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26/03/2010

Devoir de réserve des gendarmes : Ce que dit la loi

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Viré de la gendarmerie pour avoir dénoncé une réforme rompant avec l’histoire de la gendarmerie… Notre ami Sarko a peut-être bien eu la main un peu lourde, parce qu’en droit, la « Grande Muette », c’est has been.



Un arrêt de la CEDH donne le ton


Le gendarme qui s’est fait radié hier par un décret signé Sarko, est un grand amateur de liberté d’expression – qu’hommage lui soit rendu –  et on lui doit d’être à l’origine d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme datant de quelques mois (15 septembre 2009, no 30330/04) qui nous précise de manière très circonstancié dan quelles conditions les militaires peuvent l’ouvrir. Même si ça défrise l’autorité, et que ça mine le moral des troupes. Eh oui…

Jean-Hughes Matelly, officier de gendarmerie depuis 1992, était jusqu’à hier un gendarme de haut rang : affecté depuis le 15 février 2002 au commandement des écoles de gendarmerie nationale à Maisons-Alfort, et par ailleurs titulaire d’un doctorat de science politique sur les problématiques d’exercice de la police judiciaire et chercheur associé au Centre d’Études et de Recherches sur la Police de Toulouse. Il a publié de nombreux articles spécialisés et des ouvrages. Bref, ce poulet est un gadin.

En janvier 2003, il avait publié dans la très sérieuse revue « Les Cahiers de la Sécurité Intérieure » un article intitulé « Une obligation de résultat pour les gendarmes ? », dans lequel il décortiquait les nouvelles méthodes managériales en fonction d’objectifs chiffrés. L’article n’était passé inaperçu, et Jean-Hughes avait développé son point de vue dans divers grand médias, de manière aussi argumentée que polémique.

Dans les jours qui avaient suivi, il avait reçu de son commandement l’ordre verbal de ne plus communiquer avec la presse écrite et audiovisuelle, puis il se fit infliger un blâme pour violation d’un « règlement militaire » et pour « manquement à l’obligation de réserve dans l’expression écrite ou orale ».

S’en était suivi toute une série de recours, ce jusqu’à une arrêt de la CEDH. Un arrêt très intéressant, fondé sur l’article 10 qui protège la liberté d’expression.

D’abord, « La Grande Muette », ce n’est pas le truc. « La Cour rappelle que l’article 10 ne s’arrête pas aux portes des casernes. Il vaut donc pour les militaires comme pour l’ensemble des autres personnes ».
On ne devra donc raisonner par l’absolu « On se la ferme », mais par l’absolu « Vas-y tout doux ».

La CEDH pose le principe de ce relativisme : « L’Etat doit donc pouvoir imposer des restrictions à la liberté d’expression là où existe une menace réelle pour la discipline militaire, le fonctionnement efficace d’une armée ne se concevant guère sans des règles juridiques destinées à empêcher de saper cette discipline. Les autorités nationales ne peuvent toutefois pas s’appuyer sur de telles règles pour faire obstacle à l’expression d’opinions, quand bien même elles seraient dirigées contre l’armée en tant qu’institution. »

Applications aux gendarmes : « La Cour estime qu’en embrassant une carrière militaire, le requérant a accepté les devoirs et responsabilités liés à la vie militaire et ne pouvait méconnaître les obligations dérivant de son statut particulier. » Embrassons, embrassons, il en restera toujours quelque chose.

La Cour rappelle qu’il s’agissait d’articles grands publics, évoquant une manipulation des chiffres de la délinquance, « fait de nature à porter atteinte à la crédibilité de ce corps militaire, et à la confiance du public dans l’action de la gendarmerie elle-même ». Dans ces conditions, le devoir de réserve avait été dépassé. Mais, et la Cour souligne que c’est un « élément déterminant de cette affaire », les sanctions prononcées avaient été très modérées.



La loi français embraye, mais la pratique...

Le fameux devoir de réserve est une obligation générale des fonctionnaires, dont le régime est essentiellement jurisprudentiel. Le Conseil d’Etat, statuant en matière disciplinaire, rappelle régulièrement que « le devoir de réserve s'impose à tout agent public. » (Conseil d'Etat, N° 97189, 28 juillet 1993)

Le Code de la défense inclut désormais ces règles.

Article L. 4121-1 : « Les militaires jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l'exercice de certains d'entre eux est soit interdit, soit restreint dans les conditions fixées au présent livre ».

Article L. 4121-2 : «  Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres.

« Elles ne peuvent cependant être exprimées qu'en dehors du service et avec la réserve exigée par l'état militaire. Cette règle s'applique à tous les moyens d'expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte.

« Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale et du secret professionnel, les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la loi, les militaires ne peuvent être déliés de cette obligation que par décision expresse de l'autorité dont ils dépendent.

« L'usage de moyens de communication et d'information, quels qu'ils soient, peut être restreint ou interdit pour assurer la protection des militaires en opération, l'exécution de leur mission ou la sécurité des activités militaires ».

Ce cadre légal est en lui-même nickel, mais la décision prise contre Jean-Hugues parait bien décalée, par l'inadéquation entre le fait reproché et la sévérité de la mesure. Il n'y avait ici aucune trahison des secrets du service, mais une analyse d'ordre général, rare et utile dans le débat d'idées.



Et cette nouvelle affaire ?

Le fait est la publication d’une tribune sur Rue89, « La gendarmerie enterrée, à tort, dans l'indifférence générale », signée non en tant que militaire, mais comme chercheur, et en cosignature avec deux autres chercheurs Christian Mouhanna et Laurent Mucchielli (CNRS, CESDIP). L’article était une synthèse d’un autre texte plus fouillé, publié dans une revue scientifique, et il traitait d’un sujet d’importance : Un projet de loi « portant dispositions relatives à la gendarmerie » qui en pratique anticipait sur le rattachement de la gendarmerie à la police nationale. Vous trouverez ci-dessous le texte en cause. Le ton est sévère, mais les arguments se tiennent, et c’est un débat d’ampleur national qui bénéficié ainsi d’un éclairage avisé sous cette triple signature.

Alors, la mesure de radiation résistera-t-elle aux recours en justice ? Nous verrons, mais le débat est à mon avis très ouvert.

L’auteur a fait preuve d’une prudence certaine, en n’apparaissant pas comme haut gradé, mais comme membre d’une équipe de chercheurs ; le texte traite d’une question de grand intérêt, et apporte au débat ; le texte critiquait des choix politiques, mais était un éloge de l’action de la gendarmerie, notamment dans son rôle social ; enfin, la sanction prononcée est d’une extrême sévérité. Nous attendrons avec intérêt le futur et second arrêt

Jean-Hugues de la CEDH…

 

Article original :  20 Minutes / Actualités du droit

18/02/2010

Projet de censure globale de l’Internet sous couvert de lutte contre le « racisme ».

Toutsaufsarkozy, 17/02/10

Grâce à une instrumentalisation méthodique et progressive de la lutte contre le « racisme » (prétexte), un projet de censure globale de l’Internet est en cours de réalisation, ce mouvement de fond qui se dessine dans les arcanes du pouvoir est symptomatique de la défiance de nos « élites » envers le peuple qu’il souhaite « surveiller » de plus près. Jusqu’à présent encore très peu réglementé, Internet s’est généralisé depuis une dizaine d’années, c’est vraiment la nouveauté de la décennie et on y est désormais tellement habitué qu’on se demanderait presque comment on a pu vivre si longtemps sans ce média aux possibilités si riches et si libres, eh bien à ce niveau il semblerait que nous ayons quelque souci à nous faire car sur ce média jusqu’alors si prodigieusement indépendant, de sombres nuages viennent s’amonceler à une vitesse accélérée, jugez un peu :

D’abord la loi Hadopi, (mauvaise loi diront beaucoup, car sa médiocre rédaction trahit le manque de compréhension technique de l’outil par ses rédacteurs) vise à traquer le téléchargement illégal, encore cette loi n’a t elle pour but que de s’attaquer à ceux qui en contournant les procédures légales de chargement de fichiers provoqueraient un manque à gagner pour les auteurs mais ne touche a priori nullement le contenu du Web, n’empêche on pouvait craindre par la mise en place d’outils techniques de surveillance que la prochaine étape viserait la teneur des sites Internet eux-mêmes et bien cette menace n’a pas tardé à se faire jour, ô bien sur, habillée comme il se doit des meilleures intentions, il doit s’agir de moraliser le Net en le débarrassant de ses éléments subversifs, or qu’est ce qui à notre époque est considéré comme subversif par excellence ? Le racisme bien sur, véritable « peste morale » qui risque en permanence de contaminer nos concitoyens ! « Conscients » du problème les plus hautes autorités de l’état ont fissa commandé la rédaction d’un rapport sur la lutte contre le racisme (sic) sur Internet, gageons qu’après cette 1ère étape du « combat moral », la prochaine étape consistera à rechercher les moyens d’attaquer directement les sites « déviants » eux-mêmes en les interdisant purement et simplement et en poursuivant leurs hébergeurs à partir du moment où peu ou prou le contenu de ces sites risquerait de porter atteinte aux « valeurs démocratiques » de nos sociétés (toujours l’habillage sémantique) mais pour l’instant concentrons nous sur ce que signifie « lutter contre le racisme sur Internet » dans l’esprit de nos dirigeants !

La photo mise en illustration montre Isabelle Falque-Pierrotin (retenez bien ce nom car cette personne va certainement jouer un rôle de plus en plus important) remettant à François Fillon le rapport « lutter contre le racisme sur internet » le 21 janvier dernier à Matignon, or qui est cette Mme Falque-Pierrotin ? Officiellement elle est Conseillère d’Etat et présidente du Forum des droits (sic) sur l’internet, diplômée HEC et ENA (cela aide à comprendre la suite) encore plus explicite elle a été nominée en 2007 au Big Brother Awards pour "sa collaboration déterminée à l’évitement de toute évaluation scientifique et contradictoire de l’utilisation du vote électronique en France, et notamment, courant 2007, des machines à voter", le Big Brother Awards est une récompense « à destination des gouvernements et entreprises … qui font le plus pour menacer la vie privée » et bien voila qq. indices de nature à alimenter notre inquiétude sur « l’orientation » éventuelle de ce rapport … mais venons en au fait c’est à dire au contenu du rapport lui-même :

Celui-ci épais de 64 pages est téléchargeable ici-lien, plutôt que d’en faire une analyse exhaustive (et ennuyeuse) tâchons d’en relever les passages les plus significatifs :

p.5 Synthèse rapide, la conclusion est en quelque sorte au début, pratique si on n’a pas envie de lire

p.10 Propos introductif, là c’est croustillant, les 3 tout premiers mots comme les 3 sorcières de Macbeth donnent déjà à fond l’ambiance de la suite : « Le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme » bigre c’est du lourd !

p.15 tous les Agoravoxiens reconnaîtront en photo la vidéo du bus francilien, un régal que le commentaire qui l’accompagne, je cite :
« Cette agression filmée, qui n’avait aucun caractère raciste du propos même de la victime, a été détournée pour attribuer à une population ou une communauté religieuse un type de comportement (raciste). »

Or nous savons que la victime, étudiant à Sciences Po, est inféodé de facto à la pensée unique, aussi tout le monde a pu voir sur cette vidéo l’origine ethnique des agresseurs qu’il est bien sûr politiquement incorrect d’énoncer, enfin les racistes ce sont ceux qui ont le mauvais goût d’appeler un chat, un chat, la doxa prohibant l’usage de certains mots, bref par ce simple exemple on est fixé sur le type de publication d’Internet que le pouvoir a dans le collimateur !

p.25 je cite : « les sites négationnistes ou révisionnistes sont hébergés aux États-Unis, en Russie et sont en recherche de paradis numériques » la Russie, dernier espace de liberté européen en ce qui concerne le Net ? n’est ce pas un magnifique retournement historique ? laisse songeur ..

p.43 à lire absolument : au §3 la liste des associations « luttant » contre les 3 « maux » suprêmes, très intéressant car elle marque la philosophie du rapport en énonçant quels doivent être les relais sociaux de l’action du pouvoir dans cette « lutte », on y trouve les institutionnels avec la Halde, les confessionnels avec le CFCM et surtout le CRIF très souvent cité dans le rapport et qui doit donc être considéré à notre époque comme la référence éthique incontournable ? enfin sont énumérés les 3 mousquetaires de la vertu civique à savoir la Licra, le Mrap, la Ldh sans oublier d’Artagnan (SOS racisme) ! Si avec ça on n’a pas encore compris ceux que le pouvoir considère comme légitimes …

p.49 « il n’apparaît pas nécessaire de renforcer le dispositif répressif actuel » fausse bonne nouvelle, voir la suite …

p.51 « il semble utile d’encourager la poursuite d’un plus grand nombre de faits, y compris lorsqu’aucune partie civile n’est présente, et d’adresser aussi bien, les cas les plus graves que ceux qui relèvent du racisme ordinaire » nous voilà utilement rassurés ! surtout par cette merveilleuse appellation de racisme ordinaire, ça va faire du monde de concerné !

p.53 §4 « Faire mieux connaître les condamnations liées au racisme sur internet » comprendre : semer l’effroi dans la population internaute afin de rendre à terme Internet « lisse » comme les médias traditionnels …

p.57 au §2 il est prévu d’accorder encore des subventions aux associations « bien-pensantes », décidément l’état toujours en déficit n’est pas avare quand il s’agit de se doter de délateurs !

p.59 les hébergeurs du Web.2 (suivez mon regard) sont bien les premiers visés comme devant coopérer à la nouvelle croisade pour la sainte épuration du réseau des réseaux, amen !

