, le suivi comportemental de la population et l’obligation de soins avec mise sous camisole chimique qui l’accompagne, est digne du monde d’Aldous Huxley. On peut aussi se poser quelques questions sur la création de prisons-hôpitaux tels que les conçoit Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui les prisons se remplissent de personnes en péril psychologique. Cette population carcérale est déjà soumise à des prises régulières de « calmants ». Les nouvelles structures risquent de devenir un marché nouveau pour les lobbies pharmaceutiques si l’approche de contrôle médicamenteux se trouve renforcée, alors qu’il faudrait des structures de suivi psychiatriques vouées au soin et à la rééducation.


Certains sont plus égaux que d’autres


En 1994, Arnold Munnich, nouveau conseiller en génétique auprès de la présidence, devient directeur d’une unité de recherche de l’Inserm (U 393, handicap génétique de l’enfant). Dans un entretien du 1er mars 2003 (www.picardp1.ivry.cnrs.fr), il commente l’expérience faite par Alain Fischer sur de petits patients victimes de graves déficits immunitaires : « Mais je me demande s’il n’a pas été un peu aventureux, en tous cas, de se lancer dans l’entreprise avant même d’avoir effectué des essais sur des modèles animaux. [...] Bon, le problème de la mort de ces petits patients est arrivé au meilleur d’entre nous, scientifique je veux dire... ». Une affaire qui a fait grand bruit dans la presse en 2003, lorsque plusieurs « bébés bulles » ayant subi une thérapie génique, sont morts d’une leucémie induite par celle-ci. Aussi, le professeur Munnich pense qu’il ne faut pas négliger les autres possibilités thérapeutiques, « en particulier la pharmacologie ».

Avant 1970, un médicament n’entrait sur le marché qu’après dix à vingt ans de tests sur les animaux, puis sur l’homme. Il faut préciser que si une médication a des conséquences à court terme, elle en a aussi à long terme et il faut prendre le temps de les connaître pour ne pas nuire. Malheureusement aujourd’hui, dans la précipitation du marché, on lance parfois de nouvelles molécules à peine deux ans après leur découverte.

Ce qui gêne dans la recherche sur le gène est la trop grande part laissée à l’irrationnel. Force est de constater que l’obligation de résultats pour une biologie généticienne hyper-médiatisée depuis plusieurs décennies pousse certains chercheurs à la faute. L’affaire des « bébés bulles » est révélatrice d’une déviance comportementale du monde de la génétique. Expérimenter sur des êtres vivants est un jeu à haut risque, surtout quand les chercheurs en sont encore à douter des fonctions des gènes.

La Constitution française stipule que tous les hommes naissent libres et égaux en droit, mais dans le monde d’une dictature « scientifique » où la recherche de la contrainte par la détermination génétique est la loi, les hommes ne sont plus définis que par une classification de leurs comportements. Chaque individu devrait se poser la question fondamentale de ce qui différencie l’homme de l’animal pour ne pas finir dans le vaste troupeau d’hommes triés, répertoriés et socialement domestiqués. Pour conclure, voici un extrait de La république des animaux de George Orwell (1964) qui donne à méditer : « Tous les animaux sont égaux, mais certains d’entre eux sont plus égaux que d’autres »

Agnès Farkas

27/06/2007

Le gnome et l'orque, saigneurs des agneaux ?

Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.

Nicolas Sarkozy, qui n'a pas obtenu le diplôme de Sciences Politiques en raison de notes éliminatoires en anglais semble essayer de rattraper son retard dans le domaine en rencontrant des anglophones.

Après sa réception médiatisée de l'émissaire de la scientologie Tom Cruise, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa poursuit sa tournée des grands humanistes de la planète en rencontrant Arnold Shwarzenegger.

Comme nous le savons Arnold Schwarzenegger est le gouverneur actuel de la Californie. Si nous nous penchons sur sa biographie, des éléments singuliers apparaissent, extraits de son parcours et de celui de son père Gustav :

"...Le père d'Arnold, Gustav, a essayé de s'inscrire au parti nazi autrichien dès 1938. Il a fini par être enrôlé dans les tristement célèbres SA de Hitler, ou "chemises brunes", en mai 1939, six mois après la fameuse "nuit de cristal", au cours de laquelle les SA se sont illustrés d'une manière infâme. C'est pendant cette nuit que les propriétés des Juifs, leurs entreprises, leurs maisons et leurs synagogues, ont été pillées, rasées, brûlées et détruites dans toute l'Allemagne et en Autriche. Des milliers de Juifs furent raflés et conduits dans des camps de concentration.

Au cours de la seconde guerre mondiale, Gustav a suivi l'armée allemande dans ses campagnes brutales et sanglantes en Pologne, en France et en Russie. Au cours de ces campagnes, le rôle de Gustav fut celui d'un policier militaire. Il se rendait souvent au front pour combattre dans les zones où les combats étaient les plus violents.

Gustav Schwartzenegger finit par être promu au grade de sergent-chef dans la Feldgendarmerie, la police militaire allemande. Le rôle de cette police militaire était d'identifier et de rechercher les populations civiles destinées au massacre ou à l'internement dans des camps de concentration.

Arnold Schwartzenegger est depuis longtemps l'ami personnel d'un certain nombre de criminels de guerre nazis, ainsi que de néo-nazis autrichiens. Arnold a en particulier invité Kurt Waldheim, ancien Secrétaire Général des Nations Unies, à son mariage avec Maria Shriver en 1986. A cette époque, K. Waldheim avait déjà été dénoncé comme un ancien officier SS, qui avait commis des crimes horribles contre les Grecs et les Serbes au cours de la dernière guerre mondiale.

Pendant la cérémonie de son mariage, Arnold Schwartzenegger fit un discours très émotionnel, allant jusqu'à dire : "J'aime Kurt, malgré toutes ces balivernes nazies !" On lui avait pourtant conseillé la prudence, en raison du passé nazi de K. Waldheim..."

