05.12.2008
Le plan de relance (des profits des collègues)
Note de P&P : Jusqu’à ce jour seuls les banquiers avaient fait l’objet d’une aide officiellement justifiée par la crise actuelle. Drôle de paradoxe puisque ces mêmes banquiers sont à l’origine de la déroute que nous traversons.
Les véritables victimes de cette crise : ouvriers, retraités, chômeurs,… avaient été quant à elles tout simplement ignorées.
Et alors qu’on ne l’attendait plus Sarkozy arrive sur son cheval blanc (ou plutôt sur son poney blanc) et annonce LE plan de relance. 380 milliards avaient été débloqués pour financer les banquiers, 26 milliards seront mobilisés pour relancer la France. Il semblerait donc que les banquiers méritent des efforts bien plus substantiels que la France.
En tout cas, l’excellent quotidien Le Monde n’a pas manqué cet événement exceptionnel et le commente en ces termes :
En présentant son plan de relance budgétaire, jeudi 4 décembre, Nicolas Sarkozy a expliqué comment il comptait utiliser une enveloppe de 26 milliards d'euros, soit 1,3 % du produit intérieur brut, pour financer à un certain nombre de mesures censées contrer la récession et freiner l'envolée du chômage.
Note de P&P : voilà qui s’annonce intéressant, enfin on va faire quelque chose pour les chômeurs. En revanche si vous êtes ouvrier, salarié lambda, fonctionnaire de base, retraités, circulez, y’a rien à voir.
Alors que réserve l’humaniste Sarkozy aux chômeurs : une augmentation substantielle des droits ASSEDIC ? Un rallongement des durées d’indemnisation ?
Ce plan est essentiellement axé sur l'investissement et les entreprises. D'une part, il a pour but de soulager financièrement les entreprises, notamment les PME. D'autre part, il prévoit le lancement de grands programmes d'investissements publics.
Note de P&P : De grands programmes d’investissements publics certes, mais l’argent public (nos impôts en somme) iront dans les poches des entreprises. Au fait dans cette histoire où sont passés les chômeurs qui devaient bénéficier du plan de relance ?
La ministre des finances Christine Lagarde a estimé, dans un entretien au Figaro à paraître vendredi, que ces mesures "devraient générer entre 80 000 et 110 000 emplois" et "0,8 point de croissance supplémentaire". "[Cela] représente un effort par emploi créé équivalent à celui du plan de relance annoncé par la future administration Obama", juge-t-elle. Le secteur du bâtiment, particulièrement affecté par la crise, bénéficiera d'un certain nombre de mesures dont le but sera de stimuler l'offre et la construction de logements
Note de P&P : Christine Lagarde, la Madame Irma de l’économie, s’en va de sa prédiction, elle se vautrera certainement tout autant que pour les chiffres de la croissance ou de l’inflation.
Stimuler l’offre d’immobilier est un non-sens. Le problème ne vient pas de l’offre mais de la demande, les Français n’ont simplement pas les moyens d’acheter un nouveau logement. Une solution eut été d’augmenter les revenus des acheteurs potentiels, ce fameux pouvoir d’achat qui fut l’argument majeur du discours sarkozien de 2007.
Au passage Mme Lagarde n’hésite pas à faire preuve d'un pragmatisme à faire rougir une girouette en comparant son plan de relance à celui d’Obama le démocrate, oubliant qu’il y a seulement quelques semaines Sarkozy se frottait encore allégrement à la cuisse du républicain Georges W. Bush tel un cocker frénétique.
En optant de venir en aide financièrement aux entreprises, le gouvernement veut que l'argent injecté serve à relancer les investissements à ce niveau pour doper la croissance, estime Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde.
Note de P&P : Relancer l’investissement ? Voilà un mensonge de plus. Si Sarkozy est ses brillants acolytes voulaient vraiment stimuler l’investissement, ils financeraient de l’investissement tout simplement.
Un tuyau pour Sarkozy et ses illustres ministres qui ont apparemment séché leurs cours d’Histoire contemporaine.