Un mot encore sur l’orthodoxie morale du premier ministre en exercice qui a commandité ce rapport, gentil Fillon est on ne peut plus politiquement correct, qu’il aille au dîner du Crif ou réciter son catéchisme à Europe 1, avec lui pas de souci sur sa correction en matière de pensée !



1/Parlons Net reçoit Isabelle Falque Pierroti
envoyé par FranceInfo. - L'info video en direct.


Bien plus évocateur et « parlant » que ce long rapport, l’interview du 5 février dernier de Mme Falque-Pierrotin sur France Info permet d’apprécier l’état d’esprit qui anime les auteurs de ce rapport, c’est éloquent :
- elle y est interrogée par 3 gentils délégués des médias subventionnés dont on peut trouver la liste sur ce site qui met en ligne les 2 parties de l’entretien le tout coché par David Abiker fidèle gardien du Temple de la pensée unique, je me suis limité pour des raisons pratiques à ne commenter que la 1ère vidéo, d’ailleurs plus concrète et plus instructive, voici quelques propos parmi les principaux relevés au passage ;

3’58 votre rapport ne fait pas mention de l’opinion de la société civile du Net ? (question pertinente de David Abiker, suit la réponse)

4’20 bah, c’est qu’on n’a pas eu le temps de les associer (bonjour la démocratie)

7’06 mais je vous rassure, nous avons auditionné les hébergeurs (ouf !)

9’33 les Français n’ont pas encore compris ce qu’est Internet (un mauvais point madame ?)

11’22 les gens n’ont pas intégré ce qu’est cet espace médiatique (mauvais élèves ces Français)

13’15 mise en place d’une véritable éducation aux médias (retourner à l’école bientôt)

13’48 former une génération à la socialisation de l’Internet (toujours la rééducation)

16’12 on a tous les moyens pour lutter contre ce type de débordement (alors de quoi on parle ?)

16’41 le racisme ordinaire (ennemi ô combien insidieux) contre lequel il serait pédagogique (encore l’éducation) d’avoir 1 ou 2 condamnations (faire un exemple, enfin !)

18’35 il pourrait y avoir quelques poursuites dirigées contre le racisme ordinaire (la vermine à extirper)

22’38 les Etats-Unis (ont) l’abri du 1er amendement (bah mince c’est pas bien alors le 1er amendement qui garantit la liberté d’opinion ?)

23’12 la dérive de l’Internet … (il est temps que prenne fin cette absence de contrôle)

Surtout ce qui frappe à l’audition de Mme Falque-Pierrotin, c’est l’emploi répété du mot de « racisme » qui revient un nombre incessant de fois comme un leitmotiv tout au long de son discours ; pour cette personne intelligente, cultivée, d’aspect sympathique (si sincèrement) mais terriblement conformiste tout en étant persuadée d’être progressiste, qui en fait incarne parfaitement la bien-pensance officielle, donc dans l’esprit de cette personne si bien éduquée le « racisme » fait figure de véritable perversion morale qu’il convient à tout prix d’extirper comme les inquisiteurs traquant l’hérésie, bizarre qu’il n’y ait pas plus d’interrogation philosophique sur le caractère simpliste et arbitraire de cette déviance selon elle et de l’impossibilité d’en fournir une définition honnête et impartiale, non le racisme n’est au fond qu’une sorte de maladie dégénérative de la plèbe trahissant son manque d’évolution et de maturité, il ne fait nul doute dans l’esprit de ces zélites (qui n’habitent que les beaux quartiers) que toute pensée « raciste » est à mettre sur le compte d’un défaut de maturité d’esprit, à partir de là il convient de subjuguer ce nouveau fléau grâce à une sévère rééducation, tous ceux pensant différemment ont tort … ça ne vous rappelle rien ?

Par cette déclaration de guerre à toute expression de « racisme » chez nos concitoyens il s’agit :
- d’annihiler la possibilité de tout sursaut identitaire (attention dérapage !) chez les Français en instaurant une police de la pensée ;
- de prendre prétexte de la mise en place d’un système de contrôle pour censurer progressivement tout le Net, repérer et proscrire toute pensée déviante, toute information dérangeante ;
Ce rapport et cette interview trahissent en fait le mépris profond qu’ont nos « élites » vis-à-vis du peuple, si celui-ci ne pense pas comme eux, il ne peut qu’avoir tort et il convient de le rééduquer (sous entendu ils nous sont supérieurs), il y aurait en définitive une ligne de partage invisible entre le bien incarné par les pouvoirs publics, les médias officiels et les associations subventionnées et le médiocre, le vulgaire voire le mal que sont toute opinion non liftée par la pensée officielle et par extension tout média encore non contrôlé avec au 1er chef bien sûr Internet, la mise au pas s’annonce rude !

16/02/2010

Qu’est-ce que le « Projet censuré » ?

Réseau Voltaire, 9 février 2010

Les nouvelles les plus importantes censurées par les multinationales de presse aux Etats-Unis

par Ernesto Carmona

Le Réseau Voltaire débute la publication en feuilleton d’articles primés aux Etats-Unis par le centre d’études de l’Université Sonora State (Californie), « Projet censuré ». Notre collaborateur Ernesto Carmona, secrétaire exécutif de la Commission d’enquête de la Fédération latino-américaine des journalistes (FELAP) sur les attentats commis contre des journalistes, présente ici le sens et l’importance de cette recherche.

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Pour mieux comprendre comment est né et s’est développé le « Projet censuré » aux Etats-Unis, il faut remonter un peu en arrière, plus exactement aux temps du fameux scandale du Watergate, qui a abouti à la démission forcée du président Richard Nixon, en 1974. Cet épisode largement controversé a conduit de nombreux citoyens états-uniens à soupçonner que l’information véridique leur était cachée. Le professeur Carl Jensen, de l’université Sonora State (Californie) fut alors un des champions de l’incrédulité. Il mobilisa ses connaissances de sociologue pour enquêter pour son compte sur les réalités qui avaient donné lieu au scandale du Watergate. Tout indiquait que le gouvernement républicain avait dirigé une opération d’espionnage contre le siège du Parti démocrate, au Centre d’affaire du Watergate, à Washington D.C.

Tout comme le président du Guatemala a découvert tout récemment que sa maison et ses bureaux étaient surveillés à l’aide de micros et de caméras cachés, les démocrates de Washington découvrirent que cinq « plombiers » en apparence innocents étaient des espions au service de Nixon et de la Maison-Blanche. Ils n’avaient posé que des micros parce que les caméras vidéo miniaturisées n’avaient pas encore été inventées.

Le 30 avril 1973, le président Nixon reconnut la responsabilité partielle du gouvernement et destitua les fonctionnaires les plus compromis, mais l’année suivante, le 9 août 1974, il dut abandonner la présidence. Pourtant, malgré l’ampleur du scandale et l’avalanche de best-sellers publiés alors, les grands médias ont continué de jeter un voile pudique sur les nombreuses informations qu’ils détenaient.

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Carl Jensen, professeur émérite de sociologie des médias à l’université Sonoma State de Californie, fondateur de « Projet censuré »

Nombreux étaient les Etats-uniens qui soupçonnaient la grande presse commerciale de ne pas dire toute la vérité. A l’époque, le chercheur universitaire Carl Jensen se mit à travailler, avec un petit groupe d’étudiants et de professeurs de la faculté de sociologie de son université sur les nouvelles les plus significatives que la « grande presse » [1] avait cachées aux citoyens de la nation.

C’est ainsi qu’est né le Projet Censuré, dont le premier rapport a été rendu public en 1976. A ce jour, une équipe d’étudiants et de chercheurs continue de s’acquitter de cette tâche titanesque et importante, mue par la conviction que la société civile doit être informée de ce que lui cache la grande presse commerciale, au nom d’intérêts déterminés. Plus récemment, le Projet Censuré a choisi de faire appel à la coopération de citoyens anonymes qui participent, chaque année, à la sélection, parmi plusieurs centaines de « grandes nouvelles censurées », des vingt-cinq articles journalistiques les plus révélateurs. Jensen a pris sa retraite, mais il fait encore partie du jury de sélection. Le projet est aujourd’hui dirigé par le sociologue Peter Phillips.

Le Projet Censuré est lui aussi… censuré

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Peter Phillips, professeur de sociologie des médias à l’université Sonoma State de Californie, actuel directeur du « Projet censuré ».

Le Projet Censuré publie tous les ans un livre d’environ 500 pages qui aborde des thèmes de la plus haute importance à l’échelle mondiale, ceux-là même que les pouvoirs impériaux entendent soustraire à l’attention de l’immense public consommateur d’informations. Si une nouvelle ne paraît pas dans les grands médias des Etats-Unis, on ne la trouvera pas non plus dans le système mondial de l’information contrôlé par les transnationales de l’information qui répondent aux intérêts de Washington et de ses alliés. De grands quotidiens comme The New York Times et The Washington Post, des stations de radio comme Clear Channel Communications, et de télévision comme CNN et Fox News, ainsi que les principales agences de presse, forment une toile médiatique universelle qui a le pouvoir de décider de quelles banalités doit être informée la population de la planète et des faits cruciaux qu’elle doit ignorer.

Les nouvelles que les grands groupes médiatiques des Etats-Unis ont décidé d’escamoter sont aussi dissimulées aux citoyens du monde, ne serait-ce que par l’omission choisie par les grands monopoles de la presse et de la télévision qui exercent le contrôle de l’information à travers le monde. Ce qui n’a pas pu sortir sur CNN ou d’autres grandes chaînes d’information ne sortira pas sur les chaînes des autres pays, y compris celles de notre tiers monde ; c’est pourquoi la censure et la désinformation atteignent, pour des motifs différents, des pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur et bien d’autres qui souhaiteraient sans nulle doute accéder à ces informations mais n’ont pas le moyen de les connaître ni de les recevoir tant qu’elles ne sont pas fournies par les systèmes mondiaux d’information.

Le sociologue Peter Phillips estime qu’« aux Etats-Unis, la propriété des médias se concentre entre si peu de mains que les nouvelles compromettant les puissants ne sont pas divulguées. L’équipe qui dirige le Projet Censuré rassemble chaque année des centaines de « nouvelles censurées » par les grands médias, mais publiées dans des médias indépendants, de petites publications, des sites Web, des émetteurs de radio, des journaux syndicaux, des publications étrangères, etc.

Le processus de sélection et de vérification s’étend sur une année académique. Plusieurs jurys successifs choisissent les 25 travaux journalistiques qui, une fois préparés pour publication dans le livre-rapport annuel, sont mis à jour par les auteurs. Il s’y ajoute une synthèse des travaux ayant mérité une « mention honorable ».

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Benjamin Frymer, maître de conférence en sociologie des médias à l’université Sonoma State de Californie, membre du « Projet censuré »

Toutefois, on trouve de moins en moins d’allusions, dans la presse, à ce travail de recherche. Un journaliste de télévision autrefois célèbre, Walter Cronkite, en arriva à affirmer, en 2003, que « le Projet censuré est une des organisations qu’il nous faut écouter, parce qu’elle veille à ce que nos journaux et nos grands médias pratiquent un journalisme éthique et prudent ». Selon Phillips, le New York Times n’a jamais fait mention du Projet censuré. « Nous avons eu une seule fois l’honneur du Chicago Tribune parce qu’il y a deux ans, avant le décès de la célèbre journaliste Moly Ivins, elle avait commenté notre travail dans sa colonne habituelle. Le journal local de notre région californienne, qui est aussi la propriété du New York Times, a publié récemment, de mauvaise grâce, la liste de nos nouvelles… dans la rubrique nécrologique. Nous avons eu une seule fois les honneurs de la première page dans le journal régional lorsque nous avons publié les réflexions d’un physicien qui démontrait que l’immeuble n° 7 annexe aux tours jumelles ne pouvait pas s’être écroulé pour cause d’incendie lors des attentats du 11 septembre 2001.Naturellement, l’article était foncièrement négatif », ajoute Phillips [2]

Selon Phillips, « les médias cmmerciaux des Etats-Unis sont de la simple propagande, de la première à la dernière ligne, et se refusent à enquêter sur les pires hypocrisies qui se manifestent dans notre pays, comme les fraudes électorales de 2000 et de 2004, ou les 1,2 million d’Irakiens qui ont été tués depuis l’occupation, ou l’augmentation de 300 % des bénéfices tirés de l’occupation de l’Irak par des entreprises comme Lockheed Martin Corporation, et les profits juteux que des transnationales comme Halliburton (pour n’en citer qu’une) tirent de la guerre.

