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28/05/2009

Le « débat » Obama-Cheney et la menace de dictature aux Etats-Unis

par Joe Kishore

Mondialisation.ca, Le 26 mai 2009
WSWS

L’incroyable confrontation publique entre le président Barack Obama et l’ancien vice-président Dick Cheney survenue jeudi matin a dévoilé la fragilité du gouvernement constitutionnel et la profonde crise de la démocratie américaine.

Lors de son discours public aux Archives nationales de Washington, Obama a accusé la précédente administration de violer la Constitution. Ce discours d’Obama, consacré à la défense de sa décision de fermer le camp de prisonniers de Guantanamo, avait été planifié à la dernière minute. L’objectif était clairement de contrecarrer l’attaque de Cheney, le président en ayant été averti.

L’attaque est survenue seulement quelques minutes après la fin des remarques d’Obama. Cheney, s’adressant à des membres d’un groupe de réflexion de droite du renseignement, a dénoncé le président de façon provocatrice et acerbe. Tournant en dérision les critiques d’Obama sur la politique d’ « interrogatoire musclé » de l’administration Bush, autrement dit la torture, l’ancien vice-président a presque accusé le président de vouloir aider et encourager les ennemis des Etats-Unis.

Cheney se trouve au centre d’une campagne de plus en plus incisive visant à mobiliser l’opposition au Congrès et, encore plus inquiétant, parmi ses alliés politiques et sympathisants dans l’armée et la Central Intelligence Agency, contre l’administration Obama. Le développement de l’influence de cette campagne a été reflété par le vote écrasant mercredi au Congrès qui s’est opposé au plan d’Obama de fermer la prison de Guantanamo. Le Sénat, dont la plupart des démocrates, soutenu par le témoignage du directeur du FBI, Robert Mueller III, qui a soulevé la menace posée par le transfert potentiel de prisonniers vers les pénitenciers des Etats-Unis, a voté contre la proposition de fermeture de Guantanamo.

En tentant de défendre les politiques de son administration, Obama a présenté ses propres décisions comme un certain effort d’arrière-garde désespéré pour rétablir le gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis après huit ans d’illégalité endémique de la part de l’administration précédente.

Il a souligné la gravité de la menace posée au pouvoir constitutionnel en faisant remarquer qu’il prononçait son discours dans un couloir qui affichait les documents fondateurs de la démocratie américaine : la Déclaration d’indépendance, la Constitution et la Déclaration des droits. Obama rappela à son auditoire qu’il avait « juré de préserver, protéger et défendre la Constitution », et déclara que « nous ne devons jamais, par opportunisme, tourner le dos à ces principes durables ».

Obama a affirmé que sous la précédente administration, « notre gouvernement a pris des décisions basées sur la peur plutôt que la prévoyance; et bien trop souvent notre gouvernement a changé les faits et les preuves pour les adapter aux prédispositions idéologiques ».

Appelant au rétablissement de « la loi et du jugement en bonne et due forme », Obama a déclaré que « les décisions prises au cours des huit dernières années ont établi une approche légale improvisée pour combattre le terrorisme qui n’était pas efficace et qui ne pouvait être soutenue : un cadre qui n’était pas basé sur nos traditions légales et institutions de longue date et qui ne s’est pas laissé guider par nos valeurs ». Les politiques de l’administration Bush, a-t-il dit, ont miné « la loi ».

Dans la section la plus significative de son discours, qui nous informe sur la nature des luttes politiques qui ont fait rage aux plus hauts échelons de l’Etat, Obama a déclaré que les opposants de sa politique « adopte une perspective qui peut être résumée ainsi : “Tout est permis”. Leurs arguments suggèrent que l’objectif de la lutte contre le terrorisme peut justifier tous les moyens et que le président devrait avoir toute l’autorité voulue pour faire ce qu’il désire, admettant qu’ils soient d’accord avec ce président. »

