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20/05/2009

Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 20 Mai 2009 à 09h08 

"Le président de la République actuel a un plan". C'est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l'on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l'appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l'Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d'écoute à distance, création d'un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures...), création d'un délit d'usurpation d'identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, ...

Sans cesse repoussée, la loi est attendue de pieds fermes par Nicolas Sarkozy. C'est d'ailleurs en partie elle qui a justifié l'obsession du Président à maintenir contre vents et marée la loi Hadopi. Car "le président de la République actuel a un plan". Pour le comprendre, il nous faut accumuler les pièces à conviction. Certaines relèvent très certainement de la paranoïa, d'autres sont véritablement réfléchies par le Président.

Mises bout à bout, elles laissent peu de doute sur la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler le net, aussi bien dans son contenu que dans son infrastructure.

Au commencement, Nicolas Sarkozy voulu devenir Président

Très tôt dans sa carrière politique, Nicolas Sarkozy n'a eu qu'une obsession : devenir président de la République. Et une vision : pour y parvenir, il fallait contrôler les médias. Maire de Neuilly-Sur-Seine, il s'efforce de faire entrer rapidement dans son cercle d'amis proches les Martin Bouygues, Lagardère (père et fils) et autres Dassault qui le conduiront par leur amitié complice au sommet du pouvoir. C'est d'autant plus facile que ces capitaines d'industrie, propriétaires de médias, dépendent pour l'essentiel de leurs revenus des commandes de l'Etat. Entre amis, on sait se rendre des services...

Toute cette énergie de réseautage a été mise au service de son ambition présidentielle. En 2007, c'était la bonne. Première tentative, première victoire. Mais Nicolas Sarkozy a eu chaud. Il avait négligé Internet. A quelques points près, François Bayrou - qui a au contraire beaucoup misé sur Internet pendant la campagne - passait devant Ségolène Royal au premier tour de la Présidentielle, et c'est le leader du MoDem qui se serait retrouvé à l'Elysée.

Il serait faux toutefois de prétendre que Nicolas Sarkozy, qui s'était assuré le soutien du bloggeur Loïc Le Meur (à l'époque le plus influent), s'est aperçu trop tard du pouvoir du net. Fraîchement élu, le président Sarkozy n'avait pas tardé à demander "l'avènement d'un internet civilisé", prônant une "campagne de civilisation des nouveaux réseaux". Le coup de Trafalgar du refus de la Constitution européenne par les Français avait montré pour la première fois au monde politique les limites des médias traditionnels face à Internet, où l'opposition au texte européen fut virulente. Les amis de Nicolas Sarkozy dans les grands médias et l'industrie culturelle l'ont très vite convaincu qu'il fallait faire quelque chose. Lui pour conserver le pouvoir, eux pour limiter cette concurrence gênante. C'est Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui s'est chargé des basses oeuvres, sous l'oeil attentif de son président de l'UMP et ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy.

DADVSI et HADOPI : les premières pierres vers le filtrage

Derrière les apparences d'une première loi contre le piratage sur Internet, comme l'avait prédit le journaliste américain Dan Gillmor, c'est une alliance à trois qui s'est formée entre le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et l'industrie culturelle. A peine la riposte graduée (déjà) adoptée, RDDV avait prévenu que la loi DADVSI "n'est que le premier d'une longue série d'adaptations de notre droit à l'ère numérique", et qu'il comptait bien s'attaquer "un jour au problème de la presse et de l'Internet". C'était en 2006.

Affaibli par la débâcle de DADVSI, le ministre de la Culture n'a pas eu le temps de mettre son projet en application. Mais l'idée d'accorder un label à la presse professionnelle en ligne et de doter les sites de presse d'un statut particulier opposé aux blogs était née. Nicolas Sarkozy l'a mise en application cette année. Le tout en permettant à la vieille presse papier de bénéficier par ailleurs de substantielles aides de l'Etat, contraires à la libre concurrence, pour investir le net.

Avec la loi Hadopi, qu'il a maintenu jusqu'à mettre en péril la cohésion du groupe UMP, le chef de l'Etat a réussi à imposer à tous les foyers français l'installation d'un "logiciel de sécurisation", qui, sous la forme d'un mouchard, aura pour but de filtrer les sites internet et certains logiciels. Soit de manière franche, en bloquant l'accès à des contenus ou des protocoles. Soit de manière plus sournoise, en mettant en place un système qui met en avant les sites labellisés par l'Hadopi ou par les ministères compétents, pour mieux discréditer les autres. Les sites de presse professionnels feront bien sûr partis un jour des sites labellisés, tandis que la multitude de blogs ou de sites édités par des journalistes non professionnels verront leur crédibilité mise en doute. Pour le moment on ne sait rien du périmètre des caractéristiques imposées par l'Etat aux logiciels de sécurisation, et c'est bien là sujet d'inquiétudes. Il suffira d'étendre par décret la liste des fonctionnalités exigées pour que la censure se fasse de plus en plus large et précise, hors du contrôle du législateur ou du juge.

LOPPSI : le filtrage imposé aux FAI

Si elle prévoit la création de ce logiciel de sécurisation, et suggère fortement son installation, la loi Hadopi ne fait cependant pas de son installation une obligation. Le risque d'inconstitutionnalité serait trop fort. Il faut donc compléter le tableau, en organisant un filtrage au niveau de l'infrastructure du réseau. C'est le rôle de la loi Loppsi, chapeautée par Michèle Alliot-Marie.

Entre autres choses, la Loppsi va imposer aux FAI une obligation de filtrage de résultat. Ils auront le devoir de bloquer l'accès à des sites dont la liste sera déterminée par l'administration, sous le secret. Ce qui n'est pas sansposer d'énormes problèmes dans les quelques pays qui ont déjà mis en place cette idée. Là aussi, une fois mis le pied dans la porte, sous prétexte de lutter contre la pédophilie (une tentation du pathos contre laquelle il faut résister), il suffira d'étendre la liste des exceptions qui donnent droit au filtrage. Ici pour les maisons de disquesvictimes de piratage, là pour les sites de presse suspectés de diffamation, ou pour les sites de jeux d'argent qui ne payent pas leurs impôts en France. La liste n'aura de limites que l'imagination et l'audace des gouvernants.

Encore faut-il que ces idées de contrôle du net puissent se mettre en place sur le terrain, ce qui nécessite des hommes et des femmes peu regardants. C'est dans cet art que Nicolas Sarkozy excelle le plus.