Censure ou mensonge

Non seulement les grands médias taisent certaines nouvelles, mais ils s’appliquent à déformer les événements jour après jour. Leur but est de tenir l’opinion publique dans l’ignorance ou de lui inculquer des idées fausses à coups de fausses nouvelles. Par exemple, la Géorgie a été transformée de pays agresseur en pays agressé, après l’échec de sa tentative d’annexion par la force de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, le 8 août 2008, avec le soutien secret de l’OTAN et des Etats-Unis, alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les Olympiades de Beijing.

Les actes des gouvernements du Venezuela, de Cuba, de Bolivie, d’Equateur et d’autres pays sont déformés systématiquement. Le chercheur états-unien Justin Delacour affirme qu’« après avoir révisé les pages d’opinion des vingt-cinq journaux les plus importants des Etats-Unis sortis pendant les six premiers mois de 2005, on constate qu’environ 95 % des articles portant sur la politique du Venezuela sont clairement hostiles au président démocratiquement élu de ce pays, Hugo Chavez Frias ».

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Ernesto Carmona, secrétaire exécutif de la Commission d’enquête de la Fédération latino-américaine des journalistes (FELAP) sur les attentats commis contre des journalistes, est responsable en Amérique latine de « Projet censuré ».

Il ajoute que « les pages d’opinion citées présentent le président du Venezuela comme un démagogue et un autocrate et défigurent les résultats de la politique intérieure et extérieure de son gouvernement. Ces articles omettent tout bonnement que le gouvernement du Venezuela bénéficie d’un solide soutien populaire, comme le prouve la victoire écrasante de Chavez au référendum présidentiel d’août 2004 et d’autres enquêtes plus récentes. On ne publie pratiquement jamais les commentaires d’analystes qui sympathisent avec les politiques du gouvernement Chavez de massification de l’éducation, de la santé, de subvention des denrées alimentaires, de micro-crédits accordés aux secteurs pauvres du pays. » [3]

La presse états-unienne ignore et déforme l’histoire réelle des cinq Cubains (connus à l’échelle internationale comme « Les Cinq » ou « The Five »), emprisonnés depuis plus de dix ans sous une fausse accusation d’espionnage, sans que les chefs d’accusation aient été prouvés ni qu’un seul élément du dossier démontre qu’ils aient mis en danger la sécurité de l’Empire. Ce sont bel et bien des prisonniers politiques, et ils sont en prison pour avoir infiltré la mafia terroriste du Sud de la Floride, afin de réunir de l’information sur leurs plans d’agression et de sabotages contre Cuba, comme les attentats à la bombe contre des hôtels accueillant les touristes étrangers. Autrement dit, les Cinq sont des combattants antiterroristes sanctionnés dans un pays qui voudrait se faire passer pour le champion du monde de la guerre contre le terrorisme et qui, sous ce prétexte, légitime la torture des prisonniers et envahit l’Afghanistan et l’Irak.

Dans leur ouvrage La fabrication du consentement [4] Noam Chomsky et Edward S. Herman indiquent que la propriété privée pose une sorte de filtre entre les événements et leur publication dans les médias, ceux-ci cherchant avant tout à augmenter leurs profits, à protéger le marché capitaliste, à éviter toute offense aux puissants et à cultiver l’incrédulité face à toute presse indépendante, rappelle Phillips. « Le panorama actuel a changé par rapport à celui que brossaient ces deux auteurs il y a vingt ans : les vingt grands groupes qui possédaient les médias sont maintenant dix. Les directeurs des médias peuvent se réunir dans un petit salon : il s’agit de 180 personnes, au total, qui influencent toute la gamme des médias nationaux », ajoute le sociologue. [5]

Phillips signale que « les directeurs et les propriétaires des médias partagent leur identité avec les puissants. Leur idée de ce qui fait la nouvelle est déterminée par un arrière-plan culturel, et ils partagent le même point de vue sur ce qui est ou n’est pas une nouvelle. Les journalistes, quant à eux, écrivent pour être publiés, pour sortir à l’antenne ou sur les ondes de la télévision. Si leur point de vue ne coïncide pas avec celui des propriétaires, leurs travaux aboutiront aux oubliettes et les portes des médias, des grands médias des Etats-Unis, leur seront irrémédiablement fermées.

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[1] Nous entendons par « grande presse » les conglomérats de quotidiens, revues, stations de radio et chaînes de télévision qui formaient alors le système d’information des Etats-Unis. La propriété en était moins concentrée qu’aujourd’hui, mais en fin de comptes, les mêmes compagnies qui ont fusionné au fil de ces vingt dernières années pour former les dix méga-conglomérats ont fait de l’information une branche de l’industrie des loisirs, au même titre que les revues sportives, la production de films, la diffusion en salle de cinéma. Les grands quotidiens, les stations de radio et les chaînes de télévision en font partie.

[2] Colloque avec Peter Phillips, Institut international de journalisme « José Martí », 14 mai 2008, La Havane, Cuba.

[3] Justin Delacour, « Existe-t-il un lien entre le gouvernement et la presse des Etats-Unis ? » Ministère du Pouvoir populaire pour la communication et l’information, mars 2008, Caracas, Venezuela.

[4] Manufacturing Consent : The Political Economy of the Mass Media, par Edward S. Herman et Noam Chomsky (Vintage, 1998). Version française : La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie (Agone, 2008).

[5] Conférence de Peter Phillips, Institut international de journalisme « José Martí », 12 mai 2008, La Havane, Cuba.

12/02/2010

LOPPSI : l'installation de mouchards chez les suspects est adoptée

Numerama, 11 janvier 2010

Sous l'autorité et le contrôle du juge d'instruction qui devra motiver son ordonnance, les autorités de police pourront désormais installer des mouchards sur les ordinateurs des suspects de nombreux crimes et délits. Cependant les garde-fous seront vains lorsque le juge d'instruction sera supprimé, comme le prévoit le gouvernement.

Les députés ont adopté jeudi presque sans débat l'article 23 du projet de loi Loppsi qui prévoit de donner aux officiers et agents de police judiciaire la possibilité de pénétrer chez les suspects de crimes et délits pour installer des mouchards sur leur système informatique. Ces mouchards doivent permettre à la police de voir et d'enregister à distance les données "telles qu'elles s'affichent sur un écran pour l'utilisateur d'un (ordinateur) ou telles qu'il les y introduit par saisie de caractères".

Pour le gouvernement, il s'agit d'adapter à l'ère informatique les dispositifs d'écoute téléphonique. C'est particulièrement utile dans le cas de communications chiffrées qu'il serait trop coûteux ou long de déchiffrer dans le cas d'une captation à distance éventuellement réalisée via les routeurs du fournisseur d'accès à Internet.

En soit, il est difficile de reprocher au gouvernement de vouloir surveiller y compris les communications électroniques des personnes suspectées de préparer des crimes ou délits très graves pour la sécurité publique. Cependant les députés de l'opposition ont pointé du doigt l'étendue des cas où une telle surveillance pourra être opérée. Il s'agit de tous les crimes et délits listés à l'article 706-73 du code de procédure pénale, qui vise notamment le fameux "délit de solidarité" (l'aide apportée à un étranger en situation irrégulière), ou encore la "non-justification de ressources correspondant au train de vie". Le gouvernement a refusé de faire des exceptions.

Le dispositif est "prévu pour lutter contre l'ensemble des infractions commises en bande organisées, sans exclusive", a ainsi insisté Brice Hortefeux. De son côté le rapporteur Eric Ciotti (UMP) a demandé à ce que l'on fasse "confiance au juge d'instruction" pour encadrer les cas où l'installation des mouchards pourra être autorisée. Mais c'est oublier que le gouvernement prévoit justement la suppression du juge d'instruction, ce qui donnera au Procureur de la République seul le pouvoir d'encadrer ces dispositifs. Or le procureur est dépendant du parquet, qui répond à la Chancellerie.

06/11/2009

ACTA : le traité secret impose riposte graduée et filtrage

Numérama

Guillaume Champeau - publié le Mardi 03 Novembre 2009 à 19h23 - posté dans Société 2.0

Négocié à l'abri du regard des citoyens, l'Accord de Commerce Anti-Contrefaçon prévoirait l'obligation pour les FAI de suspendre l'accès à Internet des pirates récidivistes, et de mettre en place des mesures de filtrage et de blocage en concertation avec les ayants droit.

C'est cette semaine que doivent reprendre à Séoul les négociations sur l'Accord international de Commerce Anti-Contrefaçon (ACTA), initié par les Etats-Unis et élaboré dans la plus totale opacité. Les documents de négocation sont classés secret-défense, tandis que seul un petit nombre d'organisations et d'industriels triés sur le volet ont accès aux textes de référence. Les citoyens n'ont pas de droit de regard sur ce traité international qui aura pourtant d'importantes répercussions sur la libre circulation des informations et des oeuvres.

S'il est signé et ratifié par l'Union Européenne, l'Accord devra en effet être transposé en droit national par tous les Etats membres, comme ça avait été le cas de plusieurs traités antérieurs sur le droit d'auteur (Convention de Berne, Convention de Rome, WCT, WPPT, ADPIC...) . A chaque fois, les parlements nationaux n'ont qu'une marge de manoeuvre très limitée, et sont placés devant l'obligation de renforcer sans cesse les prérogatives des industries qui vivent des droits immatériels.

Il faut donc scruter à la loupe le contenu de l'ACTA, ce que l'on ne peut faire pour le moment qu'à travers des indiscrétions. A cet effet, le professeur canadien Michael Geist révèle sur son blog les principaux axes du traité, qui pourraient devenir force de loi d'ici quelques années.

On remarque en particulier la volonté d'instaurer un régime de responsabilité renforcée pour les intermédiaires techniques. Pour le moment, hébergeurs et fournisseurs d'accès à Internet bénéficient aux Etats-Unis (par le DMCA de 1998) comme en Europe (la directive de 2001 sur le commerce électronique) d'un statut qui n'engage leur responsabilité que s'ils ne retirent pas promptement des contenus illicites après notification. Avec l'ACTA, ce régime serait conditionné au respect de nouvelles obligations, notamment de filtrage et de blocage des contenus protégés par le droit d'auteur qui circulent illégalement.

De même, les FAI auraient l'obligation de déconnecter les internautes qui violent de manière répétée les droits d'auteur, ce qui internationaliserait le concept de riposte graduée.

L'accord semble en grande partie inspiré d'un accord de libre-échange (.pdf) déjà conclu avec la Corée du Sud, qui prévoit de telles dispositions. L'article 18.10.30 (vi) prévoit ainsi deux obligations pour les hébergeurs et FAI qui souhaitent bénéficier de l'immunité : 1. qu'ils mettent en place une politique de résiliation des abonnements pour les pirates récidivistes ; 2. qu'ils ne fassent pas obstacle à la mise en place de mesures techiques de détection et de protection (donc de filtrage) des contenus protégés par le droit d'auteur, définies selon les règles de l'art.

Selon Michael Geist, l'accord prévoit aussi une protection renforcée des DRM, en allant plus loin que le traité OMPI de 1996 qui était à l'origine de la loi DADVSI, notamment dans la liste des exceptions de contournement autorisées. Le texte ne prévoit pas d'exception pour l'utilisation équitable (fair use), pourtant essentielle à la liberté d'expression, ni d'obligation d'assurer l'interopérabilité des DRM. Ce qui n'est pas une surprise, puisqu'elle est une chimère.

10/06/2009

Hadopi : le Conseil constitutionnel censure la riposte graduée

La Quadrature du Net

10 juin 2009

hadopi-mortuaire.jpg

Le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision1 concernant la loi HADOPI, dernière étape avant la promulgation de la loi. Les sages ont décidé que l'accès à internet et la présomption d'innocence sont plus importantes que des dispositifs imbéciles voulus par industries du divertissement pour prolonger leurs modèles obsolètes.

Tout pouvoir de sanction (coupure de l'accès Internet) a été enlevé à la HADOPI.

« C'est une grande victoire pour les citoyens qui ont prouvé qu'ils pouvaient agir ensemble pour protéger leur liberté. La riposte graduée est finalement enterrée. Il ne reste qu'une immense machine à spams pour les industries du divertissement et payée par le contribuable. Mais cela ne marque pas la fin de la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler Internet. La prochaine loi, LOPPSI2, sera bientôt examinée et pourrait instaurer le filtrage des contenus sur internet. Les citoyens doivent célébrer cette grande victoire mais rester vigilants..." déclare, Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net, guilleret.

1. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/2009/decisions-par-date/2009/2009-580-dc/decision-n-2009-580-dc-du-10-juin-2009.42666.html (FR)
2. Voir le dossier LOPPSI : http://www.laquadrature.net/fr/loppsi

30/05/2009

Parce que tu es un terroriste

27/08/2008

La karcherisation (à la sauce sioniste) des médias français se poursuit

L'interviewer interviewé :
Richard Labévière, journaliste, s'explique sur son licenciement abusif par Radio France International (RFI), suite à son interview du président syrien Bachar el Assad, en juillet 2008... Ubuesque, kafkaïen, les mots manquent pour décrire le grotesque de ce licenciement abusif d'un journaliste connu pour son professionalisme et sa bonne connaissance du dossier proche et moyen-oriental !!
L'affaire Richard Labévière s'inscrit dans l'orwellisation en cours de la presse française, la remise en cause du pluralisme journalistique et de la liberté d'expression au pays des Lumières. Avec, pour horizon, la volonté d'imposer une lecture unique, néo-conservatrice et inconditionnellement pro-israélienne des crises et des relations internationales.
Soutenir ce journaliste irréprochable, qui assigne en justice la chaîne publique qui l'employait, c'est soutenir la presse libre dont tout citoyen a besoin.

Un article d'Acrimed relaie l'affaire :

Licenciement de Richard Labévière, rédacteur en chef à RFI

Mise en ligne : 23 août 2008

Richard Labévière, rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI), a été brutalement licencié le 11 août 2008, avec l’aval de la société des journalistes (SDJ). Prétexte : une interview dont il aurait omis d’informer sa hiérarchie du président syrien Bachar al-Assad (quelques jours avant sa venue à Paris pour la célébration du 14-Juillet) En cause : son regard critique vis-à-vis des politiques israélienne et occidentale au Proche et au Moyen-Orient ?

Nous publions ci-après le communiqué la CFDT-Médias, seul syndicat qui, à ce jour, soutienne le licencié et les extraits d’une lettre que ce dernier a adressée en forme de protestation à la direction de RFI ainsi que l’adresse d’une pétition en ligne (Acrimed)

Communiqué de la CFDT

L’intervieweur français du président syrien Bachar al-Assad licencié par RFI !

Le 8 juillet dernier, Richard Labévière, rédacteur en chef à RFI, obtenait en exclusivité pour RFI et TV5-Monde une interview du président syrien Bachar al-Assad, à la veille de sa venue à Paris.

Dans n’importe quel organe d’information, cette réussite aurait été saluée par la Direction. A RFI, il en est autrement : faire son métier est passible de licenciement. Celui-ci a été notifié à Richard Labévière, ce lundi 11 août, malgré un enchainement de fautes de procédures. En dépit de dysfonctionnements internes et imputables aux seules directions de RFI et TV5-Monde, le dossier d’accusation reste désespérément vide.

A moins de trois semaines du voyage du président de la République Nicolas Sarkozy en Syrie, la direction de l’Audiovisuel Extérieur de la France licencie l’un des journalistes experts des questions proche et moyen-orientales, infligeant ainsi un camouflet aux autorités syriennes qui avaient décidé d’accorder cette interview à Richard Labévière. Mais peut-être que la Directrice générale de l’Audiovisuel Extérieur de la France saura en informer à temps le ministre des Affaires étrangères ? Cet incident grave constitue le dernier épisode caractérisant l’attitude répétitive de harcèlement de la direction de RFI à l’encontre de Richard Labévière, portant atteinte à ses droits et à sa réputation professionnelle.

Depuis son entrée à RFI en 2000, il a été mis fin à ses fonctions de chef du service Etranger en 2003. Ses nouvelles fonctions d’éditorialiste international ont été brutalement interrompues en octobre 2005. Depuis lors, il n’a conservé que la production du magazine hebdomadaire « Géopolitiques ».

Paris, le 12 août 2008

Extraits [1] d’une lettre de Richard Labévière à la direction de RFI :

… adressée à Martine Paris, Directrice des ressources humaines. CC : Alain de Pouzilhac, Christine Ockrent, Geneviève Goëtzinger, Pierre Koelsch.

- Constat : j’ai procédé pour l’interview du président syrien comme je l’ai fait pour les derniers grands entretiens effectués dans le cadre du magazine « Géopolitiques » - dont j’étais le producteur responsable - sans que cela soulève la moindre remarque de ma hiérarchie. Ainsi : le sociologue Edgar Morin (23/12/2006) ; l’ethnologue Jean Malaurie (7/4/2007) ; le général libanais Michel Aoun (2/6/2007) ; l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine (17/11/2007) ; le juge international Claude Jorda (29/12/2007) ; le philosophe Régis Debray (28/2/2008) et le conseiller spécial du Président de la République Henri Guaino (19/07/2008).

- Question : comment se fait-il qu’un tract de la SDJ (Société des journalistes de RFI) affirme dès le 11 juillet, c’est-à-dire cinq jours avant le lancement de la procédure de mon licenciement : « La SDJ s’est étonnée des conditions d’obtention de l’interview du président syrien Bachar al-Assad. Cette interview a été négociée par un journaliste de RFI sans que la hiérarchie et le service international n’en soient informés ». Comment la SDJ était-elle au courant ? Comment la SDJ a-t-elle eu accès aux pièces du dossier disciplinaire avant même que celui-ci ne soit officiellement constitué ? »

- Enfin, je ne vois toujours pas quel préjudice l’Audiovisuel extérieur de la France aurait subi à cause de cette interview. RFI et TV5-Monde qui l’ont diffusée, ne sont-elles pas les filiales de cette seule entité ? La nouvelle directrice de TV5-Monde vient, du reste, d’annoncer le lancement d’une émission de politique internationale coproduite par RFI et TV5-Monde.

Dès lors que j’ai informé ma hiérarchie de l’accord définitif de la présidence syrienne pour l’interview, dès lors que j’ai demandé, sans succès, un technicien de reportage (le Tour de France vous apparaissait alors prioritaire !), dès lors que je suis parti à Damas, précipitamment il est vrai, mais avec l’aval de ma hiérarchie, je ne comprends pas quelle prétendue déloyauté peut m’être reprochée.

Vous n’ignoriez ni le fait que l’interview était également filmée par votre partenaire TV5-Monde, ni le fait que le président Assad n’avait agréé qu’un seul journaliste pour cette interview, en l’espèce moi-même.

Pour l’ensemble de ces raisons, j’estime que mes droits fondamentaux de citoyen, de travailleur et spécialement de journaliste n’ont pas été respectés et que les motifs du licenciement portent atteinte à mon indépendance de journaliste et au respect tant de ma personne que de mon travail.

La gravité de la situation m’amène à saisir sans délai les juridictions compétentes.

__________________________________________________________________

Une pétition de soutien peut être signée en ligne.

[1] Recueillis sur le site de Bellaciao.

20/08/2008

Révolte

Délaissons quelques minutes nos préoccupations habituelles. Faisons l'effort d'oublier que nous risquons d'être détruits incessamment par « quelque chose... », que des ondes négatives nous pourrissent la vie, que le dentifrice lui-même est peut-être piégé, que le « gouvernement bling-bling » s'habille en « Prada » - personnellement je trouve qu'il y a assez de sujets intéressants pour ne pas virer dans le people...mais je respecte les choix des autres.

Non, imaginez-vous juste... la vie courante, normale. Et lisez une histoire vraie que l'on peut calquer mot pour mot sur l'ACTUALITE de dizaines de gens en ce moment même, à cette heure même, pas très loin de chez nous, à Castres. Vous commencez à comprendre ou non?

10 Français sont morts.

10 Français blessés ont eu le très grand privilège de voir leur président dans un hôpital.

Des 11 Français qui restent, on peut présager qu'ils sont pour le moment intransportables, car il n'y en a précisément que 10 qui entrent « au pays ».

( Si je sais compter, ça fait bien les 21 blessés de l'attentat d'Afghanistan...)

Lisez cette histoire...

Un matin de décembre, après avoir emmené ses 5 enfants à l'école, peignée et maquillée en vertu des critères en vogue de la « gentille petite femme d'officier », celle qui va à toutes les cérémonies, tous les cocktails, toutes les activités de « club de régiment », bref qui ne fait pas de vague et qui courageusement a rajouté quelques douceurs-maisons dans le paquetage de son homme parti en mission loin, si loin...qu'elle ne sait pas trop où exactement, se présente à l'activité du jour.

Porte du club fermée, bon, elle est en avance, comme d'autres d'ailleurs, qui piétinent déjà.

Congratulations d'usage – on se voit tous les jours, on n'a rien à se dire mais il faut sourire, avoir l'air gai et enjoué...Proposition « anodine » : « on va boire un café, il fait trop froid ! »

Curieux, ces gentes dames emboîtent le pas à leur mentor, « épouse de Chef de Corps », un titre, une fonction, un sacerdoce ! S'occuper d'occuper toutes ces dames, de seconder le Grand Chef, etc, etc... et le petit troupeau atterrit dans le bureau du Big Boss – pour boire un café ? Quel honneur ! Et de rajuster le petit foulard, avant d'entrer dans le saint des saints.

L'Homme qui dirige la destinée de sa moitié, la petite dame l'a déjà vu, mais jamais de si près, d'autant que c'est d'elle qu'il s'approche, grave, et... l'embrasse en bon Père de famille... avant de lui proposer un siège et un café. Pourquoi elle, pourquoi ce jour-là, et les autres ? Gênée, elle voudrait disparaître quand comme dans un ralenti, le brouillard s'épaissit autour des mots qu'elle entend.

« ...ne pas vous inquiéter, l'affaire d'une semaine de repos, quelle idée de faire le c... avec sa jeep. »

Ce discours à la fois gêné et enjoué...

W. se lève et décide, « je rentre chez moi, dans ce cas il va me téléphoner, les liaisons dans la capitale sont possibles. »

Personne ne la retient, tout le monde a l'air soulagé. Plus tard elle comprendra pourquoi. Ni larme, ni cri, rien, un grand calme.

De retour chez elle, W. s'assied à côté du téléphone et repense à ce qu'elle vient d'apprendre.

En « mission humanitaire », son époux est parti depuis deux mois, on est à la moitié de l'épreuve et elle reçoit sporadiquement une lettre, strictement personnelle, rien sur sa situation ni sur sa localisation. Et elle vient d'apprendre qu'il aurait eu un accident « bénin, trois fois rien, il a renversé la jeep ! Dans du sable, ça ne doit pas faire très mal... le veinard, une semaine de permission à la capitale. »

Il faut réagir, préparer le déjeuner avant d'aller chercher « les 5 », ses enfants, leurs enfants. Petits encore, donc elle décide de ne rien dire tant qu'elle n'en sait pas davantage.

Téléphone, le « second » - comprenez l'adjoint du Chef de Corps- lui demande de repasser au Régiment.

Elle fonce.

Pas grand chose de plus, si ce n'est un infléchissement notable dans le ton, de plus en plus embarrassé. Oh ce n'est pas grave, mais si des nouvelles arrivent – il va peut-être rentrer ! - on veut pouvoir la joindre à tout moment. On lui confie un téléphone portable (en 1998 elle n'en a jamais vu de sa vie, on lui explique le fonctionnement, pas compliqué) et on lui propose toute l'aide qu'elle peut demander...

Ce qu'elle veut, c'est simplement parler à son mari et savoir comment il va, car cette histoire devient louche. Justement, on va la contacter, pas de problème...

Tout s'accélère, rentrée chez elle, la porte encore ouverte elle se précipite sur son téléphone qui sonne dans le vide, la liaison est mauvaise, le Médecin-Chef de l'hôpital principal « là-bas », lui annonce que son mari va être rapatrié à Paris en urgence, dès qu'il sera transportable.

Comment ça transportable ? La vérité déchire le brouillard, il n'y a jamais eu de jeep, ni de permission et il faut stabiliser un état critique. Paris va envoyer un avion médicalisé en urgence, qu'elle prenne ses dispositions. Le Régiment? Bien sûr que tout le monde est au courant, premier informé! « Je vous rappelle ».

C'est une autre femme qui rappelle le Bureau, pas question de leur montrer ses larmes et sa peur, ses paroles claquent, personne ne s'attend à ça, panique à bord. Oui ils savaient, non ils ne voulaient pas l'inquiéter, bref on s'enlise... elle raccroche.

Une pause avec les enfants, à qui elle ne dit rien. Effort surhumain, ce ne sera pas le dernier.

