21.02.2008

Chaînes publiques: Bourges opposé à la suppression de la pub

231e8bf0775ebc0af7647e7452a4da2b.jpgA peine Nicolas Sarkozy avait-il évoqué la "suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques" que les titres de TF1 et M6 se sont envolés à la Bourse. Sans ambiguïté, les marchés analysent l'annonce comme un joli cadeau fait aux concurrents de France2, ainsi qu'à Bouygues, l'actionnaire principal de TF1, dont l'action a également décollé.

A la sortie de la conférence de presse du Président, hier en début d'après-midi, Hervé Bourges, ancien président de TF1 (jusqu'à sa privatisation en 1987), de France Télévisions et du Conseil supérieur de l'audiovisuel, a réagi à cette annonce pour Rue89. Il désapprouve complètement l'idée d'une suppression de la pub, qui mettra selon lui en danger l'audiovisuel public:

"En supprimant la pub, on n'a plus à se préoccuper de l'audience, on risque de se faire imposer des émissions qui ne seront pas regardées par le public, et on risque d'être plus dépendant de l'Etat."

Les chaînes publiques, a proposé Nicolas Sarkozy, seront financées "par une taxe sur les recettes publicitaires accrue des chaînes privées et par une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication, comme l'accès à internet ou la téléphonie mobile".

Chaîne internationale: pourquoi seulement en français?

Hervé Bourges, très favorable à la création d'un pôle international (regroupant RFI, France 24 et TV5) met en garde le gouvernement contre le risque de faire fuir suisses, belges ou québécois, qui sont partie prenante à TV5. D'autant plus, remarque-t-il, si l'on garde ce nom de "France-Monde", repris par Nicolas Sarkozy.

L'ancien patron de l'audiovisuel public trouve absurde le choix, par le président, du français comme seule langue de cette chaîne internationale: "Je ne pense pas que ce soit une bonne chose par rapport à la concurrence internationale."

 

Note de P&P : Grâce à cette habile manoeuvre Nicolas Sarkozy fait d'une pierre trois coups :

1/ il tente de soigner sa courbe de popularité (qui en a bien besoin) en faisant croire qu'il se soucie de la qualité des chaînes publiques.

2/ il renvoie les budgets des annonceurs vers les chaines privées dont TF1, dirigée par Martin Bouygues, parrain du fils de son fils.

3/ il  augmente le contrôle exercé sur ces chaînes publiques, l'Etat devenant seul financeur il en devient le maître absolu.

 

Article de pour Rue 89.

28.04.2007

1933 - 2007

Le 30 janvier 1933, le destin de l'humanité bascule. Hindenburg nomme Adolf Hitler, chancelier de l'Allemagne.

Comment une grande nation développée, riche de deux millénaires de culture, d'histoire et de progrès a t'elle pu en arriver là ?

Nous pouvons discerner quelques éléments clefs et constater que des dynamiques similaires se matérialisent aujourd'hui en France autour de la candidature de N. Sarkozy comme elles se concrétisaient en 2000 pour l'élection de Georges Walker Bush.

 

Crise économique :

A l'issue de la première guerre mondiale et avec le reflux des capitaux américains suite à la crise de 1929, l'Allemagne est exsangue, le chômage et la pauvreté atteignent des niveaux records.

Si l'on se penche sur la situation de la France et que l'on va au-delà des statistiques officielles sur l'inflation et sur le chômage (dont le trucage des résultats est un exemple supplémentaire de  propagande et de recul démocratique), force est de constater que la précarité et la pauvreté se cont considérablement accrus.

Depuis des années, la véritable inflation est largement supérieure à la croissance, la richesse totale s'accroit peu et elle est de plus en plus inégalement répartie, le pouvoir d'achat de la majorité des français ne cesse de s'éroder.

Nous nous retrouvons donc avec de plus en plus d'exclus (chômeurs, rmistes, sdf) mais aussi avec des salariés qui souffrent également de pauvreté.

Cette donnée est un élément nécessaire à l'établissement d'un régime ponérologique. Plus la pression est forte, plus la situation est désespérée, plus les peuples sont susceptibles de croire à l'archétype du sauveur, aux discours hystérisants et aux politiques populistes.

 

Echecs répétés des gouvernements précédents :
 

La république de Weimar comme la Ve république n'ont pas constitué des âges d'or pour les nations concernées. Incompétences, rivalités, instabilités, difficultés conjoncturelles ont progressivement sapé les valeurs qui constituent les fondations d'un régime démocratique. Progressivement le crédit accordé par les électeurs aux régimes classiques et à leurs représentants a diminué. Laissant une place grandissante aux extrêmes.

