31.05.2009

Les viols sont courants au Darfour, selon un groupe de médecins

Le viol employé comme "arme de guerre", en plus des tortures et autres humiliations, est une des méthodes utilisées par les psychopathes pour détruire l'être, dans son âme et dans sa chair. Cet article relate les mêmes exactions ignobles commises sur des femmes et fillettes au Congo.
En voici un extrait : « Lorsqu’un viol est commis devant votre famille » […] « cela détruit tout le monde. J’ai vu des hommes souffrir car ils avaient vu leur femme se faire violer ; ils n’ont plus aucune stabilité mentale. La situation des enfants est encore pire. La plupart du temps, lorsqu’une femme subit autant de violences, elle n’est plus capable d’enfanter. Il est clair que ces viols ne sont pas commis pour satisfaire une quelconque pulsion sexuelle mais pour détruire les âmes. La famille et la communauté entières sont détruites. »

Et c'est bien le but du psychopathe : détruire les êtres physiquement mais surtout psychologiquement, les isoler les uns des autres pour qu'ils ne puissent plus s'unir. Le but est de diviser les êtres entre eux par l'accentuation des différences – religieuses, raciales, sexuelles, politiques, sociales, générationnelles... Le viol en tant que technique de destruction et de division est un nouvel exemple de l'absence totale de conscience qui caractérise les psychopathes ; et c'est d'autant plus grave lorsque ce type d'exaction est orchestré en haut lieu.

De Peter Spielman – Il y a 16 heures

NEW YORK — Une étude menée auprès des femmes qui ont fui le conflit du Darfour au Soudan montre qu'un tiers ont été violées et que la plupart redoutent de subir des sévices sexuels dans les camps de réfugiés au Tchad, a établi le groupe américain Physicians for Human Rights (médecins pour les droits humains).

L'étude publié dimanche souligne que la moitié des viols perpétrés au Darfour sont attribuables aux milices Janjawid, alliées au gouvernement de Karthoum, et le reste aux villageois tchadiens, près des camps de réfugiés gérés par l'ONU. Ils s'attaquent aux femmes quand elles vont chercher du bois ou du fourrage pour le bétail en dehors du camp.

L'ONG souhaite que ces viols, qualifiés de crime de guerre, soient jugés, et engage la Cour criminelle internationale à lancer des mandats d'arrêts contre les principaux suspects soudanais. Les médecins demandent aussi une meilleure protection des réfugiés au Tchad par la police locale et les soldats de la paix, protégeant notamment la quête de bois.

La question est hautement décriée par le gouvernement soudanais, qui nie qu'aient lieu des violences systématique ou des viols de femmes.

Trois médecins et un chercheur ont interviewé 88 femmes en novembre au camp de réfugiés de Farchana, au Tchad, où plus de 20.000 personnes déplacées du Darfour sont sous la garde de 2.000 soldats tchadiens, à 55 km de la frontière avec le Soudan.

Parmi ces 88 femmes interrogées, 29 ont subi un viol "confirmé ou très probable", selon l'organisation. Trois femmes ont été violées deux fois. Dix-sept viols ont eu lieu au Darfour, et 15 au Tchad. Par ailleurs, cinq femmes ont témoigné avoir assisté à des viols collectifs par les miliciens au Darfour.

Les membres de l'ONG considèrent "hautement probable" un viol quand la victime s'est évanouie lors de l'agression, et présente des séquelles visibles, ou si elle a reconnu dans un premier temps avoir été violée, avant de nier les faits par la suite pour dissimuler sa honte.

Le conflit au Darfour dure depuis 2003 et oppose des rebelles africains de la province de l'ouest du Soudan au gouvernement de Karthoum, qui a une attitude discriminante à leur encontre ou les néglige. Le conflit a entraîné la mort de 300.000 personnes et fait 2,7 millions de déplacés. Environ 250.000 Darfouri ont fui au Tchad, où ils vivent dans des camps de réfugiés.

Le groupe reconnaît que sa méthode d'enquête -des interviews menées dans les camps de réfugiés avec l'accord des chefs de ces camps, et auprès de femmes informées par le bouche-à-oreille-ne permet pas de tirer des conclusions sur la situation générale au Darfour, ou parmi la population des réfugiés du camp de Farchana.