Puis elle contacte des amis, range l'appartement, fait sa valise quand le Chef la rappelle. Penaud, embêté, il ira même jusqu'à lui proposer de prendre les enfants en pension. Non, « les 5 » resteront ensemble à la maison, c'est elle qui leur parlera, interdiction de les approcher. Voiture , chauffeur et... Médecin-chef accompagnateur sont mis à sa disposition. Elle sera à Paris quand l'avion atterrira, mais on ne sait pas ...assez de mensonge, de faux-fuyants. L'assistante Sociale ( ???) lui a retenu une chambre, pour une durée indéterminée.

Aux enfants après l'école, elle dit la vérité, le peu qu'elle sait. Elle va chercher Papa. Téléphonera tous les jours, leur fait les recommandations d'usage. W. est courageuse, un de ses fils manque de la faire déraper, il a toujours eu le chic pour les réflexions qui dérangent. « Il sera comme avant Papa ? Tu promets ? ».

Elle regarde l'enfant, dur, tendu comme un arc, un accord silencieux, « veille sur les petits »...

« oui, je promets. »

Du trajet dans la nuit, des mots elle ne garde qu'un vague souvenir, Paris, l'hôpital.

Café. Café. Non l'avion va arriver. On ne sait rien. Le jour se lève sur une triste matinée d'hiver qui plombe la capitale. Combien de temps, une heure? Plus? Café.

Le Médecin-chef du service de réanimation se précipite dès son arrivée, lui serre les mains, très fort, ne ment pas. Tout est prêt, la salle d'opérations, la banque de sang... Une équipe entière est en place, elle les voit courir dans les couloirs, l'ambulance arrive, après tout c'est l'un des leurs... à double titre. Elle a demandé à voir son homme, quelques secondes. Un brancard surmédicalisé, irréaliste, le Médecin-chef ( elle l'avait oublié celui-là...) manque de tomber dans les pommes, elle s'approche, choc.

Sur les paupières des compresses avec un sparadrap. Il n'entend rien, ne voit rien, n'est pas là.

Le silence, l'équipe guette un signe pour foncer, un regard, les yeux dans les yeux avec le mandarin, un murmure, « sauvez-le »... tout le monde disparaît derrière les portes infranchissables...

L'attente commence, dès qu'une porte s'ouvre elle sursaute. A bout de nerfs va acheter les journaux à l'ouverture de la boutique de l'hôpital, ils en savent toujours plus que tout le monde...

Et trouve un entrefilet de 10 mini-lignes dans une rubrique « chiens écrasés », anodin, un attentat, un de plus dans un pays lointain, trois blessés. Elle regarde le médecin-chef, engourdi de sommeil, renonce à lui parler.

Café.

Irruption du Médecin Chef du service, qui va droit vers W., lui serre les mains à les broyer, « scanner ...état...pas d'opération...coma...réanimation...préparation, et vous pourrez le voir. »

Son ombre s'est approchée, n'en perd pas une miette – il faudra rendre compte au retour.

W. lui montre le journal, « il s'agit d'eux ? ... Oui mais... vous l'ignoriez ???? »

Elle lui raconte l'histoire de la jeep et de la permission, il change de tête, empoigne le petit collègue et l'entraîne à l'écart. Elle ne veut pas savoir et lorsqu'il revient vers elle, elle le renvoie dans sa province, non besoin de rien. Merci pour tout ( elle est polie comme un glaçon) et au-revoir, les portes de la réanimation s'entrouvrent , elle s'y engouffre.

Son temps appartient à son mari, elle veut oublier le reste.

Le plus dur commence.

...

Des mois d'hôpital, des mois de rééducation, et finalement, des familles détruites.

Papa est rentré, mais pas tout à fait... comme avant.

Il est des traumatismes ineffaçables.

Pourquoi divulguer aujourd'hui des faits qui se sont passés il y a plus de dix ans... sans nom, ni lieu, ni date.

Parce que ce n'est pas la première fois que cela arrive, parce qu'aujourd'hui des dizaines de personnes vivent un cauchemar mais que personne n'en parle; parce que nul ne sait la détresse d'un enfant à qui on dit qu'il n'a plus de Père ou que celui-ci est vivant – mais dans quel état ?

Parce que ceux qui rentrent même légèrement blessés pour ceux qui s'en sortent au mieux, sont marqués à vie.

Parce que c'est la photo du Président de la République qu'on affiche, ce sont ses mots qu'on publie.

Peu importe de quel côté on se place, droite/gauche, les balles ne choisissent pas leur camp.

Le visage de ces hommes- de tous ces hommes-, le regard de leurs familles personne ne les verra...

On met en place, grande mode, des « cellules d'aide psychologiques », mais ce qu'on ne dit pas, c'est qu'ainsi, on bride la parole de ceux et de celles qui souffrent, qui voudraient crier leur ras-le-bol au monde entier, qu'on entoure jusqu'à ce que « le soufflé soit retombé » – surtout dans les médias - mais dont le reste de la vie sera un enfer...

Et toute cette boue pour la gloire. De quoi ? De qui ?

Une médaille sur un cercueil, des poignées de main aux survivants, une photo sur le buffet ?

Parce que nous n'avons donc jamais rien appris, rien compris...

Parce que tout le monde se fout de la valeur de 31 vies humaines ( 10 morts, 21 blessés ) mais décortique le prix de la paire de sandales de Carla...

Dans les articles parus sur FQ, nous avons dénoncé ces mises en scène rendant crédibles des actes de guerre qui risquent de mettre le feu à la planète prématurément, nous avons accusé Bush et consorts, et moi, fille, petite-fille de résistants morts lors de la Seconde Guerre Mondiale, j'accuse de crime ceux en France, qui les suivent aveuglément.

J'aurai peut être un accident de voiture demain... cela ne prouvera qu'une chose : j'ai raison...

Walkyrie.

27/03/2008

Agoravox, agoraintox ?

Sous prétexte de "journalisme citoyen" (ben voyons...), Agoravox propose aux journalistes et aux dessinateurs de travailler gratuitement. Ami(es) dessineux(ses), ne vous laissez pas abuser... Voici le texte (type) envoyé aux auteurs :

    Bonjour, Nous nous permettons de vous contacter afin de vous présenter le projet AgoraVox. AgoraVox se veut l’une des premières initiatives européennes de "journalisme citoyen" à grande échelle. Notre ambition est de favoriser l’émergence d’une nouvelle forme d’expression indépendante.

    Nous sommes à la recherche de partenaires et de dessinateurs potentiels dans la blogosphère mais aussi au dehors. Nous recherchons des dessinateurs pour illustrer l’actualité ou l’air du temps. Dans le cadre de nos recherches de contributeurs, nous avons retenu votre blog pour sa qualité et l’originalité de vos dessins. Nous souhaiterions vous associer à Agoravox en vous invitant à publier sur le site.

    Pourquoi devenir rédacteur-dessinateur ? Tout simplement pour faire entendre sa voix, pour relater des faits ou donner son sentiment sur l’actualité. Par ailleurs, tout contributeur a la possibilité de personnaliser une page qui lui est consacrée et dans laquelle il pourra, entre autres, mettre un lien vers son blog.

    Vous trouverez également de plus amples renseignements sur le projet AgoraVox, son histoire et sa politique éditoriale en vous rendant directement sur Agoravox Enfin, les modalités de fonctionnement sont directement décrites ici

  En souhaitant vous retrouver très prochainement parmi notre liste de contributeurs. Bien cordialement L’équipe Agoravox

C’est intéressant de lire dans leur "politique éditoriale", le passage suivant :

    En soumettant un article ou un document sur AgoraVox, les rédacteurs acceptent implicitement que celui-ci puisse être librement reproduit sur d’autres sites Internet ou en dehors d’Internet par d’autres médias. Sauf avis contraire clairement exprimé, les rédacteurs acceptent également que le comité de rédaction puisse éventuellement reproduire un article déjà publié sur leur blog ou leur site web et qui est en adéquation avec la politique éditoriale."

Alors les copains et les copines, si vous souhaitez travailler gratos et qu’en plus vos dessins soient repris sans votre accord sur d’autres sites et même sur d’autres médias, n’hésitez plus ! le "média citoyen" vous ouvre grandes les portes du bénévolat.

Article original publié par Bellacio et suivi de nombreux commentaires édifiants quant à la réalité d'Agoravox.

 

Note de P&P : cet article a été initialement publié par Bellacio. Rien de bien méchant au fond. Mais aprè ladite publication les témoignages et commentaires ont commencé à pleuvoir. Je ne vais déflorer l'intégralité de la discussion ici car elle mérite vraiment d'être lue. Pour résumer je me suis permis de copier l'un des commentaires qui me semble bien synthétiser la situation :

Plusieurs éléments relatifs au positionnement d’Agoravox me laissent perplexes :

 le site s’autoproclame citoyen alors qu’il est contrôlé non pas par les citoyens mais par une entreprise privée.

 le site bénéficie du travail bénévole de nombreux citoyens qui croient en cette démarche citoyenne collective, libertaire et qui pour la plupart ne sont pas informés de l’organe qui contrôle Agoravox.

 Cybion, l’entreprise privée qui contrôle Agoravox a effectué des levées de fonds, cela veut dire que des investisseurs institutionnels sont au Conseil d’Administration de Cybion (les banquiers et les citoyens ont-ils les mêmes intérêts ?)

Fort de ces différents constats les véritables objectifs d’Agoravox me semblent clair. Agoravox sous des couverts de démarche citoyenne et un vernis d’émancipation des masses n’est rien d’autres qu’un cheval de Troie permettant aux puissants de ce monde de noyauter les dynamiques citoyennes et de conserver les citoyens dans leur esclavage moderne.

"...Au premier rang, nous placerons la presse officielle. Elle veillera constamment à la défense de nos intérêts, et, par suite, son influence sur le public sera relativement insignifiante. Au second rang, nous placerons la presse semi-officielle, dont le devoir sera d’attirer les tièdes et les indifférents. Au troisième rang, nous placerons la presse qui se donnera l’air de nous faire opposition et qui, dans l’une de ses publications, semblera notre adversaire. Nos véritables ennemis croiront à la sincérité de cette opposition et nous laisseront voir leurs cartes..."

 

12/01/2008

Communiqué Alter Info

Note de P&P : Alterinfo, excellent site alternatif d'information subit actuellement les attaques malheureusement classiques de la petite minorité qui tire les ficelles dans notre pays. Ces attaques confirment du reste toute la pertinence du site Alterinfo. Si celui-ci n'était qu'un pion de plus sur l'échiquier de la communication sarkozyste, alors il ne subirait pas de telles attaques.

La tactique est éprouvée. Pour la mener à bien, deux éléments suffisent : 1/ multiplier les plaintes (peu importe qu'elles soient fondées ou non) à l'encontre de la cible 2/ disposer de plus de moyens (ressources financières, équipe de juristes,...) que la cible. 

Les délais relatifs aux procès sont tellement longs que de telles épreuves entachent durablement votre image, grèvent votre trésorerie sur plusieurs années et drainent une partie substantielle de votre capacité de travail (constitution de dossier, convocation, rencontre avec les avocats,...)

Vous pouvez imaginer l'impact d'une telle attaque pour une petite association comme Alterinfo dont le budget annuel est approximativemen de 6000 €. 

Ce procédé met d'ailleurs en lumière un des aspects particulièrement injustes du système juridique qui favorise sensiblement les plus puissants. Est-ce vraiment étonnant puisque ce sont ces mêmes individus qui ont mis en place ce système ?

Je ne peux qu'encourager chacun d'entre vous à soutenir financièrement Alterinfo et à relayer cette information. Le jour où les seuls médias encore actifs seront les relais de la propagande Sarkosystes alors il sera beaucoup plus difficile de continuer à penser et à défendre nos libertés.

 

Chers ami(e)s, membres, contributeurs, lecteurs et visiteurs, notre agence de presse associative est la cible d'une nouvelle tentative de déstabilisation.

Une assignation en référé pour le lundi 7 janvier 2008 a été demandée par l'UEJF et AIPJ, une plainte a aussi été déposée contre nous auprès de Monsieur le Procureur de Paris.

Afin d'éviter que la justice n'interprète notre communiqué comme une ingérence dans la procédure judiciaire, nous vous informerons des détails et du fond de cette affaire une fois le jugement rendu le lundi 14 janvier 2008.

Ce communiqué à pour objectif de ''lever'' des fonds pour faire face à ce nous qualifions être ‘'une nouvelle tentative d'intimidation et de déstabilisation''.

Après les menaces de morts répétées et les tentatives de corruptions n'ayant pas réussi à nous dévier de notre objectif principal: prosaïquement présenter une autre version de ce que la pensée dominante impose, une lecture alternative de l'information véhiculée par les media marchands, il nous semble possible que la démarche de ces deux associations, s'inscrive dans une même logique ; à défaut de nous faire taire, nous nuire financièrement et psychologiquement afin d'entraver la bonne marche de notre association.

Les taux d'audiences de notre site, irritent, peut-être même effrayent certains groupes.