Voilà donc un premier point commun troublant. Les deux intéressés ont un père nazi et ont de fait hérité des gènes autosomes de ceux-ci. Le parcours nazi du père Sarkozy a été décrit dans un article précédent nous n'y reviendrons donc pas.

Un deuxième point commun réside dans cette profonde obssession pour le pouvoir. Dans "The Hero of Perfected Mass" , le Terminator déclare : "A ce moment-là, je ne pensais pas à l'argent. je pensais à la gloire, simplement devenir le plus grand. Je rêvais de devenir le dictateur d'un pays ou bien un sauveur comme Jésus..."

De son côté Nicolas Sarkozy dévoile une partie de sa relation au pouvoir en paraphrasant Laurent Fabius qui évoque en ces termes sa candidature en 2007 : "J'y pense parfois le matin en me rasant". Par la suite, Nicolas Sarkozy réplique sur le même sujet, en employant la même métaphore: "Pas seulement en me rasant" ! 

Il est intéressant de noter dans le même "The Hero of Perfected Mass", une autre déclaration d'Arnold Schwarzenegger :

"C'est comme lorsque les gars commençaient à fumer dès l'âge de onze ans, j'étais le premier à dire 'c'est pas bon'. Vous voyez j'avais le sentiment que c'était une pratique d' untermensch."

 Ce terme untermensch est un concept de fond de l'idéologie nazie, selon laquelle il y  aurait une race supérieure aryenne (devrions nous dire les individus portant le gène de la psychopathie ?): les ubermensch et une race inférieure, les non-aryens (devrions nous dire les individus dépourvus du gène de la psychopathie ?), les untermensch.

Cela nous renvoie aux déclarations foncièrement eugénistes sur le gène du suicide, le gène de l'homosexualité,... proférées à plusieurs reprises par Nicolas Sarkozy et épinglées entre autre par le philosophe Michel Onfray

Héritages génétiques et culturel d'un père nazi, obssession pour le pouvoir, vision eugéniste du monde,... Malgré leur différence de gabarit, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa et Arnold Schwarzenegger ont manifestement de nombreux points communs.

Pour terminer une petite photo qui illustre le tout. Ce cliché m'a rappelé un dessin animé de l'époque. J'ai du mal à me souvenir du titre, à si maintenant ça me revient, Diabolo et Satanas.

 

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05/06/2007

Attali et Sarkozy, communauté de vision

 Dans son édition du 3 juin 2007, le Nouvel Observateur nous informe que Jacques Attali se dit prêt à accepter une mission au sein du gouvernement Sarkozy.

L'on pourrait s'interroger sur ce qui peut bien rapprocher un ex-conseiller de François Miterrand, président de gauche de Nicolas Sarkozy actuel président d'(extrême) droite. 

Au-delà de la connexion sioniste, il est intéressant de se pencher sur les analyses de Jacques Attali en terme d'eugénisme tout en gardant à l'esprit les positions de Nicolas Sarkozy à ce sujet révélées au cours de son entretien avec Michel Onfray :

"...J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, ..."

Jacques Attali semble appartenir à la même communauté de pensée que Nicolas Sarkozy, où l'être humain constitue une race subalterne comparable à une marchandise (souvenez vous que les psychopathes considèrent les êtres humains comme une race à part, comme une race inférieure, méprisable en raison de ses doutes, de ses hésitations, de ses états d'âme).

Voici quelques extraits de l'interview de M. Jacques Attali publié par Michel Salomon dans son livre "l'Avenir de la Vie" (Seghers éd.) :

" La production de consommateurs et leurs entretien coûtent cher, plus cher encore que la production de marchandises elles-mêmes. Les hommes sont produits par des services qu'ils se rendent les uns aux autres, en particulier dans le domaine de la santé, dont la productivité économique n'augmente pas très vite." (p. 265)


" La productivité de la production de machines, augmente plus rapidement que la productivité relative de la production de consommateurs. Cette contradiction sera levée par une transformation du système de santé et d'éducation vers leur marchandisation et leur industrialisation. " (p. 265)
 

" Mais dès qu'on dépasse 60/65 ans, l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il coûte cher à la société. "
 
" D'où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l'objectif ne va plus être d'allonger l'espérance de vie, mais de faire en sorte qu'à l'Intérieur même d'une durée de vie déterminée, l'homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. Alors appareil un nouveau critère d'espérance de vie : celui de la valeur d'un système de santé, fonction non pas de l'allongement de l'espérance de vie mais du nombre d'années sans maladie et particulièrement sans hospitalisation. En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s'arrête brutalement plutôt qu'elle ne se détériore progressivement. C'est parfaitement clair si l'on se rappelle que les deux tiers des dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mots de vie. De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n'atteindraient pas le tiers du niveau actuel (175 milliards de francs en 1979) si les individus mouraient tous brutalement dans des accidents de voiture. Ainsi force est de reconnaître que la logique ne réside plus dans l'augmentation de l'espérance de vie mis dans celle de la durée de vie sans maladie."
 
Et plus loin: " l'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c'est la liberté et la liberté fondamentale c'est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d'éliminer la vie lorsqu'elle sera trop insupportables ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l'euthanasie, qu'elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera une des règles de la société future. " (pp. 274-275).

 

Pour information Jacques Attali est nè le 1er novembre 1943. Il aura donc 64 ans cette année. Comme "charité bien ordonnée commence par soi même", il serait exemplaire que Jacques Attali montre la voie de la réduction des dépenses de santé. 

19/05/2007

Nicolas Sarkozy et l'eugénisme

Selon Robert Hare, les psychopathes sont définis comme des individus dépourvus de conscience. Ainsi ils sont étrangers à toute ces états d'âme liés à l'activité de la conscience : regrets, compassion, remords, empathie, doutes,...

Vous vous souvenez certainement de la tristesse que vous avez pu éprouver quand enfant vous avez vu un animal mourir ou un proche souffrir, les regrets que vous avez eu en réfléchissant à un acte peu glorieux, les doutes qui vous assaillaient face à une décision importante.

