05.12.2008

Le plan de relance (des profits des collègues)

Note de P&P : Jusqu’à ce jour seuls les banquiers avaient fait l’objet d’une aide officiellement justifiée par la crise actuelle. Drôle de paradoxe puisque ces mêmes banquiers sont à l’origine de la déroute que nous traversons.

Les véritables victimes de cette crise : ouvriers, retraités, chômeurs,… avaient été quant à elles tout simplement ignorées.

Et alors qu’on ne l’attendait plus Sarkozy arrive sur son cheval blanc (ou plutôt sur son poney blanc) et annonce LE plan de relance. 380 milliards avaient été débloqués pour financer les banquiers, 26 milliards seront mobilisés pour relancer la France. Il semblerait donc que les banquiers méritent des efforts bien plus substantiels que la France.

En tout cas, l’excellent quotidien Le Monde n’a pas manqué cet événement exceptionnel et le commente en ces termes :

 

En présentant son plan de relance budgétaire, jeudi 4 décembre, Nicolas Sarkozy a expliqué comment il comptait utiliser une enveloppe de 26 milliards d'euros, soit 1,3 % du produit intérieur brut, pour financer à un certain nombre de mesures censées contrer la récession et freiner l'envolée du chômage.

Note de P&P : voilà qui s’annonce intéressant, enfin on va faire quelque chose pour les chômeurs. En revanche si vous êtes ouvrier, salarié lambda, fonctionnaire de base, retraités, circulez, y’a rien à voir.

Alors que réserve l’humaniste Sarkozy aux chômeurs : une augmentation substantielle des droits ASSEDIC ? Un rallongement des durées d’indemnisation ?

 

Ce plan est essentiellement axé sur l'investissement et les entreprises. D'une part, il a pour but de soulager financièrement les entreprises, notamment les PME. D'autre part, il prévoit le lancement de grands programmes d'investissements publics.

Note de P&P : De grands programmes d’investissements publics certes, mais l’argent public (nos impôts en somme) iront dans les poches des entreprises. Au fait dans cette histoire où sont passés les chômeurs qui devaient bénéficier du plan de relance ?

 

La ministre des finances Christine Lagarde a estimé, dans un entretien au Figaro à paraître vendredi, que ces mesures "devraient générer entre 80 000 et 110 000 emplois" et "0,8 point de croissance supplémentaire". "[Cela] représente un effort par emploi créé équivalent à celui du plan de relance annoncé par la future administration Obama", juge-t-elle.  Le secteur du bâtiment, particulièrement affecté par la crise, bénéficiera d'un certain nombre de mesures dont le but sera de stimuler l'offre et la construction de logements

Note de P&P : Christine Lagarde, la Madame Irma de l’économie, s’en va de sa prédiction, elle se vautrera certainement tout autant que pour les chiffres de la croissance ou de l’inflation.

Stimuler l’offre d’immobilier est un non-sens. Le problème ne vient pas de l’offre mais de la demande, les Français n’ont simplement pas les moyens d’acheter un nouveau logement. Une solution eut été d’augmenter les revenus des acheteurs potentiels, ce fameux pouvoir d’achat qui fut l’argument majeur du discours sarkozien de 2007.

Au passage Mme Lagarde n’hésite pas à faire preuve d'un pragmatisme à faire rougir une girouette en comparant son plan de relance à celui d’Obama le démocrate, oubliant qu’il y a seulement quelques semaines Sarkozy se frottait encore allégrement à la cuisse du républicain Georges W. Bush tel un cocker frénétique.

 

En optant de venir en aide financièrement aux entreprises, le gouvernement veut que l'argent injecté serve à relancer les investissements à ce niveau pour doper la croissance, estime Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde. 

Note de P&P : Relancer l’investissement ? Voilà un mensonge de plus. Si Sarkozy est ses brillants acolytes voulaient vraiment stimuler l’investissement, ils financeraient de l’investissement tout simplement.

Un tuyau pour Sarkozy et ses illustres ministres qui ont apparemment séché leurs cours d’Histoire contemporaine.

Depuis des décennies un moyen simple et efficace pour stimuler l’investissement consiste à entreprendre un programme de grands travaux : construction de nouvelles lignes TGV, écoles, fret, hôpitaux, ferroroutage, métros,…

Sarkozy ne fait rien de tout ça il injecte des fonds publics dans des entreprises privées dont le leitmotiv est le profit des actionnaires. Ces derniers n’ont que faire des investissements, de la préservation des emplois ou de politiques salariales décentes.

 

Un des principaux risques de ces mesures est un accroîssement rapide du déficit public de l'Etat, note Natacha Valla, économiste chez Goldman Sachs. (Lire le chat "Le plan va impliquer une augmentation immédiate du déficit"). Invité au journal de 20 heures de TF1, jeudi, le premier ministre François Fillon a confirmé que le déficit serait de 3,9 % en 2009.

Note de P&P : Rendez-vous fin 2009, Sarkozy ou plutôt l’un de ses sbires annoncera la main sur le cœur et la larme à l’œil que malgré tous les efforts imaginables le déficit s’élève finalement à 5% ou 6% en raison d’une crise plus grave et plus longue que prévue.

L’Islande nous a pourtant clairement démontré qu’il était dangereux de jouer avec les déficits publics.Si Sarkozy voulait mettre la France à genoux devant le FMI, il ne s’y prendrait pas différemment.

 

Logiquement, le plan de relance a été globalement applaudit à droite et reçu négativement par les partis de gauche et par les syndicats, qui dénoncent l'absence de mesures en faveur du pouvoir d'achat. .  Même la prime exceptionnelle de "solidarité active" de 200 euros pour les personnes qui bénéficient des minima sociaux n'a pas trouvé grâce aux yeux de l'opposition.

Note de P&P : Qui a osé espérer une réévaluation substantielle et durable de son salaire de misère ?Que nenni, le peuple doit trimer, souffrir et acquiescer.

Pour préserver l’illusion Sarkozy s’est toutefois fendu d’une obole de 200 euros pour la plèbe.Tout juste de quoi célébrer la Saint Sylvestre. Mais qu’importe avec Sarkozy pas besoin de faire couler le champagne à flot, c’est tous les jours la gueule de bois.

 

Pour mettre en oeuvre ces mesures, le chef de l'Etat a annoncé la nomination d'un ministre chargé de la supervision. François Fillon a refusé de dévoiler le nom de ce "super" ministre. Le plan de relance présenté jeudi par le président est le troisième du genre depuis 1945, après celui infructueux de Jacques Chirac, sous Valéry Giscard d'Estaing, puis des socialistes sous François Mitterrand.

Article original : Le Monde

Note de P&P : Fidèle à lui-même Sarkozy poursuit le pillage des fonds publics constitués de nos impôts et finance ses potes qui l’ont mis sur le trône.

Après les banquiers voici les patrons du BTP et de l’automobile qui ont droit à une rasade d’argent public. A qui la prochaine tournée ? Certainement aucun d’entre nous citoyens lambda, le Sarkobar est manifestement réservé à une petite élite pathocratique.