Depuis des décennies un moyen simple et efficace pour stimuler l’investissement consiste à entreprendre un programme de grands travaux : construction de nouvelles lignes TGV, écoles, fret, hôpitaux, ferroroutage, métros,…
Sarkozy ne fait rien de tout ça il injecte des fonds publics dans des entreprises privées dont le leitmotiv est le profit des actionnaires. Ces derniers n’ont que faire des investissements, de la préservation des emplois ou de politiques salariales décentes.
Un des principaux risques de ces mesures est un accroîssement rapide du déficit public de l'Etat, note Natacha Valla, économiste chez Goldman Sachs. (Lire le chat "Le plan va impliquer une augmentation immédiate du déficit"). Invité au journal de 20 heures de TF1, jeudi, le premier ministre François Fillon a confirmé que le déficit serait de 3,9 % en 2009.
Note de P&P : Rendez-vous fin 2009, Sarkozy ou plutôt l’un de ses sbires annoncera la main sur le cœur et la larme à l’œil que malgré tous les efforts imaginables le déficit s’élève finalement à 5% ou 6% en raison d’une crise plus grave et plus longue que prévue.
L’Islande nous a pourtant clairement démontré qu’il était dangereux de jouer avec les déficits publics.Si Sarkozy voulait mettre la France à genoux devant le FMI, il ne s’y prendrait pas différemment.
Logiquement, le plan de relance a été globalement applaudit à droite et reçu négativement par les partis de gauche et par les syndicats, qui dénoncent l'absence de mesures en faveur du pouvoir d'achat. . Même la prime exceptionnelle de "solidarité active" de 200 euros pour les personnes qui bénéficient des minima sociaux n'a pas trouvé grâce aux yeux de l'opposition.
Note de P&P : Qui a osé espérer une réévaluation substantielle et durable de son salaire de misère ?Que nenni, le peuple doit trimer, souffrir et acquiescer.
Pour préserver l’illusion Sarkozy s’est toutefois fendu d’une obole de 200 euros pour la plèbe.Tout juste de quoi célébrer la Saint Sylvestre. Mais qu’importe avec Sarkozy pas besoin de faire couler le champagne à flot, c’est tous les jours la gueule de bois.
Pour mettre en oeuvre ces mesures, le chef de l'Etat a annoncé la nomination d'un ministre chargé de la supervision. François Fillon a refusé de dévoiler le nom de ce "super" ministre. Le plan de relance présenté jeudi par le président est le troisième du genre depuis 1945, après celui infructueux de Jacques Chirac, sous Valéry Giscard d'Estaing, puis des socialistes sous François Mitterrand.
Article original : Le Monde
Note de P&P : Fidèle à lui-même Sarkozy poursuit le pillage des fonds publics constitués de nos impôts et finance ses potes qui l’ont mis sur le trône.
Après les banquiers voici les patrons du BTP et de l’automobile qui ont droit à une rasade d’argent public. A qui la prochaine tournée ? Certainement aucun d’entre nous citoyens lambda, le Sarkobar est manifestement réservé à une petite élite pathocratique.
21:38 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, plan de relance, relance, crise, btp, automobile, chômeur
09.01.2008
Bioéthanol: réservoirs pleins et assiettes vides
En 2006, 842 millions de personnes dont 170 millions d’enfants, ont souffert de sous-alimentation dans le monde, 2 millions de plus que l’année précédente. Toutes les 5 secondes un enfant de moins de cinq ans meurt. Quelque 100000 personnes meurent chaque jour de sous-alimentation, ce qui fait plus de 35 millions par année. A l’avenir, une augmentation de ce nombre est prévisible, par exemple en Inde, en Indonésie, au Nigeria, au Pakistan et au Soudan1. La sous-alimentation est responsable de plus de morts que le sida, le paludisme et la tuberculose réunis, a déclaré le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), James Morris lors de la Journée mondiale de l’alimentation à Genève. C’est pourquoi, dans les débats concernant la crise mondiale de l’énergie, le problème de la faim doit être traité en priorité. Et surtout lorsque la solution préconisée est l’utilisation excessive de produits alimentaires pour les carburants.