Un psychopathe ne connait pas ce type de sentiments. Très tôt il réalise cette différence, ils voit ses camarades s'émouvoir devant un chiot blessé, un petit oiseau mort ou la disparition d'un grand-parent alors que lui ne ressent absolument rien.

Le psychopathe voit la vie en noir et blanc. Les couleurs émotionnelles lui sont inaccessibles et autour de lui la grande majorité des individus (plus de 90% des êtres humains ne seraient pas atteint de psychopathie) voient le monde en couleur. 

Pour compenser cet handicap il va développer une sorte de mimétisme émotionnel. Lorque suite à tel ou tel événement les petits camarades éprouvent de la tristesse, le psychopathe va revêtir son masque de tristesse, lorsqu'il vont s'enquérir, émus, de la santé d'un élève hospitalisé, il va poser les mêmes questions la voie tremblante et ainsi de suite pour tout le registre émotionnel procédant de la conscience.

Après des années et des années de pratique, les psychopathes deviennent des maîtres du jeu émotionnel. Ils créent des masques émotionnels plus vrais que natures mais en plus ils lisent en un éclair l'état émotionnel de leurs interlocuteurs et ils connaissent parfaitement quel stimuli (un mot, un regard, une posture) déclenche quelle réaction émotionnelle.

Ainsi un psychopathe peut se fondre parfaitement dans la masse mais en plus il peut manipuler émotionnellement ses interlocuteurs générant en eux un élan de pitié, de l'admiration, dela confiance en fonction de ce dont il a besoin.

En outre de la même manière que les acteurs se reconnaissent en eux, les psychopathes se reconnaissent sans même qu'un mot soit prononcé.

C'est comme si deux races coexistaient, des êtres humains bourrés d'états d'âmes et des surprédateurs dénués de conscience. Un détail toutefois, seulement une des deux races a connaissance de cette coexistence.

Il est inutile de préciser que les psychopathes exécrent la vie émotionnelle des êtres humains. Comme le renard de La Fontaine qui trouvait les raisins inaccessibles trop verts, le psychopathe rejette cette vie émotionnelle à laquelle il ne peut accéder.

Il se perçoit souvent à juste titre comme un individu ultra efficace, pragmatique, déterminé, ambitieux et il onni cet autre race cernée par les doutes,  pleine de romantisme et animée de grands idéaux.

Dans le désert émotionnel d'un psychopathe, cet élan vers le bonheur, l'amour, la connaissance ou le partage sont un non sens. Son seul graal est le pouvoir et les mobiles qui vont avec : argent, apparences, titres, fonction sociales,...

Gardant cela à l'esprit revenons à un des épisodes les plus noirs de l'histoire de l'humanité : l'Allemagne nazie et son dirigeant Adolf Hitler. Son idéologie était basée sur un principe central celui de l'Ubermensch, l'aryen représentant de la race des seigneurs, la race supérieure. L'élimination des populations dites inférieurs comme les tsiganes, les juifs ou les homsexuels était une conséquence directe de cette vision du monde. 

Cette approche eugéniste semble folle pour un être humain qui comprend bien que la notion de bien et de mal va au delà des orientations sexuelles, religieuses ou politiques. Mais si vous vous mettez à penser comme un psychopathe alors cette idée prend tout son sens, il ya bien deux races d'être humains sur cette planète et elles sont fondamentalement différentes.

Revenons en à l'entretien entre Nicolas Sarkozy et Michel Onfray. Le président de la République française y déclare:

"...l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.

J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense..."

Pour un être humain normalement constitué, affirmer qu'un individu se suicide en raison de son patrimoine génétique et un non sens total. Il est évident que les aléas de la vie peuvent générer d'immenses souffrances qui parfois mènent au suicide.

Mais si vous faites partie de l'autre race, si vous êtes étranger aux émotions acquises telle que la tristesse, la culpabilité, la mélancolie, le désespoir qui peuvent malheureusement mener au suicide alors effectivement la seule explication logique que vous pouvez trouver réside dans l'inné, le gène du suicide.

En même temps le fait de pointer du doigt d'hypothètiques gènes du pédophile, du suicidaire ou du fumeur éloigne les regards d'un gène autosomal qui lui est bel et bien existant et qui explique l'essentiel des maux de notre société : la psychopathie.

Ne croyez pas que le délire sarkozien sur le dépistage génétique de la délinquance soit jeté aux oubliettes. l'INSERM financé par les deniers publics vient de boucler auprès d'un public d'adolescent une enquête préparatoire avec prélévement d'ADN  allant dans ce sens.

Plus de détails sur cette étude qui fait froid dans le dos dans le site "souriez vous êtes filmé".

24/04/2007

Article de Marianne

Il est trop rare de lire dans les médias largement diffusés des analyses politiques justes et courageuses. L'hebodmadaire Marianne signe un tel article dans son édition d'avril 2007 (14-20 avril):

 

de Jean-Francois Kahn, avec Serge Maury, Philippe Cohen, Laurence
Dequay et le service France de "Marianne"



Ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler


Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s'il ne l'avait pas dit ?

Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce
glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne,
agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique
cela), voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons
de la délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que,
selon lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient
d'origine génétique, qu'on était en quelque sorte biologiquement
programmé pour la déviance ou l'autodestruction, que l'action
éducative ou sociale n'y pouvait rien, le rachat ou la miséricorde
divine non plus - retour terrifiant du concept eugéniste du gène du
crime - sans que, pendant dix jours, aucun journal quotidien ou
hebdomadaire, aucune radio ou télévision réagisse.

Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, avant la riposte bayrouiste,
notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient
beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n'avait
même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante
rémanence de l'idéologie socio-biologique de l'extrême droite païenne.
Comme s'il était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l'UMP
que de stigmatiser le leader du Front national.

Comme si Sarkozy faisait peur.