Ayant recours à des euphémismes contredisant le sérieux de ses déclarations, Obama a mis en garde contre la présence de puissantes forces qui étaient prêtes à rompre avec les normes constitutionnelles : « De temps en temps, a-t-il dit, certains pensent que la sécurité et le succès des Etats-Unis exigent que nous nous éloignions des principes sacrés enchâssés dans cet édifice. Nous pouvons entendre de telles voix aujourd’hui. »

La voix principale à laquelle il faisait référence était celle de Cheney. Le président ne se serait pas senti obligé de répliquer à l’ancien vice-président si Obama le percevait comme un excentrique de droite mécontent. En fait, Obama sait que Cheney, celui qui prenait vraiment les décisions dans l’administration Bush et l’homme qui avait dirigé un gouvernement secret, détient une énorme influence au Pentagone, à la CIA et dans d’autres sections moins connues de la bureaucratie du renseignement et de l’armée qui exerce un vaste pouvoir et qui n’est responsable devant personne.

Dans ses remarques devant l’American Enterprise Institute, Cheney est passé à l’offensive contre Obama, traitant personnellement avec mépris l’administration et le président.

Les critiques d’Obama des méthodes d’interrogatoire « sont très injustes envers ceux qui travaillent dans les renseignements et les avocats qui méritent beaucoup mieux pour leurs services dévoués, » a déclaré Cheney. « Le danger ici est la perte de l’emphase sur la sécurité nationale et ce que ça requiert. »

Sur un ton menaçant, Cheney ajouta : « Je conseillerais à l’administration d’être très prudente à l’avenir. »

L’ancien vice-président a pratiquement accusé Obama d’aider les terroristes et de commettre une trahison.

« Divulguer les mémos des interrogatoires étaient absolument à l’opposé des intérêts de sécurité nationale des Etats-Unis, » a-t-il déclaré. « De l’information top secrète se retrouvent maintenant dans les mains des terroristes, qui viennent de recevoir un important ajout dans leur manuel d’entraînement. Partout dans le monde, les gouvernements qui nous ont aidés à capturer des terroristes vont craindre que des opérations conjointes sensibles soient compromises. Et ceux qui travaillent à la CIA se demandent s’ils peuvent dépendre de la Maison-Blanche ou du Congrès pour obtenir un appui lorsque les choses vont se corser. »

Ces mots étaient particulièrement provocateurs et inquiétants, vu qu’ils évoquent délibérément des souvenirs des ressentiments de ceux qui travaillaient à la CIA contre l’administration Kennedy après l’invasion manquée de la baie des Cochons en 1961.

Cheney a joyeusement fait remarquer que la décision de divulguer les mémos a été opposée par des gens à la tête de l’administration Obama, incluant le directeur de la CIA, Leon Panetta, et le directeur du renseignement national, Dennis Blair.

Cheney s’est moqué de la « fausse indignation » de ceux qui ont critiqué les méthodes d’interrogation employées par l’administration Bush. « Au cours de ma longue expérience à Washington, peu de choses ont suscité autant d’indignation artificielle et de faux moralisme que les méthodes d’interrogation utilisées contre quelques terroristes capturés. » Il ajouta que les critiques de ces méthodes « ne sont pas dans une position pour sermonner quiconque sur les “valeurs” ».

Sans ambiguïté, l’ancien vice-président a défendu les techniques d’interrogation de l’administration Bush, insistant que « complètement exclure les méthodes d’interrogations musclées dans le futur est imprudent à l’extrême ».

Il a continué en dénonçant la décision d’Obama de fermer Guantanamo, en lançant un avertissement : « Je pense que le président trouvera, après réflexion, que d’amener les pires terroristes aux États-Unis sera cause de grands dangers et regrets dans les années à venir. »

Ce n’est pas une exagération que d’affirmer que cette confrontation publique entre Obama et Cheney n’a pas de précédent dans l’histoire américaine moderne. Croire que cet échange amer entre le président et l’ancien vice-président ne soulève pas d’importantes questions sur la viabilité de la démocratie américaine est le comble de la complaisance.

Soyons clairs : Cheney parle pour les sections puissantes de la classe dirigeante, soutenue par des sections substantielles de l’appareil militaire et des services du renseignement, qui sont profondément hostiles à la démocratie.