Immobilisme et marasme caractéristiques des fins de régimes. Les citoyens se lassent, élections après élections les mêmes problèmes perdurent. Les taux d'abstention et le désespoir augmentent. Jusqu'à ce que le citoyen en arrive à souhaiter le changement pour le changement, le changement à tout prix, même s'il quitte Charybde pour mieux se jeter dans les bras de Scylla. 

Cela ne vous rappelle rien ? L'alternance gauche-droite et toujours les mêmes problèmes, la montée de l'abstentionisme, la poussée des extrêmes, en 2002 la présence de Jean-Marie le Pen au 2e tour et aujourd'hui un candidat autoritaire et xénophobe en tête des sondages pour le 2e tour. 

Progressivement les manières  changent : moins de tempérance, moins de scrupules, moins de recul. Les pratiques évoluent aussi, constitution de milices politiques, intimidations, menaces, insultes,...

  

Création du candidat diabolique :

Cette croissance des extrêmes amène sur le devant de la scène de nouvelles idéologies et de nouveaux candidats souvent peu recommandables. Les communistes et Adolf Hitler vont devenir des forces de plus en plus présentes au cours des élections précédant 1933.

Toutefois, le peuple allemand va être progressivement amené à croire que la seule mouvance politique diabolique est le communisme.  Le point d'orgue de cette manipulation sera constitué par l'incendie du parlement allemand en 1934 où les nazis instrumentaliseront un communiste pyromane notoire finalisant ainsi la diabolisation du communisme.

Ainsi, le peuple allemand croit fermement que le communisme incarne le mal. Cette croyance n'est en l'occurence pas forcément erronée eu égard ce que l'on peut apprendre de l'histoire de la Russie par exemple. La manipulation est plus subtile. En jouant sur l'intellec distributif de l'être humain celui-ci est entrainé vers de fausses conclusions : les communistes sont diaboliques donc tous les autres ne sont pas diaboliques.

Revenons en France, depuis des décennies Jean Marie Le Pen est diabolisé (et généralement à juste titre). La grande majorité des français en est venue à croire légitimement que JM Le Pen est une menace, c'est un candidat fasciste.

Mais cette analyse juste entraine une généralisation erronée : JM Le Pen est une menace, c'est LE SEUL candidat fasciste.  

Stigmatisation des peurs 

Un des thèmes centraux du candidat Hitler était la stigmatisaiton des menaces (plus fantasmées que réelles) qui planaient sur le peuple allemand. Celui-ci était la cible des communistes, des francs-maçons, des juifs, des grandes nations occidentales qui complotaient contre l'excellence germanique.

Pour qu'un candidat fasciste soit élu, il faut que le peuple atteigne une masse critique de peur. A partir d'un certain niveau d'angoisse, l'être humain devient hautement susceptible, influençable. Il pert ses capacités d'analyse et de recul. Il est aveuglé par ses peurs, son instinct de préservation prend le pas sur les autres fonctions.

Ici, le candidat fasciste entre en scène et joue le chant des sirènes mainte fois entendu au cours des heures les plus noires de l'humanité. Tu te sens menacé ? Tu as peur ? Ne t'inquiète pas, je suis là, je vais te protéger, rentre dans cette prison et tu n'auras plus rien à craindre.

Ici se joue un des actes les plus importants de la tragédie humaine, où, aveuglé par ses peurs, l'homme va opter pour  l'illusion de la sécurité en échange de ce qu'il a de plus précieux, sa liberté. 

Cela vous rappelle peut être quelque chose, non ? La stigmatisation de la racaille, des brûleurs de voitures, la publication des chiffres de la délinquance catégorie par catégorie et mois par mois, l'hystérie collective et entretenue par les médias autour des pseudo-pédophiles d'Outreau, l'augmentation des budgets de la sécurité, l'augmentation des effectifs de la police,  l'hypermédiatisation des crimes sanglants et des arrestations sensationnelles, les fichages ADN, la fin du secret professionnel,...

Georges Bush a eu son 11 septembre pour promulguer le Patriot Act et asservir le peuple américain, Hitler a eu son incendie du Reichstag pour interdire les partis politiques et les syndicats. Qu'est ce qui attend Nicolas Sarkozy, s'il est élu le 6 mai ?

Nous en avons peut être un avant-goût avec ces quatre attentats qui ont eu lieu en Corse juste avant le 1er tour.

Au fait, quel a été le résultat du vote en Corse ? 37% des voix pour Nicolas Sarkozy.