Or cette sortie intervenait après l'annonce de la création, en cas de
victoire de la droite, d'un « ministère de l'intégration et de
l'identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et
pour cause, la presse allemande, et dont même l'extrême droite
autrichienne de Jôrg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux
relents ». Et, surtout, après la série de furieuses philippiques,
telles qu'on n'en avait plus entendu depuis quarante ans,
inimaginables dans quelque pays européen civilisé que ce soit, relents
de propagande stalinienne des années 50 et de rhétorique fascisante
d'avant-guerre, qui revenaient à décrire les concurrents du leader
UMP, qu'ils fussent centristes ou sociaux-démocrates, comme les
candidats protégeant les délinquants, le vol et la fraude, donc du
crime, les suppôts des voyous, les représentants du parti des
malhonnêtes gens et de la dégénérescence morale, l'anti-France enfin,
c'est-à-dire l'incarnation de la haute trahison. Or, cela n'avait
nullement empêché que Jean-Louis Borloo, même malheureux comme les
pierres, s'aplatisse ; que Simone Veil, fût-ce de la plus mauvaise
grâce possible, assure la claque et, dans un premier temps au moins,
que les médias, presque tous les grands médias, s'écrasent.
Tant le personnage fait peur.

SES MOTS POUR LE DIRE

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce
qu'il dispose, partout, et surtout dans les médias, d'amis dans la
place et très haut placés ? Ou parce qu'on redoute la brutalité de ses
réactions ?

La preuve par l'affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 : le
ministre délégué à l'Egalité des chances, interpellé à propos de
quelques fortes saillies du ministre de l'Intérieur, s'excuse : « Je
ne m'appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d'agression, on a connu
plus destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace
« de casser la gueule de l'insolent » et lui hurle, par saccades
rageusement répétitives, qu'il est « un connard, un salaud, qu'il ne
veut plus jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant,
Malek Boutih racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé
à la figure que François Hollande allait « lui casser la gueule »
parce qu'il aurait osé murmurer : « Je ne m'appelle pas Malek Royal. »
Aussitôt, invitation sur tous les médias à raconter l'histoire, comme
l'ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C'est Sarkozy qui a
obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce d
était là qu'infâme menterie. D'ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il
« croit n'avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis
deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que
signifierait le fait qu'effectivement, bien que siégeant sur les mêmes
bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir
Begag !

Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le
monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les
siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n'a
cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs
de campagne, accusés d'être responsables de la moindre difficulté de
campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au
propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec
des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à
Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal
pour un entretien avec la rédaction : « Libé n'a qu'à se déplacer ! ».
Il considère qu'il n'a pas été reçu à France 3 national avec les
honneurs qui lui sont dus. A l'adresse de la direction il hurle : « Si
je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

INSULTES...

C'est d' « enculés » que se font traiter les confrères d'une radio qui
lui ont apparemment tapé sur les nerfs... qu'il a sensibles. Il
soupçonne un journaliste d'être favorable à François Bayrou. « Ils
couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses
adversaires, il prévient, carnassier : « je vais tous les piquer. Les
niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle
Alliot-Marie, qu'il soupçonnait, à tort, d'avoir joué un rôle trouble
dans l'affaire Clearstream, ne l'appelle-t-il pas « la salope » ?
L'économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines
propositions du candidat UMP Il reçoit aussitôt un mail de son chef de
cabinet « On s'en souviendra ! » Même expérience rapportée par un
industriel qui eut le malheur de déplaire « On se retrouvera. On est
pour moi ou contre moi ! » « Je n'ai jamais été confronté, raconte ce
patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le
préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de
police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu'il aurait
ricané des ennuis conjugaux du ministre !

Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle
montrait l'incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton,
promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce «
Sarkoland » pour qu'ils lâchent Bayrou. V enquête en question a été «
trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu
! Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler,
statistiques à l'appui, que le bilan du ministre en matière de
sécurité n'est pas bon. Ça eût dérangé !

IL N'A PLUS BESOIN D'INTERVENIR

Or, comme on ne prête qu'aux riches, on soupçonne systématiquement
Sarkozy d'être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n'est pas le cas.
Ce n'est pas la peine. Il n'a même pas besoin. Quand Paris Match avait
publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son
chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade
qu'il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar.
Mais il en resta là. Mieux il obligea Arnaud Lagardère à attendre
plusieurs mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore
: parce qu'il avait appris qu'on s'apprêtait à virer le directeur de
la rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n'intervint
cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que
pour exiger qu'il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur
la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le
directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un
malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « je
connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre
rédaction. »

On s'interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les
grands patrons des groupes de médias, est-ce la crainte qu'il suscite,
la peur des représailles s'il est élu, qui expliquent cette relative
impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des
initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient
une irruption réprobatrice dans le landernau ?

Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être
excessives, mais qui ne s'expriment jamais en public : cette star de
la télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque
de contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consœur de LCI se
dit « terrorisée à l'idée d'une présidence sarkozyste » ; cette
journaliste du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une
description effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas
question de se dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie
Jean-François Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des
Hauts-de-Seine et collaborateur de Charles Pasqua, c'est le gaullisme.
Je voulais, j'espérais qu'il serait l'homme de rassemblement. Or, il
ne cesse de semer la division. Et j'ai passé l'âge de me laisser
impressionner par un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

LES CONFRÈRES ETRANGERS OSENT, EUX !


Les confrères étrangers, eux, n'ont évidemment pas ces pudeurs. Le
correspondant à Paris d'une radio suédoise interroge tout de go : «
Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un
journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses
pérégrinations en dresse un portrait, d'ailleurs exagéré, à faire
dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung Munich dépeint
« un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ».
Le Frankfurter Allgemeine Zeitunglui décerne le prix de « l'homme
politique le plus ambitieux et plus impitoyable d'Europe qui n'a pas
de vraie conviction, mais s'aligne sur l'humeur du peuple ». Le
quotidien espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des «
régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIX> siècle ».
Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George
Bush tricolore qui veut imposer en France l'idéologie de la droite
néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa
proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s'est, avec
Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice
britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme
Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier
scandinaves, l'assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui
représenterait une grave menace pour la démocratie.