Le choix des hommes, le triomphe des idées

Dès 2006, Nicolas Sarkozy a compris qu'il aura besoin de verrouiller son gouvernement et les télécoms pour mettre en place son plan de contrôle d'internet. Christine Boutin, qui avait été une farouche et convaincante opposante à la loi DADVSI fin 2005 (au point de faire basculer le vote de certains députés UMP pour la licence globale), et qui avait défendu l'idée d'un internet libre, s'est ensuite mue dans un silence confondant à la reprise des débats en mars 2006. En échange, et entre temps, elle a reçu la promesse de Nicolas Sarkozy d'entrer au gouvernement après les élections présidentielles si elle mettait sa langue dans sa poche. Les deux ont tenu parole.

Président de la République, Nicolas Sarkozy a ainsi composé son gouvernement de manière à accomplir son oeuvre sans opposition interne. Nadine Morano à la Famille, et Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur, n'ont pas eu besoin de forcer leur nature pour prêcher la censure de certains sites Internet ou le filtrage des sites pédophiles ou terroristes. Porte-parole de l'UMP, pilotée par l'Elysée, le lobbyiste Frédéric Lefebvre ne passe plus une semaine sans se confondre en invectives contre Internet, et réclamer le filtrage. En plaçant l'ex-socialiste Eric Besson au numérique, Sarkozy pensait peut-être aussi paralyser les critiques à la fois de son propre camp et de l'opposition, tout en s'assurant le soutien d'un homme qui a troqué ses convictions pour son ambition. En le remplaçant par Nathalie Kosciusko-Morizet, plus rebelle, Sarkozy a pris un risque. Mais il fait aussi un pari. Celui que son frère Pierre Kosciusko-Morizet, président des deux plus gros lobbys français du numérique hostiles au filtrage, serait moins audible dans son opposition si sa soeur est systématiquement suspectée de collusionlorsqu'elle défend le même point de vue. Ce qui n'a pas manqué lorsque PKM a prêché, dans le vide, un moratoire sur la loi Hadopi.

Il a fallu aussi convaincre dans les télécoms. Free, à la nature frondeuse, reste le plus difficile à manipuler pour Nicolas Sarkozy. Il a toutefois trouvé une arme : la quatrième licence 3G. L'opérateur sait qu'elle va être rapidement indispensable pour continuer à concurrencer Bouygues, SFR et Orange, qui peuvent tous proposer des offres regroupant ADSL et mobile. Mais elle est dépendante de la volonté du gouvernement. Très rapidement, Christine Albanel a fait comprendre à Free qu'il devrait être obéissant pour espérer accéder à la fameuse licence. Depuis, le dossier ne cesse d'être repoussé sous des prétextes fumeux, et Free a mis de l'eau dans son vin contre Hadopi et contre le filtrage, dans l'espoir de ne pas hypothéquer ses chances d'avoir accès à la téléphonie mobile.

Pis, Nicolas Sarkozy a fait nommer numéro deux de France Telecom Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui ne compte "que des amis" dans la commission qui déterminera le prix de la quatrième licence 3G. L'homme aura également pour mission de mettre en oeuvre le filtrage chez Orange, qu'il dirigera d'ici deux ans.

Le contrôle des institutions ayant leur mot à dire sur le filtrage

Enfin, Nicolas Sarkozy s'est également assuré de contrôler les institutions qui pourraient lui faire de l'ombre. La CNIL, qui s'est opposée à l'Hadopi, n'aura pas le droit de siéger au sein de la haute autorité. Les amendements le proposant ont été refusés. Elle n'a pas non plus eu le droit de publier son avis contre la loi Hadopi, et les deux députés commissaires de la CNIL, tous les deux membres de l'UMP, ont voté pour la loi. L'un des deux, Philippe Gosselin, a même été un farouche défenseur de la loi à l'Assemblée, et sans doute au sein de l'institution. Dans son dernier rapport annuel, la CNIL a dénoncé l'omerta imposée par le gouvernement, et son manque d'indépendance, notamment financière.

Plus directement, Nicolas Sarkozy a également évincé l'autorité de régulation des télécommunications (Arcep) des études sur le filtrage, auquel elle était hostile. Redoutant que l'autorité ne reste trop à l'écoute des professionnels des télécoms et des internautes, le président de la République a récemment mis à la tête de l'ArcepJean-Ludovic Silicani, l'ancien président du Conseil de la propriété littéraire et artistique (CSPLA). Un homme notoirement favorable au filtrage et à la lutte contre le P2P. Le CSPLA, rattaché au ministère de la Culture, compte par ailleurs parmi ses membres le Professeur Sirenelli, à qui le gouvernement confie quasiment toutes les missions juridiques liées au filtrage depuis quatre ans, avec un résultat certain.

Finalement, c'est au niveau européen que Nicolas Sarkozy compte ses plus forts adversaires. Il a entamé un bras de fer avec le Parlement Européen sur l'amendement Bono, et exerce un lobbying intense sur les Etats membres pour qu'ils refusent de marquer dans le marbre le principe du respect de la neutralité du net, contraire au filtrage. Il peut compter sur le soutien de Silvio Berlusconi, propriétaire de médias, qui met en place exactement le même plan en Italie. Mais il redoute l'opposition des députés européens.

D'où l'importance des élections européennes du 7 juin prochain. De leur résultat dépendera peut-être la réussite ou l'échec du plan mis en place par Nicolas Sarkozy.

07/04/2009

Le prix Orwell pour l’ensemble de son œuvre revient à...

Mardi 7 avril 2009

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Prix « bâton merdeux »

« Et les institutions, sociétés ou personnes s’étant distinguées par leur mépris du droit fondamental à la vie privée ou par leur promotion de la surveillance et du contrôle des individus sont... ». Ce dimanche 5 avril, les Big Brother Awards ont remis leurs Prix Orwell.

Dans la catégorie « Orwell Ensemble de son Œuvre », c’est Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, qui arrive en tête « pour son goût immodéré des fichiers de police (+ 70% en 3 ans, dont Ardoise, Edvige, Cristina ou encore Gesterex), mais aussi pour sa “novlangue” avec sa promotion de la vidéosurveillance, ses invitations à la délation et son talent à fabriquer un “ennemi intérieur”. » Ainsi, dans une lettre de mission à Alain Bauer, président d’un "groupe de contrôle" des fichiers policiers, elle dit vouloir« renforcer l’acceptabilité des fichiers au sein de la population ». On devrait en reparler très prochainement avec l’arrivée au Parlement, « avant l’été »selon la ministre, de Lopsi 2, la future loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieure.

Michèle Alliot-Marie coiffe ainsi au poteau le ministère de la Culture, sa ministre et son projet de loi Création et Internet. Selon les BBA, après la DAVDSI, il s’entête « à vouloir sacrifier les droits et la vie privée des internautes aux bénéfices d’une poignée d’industriels, renouant avec une justice privée qui occulte l’autorité judiciaire et renverse la charge de la preuve ». Il rappelle les « gesticulations européennes », toujours en cours, de la France autour du Paquet Télécom, et du fameux amendement 138.« Si “la” ministre de la Culture est toujours Christine Albanel depuis mai 2007, c’est toute l’institution qui mérite cette nomination. Ce ministère, où les accointances entre industrie et hauts fonctionnaires sont fortes, s’est déjà illustré en introduisant dans la loi LCEN (..) et en faisant voter, contre l’avis de nombreux parlementaires, la fameuse loi DAVDSI », estime le BBA.