La culture musulmane en vigueur au Darfour ne facilite pas la déclaration des viols. Les femmes redoutent l'ostracisme qui les frapperait ensuite, et elles craignent des représailles du gouvernement.

Les enquêtes ont encore été compliquées par l'expulsion de 13 ONG étrangères décrétée par le gouvernement soudanais après le lancement d'un mandat d'arrêt contre le président Béchir par la Cour criminelle internationale. Omar el-Béchir est notamment poursuivi pour les viols perpétrés à l'encontre des populations du Darfour.

Entre octobre 2004 et février 2005, Médecins sans frontières a rapporté avoir traité 500 victimes de viols au sud et à l'ouest du Darfour. Ces atteintes aux droits humains sont répétées, dans les villages où apparaissent les hommes en armes porteurs de turbans et d'uniformes kaki, à cheval ou à dos de chameau. Ces attaques sont généralement suivies de pilonnage aérien de l'armée soudanaise.

"Les femmes darfouri (africaines) sont appelées esclaves par leurs assaillants et les hommes sont tués. Les agresseurs brûlent systématiquement les villages et confisquent le bétail", d'après le rapport de Physicians for Human Rights.

Une victime rapporte par exemple qu'à 13 ans, quatre hommes arabes armés et à cheval ont attaqué la ferme de sa famille au village, dans le Darfour. Ils ont tué son père et l'ont violé.

"Quand ils ont tué mon père, ils ont vu que j'étais une petite fille", a témoigné la victime, membre de la tribu Masalit. "Je n'avais pas d'énergie ou de force pour m'opposer à eux. Ils ont commencé à abuser de moi, j'ai saigné, c'était tellement douloureux. J'ai été malade pendant sept jours. Je ne pouvais plus me tenir debout".

Au Tchad, les réfugiés ne risquent plus d'être massacrés par les miliciens arabes ou bombardés par les avions soudanais, mais ils sont toujours exposés aux viols, à la faim et aux privations.

En 2007, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies avait documenté 52 cas de viols, en recueillant les témoignages dans 12 camps au Tchad, mais estimé que le chiffre était sûrement très sous-évalué.

xo/v0292

Sur le Net : http://darfuriwomen.phrblog.org r

24.01.2009

Un responsable palestinien appelle la Cour Internationale à poursuivre Israël

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Le président par intérim du Conseil Législatif Palestinien, a envoyé, jeudi, un message au procureur général de la Cour pénale internationale. Dr. Ahmed Bahar, a appelé à l'arrêt des chefs israéliens responsables de l'affreuse guerre menée par le gouvernement israélien contre les habitants de la bande de Gaza.

Il a affirmé que les occupants israéliens ont utilisé toutes sortes d’armes prohibées. Ils ont, à titre d'exemple, utilisé des obus au phosphore blanc contre les civils palestiniens. Ils ont bombardé des immeubles résidentiels pour tuer des civils, des enfants, des femmes, des personnes âgées. Ils ont également tué des secouristes, des journalistes et même des fonctionnaires de l’ONU.

Il a rappelé que les occupants israéliens ne respectent aucune convention, aucun accord des Nations Unies concernant les civils. Ils n’ont pas non plus respecté la décision de l’organisation mondiale leur ordonnant d’arrêter leur agression contre la bande de Gaza.

Enfin, Bahar a exhorté la cour internationale à assumer son rôle et juger les chefs israéliens, en appliquant les décisions internationales.

Article original : Almanar

Version française : Alterinfo

21.01.2009

Israël doit être jugé par la Cour pénale internationale - Pétition universelle

Source : Tlaxcala

19 janvier 2009

Environ 300 ONG et associations vont saisir le Procureur près la Cour Pénale Internationale, pour qu'une enquête soit ouverte à propos des crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Votre soutien est indispensable. Signez et faites circuler cette « pétition universelle ». C'est urgent.

 

A Monsieur le Procureur près de la Cour Pénale Internationale (CPI)

Le droit est la marque de la civilisation humaine. Chaque progrès de l'humanité est allé de pair avec le renforcement du droit. Le défi que nous lance l'agression d'Israël sur Gaza est d'affirmer, au cœur de ces souffrances, qu'à la violence doit répondre la justice. 