LA PEUR DE LA TRAPPE

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d'analyse était
indicible. On n'ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si
Petit César l'emporte ? De la trappe qui s'ouvrira aussitôt ?

Celle qui s'est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée UMP
Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse
femme de tempérament, n ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie
de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe !
Officiellement, parce qu'un reportage diffusé sur France 3 lui a
attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu'étant l'une des
rares à oser s'adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait
remarquer que, entouré d'une nuée de courtisans qui passaient leur
temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique
à la moindre remarque critique. Elle s'était en outre inquiétée de sa
tendance à s'immerger compulsivement dans les sondages qui lui
renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée »,
disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur.

Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver
cette conspiration du silence.

CATHERINE NAY ENTRE LES LIGNES

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de son
émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de
Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au
candidat UMP, assez nombreux, n'ont jamais eu cette chance. Or la
lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression
étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ;
mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait
psychologique extraordinairement préoccupant : celui d'un homme dont
l'unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga
et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L'histoire qui le fascine,
c'est la sienne ; de l'humanité, il ne retient que sa part ; son
ascension, à quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l'arrivée au
sommet qui constitue son seul rêve. Il ne lit qu'un livre, celui dont
son ambition constitue la trame. N'écoute qu'une seule musique, celle
qui lui permet sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur
une autre perspective que celle dont sa personne dessine l'horizon,
sur un autre monde que celui dont il occupe le centre.

Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans la
société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement
qui l'obsède et rythme ses discours : son propre changement, dont il
fait comme un ressort. « C'est vrai, explique-t-il à Catherine Nay,
j'étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres,
dur, brutal... Mais j'ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand
désarroi de ceux qui l'idolâtraient quand il était, à l'en croire, si
mauvais, il fera l'aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires
pour mieux magnifier l'ampleur des métamorphoses par quoi il se
transcende. Quitte à se révéler, à l'usage, plus égotique et plus
brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans
Philosophie Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je
suis en train de comprendre la gravité des choix que j'ai faits.
Jusqu'à présent, je n'avais pas mesuré. »

IL N'A PAS LE DROIT DE LE DIRE


Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de
malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions
autocratiques chez cet homme qu'elle qualifie elle-même de «
bonapartiste » ? L hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de
boucliers indignée sur le plateau de l'émission. On n'a pas le droit
de dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert,
siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement
pour déclarer Dominique de Villepin passible de l'asile d'aliénés. Un
talentueux éditorialiste de droite convient, en coulisse, qu'il y a «
un vrai problème ! ». Halte là ! On n'a pas le droit de dire ça !
C'est tabou !

Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l'ex-responsable
socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine
dangereusement allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot,
au fasciste Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal
Pétain et du général Franco.

Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut également
tout oser. Ce n'est qu'à propos de Nicolas Sarkozy qu'on n'aurait «
pas le droit de dire ça ! ». Mais qu'en revanche il serait loisible,
comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur des pages
et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu, certains
journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu'ils en auraient
« pleuré de honte », mais qu'on ne peut rien contre un ordre d'en haut
! (L'Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque : «
Sarkozy : il gardera son calme. »)

ET, POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT


Tous les journalistes politiques savent, même s'ils s'interdisent (ou
si on leur interdit) d'en faire état, qu'au sein même du camp dont
Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer.
Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c'est, déclara Jacques Chirac à
ses proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans
l'Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J'aurais
préféré Juppé. Lui, au moins, c'est un homme d'Etat. » Le ministre
libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son
obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour
lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la
reddition, l'achat ou la mort l'adversaire. » Sa principale faiblesse
? Son manque total d'humanisme. « Chirac, lui, a le souci des autres,
de l'homme. Sarko écrase tout sur son passage. Si les Français
savaient vraiment qui il est, il n'y en a pas 5 % qui voteraient pour
lui. »

Un des plus importants hiérarques l'UMP, officiellement soutien
fervent d candidat (comment faire autrement ?) renchérit : « Sarkozy,
c'est le contraire l'apaisement. Chirac, vous verrez, on regrettera.
Lui, il n'a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le
minis de l'Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la
révolte aujourd'hui. « La France, c'est du cristal », dit, inquiet
Jean-Pierre Raffarin.

Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n'en pense pas
moins... que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa violence
intérieure, son déséquilibre personnel, l'empêchent d'atteindre à
hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier cercle, Henri
Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement) ou Jérôme
Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du silence.
Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon n'est
pas mûr. Il n'est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie qui le
pousse à créer de l'affrontement partout, et non à rassembler. »
D'autres brodent « C'est un enfant qui n'atteindra jamais l'âge
adulte. » A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes
sont immatures ! » On ne parle plus, on n'ose plus parler, comme hier
- du moins tout fort -, de « malfrat » ou de « petit voyou »
(pourtant, ce qu'on l'a entendu !). Mais, dans les coulisses de
l'Elysée, on laisse simplement tomber : « On fait confiance au peuple
français ! » Et, justement, il y a encore trois semaines, on se
communiquait, en jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en
puissance de François Bayrou. Non point qu'on l'aime, celui-là, ce «
démocrate-chrétien jésuitique » mais, enfin, on ne va pas « laisser la
France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier
populiste romain dénoncé par Cicéron.

COMME UNE BANDE DES « CITES »

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur de
s'opposer au ministre de l'Intérieur à propos des « peines plancher ».
Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son
effarement. Cette simple prise de distance lui valut d'être désigné du
doigt, menacé de représailles, ostracisé parle clan avec une violence
« digne d'une bande des cités ». C'est d'ailleurs un ex-haut
responsable du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées
parlementaires de Colmar, alors que Balladur était donné gagnant par
tous les sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy.