Enfin, distingué pour « son incompétence et son insistance à vouloir contrôler internet par le biais du CSA, ses arguments iniques pour soutenir la loi Hadopi, pour vouloir traquer la délinquance dans les maternités, et bien d’autres choses... » le député et porte parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre aa reçu la mention spéciale « bâton merdeux », « qui lui va si bien pour son côté "petit caniche" ». Pour le jury des Big Brother Awards le député ne cesse « de se faire remarquer... pour son ignorance, ses amalgames grossiers, et sa novlangue récurrente mis au service d’un gout immodéré pour le contrôle en général ».

Et de rappeler notamment son fameux bafouillement à la question « c’est quoi le web 2.0 » posé par un journaliste de BFM, et sa « magistrale déclaration à l’Assemblée » (vidéo), le 15 décembre dernier, pour soutenir son amendement en faveur du contrôle du web par le CSA : « L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? […] Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. »

Tous les autres nominés et gagnants (Eric Woerth, Bertrand Delanoë et Christophe Caresche, etc.) de l’édition 2009 des Prix Orwell sont à découvrirsur le site des Big Brother Awards France.

 

18/03/2009

Chroniques de Big Brother - La lutte pour la liberté...est-il trop tard ?

Lundi 9 mars 2009
Richard Sawyer
SOTT.net


Sinistre surveillance


Les citoyens anglais s'éveillent avec un certain retard au fait qu'ils subissent une surveillance permanente, qu'ils n'ont plus de vie privée ni de libertés civiles et ils commencent à exprimer leur mécontentement. 1,1 million d’enfants sont fichés dans une base de données britannique d’ADN et les écoles aident à acclimater la prochaine génération pour qu’elle accepte l’identification biométrique et l’absence de vie privée.

Dans ce pays et aux États-Unis, des drones aériens ont commencé à être utilisés pour surveiller les populations civiles. Ces derniers, ainsi que l'Australie, s'essayent à la contre-utopie britannique en utilisant le mème déjà bien éprouvé du « terrorisme ». Vos conversations sur Skype seront bientôt sur écoute et même les sites de réseau sociaux (comme Facebook - NdT) y trouvent des applications positives.


Est-il déjà trop tard pour que nous arrêtions cette société Big Brother, dont nous faisons désormais partie?


Le Royaume orwélien se révolte


La presse du Royaume-Uni a grandement rapporté que l’enthousiasme public déclinait relativement au fait que chaque geste puisse être capturé par des caméras à circuits fermés. Le quotidien The Guardian présente un argument de poids afin de démontrer le ridicule inhérent à la recherche de terroristes suspects via des opérations de collecte de données de ce genre. Épier 60 millions de personnes engendre tellement de risques de fausses alertes que le système devient inopérant. Le journal The Independent conseille vivement à ses lecteurs de lutter pour leurs libertés qui leur ont été enlevées à tort :

La presse du Royaume-Uni a largement rapporté le fait que l'enthousiasme populaire déclinait devant le fait que chaque geste puisse être enregistré par des caméras vidéos. Le quotidien « The Guardian » a présenté un argument de poids pour démontrer le ridicule inhérent à la recherche de terroristes par l'intermédiaire d'une telle collecte de données. Epier 60 millions de personnes engendre tellement de risque de fausses alertes que le système en devient inopérant. Le journal « The Independent », conseille vivement à ses lecteurs de lutter afin de retrouver les libertés qui leur ont été enlevées à tort.

« Il est indéniable que les droits civils ont été sérieusement érodés ces dernière décennies. Nous vivons désormais sous le joug d'un gouvernement qui incarcère ses citoyens durant de longues périodes sans procès et qui utilise des techniques de surveillance secrètes afin d'épier tout le monde, du crime organisé au plus petit voyou. Un gouvernement qui veut enregistrer toutes les communications électroniques existantes et qui finalement, veut nous forcer à posséder des cartes d'identités. »

« … Bien entendu, les ministres ont postulé que le public se souciait peu de ses libertés et ils ont agi en conséquence. Les gens doivent se lever pour leurs droits et la Convention sur les Libertés dans le monde contemporain (Convention on Modern Liberty - NdT) qui tiendra une convention inaugurale à la fin du mois, tentera de les aider en ce sens. Il est temps de revendiquer ces Libertés qui n'auraient jamais dû être enlevées. »

Plus de 1500 personnes,  fonctionnaires gouvernementaux, journalistes, écrivains et experts sur les questions de vie privée se sont réunis afin d'appeler les citoyens britanniques à protester contre la surveillance exercée de façon croissante par le gouvernement. La Grande-Bretagne est fière de son centre souterrain, financé à hauteur de 1,25 millions de livres sterling par le Home Office et qui est la capitale mondiale de l'espionnage. Il croit qu'il s'agit là « des pratiques exemplaires » qui devraient servir de modèle au futur système publique de surveillance: 
« Un rapport réalisé conjointement par la police et le Home Office révèle que 80% des images prises par les caméras vidéos sont de trop mauvaise qualité pour permettre la détection du crime et un expert en surveillance de la police a l'an dernier estimé que seuls 3% des crimes ont pu être résolus par un tel dispositif. »

Ce dont le Royaume-Uni n’est pas aussi fier, c’est le nombre aberrant de données perdues et les sérieuses failles de sécurité qui mettent en danger les données privées des citoyens.


Nous saurons tout sur vous


Ainsi que nous l'avions dit dans la chronique  précédente, la Chambre des Lords a réalisé une analyse dévastatrice au sujet de la surveillance. Le gouvernement y à réagit en poursuivant sa propagande sur la menace terroriste, afin que les citoyens acceptent l'érosion de leur vie privée. Sir David Omand, un des architectes de la stratégie gouvernementale a énoncé clairement les ambitions de la part de l'Etat policier de tout connaître à votre sujet. Il a prévenu de ce que « découvrir les secrets des gens impliquera la transgression des règles morales communes »: « Ce qui est stocké dans les bases de données, se sont les informations personnelles sur les gens telles que les réservations de billets d'avions ainsi que d'autres informations sur les voyages, les passeports biométriques, les informations relatives à l'immigration, aux passages en douanes, aux casiers judiciaires, ainsi que d'autres données gouvernementales et issues du secteur privé, parmi lesquelles des informations d'ordre financièr et les enregistrements des communications. »

« De telles informations peuvent être conservées dans les archives nationales, qui sont elles soumises à certaines lois de protection, mais elles peuvent aussi être conservées à l'extérieur, par d'autres pays ou même des sociétés privées et elle peuvent être ou ne pas être sujettes à des accords internationaux. L'accès à de telles informations ainsi que, dans certains cas, l'utilisation de logiciels de recherche et de profilage pourraient bien être la clé d'une détection préventive efficace du terrorisme. » 


Habituer la prochaine génération à accepter l'identification biométrique

Selon le commissariat à l'information du Royaume-Unis, 1,1 millions d'enfants sont fichés dans la base de données d'ADN. Nous sommes tous devenus suspects. Malgré une décision obtenue à l'unanimité par la cour européenne pour les droits de l'homme contre ce fait, il est impossible de retirer ces informations de la base de données. De plus, afin d’entrer tous les citoyens du Royaume-Uni dans la base de données plus rapidement, le "père de la carte d’identité", David Blunkett, détourne l’attention des cartes d’identité impopulaires et met l’accent sur l’obligation des passeports.