La lutte contre le réchauffement climatique et celle contre la faim sont liées
La lutte contre le changement climatique et celle contre la sous-alimentation entretiennent un rapport très étroit. Elles représentent un problème mondial dont les causes sont identiques à quelques détails près. La menace d’une catastrophe climatique et le fait – effrayant – que dans le monde, il y ait encore plus de 800 millions de personnes qui ont faim sont avant tout la conséquence d’un usage irresponsable des ressources naturelles et d’une politique d’exploitation dirigée contre l’homme. Au gaspillage démesuré s’ajoutent la soif du gain et l’accaparement des matières premières motivé par l’égoïsme des riches.
Note de P&P : Les théories relatives aux origines du réchauffement climatiques divergent. La faim dans le monde provient bien quant à elle des choix et comportements d'une minorité d'êtres humains.
Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, part du principe que la faim dans le monde est voulue et qu’elle pourrait être surmontée très vite grâce à des efforts politiques adéquats (uniquement avec les méthodes agricoles actuelles, il serait possible de nourrir non seulement les 8 milliards d’hommes que compte la planète mais 20 milliards). Dans son livre «l’Empire de la honte», il donne les raisons suivantes de l’échec d’une politique alimentaire efficace: mauvaises habitudes alimentaires dans le monde (un quart de la récolte mondiale de céréales est consacrée à nourrir les troupeaux de bœufs des pays riches), guerres et systèmes corrompus dans les pays où règne la famine, changement climatique (le nombre des réfugiés climatiques se monte actuellement à 250 millions et pourrait atteindre le milliard dans les dix prochaines années). Il critique sévèrement la perversité du marché qui soumet les produits alimentaires comme n’importe quelle autre marchandise à la loi de l’offre et de la demande. Ce n’est pas seulement le pouvoir d’achat qui permet l’accès aux produits. Les spéculateurs de la Bourse de Chicago ont découvert que les aliments de base comme le soja, le maïs et le millet étaient une source de profit. Plus les profits des spéculateurs augmentent, plus la faim augmente!
Note de P&P : lorsqu'une minorité d'individus dépourvus de conscience a pour seul objectif le pouvoir alors même la spéculation sur les aliments devient monnaie courante. Aujourd'hui les profits obsénes de quelques privilégiés à Wall Street et ailleurs se font sur le compte de milliards de pauvres condamnés à la famine.
Malgré cette situation intenable de la politique alimentaire, les pays industrialisés occidentaux veulent, sous la pression de l’augmentation du prix du pétrole et du changement climatique, développer considérablement la culture de plantes pour la production d’éthanol et de diesel. Ainsi, aux USA, dans l’UE, au Brésil et en Asie, des milliards ont déjà été investis dans la culture du maïs, du soja, du colza, de la canne à sucre, de l’huile de palme ou du blé.2
Note de P&P : En fait le citadin étasunien pourra continuer à conduire son 4X4 hyperpolluant. Mais désormais celui-ci fonctionnera au bio éthanol donc en plus de détruire la planète, notre conducteur aggravera la famine mondiale. Mais Tout n'est pas perdu puisque ce brave citoyen entretiendra l'illusion d'être un citoyen écoresponsable... L'enfer est pavé de bonnes intentions. Ce que nos dirigeants magnanimes nous proposent donc c'est de polluer comme avant mais en plus de faire crever de faim les plus démunis. C'est ça le progrès à la sauce ponérologique.
Les chiffres du ministère de l’Agriculture des Etats-Unis sont éloquents: Il y a six ans, il y avait aux USA environ 50 producteurs d’éthanol et la production annuelle était de moins de 8 milliards de litres. Maintenant, 100 sociétés produisent plus de 18 milliards de litres. En ce moment, 70 usines d’une capacité de 8 milliards de litres sont en construction. Déjà 20% de la récolte de maïs aux USA sont destinés à la production d’éthanol. En 2000, le taux n’était «que» de 6%.3
Dans le Livre Vert de la Commission européenne intitulé «Vers une stratégie européenne de sécurité d’approvisionnement énergétique», l’objectif fixé est de remplacer jusqu’en 2020 20% des carburants classiques par des carburants alternatifs. Dans un scénario pour 2030 non encore publié, une commission d’experts propose même de tirer des cultures un quart des carburants. Les Etats-Unis veulent également se libérer de la dépendance du pétrole du Proche-Orient grâce aux biocarburants. L’Energy Policy Act de 2005 du gouvernement américain prévoit d’acheminer en 2012 à peu près 28 milliards de litres de biocarburant aux stations-services.4
Note de P&P : Manifestement le développement du bioéthanol n'est plus seulement le mauvais rêve d'un docteur Folamour mais bien un réalité dévastatrice en plein essor aux USA et plébisité par les dirigeants non élus de l'Union Européenne.