Elle respirait l'arrogance, elle y allait de toutes les menaces. On
disait aux députés restés fidèles à Chirac qu'il allait "leur en
cuire" »L'ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine
Jean-François Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en
1995, qu'il peut intimider les gens. Quand je l'ai rencontré, dans les
années 80, il avait déjà ses qualités - énergie, ténacité -, et ses
défauts, dont j'imaginais qu'il les corrigerait. Je pensais,
notamment, qu'il comblerait son inculture. Bernique ! Il n'a fait que
courir d'une lumière l'autre. Il est fasciné par ce qui brille, les
nouveaux riches, le show off, les copains à gourmettes même s'ils
trichotent avec les règles communes, Tom Cruise qu'il reçoit à Bercy,
ébloui, et fait raccompagner en vaporetto. »

Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers villepinistes,
les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou ex-centristes
ralliés à l'UMP confient, à qui veut les entendre (mais les
journalistes qui les entendent n'en rapportent rien), que l'hypothèse
d'une présidence Sarkozy les terrifie ; qu'il y a « de la graine de
dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète les plombs
», de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont devenus des
groupies enthousiastes de l'homme qui seul peut les faire gagner et
dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et le
courage. Mais même eux n'étouffent pas totalement leur inquiétude et
soulignent volontiers sa violence. « Oui, c'est vrai, reconnaît l'un
d'eux, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec
la plus extrême cruauté. » « Il n'est vraiment totalement humain,
confie un autre, que quand il s'agit de lui-même. » « Il a un problème
de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s'arrange, il
mûrit, il se densifie. » Voire...

UN LOURD SECRET


Donc, il y aurait, s'agissant du caractère de Sarkozy et de son
rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux,
préoccupe ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un
terrible non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques,
mais que les médias s'interdisent, ou se voient interdire, de
dévoiler. Il fait peur ! La gauche elle-même participe de cette
occultation. Sans doute s'attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec
outrance et mauvaise foi. Mais que lui reproche-t-elle ? D'être de
droite, ou même, stigmatisation suprême, une sorte de «
néoconservateur américain à passeport français », comme le clamait
Eric Besson avant de retourner sa veste. Est-ce un crime ? La
diabolisation de la différence est aussi contestable venant d'un bord
que de l'autre. Le débat démocratique implique qu'il y ait une gauche,
un centre, une droite, cette dernière n'étant pas moins légitime que
ses concurrents. De même qu'une partie de l'opinion reproche au PS
d'avoir trahi l'idéal socialiste ; de même une autre partie,
importante, estime que Jacques Chirac a blousé son électorat en menant
une vague politique de « centre gauche » et exige un fort coup de
barre à droite.

C'est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec
énergie et talent. Le combattre n'exige nullement qu'on criminalise a
priori cette incarnation.

IL EST DE DROITE, ET APRES ?

Oui, Sarkozy, en son tréfonds - et même si on l'a convaincu de ne plus
rien en laisser paraître -, est « atlantiste » et entend rompre avec
la politique gaulliste d'« orgueilleuse » prise de distance à l'égard
des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l'époque où
celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement
soutenu par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute
bourgeoisie ; oui, ses convictions en matière économique et sociale en
font plus le disciple de Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il
se sent beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du
modèle français mixte tel que l'ont façonné les gaullistes, les
sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire
Thierry Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de
faire de la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés
vivent dans leurs entreprises ». Tout est business.

Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des droites
européennes qui, comme lui, veulent démanteler l'Etat providence et
approuvèrent la guerre de George Bush en Irak.

Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son « populisme » de
tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent
nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé.
Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou
berlusconienne italienne n'en fait effectivement pas un « modéré »,
loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu'il
déroule, depuis quelques semaines, le déporte loin du centre, le
qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s'y risque l'extrême
gauche, est une stupidité.

Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages
logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite jean Jaurès
ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite
constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de
soutenir « l'Église de Scientologie », et là d'avoir promis à Chirac
une amnistie contre son soutien. Mais il n'existe aucune preuve. Donc,
on ne retient pas.

CETTE VERITE INTERDITE

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la
gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable
bipolarité d'un débat hémiplégique, c'est ce constat indicible : cet
homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de
sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien
des apprentis dictateurs.

Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au sein
de la couche supérieure de la France qui sait, et au fond des
souterrains de la France qui s'en doute, un boucan d'enfer. Les
médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les
autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous
aucun prétexte, le dire.

Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne
électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne
se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les
politiques, les médias, précisément, et les politiques n'en parlent pas !

« Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l'intelligence, ni
l'intuition, ni l'énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au
sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le
furent ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le
pire. Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l'UDF,
officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu'il est
narcissique, égotiste. Les mots sont faibles.

Jamais je n'ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément du
paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même. Sarko
est une sorte d'aveugle au monde extérieur dont le seul regard
possible serait tourné vers son monde intérieur Il se voit, il se voit
même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

PLUS FORT QUE LUI...


Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c'est peut-être une qualité, est
transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se
montre, s'affiche, se livre. D'autant, comme le reconnaît un
publicitaire qui a travaillé pour lui, qu'il ne sait pas se réfréner,
se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu'il
est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son
tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s'interdire. Quelque
chose en lui, d'irrépressible, toujours, l'entraîne au-delà. « Sur un
vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même
quand il s'agit d'une promenade, il se défonce comme s'il devait
constamment battre un record. »

Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il ne
peut pas s'empêcher » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même
quand la prudence exigerait qu'il s'en abstienne. Ainsi, en 1994,
cette salve : « L'électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce
n'est plus l'Hôtel de Ville, c'est l'antichambre de la morgue. Chirac
est mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de
terre. » Il ne peut pas s'empêcher, non plus, de se livrer à un
jubilatoire jeu de massacre en direction de ceux, de son propre camp,
qui ne sont pas de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut-être, un
leader politique n'avait aussi systématiquement pris son pied- dixit
une de ses victimes au sein de l'UMP-à assassiner, les unes après les
autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage,
rester seul entouré de ses chaouches. »

Après la défaite de 1995, ne s'est-il pas livré, dans le journal les
Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres
comparses : François Fillon ? « Un nul qui n'a aucune idée. » Michel
Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté
faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en
pire. » Quant à Villepin, il s'est plu, si l'on en croit Franz-Olivier
Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d'un boucher ».
Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune
tendresse ! Jamais !