Le gouvernement a demandé aux départements d'informatique des lycées de développer un réseau antiterroriste où il leur est demandé  de surveiller la navigation sur la toile afin de déceler les accès aux sites islamiques extrémistes et de dénoncer les étudiants qui y accèdent. Les écoles ont relevé les empreintes d'un million d'enfants, et ce pour des activités aussi banales que l'emprunt de livres, l'accès à la cantine et elles ont introduit le système de reconnaissance facial ainsi que l'enregistrement biométrique. Les parents expriment, avec raison, leur mécontentement:

« David Clouter, membre actif de l'association Leave The Kids Alone (NdT : Laissez les enfants tranquilles, certainement inspiré par la chanson des Pink Floyds, The Wall) et lui même père de famille considère l'introduction de la biométrie dans les écoles comme « une réponse disproportionnée à un problème existant » et il croit qu'il s'agit d' « une sorte de gigantesque exercice d'acclimatation pour la prochaine génération, afin qu'ils acceptent l'identification biométrique ». Les jeunes seront tellement habitués à donner leurs empreintes digitales ou à faire face à des caméras qu'ils ne s'interrogeront pas lorsque l'Etat le leur demandera: «  Tous les agents de circulation, toute forme mineure d'autorité se mettront à prendre les empreintes de tout le monde et  les gens ne verrons pas qu'il s'agit de mesures d'exceptions  alors que c'est ce dont il s'agit.


Surveiller tous vos gestes

Google permet aux officiers de voir exactement ce que le drône filme


Une loi récemment adoptée criminalise la prise de photographie d'agents de police (sauf s'ils font la vaisselle). Une nouvelle loi exige de TOUS les vendeurs d'alcool qu'ils installent des caméras vidéos. Les grands commerces du Royaume-Uni ont commencé à utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour forcer leurs employés à sourire. Comme si tout cela n'était pas suffisant, les avions-espions de Big Brother qui localisent les Talibans pourront bientôt survoler les habitations et les ministres croient qu'ils deviendront « de plus en plus utiles » au travail de la police.  

« Armés de caméras qui détectent la chaleur, ces véhicules aériens téléguidés pourraient voler à une centaine de mètres d'altitude en recueillant des informations et en surveillant des suspects. »

« Le Microdrone a été testé par la police de Mereyside. Le capot blanc est équipé de la technologie GPS qui permet aux policiers de le guider. Il contient une carte mémoire capable de conserver les enregistrements de plusieurs vols. »

L'accroissement massif des caméras de vidéo-surveillance est alarmant et déroutant lorsque l'on considère leur inefficacité à réduire la criminalité en rapport avec les importantes sommes d'argent engagées par cette technologie (NdT : Quelles sont les sociétés qui ont obtenu les marchés colossaux ouverts par la « guerre au terrorisme »? Cui Bono? Qui sont les membres des conseils d'administration de ces sociétés?) S'agit t' il là simplement d'un processus de conditionnement du public à la surveillance? L' effet psychologique important quoique subtil tient essentiellement à « abrutir » l'expression du libre arbitre de la population. Les radars routiers ont possiblement le même effet – il a été déterminé qu'ils avaient un impact négligeable sur la diminution des accidents mortels. Les sociétés à qui sont accordés ces gros contrats vont pouvoir accroître leur investissement et éventuellement produire des technologies qui elles, fonctionneront vraiment. Le fait que les technologies actuelles ne soient pas fonctionnelles requerra des investissements plus importants.

Le fameux Spy Blog recommande de visionner « Every Step You Take », documentaire « fouillé et suscitant la réflexion » à ce sujet.

Les États imitateurs sous surveillance

 

Ainsi qu'il l'avaient conçu dès le début, les instigateurs de la « guerre au terrorisme » utilisent désormais les nombreuses lois qu'ils ont instaurées pour protéger la population contre elle-même. Il n'y a plus de liberté d'expression lorsque les défenseurs des droits des animaux sont arrêtés et libellés « terroristes ».


« Dans la lignée du célèbre Patriot Act, les autorités des États-Unis semblent chaque jour un peu plus, transformer le pays en un état policier.

Ceci est apparu évident au moment où les membres d'un groupe de défense des droits des animaux ont été arrêtés au motif de « terrorisme » dans les Comté de Santa Cruz et Alameda, comme l'a rapporté la Joint Terrorism Task Force du FBI vendredi. Les États-Unis sont dans les faits arrivés à un moment de leur histoire où la protestation contre des choses immorales est devenue un crime contre le peuple et le gouvernement. »

La dernière arme de la police australienne, une fouille secrète, est un autre exemple démontrant somment des lois introduites pour combattre le « terrorisme » sont en fait utilisées pour accroître le pouvoir des policiers à l'encontre des citoyens. Le gouvernement australien a aussi fait l'apologie d'une nouvelle loi d'écoute qui augmente le pouvoir de la police.

Les Etasuniens qui expriment leurs inquiétudes rapportent que l'augmentation des vérifications usuelles de dossiers et des bases de données ADN pose des questions quant à leur politique d'utilisation. L'Electronic Frontier Foundation et l'American Civil Liberties Union pressent la cour d'interdire la localisation GPS sans mandat. Par contre, seuls quelques journalistes méconnus, quelques groupes privés ou des blogueurs critiquent la proposition du gouvernement. Bien que les  médias de grande audience expriment certaines inquiétudes au sujet de la vie privée, les éditoriaux restent en général en faveur de l'augmentation de l'utilisation des techniques de surveillance par le gouvernement. Bien que le NY Times par exemple, évoque des études remettant en question l'efficacité des caméras pour réduire le crime, ce journal continue de présenter des cas isolés et de laisser la parole aux mêmes personnes au sein du département de la police.

