05.12.2008
L'analyse médicale aux enchères
Bruxelles fait monter la pression sur la France pour déréguler le secteur des analyses médicales. L'objectif est d'ouvrir à 100% le capital des laboratoires de biologie médicale aux investisseurs privés. La santé est-elle une marchandise comme les autres ? Sans aucun doute, répond Bruxelles... Et Roselyne Bachelot s'exécute.
Sur fond de crise financière et d'appel généralisé à une meilleure régulation du capitalisme, la pilule a du mal à passer. Jusqu'à présent, la loi française limite à 25% la participation de sociétés privées au capital des laboratoires de biologie médicale, ceux qui vous prélèvent votre sang pour vous dire si vous avez un cancer ou de l'acné. Mais l'Europe a du mal avec cette notion de "santé publique". S'appuyant sur l'article 43 du Traité de Communauté Européenne qui vise les secteurs marchands en général, la commission menace la France de sanctions si elle ne se met pas aux normes. Pourtant, autant les législations françaises qu'européennes prévoient une exception dans le domaine de la santé publique... c'est en tous cas de cette façon que les traités successifs ont été vendus à l'opinion.
On nous aurait menti ?
Aujourd'hui, le discours a changé. Les laboratoires médicaux doivent s'ouvrir, corps et âme, au monde financier et boursier. Modernité, quand tu nous tiens... "L'ouverture du capital (...) n'a pas été décidée spontanément par le gouvernement. Depuis 2005, la Commission européenne somme la France de justifier ce qu'elle considère comme une violation des (...) règles de concurrence", a déclaré Roselyne Bachelot. Et plutôt que de demander un arbitrage à la Cour de Justice des communautés européennes (CJCE), la ministre de la Santé a préféré "sortir du contentieux et proposer une réforme dont nous aurions l'initiative". Elle appelle aussi à une concertation généralisée sur ce sujet, tout en avouant que le projet de loi sera promulgué... par ordonnance, donc en dehors de toute obligation de discussion publique.
Et la Commission Européenne ne rigole pas, qui a ouvert une enquête pour des manquements aux règles de la concurrence dans le cadre de cette affaire. Jeudi dernier, le personnel de l'Ordre National des Pharmaciens a ainsi vu débarquer une petite quinzaine de représentants de la Commission Européenne pour une perquisition en règle. Fouilles physiques et épluchage des dossiers étaient au menu. L'organisation se défend en assurant qu'elle a "appliqué le code de santé français quant aux conditions d'installation des biologistes". La Commission, fidèles à ses habitudes, refuse de s'exprimer sur les affaires en cours.
Deux cancers pour le prix d'un !
En décembre 2008, ou peut-être un plus tard, hors de tout cadre parlementaire, devrait donc être promulguée une loi soumettant le secteur des analyses médicales au droit du commerce ordinaire. Si tel était le cas, et au vu de l'avenir flamboyant du "marché de la santé", la transition s'annonce rapide. Investissements, acquisitions et fusions, dans un premier temps. Puis, financiarisation, course aux profits, écrasement de la "petite concurrence"... le scénario bien rôdé de la dérégulation, en somme. Plus de 1000 laboratoires d’analyses pourraient disparaître, selon l'Intersyndicale des Biologistes. Et la santé dans tout ça ?
À qui le tour ?
Les Conseils nationaux des Ordres des médecins, des pharmaciens, des chirurgiens-dentistes, des masseurs-kinésithérapeutes et des sages-femmes soutiennent la rébellion des biologistes, en attendant les mesures qui seront prises concernant leur profession. Sans compter que la dispersion des données personnelles médicales dans un milieu déréglementé ne présage rien de bon, en ces temps où la "gestion du risque" redevient à la mode...
Un site Internet a été créé pour l'occasion par la profession : Lasanteauxencheres.fr.
Article original : Les mots ont un sens
Note de P&P : Paradoxal non ? Nos chers politiciens étasuniens, européens ou français nationalisent les banques à tour de bras mais privatisent en parallèle les laboratoires d'analyse médicale.
N'est-ce pas l'inverse qui devrait se produire ? Nationaliser les laboratoires d'analyse car la santé doit être plus importante que le profit ?
Pour la clique psychopathe qui nous dirige seul l'enrichissement individuel compte. Alors logiquement les pertes sont nationalisées (l'élite psychopathe se déleste de ses dettes que le peuple prend en charge) et les profits sont privatisés (l'élite psychopathe se saisit des activités publiques profitables).
21:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, bruxelle, bachelot, analyse médicale, privatisation
13.06.2008
Malgré la pression des médias, les Irlandais disent "non".
DUBLIN (AFP) - Les Irlandais ont dit "non" au traité européen de Lisbonne, selon les premières projections de la radio-télévision publique RTE, tandis que certains ministres concédaient déjà à mots couverts la défaite du "oui", qui devrait plonger l'Europe dans une nouvelle crise.
