03.09.2008

Sarkozy honoré par ses pairs.

En cette période de rentrée scolaire où chacun mesure ses immenses gains en terme de pouvoir d'achat, nous apprenons avec une joie non dissimulée que notre cher président va prochainement recevoir une récompense internationale.

Attention il ne s’agit pas d’une intronisation au sein de la confrérie des mangeurs de bigorneaux de Paimpol ou de l’obtention du statut de citoyen d’honneur du Groland.

Que nenni notre émérite dirigeant va recevoir le prix de l’homme d’Etat 2007.

La Fondation appel de la conscience juge Nicolas Sarkozy : Champion des droits de l’Homme, Champion de la démocratie et Champion de la tolérance, un homme de stature mondiale.


Cela fait tout de même chaud au cœur de voir notre président honoré tel qu’il se doit. Le terme « champion des droits de l’homme » fait particulièrement écho lorsqu’on se remémore les mots du président de la Ligue des Droits de l’Homme prononcés début 2007 :

Le 26 avril 2007, la LDH présentait l’édition 2007 de son "état des droits de l’Homme en France", et déplorait une "régression continuelle des libertés", en condamnant particulièrement le bilan de Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l’Intérieur.

Le président de la Ligue, Jean-Pierre Dubois, avait qualifié la "vision du monde" de Nicolas Sarkozy d’"absolument terrifiante", parlant de "grave régression en matière de droits fondamentaux depuis cinq ans".

Il écrivait encore dans son bilan : "La politique législative de course au sécuritaire à dominante xénophobe sacrifie au report de voix d’extrême droite les droits des étrangers, l’humanité élémentaire et, au bout du compte, les libertés de tous".


Mais qui est donc à la tête de cette Fondation Appel de la Conscience tenant en si haute estime notre illustre dirigeant  ?

Le président et fondateur de l'ACF, le rabbin Arthur Schneier explique dans un communiqué que "Nicolas Sarkozy a fait preuve de détermination et persévérance dès qu'il est apparu dans l'arène internationale où il s'est attaqué aux défis politiques, sociaux et humanitaires d'aujourd'hui".

Voilà une information fort intéressante, d’autant plus que si l’on creuse un peu on découvre que M. Schneier n’est autre que le président honoraire de l’organisation dénommée "Sionistes Religieux Américains" (Religious Zionists of America).

Voilà un intitulé qui a le mérite d’être clair. Si malgré des nausées de plus en plus violentes nous continuons à explorer l’histoire de cette remise de prix, il apparaît que :

La même soirée la Fondation Appel de la conscience (ACF) remettra également un “prix du service public” à Michael Bloomberg, maire de New York  et affairiste milliardaire.

Grâce à l'ACF, l’œuvre de Michael Bloomberg est enfin reconnue à travers ce prix du service public.

Il fallait effectivement une grande motivation, et des capacités de travail exceptionnelles pour faire disparaître aussi rapidement les restes du World Trade Center juste après avoir retrouvé le passeport parfaitement intact d’un méchant terroriste musulman.

Toujours est-il que notre vaillant chef d’Etat ne sera pas en territoire inconnu puisqu’il a déjà eu l’occasion de rencontrer Michael Bloomberg en 2004 à l’occasion d’un diner organisé par l’American Jewish Society, organisation sioniste connue entre autre pour ses positions anti-françaises.

Pour compléter cette brochette de sages, Henri Kissinger devrait être en charge de remettre le trophée à Nicolas Sarkozy.

Chacun se souvient certainement des exploits de l'inégalable Henri Kissinger, commanditaire des bombardements secrets du Cambodge, de l’invasion du Timor oriental et de la mise en place de la dictature Pinochet.

Son plus haut fait d’arme reste cependant son rôle central dans l’opération Condor, vaste projet mené par la CIA visant à la torture et à l’élimination systématique des opposants des dictatures sud-américaines mises en place par cette même CIA. Délicieux, n'est-ce pas ?

Singularité supplémentaire de ce dîner de gala "humanitaire" : il sera présidé entre autres par Serge Dassault, sénateur UMP, propriétaire du Figaro, ami de Nicolas Sarkozy, qui, le 10 juillet 2008, a mis en évidence son humanisme, dans une interview surréaliste sur i-télé, dans laquelle il qualifiait la grève de "cancer", prônait l’interdiction des grèves politiques, et vantait le modèle chinois (à imiter en France), avec des travailleurs bossant 45 heures par semaine pour fabriquer des produits pas chers, et dormant dans leurs usines...

Autre invité de marque au cours de cette prestigieuse cérémonie : Stephen A. Schwarzman, patron du fonds Blackstone, pierre angulaire de la crise des subprimes, spécialisé dans les produits dérivés et «leverage buy out» que le Président a tant fustigé dans sa croisade contre "les dérives du capitalisme financier".

Le même jour où les ineffables vertus de notre cher président sont louées aux quatre coins de la planète, une femme de 33 ans, mère de deux enfants, s'est tuée en se jetant du troisième étage alors qu'un huissier et la police étaient venus l'expulser de son appartement, à Istres, dans les Bouches-du-Rhône. "A l'heure fixée pour une expulsion locative, qui devait s'effectuer sur décision judiciaire, une mère de deux enfants âgés de 4 ans et de 18 mois s'est défenestrée du troisième étage", a annoncé la préfecture dans un communiqué

Kissinger, Dassault, Sarkozy, Bloomberg, Scwharzmann… avec de tels amis, conscience et humanisme n’ont plus besoin d’ennemis.

07.02.2008

Le voyage d'Estrosi à 138.000 euros

Le jet Bolloré de Sarkozy a à peine quitté les colonnes des journaux qu'un autre jet, propriété de Dassault celui-là, revient empoisonner la vie du gouvernement. Plus précisément celle du secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, Christian Estrosi.

C'est le Canard Enchaîné qui révèle l'histoire mercredi. Le 23 janvier, Christian Estrosi devait s'envoler pour Washington à l'occasion de l'inscription au patrimoine de l'Unesco du lagon de Nouvelle-Calédonie. Les services du ministère avaient donc réservé douze places pour la délégation à bord d'un vol Air France dans l'après-midi. «Seulement voilà, écrit l'hebdomadaire, dans la matinée, Estrosi est informé qu'une petite sauterie présidentielle se prépare pour le soir même. Sarkozy a décidé de réunir à l'Elysée, autour d'une coupe de champagne, ses plus fidèles lieutenants.»

Pour ne pas manquer l'événement, le secrétaire d'Etat demande qu'on décale le départ pour Washington. La Nouvelle-Calédonie peut bien attendre. Problème: aucun vol Air France n'est prévu dans la soirée. Qu'à cela ne tienne, le cabinet loue un Falcon 900 à Dassault. Coût de l'opération, selon le Canard Enchaîné: 138.000 euros.

A l'heure où le Président répète que les caisses sont vides, le caprice du secrétaire d'Etat passe mal. Au point qu'il a dû présenter ses excuses mercredi à la sortie du Conseil des ministres. «Bien évidemment, si on m'avait soumis ce devis, je ne l'aurais pas accepté, je souhaite présenter toutes mes excuses parce que ça ne fait pas partie de mes pratiques. J'avais un calendrier très contraint, après on ne m'a pas soumis le montant pour déplacer (...) les parlementaires et les acteurs importants qui m'accompagnaient, s'est-t-il justifié. «Je ne regrette pas ce déplacement mais je regrette les conditions dans lesquelles il a été organisé, on aurait pu sans doute faire autrement.» Le contribuable aurait «sans doute» préféré.

 

Article issu de Libération