Deux élus républicains ont proposé une nouvelle loi qui obligerait les fournisseurs de service Internet à conserver les données des utilisateurs pendant deux ans. Cette loi est promue auprès de la population comme étant un moyen de lutter contre la pornographie infantile, alors qu'elle cible en fait tout les citoyens en rendant légale l'enregistrement des activités sur Internet.

Les États-Unis intensifient l'utilisation de caméras de vidéo surveillance, bien qu'à un rythme inférieur à celui du Royaume-Unis. Le maire de Chicago illustre cette tendance, il désire en effet que des caméras de vidéo surveillance soient installées à toutes les intersections routières après avoir connecté toutes les caméras en place sur le réseau 911. (équivalent du SAMU - NdT)

Après l'introduction des puces RFID dans les passeports et les cartes d'identité en Angleterre, une nouvelle puce radio fera bientôt son apparition aux États-Unis sur les permis de conduire :

« Cela pourrait finalement fournir un moyen électronique d'identifier  tous les adultes du pays et permettre aux policiers de lister les personnes présentes aux rassemblements antigouvernementaux en se déplaçant simplement parmi la foule. »

« Cette proposition, qui a reçu l'appui de Janet Napolitano – le nouveau chef du département de la Sécurité Nationale (Department of Homeland Security)- permettrait l'incorporation d'une puce à fréquence radio dans le permis de conduire ou plutôt 'permis de conduire amélioré'. »

Au moment où des drones sont testés en Grande Bretagne on les trouve d'ores et déjà en activité le long des frontières étasuniennes.
« Le service de protection des frontières et des douanes étasuniennes (United States Customs and Border Protection) a procédé au premier vol du drone Predator B le long de la frontière avec le Canada. Cet engin utilise des capteurs infrarouges, des détecteurs de chaleur ainsi que des caméras vidéo pour surveiller les activités au sol, dans le cadre d'un plan visant à rendre la frontière plus sûre face aux infiltrations d'immigrants illégaux et de terroristes. »

La « menace terroriste » est une fois de plus utilisée pour justifier des technologies qui seront davantage utilisées pour surveiller l'immigration. Heureusement, ces drones ne sont pas armés comme ceux qui sont utilisés au Pakistan. Mais avec des annonces comme  celles faites par le Pentagone, qui envisage de déployer des robots autonomes dans les zones de combat, combien de temps cela prendra t'il avant que des robots du style Terminator ne commencent à remplacer les forces de l'ordre aux États-Unis? »


Les Plans pour mettre Internet sur écoute


Des inquiétudes ont été soulevées l'an dernier au sujet de la difficulté de mettre sur écoute les conversations VOIP (Voice Over IP) telles que celles que permet le logiciel Skype, au moment où il a été annoncé que celui-ci ne pouvait obtempérer à de telles demandes. L'agence de coopération judiciaire de l'Union Européenne, Eurojust, a lancé une enquête sur la faisabilité de mise sur écoute des conversations électroniques sur Internet. Dans ce cas, la justification invoquée est de cibler les « criminels », mais là encore, les écoutes concerneront des millions de citoyens :

« L'Italie est le leader européen des études de faisabilité, a t-on annoncé vendredi. Le gouvernement Italien a évoqué ses inquiétudes sur le fait que des criminels et des revendeurs d'armes ou de drogue utilisent les réseaux de voix sur IP comme Skype afin d'éviter les réseaux téléphoniques traditionnels qui sont plus aisément mis sur écoute. »

« La possibilité d’intercepter les conversations téléphoniques sur Internet sera un outil essentiel à l’avenir pour combattre la criminalité internationale organisée, en Europe et ailleurs », a déclaré Carmen Manfredda, membre actif d’Eurojust en Italie. « Notre objectif n’est pas d’interdire la téléphonie sur Internet, mais de contrer les criminels qui utilisent Skype et d’autres logiciels similaires pour planifier et organiser leurs actions. Eurojust fera tous les efforts possibles afin d’assister et de coordonner la coopération entre les États membres. »

« A l'avenir, la possibilité de pouvoir intercepter les conversations téléphoniques sur Internet sera un outil essentiel  pour combattre la criminalité organisée au plan mondial et en Europe. » a déclaré Carmen Manfredda, membre actif d'Eurojust en Italie. « Notre objectif n'est pas d'interdire la téléphonie sur Internet, mais de contrer les criminels qui utilisent Skype et d'autres logiciels similaires pour la planification de leurs actions. Eurojust mettra en oeuvre tous les moyens possibles pour assister et coordonner la coopération entre les États membres. »

Les réseaux sociaux démontrent une certaine force de protestation
Les sites de réseaux sociaux n'ont pas encore assisté à une mobilisation de leurs abonnés qui s'opposent aux fait que leurs appels sur Skype puissent être bientôt enregistrés et conservés par les autorités. En revanche, deux exemples récents démontrent que lorsque les usagers se regroupent et organisent un mouvement de protestation, cela peut aboutir à des changements positifs.

Peut de temps après que le gouvernement de Nouvelle Zélande ait annoncé une proposition pour réglementer Internet, des carrés noirs ont remplacé les avatars colorés sur l'ensemble du site de Twitter ainsi que d'autres sites de réseaux sociaux. Résultat ? Le gouvernement de Nouvelle Zélande a abandonné ses projets, ainsi que le rapporte le quotidien britannique « The Guardian » :

«  le Premier ministre néo-zélandais a déclaré lors d'une conférence de presse, que la loi qui obligerait les fournisseurs de services Internet à débrancher ceux qui 'violent systématiquement les droits d'auteurs' a été reportée au 27 mars et que si les détenteurs de droits et les fournisseurs d'accès n'arrivaient pas à s'entendre sur un code de conduite, cette partie de la loi serait suspendue à tout jamais. »

« Mais pour les internautes activistes, la vraie raison de ce recul a été que la campagne de sensibilisation encourageant les utilisateurs à arborer des avatars noirs sur Facebook, Bebo, Twitter ainsi que d'autres réseaux sociaux, a fonctionné. »

Un autre campagne de protestation a porté ses fruits. Elle était dirigée contre les nouveaux termes d'utilisation de Facebook, qui aurait permis à ce dernier de « faire tout ce qu'il veut de vos informations et ce à jamais ». Facebook a reculé devant les protestations:

« Facebook a enlevé de ses termes d'utilisation, la terminologie qui laissait sous-entendre que la société avait le contrôle définitif des données publiées sur le réseau social. (…) les utilisateurs de Facebook se sont immédiatement révoltés, engendrant la création de plusieurs nouveaux groupes dédiés à la lutte contre ce type de modifications. »


Épilogue

L'arrestation d'un britannique pour avoir distribué des DVD du film « 7/7 conspiracy-theory » a suscité une large audience à la vidéo. Sa lecture est fascinante et à environ une minute de la fin , le narrateur exprime sont point de vue intéressant sur la manière dont l'émission de télé « le Loft » a été conçu pour conditionner la population a accepter l'idée de vivre sous surveillance permanente.