Quant à Obama, sa propre position est minée par des contradictions politiques profondes et insolubles. Son plaidoyer pour que la constitution soit respectée est complètement infirmé par le fait que son administration a accepté sans question les prémisses essentielles sur lesquelles étaient basées la politique étrangère de l’administration Bush : les Etats-Unis mènent une lutte desespérée contre le « terrorisme ».

Tout en s’opposant à certains gestes de l’administration Bush, Obama évite prudemment de défier le mensonge politique fondamental à l’origine de tous ses crimes.

« Al-Qaïda planifie activement une autre attaque contre nous » a déclaré Obama dans le même discours mardi. « Nous savons que cette menace planera sur nous pour longtemps et que nous devons utiliser tous les composantes de notre pouvoir pour la défaire. » Et en fait, a affirmé Obama, son administration mène cette lutte de façon plus cohérente en « luttant contre les extrémistes en Afghanistan et au Pakistan qui nous ont attaqué le 11-Septembre ».

Si Obama dit la vérité (que l’administration précédente a adopté une politique où « tout était permis »), alors les responsables doivent être poursuivis en tant que criminels politiques. Au lieu de cela, Obama est venu à leur défense en les décrivant comme étant trop zélés dans la poursuite d’une noble cause. « Confronté à des menaces incertaines, a-t-il dit, notre gouvernement a pris une série de décisions rapides. Et je crois que ces décisions étaient motivées par le désir sincère de protéger la population américaine. »

En deux occasions, Obama a insisté que personne ne serait amené en justice pour les politiques de huit dernières années. Il s’est opposé à la création d’une commission indépendante et a insisté qu’il n’y aurait aucune tentative de « se concentrer sur le passé ».

En indiquant qu’il ne poursuivra les conspirateurs autour de Cheney, Obama ne continue en fait que sa politique de couardise et d’accommodation qui a caractérisé son administration depuis sa mise en place. Chacune des ces concessions a encouragé les sections les plus à droite de l’Etat et a facilité la conspiration contre les droits démocratiques.

La temporisation d’Obama, ses reculs constants, sont déterminés par les intérêts de classe qu’il représente. Peu importe les critiques qu’il fera de la politique de l’administration Bush, Obama a les mêmes objectifs essentiels. En termes de sa politique intérieure, il a continué à donner d’immenses sommes aux banques et aux investisseurs de Wall Street. En termes de politique militaire, il continue l’occupation de l’Irak tout en élargissant la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Sa défense de la légalité est contredite par le fait que son administration a remis sur pied les commissions militaires pour juger les prisonniers de Guantanamo, a refusé de publier les photos sur la torture et, en général, a maintenu les mesures antidémocratiques de son prédécesseur.

Malgré les avertissements que donne Obama sur l’érosion de la démocratie aux Etats-Unis, son administration, par ses actes mêmes, en facilite et en accélère l’effondrement. Il est impossible de combiner la guerre impérialiste avec la démocratie. La dernière ne peut survivre sans une opposition à la première.

Obama est incapable d’exposer le véritable contenu social et politique de l’attaque de Cheney, parce que cela demanderait d’exposer les objectifs politiques et les intérêts de classe réactionnaires qui motivent la « guerre au terrorisme ». De plus, cela demanderait un appel à une large mobilisation du peuple américain en défense des droits démocratiques. Mais dans une époque où l’administration met en œuvre une politique intérieure qui défend les intérêts de l’élite financière, l’administration Obama n’a pas l’intention de soulever le mécontentement populaire.

La défense des droits démocratiques ne peut être entreprise par aucune faction de la classe dirigeante. Les institutions de la démocratie américaine sont déjà dans un état avancé de désintégration.

La défense des droits démocratiques dépend de l’organisation politique indépendante de la classe ouvrière.



Article original en anglais, WSWS, paru le 22 mai 2009.

27/09/2007

L’obligation vaccinale est-elle encore justifiée ?

Voici une synthèse de l'enquête menée par Agoravox, commencée en juin, telle qu’elle résulte de l’analyse des commentaires des internautes et des vérifications et compléments apportés ensuite. L’enquête est téléchargeable au format PDF en fin d’article.

