08.09.2008
Bercy ou la lancinante mythomanie
16 mai 2008 :
"Nos prévisions officielles de croissance pour 2008, entre 1,7 et 2%, sont bien confortées", a "jubilé" la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.
Source : France 24
27 juin 2008 :
Vendredi, la ministre de l'Economie a déclaré que le gouvernement tablait toujours sur une croissance comprise entre 1,7 et 2% pour 2008. Cette annonce survient en pleine polémique entre le gouvernement et l'Insee. En effet, celui-ci a annoncé, la semaine dernière, ne prévoir qu'une croissance de 1,6% pour l'ensemble de l'année, alors que le gouvernement table sur un chiffre compris entre 1,7% et 2%. François Fillon avait donc jugé les prévisions de l'Insee "extrêmement pessimistes"...
Source : Challenge
15 juillet 2008 :
La ministre de l'Economie Christine Lagarde maintient sa prévision d'une croissance d'environ 1,7% de l'économie française en 2008 alors que la Banque de France n'attend pas mieux que 0,2% au deuxième trimestre...Patrick Artus, directeur des études économiques de Natixis, prédit même une croissance qui tournerait autour de 1% seulement pour les deux prochaines années. Christine Lagarde réfute ce pessimisme.
Source : Nouvel Observateur
7 septembre 2008 :
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a estimé dimanche que la croissance française s'établirait "sans doute autour de 1%" en 2008
Source : Le Point
Note de P&P : Christine Lagarde fait partie du gouvernement de Nicolas Sarkozy où elle joue le rôle de ministre de l'Economie.
En 2008 la rémunération officielle de Christine Lagarde était de 13 905,82 € (soit 13,4 SMIG) auxquels il faut ajouter les avantages suivants :
- Accès gratuit au réseau SNCF (1ère classe)
- Quotas de déplacements aériens
- Mise à disposition d'un parc automobile
- Dépenses téléphoniques et courrier - Voiture de fonction et chauffeur
- Logement de fonction ou prise en charge par l'Etat d'un logement d'une superficie maximale de 80 m² plus 20 m² par enfant à charge...
00:39 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lagarde, bercy, économie, mensonge, croissance, finance, budget
11.06.2008
Bal à l'ambassade
Les dépenses de l'Elysée ont progressé de 8,4% en 2007 par rapport à 2006, passant de 32,383 millions à 35,111 millions d'euros, selon un document budgétaire transmis cette semaine à l'Assemblée nationale dans le cadre du règlement définitif du budget 2007, qui sera voté en juin.
Cette hausse est obtenue en comparant l'exécution du budget 2006 et celle du budget 2007.
Spécialiste du budget de la présidence de la République, le député René Dosière (app PS) souligne, dans un communiqué ironiquement intitulé "Elysée 2007: un budget de rupture ?", que cette progression de 8,4% des dépenses de l'Elysée est "trois fois et demie supérieure à celle des dépenses de l'Etat (+2,3%)".
"Au moment où on dit que les caisses sont vides et où on réduit le nombre de fonctionnaires, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy fait exactement l'inverse", a déclaré à l'AFP le député de l'Aisne.
Selon le document budgétaire, les frais de personnel (près de la moitié du budget de la présidence) ont augmenté de 10,9%, les effectifs passant de 957 en 2006 à 1.045 au 1er octobre 2007.
Par ailleurs, les dépenses pour l'équipement et les travaux d'entretien sont passées de 1,9 million à 3 millions d'euros, soit une hausse de 53%. La part de ces dépenses a "légèrement" progressé, indique le document budgétaire, "en raison des opérations d'installation du nouveau cabinet" de Nicolas Sarkozy.
S'agissant de la dotation du chef de l'Etat, elle est en hausse de 29% entre 2006 et 2007 (130,6 millions contre 101 millions d'euros). "Rappelons que l'augmentation du traitement présidentiel, votée par le Parlement (dans le cadre du budget 2008), n'a pris effet qu'à partir de 2008", souligne M. Dosière.
"En 2008, l'Elysée a promis un budget plus complet et transparent. On verra, dans un an, ce qu'il en sera. Force est de constater, à la lecture de ce rapport sur l'année 2007, que si la rupture est réelle quant à l'évolution des dépenses, s'agissant de la transparence, ou plutôt l'opacité, c'est la continuité qui s'impose", a ajouté M. Dosière.
Le document budgétaire souligne toutefois que certaines dépenses ont baissé: Arbre de Noël de l'Elysée (-20%), Garden Party du 14 juillet (-5%), vins (-44%) et fleurs (-17%).
Article original : Les Echos
Note de P&P :
...
Bal à l'ambassade
Quelques vieux malades
Imbéciles et tortionnaires
Se partagent l'univers
...