Catastrophe alimentaire et environnementalle prévisible due à une mauvaise politique
Depuis plusieurs années, on sait que les réserves de pétrole sont limitées. On sait également que les pays riches industrialisés occidentaux pratiquent une exploitation irresponsable des carburants fossiles au détriment des pays en voie de développement et des nouveaux pays industrialisés. En 2005, la consommation mondiale totale de pétrole était de 3,8368 milliards de tonnes, dont
• Amérique du Nord: 1,1326 milliards
• Asie et Pacifique: 1,1169 milliards
• Europe: 791,9 millions
• Proche-Orient: 271,3 millions
• Amérique centrale et Amérique du Sud: 223,3 millions
• Ex-Union soviétique: 171,7 millions
• Afrique: 129,3 millions
Note de P&P : Et si tous simplement les dirigeants optaient pour des politiques énergétiques intelligentes ? des véhicules qui consomment vraiment moins et polluent vraiment moins ? Des sociétés qui cessent de pousser à la surconsommation ? Un vrai effort dans le domaine de la pérennité et la recyclabilité des produits ? Des projets véritablement ambitieux en terme de transports en commun ?
Dans l’Union européenne, la part des biocarburants était en 2003 d’environ 0,3%. En 2005, elle était de 2% et à la fin de 2010 elle devrait être de 5,75%. Les Etats-Unis ont annoncé que d’ici à 2010, le bioéthanol représenterait 10% du carburant utilisé par les véhicules à moteur. Un hectare (100 m × 100 m) de colza produit 3,5 tonnes de colza, ce qui donne 2,3 tonnes de galettes de colza (fourrage) et 1,2 tonne d’huile de colza. 1,2 tonne d’huile de colza équivalent à 1320 litres de carburant. Cette quantité de carburant permet à une voiture moyenne de parcourir 20000 km.
Si, pour l’année 2010, on part d’un taux moyen de 5%, cela représente, sur la base de la consommation mondiale de pétrole de 2005, une production de 191,8 millions de tonnes d’huile de colza. Ce qui correspond à 159,8 millions d’hectares. Ce sont près de 160 millions d’hectares de terrain agricole qui seraient sacrifiés à la production de carburant bio. A titre de comparaison, l’Allemagne dispose de 17,2 millions d’hectares de surfaces cultivables et la Suisse de 1,7 million. Dans le monde entier, quelque 1200 millions d’hectares de terrain sont à la disposition de l’agriculture. Presque 15% des surfaces cultivables devraient être retirés à l’agriculture pour remplacer 5% de l’énergie fossile par l’énergie verte. Un remplacement de 10% ferait perdre un quart des surfaces destinées à l’alimentation! En outre, considérons qu’avec les céréales utilisées pour un seul plein d’éthanol, on pourrait nourrir un homme pendant une année. Toute personne sensée peut se rendre compte de l’hypocrisie de la propagande en faveur du bioéthanol et de son profond mépris des hommes.
Note de P&P : Profond mépris des hommes. Des hommes pauvres en particulier. Cette adoption du bioéthanol se résume ni plus ni moins à remplir les grosses voitures des plus privilégiés avec la nourriture des plus démunis. Un modèle d'individualisme et de cynisme.