Est-il déjà trop tard pour regagner nos libertés perdues ?

C'est en vérité à vous de décider...

Afin de parfaire votre point de vue sur le sujet et de vous aider à prendre des décisions, voici une liste de films que nous vous recommandons :

 

# « The Power of Nightmares » - un documentaire de la BBC qui examine en profondeur la mythique « Guerre contre le terrorisme » - première partie

# « The Power of Nightmares » - deuxième partie

# « The Power of Nightmares« - troisième partie

# « Big Brother City » - documentaire allemand à propos de la surveillance en Angleterre (par ARTE)

# « Widerstand.com » - documentaire allemand à propos du développement de la résistance contre la surveillance du public (par ARTE)

# « Taking Liberties » - nouveau documentaire anglais sur l'érosion des libertés civiles sous le gouvernement de Blair - au cinéma du Royaume-Uni dès le 8 juin

# « Is our privacy threatened ? » - débat avec The Information Commissioner Richard Thomas - BBC Radio 4, « Call You and Yours », 29/05/07

# Commentaires à propos de la récente émission de la BBC « CCTV - You Are Being Watched »

# PBS Frontline - Spying on the Home Front

# Suspect Nation (documentaire du Channel 4)

# ORF Weltjournal - Leben mit Big Brother (reportage australien - diffusé le 21 février 2007)

# Look - film (tourné comme si issu de caméras de surveillance)

# Alltag Überwachung (documentaire allemand)

# Faceless (film réalisé à l'aide de séquences issues de caméras vidéo) par Manu Luksch

# « Stop the Big Brother State » (animation par David Scharf)

# V pour Vendetta (film populaire)

 

Traduction : Zone 7 pour News of Tomorrow

07/03/2009

Espionner 60 millions de personnes ne rime à rien

Ben Goldacre
The Guardian
Samedi 28 février 2009

Cette semaine, Sir David Omand, ex-coordinateur du renseignement et de la sécurité, a décrit la manière dont l’État devait traiter les données relatives aux citoyens afin d’identifier des individus suspectés de terrorisme : collecte d’informations sur les déplacements à l’étranger, taxes, enregistrements de conversations téléphoniques, E-mails, et ainsi de suite. « découvrir les secrets d’autrui nécessitera le viol de règles morales habituelles » a-t-il déclaré, « car nous devrons contrôler tout le monde afin d’identifier la petite minorité de suspects ».

Il y a un problème majeur qui empêche la recherche et le traitement de données lorsqu’ appliqués à l’identification de terroristes présumés au sein d’une population en général, et c’est ce que nous pourrions appeler le « problème de base » : même avec le test le plus brillamment efficace que nous puissions imaginer, le risque d’obtenir des faux positifs atteint vite des niveaux ingérables, d’autant plus que le profil que vous essayez de prédire devient plus rare au sein de la population que vous étudiez. Ce point est délicat mais important. Si vous faites attention vous allez le comprendre.

Imaginons que vous disposiez d’un test incroyablement efficace, et qu’à chaque fois que vous l’utilisez sur un suspect avéré, celui-ci sera correctement identifié huit fois sur dix (mais un échec aura lieu deux fois sur dix) et qu’à chaque fois que vous l’utilisez sur un innocent, celui-ci sera correctement identifié neuf fois sur dix (mais un échec l’identifiera une fois sur dix comme étant un suspect).

Ces chiffres montrent la probabilité que le résultat d’un test tombe juste, en fonction du statut (suspect / innocent) de l’individu testé, que vous connaissez déjà (et ces probabilités sont toujours les mêmes de par les propriétés du test). Mais si vous vous retrouvez dans le cas de figure opposé, où vous avez le résultat d’un test et vous voulez utiliser ce résultat pour déduire le statut de l’individu, le résultat dépendra entièrement du nombre de suspects au sein de la population testée.

Si vous avez une population de dix personnes, et vous savez qu’il s’y trouve un suspect, et que vous faites passer le test à chacun d’entre eux, alors vous aurez bien un vrai positif et – en moyenne – un faux positif. Si vous étudiez une population de cent personnes, et vous savez que l’une d’entre elles est suspecte, vous obtiendrez un vrai positif et – en moyenne – dix faux positifs. Si vous essayez de trouver le suspect parmi 1000 personnes, vous aurez votre suspect, et 100 faux positifs. Une fois que le nombre de faux positifs devient sensiblement supérieur au nombre de vrais positifs, un résultat positif obtenu grâce au test devient assez inutile.

Souvenez-vous qu’il s’agit d’un outil de criblage, destiné à identifier des profils atypiques au sein d’une population globale. Nous sommes invités à accepter que chacun d’entre nous voit ses données collectées et analysées, car le MI-5 dispose d’algorithmes intelligents permettant d’identifier des individus qui jusqu’à présent n’avaient jamais été suspectés. Le Royaume-Uni compte 60 millions d’habitants, parmi lesquels, disons, il y a 10 000 vrais suspects. En utilisant ce test de criblage imaginaire dont l’efficacité est bien plus élevée que dans la réalité, vous obtenez six millions de faux positifs. En même temps, sur les 10 000 vrais suspects, vous en ratez 2 000.

Si vous augmentez la précision de n’importe quel test, afin d’en améliorer ce que les statisticiens appellent la « spécificité » ; et que vous le rendez ainsi moins susceptible de générer des faux positifs, alors vous réduisez fortement sa sensibilité, et vous ratez de plus en plus de vrais suspects.

Ou bien voulez-vous un test imaginaire d’une justesse encore plus stupéfiante, sans perdre de vrais positifs ? Cela ne vous mènera pas loin. Disons qu’une fois sur cent vous prenez un innocent pour un suspect : cela fait 600 000 faux positifs. Une fois sur mille ? Allons. Même avec ces tests imaginaires à la justesse extravagante, lorsque vous criblez une population globale comme proposé, il est difficile d’imaginer une situation où le nombre de faux positifs soit suffisamment faible pour être exploitable et où les vrais positifs ne soient pas ratés. Et notre test imaginaire était incroyablement efficace : il est fort difficile d’identifier des suspects en se basant uniquement sur des types de comportements légèrement anormaux.

Pire encore. Ces suspects ont des couvertures, ils vont donc adopter des comportements qui ne leur correspondent pas afin de vous induire en erreur.

Et pour finir, il y a le problème de la validation de vos algorithmes, et du calibrage de vos systèmes de détection. Pour ce faire, vous avez besoin d’un échantillon de validation : 10 000 personnes dont vous savez avec certitude si elles sont suspectes ou non, ce qui vous permettra de comparer vos résultats avec cette référence. La mise en oeuvre de cette étape est difficile à imaginer.