L’enquête a révélé l’extrême complexité du dossier ainsi qu’une très vive opposition entre les partisans et les opposants, non pas à la vaccination (ceux-là sont rares), mais à la politique vaccinale de la France. Après plus de trois mois d’analyses, de recoupements, de vérifications, d’interviews et de documentation, nous avons pu nous faire notre idée sur la question (voir également les articles qui détaillent notre démarche).

Voici en quoi elle consiste :

Les discours officiels (« seule la vaccination, qui est globalement inoffensive et dont les bénéfices dépassent de beaucoup les éventuels effets indésirables, permet de lutter efficacement contre les maladies infectieuses ; il faut donc vacciner au maximum pour protéger la population et espérer éradiquer ces maladies ») ou, à l’opposé, extrémistes (« les vaccins ne sont que des poisons et n’offrent jamais aucune utilité »), me paraissent tous les deux simplistes et réducteurs. Donc faux et contreproductifs.

Celui qui cherche à se faire une idée par lui-même sur la réelle efficacité (tenant compte des ratios bénéfices/risques et coûts/bénéfices) de la vaccination est bien embarrassé, car dans les discours officiels comme dans la presse, les risques sont généralement tus ou fortement minimisés.

Les témoignages d’effets indésirables (pour lesquels le système de notification est embryonnaire et face auxquels les résistances du milieu médical sont fortes) pullulent en revanche sur les sites internet, dans les forums, dans les livres et quelques revues.

Les arguments des “pour” comme ceux des “contre” sont pour la plupart appuyés sur des travaux et des publications scientifiques. Le problème est que ces arguments opposés ne sont jamais confrontés directement et dans une même tribune. Chacun s’exprime de son côté soupçonnant la partie adverse des pires pensées.

N’étant ni médecin ni chercheur, je reste, en tant qu’individu qui n’avait pas une opinion tranchée sur la question, partagé sur l’intérêt de la vaccination telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée.

Suite à cette enquête, et en tant que journaliste, j’ai acquis une double conviction :

1) Les autorités et les médias prennent généralement les Français pour des enfants immatures et irresponsables à qui on refuse l’information contradictoire au sujet de la vaccination : il faut « sensibiliser » plutôt qu’informer pour éviter à tout prix les interrogations, les réticences vis-à-vis de la vaccination et, par suite, le rétrécissement de la couverture vaccinale. Pour « protéger la collectivité », il faut obliger ceux qui doutent et punir ceux qui refusent.

Or, cette attitude dogmatique, paternaliste et militaire, quasi unique au monde, produit directement, à mon avis, l’effet inverse au but poursuivi : elle déstabilise et radicalise ceux qui souffrent des effets indésirables des vaccins et augmente la méfiance dans la population qui devient dès lors perméable aux propos contestataires répandus hors des circuits officiels.

2) Le discours virulent de quelques opposants à la vaccination (ils sont rares), individuellement ou en associations, rend leur message critique quasi inaudible par la société. Ne voyant dans les vaccins que des poisons, voire un outil conçu par un complot mondial dans un objectif génocidaire, ces contestataires dramatisent le débat, ce qui ne facilite pas la recherche de la vérité par tous ceux qui s’interrogent sincèrement.

Précisons que la plupart des contradicteurs ne sont pas des sectes ni des opposants systématiques, mais généralement des personnes qui pensent souffrir des effets indésirables des vaccins et qui se positionnent seulement sur le souhait de la liberté de choix.

Conclusions de l’enquête

1 - La vaccination pouvant induire des effets indésirables (et ces effets étant trop peu notifiés cliniquement et épidémiologiquement parlant), l’occurrence des maladies couvertes par les vaccins anciens étant extrêmement rare et la vaccination n’étant pas le facteur unique de la baisse ou de la disparition de maladies infectieuses, la criminalisation de l’insoumission vaccinale, telle qu’elle est imposée en France, nous semble abusive - et contreproductive.