En ce mois de janvier 2008, Alter Info entre dans sa troisième année avec une fréquentation d'une constante progression et d'environ trois cent milles visites mensuelles, dont 70 % des connexions depuis la France. Il est une chose dont nous pouvons être certains, notre journal en ligne ne laisse pas indifférents. Nous utilisons un logiciel de statique qui nous permet de connaître l'origine de nos visites, aussi nous constatons que de nombreux ministères nationaux et étrangers, des institutions gouvernementales, organisations financières internationales, des parlements et sénats étrangers, ainsi que les grandes enseignes de la presse écrite et télévisuelle de ce pays et d'autres organismes dont nous ne pouvons citer les noms, visitent régulièrement notre site. Nous sommes conscient que tous ceux qui viennent lire nos pages ne partagent certainement pas notre vision, néanmoins, notre choix éditorial ne doit pas les laisser indifférents non plus.

La liberté de la presse même relative ne doit pas rester qu'une utopie, c'est le dernier rempart contre toutes formes de dérives à condition que l'information reste libre et accessible à tous.

Alter Info a besoin de vous.

L'argent étant le nerf de la guerre, c'est financièrement que l'on tente de nous déstabiliser. En effet, même si ceux qui ont abusivement utilisé la justice à des fins personnelles étaient déboutés, il n'en demeure pas moins qu'ils auront réussi à nous affaiblir financièrement.

Les frais d'avocat concernant uniquement cette affaire s'élève jusqu'à présent à près de 6000 € (six milles euros). Cette somme représente plus d'un an de budget de fonctionnement de notre association, et ce sans qu'aucun de nos membres ou contributeurs ne soit rémunéré.

Il est important de savoir que nous ne recevons aucune aide et subvention, nos seules ressources sont les dons et les cotisations.

Afin de permettre une large diffusion des informations souvent occultées par les media ‘'marchands'', nous avons fait le pénible choix de la gratuité de nos services, afin de faciliter l'accès à l'information alternative pour tous.

Quasi quotidiennement des messages de nos visiteurs nous parviennent, et à juste titre, pour critiquer la publicité présente depuis deux mois sur nos pages.

La publicité sur notre site ne couvre à peine le loyer de notre bureau.

Au risque de voire notre contrat publicitaire annulé, il faut tout de même préciser que nous ne sommes pas rémunérés par la visibilité des pubs, mais uniquement par le nombre de cliques effectués par nos visiteurs. Alors que actuellement le montant de la pub atteint à peine la somme de 300 dollars par mois. Avec trois cents milles visites mensuelles, si chaque visiteurs (ce qui est une utopie) cliquait une fois sur une bannière publicitaire, cela nous rapporterai plus de dix milles dollars par mois.

Appel à dons

Nous recevons régulièrement des messages de soutiens et d'encouragement, et aussi dans une moindre mesure des messages d'insultes et de critiques acerbes, somme toute normale.

Cependant, c'est le moment de vérité pour nous, mais aussi pour tous ceux qui disent nous soutenir.

Si l'appel aux dons n'est pas à la hauteur de nos besoins, il y a une possibilité que nous cessions la poursuite de notre lutte, soit en réduisant les publications, soit en fermant définitivement notre site.

Ce ne sont pas les moyens utilisés par nos détracteurs qui seront à l'origine d'une éventuelle fermeture de notre site et de notre agence de presse associative, mais la passivité et/ou le laxisme de nos lecteurs les plus assidus et de nos soutiens supposés et de leurs réaction face à nos difficultés financières actuelles.

Que notre site et notre association ferment ne sera sans doute pas un drame en soi, puisque nous pensons avoir semé les graines d'une nouvelle approche de l'information, imposant une capacité de discernement et faisant appel à l'esprit critique de nos lecteurs.

Cependant, que nos amis sites et organismes qui mènent une lutte avec les mêmes motivations que nous et même s'ils ont une approche différente de la nôtre, ne doivent pas douter que les prochains seront eux. La démarche et les motivations de ces deux associations ne consistent pas uniquement à nous museler, mais espèrent nous décourager en voulant instrumentaliser le droit et la justice. A travers notre défaite escomptée, elles visent aussi tous les groupes de résistants contre la pensée dominante.

Chers amis, la balle est dans votre camps, si vous ne réagissez pas à la hauteur de la gravité de la situation, tous ce pourquoi nous, nous battons sera à la merci de nos contradicteurs.

André Gide disait "Je crois à la vertu des petits peuples. Je crois à la vertu du petit nombre. Le monde sera sauvé par quelques-uns."

Même si avec trois cents milles visites mensuelles, nous ne sommes pas encore en mesure d'influencer la ‘'masse'', ni changer en profondeur quoi que ce soit, nonobstant, notre contribution à la lutte contre les injustices dérange au plus haut point nos détracteurs, ce qui explique cet acharnement aujourd'hui. "Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire." George Orwell

Comment nous soutenir ?

Vous pouvez envoyer vos dons par chèque ou mandat à :

Alter Info apa

23, rue d'Illzach

68100 MULHOUSE / France

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Un reçu (pour déduction d'impôts) vous sera envoyé sur demande.

‘'Quiconque veut ravir la liberté d'une nation doit commencer par lui retirer le droit de s'exprimer librement''. Nous vivons dans un monde où l'information est devenu une vulgaire marchandise, et à ce titre fait l'objet de spéculations et d'instrumentalisation: rétentions et/ou surabondances de l'information dans le seul but de restreindre la liberté qui passe par l'information ‘'Je n'ai aucune raison de croire que celui qui m'enlèverait mes libertés, ne m'enlèverait pas, une fois en son pouvoir, tout le reste." La probité de l'information est proportionnelle aux libertés consenties aux citoyens. L'information soumise à une quelconque contrainte, politique, économique ou simplement idéologique, se transforme en propagande.

L'information marchande soumise aux impératifs économiques s'est transformée en un instrument de propagande aux services des politiques et des financiers. ‘'La propagande n'est pas conçue pour tromper l'esprit critique, mais simplement pour donner aux lâches d'esprit une excuse pour ne pas penser du tout''. Ainsi, au lieu de libérer l'individu, l'information marchande l'endoctrine, le fanatise par l'abrutissement, le maintient dans l'ignorance, l'oblige à accepter des choix à rebours de ses propres intérêts, à l'asservir avec son consentement, à l'endormir. Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir, en les maintenant éveillés dans un monde onirique, cependant les chaînes d'or ne sont pas moins chaînes que les chaînes de fer et Il y a une chose pire encore que l'infamie des chaînes, c'est de ne plus en sentir le poids

L'information marchande est devenu un système d'ignorance imposée contrairement à l'information probe, affranchie de toute contrainte, qui est un droit fondamental permettant à l'individu de s'émanciper des idéologies, de la tyrannie de la pensée unique, de se libérer de ses chaînes et de sa condition de serf du monde moderne. "Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les évènements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité."

"Pour que le mal triomphe il ne suffit que d'une seule chose... que les gens de bien ne fassent rien!"


Vendredi 11 Janvier 2008

11/12/2007

Totalitarisme et contrôle de l'information

La série intitulée « l’Astuce du Psychopathe » nous a permis de mieux comprendre le fonctionnement de tels individus.

L’absence de conscience induit des différences majeures en termes de comportements et d’objectifs par rapport à un individu « normal ».

Ainsi le pouvoir devient une finalité essentielle puisque les notions de créativité, de découverte, de partage, de beauté ou de vérité qui peuvent animer un individu doté de conscience ne font même pas partie des circuits neuronaux d’un individu atteint de psychopathie.

Ces individus ont également réalisé que s’ils voulaient obtenir et conserver ce pouvoir, il était essentiel qu’ils contrôlent l’information. Contrôler l’information cela signifie cumuler un maximum d’informations pour soi et transmettre un minimum d’informations biaisées, distordues, censurées au peuple.

Vous pouvez être convaincu que nos élites connaissent beaucoup de choses sur des dossiers fondamentaux et occultés tels que, les modifications climatiques, les OVNIs, les mobiles des conflits internationaux, les trafics d’enfants, les épidémies, les programmes secrets de recherche, …

Mais pour obtenir et conserver le pouvoir, l’accumulation de connaissance ne suffit pas, encore faut-il que le peuple ne dispose pas de cette connaissance.

C’est pour cela que le contrôle des médias est une mesure prioritaire prise par tout régime totalitaire. Goebbels fut un exemple frappant de la transformation d’un appareil destiné à transmettre des informations objectives aux citoyens en un organe de propagande servant les intérêts particulier d’une élite dirigeante.

Plus près de nous, en France et en 2007, Nicolas Sarkozy et ses acolytes ont réussi à mettre la main sur les principaux médias français à travers la détention majoritaire de leur capital. Celui qui contrôle le capital contrôle ce que dit le média, l'impartialité d'un tel média relève du voeu pieu comme l'a présagé Sartre il y a plus de trente ans :

Un jour de 1989, Jacques Chancel interrogea le directeur de la rédaction du Figaro sur l’exercice de la censure par le propriétaire d’un journal. Peu suspect d’idolâtrie marxiste, Franz-Olivier Giesbert admit : « Tout propriétaire a des droits sur son journal. D’une certaine manière, il a les pouvoirs. Vous me parlez de mon pouvoir, c’est une vaste rigolade. Il y a des vrais pouvoirs. Le vrai pouvoir stable, c’est celui du capital. Il est tout à fait normal que le pouvoir s’exerce. Ça se passe dans tous les journaux. Il n’y a pas un journal où cela ne se passe pas. » Pour cette raison, Sartre avait en 1973 conçu Libération « en marge des capitaux privés, des banques et de la publicité ».

Les principales chaines de télévision sont détenues soit par l’Etat ( France 2, France 3) soit par des multinationales (Canal Plus : Vivendi, ex Vivendi Universal, TF1 : Bouygues,...). La situation de la presse quotidienne et hebdomadaire n’est guère plus réjouissante. La famille Rotschild a racheté Libération, Dassault était propriétaire de l’Express et il est désormais actionnaire majoritaire du Figaro et de Socpresse. Pinault (actionnaire principal du groupe Pinault Printemps Redoute) contrôle entre autre Le Point et Claude Perdriel (un ex-associé de Rotschild) contrôle le Nouvel Observateur,…
 
Il n’est pas surprenant de constater que la plupart de ces individus ont soutenu la campagne de Sarkozy via des financements massifs et une médiatisation partisane à faire pâlir un dictateur d’Europe de l’Est.

Par exemple quelques jours après son élection, Sarkozy a passé ses vacances sur le méga Yacht de Bolloré (sachant que le groupe Bolloré détient entre autre le quotidien Matin Plus et la chaîne Direct 8 TV).

Martin Bouygues (propriétaire de TF1) est le parrain de Louis Sarkozy, fils de Nicolas Sarkozy et ce même Martin Bouygues fut l’un des témoins du mariage entre Sarkozy etCécilia (celle-ci ayant depuis réussi à sortir des griffes de l’intéressé).

L’autre témoin de ce mariage n’était autre que Bernard Arnault, propriétaire du groupe Louis Vuitton (qui contrôle entre autre le quotidien économique « La Tribune »). 

Sans oublier Arnaud Lagardère, président du groupe EADS qui contrôle la majeure partie des maisons d’édition françaises (Grasset, Fayard, Stock, J.C. Lattès, Calmann-Lévy, Hachette,...). Lagardère a présenté Sarkozy au cours d’un congrès organisé en 2005 en utilisant les mots suivants : « Je ne vous présente pas un  ami, je vous présente un frère.

Les régimes ponérisés, système sarkozyen inclus, parviennent donc à garder le pouvoir en contrôlant ce qui entre dans le cerveau du peuple. Ils instillent l’ignorance, la peur, la lâcheté, l’idolâtrie dans nos esprits afin de nous garder esclaves serviles.

Depuis cette perspective l’on comprend mieux pourquoi les médias dominants nous abreuvent de divertissements, de publicités, d’analyses superficielles, de propos partisans, de polémiques stériles ou de sensationnalisme dénue de fond. Tout sauf des informations objectives sur des sujets importants.

Malheureusement pour les élites au pouvoir la nature a horreur du vide et face au verrouillage des médias dominants, des petits malins tentent de faire parvenir la vérité au peuple par des solutions alternatives.

Ainsi fleurissent des investigateurs indépendants, de petits journalistes mènent leurs enquêtes sur des sujets tabous, interviewent leurs propres sources confidentielles et diffusent les résultats de leur enquêtes sur des sites web « alternatifs » ou dans des ouvrages à tirages généralement limités.

Même si la vérité filtre de manière homéopathique, celle-ci menace le pouvoir ponérologique car celui-ci est fondé sur la pierre angulaire qu’est le mensonge. Une fois que le peuple a vu la manipulation globale dont il est la victime, une fois qu’il a entr’aperçu les pieds derrière le rideau, l’illusion s’effondre.

