11.06.2008

Des chars à la place des écoles

Le président bulgare Georgi Parvanov teste un fusil à lunettes (STR New/Reuters).

Oubliez les malheureux 6,5 milliards de dollars promis la semaine dernière au sommet alimentaire de Rome (sur les 15 à 20 demandés par le secrétaire général de l'ONU).

Voici des chiffres, des vrais: les dépenses militaires mondiales en 2007 s'élèvent à un niveau record de 1 339 milliards de dollars (865 milliards d'euros, soit plus de trois fois le budget de l'Etat français), une augmentation en termes réels de 6% sur l'année précédente. Et une dépense de 202 dollars par habitant en 2007.

Le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), qui publie chaque année les meilleures recherches sur les dépenses militaires, montre dans son dernier rapport que tous les indicateurs sont à la hausse dans ce secteur -une inversion complète par rapport à la période de la fin de la guerre froide, qui avait vu ces dépenses diminuer et les industries d'armement entamer une reconversion douloureuse. L'augmentation des dépenses militaires globale est ainsi de 48% depuis 1998.

Le record absolu des dépenses militaires est détenu par les Etats-Unis, avec 40% des dépenses mondiales, et le budget le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Grande-Bretagne arrive en deuxième position, avec 59,7 milliards de dollars -ces deux pays étant engagés dans la principale guerre du moment, en Irak. La Chine a coiffé la France au poteau pour prendre la troisième place, avec 58,3 milliards de dollars.

La France a fait des exportations d'armements une priorité nationale

Les ventes d'armes sont elles aussi en hausse, de 8% en 2006, avec un montant total de 315 milliards de dollars. Les sociétés des Etats-Unis sont là encore loin devant celles d'Europe de l'ouest et de Russie dans ce commerce florissant.

La France elle-même a fait des exportations d'armements une priorité nationale il y a cinq mois, afin de regagner des parts de marché perdues ces dernières années. Le gouvernement s'est fixé 8 milliards d'euros de commandes comme objectif pour 2008, ce qui, soulignait Le Monde la semaine dernière, serait le meilleur résultat depuis 2000.

Dans un tel contexte, il faut un certain optimisme pour estimer, comme le fait le Sipri, que l'arrivée de nouveaux dirigeants dans les principaux pays, dont la France, pourrait redonner vie aux négociations sur les contrôles et les réductions d'armement dans le monde…

Article original : Rue 89 

 

Note de P&P : Vous aurez remarqué que lorsque les dépenses publiques doivent être réduites ce sont toujours les mêmes qui sont pointés du doigt : enseignement, santé, recherche, transport.

Pendant ce temps-là les budgets des armées et des forces de police s'envolent et de fait le nombre de tués, torturés, séquestrés croît proportionnellement.

Ah les charmes délicieux du totalitarisme mondial. 

Bal à l'ambassade

Les dépenses de l'Elysée ont progressé de 8,4% en 2007 par rapport à 2006, passant de 32,383 millions à 35,111 millions d'euros, selon un document budgétaire transmis cette semaine à l'Assemblée nationale dans le cadre du règlement définitif du budget 2007, qui sera voté en juin.

Cette hausse est obtenue en comparant l'exécution du budget 2006 et celle du budget 2007.

Spécialiste du budget de la présidence de la République, le député René Dosière (app PS) souligne, dans un communiqué ironiquement intitulé "Elysée 2007: un budget de rupture ?", que cette progression de 8,4% des dépenses de l'Elysée est "trois fois et demie supérieure à celle des dépenses de l'Etat (+2,3%)".

"Au moment où on dit que les caisses sont vides et où on réduit le nombre de fonctionnaires, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy fait exactement l'inverse"
, a déclaré à l'AFP le député de l'Aisne.

Selon le document budgétaire, les frais de personnel (près de la moitié du budget de la présidence) ont augmenté de 10,9%, les effectifs passant de 957 en 2006 à 1.045 au 1er octobre 2007.

Par ailleurs, les dépenses pour l'équipement et les travaux d'entretien sont passées de 1,9 million à 3 millions d'euros, soit une hausse de 53%. La part de ces dépenses a "légèrement" progressé, indique le document budgétaire, "en raison des opérations d'installation du nouveau cabinet" de Nicolas Sarkozy.

S'agissant de la dotation du chef de l'Etat, elle est en hausse de 29% entre 2006 et 2007 (130,6 millions contre 101 millions d'euros). "Rappelons que l'augmentation du traitement présidentiel, votée par le Parlement (dans le cadre du budget 2008), n'a pris effet qu'à partir de 2008", souligne M. Dosière.

"En 2008, l'Elysée a promis un budget plus complet et transparent. On verra, dans un an, ce qu'il en sera. Force est de constater, à la lecture de ce rapport sur l'année 2007, que si la rupture est réelle quant à l'évolution des dépenses, s'agissant de la transparence, ou plutôt l'opacité, c'est la continuité qui s'impose", a ajouté M. Dosière.

Le document budgétaire souligne toutefois que certaines dépenses ont baissé: Arbre de Noël de l'Elysée (-20%), Garden Party du 14 juillet (-5%), vins (-44%) et fleurs (-17%). 

Article original : Les Echos


Note de P&P :

 ...
Bal à l'ambassade
Quelques vieux malades
Imbéciles et tortionnaires
Se partagent l'univers
...

(Extrait de Morts les enfants.  Paroles: Renaud Séchan. Musique: Renaud Séchan, Franck Langolf;   1985  "Mistral Gagnant")

Alors que les citoyens français voient leur pouvoir d'achat fondre à vue d'oeil bien que le thème central de la campagne menée par notre très très cher président fût justement l'amélioration du pouvoir d'achat, alors que le gouvernement démantèle allégrement les services publics (transports, énergie, recherche & enseignement,...) sous prétexte de dépenses excessives, alors que l'Union Européenne stigmatise le déficit public de la France, Nicolas Sarkozy a grassement augmenté son salaire de 172% et a engagé des dépenses somptuaires pour sa vie de souverain à l'Elysée.

Mais cet amer constat n'est que le fruit de l'aveuglement et de la jalousie. La vérité est que Nicolas Sarkozy a récemment reçu de grands humanistes tels que le colonel Kadhafi, Arnold Schwarzenegger ou Tom Cruise .... et la rencontre de si illustres personnalités nécessitait bien tout le faste qui a été déployé dans les salons de l'Elysée.