27.03.2008

Agoravox, agoraintox ?

Sous prétexte de "journalisme citoyen" (ben voyons...), Agoravox propose aux journalistes et aux dessinateurs de travailler gratuitement. Ami(es) dessineux(ses), ne vous laissez pas abuser... Voici le texte (type) envoyé aux auteurs :

    Bonjour, Nous nous permettons de vous contacter afin de vous présenter le projet AgoraVox. AgoraVox se veut l’une des premières initiatives européennes de "journalisme citoyen" à grande échelle. Notre ambition est de favoriser l’émergence d’une nouvelle forme d’expression indépendante.

    Nous sommes à la recherche de partenaires et de dessinateurs potentiels dans la blogosphère mais aussi au dehors. Nous recherchons des dessinateurs pour illustrer l’actualité ou l’air du temps. Dans le cadre de nos recherches de contributeurs, nous avons retenu votre blog pour sa qualité et l’originalité de vos dessins. Nous souhaiterions vous associer à Agoravox en vous invitant à publier sur le site.

    Pourquoi devenir rédacteur-dessinateur ? Tout simplement pour faire entendre sa voix, pour relater des faits ou donner son sentiment sur l’actualité. Par ailleurs, tout contributeur a la possibilité de personnaliser une page qui lui est consacrée et dans laquelle il pourra, entre autres, mettre un lien vers son blog.

    Vous trouverez également de plus amples renseignements sur le projet AgoraVox, son histoire et sa politique éditoriale en vous rendant directement sur Agoravox Enfin, les modalités de fonctionnement sont directement décrites ici

  En souhaitant vous retrouver très prochainement parmi notre liste de contributeurs. Bien cordialement L’équipe Agoravox

C’est intéressant de lire dans leur "politique éditoriale", le passage suivant :

    En soumettant un article ou un document sur AgoraVox, les rédacteurs acceptent implicitement que celui-ci puisse être librement reproduit sur d’autres sites Internet ou en dehors d’Internet par d’autres médias. Sauf avis contraire clairement exprimé, les rédacteurs acceptent également que le comité de rédaction puisse éventuellement reproduire un article déjà publié sur leur blog ou leur site web et qui est en adéquation avec la politique éditoriale."

Alors les copains et les copines, si vous souhaitez travailler gratos et qu’en plus vos dessins soient repris sans votre accord sur d’autres sites et même sur d’autres médias, n’hésitez plus ! le "média citoyen" vous ouvre grandes les portes du bénévolat.

Article original publié par Bellacio et suivi de nombreux commentaires édifiants quant à la réalité d'Agoravox.

 

Note de P&P : cet article a été initialement publié par Bellacio. Rien de bien méchant au fond. Mais aprè ladite publication les témoignages et commentaires ont commencé à pleuvoir. Je ne vais déflorer l'intégralité de la discussion ici car elle mérite vraiment d'être lue. Pour résumer je me suis permis de copier l'un des commentaires qui me semble bien synthétiser la situation :

Plusieurs éléments relatifs au positionnement d’Agoravox me laissent perplexes :

 le site s’autoproclame citoyen alors qu’il est contrôlé non pas par les citoyens mais par une entreprise privée.

 le site bénéficie du travail bénévole de nombreux citoyens qui croient en cette démarche citoyenne collective, libertaire et qui pour la plupart ne sont pas informés de l’organe qui contrôle Agoravox.

 Cybion, l’entreprise privée qui contrôle Agoravox a effectué des levées de fonds, cela veut dire que des investisseurs institutionnels sont au Conseil d’Administration de Cybion (les banquiers et les citoyens ont-ils les mêmes intérêts ?)

Fort de ces différents constats les véritables objectifs d’Agoravox me semblent clair. Agoravox sous des couverts de démarche citoyenne et un vernis d’émancipation des masses n’est rien d’autres qu’un cheval de Troie permettant aux puissants de ce monde de noyauter les dynamiques citoyennes et de conserver les citoyens dans leur esclavage moderne.

"...Au premier rang, nous placerons la presse officielle. Elle veillera constamment à la défense de nos intérêts, et, par suite, son influence sur le public sera relativement insignifiante. Au second rang, nous placerons la presse semi-officielle, dont le devoir sera d’attirer les tièdes et les indifférents. Au troisième rang, nous placerons la presse qui se donnera l’air de nous faire opposition et qui, dans l’une de ses publications, semblera notre adversaire. Nos véritables ennemis croiront à la sincérité de cette opposition et nous laisseront voir leurs cartes..."