"Il semble que ce soit un non", a confirmé le ministre irlandais de la Justice Dermot Ahern, lors d'une interview à RTE. "Il est très clair qu'il y a un vote non très important", a-t-il poursuivi.Le "non" s'est imposé dans les six premières circonscriptions dont les résultats officiels ont été publiés en milieu de journée.
Selon le site officiel consacré au référendum, le "non" obtenait 53,5% des voix contre 46,5% pour le "oui" après le dépouillement de 15,11% des suffrages. Les chiffres définitifs n'étaient connus en milieu de journée que pour 12 des 43 circonscriptions: dix d'entre elles ont rejeté le traité, parfois à plus de 54%.
"D'après ce que j'entends, ça se ne présente pas bien" pour le camp du "oui", a déclaré à l'AFP le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Dick Roche, alors que les résultats définitifs sont prévus en fin d'après-midi.
"Il me semble que le traité a été rejeté", a déclaré Mary Lou McDonald, responsable de la campagne pour le parti nationaliste Sinn Féin, seule formation parlementaire à voter "non". "Je serais très satisfaite" (en cas de viuctoire du "non"), a-t-elle ajouté sur RTE.
L'homme d'affaires Declan Ganley, figure des "nonistes", a cependant refusé de crier victoire, qualifiant simplement les premiers chiffres d'"encourageants". "C'est une grande et belle journée pour tout Irlandais et tout Européen. C'est un grand jour pour la démocratie", a-t-il ajouté.
"Ce serait la troisième fois que le même message est envoyé par plusieurs millions de citoyens européens à une élite à Bruxelles non élue et qui n'a pas de comptes à rendre", a-t-il poursuivi.
Un peu plus de trois millions d'électeurs ont voté jeudi pour cet unique référendum tenu sur le traité de Lisbonne dans un pays européen. Les 26 autres Etats-membres de l'Union européenne (UE) ont opté pour une ratification parlementaire, ce que 18 capitales ont déjà fait.
S'il est confirmé, le probable rejet du traité par une île comptant 4,2 millions d'habitants, soit moins de 1% des 495 millions d'Européens, ne serait pas sans rappeler le "non" opposé à la Constitution européenne en 2005 par la France et les Pays-Bas, ainsi par les Irlandais en 2001 contre le traité de Nice.
Il avait alors fallu organiser un deuxième vote sur l'île pour faire adopter le texte. Mais il n'y aura pas de second référendum cette fois-ci, a assuré le gouvernement.
Le traité doit être adopté dans l'ensemble des 27 pays de l'UE pour entrer en vigueur.
La France et l'Allemagne réagiront ensemble au résultat du référendum, a déclaré vendredi le président Nicolas Sarkozy. "Nous avons convenu avec la chancelière allemande Angela Merkel que nous ferions une réaction commune", a-t-il dit. Paris doit assurer la présidence tournante de l'UE au 1er juillet et un non de l'Irlande risquerait de remiser au second plan les ambitieux projets européens de M. Sarkozy.
Le Premier ministre français, François Fillon, a estimé jeudi soir qu'il n'y aurait "plus de traité de Lisbonne" en cas de rejet du texte par les Irlandais.
Mais le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a jugé qu'il faudrait néanmoins "que le processus de ratification continue dans les autres pays", et qu'un "arrangement juridique" puisse être trouvé entre l'Irlande et les 26 autres pays membres de l'UE.
Article original : AFP
Note de P&P : Nous ne pouvons que saluer la décision des Irlandais qui malgré la propagande pro-européenne entonnée depuis des mois par les médias et les politiciens pour le "oui" ont su écouter leur conscience et voir la réalité.
Ce décalage entre les pressions des médias et des politiciens par rapport au choix souverain du peuple souligne le divorce grandissant entre les élites et les peuples.
Ceci dit la lutte ne fait que commencer. Souvenons-nous du référendum français qui avait vu une victoire fracassante du "non", cela n'avait pas empêché nos chers politiciens de renommer leur constitution scélérate "traité de Lisbonne" et de nous l'imposer en évitant cette fois-ci tout consultation du peuple.
Il sera intéresant de suivre la manière dont nos brillants dirigeants vont tenter de nous refourguer leur Europe libérale : une nouvelle version de leur constitution ? Une Europe basé sur le traité de Lisbonne et accordant un statut spécial à l'Irlande qui sera malgré tout absorbée dans quelques années ?
Cela fait longtemps que la démocratie n'est plus qu'une illusion, alors malgré les "non" très clairs des peuples français et irlandais il semble acquis qu'une poignée de privilégiés tentera d'imposer, quelques soient les moyens, le cauchemar totalitaire européen.
Dès aujourd'hui nous devrions voir médias et politiciens recommencer leur litanies de mensonges et de manipulations : "c'est un coup dur pour tous les pays européens", "cette décision menace nos économies", "sans l'Europe nous serons mangés par les pays émergents", "faisons l'Europe malgré le refus irlandais", bla bla bla...
16:32 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, non, irlande, referendum, élection, bruxelle, union européenne