Cette stratégie – qui consiste à résoudre des problèmes d’énergie et de pollution de l’environnement par le recours aux plantes qui repoussent «de manière illimitée» – ne peut être préconisée que par un «groupe d’intérêt» voué à la croissance économique et à l’exploitation impitoyable de ressources qui se font de plus en plus rares. Comme ce fut déjà trop souvent le cas, on résoudrait le problème (du gaspillage) de l’énergie en créant de nouveaux problèmes et en aggravant les problèmes existants. Les aliments deviennent rares, on poursuit le déboisement de la forêt tropicale, les petits paysans perdent leurs terres, les monocultures apparaissent et les engrais et les pesticides empoisonnent l’eau. En 1985 déjà, Hoimar von Ditfurth écrivait: «Nous n’avons pas encore appris à croire à l’existence d’une catastrophe mondiale qui se déroule sans bruit, sans éclairs ni tonnerre et sans puanteur.» La «troisième guerre mondiale» dirigée contre la nature et les bases existentielles des générations futures bat son plein à l’insu de la majorité des gens. L’homme est en train de mener une guerre d’exploitation silencieuse mais efficace contre l’environnement et les générations d’aujourd’hui et de demain. Et il croit même pouvoir la gagner en appliquant davantage son intelligence techno-scientifique.
Note de P&P : Voici clairement exposé le véritable objectif de ces nouvelles politiques énergétiques. Un génocide massif et invisible, le rêve psychopathique. Bill Clinton a fait plus de morts en Iraq avec sa politique d'embargo que Georges W. Bush avec sa guerre d'invasion. Dans les deux cas la dimension génocidaire est bien présente mais dans le premier cas elle est bien plus discrète et efficace. Nous allons revenir sur ce point essentiel dans quelques instants.
Protestations au Brésil avant la visite de Bush
Au Brésil, la forêt tropicale est défrichée surtout pour la culture du soja. Mais quand on défriche des millions d’hectares de forêt tropicale, l’avantage des biocarburants perd tout fondement en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Depuis des mois déjà, Fuconams, organisation brésilienne pour la protection de l’environnement dans le Mato Grosso do Sul, essaye d’attirer l’attention sur cette exploitation sauvage. Avant le voyage au Brésil du président des Etats-Unis George W. Bush, des paysans sans terre ont occupé une mine, une banque et une usine d’éthanol pour protester contre le développement de la culture industrielle de la canne à sucre et le bradage d’usines brésiliennes pour la production d’éthanol. Ces manifestations sont en relation avec l’alliance américano-brésilienne pour la production d’éthanol recherchée par les Etats-Unis. Au Brésil, l’éthanol est utilisé comme carburant pour les voitures et suite au «boom des biocarburants», il est de plus en plus exporté dans le monde entier.
Les occupations faisaient partie d’une semaine de manifestations destinées à attirer l’attention du public sur les graves problèmes posés par la production de bioéthanol. Le développement considérable de la culture industrielle de la canne à sucre provoque la destruction et la pollution de l’environnement (parce qu’on brûle les champs moissonnés), des conditions de travail inhumaines ainsi qu’une concentration encore plus forte de la propriété rurale, ce qui entraîne une aggravation des inégalités. Kelly Mafort, coordinat eur du puissant mouvement des Sans-terre, le MST, a déclaré: «L’éthanol n’est pas une énergie propre et il est nuisible à l’environnement. Avec ces manifestations, nous voulons dire au président américain Bush qu’il n’a pas d’amis ici.» Un autre leader du MST, Joao Pedro Stedile a ajouté: «Bush vient ici en ambassadeur des multinationales, de l’industrie agricole, des compagnies pétrolières et de l’industrie automobile qui veulent contrôler le commerce mondial des biocarburants.» Ces protestations massives au Brésil, de loin le plus grand producteur d’éthanol à base de canne à sucre, font aussi de l’ombre au sommet de l’UE à Bruxelles. Il doit décider s’il fixera définitivement des quantités minimums d’utilisation de biocarburants. Des organisations de protection de l’environnement comme «Sauvez la forêt tropicale» (Hambourg) ont critiqué ces taux minimums d’énergie verte parce que le boom des biocarburants chasse les petits paysans, détruit les forêts tropicales, menace la biodiversité et concurrence de plus en plus la production alimentaire.5
Note de P&P : Le désaveu de G. Bush concernant la guerre en Iraq savamment orchestré à partir de l'été 2007 marque le début de la fin pour la marionnette Bush. La clique de ceux qui en tirent les ficelles comporte quelques noms tristement célèbres comme Rotschild, Rockfeller ou Morgan mais la plupart restent prudemment dans l'ombre. Cette petite minorité a eu besoin de mener des actions particulièrement choquantes et injustes aux yeux de tout être humain normalement constitué. Pour atteindre ces fins la solution du président à la Rayman fut excellente et permit de mettre les désastres politiques récents sur le dos d'un esprit isolé et dérangé.