Crimes de guerre ? Seuls les tribunaux peuvent condamner. Mais nous devons tous témoigner car un être humain n'existe que dans son rapport aux autres. Les circonstances donnent toute sa dimension à l'article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1949 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». 

La protection des peuples, et non pas celle des Etats, est la raison d'être de la CPI. Un peuple sans Etat est le plus menacé de tous, et, devant l'Histoire il se trouve placé sous la protection des instances internationales. Le peuple le plus vulnérable doit être le plus protégé. En tuant les civils palestiniens, les chars israéliens font saigner l'humanité. Nous avons milité pour que le pouvoir du Procureur général soit au service de toutes les victimes, et cette compétence doit permettre d'adresser au monde entier un message d'espoir, celui de la construction d'un droit international fondé sur le droit des personnes. Et ensemble, un  jour, nous pourrons rendre hommage au peuple palestinien pour tout ce qu'il a apporté dans la défense des libertés humaines.

Campagne débutée le 19/01/2008

PLUS D'INFORMATIONS

SIGNER LA PÉTITION (cliquer et se rendre en bas de page)

28.05.2008

CHIRAC demande à une Europe ‘couchée' de rompre avec les Etats-Unis sur le blocus de Gaza

CHIRAC demande à une Europe ‘couchée' de rompre avec les Etats Unis sur le blocus de Gaza

 
Les dernières déclarations de l’ancien président Jacques Chirac en qualifiant le blocus de Gaza comme « l’un des plus grands crimes contre l'humanité sur Terre », et en demandant aux Européens de lever l’embargo et surtout de dialoguer avec le Hamas, ont provoqué beaucoup d’émoi et de réactions même au sein de sa propre famille politique.

Le CRIF se dit choqué de l’appel de l’ex-président à « tendre la main à un mouvement terroriste » et rappelle que la politique franchement « pro-arabe », « anti-américaine » et pas suffisamment « pro-israélienne » était à l’origine de la montée de l’antisémitisme en France pendant son mandat. Ce qui a provoqué à l’époque l’appel de l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon aux juifs de France de quitter leur pays natal pour « retourner chez eux » en Palestine.

Rassurez-vous mes amis, rien de tout cela ne peut arriver en France. La France est amie avec tout le monde, n’a été complice d’aucun crime, et n’a pas de problème sur la conscience. Mieux encore, depuis l’élection du président Sarkozy, avait récemment déclaré le premier ministre israélien Ehud Olmert, la France et Israël sont en train de vivre une histoire d’amour !

Carter demande à une Europe ‘couchée’ de rompre avec les Etats Unis sur le blocus de Gaza

L’ex-président dit que l’UE est complice dans un crime contre les droits de l’Homme

Jonathan Steele et Jonathan Freeland - The Guardian (lundi 26 mai 2008).


La Grande Bretagne et les autres gouvernements européens devraient s’écarter des Etats-Unis sur le blocus du Gaza, a déclaré hier au Gardian le précédent président US Jimmy Carter. Carter en visitant la ville de Hay située aux frontières avec le pays de Galles, pour e rendre au festival littéraire du Gardian, a décrit la position européenne sur le conflit israélo-palestinienne comme étant « couchée », et son échec à critiquer le blocus israélien de gaza comme « embarrassant ».

En commentant la possibilité de l'Europe de rompre avec les États-Unis dans une interview avec le Guardian, il a dit: « Pourquoi pas ? Ils ne sont pas nos vassaux. Ils occupent une position égale avec les Etats-Unis ».

Le blocus de Gaza dominée par le Hamas, imposé par les États-Unis, l’UE, l’ONU et la Russie - ce qu'on appelle le Quartet - après la victoire électorale du Hamas en 2006, était « l’un des plus grands crimes contre l'humanité sur Terre », car il impliquait « l’emprisonnement de 1,6 millions de personnes, dont un million de réfugiés ». « La plupart des familles à Gaza mangent un seul repas par jour. De voir les Européens approuver cela, c’est embarrassant », a dit Carter.

Il a demandé à l’UE de reconsidérer sa position si le Hamas accepte un cessez-le-feu à Gaza. « « Que les Européens lèvent l’embargo, et qu’ils disent qu’ils vont protéger les droits des Palestiniens à Gaza, et qu’ils envoient même des observateurs au passage de Rafah [le passage de Gaza pour l’Egypte] pour garantir que les Palestiniens ne vont pas le forcer ».