Elle serait peut-être acceptable si une totale transparence était apportée sur les ratios bénéfices/risques, si une communication authentique était menée sur les effets indésirables, si les autorités recherchaient systématiquement à recenser ces effets contraires et si elles acceptaient d’indemniser les victimes sur présomption raisonnable de lien (et non en présence de preuve) entre maladie et vaccin, du moins lorsque la vaccination est obligatoire (DTP et HB pour les professionnels de santé).

2 - Il faudrait en effet inverser la charge de la preuve de l’innocuité de chaque acte vaccinal, charge qui devrait incomber totalement à celui qui l’impose. Le doute doit bénéficier à celui qui subit, non à celui qui impose comme c’est le cas aujourd’hui.

L’autorité, parce qu’elle ordonne le vaccin, ne doit pas se contenter de déclarer une absence de preuve entre la maladie d’une victime et un vaccin pour se dédouaner de sa responsabilité. Elle ne doit pas demander au malade de prouver le lien entre sa maladie et le vaccin pour prendre son cas en considération.

Ainsi, toute déclaration étayée de maladie associée à un vaccin devrait être présumée recevable. A charge pour le médecin et le laboratoire, s’ils le peuvent, de trouver l’autre cause de la maladie, seul moyen rationnel d’innocenter le vaccin.

3 - Le bénéfice pour la collectivité n’est pas si certain. Un nouveau bilan comparé des risques et des bénéfices nous paraît donc indispensable à établir, avec des scientifiques indépendants et intégrant (pour les infirmer ou les confirmer) les arguments de tous y compris des contestataires.

Un débat démocratique approfondi (commission d’enquête parlementaire, conférences citoyennes, etc.) sur le bien-fondé et les modalités de la politique vaccinale telle qu’elle est actuellement menée devrait être organisé. Les arguments d’autorité (« Les scientifiques savent ce qu’ils font ») et de foi (« S’il y avait vraiment des risques, les autorités ne laisseraient pas faire ») sont désormais largement inopérants.

Pour enrayer l’actuel recul de la confiance en la politique française de prévention sanitaire, celle-ci ne devrait être imposée que si et quand elle est vraiment nécessaire, et en toute connaissance de cause, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, les données diffusées dans le grand public ne laissant aucune place ni aux doutes ni aux critiques.

Si l’on veut que cette contrainte soit socialement acceptée, les autorités devraient prendre plus sérieusement en compte les propos des victimes (réelles ou supposées) de la vaccination ainsi que les arguments des sceptiques et des opposants. Elles devraient leur répondre point par point sans les diaboliser et accepter les échanges contradictoires et publics.

4 - La liberté de vaccination devrait être laissée aux parents, dans des conditions de lucidité et de responsabilité à définir. De plus en plus de voix, y compris dans le monde médical et administratif (voir nos interviews), soit questionnent soit souhaitent la levée de l’obligation vaccinale.

De même, la perspective d’un dialogue loyal, rigoureux, transparent, contradictoire et arbitré de façon impartiale, basé sur une grande enquête scientifique indépendante, détendrait certainement les acteurs de cette controverse et nous permettrait, à nous citoyens, d’y voir plus clair. Cela donnerait par la suite plus de légitimité et de force aux décisions des autorités. Et rassurerait nombre de parents soucieux de la santé de leurs enfants et qui ne veulent pas les engager malgré eux dans des voies qui pourraient leur être dommageables, parfois à vie.

Enfin, les autorités devraient faire preuve de plus de transparence dans le jeu des différents acteurs (séparation entre les rôles informatifs et les rôles commerciaux au sujet des vaccins ; composition et éthique des instances sanitaires concernées, communication plus transparente sur les effets indésirables, etc.) et mieux expliquer leurs raisons.

Cette enquête est l’aboutissement de plusieurs mois de recherche notamment suite à la publication de trois articles sur AgoraVox qui ont généré plus de 500 commentaires cet été. Le sujet étant en plus très sensible, avant de réagir à cet article, nous vous invitons à lire les résultats de notre enquête en téléchargeant le document PDF.

03/05/2007

Sarkozy - Materazzi.