(Extrait de Morts les enfants. Paroles: Renaud Séchan. Musique: Renaud Séchan, Franck Langolf; 1985 "Mistral Gagnant")
Alors que les citoyens français voient leur pouvoir d'achat fondre à vue d'oeil bien que le thème central de la campagne menée par notre très très cher président fût justement l'amélioration du pouvoir d'achat, alors que le gouvernement démantèle allégrement les services publics (transports, énergie, recherche & enseignement,...) sous prétexte de dépenses excessives, alors que l'Union Européenne stigmatise le déficit public de la France, Nicolas Sarkozy a grassement augmenté son salaire de 172% et a engagé des dépenses somptuaires pour sa vie de souverain à l'Elysée.
Mais cet amer constat n'est que le fruit de l'aveuglement et de la jalousie. La vérité est que Nicolas Sarkozy a récemment reçu de grands humanistes tels que le colonel Kadhafi, Arnold Schwarzenegger ou Tom Cruise .... et la rencontre de si illustres personnalités nécessitait bien tout le faste qui a été déployé dans les salons de l'Elysée.
01:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : budget, élysée, sarkozy, dépenses, dosières, frais, personnel
03.03.2008
"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy s’est invité lors de la cérémonie en l’honneur d’Albert Fert, le 28 janvier 2008 à l’université Paris-Sud. Son discours a oscillé entre la confirmation des orientations qu’il avait affichées pendant la campagne électorale, et l’énoncé de contre-vérités flagrantes. C’est donc un discours de passage à l’acte, confirmant les analyses que nous avions faites depuis des mois en ce qui concerne les intentions du pouvoir politique, que nous avons écouté avec consternation.
Citons : "les organismes de recherche devenus agences de moyen davantage qu’opérateurs, mettront en oeuvre la politique scientifique" définie par le gouvernement. "Les organismes pourront ainsi, en étroite concertation avec l’ANR, se consacrer pleinement à leur mission, à savoir le pilotage des recherches menées dans les universités". Comme nous l’avions dit, la loi sur les universités n’est pas destinée à donner à ces dernières une plus grande autonomie scientifique : la perte d’initiative des organismes de recherche ne sera pas à leur profit, mais bien à celui du gouvernement. Cela s’organisera notamment grâce à l’Agence Nationale de la Recherche au détriment du financement de base des laboratoires.
En ce qui concerne les personnels, on retiendra la mise en extinction du statut de chercheur. La seule possibilité pour pouvoir consacrer pendant plusieurs années "l’essentiel de son activité à la recherche" serait de passer par un statut d’enseignant-chercheur contractuel : "la loi sur l’autonomie [1] et les responsabilités des universités comporte tous les outils permettant de le faire" ! Naturellement, aucune perspective de développement de l’emploi scientifique n’a été annoncée.
Au chapitre des approximations, détournements, et contre-vérités, on relèvera d’abord un chiffre surprenant : la France consacrerait 0,51% de son PIB à la recherche fondamentale. Ce chiffre n’existe nulle part, car il est impossible à mesurer fiablement au niveau de chaque pays. Dans un autre registre, Nicolas Sarkozy se lamente que "si peu de brillants esprits étrangers [soient] attirés par notre pays", alors qu’ils forment le quart des recrutements de chercheurs du CNRS. Cela sera-t-il encore le cas quand le statut de chercheur aura disparu ?
Autre aspect, le président de la République oppose le financement "récurrent" des laboratoires, dont il est sous-entendu qu’il est "indéfiniment reconduit sans évaluation", au financement sur projet, alors que justement dans ce dernier cas il n’y a pas d’évaluation a posteriori, et que ce sont les laboratoires qui sont évalués sur leur activité passée.
La tactique de communication est claire : il s’agit de noircir le tableau à l’excès pour mieux imposer ses "solutions". Des solutions dont il prétend qu’elles vont "sauver la recherche". Nous oscillons, là aussi, entre l’exaspération de la petite récupération politicienne, et l’indignation face aux propos prononcés (qui n’étaient dans le discours écrit) laissant entendre que nos positions se résumeraient à l’immobilisme. Nicolas Sarkozy feint de ne pas comprendre que le mouvement peut s’effectuer dans plusieurs directions, pas une seule, pas seulement celle qu’il nous impose. Celle-ci est en contradiction flagrante avec le message qu’Albert Fert a développé juste avant lui, où il nous expliquait le profit qu’il a pu tirer des atouts de la recherche française.
Nous ne sommes plus dans la politique-fiction. Après le rapport Attali, le discours de Sarkozy confirme que nous sommes face à une déstabilisation effective de notre système de recherche. L’heure n’est plus à l’exégèse des discours, nous appelons tous les responsables d’organismes et d’universités, les directeurs de laboratoires, les membres d’instances scientifiques, tous les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, à prendre ouvertement position contre la politique qui nous est imposée. Nous proposerons dans les jours qui viennent des modalités par lesquelles nous tenterons de faire obstacle à sa mise en place.
[1] sic ! le vrai terme est libertés...
Article original publié par Sauvons La Recherche le 28/1/2008
14:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, recherche, budget, attali, anr, laboratoires, chercheur