Souvenez vous de cette scène dans le Magicien d’Oz :

… Vous devez tenir les promesses que vous nous avez faites, s'exclama Dorothée. Le Lion Poltron crut bon d'intervenir aussi et d'effrayer le Magicien; il poussa donc un rugissement terrible, si féroce que Toto, alarmé, sauta de côté et culbuta contre un paravent dressé dans un coin, qui s'écroula. Le fracas de sa chute attira leurs regards dans cette direction, et ce qu'ils virent les remplit tous de stupeur. A l'endroit même que leur avait caché le paravent, se tenait un petit vieillard, chauve et ridé, et qui semblait tout aussi étonné que les voyageurs. Le Bûcheron, levant sa hache, se rua vers le petit homme en criant : — Qui êtes-vous? — Je suis Oz, le Grand et le Redoutable, dit le petit homme d'une voix tremblante, mais je vous en prie, ne me frappez pas, je ferai tout ce que vous désirez. Nos amis le regardaient avec stupeur et consternation. — Je croyais qu'Oz était une grande Tête, dit Dorothée. — Et moi, une belle Dame, dit l'Épouvantail. — Et moi, une terrible Bête sauvage, dit le Bûcheron. — Et moi, une Boule de feu, dit le Lion. — Non! vous vous trompiez, avoua humblement le petit homme. Je vous l'ai seulement fait croire. — Fait croire! répéta Dorothée. Vous n'êtes donc pas un Grand Magicien? — Chut! mon enfant, dit-il, ne parlez pas si fort; si l'on vous entendait, ce serait ma perte.

Pour parer à cette menace de divulgation de la vérité, les psychopathes au pouvoir à Washington ont donc mis en place un système qui condamne tout individu refusant de révéler ses sources. La jurisprudence est désormais claire : le refus de divulgation des sources est sanctionné par l'emprisonnement. Ainsi la journaliste Judith Miller est détenue depuis 2005 pour avoir respecté la confidentialité de ses sources.

Ce préambule permet d’offrir un éclairage différent à l’article suivant. Il semblerait que Sarkozy soit en train de marcher dans les traces des Etats Unis, son grand modèle de démocratie :

Mercredi (5 Décembre 2007) dernier, six policiers de la DST débarquent au domicile de Guillaume Dasquié et pendant cinq heures, perquisitionnent, saisissent ses documents et son ordinateur. Il est alors placé en garde à vue à la DST, où le journaliste est passé à la moulinette pendant une trentaine d’heures, avant de se voir proposer un chantage hors procédure : balancer au moins une de ses sources ou partir en détention provisoire

Les « raisons » d’un tel acharnement : un article intéressant publié dans Le Monde du 16 avril 2007 et étayé par un rapport de la DGSE, que Dasquié s’est procuré, établissant que les services secrets français étaient informés d’un possible projet de détournement d’avions, et ont alerté leurs homologues américains dès janvier 2001. Ces éléments remettent sérieusement en cause la thèse officielle selon laquelle l’Administration Bush et ses services de renseignement ne savaient rien de ce qui se préparait. Cette double page ne créa pas le scandale attendu, ni aux Etats-Unis ni ailleurs dans le monde, puisque quelques heures plus tard tous les médias se sont focalisés sur la fusillade à l’université Georgia Tech. En fait, ces informations d’une extrême importance planétaire par ses enjeux sont passées quasiment inaperçues, totalement occultées par un fait divers.

Cette affaire est brûlante aussi bien sur la forme (remise en cause de la protection des sources et donc du métier de journaliste d’investigation) que sur le fond.

En effet il s’agit d’une preuve de plus qui contredit le rapport de la Commission d’enquête sur le 11 Septembre et qui devrait amener les journalistes à se poser des questions et à rejoindre les familles des victimes, les nombreux experts et personnalités qui remettent en question la version officielle et ReOpen911.info dans notre quête de vérité.

Ne doutons pas que d'ici peu, Sarkozy on l'un de ses sbires invoquera la main sur le coeur la sécurité de la nation, la protection du peuple, les menaces terroristes pour justifier d'une loi qui oblige à révéler ses sources.

Comme aux Etats-Unis, il en sera alors fini du "vrai" métier de journalisme. Alors toute possibilité de diffusion d'éléments de vérité issus d'investigations indépendantes aura été anéantie.

22/11/2007

Les cheminots résistent à la trahison programmée par les syndicats

Article issu du site "Solidarité Ouvrière

 

Jeudi, au troisième jour de la grève, massivement suivie, contre les attaques sur les retraites préparées par le gouvernement gaulliste du président Nicolas Sarkozy, des assemblées générales de cheminots se sont tenues dans toute la France et ont voté, à une écrasante majorité, la reconduction et l’amplification de la lutte.

Note de P&P : Avez-vous lu ou entendu dans les medias de masse que la grève avait été massivement suivie et que la reconduction avait été voté avec une écrasante majorité ? Rien de tout cela, les médias officiels reprennent en choeur la version officielle écrite par l'Elysée : "actes de sabotages", "taux de grèviste en baisse" et "fin du mouvement imminente"

 

Ces votes sont l’expression du rejet des trois piliers principaux de la réforme: l’allongement de la durée de cotisation, de 37,5 annuités à 40, pour pouvoir jouir d’une retraite à taux plein, la décote en cas de retraite anticipée et l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, ce qui était plus avantageux.

Les travailleurs qui participaient à ces assemblées générales ont exprimé une grande méfiance vis-à-vis des actions entreprises par les directions syndicales et un ressentiment tout particulier envers la proposition de Bernard Thibaut, secrétaire général de la CGT (Confédération générale du travail) qu’il y ait des négociations branche par branche dans le cadre de la réforme. Cette proposition revient, de fait, à reconnaître la destruction des régimes spéciaux (retraites spéciales accordées de longue date aux travailleurs dans des métiers particulièrement pénibles) et à collaborer à la mise en place de la réforme de Sarkozy.

Note de P&P : Comme Andrew Lobaczewski l'a justement décrit, la ponérisation touche progressivement tous les pans de la société : les médias, les sphères juridiques et judiciaires mais aussi les travailleurs et les syndicats.

La vérité est douloureuse mais riche en enseignement. Les dirigeants syndicaux à l'instar de nos chers "élus" ne sont pas au service du bien commun malgré ce qu'ils affirment mais oeuvrent à l'intérêt de leur petit groupe.

Les syndicats qui pouvaient apparaitre comme le dernier rempart contre la barbarie ultralibéraliste, ont vendu pour 30 pièces d'argent la dignité des plus faibles qu'ils étaient sensés défendre.

 

Le WSWS a participé à une assemblée générale de grévistes à la Gare du Nord, à Paris. Il s’y trouvait des conducteurs de train, du personnel d’accueil, des contrôleurs et aussi une délégation des ateliers Le Landy de la Seine-Saint-Denis, au nord de Paris.

Etaient présents des membres de la CGT (syndicat majoritaire chez les cheminots), Sud Rail et Force ouvrière, respectivement les second et troisième syndicats, ainsi que des membres de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes, proche du Parti socialiste) et des travailleurs non syndiqués.

Lecture a été faite des comptes-rendus des différents sites de la région parisienne, où entre 60 et 100 pour cent de travailleurs étaient en grève. 

Nazima de la CGT, qui joue un rôle important dans l’organisation des assemblées générales, a dit qu’elle avait reçu un coup de fil de l’Université de Tolbiac, où les étudiants sont en grève contre l’ouverture des universités aux entreprises privées, appelant les cheminots à ne pas abandonner la lutte. Elle a exprimé sa révolte quant à l’envoi de CRS la veille pour disperser les étudiants de l’Université de Nanterre à coups de matraque, qualifiant cet acte de « grosse erreur du gouvernement. » 

Note de P&P : En résumé, le complexe médiatico-politique censure l'ampleur du mouvement étudiant et utilise parallélement la violence pour le neutraliser. C'est finalement très similaire à la manière dont le mouvement pour la paix est traité aux USA.   

 

L’assemblée générale a voté la poursuite de la grève jusqu’au lendemain. Il y a eu trois abstentions.

L’assemblée a aussi voté la mise en place d’un comité de grève dont la tâche serait d’organiser les piquets de grève et d’amplifier le mouvement, notamment auprès des travailleurs de la RATP (Régie autonome des transports parisiens, bus et métro) et des travailleurs de EDF et GDF (Electricité et Gaz de France) dont les régimes spéciaux de retraite sont également attaqués par le gouvernement. 

Le comité travaillerait aussi à gagner le soutien du public et à contrer la machine de propagande de Sarkozy, qui jouit du soutien entier des médias.

Note de P&P : Effectivement la propagande sarkosienne tourne à plein régime. Au cours des derniers jours les grévistes ont été traités de "minorité", de "privilégiés", de "preneur d'otages", de "saboteurs",... Voilà un aspect classique de la pensée psychopathique : l'utilisation de l'insulte et du langage émotionnel... "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelquechose."

 

La veille, les grévistes de la Gare du Nord avaient voté à l’unanimité une motion qui a ensuite largement circulé dans toute la France et qui a été adoptée dans de nombreuses assemblées générales. Cette motion a été soumise une nouvelle fois pour servir de base de réponse à une lettre envoyée par Xavier Bertrand, le ministre du travail, le 14 novembre, invitant les syndicats à des négociations. La lettre de Bertrand a été rejetée par tous les intervenants à l’assemblée générale car elle ne propose aucunement le retrait des trois piliers de la réforme.

Au sujet de la proposition faite au gouvernement par le leader de la CGT, Bernard Thibaut, un travailleur a fait remarquer : « Qu’est-ce cela nous apporte ces négociations tripartites [entre la direction des entreprises publiques, les syndicats et des représentants du gouvernement] ?  Il n’y a aucune garantie. »

Ce qui est très significatif, c’est la décision prise de faire parvenir cette motion à tous les cheminots de France, mais aussi de l’envoyer aux dirigeants des syndicats de cheminots qui se réunissaient à 16h30 jeudi après-midi pour discuter des suites à donner à l’invitation de Bertrand.

La motion déclare : « Nous refusons le passage de 37.5 ans à 40 ans de cotisations, les décotes et l’indexation des pensions sur les prix plutôt que sur les salaires. »

La motion insiste pour que les directions syndicales ne signent pas d’accords avec le gouvernement sans le consentement de la base. « Nous exigeons d’être consultés pour toute décision qui engagerait notre avenir et d’être informés du contenu des discussions à chaque étape », dit la motion. « Nous nous déclarons opposés à toute négociation entreprise par entreprise. » 

Note de P&P : Et voici la bonne vieille tactique du "diviser pour mieux régner" qui ressurgit. Le mouvement populaire gagne une forte ampleur, découpons-le branche par branche pour mieux l'écraser.

Certes cette maneuvre a une saveur particulière lorsqu'elle est initiée par un dirigeant syndical sensé défendre l'intérêt des plus modestes. Mais finalement si tel était vraiment son objectif serait-il encore à la tête d'une organisation syndicale ?

 

Plusieurs participants au débat ont fait remarquer que la lettre de Bertrand proposait des négociations dans les différentes entreprises sur une durée d’un mois laissant entendre que la grève se prolongerait d’autant, et ce, afin d’épuiser le mouvement. 

Note de P&P : La classique mais toujours efficace tactique du pourrissement. Avec en ligne de mire des perspectives illusoires de négociations.

Il faut être deux pour négocier. A ce jour les travailleurs sont seuls face à un état hypocrite qui fait miroiter des négociations mais qui oeuvre en sous-main à la destruction du mouvement via la violence policière, la propagande relayée par les médias de masse et le noyautage des directions syndicales.

 

Monique a critiqué la direction de la CGT pour vouloir négocier entreprise par entreprise quand « le gouvernement n’a rien cédé sur les trois points essentiels. Un mois de négociations, c’est un mois de grève pour rien. » Elle a fait remarquer qu’« il y a un divorce entre les syndicats et la base qui veut se bagarrer et qui veut le retrait de la réforme. »

Un travailleur qui ne portait pas de badge syndical a dit : « Je m’attendais à ce que les directions syndicales organisent quelque chose de plus costaud. La manifestation d’hier a été organisée au dernier moment.

Note de P&P :  Souvenez vous des mots de FD Roosevelt : "En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi".

N'en doutons pas, les dirigeants de médias, d'organisations politiques, de syndicats comprennent très bien ce qui se passe actuellement et mieux que la plupart d'entre nous.

S'ils feignent l'ignorance, les dissensions internes, ils oeuvrent en concertation à la pérennisation de leur statut qui ne peut se faire qu'à travers l'exploitation toujours grandissante des plus faibles.

Croyez-vous vraiment que cette organisation à la dernière minute soit due au hasard ? Pourtant si un syndicat doit bien savoir faire une chose c'est organiser une grève non ?