En anglais ce type d'individu est appelé "useful idiot". Bush a pris le contrôle de l'Iraq et de ses réserves pétrolières, mis en place un pipeline stratégique en Afghanistan, réouvert la route de l'opium, mis en place les bases d'un état fasciste et permit l'enrichissement supplémentaires des plus nantis.
Sa mission se termine ici. Il sera débarqué et accusé de tous les maux et les médias entonneront en coeur les louanges du nouveau dirigeant et d'une politique du renouveau plus humaniste et plus écologique. Le retrait de l'Iraq et la fermeture de certains centres de tortures permettront de donner un vernis de crédibilité au discours.
C'est ici que la nouvelle marionette apparaîtra. La main sur le coeur il entamera un plaidoyer pour la planète à la Al Gore. Il instillera la peur du choc climatique et de ses conséquences désastreuses comme ses prédécesseurs cultivèrent la peur du méchant terroriste islamiste. En bon homme providentiel il présentera l'antidote à la maladie qu'il a créée. Le bioéthanol va nous permettre de restaurer une terre saine et d'échapper aux immenses périls qui nous guettaient.
«Le boom des biocarburants a des conséquences particulièrement dévastatrices pour les indigènes d’Indonésie», a déclaré le responsable pour l’Asie de la Gesellschaft für bedrohte Völker Ulrich Delius. Là-bas, la superficie consacrée à la culture de l’huile de palme – 6 millions d’hectares – correspondent à 3 fois celle de la Hesse. 18 millions supplémentaires ont déjà été défrichés pour de grandes plantations. Les autorités planifient une multiplication par 43 de la production. Ainsi 20 millions d’hectares supplémentaires de forêt tropicale seront libérés prochainement pour le défrichement. Les conséquences de ce déboisement seront particulièrement catastrophiques pour les indigènes de Papouasie occidentale (ouest de la Nouvelle-Guinée) et à Bornéo (Kalimantan). Des investisseurs chinois et malais planifient la construction en Papouasie occidentale de plusieurs grandes plantations d’un million d’hectares chacune. Jusqu’à la fin de 2006, des organisations de défense des droits de l’homme indonésiennes ont enregistré 350 conflits terriens causés par l’extension de la production d’huile de palme.
Bilan environnemental négatif des biocarburants
La demande croissante en bioénergie conduira à augmenter la production agricole. De plus, la spéculation boursière aura vite fait de se tourner vers ce nouveau secteur «rentable» et veillera à ce que les bénéfices soient récoltés en Bourse au détriment des producteurs et des utilisateurs. La concurrence de la demande entre la production alimentaire et les groupes énergétiques penchera du côté des «riches conducteurs d’automobiles» et ceux qui ont faim seront laissés pour compte. Au cours des deux dernières années déjà, le prix des semences des huiles comestibles a augmenté. Pour l’huile de colza et de maïs, il faut payer 25% de plus, bien que jusqu’à présent, dans le monde, 0,8% seulement de la consommation de carburant soit couverte par les biocarburants.
Aux inconvénients éthiques et sociaux de la culture et de l’utilisation des biocarburants s’ajoutent le manque d’efficacité et la pollution. D’après une étude de l’EMPA (institut suisse de recherche en science des matériaux et en technologie), les biocarburants produisent plus d’un tiers d’effet de serre de moins que l’essence ou le diesel, mais la culture de plantes comme le maïs et le soja provoque d’autres pollutions et certaines sont si graves qu’elles alourdissent nettement le bilan écologique total. Elles vont de l’abus d’engrais, de l’acidification des sols à la diminution de la biodiversité. Le défrichement par le feu dans les pays tropicaux produit beaucoup de CO2, augmente la pollution de l’air par les suies, les oxydes d’azote, les aérosols et la dioxine. L’utilisation intensive d’engrais et le travail mécanique du sol ont des conséquences négatives. Quand on considère en plus le manque d’efficacité des biocarburants dans ce bilan, il ne reste qu’une conclusion: ils sont contre-productifs dans la solution des problèmes énergétiques et la lutte contre le réchauffement climatique.