 

Politique xénophobe du bouc émissaire
 

Les régimes fascistes sont fondamentalement corporatistes. c'est à dire qu'ils divisent la population pour mieux régner, et qu'ils désignent en même temps une certaine partie de la population comme responsable de toute les maux que connait la nation.

Il ya donc les citoyens normaux, (les Aryens en Allemagne, les riches aux USA, les bons français dans l'idéologie sarkozienne) et puis il y a les autres (les juifs en Allemagne, les pauvres aux USA, les racailles dans la France sarkozienne).

Cette division de la population est essentielle quant à la pérennisation d'un régime fasciste, pour plusieurs raisons :

* c'est la raison d'être de ce régime par rapport aux autres régimes.

* le gouvernement n'est plus responsable des maux de la nation, c'est la faute du bouc émissaire.

* la population est divisé et dispose donc de moins de capacités à s'unir et à comprendre.

* la peur et la haine sont entretenues, entretenant ainsi l'aveuglement et l'ignorance. Les peuples sous le joug fasciste sont des esclaves consentants, le jour où ils réalisent qu'il n'y a pas de monstre dehors, alors la prison ne sert plus à rien. 

Soutien des milieux d'affaires

Si Hindenburg a nommé Adolf Hitler chancelier de l'Allemagne en 1933, c'est aussi en raison du soutien de grands industriels et financiers (comme Fritz Thissen, Max Warburg ou même Prescott Bush).

Georges Walker Bush, descendant de ce même Prescott Bush a accédé à la présidence des Etats-Unis grace à une mobilisation très importante des secteurs financiers, pétroliers et militaires (et il leur a bien rendu).

Il est intéressant de noter les accointances de Nicolas Sarkozy avce les grands patrons français.

"Etonnament", nombre de ces patrons oeuvrent dans le secteur des médias.

Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...). 

Bernard Arnault possède  des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique.  

Serge Dassault propriétaire de la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro.   

Arnaud Lagardère contrôle des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...).

Les régimes fascistes sont construits sur la peur et l'ignorance d'un peuple. Le seul antidote à cet aveuglement est la connaissance, qui ne peut être acquise qu'à travers la prise d'information. Et c'est là le problème de la France : dans son isolationnisme, sa "fierté" dans l' exception culturelle qui le conduit à rejeter l'utilisation de la langue anglaise, le peuple français se prive ainsi d'une somme importante d'informations indisponibles dans sa langue natale : ouvrages de psychologie uniquement disponibles en langue anglaise et pourtant cruciaux pour notre édification - notamment les ouvrages de Martha Stout et de Cleckley sur la psychopathie - heureusement, l'ouvrage de Lobaczewski, Political Ponerology, vient d'être traduit en français : Ponérologie Politique - regards plus critiques et objectifs des médias internationaux et plus particulièrement anglo-saxons sur la politique française, connaissance de la situation aux Etats-Unis, avec la mainmise de Bush et la corruption de son administration - ces informations auraient pu servir de base de réflexion aux Français, et auraient permis de dresser un parallèle instructif entre le chaos dans lequel Bush a mis son pays, et ce qui nous attend si Sarkozy est élu

Un dirigeant fasciste qui contrôle toutes les sources d'information devient quasiment indétronable

Adolf Hitler a eu ses autodafés, son département de la censure et son chef de la propagande Goebbels.

Nicolas Sarkozy ou Georges Walker Bush eux ont pactisés avec les barons des médias de masse.

Est ce un hasard si ces mêmes individus militent pour le contrôle d'Internet ?

De même, l'avant dernière étape du passage d'un régime démocratique à un régime fasciste est la dénonciation et l'arrestation des dissidents d'opinion en tant que traîtres. Cela ne vous rappelle rien ? Nicolas Sarkozy : "on est avec moi ou contre moi" ou "aller contre moi, c'est aller contre l'opinion publique". Cette tendance populiste : je parle pour le Peuple, je suis sa Voix, je le protégerai" est le propre d'un dictateur. On ne pourra pas dire que cette fois, on ne savait pas ! On pense notamment aux personnes âgées qui ont vu l'accession d'Hitler au pouvoir, la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande, et qui pourtant votent Sarkozy. Il faudrait bien qu'elles comprennent que personne à l'époque n'avait prévu qu'Hitler imposerait une société fasciste, que sous ses airs débonnaires de "bon père protecteur" se cachait un fou dangereux. Au départ, un fasciste n'a pas l'air d'un fasciste. Tous les signes sont actuellement présents, il nous suffit de les lire et d'en tirer les conséquences.