Il est intéressant de noter comment l'histoire parfois se répète.

Vous souvenez vous du 9 juillet 2006 ? La France est en finale de la coupe du monde de football contre l'Italie. A la 107e minute de jeu, Zinedine Zidane donne un coup de tête dans le thorax de Marco Materazzi après que celui-ci, d'après la consultation des experts capables de lire sur les lèvres qui sont tous arrivés à la même conclusion lui ai dit : «On sait tous que tu es le fils d'une pute terroriste».

Vous connaissez la suite et la surmédiatisation que connut cet événement.

Qu'en a dit Zindedine Zidane ?

« ...il m’a tenu des mots très durs, plus durs qu’un geste, qu’il répète plusieurs fois. Ensuite, ça se passe très vite. Il a dit des choses très graves, très personnelles qui me touchent au plus profond de moi, sur ma maman, ma sœur. J’écoute une fois, j’essaye de partir, puis une deuxième fois, une troisième fois. Je suis un homme avant tout. J’aurai préféré prendre une droite dans la gueule (sic) plutôt que d’entendre ça. Bien sûr, c’est un geste à ne pas faire et je veux le dire haut et fort, je m’excuse auprès des millions d’enfants qui ont pu voir ce geste, auprès des éducateurs qui disent les choses à faire et à ne pas faire. Mais, je ne peux pas regretter ce geste. Cela voudrait dire qu’il avait raison et il ne peut pas avoir raison, surtout pas. Ce que je déplore, c’est qu’on sanctionne toujours la réaction. Mais s’il n’y a pas de provocation, il n’y a pas de réaction. Vous croyez qu’à dix minutes de la fin de ma carrière, j’aurai fait ce geste par plaisir ? Bien sûr, mon geste n’est pas pardonnable mais il faut aussi sanctionner le vrai coupable. Et le vrai coupable, c’est celui qui provoque »

Si l'on effectue quelques recherches sur le pédigrée de Marco Materazzi, l'on réalise rapidement que ses paroles n'étaient pas du tout le fruit du hasard mais l'expression d'un profil psychologique bien spécifique, celui d'un individu visiblement prêt à tout pour atteindre ses objectifs.

Dans ses déclarations post-match, Marco Materazzi se fait habilement passer pour la victime, innocente et choquée :

Je ne lui ai rien dit concernant le racisme, la religion et la politique. Je n’ai pas parlé non plus de sa mère. J’ai perdu ma mère à 15 ans et encore aujourd’hui ça m’émeut d’en parler. Naturellement, je ne savais pas que la sienne était à l’hôpital, et je lui souhaite mes meilleurs vœux. Il a toujours été mon idole, je l’admire beaucoup.

Revenons en au débat Royal-Sarkozy et en particulier à l'échange relatif à l'intégration des enfants handicapés :

La déclaration qui mit le feu au poudre est insultante. N. Sarkozy, l'ancien ministre de l'Intérieur, s'y prévaut de son engagement  pour l'intégration de tous les enfants handicapés à l'école, ce que la droite a empêché de faire ces cinq dernières années ( cet état de fait a été confirmé par les associations concernées à l'issue du débat)

Ségolène Royal révoltée par tant de cynisme se révolta : "Je suis scandalisée par ce que je viens d'entendre", a-t-elle lancé au candidat de l'UMP. "Non M. Sarkozy tout n'est pas possible dans la vie politique. Cet écart entre le discours et les actes n'est pas acceptable surtout quand il s'agit des enfants handicapés. Ce n'est pas acceptable et je suis très en colère".

"On atteint le summum de l'immoralité politique", a-t-elle accusé.

"Calmez-vous, ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé", a intimé son adversaire.

"Je ne m'énerve pas, je me révolte", a répliqué Ségolène Royal.

"Pour être président de la République, il faut être calme", a estimé Nicolas Sarkozy.

"Non! Pas quand il y a des injustices, il y a des colères qui sont parfaitement saines parce qu'elles correspondent à la souffrance des gens. Il y a des colères que j'aurai même quand je serai présidente de la République", a poursuivi la candidate du PS. 