IL SUFFIT DE L'ÉCOUTER

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l'écouter. De quoi
parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement. Psychanalytiquement.
Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin ? Lui ! Qui
donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu'au délire parfois, sa
propre préférence. Jamais hors « je ». Ce « je » qui, à l'entendre,
est forcément « le seul qui », « le premier à », « l'unique capable de
», « le meilleur pour ». Comme si l'univers tout entier était devenu
un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à entretenir
constamment chez lui l'angoisse que le miroir lui dise un jour, comme
à la marâtre de Blanche Neige, qu'il n est « plus la plus belle ».

C'est pourquoi, d'ailleurs - et même ses proches s'en effarent-, il
vit constamment immergé dans les enquêtes d'opinion, qui, plusieurs
fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l'évolution de son
image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On
le répète à satiété. Une peur s'exprime ? On la caresse dans le sens
du poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira.
Une musique d'extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu'à
faire l'éloge de la violence sociale... des marins pêcheurs.

Il commande tellement de sondages qu'il est devenu le meilleur client
de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne pas
satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à
l'Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions
quasiment rédigées par son entourage (sur l'affaire de Cachan ou la
polémique avec les juges) ne permettaient pas d'autres réponses que
celles qui le plébiscitaient.

IL EST « LE SEUL QUI... »

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse
d'intervenir pour en corriger les ombres, sa capacité d'écoute (ou de
lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels
médiatiques à déjeuner au ministère de l'Intérieur que l'un d'eux,
Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de
s'imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul.
Reçue par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit « J'ai pu
apprécier votre conception du débat. Vous n'imaginez pas qu'un autre
point de vue (que le vôtre) présente un quelconque intérêt. »
D'ailleurs, il refuse les débats. Lors de ses prestations télévisées,
on s'arrange pour qu'il n'ait jamais de vrais contradicteurs pouvant
exercer un droit de suite. Le plus souvent, il choisit, d'ailleurs,
lui-même les autres intervenants.

Cette abyssale hypertrophie du moi, à l'évidence, entretient chez
Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de
pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences
potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques.
Il suffit, d'ailleurs, de l'écouter, mais aussi de le regarder « être
» et « faire ». Jamais il ne se résout à n'être qu'un membre, fût-ce
le premier, d'un collectif. Forcément l'unique, le soleil autour
duquel tournent des affidés. D'où sa prédilection pour un entourage de
groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort,
« une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes
et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles
et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

DOUBLE DISCOURS


Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou plutôt
du double discours). Seul peut l'expliquer le fait que le rapport à
lui-même est, chez lui, à ce point central que cette centralité de
l'ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute contradiction.
Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de criminalisation de
ses concurrents, Bayrou l'ayant épinglé sur l'affaire du déterminisme
génétique, il déclare benoîtement « Un candidat devrait s'abstenir de
toute attaque contre ses adversaires ! » Le jour même où il décide de
jouer à fond, contre les candidats qui lui sont opposés - et avec
quelle violence ! -, la stratégie guerrière de l'affrontement
manichéen, il présente un opuscule dans lequel il explique (sous la
rubrique « J'ai changé ») qu'il eut, certes, sa phase brutale, mais
qu'il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz Begag, dans son
récit, rapporte que, lorsqu'il osa critiquer l'emploi du mot «
racaille », le ministre de l'Intérieur hurla qu'il s'agissait d'un
scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu'il était
inconcevable qu'un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois,
il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin,
son président de la République et son Premier ministre.

D'une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité sans
faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition,
mais, pendant la crise du CPE, alors qu'il avait lui-même, le premier,
préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa
soudain l'inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita
l'un des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il
s'agissait, évidemment, d'achever Villepin.

COMME ON ASSASSINE TOUS LES CONCURRENTS...

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son
panache, c'est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur,
lança la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que,
dans l'espoir d'un étouffement, l'industriel Poullain, le patron d'une
société de revêtement, e emmené le dossier à son lieutenant, Brice
Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C'est lui encore,
prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l'affaire
d l'appartement d'Hervé Gaymard, en qui voyait un adversaire.

C'est lui encore q fit distiller, dans la presse, de quoi faire
continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream
transformé e machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand,
dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire d oui au
référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social
fiançai n'était-il pas conscient qu'il favorisait de sorte le camp du
non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre
Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi qui ai profité de toutes les
occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses
contradictions comme une cohérente unicité de parcours dès lors que
c'est lui, l'unique, le point central, qui porte et justifie cette
cohérence. Ainsi, lorsqu'il accuse ses concurrents, de gauche ou
centristes, d'être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de
la dégénérescence morale, c'est le jour où Tapie, l'un des rares
affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

FAILLITE MORALE, DIT-IL


Quelle capacité d'auto-amnistie cela révèle !

Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux appartement
aménagé par le promoteur qu'on a systématiquement favorisé en tant que
maire, et dans l'espace dont on a, toujours comme maire, financé
l'aménagement, est-ce un exemple d'attitude hautement morale ?
Permettre, après qu'on fut devenu ministre, à son ancien cabinet
d'avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires
après vente à la découpe, de continuer à porter son nom - société
Arnault Claude Nicolas Sarkozy-, ce qui s'avère d'autant plus
intéressant qu'on continue à détenir un gros paquet d'actions et à
toucher des dividendes -, est-ce le modèle même du comportement
impitoyablement moral ? Publier un livre consacré à l'ancien ministre
Georges Mandel qui se révèle, pour partie au moins, être un plagiat
coupé-collé de la thèse universitaire de Bertrand Favreau, certaines
erreurs comprises, est-ce la quintessence du moralisme intégral ?