Bien que 27 ans se soient écoulés depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche, Carter a récemment rencontré les dirigeants du Hamas à Damas. Il a déclaré une percée en convaincant l'organisation d'offrir un cessez-le-feu à Gaza et un arrêt des tirs des roquettes palestiniennes sur Israël, si Israël cesse ces attaques aériennes et terrestres dans le territoire.

Carter a décrit l’autocensure des gouvernements occidentaux de parler au Hamas comme irréaliste et a déclaré que tout le monde savait qu’Israël négociait avec l'organisation via un médiateur égyptien, Omar Suleiman. C’est Suleiman a proposé l’offre du cessez-le-feu du Hamas à Jérusalem la semaine dernière.

Israël hésitait encore à accepter le cessez-le-feu, a confirmé Carter hier. « J'ai parlé à M. Suleiman avant-hier. J'espère que les Israéliens vont accepter », a-t-il dit.
 
Tout en restant scrupuleusement poli vis-à-vis du Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et du premier ministre, Salam Fayyad, qui représentent le mouvement Fatah, il a été sévère au sujet de leur exclusion du Hamas. Il a décrit le gouvernement du seul Fatah comme un « subterfuge » visant à contourner la victoire électorale du Hamas il ya deux ans. « Le principal sondeur d’opinions à Ramallah m'a dit l'autre jour que l’opinion publique en Cisjordanie est en train de changer pour le Hamas, parce que les gens croient le Fatah a capitulé devant Israël et les Etats-Unis », a-t-il dit.

Carter a déclaré que la politique du Quartet de ne pas parler au Hamas, tant qu’il n’a pas reconnu Israël, et satisfait à deux autres conditions, a été dessinée par Elliot Abrams, un fonctionnaire du conseil national de sécurité à la Maison Blanche. Il a appelé Abrams « un supporter très militant en faveur d'Israël ». L'ex-président dont son « Centre Carter pour la surveillance des élections » venait de certifier la victoire électorale du Hamas comme libre et équitable, s’était adressé au Quartet durant 12 minutes à sa session de Londres en 2006. Il l'a invité à parler au Hamas, qui venait de proposer de constituer un gouvernement d'unité avec le Fatah, les perdants.

« Le document final du Quartet a été rédigé à l'avance à Washington, et pas une ligne n’a été changée », a-t-il dit.
 
Auparavant, Carter a déclaré à Sky News qu’Hillary Clinton devrait abandonner son combat pour devenir le candidat démocratique à la présidence après le dernier tour des primaires au début du mois de Juin. À l'instar de nombreux super-délégués, il doit encore déclarer son soutien soit à Clinton soit à Barack Obama, mais il a suggéré que l'issue de la course était à prévoir. « Je pense que beaucoup d'entre nous, les super-délégués, vont prendre une décision ... assez rapidement, après les dernières primaires du 3 juin », a-t-il déclaré. « Je pense qu’à ce moment-là, il sera temps pour elle d'abandonner ».

Hier soir, devant une foule dense à Hay, Carter a parlé de son « horreur » de l’implication de l'Amérique (comme d’habitude, on réduit l’Amérique aux Etats-Unis, Ndt) dans la torture des prisonniers, en déclarant qu'il voulait que le prochain président des Etats-Unis s’engage de ne plus jamais le refaire.
 
Il a aussi insinué que George Bush pourrait même faire l’objet des poursuites sur des crimes de guerre une fois qu'il aura quitté la Maison Blanche.
 
Pressé par Philippe Sands QC à propos de la récente reconnaissance de Bush qu'il avait autorisé des procédures d'interrogation largement considérée comme s'apparentant à la torture, Carter a répondu qu'il était sûr que Bush serait en mesure de vivre une pacifique « vie productive dans notre pays ».
 
Sands, un expert juridique international, a déclaré ensuite qu'il avait compris cela comme une « claire confirmation » que, si Bush ne devrait pas rencontrer des soucis dans son propre pays, « ce qui pourrait arriver à l'extérieur du pays est un tout autre sujet ».
 
Article original : The Guardian.
Traduction : Iyad Abbara pour Alterinfo

Mardi 27 Mai 2008