Voilà en tout cas une excellente manière de détruire un mouvement de l'intérieur en toute dicrétion. Et si vous êtes pointé du doigt vous pourrez toujours invoqué la maladresse, le manque de temps, le manque de ressources ou le stress.

 

Nous sommes aujourd’hui dans une situation charnière. Sarkozy joue aux chaises musicales avec les syndicats. La seule solution : il faut communiquer. Les AG sont souveraines. Il faut gagner la population et leur dire : “Nous sommes dans la bataille avec vous sur le pouvoir d’achat. Nous ne sommes pas des privilégiés.” » 

Note de P&P : Et ici se trouve une des clefs du combat actuel. Ne plus croire en ces peurs, en ces divisions, en ces mensonges, en cette propagande.

Au sein de la société française croyez-vous vraiment que les privilégiés soient les cheminots ?

Ne voyez-vous pas la réalité ? Le peuple français comme tous les peuples du monde est toujours plus manipulé, asservi, écrasé. Le vrai schisme ne se trouve pas entre les cheminots et les non-cheminots. Tous sont esclaves d'une élite psychopatique minoritaire qui a contaminé chaque facette de notre société et qui a besoin de notre sang, de notre sueur, de notre vie pour mener une existence de nabab. 

 

Il s’est opposé au blocage des TGV (Train à grande vitesse) disant que cela faisait le jeu de ceux qui voulaient représenter les cheminots comme des Khmers rouges.

D’autres travailleurs ont fait remarquer qu’il était essentiel de faire des piquets de grève pour empêcher la reprise du travail et de stopper les trains afin d’amplifier le mouvement. Un guichetier a dit qu’ils avaient déjà mis en place un piquet de grève à 6 heures du matin pour que les bureaux restent fermés.

Le WSWS a parlé avec Monique, représentante de la CGT conducteurs, avant l’assemblée générale. Elle a dit, « Nous on veut vraiment contrôler le mouvement.  Hier c’était entre 70 pour cent à 80 pour cent de taux de grévistes et aujourd’hui c’est le même taux. Ce que nous essayons maintenant, c’est de faire la jonction avec le maximum de monde et faire que le mouvement ne soit pas dispersé. On n’accepte pas d’être appauvris. Ce qu’on veut, c’est qu’il n’y ait pas de négociations en douce dans notre dos. »

 « Moi, je veux bien respecter la direction de la CGT, mais il faut aussi qu’ils nous respectent et on n’est pas une masse de main-d’œuvre.  Nous ne voulons pas aider Sarkozy à mettre sa réforme en place. Aujourd’hui, il y a des étudiants, la RATP, EDF-GDF. Nous ne voulons pas d’entourloupe et qu’on casse le mouvement. »

Note de P&P : Sarkozy a fait de la non-négociation et du passage à tous prix de sa réforme un enjeu personnel, symbolique et idéologique. En révélant au grand jour la véritable identité des directions syndicales, N. Sarkozy prend un risque.

Il semble oublier qu'un despote n'existe que grace au soutien de sa cour qui, en échange de privilèges variés, relaye servilement auprès de la population l'illusion de sa légitimité.

La cour de Sarkozy est constituée de financiers, de patrons des médias, de politiques, d'intellectuels, de dirigeants syndicaux. Si les véritables objectifs de ces derniers sont percés à jour, si le peuple entraperçoit les pieds derrière le rideau alors l'illusion s'évanouit.

 

 « Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce qu’on ait le retrait de la réforme. Bernard Thibault a dit qu’il ne négocierait pas dans le cadrage du gouvernement. J’espère qu’il ne change pas. S’il discute, cela ne peut pas être sur la base d’accepter les 40 ans et la décote. C’est inacceptable. Il ne faut absolument pas qu’il cède sur cela. »

René-Claude, travailleur non syndiqué sur les trains de banlieue de la SNCF a dit : « L’élément auquel je suis le plus opposé, c’est la décote. Les syndicats ne comprennent pas ce qui se passe à la base. On a l’impression que les fédérations, elles font ce qu’elles veulent et que la base brasse de l’air. C’est inacceptable de voir qu’on nous entend à peine. » 

Note de P&P : Et voici certainement la clef du succès. Les peuples sont trahis depuis des siècles par leurs syndicats, par leurs partis politiques, par leurs médias, par leurs employeurs...

La réussite réside dans un mouvement uni et solidaire, rassemblant l'immense majorité des français qui souffre un peu plus chaque jour, un mouvement affranchi des composantes les plus ponérisées de notre société, un mouvement qui oeuvre dans la transparence et l'échange permanent d'information pour éviter les noyautages et les intrumentalisations. Un mouvement qui va au-delà des censures et des propagandes orchestrées par les médias de masse et qui offre une information objective sur la réalité via les médias alternatifs. Un mouvement qui a conscience de la vraie problématique à lauqlle il doit faire face : la ponérisation de nos sociétés.

27/10/2007

Wikipropagandia

En France comme aux Etats-Unis ou dans le reste du monde, les médias de masse autant dans le secteur de la presse écrite que dans celui de l'audiovisuel sont contrôlés par des élites politico-financières. Ces "médias" jouent le rôle de relais de propagande et de censure auprès des peuples et permettent aux dites élites de préserver voire d'accroitre leur pouvoir et leurs privilèges.

Internet constitue l'un des derniers espaces ou des analyses plus objectives du monde peuvent être développées. Et au sein d'internet, le grand concentrateur de la connaissance est Wikipedia.

Quel beau projet que cette encyclopédie en ligne initiée par Jimmy Wales, ex-profesionnel de l'industrie pornographique. Dans cet espace ouvert de capitalisation de la connaissance, chaque citoyen peut apporter sa pierre à l'édifice, partager son savoir,... 

Croyez vous vraiment que l'encyclopédie en ligne la plus populaire de la planète serait autorisée à être contrôlée par les citoyens ? 

Voici un article Pierre Haski publié dans Rue 89 qui vous fera peut être voir Wikipedia d'un autre oeil.

  

15/08/2007

De la simple correction à la manipulation, toutes les modifications de l'encyclopédie collaborative sont révélées.

Vous voulez savoir qui ajoute ou retire des informations sur l'encyclopédie collaborative Wikipédia? Qui, surtout, manipule certaines des données pour les enjoliver ou en effacer les aspects les plus critiques? Un étudiant américain a développé une technologie pour le savoir, et a fait quelques découvertes intéressantes.

Selon un article en ligne du magazine spécialisé américain Wired, Virgil Griffith, un étudiant de l'université technologique CalTech, a développé un système baptisé "Wikipedia scanner", qui permet d'identifier un certain nombre de prédateurs de l'encyclopédie en ligne. Wikipédia permet l'accès à toutes les révisions des articles, et donc aux adresses IP, la "signature électronique" des auteurs des corrections. "Wikipedia scanner" compare ces adresses avec celles des listes publiques d'adresses IP d'entreprises ou d'administrations aux Etats-Unis, soit plus de 30 millions de références.

Le résultat est spectaculaire: des entreprises qui viennent couper les paragraphes délicats sur leurs notices Wikipédia, la CIA ou des membres du Congrès qui effacent, ajoutent ou corrigent des éléments... Ainsi, la société américaine Diebold, qui fabrique les machines à voter au centre de nombreuses polémiques aux Etats-Unis, apparaît dans cette recherche comme responsable d'une coupe de quelque 15 paragraphes dans la notice la concernant, notamment les critiques techniques et son soutien financier au candidat Bush. Un modérateur de Wikipédia avait alors mis en garde l'anonyme auteur de la coupe en le qualifiant de "vandale", le terme consacré sur l'encyclopédie. La recherche de Griffith l'a mené vers un ordinateur installé au siège de la société... Wired publie quelques résultats amusants, comme le Parti Républicain qui change "occuper" en "libérer" à propos de l'intervention militaire en Irak, ou Fox TV qui fait la promo anonyme de l'une de ses vedettes.

Ce système et cette étude sont évidemment consacrés aux Etats-Unis. Il semble, d'après vos commentaires ci-dessous, que le système inventé par Virgil Griffith est transposable en France ou ailleurs. Merci à ceux qui ont apporté des éclaircissements techniques, et en particulier à Nico qui donne même quelques exemples que je cite ici: "Le Minefi qui sucre un paragraphe sur l'appartement de fonction de Copé, le ministère de l'Education qui passe la brosse à reluire sur les démêlés judiciaires de Darcos, TF1 qui écrase la polémique sur la légalité du site de sa filiale Jet."

Quoi qu'il en soit, ce nouvel "outil" vient ajouter un garde-fou supplémentaire au système collaboratif Wikipédia, qui est régulièrement soumis à des doutes sur sa fiabilité du fait de la manipulation possible des données par les personnes concernées. Souvenez-vous du débat Sarkozy-Royal et de la polémique sur la génération de réacteurs nucléaires: dans la nuit, le chiffre a été modifié plusieurs dizaines de fois par les partisans des deux candidats. Sujet à manipulation, le système a aussi généré ses protections, et l'inventivité d'internautes comme Virgil Griffith en est la meilleure garantie.

24/10/2007

Nicolas Sarkozy corrompt publiquement de grands éditorialistes

d73a0804236ef5ce26c40d2919e03c9c.jpgDans le célèbre film Matrix, Morpheus déclare à Néo :

C'est le monde qui a été placé devant tes yeux pour te cacher la vérité, pour te cacher que tu es un esclave Neo. Comme tout le monde, tu es né dans l'esclavage dans une prison que tu ne peux ni sentir, ni toucher. Une prison pour ton esprit...

Et la seule manière de sortir de cette prison de croyances, de peurs et d'illusions, le seul moyen de s'extirper de cette caverne de Platon ets d'agir, de faire des choix et les bons. 

Mais pour faire les "bons" choix, pour utiliser son libre-arbitre à bon escient, l'être humain a besoin de connaissance. A quoi bon choisir de tourner à droite ou à gauche à tel ou tel carrefour si on ne sait pas lire les panneaux signalétiques ou si ceux-ci proposent des informations erronées ou si l'on ne sait pas où l'on veut aller,... 

Celui qui contrôle les informations contrôle les esprits. A l'époque, Joseph Goebbels l'avait bien compris, depuis de nombreux aspirants au totalitarisme ont marché dans ses traces.

Revenons en 2007 dans notre bel hexagone, le pays des Droits de l'Homme. Vous trouverez ci-dessous un article rédigé par le Réseau Voltaire qui décrit comment pouvoir politique et pourvoir médiatique se mêlent pour entonner leur séduisant chant des sirènes.

"Après avoir dénoncé la censure qui frappe toute critique du président Nicolas Sarkozy, les syndicats de journalistes se sont indigné des diverses fonctions honorifiques et missions rémunérées offertes par le président de la République à onze chroniqueurs influents des grands médias.


• L’ancien courtisan de François Mitterrand, Jacques Attali, éditorialiste à l’hebdomadaire l’Express, a été nommé président de la commission pour la « libération de la croissance française »
• George-Marc Benhamou, confident officiel l’ancien président Mitterrand, éditorialiste au quotidien Nice Matin et chroniqueur au quotidien La Provence, a été nommé « conseiller pour la culture et l’audiovisuel » du président de la République.
• Jean-Louis Bourlanges, chroniqueur sur la radio France Culture, a rejoint le « Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Guy Carcassone, chroniqueur à l’hebdomadaire Point, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean-Claude Casanova, fondateur de la revue Commentaire, éditorialiste associé au quotidien Le Monde, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Jean Marie Colombani, ancien directeur du quotidien Le Monde, chroniqueur politique sur France Inter le vendredi matin, et animateur de l’émission « Face à face » sur la chaîne de télévision Public Sénat a accepté une mission officielle de trois mois sur la réforme des conditions d’adoption.
• Olivier Duhamel, chroniqueur sur France Culture, a rejoint le « comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République »
• Yves de Kerdel, éditorialiste au quotidien Le Figaro et chroniquer à la radio économique BFM, a rejoint la commission pour la « libération de la croissance française »
• Éric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, a rejoint la a commission pour la « libération de la croissance française »
• Myriam Lévy, qui suivi la campagne de Ségolène Royal pour Le Figaro, a été nommée conseiller en communication du Premier ministre.
• Catherine Pégard, rédactrice en chef du service politique de l’hebdomadaire Le Point, a été nommée conseiller politique du président de la République.

Par ailleurs,
• Marie Drucker, présentatrice du journal télévisé de France 3, est l’épouse d’un député et ancien ministre.
• Christine Ockrent, animatrice de l’émission « Duel sur la 3 » sur France 3, est l’épouse du ministre des Affaires étrangères
• Béatrice Schoenberg, présentatrice du journal télévisé de France 2 est l’épouse du ministre de l’Environnement.

À l’inverse
• Laurent Solly, ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, a rejoint la direction de la principale chaîne de télévision TF1."