Est-ce une moralité sans faille qui permit à Thierry Gaubert
d'organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement
dans les Hauts-de-Seine à l'ombre des réseaux sarkozystes dont il fut,
un temps, l'un des principaux rouages ? Est-ce sous le drapeau de la
moralité qu'on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse
Jacques Heyer qui, d'ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier
Schuller en particulier) ? Les rapports d'affaires (ou de tentatives
d'affaires) avec l'intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils
placés sous le signe de l'intégrisme moral ? Le soutien constant
apporté aux intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les
machines à sous ne fut-il dicté que par des considérations moralistes
? Pourquoi, enfin, avoir promis de rendre public son patrimoine et
être le seul à s'en être abstenu ?

UN SYSTEME CLANIQUE


Sarkozy n'est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est,
fût-ce à son corps défendant, le pur produit d'un système, celui du
RPR des Hauts-de-Seine, dont Florence d'Harcourt, l'ex-députée
gaulliste de Neuilly, a crûment décrit l'irrépressible mafiosisation,
renforcée par le déferlement des flux financiers immobiliers générés
par le développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint
d'ailleurs à présider l'établissement public.

Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d'ailleurs le maire de
Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien qu'adjointe
à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d'un emploi fictif à
la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège de
député, hop ! , on la nomma au Conseil économique et social. Devenu, à
tort ou à raison, le symbole d'une certaine « ripouïsation » d'un
demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant
socialiste en Algérie française, dû regagner précipitamment la
métropole à la suite des graves accusations dont il était l'objet, y
compris d'avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de
prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche
SFIO à Puteaux, il passa à droite et, lors de l'une de ses premières
campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et
en blessèrent d'autres.

Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière
affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de
chauffage urbain) qu'il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui
plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l'a jamais
lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la
fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des
critiques d'un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la
mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy
ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami
le député-maire de Levallois Patrick Balkany.

Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille
affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la
mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des
fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un
gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick
Balkany. C'est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par
suite d'une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4
000 à 6 000 € par habitant. C'est, d'ailleurs, le cabinet d'avocats
Sarkozy qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle
accumule les contentieux.

QUI SONT SES SOUTIENS ?


Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le
monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité
candide Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel
Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d'avocats par an) et
même Christian Estrosi n'ont pas précisément défrayé la chronique à
cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît
même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui.

Quant à son fan-club, qui prétendra qu'il n'est constitué que de
parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny
Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d'impôts, comme
Jean-Michel Goudard, l'un de ses principaux conseillers en
communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ?

Certes, à l'image de Simone Veil ou de l'écrivain Yasmina Reza, de
très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les
milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y
compris certaines en provenance d'une haute intelligentsia réputée de
gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d'Irak. Reste que
le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés,
y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres,
ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n'est pas question de
mettre en doute l'intégrité ou l'allergie à la déviance) le mieux
placé pour dépeindre l'ensemble de ses adversaires en défenseurs de la
fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

« L'IDENTITÉ NATIONALE », PARLONS-EN...

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de «
l'identité nationale » ? Mais qui se déclarait « fier d'être surnommé
Sarkozy l'Américain » ?

Qui affirma, aux Etats-Unis, qu'il s sentait souvent « un étranger
dans son propre pays » ?

Qui regretta que la France ait bran son droit de veto pour s'opposer à
la guerre d'Irak ?

Qui stigmatisa, depuis l'Amérique « l'arrogance » dont aurait fait
preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le
Conseil de sécurité de l'ONU ?

Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de
rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du «
modèle français » à la modernité du modèle anglo-saxon ?

Nicolas Sarkozy pourrait d'ailleurs largement figurer dans la rubrique
« Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans,
illustrent éloquemment tout ce qui précède, c'est-à-dire une
dichotomie rhétorique qui se cristallise dans l'unicité de son
exaltation du moi !

Citons, presque au hasard : « Il y en a combien qui peuvent se
permettre d'aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul
!] à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J'irai
systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus
difficiles et j y resterai le temps nécessaire » (2005).

« Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l'UMP] en novembre. » «
Racaille, le vocable était sans doute un peu faible. »

« Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle
comme les gens » (avril 2004).

« Maintenant, dans les réunions publiques, c'est moi qui fais les
questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l'impression
qu'on s'est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005).

« Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour
prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. »

« Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la
télévision jusqu'à ce que les téléspectateurs en aient la nausée » (1995).

« Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les
tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être
brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c'est de la
rassurer, non de l'inquiéter La réforme doit être comprise comme un
ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages).

« Je n'aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. »

« La France souffre de l'égalitarisme et d'un état de nivellement. »

« Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez
d'afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques
Chirac » (juin 1992).

« Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une
image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se
faire aimer, poser en tenue décontractée. »

On nous dira, ensuite : il faut lui faire confiance, il faut le
croire. Mais où est le filet de sécurité ?

LE VRAI DANGER

On évoque obsessionnellement le danger Le Pen. Il existe un risque, en
effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l'extrême
droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à
notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui,
ne sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne
dispose, lui, contrairement à son adversaire - concurrent de droite (à
l'égard duquel il fait preuve d'une certaine indulgence), ni du
pouvoir médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier.
Pouvoirs qui, en revanche, si Sarkozy était élu - et il peut l'être -,
ainsi que le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en
même temps que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes
mains, lesquelles disposeront, en outre, d'une majorité au Conseil
constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du pays.

Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu'il n'était
pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était interdite
dans le métro parce qu'elle était ironique à l'égard de Sarkozy ; un
livre était envoyé au rebut, le patron d'un grand magazine également,
parce qu'ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était censuré,
parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal, fût-il
officiellement de gauche, n'a échappé aux efficaces pressions de Sarkozy.

Voter Sarkozy n'est pas un crime. C'est même un droit. Nous ne dirons
pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance,
l'anti-France et la faillite morale.

Nous voudrions simplement qu'on se souvienne plus tard - quitte,
ensuite, à nous en demander compte - que nous avons écrit qu'il
représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie
et de la République un formidable danger.

S'il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous
l'acceptons !

 

-Marianne-

 

En 1933 en pendant les annés précédentes,  si plus de médias avaient eu le courage de mettre en avant des analyses objectives et de ne pas céder aux peurs et aux pressions, peut être que l'Allemagne aurait connu une destinée politique différente.