En réfléchissant à ces deux affaires il est étonnant de constater combien nous, citoyens avons été conditionnés .

D'une part nous acceptons en fermant les yeux des actes fondamentalement malsains et destructeurs comme l'insulte ou le  mensonge (des insultes il y en a sur tous les terrains de foot, tous les politiciens mentent,..)

D'autre part, nous diabolisons celui qui se révolte face à l'innaceptable. Alors que cette même révolte est un processus de défense de ce que l'Homme a de plus précieux : sa dignité et le respect de ceux qu'il aime

Cette inversion de valeurs est un cas frappant de paramoralisme.

Selon A. Lobaczewski dans Ponérologie Politique, le paramoralisme peut être décrit de la manière suivante : la conviction qu’il existe des valeurs morales et que certaines actions violent des règles morales est un phénomène tellement commun et ancien qu’il semble avoir quelque substrat au niveau du patrimoine instinctif (encore qu’il ne soit certainement pas entièrement adéquat dans le cadre de la vérité morale), et qu’il ne fait pas que représenter des siècles d’expérience, de culture, de religion et de socialisation. Dès lors, toute insinuation infiltrée dans des slogans moraux est toujours suggestive, même quand les critères “moraux” utilisés ne sont que pure invention ad hoc. N’importe quel acte peut donc être vu comme immoral ou moral par le biais de paramoralismes et de la suggestion active; il se trouvera toujours des gens pour tomber dans le panneau de ce genre de raisonnements.[…] Les déclarations et suggestions pseudo-morales accompagnent si souvent diverses formes de mal qu’elles semblent irremplaçables. Malheureusement, il est devenu très fréquent que des individus, des groupes de pression, ou des systèmes pathocratiques inventent de nouveaux critères moraux dans leur propre intérêt. […] C’est peut-être le moment de se dire que la vraie morale naît et existe indépendamment de nos jugements à cet égard, et même de notre capacité à la reconnaître. L’attitude requise pour comprendre cela est donc scientifique, et non créatrice: il nous faut humblement soumettre notre esprit à la réalité perçue. C’est ce qui se passe quand nous découvrons l’homme dans sa vérité: ses faiblesses et ses qualités; elle nous montre ce qui est convenable et approprié par rapport à autrui et aux autres sociétés.

 

 

 

 

 

27/04/2007

Sarkozy, psychopathe même avec celui dont il a le plus besoin

26 avril 2007 - PARIS (Reuters)

«La campagne dans la campagne imposée par François Bayrou dans l'entre-deux tours tourne à l'aigre : l'ex-candidat centriste a accusé vendredi Nicolas Sarkozy d'avoir empêché son débat avec Ségolène Royal, ce que l'UMP dément, dénonçant une entreprise de calomnie. "Lorsque j'ai tenu une conférence de presse mercredi j'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là où on en est", a affirmé François Bayrou sur RTL, précisant toutefois n'avoir qu'une "certitude".»

Il est clair que Sarkozy a fait pression pour empêcher tout débat Royal/Bayrou. Et c'est lui qui vient nous parler de liberté de pensée et de liberté d'expression. Double langage typique des menteurs dans son genre ?

Quelques mots du personnage : «Voltaire, pour ne citer que lui, continuera si je suis élu à être enseigné dans les écoles françaises, il continuera à être dans les programmes des examens, il continuera à être joué librement dans les théâtres qui le souhaitent et je ne tolérerai pas que quiconque tente de s’y opposer par la violence. Parce que pour moi la liberté de l’esprit c’est la première valeur de la culture française et la première qualité de l’intelligence humaine. Si nous voulons une société de liberté, si nous voulons contribuer à faire de nos enfants des hommes libres, si nous voulons former des âmes libres, il nous faut protéger et encourager la liberté» «Je veux défendre la liberté de conscience. Je veux défendre la liberté d’expression.»