Je ne dis pas que vous ne devriez pas espionner Madame ou Monsieur Tout-le-monde : Je laisse les questions de moralité et de politique à ceux qui sont moins fanatiques de statistiques que moi. Je vous ai juste fait part des mathématiques relatives aux notions de spécificité, sensibilité et faux positifs.

10/12/2008

Lettre à France Télévision

mercredi 10 décembre 2008 (08h56)

Chère Madame Le Service Public de la Télévision que le monde entier nous envie et que le Président Sarkozy ( Que son saint nom soit béni !) va sauver de la ruine.

Je partage, comme tous les bons français, l’opinion éclairée et vigilante qui veut que lorsqu’un enfant est enlevé à Orthez (Pyrénées Atlantiques)** il est juste, nécessaire, citoyen et utile ! Si utile ! Que les habitants de Dunkerque, Strasbourg, Marseille ou La Roche-Migennes soient instantanément tirés de leur somnolence vespérale et digestive par la sirène de l’Apocalypse.

Il est juste, nécessaire et citoyen, afin qu’ils ne se rendorment pas, que ce traitement psychologiquement brutal —Mais à la guerre comme à la guerre ! N’est-ce pas ? Car nous sommes bien en guerre ? Comment justifier autrement ?— lui soit infligé tous les quart d’heures et que le vague plaisir qu’ils se faisaient de regarder un honnête téléfilm plutôt sympathique soit totalement pollué par l’angoisse et le stress.

C’est à ce prix que le “sentiment d’insécurité” qui a déjà tant fait pour la promotion des idées de l’extrême droite ( c’est à dire les idées des honnêtes gens !) pourra enfin pleinement s’épanouir dans tous les cœurs et que les très nécessaires mesures répressives, encore bien timides cependant, prônées par nos dirigeants si attentifs à notre confort et à notre sécurité seront enfin comprises et approuvées de tous.

D’autre part, pendant qu’il se charge d’aider la Police, le chômeur de Sochaux ou de Montbéliard ne se demande pas comment il va pouvoir fêter Noël avec les gosses.

En ces temps de crise, il est bon, de procurer aux pauvres de saines occupations…

En 1968, les infects gauchistes de cette époque maudite se plaignaient de ce que :
« La Police vous parle tous les soirs à 20h ! » Les sots ! Heureusement nous n’en sommes plus là et la Police, aujourd’hui, vous claironne tous les quart d’heures l’injonction de lui servir d’auxiliaire et d’informateur depuis 20h jusqu’au dénouement de l’affaire.

Comme vous, je pense qu’il faudrait être un bien méchant homme pour ne point s’émouvoir du drame en train de se jouer et ne pas frissonner d’angoisse en songeant à ce malheureux bébé et c’est pourquoi je me permets de vous suggérer quelques extensions bien nécessaires D’aprés les statistiques 562 enfants disparaissant annuellement, soit, environ deux tous les trois jours, sachant qu’il faut au moins dix huit heures pour retrouver un enfant disparu, quand on le retrouve… Nous pourrions, avec un peu de “volontarisme” de la part de nos gouvernants nous retrouver en état d’alerte permanent, ce qui est toujours utile pour effrayer les criminels et décourager les subversifs !

D’autre part, il est évident que nous ne sommes qu’aux premiers vagissements ( C’est le cas de le dire !) de cette précieuse ingérence policière dans la vie la plus privée. En effet, qu’est-ce qui, aujourd’hui empêche le mauvais français d’éteindre télés et radios, d’aller surfer sur le web ou d’aller se coucher avec un bon polar ou avec sa chérie ? Indifférent — Le monstre !— à la tragédie en cours ?

Chère Madame Le Service Public il faut aller plus loin ! Ce criminel par indifférence ne doit pas jouir de son égoïsme insupportable : que son portable sonne tous les quart d’heures ! Comme son fixe d’ailleurs ! Que son écran d’ordinateur soit saturés de flashes rouge sang des plus anxiogènes et qu’une voix sépulcrale ainsi qu’un doigt pointé sur lui, lui fasse honte de ne point être dans son observatoire pour guetter l’ogre ! Qu’ainsi, enfin, par quelque divertissement qu’il veuille échapper à son devoir d’angoisse citoyenne, la main implacable de la société vienne lui tordre le cou pour le rappeler à la solidarité de la trouille ! Je suis très certain que les opérateurs de téléphonie tout autant que les fournisseurs d’accès se feront une joie d’aider ainsi nos vaillantes forces de l’ordre.

Ces mesures évidemment transitoires, avant la loi portant obligation de laisser brancher en permanence et l’écran de télé, et la web-cam intégrée ( On appellerait ça un "télécran"… Qu’en pensez-vous ?) réalisant ainsi à soixante ans de distance la prophétie du très regretté Georges Orwell.

Enfin, pourquoi réserver ces hurlements de fin du monde au seuls cas d’enfants enlevés ? Je sais bien que depuis que nous avons abandonnés les titres ringards de Père et Mère pour les bien plus bisounours papa/maman — C’est y pas plus mignon comme ça ? Et pas infantilisant du tout…— tout ce qui concerne les chères têtes blondes (ou brunes, ou frisées…Je n’ai aucune préférence…) relève tellement aujourd’hui de l’ordre du sacré que Dame Rachida ( Que le feu de ses bijoux aveugle ses détracteurs !) veut les psychiatriser à trois ans …Et les foutre en taule à douze ! Je sais bien…

D’ailleurs, puisque si grande est la sollicitude de notre société si compatissante, envers les enfants, je compte bien que vous ne manquerez, plus, désormais, de sonner l’olifant à chaque dépêche d’Associated-Press, Reuter ou AFP, annonçant le décès par dénutrition d’un gamin de Monbassa de Chittagong, ou de Guatemala-city ! Je sais bien que le simple fait de vouloir relativiser le décès d’un enfant est d’ores et déjà suspect et susceptible de vous valoir un petite visite matutinale en prélude aux joies du toucher rectal, mais enfin, quid de Mamie disparue de la maison de retraite pour cause d’alzheimer ? Quid de la “maman” violée dans un parking ? Quid du handicapé à qui une racaille à fauché son fauteuil roulant ? Ne sont-ce pas là des ignominies qui révoltent ? Avons nous le droit de nous désintéresser de leur sort ? Et de ne pas mobiliser la France entière pour retrouver Mamie ou son odieux agresseur ? Non ! Madame Le Service Public de la Télévision ! Non ! Tout comme le Président, je m’y refuse !

En ce qui me concerne, en citoyen docile, à peine la corne de brume m’eut elle alerté, que je me postai sur mon balcon, avec une paire de jumelles pour tenter de repérer la “femme corpulente et de type européen vêtue d’un manteau noir”et signaler sa présence au service de Police ou de Gendarmerie compétent.