Note de P&P : sans compter que l'immense pénurie alimentaire induite par l'adoption du bio éthanol légitimera aussi l'utilisation systématique des graines OGM qui seront présentées comme une solution miracle aux problèmes grandissants de rendement et de famine.
Que faire?
La tâche la plus urgente est de clouer le bec au lobby de l’éthanol. Il faut mettre un terme à la propagande trompeuse des multinationales, de l’industrie agrochimique, des compagnies pétrolières et des fabricants d’automobiles et exiger des informations objectives et fondées scientifiquement. Les chefs de gouvernement et les parlements doivent être mis à contribution pour résoudre le problème de l’énergie et du climat de façon durable pour le bien de l’humanité. Il faut s’opposer catégoriquement aux pseudo-solutions comme le commerce des certificats de CO2. De même, il faut condamner sans ambiguïté les exemptions d’impôts prévues ou en discussion en faveur de la prétendue bioénergie. Ce dont le monde a besoin dans la situation menaçante actuelle, c’est de se rendre compte qu’il faut en finir avec le gaspillage au détriment de nos semblables sur la planète et cesser de piller la nature. La solution prônée par les économistes et mise en pratique par les gouvernements et les administrations a prouvé son inefficacité depuis longtemps. Les «taxes d’incitation» sont un trafic d’indulgences qui donne aux riches le droit de polluer la planète au détriment de ceux qui sont moins bien lotis et de détruire les conditions de vie naturelles de la majorité des hommes. Avec notre folie des grandeurs et notre obsession de la croissance, nous avons ignoré les limites naturelles. Les structures sociales, politiques voire économiques qui se sont constituées organiquement seront détruites par la soumission de la société à l’économie et à l’individualisme.
Note de P&P : une consommation des ressources d'une manière plus tempérée et mieux répartie semble effectivement une piste de solution.
Se concentrer sur les choses qui enrichissent vraiment la vie
A l’avenir, la production d’aliments de base devra de nouveau respecter les cadres naturels qui diffèrent le plus souvent selon les régions. Il faut éviter dans la mesure du possible les interventions sur les cycles naturels. Aussi devons-nous adapter nos habitudes alimentaires actuelles aux surfaces agricoles disponibles. Pour l’Allemagne, cela signifierait, avec un passage total à l’agriculture biologique, que les 17,2 millions d’hectares de surfaces agricoles suffiraient à assurer l’alimentation de la population si elle consommait au lieu de 40% de calories «animales» et 60% de calories «végétales», 24% de calories «animales» et 76% de calories «végétales», comme les Italiens.6
Pour éviter les catastrophes qui menacent la planète, nous sommes appelés à penser différemment, à modifier nos habitudes alimentaires et notre mode de vie. Après la folie des grandeurs il est nécessaire de redécouvrir l’agriculture cyclique adaptée aux régions. Les solutions d’avenir se trouvent dans les petites structures. Nous avons besoin d’hommes et de femmes qui, quels que soient leur fonction et leur niveau, prennent leurs responsabilités à l’égard de la société et dépassent leur égoïsme en faveur du bien commun. Concentrons-nous sur les choses qui enrichissent vraiment la vie et qui protègent l’homme aussi bien que la nature. Remplaçons les comportements consuméristes irréfléchis si répandus par l’initiative et la responsabilité individuelles afin de contribuer à une action commune efficace et déclencher un mouvement en faveur d’un monde plus pacifique et plus juste. •
(Traduction Horizons et débats)
Note de P&P : Un autre élément de solution est de diffuser le plus largement possible des informations objectives sur ce dossier essentiel. Sans connaissance l'individu est le jouet des manipulations élaborées par une poignée de privilégiés hautement ponérisés.
1 Food and Agriculture Organization (FAO)
2 sda
3 cf. www.spiegel.de/wirtschaft/0,1518,461621,00.html
4 Technology Review. Das M.I.T. – Magazin für Innovation, mai 2006
5 cf. de.indymedia.org/2007/03/170386.shtml
6 cf. doku.cac.at/derbaueralsretterderwelt
18:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bioéthanol, famine, soja, pétrole, automobile, industrie, pays pauvres