Comme c'est beau... et faux

«"Il se trouve que ce débat a été annulé en arguant, ou en prétendant, qu'il y avait des règles du CSA et une demande du CSA qui empêcherait la tenue du débat. Ceci est absolument faux", a-t-il ajouté.Canal+, qui avait proposé de retransmettre samedi matin un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, a retiré son offre jeudi faisant valoir le respect des règles du temps de parole imposées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le CSA a démenti être intervenu auprès de la chaîne cryptée pour annuler la tenue du débat."Ici, par toute une série de réseaux (...), qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, sont faites auprès des chaînes, de manière que l'information se trouve verrouillée", a avancé François Bayrou."On est en train de choisir le chemin d'une régression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés", a poursuivi le dirigeant centriste."Et songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu? a-t-il lancé"»

Tout juste M. Bayrou, et il est crucial pour la nation de tout faire le 6 mai pour empêcher ça ! Attention: sarkozysme rime avec fascisme

Intimidation, menaces, réseaux, informations verrouillées,... Nous commençons a être familiers de ce mode opératoire. Une fois de plus Nicolas Sarkozy révèle sa véritable nature alors qu'il a encore besoin d'entretenir l'illusion aux yeux des français en revêtant son masque de salubrité mentale.

Combien d'excès seront encore nécessaires pour que les françaises et les français prennent conscience de la véritable nature du candidat Sarkozy.

Et comme le souligne très justement François Bayrou : "songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu?"

«"UN COUP MONTÉ"

L'UMP a répliqué par la voix de Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, qui s'est ému de "la violence des propos" de François Bayrou. "C'est de la calomnie, de l'insinuation calomnieuse. Il est extrêmement grave de tenir des propos comme ça. C'est un procédé stalinien. Affirmer des choses sans preuve, c'est gravissime", a-t-il dit à Reuters, mettant les allégations du président de l'UDF sur le compte de "l'amertume, de la tristesse et de la déception". »

Amertume, tristesse et déception ? C'est la première fois que l'UDF rassemble autant de voix, plus de 6 millions de Français ont voté pour Bayrou ! Au contraire il a l'air plus primesautier et combattif que jamais, le Bayrou. Calomnie, procédé stalinien ? Qui interdit le débat ici, qui est stalinien ? Il est typique d'accuser l'adversaire de ce dont on est soi-même coupable.

«"François Bayrou est un mauvais perdant", a estimé pour sa part François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, sur BFM TV/RMC-Info. Le candidat centriste, arrivé en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle, a recueilli 18,57% des suffrages, soit plus de 6,8 millions d'électeurs dont le candidat de l'UMP et la candidate du Parti socialiste se disputent les faveurs pour le second tour du 6 mai. La polémique actuelle est "un coup monté par François Bayrou pour continuer à garder les projecteurs braqués sur lui alors qu'il n'est plus au second tour", a estimé François Fillon. "Maintenant, il faut que François Bayrou se retire, que François Bayrou attende (...) et qu'il laisse les deux finalistes s'exprimer".»

Evidemment, un vrai débat démocratique et pluraliste, ça leur fait peur !

«Le duel télévisé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal est prévu le mercredi 2 mai à 21h00 sur TF1 et France 2. Interrogé sur RTL à la suite de l'interview de François Bayrou, Rodolphe Belmer, directeur général délégué de Canal+, a "récusé formellement toute pression". "Canal+ est une chaîne totalement indépendante. On le prouve tous les jours".»

Ah ah ah, je pouffe... indépendante Canal + ? J'irais bien demander son avis à Pierre Carles, dont le documentaire "Pas vu à la télé" sur les accointances entre le Pouvoir et les Médias - on ne peut plus d'actualité - fut censuré il y a quelques années. Heureusement, Internet est encore libre (à nous de voir si on veut que ça continue) et nous pouvons encore nous régaler de cette perle :

Vidéo Pas vu pas pris, 1ère partie

2ème partie

«Après l'hebdomadaire Marianne jeudi, le quotidien Libération propose vendredi d'organiser le débat Royal-Bayrou, "n'étant pas assujetti aux règles" d'égalité du CSA.»

J'attends ce débat avec impatience. Sarkozy vient de démontrer une fois de plus sa dangerosité : avec lui, on peut dire adieu à la liberté d'expression et bonjour à la pathocratie