Las ! La nuit se passa, qui fut fraîche, sans que rien je n’aperçusse ! Et un soupçon me vient…

Sachant que nous en sommes déjà à la six ou septième alerte, et donc à ma six ou septième nuit de veille, sachant d’autre part — Cela sans me vanter ! — que je suis une vigie exceptionnelle, doté d’un regard d’aigle, et que pourtant je n’ai jamais repéré personne, ne se pourrait il pas, puisque je n’ai rien vu, que les ravisseurs fussent tout bonnement invisibles ?

Qu’en pensez-vous ?

Et comme il est bien certain qu’il ne s’agit pas de la même personne qui a commis ces six ou sept enlèvements, ne pourrait-on penser que ce groupe de criminels ne formassent une sorte de … Comité ? Ou de cellule ?

Bon sang mais c’est bien sûr ! Le “Comité invisible” a encore frappé ! Je compte sur vous, chère Madame Le Service Public, pour transmettre, avec la plus grande diligence, au Parquet anti-terroriste, ce renseignement que je n’hésite pas à qualifier de capital ! Comme la peine du même nom qu’il est plus que temps de rétablir…

Mike Gallantsay

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article75854

 

** P&P: voir le flash (diffusé hier soir (09/12) sur toutes les chaînes de TV). Attention âmes sensibles et émotives ou détraqués promoteurs de théories du complot : c'est du lourd. Au cas où certains auraient des doutes, il ne s"agit pas d'une bande annonce pour un film américain apocalyptique ou pour un remake de 1984. Non, c'est juste une alerte du ministère de la Justice, dans le cadre de son dispositif alerte enlèvement. Longue vie à Big Brother. On vous aura prévenus !

12/11/2008

Big Darcos Is Watching You

Le ministère de l’Education nationale cherche des surveillants généraux. Salaire motivant, horaires aménageables : de quoi rendre fous de jalousie les syndicalistes enseignants.

Ça devient décidément une espèce de manie, au gouvernement : voilà que les ministères UMP de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur (et de la Recherche) veulent à leur tour se doter d’une « veille de l’opinion » – comme si les inquiétait l’idée que des mauvais sujets, incomplètement soumis, pourraient, qui sait, ne pas aimer ce qu’ourdissent Xavier Darcos et Valérie Pécresse.

Un appel d’offres, par conséquent, a été « passé en application des articles 57 à 59 du code des marchés publics », et on cherche, pour ces ministères, les volontaires qui, pour un émolument annuel de 100 à 120.000 euros [1], surveilleront ce qui s’écrit sur le Net – « sur les sources stratégiques en ligne », comme on dit en néo-jargon : « Sites "commentateurs" de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. ».

SURVEILLER LES SITES DE PARTIS POLITIQUES ET DE SYNDICATS

Cette surveillance, précise le cahier des clauses particulières, portera, c’est un minimum, « sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion », mais devra « également » porter « sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.) » : rien ne doit, en somme, échapper à cette inquisition.

Pour autant, il va de soi que : « Les sources d’information formelles que sont la presse écrite, les dépêches d’agences de presse, la presse professionnelle spécialisée, les débats des assemblées, les rapports publics, les baromètres, études et sondages seront également surveillés et traitées ».

(Car, en effet, la subversion peut encore emprunter la voie, déjà ancienne, de la presse imprimée.)

L’objectif proclamé de ce « dispositif de veille », qu’en termes pudiques ces choses-là sont dites, vise notamment à « repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau », et à « anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise », pour enfin « alerter et préconiser en conséquence » [2].

Alerter qui ?

Préconiser quoi ?

Le cahier des clauses particulières ne le précise pas.

Mais nous avons tou(te)s retenu de nos années lycée que dès qu’il y a des surveillants ?

Il y a des punitions.

[1] 100.000 euros (HT) pour le ministère de l’Éducation nationale, 120.000 (HT) pour celui de l’Enseignement supérieur.

[2] Autrement dit : repérer les meneurs, et mesurer leur capacité de nuisance.

SÉBASTIEN FONTENELLE pour Backchich.info

01/11/2008

Télé : l'Elysée veut investir le public, vive la propagande décomplexée

L'UMP avait déjà levé une belle bronca en tentant de contraindre la publique Agence France Presse (voir detoxinfo du 9 mai) de reprendre sans broncher tous leurs communiqués. Peu connus pour leur amour de l'échec, les habitants de l'Elysée remettent le couvert et proposent à présent une émission pédagogique diffusée "idéalement" sur le service public destinée à "expliquer" les réformes gouvernementales au bon peuple français.

Il faut dire que la "réforme" touche de plein fouet la dite télé publique, qui se retrouvera bientôt privée de recettes publicitaires et son président désormais nommé par le président de la République (après "avis" du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel). Une remise au pas sans ambiguïté. Tant qu'on y est, il est inutile de se gêner. Retour à la propagande oui, mais décomplexée.

Jusqu'ici discret, Thierry Saussez patron de la communication gouvernementale avait été appelé auprès de Sarko pour éviter que la vague de couacs qui signe la politique actuelle ne prenne trop d'ampleur. Avec des résultats plus que mitigés. Bâtir une communication cohérente et parler d'une seule voix devient jour après jour plus urgent. Sarko se retrouve toujours obligé de mettre lui-même la main à la pâte. Ce qu'il vient de le faire en rencontrant les juges mécontents en lieu et place de la très bancale garde des Sceaux.

Saussez a donc indiqué qu'il  "réfléchissait à une émission gouvernementale à la télévision", qui pourrait être "idéalement" diffusée sur une chaîne de service public, pour expliquer les réformes. Mais "tout est ouvert" de même que le format. Dans un premier temps, il a été évoqué que la chaîne "Public Sénat" accueille la bonne parole sur un format assez long voire indigeste. Il ne serait plus question que d'une petite intervention de quelques minutes. Il ne faut pas lasser.

A côté de "la bouilloire médiatique" qui n'a "pas le temps d'ancrer un message (...) je suis là pour ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée", explique Monsieur Sarko com'.

Et de poursuivre : "si les Français ont des questions sur le service public, sur les politiques publiques, sur les mesures ou sur les réformes, qui sont mises en oeuvre, on doit mettre en oeuvre des moyens qui soient adaptés à la situation de crise".

Reste à savoir si le "show" télé gouvernemental apportera les réponses qu'ils attendent en matière d'évolution du pouvoir d'achat, de l'emploi, des retraites ou encore de la Sécurité Sociale bref de toutes ces petites choses qui sont un peu bousculées dans le vaste chantier des "réformes" qui jusqu'à présent s'est montré plus efficace à consolider l'édifice bancaire qu'à préserver notre système social.

Source : detoxinfo